Découvertes matinales

Deux petites mains

Se saisissent d’un objet

L’exploration commence

Les petites mains dansent

Autour de l’objet

Sans importance

Explorations matinales

Sous haute surveillance

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Au bout du fil

J’ai repris le fil…

Ou bien déroulé le fil.

Je suis revenue aux origines, les nôtres, fragiles.

Le manuscrit se compose de plusieurs chapitres, d’extraits de courriers, listes de l’époque, de journaux intimes gardés tels quels, qui quand on les lit, laissent flotter dans l’air un étrange goût, rien d’amer, juste quelque chose de lourd à digérer. On comprend mieux, un peu tout, comment le fil s’est cousu.

Puis décousu.

Je renais chaque jour un peu plus depuis le premier mot posé, la première ligne écrite.

Quelqu’un m’a dit un jour, le jour où tu ne retiendras que le bon de cette histoire là, tu seras sauvée.

Je crois que je tiens le bon bout.

Le mien.

Le bout du fil qui me permet de construire de joyeux lendemains.

Mona

Se lever. Te servir. Baisser les yeux. Fermer ma gueule. Obtempérer. Avec le sourire en prime. Et la nuit, l’entendre se lever quand tu rentres tard, l’entendre remuer les casseroles dans la cuisine, la surprendre les yeux mi-clos au-dessus du réchaud, lui dire de venir se coucher. Tu es un grand garçon, tu pourras te servir tout seul. Elle résiste. Je la laisse, silhouette courbée et fatiguée, attendant la porte qui claque, tes pas lourds dans l’escalier. Elle a dressé la table, a disposé une assiette, des couverts, a pris soin de poser ton verre à gauche avec une bouteille d’eau toute neuve. Tu vas la croiser, esquisser un sourire. Elle va se retirer discrètement. Sans faire de bruit, elle. Elle va tirer la porte et retrouver son lit. Je vais attendre un peu, le temps d’entendre sa respiration plonger dans le sommeil. Et quand elle aura rejoint les bras de Morphée, je vais te maudire une fois de plus d’exister.

Au réveil, à l’heure où la nuit quitte doucement la place, elle sortira au grand air, retrouvera ton assiette et tes couverts négligemment posés dans l’évier. Elle les passera à l’eau, au savon. Elle n’attendra pas que je sois réveillée, dans dix minutes tout au plus. Elle ne veut pas que je dise du mal de toi. Elle te protège à chaque fois, dis que tu as cru bien faire en ne faisant pas – faire couler l’eau au beau milieu de nuit, c’est manquer de réveiller les autres. C’est un manque de respect dans son langage à elle. Je ne comprends pas pourquoi elle fait ça. Déjà avec papa, j’avais du mal. Mais avec toi, je ne peux plus le supporter. Je ne peux plus te supporter. Tes manières me donnent envie de vomir, de cracher ma haine de toi, ma haine de ton orgueil, ma haine de ta violence sournoise. Tu es mon frère et je n’ai pour toi que du dégoût. Je sais que si je le lui dis, elle ne me comprendrait pas, elle m’en voudrait même d’être si virulente à ton égard.

Virage

Le jour des adieux viendra bien assez tôt. Il existera une heure pendant laquelle le tic-tac quotidien s’arrêtera sur un temps infini. Il se rapproche l’instant qui séparera les corps et distendra les liens, rendra les souvenirs éblouissants pour peu que les êtres apprennent à s’aimer vraiment, abandonnant la peur au bord du chemin, sans entrave ni possession, libres de se détacher comme ils se sont liés. Les amants resserrent leurs étreintes sur un vide invisible à l’œil nu. Le cœur seul connaît les limites de leur amour.

Elle le donne par choix. Elle est seule à décider puisqu’elle seule connaît la frontière sentimentale. Elle seule sait distinguer la barrière de nuages qui annonce le prochain virage. Alors vivre semble le meilleur remède. Toucher et apprendre à reconnaître chaque écho, chaque relief. Se laisser gagner par la plénitude et ne rien tenter qui pourrait perturber cette tranquillité  fragile. Se boire en abondance, se consumer de sensations entières et apprendre à s’abandonner au bon vouloir de l’autre.

S’aimer. Rien de moins. Rien de plus.

Mots doux

Un merci s’impose pour toutes celles (et ceux) qui m’ont laissé un message sur mon billet d’hier. Votre soutien m’est précieux. Vous le savez – je me répète – mais qu’il est agréable pour moi de recevoir ici et là ces jolis témoignages d’amitié.

Juste quelques mots pour vous rappeler que jusqu’au 30 avril, Chuchotis et Ricochets est à moitié prix (avec dédicace), soit 4.50€ (+3€ de frais de port pour la France et l’Europe). Plus besoin de m’envoyer un mail (sauf si vous le souhaitez bien évidemment!), vous pouvez le commander directement en cliquant sur l’image ci-dessous et vous serez directement connectés à paypal (c’est simple, rapide et efficace).

Les retours sont juste à l’image de ce troisième recueil, empreints de douceur et de chaleur humaine. Merci à chacune des 25 personnes qui l’ont déjà commandé – j’espère qu’il y en aura d’autres très prochainement. Ce livre n’attend que vous!

Je vous souhaite une belle fin de journée et vous dit à très vite pour de nouvelles aventures.

En passant…

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Le froid est revenu et j’ai dû ressortir mon manteau d’hiver. J’avais besoin de chaleur aujourd’hui. Je ne m’imaginais pas passer la journée les bras autour du corps pour me réchauffer. Il y a des jours comme ça. Des jours où tout commence de travers, où la fatigue est telle que les nuits n’arrivent même pas à l’apaiser. Mes rêves biscornus ont repris du service depuis quelques jours. Je m’en serais passée.

