Quand les souvenirs douloureux s’invitent à l’improviste…

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Je serai toujours seule face à ces souvenirs. La joie se partage, se comprend. Le bonheur se faufile et chacun peut en prendre un peu. Le chagrin et la terreur n’appartiennent qu’à nous. Ils se partagent peut-être mais personne n’en saisit vraiment la portée. Personne ne connait le fond des heures noires, à errer, du chagrin pesant qui nous laisse vidés sur le bord de la route. Certaines personnes devinent. Tout juste. C’est déjà beaucoup.

Ils sont revenus comme ça. J’ai bougé les carrés de couleurs – sûrement dans trop de sens – et le passé s’est invité à ma table. Mes pieds sur le sol et la neige autour. La nuit et le froid qui court sur mes bras nus. Mes pieds qui voudraient être aspirés par la terre. J’ai voulu faire marche arrière. J’ai déplacé les carrés de couleurs. Revenir au présent. Trop tard. Le vent et le froid. Mes pieds nus et mes doigts qui voudraient tout arracher, mon cœur, creuser un trou pour que je puisse m’y cacher. Fuir la réalité. J’ai regardé les carrés. Rouge et blanc, comme le sang que je souhaite voir se cristalliser pour que mon coeur ne soit plus irrigué. Le blanc comme la neige qui recouvre mes pieds nus. Derrière la porte, mon secret, si bien caché. Mon enfer, si bien protégé. J’ai cherché les verts, en vain, j’ai voulu les bouger, retrouver aujourd’hui. Mais j’étais partie trop loin dans le passé.

Allongée, j’ai guetté le sommeil. J’ai senti les larmes rouler sur mes joues. Les carrés de couleurs étaient à nouveaux mélangés. Aucun n’avait trouvé sa place. J’errais dans l’antichambre du “pas assez”. Encore et encore. J’avais beau savoir que ce n’était que des souvenirs, rien de tangible donc, je n’ai pas réussi à les éloigner, pas cette fois.

La nuit m’a paru durer une éternité. Ce même refrain qui revient, cette même peur. Toujours. Ce même sursaut. Respirer. Et replonger. Puis sursauter encore. Avoir envie d’arrêter la nuit. Guetter le jour. Et tenter de retrouver un peu de contenance, avant une nouvelle journée.

J’ai regardé les carrés, un peu de bleu dans mon ciel d’orage. J’ai voulu essayer à nouveau mais les couleurs scandaient les notes d’une chanson que je n’aime pas. Alors j’ai arrêté avant de m’enfoncer davantage. J’ai lâcher prise. Non sans mal. Je suis retournée à mes murs, aux mots doux, aux étreintes rassurantes, aux sourires. J’ai abandonné les carrés à leur triste sort, en me disant que d’autres y arriveraient mieux que moi, d’autres qui n’auraient pas peur, qui ne se sentiraient pas vulnérables à la moindre faille d’un système qu’ils ne maîtrisent pas. Je n’en suis pas encore là…

Et vous les souvenirs douloureux, arrivez-vous à les tenir à distance ou au moins à les envoyer balader quand ils se présentent sans avoir été invités?

 

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Et le roman, c’est pour quand?

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Combien de fois j’ai lu, entendu cette phrase? Combien de fois j’ai répondu que ce n’était pas mon créneau?

J’ai cru tenir le début de quelque chose en écrivant le récit des années noires. Et puis une fois le dernier point posé, j’ai préféré le garder pour moi. On ne romance pas sa vie. On ne choisit pas de l’agrémenter pour qu’elle soit susceptible d’intéresser des lecteurs. Enfin moi je n’y tiens pas.

Je suis passée, comme tant d’autres, par différents stades. J’ai eu pendant longtemps accroché à mes basques un besoin de reconnaissance. Qui dépassait la côte d’alerte “tempête”. C’est peut-être pour cela que je me suis lancée dans l’auto-édition. Poussée tout de même par l’envie de partager. Oui le partage a toujours été au centre de tout. Tout comme le plaisir. Je ne me suis jamais forcée ni pliée à une quelconque règle en la matière. Restée authentique surtout. Si il y avait bien un endroit où je pouvais être moi, c’était là, sur le papier. Coucher les mots et raconter des histoires.

J’ai rêvé comme tant d’autres du Saint Graal de la maison d’édition. J’ai tenté et essuyé des refus. Certains diront pas assez. Peut-être. Mais la vie est courte et se prendre des claques ne nous motive pas toujours sur le long terme.

