Je pourrais vous dire…

Crédit Pixabay

Je pourrais vous dire que nos nuits d’amour gagnèrent en intensité, celle de nos contrastes, que j’adorais la prendre sur la table au milieu des miettes, le matin surtout, avant que nos journées de boulot respectives ne nous séparent pendant des heures inconfortables.

Et qu’elle criait aussi, que c’était bon de l’entendre jouir, les fenêtres ouvertes, pour que tout le monde sache combien c’est ravissant une femme riche de délices, que j’en voulais plus, que je lui donnais plus. Qu’elle enfilait sa robe sur les miettes juste après et que le soir on faisait chauffer du chocolat au bain-marie, noir de préférence, corsé, au caramel au beurre salé parfois, au piment aussi, pour changer, et qu’elle adorait m’en enduire le corps et venir ensuite le lécher, à califourchon sur moi telle une guerrière en plein rituel sacré.

Que j’aimais le chaud, très chaud et le froid, très froid. Qu’elle préférait sentir couler sur son corps, entre ses seins, si jolis et si ronds, les glaçons. Chacun ses passions. Et que j’aimais beaucoup le moment d’attente, l’espièglerie dans ses prunelles, quand c’était moi à califourchon sur son corps, qui tenait les rênes d’un nouveau scénario.

Je pourrais vous dire qu’elle me dévorait toujours avec le même enthousiasme que celui des premiers jours. Qu’elle adorait jouer avec sa bouche tout entière, ses lèvres, sa langue, ses mains. Que j’aimais la regarder faire, aller et venir sur mon membre tendu. Que j’appréciais sa générosité en la matière, que c’était chaque fois différent, chaque fois enivrant. Qu’elle me disait y penser toute la journée.

Extraits Livres Blog (3)

Je pourrais vous dire les marques sur ses jolies fesses. Un peu de rose pour les jours gris. Et son corps qui en redemandait. Mes mains qui honoraient sa peau en cadence. Et parfois le cuir d’une ceinture, d’un fouet, des traversées que nous faisions ensemble, à notre rythme. Et son cou que je découvrais chaque fois plus en profondeur, son cou détendu entre mes mains expertes, sa respiration bridée par une pression précise, sa confiance acquise. Un transfert de pouvoir qui me laissait libre d’agir à ma guise, de la pousser dans ses retranchements, tout en connaissant ses limites.

Et ses jambes pliées, repliées, ses cuisses écartées, son intimité visitée par mes doigts affamés, ses cheveux saisis sur le vif, sa tête rejetée en arrière, ses poignets enserrés, ses pieds maintenus par des rubans de soie, son être tout entier souple, qui n’en avait jamais assez, et sa petite voix, qui disait « encore, encore » et ne voulait jamais que ça s’arrête.

Je pourrais vous dire encore tant de choses à son sujet, continuer comme ça sur des pages et des pages…

Extrait de mon roman La Fille Exquise (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition et en EBOOK sur Amazon)

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

 

La fille exquise: les dessous de l’histoire

 

 

Si vous n’êtes pas abonnés à ma newsletter et si vous ne me suivez pas sur Instagram, vous êtes passés à côté de la grande nouvelle de la semaine: la sortie de mon nouveau livre “La Fille Exquise!

 

Ce court roman est disponible sur Amazon en pré-commande au format Kindle et le sera très prochainement en format papier. Je ne manquerai pas de vous en informer.

 

 

Qui est-elle quand elle n’est pas avec moi ? Qui est-elle dans toutes ces vies qu’elle vit, qui me touchent de près, de loin ? Est-elle-la même ? Vibre-t-elle avec la même intensité au contact des autres ? Fait-elle semblant ? Un peu ? Souvent ? Avec qui ? Porte-t-elle un masque, comme nous tous ? Ou bien évolue-t-elle toujours de manière si authentique, voir inattendue ?