Un petit creux de vague, sans trop d’importance. Un petit creux qui donne envie d’hiberner. Ce petit creux que nous connaissons tous un peu, plus ou moins, qui vient réveiller des blessures mal cicatrisées (quand on croit qu’il n’y en a plus, une nouvelle surgit et nous demande de travailler encore sur nous et nos pensées erronées). Un petit creux que j’apprends à accepter. En gérant mon impulsivité qui me donne parfois envie de tout envoyer balader. J’ai muri. Je ne me laisse moins dépasser par cette vague d’indécision qui auparavant m’aurait fait prendre des décisions un peu trop radicales – que j’aurais regrettées.

Je me demande toutefois si je ne suis pas arrivée au bout d’un chapitre sur ce blog. Ou si ma présence ici, pour le moment, ne me détourne pas de mon gros projet autobiographique. Ce récit terminé vient de passer de la phase d’écriture à la phase de relecture. Le chantier est conséquent. Je souhaite m’y consacrer davantage dans les mois à venir, afin d’y mettre aussi rapidement que possible un point final.

Je me laisse le temps de la réflexion. D’ici quelques jours, je sais que l’énergie sera revenue, j’aurais à nouveau envie de partager quelques bribes de vies, je me sentirais plus légère et pleine d’énergie. J’aurais de nouvelles idées, de charmants projets à partager. Je ne me sentirais plus engourdie par tous ces mots accusateurs qui fleurissent ici et là sur qui à voter pour qui – pour quoi.

A très vite mes ami(e)s…

Malaise

Il s’est installé il y a quelques jours et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il est là, ce qu’il essaye de me dire.

Samedi dernier, j’ai revu l’homme du dîner. Avec nos enfants respectifs nous avons partagé jeux et pique-nique. Rien de particulier à signaler.

Bonne ambiance au rendez-vous. Les rires des enfants couvrent sa timidité et mon extravagante lucidité.

C’est son rapport à mon fils qui me gêne je crois – ce besoin qu’il avait de lui tenir la main, de l’entourer de ses bras, de le porter haut dans le ciel.

Malaise.

Est-il réel? Ou est-ce moi qui suis encore pleine de peurs à apaiser?

Si nous nous connaissions depuis longtemps, je n’aurais pas vu les choses de la même façon. J’aurais vu un tel  comportement comme “normal”. Il faut dire qu’il n’est pas très tactile mon petit loup ou alors qu’il l’est mais avec les personnes de son choix. Comment dire – je suis pareil. J’apprécie les embrassades et les câlins. Mais c’est toujours selon les personnes. Je n’aime pas particulièrement qu’on me force la main.

Qu’est ce qui me rend si mal à l’aise avec ses marques d’attention spontanées?

Ne serait-ce pas la peur d’imaginer un autre, un jour, prendre ma place dans le coeur de mon petit homme?

Ou est-ce une intuition qu’il y a peut-être quelque chose de pas si “normal”, selon mes critères personnels. Un besoin trop présent chez lui d’être aimé, reconnu, apprécié…

Je n’ai plus une âme de sauveuse – non merci. Et je ne veux pas à tous prix d’un homme dans ma vie, d’un papa dans la vie de mon fils.

J’avoue que je nage en plein brouillard…

Et si…

Je me sens un peu là, un peu ailleurs. Je me sens partir ou du moins m’éloigner. D’ici. De cet endroit tant aimé qui m’appelle de moins en moins. Je me sens poussée vers l’extérieur, vers la vie qui bat ailleurs. Parfois je me dis – et si?

Et si je partais, si je laissais les choses telles qu’elles, les meubles en place?

Et si je claquais la porte d’un coup franc?

Et si je partais découvrir d’autres espaces?

Et si…

Dites moi que nous allons réagir…

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Il y a 15 ans…

Le temps passe. Mais est-ce que le monde change, est-ce que les hommes apprennent de leurs erreurs ?

Il y a 15 ans…

Souvenons-nous. La grande douche froide. Un parti d’extrême-droite au deuxième tour de l’élection présidentielle. Le chaos.

15 ans plus tard…

Le parti d’extrême-droite retrouve sa place au cœur du deuxième tour et pour beaucoup c’est presque un soulagement.

Quoi ? Oui, un soulagement. C’est ce que je lis sur les visages de mes concitoyens ce matin. Un soulagement – quelle horreur !

Comment pouvons-nous respirer normalement ce matin alors que l’extrême-droite, ce parti qui prône des valeurs qui sont contre celles de la dignité humaine, ce parti qui regarde vers l’arrière, qui promet un recul sans précédent pour notre beau pays de France, s’affiche comme l’un des deux gagnants de ce premier tour ?

15 ans plus tard…

Où sont passés nos combats, où est passée notre colère, vers quel avenir marchons-nous le nez au vent, d’un pas presque fier ?

Ce n’est pas tant l’issue de ce vote qui m’interpelle mais qu’un parti si cruel obtienne autant de voix – qui sont ces hommes et ces femmes qui rêvent d’un pays recroquevillé sur lui-même,  un pays fermé aux autres (quand c’est cette ouverture qui est une vraie chance), un pays de division et haine – et que personne ne réagisse .

15 ans plus tard…

Je n’ai pas peur. Je suis juste révoltée. Je me demande ce que nous dirons à nos enfants dans quelques années – que nous étions juste soulagés que deux extrêmes ne soient pas en lice pour le pouvoir!

Quand avons-nous lâché les armes? Quand avons-nous abdiqué? 

Quand avons-nous accepté l’inacceptable? Comment avons-nous pu en arriver là?

Allons-nous rester là les bras ballants à regarder la haine se frayer un chemin dans nos existences?

Non – Dites moi que nous allons réagir…