Aujourd’hui, je suis à une autre étape du parcours. L’expérience de l’auto-édition m’a montré que si j’avais les mots, je n’avais pas l’âme d’une commerciale. Ce n’est pas tant sortir de ma zone de confort qui me pose problème, ni une histoire de manque de confiance, plutôt l’idée de faire payer les gens pour ce que je peux partager librement ici. J’écris, oui. Pas pour en vivre. Et c’est une chance. Je ne me sens pas prise au piège d’un quelconque minimum à avoir pour gérer le quotidien. Je vis ma passion en toute sérénité.

Quant au roman, je confirme, ce n’est pas mon style. Mais si j’adore en lire. Je préfère de loin la brièveté des instants de vie, que je livre ici et ailleurs. Je préfère les poèmes et les histoires courtes. Peut-être que je retenterais l’édition, mais juste pour voir, sans quête de quoi que ce soit, comme un entrainement. Rien de plus.

Et vous, comment envisagez-vous l’écriture en général, la vôtre en particulier? Les maisons d’édition vous avez déjà essayé? Ça vous attire ou pas du tout? Comment vivez-vous votre passion au quotidien? Qu’est-ce que ça vous apporte?

 

 

A la croisée de nos chemins…

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Je reste fascinée par les rencontres, celles que nous faisons, celle qui nous échappent. Fascinée par les routes qAui se croisent, qui ont fait leur chemin indépendamment les unes des autres, qui viennent d’ici et d’ailleurs et qui d’un coup écrivent une nouvelle histoire. A partir de rien.

Qui étions-nous avant de nous rencontrer? Qu’espérions-nous? Avions-nous des envies de parcourir le monde?

Où se nichaient nos rêves? Avec qui partagions-nous tout ce que nous partageons aujourd’hui? Quel goût avaient nos nuits? De quoi étaient faits nos jours? Quels océans gardaient nos secrets les plus intimes?

Tout semble si naturel aujourd’hui, comme si tout avait toujours existé, comme si nous nous étions croisés depuis longtemps. Plus longtemps que ce que le temps nous laisse croire.

Comment tout a commencé vraiment? Quand? Pourrions-nous le dire, fixer un point sur l’horizon, imprimer un sourire?

Je reste fascinée, émue par nos vies qui s’entremêlent et créent au fil des semaines des relations dans lesquelles on se love, on s’épanouit, on existe enfin…

Comme par les rencontres d’un instant, qui ne durent pas, qui passent, laissent de jolies traces sur les pavés et embaument nos heures d’un parfum particulier.

Ça vous fait quelque chose à vous aussi? Ça vous passionne? Çà vous inspire? Ou rien de tout ça?

Les Etats d’Esprit du Vendredi 24.05.2019

Le soleil brille et par la fenêtre j’entends le chant des oiseaux. Un régal! J’en profite donc pour publier ma participation aux États d’Esprits du Vendredi, avec une pensée pour The Posman et Zenopia .

Début [14h13]

Photo: Coeur (comme pour me faire pardonner…)
Fatigue : on est quel jour déjà?? Dans le cirage total…
Humeur : heureuse
Estomac: pizza, salade, fromage blanc, chocolat, tisane
Esprit: Mode Rubiks’ Cube
Cond. phys. : planches, marche
Boulot: le grand calme et donc beaucoup d’écriture
Culture:  Mind Winter de Laura Kasischke – Long Shot au cinéma (très bonne comédie, en VO bien évidemment!)
Penser à : ne pas oublier l’essentiel!!!
Avis perso (1): un peu de soleil et de chaleur ça fait du bien
Avis perso (2): il y a une différence entre parler sexualité, échanger sur des aspects / sujets qui posent question et évoquer les détails intimes de sa propre vie sexuelle.
Avis perso (3): trouver un bon gynécologue c’est rare et c’est d’autant plus important de dire “merci” aux professionnels compétents et humains
Message perso: (1) je viens juste de réaliser que j’ai oublié de te souhaiter une bonne fête (2) il faut comprendre la logique en fait… (3) Bonne Fête! (1 jour après ça marche aussi?)
Loulou: fan de Robin des Bois en dessin animé, apprend des poèmes, me fait rire
Amitiés :  je pense à elles
Love : séduisant, plein de tact (ne m’a même pas fait remarqué que j’avais lamentablement manqué sa fête cette semaine!), logique, à l’écoute, de bon conseil
Sorties : mariage demain et fête des mères
Essentiel: y revenir justement
Courses: une paire de chaussures pour le mariage de demain (j’ai encore 22h!!)
Envie de: me poser plus de 1h
Zic: Norah Jones…

Fin [14h39]

Très belle journée et beau weekend ainsi qu’une belle fête à toutes les mamans!