En débutant ce texte, je n’avais aucune idée de son potentiel avenir. Quelques pages tout au plus. Un texte court, un brin d’audace, un challenge dans lequel je me suis sentie à l’aise au fil des mots posés, de l’histoire qui prend forme. C’est le plaisir qui m’a donné envie de le poursuivre. Il s’est transformé en cadeau de Saint Valentin. Et puis en récit un peu plus fourni. Jusqu’à devenir un manuscrit, envoyé à une dizaine de maisons d’éditions.

Pinterest Blog 3

J’ai reçu quelques propositions d’éditeurs qui pour moi n’en portent que le nom. Payer des sommes colossales pour voir mon roman édité par l’un d’eux, non merci. J’ai décliné et je me suis tournée vers ce que je connaissais le mieux: l’auto-édition.

Ecrire, c’est bien. Partager, c’est mieux. Je pense que tous les gens qui écrivent des histoires seront d’accord avec moi. Je sais ce que certains pensent de l’auto-édition. Chacun a le droit d’avoir un avis et que celui-ci ne soit pas partagé!

Ce texte a été relu, maintes fois corrigé. Il n’attendait plus que l’été pour voir enfin le jour. Après des mois chaotiques, je vous apporte un peu de légèreté. Les premières personnes qui l’ont lu le qualifie de: sensuel, sucré, envoûtant, magnétique, poétique.

En longeant ses cuisses, j’arrive à l’endroit où le monde devient vice et vertu.Tous les secrets prennent racine dans ce périmètre protégé auquel elle me donne accès. Je me sens riche

C’est une histoire assez simple au fond, une histoire de rencontre mais n’est-ce pas dans la simplicité que se cache souvent l’extraordinaire! Je vous invite avec ce court roman à un voyage plein de promesses. Laissez-vous tenter, sans hésiter!

Vous pouvez le commander ICI. Bonne lecture! Et n’hésitez pas à partager vos avis. Ce sont tous vos mots qui bout à bout forment la belle toile de l’avenir de ces textes livrés au Monde

PS: ce récit, comportant certaines scènes érotiques, n’est pas adapté aux moins de 18 ans.

Le nouveau Phoenix  

@ Marie Kléber Place de la République Paris

La date. Le 13. Novembre.

On se dit toujours, face au pire, que rien ne sera jamais comme avant. Et puis l’insouciance revient. Une évidence. La vie continue. Sans qu’on sache où l’on va vraiment. Nous posons chaque jour nos pieds sur l’asphalte des rues ou des milliers de pas se mêlent aux nôtres. Nous marchons vers un idéal peut-être ou tout simplement mus par le désir prégnant de vivre pleinement, chaque instant.

Une date. Identique à tant d’autres. Tant d’autres drames, tant d’autres arrêts sur image. Une pause pour prendre note du tragique, regarder la vie foutre le camp.

Et puis le temps reprend son cours, il file au gré du vent, des intempéries, de la foule en liesse, des joies, des chagrins. On oublie le pire dans l’élégance du lever du jour, chargé de promesses.

Une date. Des visages. Des prénoms comme autant de bulles de savon qui éclatent. Balayées nos certitudes. Évanouies l’insolence dans nos regards.

Quand tout vacille, les mots apaisent. Ils se font arme pour combattre les ténèbres. Ils brisent la loi du silence. Ils s’insurgent contre l’abominable. Ils deviennent notre salut, nos portes ouvertes sur l’espérance.

Pinterest Blog 3 (2) 

La Colombe cherche sa respiration
Ils lui ont ligoté les pattes
Ses ailes se raidissent
Au contact des fers qui la condamnent
Ils s’acharnent

Sa liberté, un scandale
Son vol léger, un outrage

Un masque noir tombe
Sur leurs visages
La colombe se débat
Ils la torturent
De leurs mains moites
Ils chassent le mal

Sa poésie, une ombre fugace
Sa paix, une menace

La Colombe cherche la faille
Fuir
Vivre
En vain
La Colombe se meurt
Ils lui ont ouvert le cœur
L’éclat des lames
Disperse le sang sur sa robe
Blanche immaculée

Son dernier cri
Comme un appel
Déchire le ciel

Le désert retient son souffle
Le vent se lève
La terre se couvre de poussière
Le sol tremble sous la pas cadencé des armées
Les drapeaux se dressent

Héros ordinaires
Contre
Martyrs sanguinaires

Dans la fraîcheur d’un jour nouveau
La Colombe
Tel un Phoenix
Se relève
Invincible

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

De l’écriture érotique: entre peurs et libération (+extrait)

 

Tout a commencé par un « petit » défi.

