L’euphorie du retour

Copyright Marie Kléber

La tempête a fait rage et la mer s’est chargée d’une écume dense, palpable, ses remous emportant au loin les navires qui ont osé s’aventurer par-delà le phare, les balises du port. A l’effervescence du départ, on oppose désormais la crainte d’un retour compliqué si ce n’est impossible. La mer tangue et les navires heurtent les rochers, se brisent par endroits, se maintiennent à flot dans un chaos oppressant. L’obscurité gagne du terrain, la vie se contracte, sur les quais on maintient l’espoir à coups de souvenirs, on déconstruit le pire. Les sentiments se toisent, les cœurs s’affrontent. On ne sait plus qui, quoi, comment, dans ces heures tourmentées. On égrène des pourquoi à longueur d’échanges qui n’apportent rien, si ce n’est un semblant de courage pour faire face.

Au lever du jour, la tempête s’est calmée. On aperçoit quelques trouées bleues dans le ciel. Les ténèbres cèdent et la mer se fait huile, douce, parfumée, luisante d’une sérénité reconquise. Les navires rescapés s’avancent, non pas fiers, juste gorgés de cette vie ressuscitée, prête à être offerte. Les rives s’écartent, frétillantes d’impatience, affranchies des tensions, pétries de grâce. Elles s’enivrent de la puissance de ce retour triomphant, applaudissent la vivacité des navires revenus des eaux troubles. L’ancre se jette avec fougue dans la mer enivrée des clameurs de la foule. Les bateaux investissent l’espace sacré, se réjouissent de la liberté retrouvée, qui inonde désormais les berges, berce de joie les cœurs, fait corps avec les corps, sanctifie l’abandon euphorique. Les sentiments se confondent dans un face à face extatique, jubilatoire, qui ne se lasse pas de contempler l’étendue d’un bonheur sans nuage.

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La perfection de l’imparfait

Crédit Pixabay

Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

Les promesses de sa peau

Crédit – Pixabay

Je fais courir mes doigts sur les promesses de sa peau. J’imprime sur l’écran de mes jours le dessin de ses contours, de mes nuits le dessein de ses envies.

Je fais courir mes doigts sur l’enchevêtrement des veines de l’écorce chaude. Son histoire personnelle demeure ce flou que je ne saurais toucher que du bout du cœur.

Je fais courir mes doigts sur l’intangible des sentiments, la pureté de l’instant, l’enthousiasme des retrouvailles, la richesse de ce bonheur que je garde comme un précieux enchantement.

Je fais courir mes doigts sur l’effleurement des impossibles, tenus à distance par la confiance constante, osée, libérée de la souffrance du manque.

Je fais courir mes doigts sur ce qui se dit, sur les silences qui comme l’or se gorgent d’essentiel.

Je fais courir mes doigts sur l’énergie de nos corps, composés, étreints, métamorphosés dans un accord que nous sommes seuls à créer.

Je fais courir mes doigts sur ce qu’il est, donne, transmets. Et mes doigts se souviennent. A quel point je l’aime.

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

S’apprendre et trouver sa voie/voix

Crédit – Pixabay

Parfois il faut revenir sur le passé, décortiquer tout un tas de choses, d’évènements, de ressentis. Parfois il est nécessaire ce retour en arrière pour comprendre, avancer, se débarrasser de ce qui ne nous intéresse plus, ne fait plus sens.

L’immersion est tantôt légère, tantôt douloureuse. Il arrive que des évènements du présent fassent ressurgir des maux enfouis. On peut les laisser là où on les a trouvé, en se disant à quoi bon. Ou les sortir de leur cachette et les regarder droit dans les yeux. Jusqu’à ce qu’on arrive à lâcher prise, à les laisser partir.

Plus j’avance, plus je me reconnecte au présent, aux émotions, plus le passé revient comme pour m’intimer l’ordre de faire ce travail. C’est nécessaire. Je ressens le besoin de m’affranchir de ces codes, de ces cases, de quelques principes qui ont fait mon éducation et qui ne sont plus moi. Tout en acceptant que les personnes qui m’entourent ont juste fait de leur mieux. Je suis celle que je suis grâce à eux également. Toutefois au fil du temps et des expériences, j’ai développé mes propres idées, mes propres valeurs. Et je tente chaque jour de prendre ma place, de trouver mon équilibre, celui qui est juste pour moi (et ne le serait pas forcément pour quelqu’un d’autre).