Je quitte Paris!

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Ne jamais dire jamais. Et oui, je sais…

Quand je suis revenue vivre à Paris, j’étais certaine qu’entre elle et moi ce serait à la vie à la mort. Oui, rien que ça. Un pacte.

Il faut dire qu’entre elle et moi, c’est une drôle d’histoire. Petite, quand j’allais la voir – mes grands-parents y vivaient – je la trouvais insoutenable. Trop grand, trop de monde, trop de bruit. Et ces couloirs de métro interminables. Et ces odeurs, ce chaos…Je lui préférais le calme du bord de mer. Et puis, une fois mes études terminées, il a fallut se rendre à l’évidence. Tout se concentrait à Paris. Alors comme de nombreux provinciaux, j’ai pris ma valise et je suis partie, certaine de ne pas y faire de vieux os.

Paris m’a prise au dépourvu, elle m’a séduite. Deux mois plus tard, je ne me voyais pas retourner en Province. J’étais amoureuse. De sa vie, de ses jardins, de ses boutiques, de ses quartiers, du mien en particulier, de sa population cosmopolite, de son ouverture sur le monde. De ses cinémas et ses salles de théâtre, de ses restaurants et de ses brasseries, de ses cafés et des heures que je passais à écrire en regardant la ville vibrer. J’aimais les gens et les couloirs du métro. J’aimais ma balader avec mon crayon, un carnet et mon appareil photo. J’aimais découvrir.

Voilà près de 6 ans que je suis Parisienne. Le 16e n’a pas été un vrai choix. Je me suis trouvée parachutée là par relation – à l’époque un logement était une urgence pour loulou et moi, au milieu du chaos du divorce.

Dans quelques mois, la propriétaire va reprendre son appartement et nous, nous allons migrer. En banlieue. Ça aussi j’avais dit jamais. Je devrais évincer ce mot de mon vocabulaire. Je sais que pour beaucoup ça ne représente pas grand chose mais pour moi, c’est tout un programme d’acceptation! Mais comme je suis plutôt du genre “verre à moitié plein”, j’y vois un nouveau départ, qui correspond à mon / notre évolution. Où que l’on soit, je sais que nous y serons heureux!

Et vous, vous êtes aussi adeptes du “jamais” ou plutôt ouverts aux opportunités qui se présentent?

 

Peut-on vraiment TOUT dire à ses ami(e)s?

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Il y a 15 jours, je suis partie en Bretagne pour l’EVJF d’une amie. Une très bonne amie. Nous avons parlé mariage,  il arrive vite, souvenirs et sexe. Et bien oui, si on ne peut pas parler sexe avec ses amies, où va le monde!

Au cours de nos discussions, je me suis quand même demandée jusqu’à quel point on pouvait partager certaines données de sa vie. Est-ce que sur ce sujet il est de bon ton de rester superficiel? Ou peut-on se permettre des confidences un peu plus intimes?

Peut-on dire, par exemple, qu’on se pose des questions sur son orientation sexuelle, qu’on est bi/trans/homo, qu’on pratique l’échangisme, qu’on est fétichiste, que le BDSM n’a presque plus de secret pour nous, que nous fréquentons les clubs libertins? Peut-on avouer que le sexe ne nous intéresse plus, qu’on n’y adhère une fois par mois, par habitude? Peut-on dire qu’on se masturbe une fois par jour, qu’on visionne des films pornographiques? Qu’on trompe son conjoint, qu’on aime un homme (une femme) marié(e), qu’on ne jure que par le polyamour? Peut-on évoquer nos fantasmes, même et surtout les plus osés?

Ou bien tout cela doit-il resté une part cachée de nous? Même pour les plus proches? Devons-nous taire nos préférences pour ne pas gêner? Est-ce une marque de respect? Un manque de confiance? En nous. En l’autre. De quoi avons-nous peur? D’un potentiel jugement? De l’incompréhension? D’un éventuel rejet?

Ou alors, tout simplement, nous considérons que ça ne regarde personne. Mais alors, quand un regard, un mot nous dérange, nous devons resté de marbre et faire comme si. Est-ce la solution?

Qu’en pensez-vous?

Tant qu’on est vivant

Il fallait le voir marcher. Rien que ça, c’était un vrai show. Il en avait de l’allure avec son costume de matelot, chapardé un jour de spectacle, sur la place du marché – un théâtre ambulant, qui de village en village, se déplaçait, au gré de la saison estivale. Il accentuait le trait avec une casquette, celle de son grand-père, un brin défraichie. Un mégot au coin des lèvres pour achever le portrait. Ivres de rire, nous le suivions volontiers dans ses folies.