Écris-moi un texte érotique.
Quoi ? Non je n’y arriverai pas. Et puis je n’ai pas d’idées.
Parle de tes fantasmes.
Oh mon Dieu ! Non, je n’oserai jamais.
Essaye !

Un soir, je me suis collée derrière mon PC et j’ai écrit. Deux pages. Et je les lui ai envoyées. Pour moi c’était un grand pas.

Tout a commencé avec Estelle et Marc. Et tout aurait pu s’arrêter là. Seulement, je me suis prise au jeu. Il trouvait que c’était un bon moyen pour moi d’explorer des facettes de ma féminité que j’avais longtemps mises de côté, d’oser davantage. Il avait raison. L’occasion aussi de m’exprimer sur un sujet qui m’intéressait mais dès qu’il fallait en parler, je devenais timide et mal à l’aise. J’ai pris ça comme une thérapie et c’est devenu un plaisir !

L’histoire de Marc et Estelle fait aujourd’hui près de cinquante pages. Une grande nouvelle ou un micro roman.

Pour celles et ceux qui suivent, j’avais d’ailleurs ouvert un blog – un de plus – pour partager mes textes. J’ai fermé ce dernier suite à la lecture de propos que je trouvais inadaptés et irrespectueux. Je me suis rendue compte que l’écriture érotique était vue par certains comme une porte ouverte – non messieurs, ce n’est pas parce que j’écris de l’érotisme que je suis ouverte à toute proposition indécente. Mon cœur est déjà pris et mon corps m’appartient.

Devant le peu d’enthousiasme (3 ventes) à la sortie de mon dernier recueil de poésie, je me suis bien entendue remise en question et me suis rendue à l’évidence que l’écriture érotique pouvait aussi faire peur.

Pourquoi?
Vous serez peut-être plus à-mêmes de répondre à cette question – je vous laisse la parole dans les commentaires

En ce qui me concerne je pense qu’elle fait peur parce qu’elle touche à quelque chose d’intime, une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons pas toujours vraiment, dont nous parlons à de très rares occasions. Elle est liée à nos envies, nos désirs, nos fantasmes, nos zones d’ombres principalement, tout ce que l’on s’interdit à être, dire, vivre. La sexualité est un des sujets les plus tabous de notre société. Même si les mœurs ont évolué, qui parle de sexualité librement aujourd’hui ? Avoir une sexualité affirmée, épanouie et j’insiste que l’on soit seul ou à deux, n’est pas la priorité de beaucoup de personnes. C’est bien dommage ! Pourtant cela fait partie intégrante de notre vie d’hommes et de femmes et je dirai même que c’est notre essence.

Pour ma part, sortir de ma zone de confort pour aller toucher du doigt cette partie de moi bien enfouie a été un révélateur puissant. J’hésite encore parfois, je ne le clame pas sur tous les toits. J’avance avec les histoires que je crée, je m’affirme davantage, je lâche petit à petit mes peurs. Alors si le cœur vous en dit, n’hésitez plus et aller découvrir mon recueil l’appel des sens que vous trouverez ICI ou que vous pouvez commander en m’envoyant un mail. Je vous laisse avec un court extrait – pour le plaisir…

Extraits Livres Blog (1)

Jouir
De la saveur des effluves
A l’exaltation des papilles

De la fusion des substances
A l’élévation des âmes
Jouir

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

13 Novembre 2015 – Vertiges

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME

Je me souviendrai toujours de ce vendredi soir, de l’agitation, des information en boucle, du sang qui crève l’écran noir. Je me souviendrai être allée me coucher, en regardant longtemps mon fils dans son petit lit. Il dormait paisiblement, ça m’a rassurée. Je me souviendrai du lendemain, des rues désertes, de l’air saturé de peur. Je me souviendrai des mots dits, des morts inconnus et pourtant liés à l’un ou l’autre croisé, de ceux qui y étaient, de ceux dont les regards trahissaient l’horreur. Je me souviendrai longtemps du silence opaque du lundi matin dans les transports en commun et de quelque chose d’unique, une union au delà des mots / maux, un souffle fragile. Et de la claque magistrale que je me suis prise en arrivant au bureau. Alors l’urgence d’écrire s’est imposée à moi. Pour eux. Pour ceux qui s’étaient éteints. Pour ceux qui restaient. Pour les traumatisés, blessés, amputés d’une partie d’eux-même. Pour l’innocence trahie. Pour la liberté bafouée. Et aussi pour la Vie.

Pinterest Blog 3 (2)

Plonge la plume dans l’encrier

La nuit s’étire
Les étoiles crépitent
D’un feu assassin

Une vie
Mille vies
Endeuillées

Lance la plume sur le papier
Laisse l’encre couler

Une
Mille pages griffonnées

Les mots
Dénués de sens
S’écorchent vifs
Contre les phalanges
De tes doigts torturés

Lâche la plume

Le sablier du temps
Se vide
Sous l’effet de l’affront
Sordide
Soupirs imperceptibles
Bulles de savon
Plombées d’acide

Laisse la plume glisser

Meilleur remède
Face à l’absurdité
La déchéance implacable de l’humanité

La plume dessine des vérités

Soulager les cœurs
Panser les plaies
Se souvenir
Exploser d’Amour
Vibrer l’Absolu
Encore et toujours

Je ne pouvais pas terminer sans ces mots de mon amie Laurie qui pour moi sont essentiels. Aujourd’hui et demain: « Allumez une bougie avec une intention d’Amour, et faites reculer les ténèbres. A chaque fois que vous mettez une intention de vengeance ou de haine, vous soufflez une bougie. Et la nuit reprend ses droits. Ne pensez pas comme eux. Vous valez mieux. Ils sont déconnectés de leur cœur. Une flamme puissante brûle dans le vôtre. Et elle peut tout. N’ouvrez pas votre cœur à l’obscurité. Ne soyez pas des terroristes. Soyez ceux qui aiment et qui éclairent. Soyez source de Lumière. »  

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

L’ombre de minuit

L’ombre de minuit s’enroule autour
Du vaste champ des possibles
Qu’offre la proximité de l’autre

L’aimé(e)

Au sanctuaire des extravagances partagées
L’intimité se pare d’un parfum diffus
Les courbes dansent lascivement
Au rythme de la découverte symbolique
De territoires inconnus

Extraits Livres Blog (1)

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

Mauvaise Pioche

Crédit Pixabay

Des cases, des cases, encore et toujours des cases. Certaines obligatoires. D’autres à remplir si le cœur nous en dit. Des cases de toutes les grandeurs. A cocher. A éviter, à griffonner. C’est épuisant ces cases à l’infini. Ils s’y connaissent en cases dans l’administration. Elles me sortent par les trous de nez leurs cases et le discours qui va avec.

Des cases. Et puis aussi des files d’attente qui s’éternisent. Il faut prendre son ticket, mémoriser son numéro, répondre présent au premier appel, sous peine de se faire sucrer sa place. Des numéros. De suivi. De dossiers. Numéros à appeler, à rappeler. Numéros à sélectionner, à indiquer. Des horaires à intégrer sous peine de se retrouver mis à la porte, parce que ça ferme dans trente minutes. Il faut au moins ça pour plier bagage et rentrer chez soi, avant les embouteillages du soir.

J’allais oublier les courriers. Les courriers reçus, envoyés. Les courriers recommandés, photocopiés, scannés, faxés. Les courriers retournés, égarés. Et la plateforme téléphonique qui s’égosille à vous rappeler que tous les conseiller sont pris, qu’il vous faudra attendre 3 minutes et 25 secondes, avant que quelqu’un prenne votre appel. Si après avoir attendu 4 minutes et 41 secondes, vous n’avez tout simplement pas raccroché, devant toutes ces fausses promesses.