Les gros travaux, très peu pour lui. Pourtant il avait la carrure pour porter des briques, monter des parpaings, déplacer la caillasse. Mais non, lui, ce qu’il aimait c’était amuser la galerie. Et quand il ne nous distrayait pas, on pouvait le retrouver dans sa bicoque près de la jetée, à décortiquer son esprit mal fagoté.

Il riait Fantoche. Parce qu’il savait.

Qu’on ne meurt pas tant qu’on est vivant.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par Olivia. Les mots imposés étaient: ivre – travaux – fantoche – matelot – esprit – théâtre – bicoque – allure

Il est l’heure de pardonner…

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A chaque respiration, elle s’en va. Elle sent la fin arriver. Elle compte les pas avant le dernier saut. Elle respire mal d’ailleurs. Elle sent son sang manquer de vie. Elle s’achemine vers la fin de la sienne. Seule.

C’est bien ça, elle est seule. Le vide s’est fait autour d’elle. Au fil des années. Au fil des mots blessants qu’elle a  prononcé. Au gré de ses départs sans retour en arrière possible. Au volant de ses idées incompatibles avec la notion même d’amitié.

Elle part. Elle est triste puis elle est dure. Elle laisse planer le doute. Elle fait mal. Elle brise à l’intérieur. Et donne le change à l’extérieur. Elle méprise et supplie presque. Elle largue des bombes à intervalles irréguliers. Elle s’intéresse si le conflit est sous-jacent. Sinon elle laisse couler. Pas assez intéressant.

Elle nous voyait puis elle nous voit moins. Elle ne se pose pas de questions. Nous passons forcément pour la jeunesse sans reconnaissance. Qui ne retient rien. Quand on la voit, elle s’énerve vite. Tout ne va pas au juste rythme. Les enfants crient et font du bruit. Nous aussi. Un peu trop. C’est usant.

Elle nous tient à l’écart. Puis elle veut nous voir, craignant que ça ne soit la dernière fois. Comment voit-elle la mort? Quelle allure a t-elle? Celle d’un linceul noir ou bien d’un ange blanc? Comment vit-elle ces heures qui la rapprochent de l’éternité?

***

Elle ne sait plus. Elle voudrait que tant de choses soient différentes. Elle aurait voulu une vraie mère qu’on accompagne dans ses dernières heures douloureuses. Elle aurait voulu de la tendresse. Pouvoir prendre soin d’elle.

Elle ne fait que son devoir de fille. Elle s’occupe de l’intendance, les visites médicales, les courses. Puis s’enfuit. Trop de mépris. Trop de maux qu’elle trimballe. Toute une vie. Du gâchis.

Elle voudrait pouvoir faire plus. Mais face à la méchanceté, son amour ne fait pas le poids. Elle pleure ce qui n’a jamais été. Elle pleure l’enfance blessée. Elle pleure le rien, tout ce qu’elle n’aura pas eu, tout ce qu’elle n’aura pas connu.

Elle espère. Peut-être. Elle sait que non. Mais elle espère. Un regard en arrière. Un pardon. Des regrets. Pouvoir dire aurevoir. Juste ça. Elle attend un “je t’aime” qui ne viendra pas.

***

Je suis actrice et spectatrice. Je suis l’enfant et la petite fille. Je suis d’un côté, forcément. Celui de l’amour. Bien évidemment. J’écoute. Ma mère. Je sais le poids de tout, du présent et du passé. De l’avenir. J’imagine.

Je ne saurai jamais qui elle était, pourquoi elle a tant détesté ma mère, pourquoi elle m’a tant utilisée sous couvert d’un amour débordant, pourquoi elle n’a jamais regardé ma sœur, pourquoi elle n’a jamais aimé mon père, pourquoi elle a toujours cherché à nous diviser.

Je me dis qu’aujourd’hui, pour moi, il est temps de pardonner. Pour que ma grand-mère parte en paix. Pour que je reste en paix. Les questions n’ont pas de réponse. Le mystère reste entier.

Les États d’Esprit du Vendredi 17.05.2019

Crédit Marie Kléber

Je fais mes états d’esprits le vendredi cette semaine! Encore et toujours, une pensée particulière pour The Posman et Zenopia .