Je me retrouve une fois de plus devant ce bâtiment sans âme, construit par un architecte insensé ou déprimé, sans aucun doute. Je suis là, mon dossier sous le bras. Trois mois de procédure engloutis sous cet amas de papiers, que je trie méthodiquement tous les soirs, pour ne pas perdre les pédales. Les forêts pleurent elles aussi de désespoir, j’en suis presque certain. Il n’y a personne qui attend ce matin. Le type du guichet me fait signe d’avancer. Il va encore falloir que je lui raconte mon histoire, ses détails croustillants, ses rebondissements alarmants. J’ai envie de la lui imprimer sur le bras, pour la prochaine fois. Il me regarde avec son sourire mielleux, qui trahi un cruel manque d’envie de prendre mon problème au sérieux.

Dans la salle d’attente, c’est la même consternation sur tous les visages. Je feuillette encore une fois mon dossier, vérifie que j’ai bien tout ce qu’il faut, les bonnes preuves, les bons identifiants, les bons mots au bon endroit. Un truc de travers et tout est à refaire. J’ai pratiqué. Je suis vacciné.

La dernière fois, sûr de mon coup, j’étais arrivé fier et droit dans mes baskets, tel un destrier des temps modernes partant au combat. Tout était là, au creux de mes bras. Un dossier béton, aussi solide que le bâtiment administratif, couleur fer forgé, que je fréquentais depuis des semaines.

Je m’étais engouffré dans un couloir sombre, moquette délavée et murs tapissés d’affiches de plus de cinquante ans au moins, dont les coins abîmés se décollaient sous l’emprise de l’humidité ambiante. Affolé par le regard méprisant de mon interlocutrice, j’avais tout simplement failli rebrousser chemin. Bon gré, mal gré, j’avais pris place en face du très respecté agent administratif, en charge de mon dossier. Pas un bonjour, ça débutait parfaitement bien :

  • Votre carte d’assuré?
  • Voilà Madame.
  • C’est pour quoi?
  • Ma demande de droits.
  • Vous avez rempli le dossier ?
  • Oui, ici.
  • On va l’étudier et on vous tiendra au courant.
  • Vous ne regardez pas si tout y est ?
  • La commission va le regarder et on vous tiendra au courant.
  • Mais s’il manque un document, ce serait plus simple de me le dire de suite. Ça fait déjà deux mois que j’entends la même chose. J’ai de quoi m’inquiéter n’est-ce pas?
  • Ce n’est pas moi qui décide Monsieur. Moi, je prends votre dossier et je le transmets, un point c’est tout.
  • Je comprends bien, Madame, mais c’est juste une question de bon sens.
  • De bon sens?
  • Oui, enfin, je pense que vous m’avez compris.
  • Pas vraiment Monsieur. J’ai surtout l’impression que vous êtes en train de me dire comment faire mon travail.
  • Non, pas du tout. Je souhaite juste savoir si cette fois, c’est la bonne.
  • Et bien vous le saurez, quand la commission aura étudié votre dossier. Vous m’excuserez, mais il y a la queue derrière vous. Bonne journée.

J’avais quitté la scène, complètement désorienté, déstabilisé, tel un boxeur mis KO par son adversaire, qu’il pensait pourtant moins fort que lui au départ J’étais reparti bredouille, dans l’attente d’une hypothétique réponse positive. J’avais envoyé des lettres, toutes restées sans réponse. J’avais téléphoné des dizaines de fois, été mis en attente, avec en fond sonore une musique déprimante. La bonne nouvelle, tant espérée, n’était pas arrivée, bien entendu, sinon je ne serai pas assis là aujourd’hui avec ma pile de photocopies et un nouveau dossier, que j’ai rempli avec encore plus d’incertitudes que les fois précédentes, me demandant vraiment si tout cela servait à quelque chose.

Un numéro clignote sur l’écran. C’est le mien. Je m’avance avec un sourire, histoire de détendre l’atmosphère, de me détendre surtout.

Allez, aurai-je plus de chance aujourd’hui ?

Extraits Livres Blog

Extrait de mon recueil de nouvelles La vraie vie (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

Fanatique

mourning-3064504_1920

Regarde-moi droit dans les yeux
Mon cœur se meurt sans un aveu
Je tremble de tous mes membres
Mes pieds ancrés en ta dangereuse réalité
Mes amours se noient
Mes passions prennent froid
Quand tes armes font la loi

Regarde-moi tomber
Effleurer le vide
Me fondre dans l’abime
Ta trahison comme un feu
Consume mes souvenirs heureux

Je me sens mourir
Sans plaisir
Dans un battement de cils

Regarde-moi m’éteindre lentement
A la faveur de ta démence
Dernier témoin tragique
De ton parcours de fanatique

Pinterest Blog 3 (2)

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram 

Ils avaient un prénom (En Mémoire)

Je me souviens de ce matin-là. Le silence. Le silence après l’horreur. Dans le bus ce matin-là, personne n’osait un mot. Nous étions des inconnus, recueillis autour d’une même peine. C’était fort et beau.

Malgré la haine, la mort, la survie, malgré toutes ces vies endeuillées, malgré toute la noirceur des dernières heures, malgré nos écrans ensanglantés. Au milieu de nulle part, il y avait un semblant de solidarité. Qui s’est disloqué à la porte même du bureau.

Je m’étais pris de plein fouet cette tragédie. Au fil des mots que chacun posait pour essayer d’alléger son cœur, il y avait toujours un nom, le proche d’un proche qui y était, qui avait survécu, qui s’était envolé.

Au bureau, il ne fallait pas céder à la terreur. Ils étaient nombreux à faire comme si.
Comme si tout était normal, comme si le monde continuait de tourner.
Ce n’était pas la peur que ça puisse se reproduire.
Ça se reproduit tous les jours, toujours, ici, ailleurs.
La haine se propage partout telle une traînée de poudre
Prête à faire voler en éclats ce en quoi nous croyons

Ce n’était pas la peur, c’était l’humain, c’était l’innocence
C’était la vie qu’on avait assassiné, la liberté qu’on avait voulu arracher
C’était le vide, l’insoutenable
C’était les ténèbres

Face à la blessure qui grandissait de jour en jour, j’ai fait ce que je fais toujours quand tout devient trop lourd à porter, j’ai noirci des pages et des pages de cahiers

J’ai lâché ma colère, mon chagrin, ma peine, mes larmes
J’ai vidé mon cœur sur le papier
J’ai écrit pour me souvenir, pour ne jamais oublier
Et vous avez été nombreux à vous confier, à lâcher les vannes, à oser dire
La vie
La lumière
Par-delà  l’enfer…

Pinterest Blog 3 (2)

Ils avaient mon âge, le vôtre
L’âge de tous les possibles
L’âge où plus rien ne semble utopique

Ils savouraient la vie, ses instants précieux
Ils célébraient la musique, le 21 juin
Et tous les autres jours
Ils appréciaient la fête
Épris de Liberté
Ils aimaient chanter, danser et rire

Ils chérissaient leur imagination, leurs caprices un peu fous
Ils vivaient heureux et gais
Artistes de talent
Ils détenaient quelques certitudes
Perdues au milieu de leurs doutes
Sur l’avenir à construire
Sur la route à suivre

Ils avaient des rêves plein la tête
Croqueurs de vie
Ils s’aimaient, un peu
Beaucoup parfois
Intensément
Impétueusement
Ils se le disaient entre deux frissons
Ils attendaient un heureux événement
Regardaient émerveillés
Leur dernier né faire ses premiers pas
Ils lisaient des histoires dans le noir
Écoutaient du Jazz avec leur aîné

Ils étaient libres
Intrépides ou plus nuancés
Impatients, survoltés

Ils ne savaient pas
Qu’au coin d’une rue
Au cœur d’une salle de concert
Autour d’un verre en terrasse
Dans un café entre amis
Dans l’exercice de leur métier
A la fin d’une journée ordinaire
La folie piétinerait leurs corps, leurs cœurs, la vie

Ils avaient un prénom

Ils ont un prénom

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Pour encore plus d’inspiration, abonne toi à ma newsletter ou rejoins moi sur Pinterest / Instagram