Début [21h51]

Photo: Jeux d’enfants et ombres…
Fatigue : vu l’état de ma semaine je dirais que je m’en sors pas mal
Humeur : beau fixe
Estomac: quiche sans pâtes, framboises, tisane
Esprit: léger
Cond. phys. : quelques planches et de la marche, un peu de danse aussi
Boulot: confiance quand tu nous tiens!!
Culture:  Bas les Voiles & La muette – Chahdortt Djavann (une plume que j’aime beaucoup) – le tout dernier été de Anne Bert (un livre sur la fin de vie très émouvant et fort)
Penser à : avancer sur mes projets
Avis perso (1): certaines personnes manquent de tact mais au moins l’essentiel est dit
Avis perso (2): pourquoi la pluie rend les gens si moroses?
Avis perso (3): que deviendront tous les écrits que nous n’aurons pas partagé (avec ceux que nous aimons)?
Message perso: (1) je ne te connaissais pas ce côté “engagé” (2) merci pour ton écoute (3) mes pensées pour toi, ce genre de nouvelles déstabilise vraiment (4) il faut parler de tout cet “intime”, tant de femmes sont touchées
Loulou: très exigeant,trop, adore les devinettes et le mot “pourquoi?”
Amitiés :  un weekend entre filles, c’est un bonheur sans pareil!
Love : sportif, présent, aime partager ses expériences, arrive en quelques phrases à apaiser mes angoisses
Sorties : en famille, en amoureux
Essentiel: vivre
Courses: une tenue de mariage pour loulou et moi…encore
Envie de: retrouver mon équilibre
Zic: chanson du moment de loulou

Fin [22h11]

Bon weekend à vous! Profitez en bien!

Mon premier et unique Ramadan

Crédit Pixabay

Ce matin je discutais avec une collègue qui fait le ramadan. Je l’ai fait. Une fois. Elle m’a demandé, pourquoi une seule fois? Pourquoi pas maintenant?

Mon premier et unique Ramadan, je venais de me marier et je me disais que c’était une bonne entrée en matière. Et puis ça m’intriguait aussi. J’en avais tellement entendu parler (en termes élogieux bien sûr) que je voulais me faire mon idée. Et puis à cette époque là, j’étais très branchée religion, je lisais le Coran, je relisais la Bible.

Comme pour beaucoup de choses, c’est le premier pas qui compte! Les premiers jours nous étions deux, en pleine lune de miel, le point culminant de notre histoire, après le chaos et avant la déroute. Et puis au mois d’août en Irlande, la chaleur n’est pas non plus écrasante. Ce qui tombait bien car l’amplitude horaire était assez conséquente, elle.

Je me levais aux aurores, je me préparais un petit déjeuner copieux (avec des dates, du lait, des céréales, des fruits, des fibres) et je priais. Entre midi et deux, je me promenais, je lisais. Le soir était plutôt festif. Nous étions souvent invités. Dans la plupart des pays musulmans, la rupture du jeûne est l’occasion pour beaucoup de partager un repas, ouvrir sa maison aux plus démunis, faire don de ce qu’on a et que d’autre non pas. Le Ramadan est vraiment le moment de se dépouiller de tout le superficiel pour revenir à l’essentiel. Ce qui vaut pour le reste de l’année – beaucoup ont malheureusement tendance à l’oublier (c’est une autre histoire!)

J’ai tiré beaucoup de positif de cette expérience. Beaucoup me disaient que sans la dimension religieuse sous entendue “religieuse musulmane”, ça n’avait pas grand intérêt. Certes je n’ai pas fait le Ramadan comme les musulmans car ce n’est pas ma religion et que je n’ai eu à aucun moment le désir de me convertir. Je ne l’ai pas fait non plus par obligation / habitude ou pour un quelconque gain (style une place de choix au paradis!). Je l’ai fait par choix personnel, par choix spirituel.

Ce qui m’a semblé le plus difficile c’est la solitude. Une fois les tous premiers jours passés, chacun a repris son travail et là, c’était une autre histoire. Je ne mangeais plus avec mes collègues. Je déclinais les invitations de mes amies pour déjeuner. Je ne comptais plus les regards inquiets quand j’évoquais mon choix (pour une fois je n’étais forcée à rien pourtant!). Et puis, lui, il travaillait loin donc j’étais souvent seule (ce qui en temps normal ne me dérangeait absolument pas). Et dans ces cas-là, les invitations se faisaient plus rares aussi. Rompre le jeûne en tête à tête avec soi-même c’est beaucoup moins enthousiasmant d’un coup.

Et vous le Ramadan, ça vous parle? Vous le faites parce que c’est votre religion? Ou vous ne le faites pas? Vous avez déjà essayé? Ou ça ne vous a jamais intéressé?