Je m’apprends. Au travers de mes jours. Et des personnes rencontrées, des messages reçus. Je souhaite désormais aller de l’avant, exorciser mes peurs. Quand je lâche prise, je me découvre plus sûre de moi, plus confiante. Je me sens plus libre dans ma relation à autrui, moins sur la défensive ou dans le contrôle.

Petit à petit je m’éloigne des schémas, des routes toutes tracées pour trouver ma voie – ma voix !

Et vous, vous vous apprenez comment? Vous l’avez trouvée votre voie/voix?

Le dernier voyage

Crédit – Yalibadi

Je ne le connais pas. Juste son prénom et son visage. Ils sont sur une photo quelque part dans un coin de mes souvenirs, quelque carton oublié dans un coin du grenier.

Est-ce qu’on peut rêver ce qui va arriver ?

Est-ce que le sang du sol de mes nuits, c’est son sang ? Un sang qui annonce la mort…

Il est resté le père qui condamne. Je suis restée la femme de l’ombre. Entre nous, le premier amour et une histoire qui m’a longtemps collée à la peau.

J’ai foulé le sable de son pays, j’ai posé mes pieds sur la dune chaude, mon regard émerveillé sur l’Atlas, l’Oued en contrebas qui se faufile et trace les contours d’un adieu.

J’ai toujours su que la mort me liait à la vie, que tous les départs annoncés étaient gravés sur les cloisons étanches de l’univers, à un battement d’ailes de papillon de mon horizon. Tout est si éphémère.

Mon amie attend, espère. Elle veut lui dire au revoir, ici ou là-bas. Elle s’attend au pire. Ses mots me renvoient à tant d’images, tant de points d’interrogation, tant de cette histoire qui ne m’appartient pas et de laquelle je fais partie, par amour un jour, par amitié pour la vie. Elle va peut-être fouler elle aussi le sol de son pays, celui de ses racines, celui de l’ailleurs, celui qui garde si bien les secrets de l’âme des hommes.

Un dernier voyage pour un dernier pardon.

J’aimerais…

J’aimerais…

Pouvoir plus. Donner plus. Être là. Davantage.

Ne pas attendre que tu sois parti pour te dire ce que j’ai sur le bout de la langue.

Je crains parfois…

Que mes silences. Mes états d’âme quasi-permanents. Cette peur qu’un évènement vienne tout remettre en question. Ne soit trop.

Je me demande si…

J’arriverais à dépasser tout ce qui me dépasse. Tout ce que je ne suis pas. Tout ce que je contrôle (sans y penser).

Je voudrais que tu saches…

Peut-être que tu sais.

Il disait…

Copyright Marie Kléber

Il disait la vie.

Il disait qu’il fallait faire ce dont on a envie. Envolées les certitudes, qui nous lient à des destins dont personne ne retient rien. Il disait qu’il était sain d’aimer et de regarder le monde, chaque matin, de l’admirer, comme si ce matin là était le dernier jour du monde.

Il regardait le ciel et savait le soleil, les marées, le vent qui souffle fort sur la dune et envoie le sable voler au loin, aussi loin que la nuit qui soutient la vie.

Il disait les errances et cette quête sans importance qui nous enterre parfois vivants, sans que nous ayons pris le temps de savourer, de nous poser, de respirer la chance.

Il disait que le temps qu’il fait en juin le trois sera le temps de tout le mois. Et moi, chaque mois, le troisième jour de juin, je regarde le ciel, je guette un signe de lui dans les nuages qui tissent sur l’horizon de mes jours de belles histoires d’amour.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #8 proposé par Estelle du blog l’atelier sous les feuilles.

Les États d’Esprit du Vendredi 29.06.2018

On profite de la fin de journée au calme pour participer aux états d’esprit de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [21:20]

Fatigue : se coucher rapidement après avoir publié ce billet

Humeur : beau fixe
Estomac: quiche, framboises, thé en cours
Esprit: mitigé
Cond. phys. : yoga, footing
Boulot : objectifs et déjeuners entre collègues
Culture:  Venus Erotica – Entrepreneuse, révéler votre Etoile Intérieure de Aline Savan
Penser à : terminer mon recueil de poèmes et ma nouvelle
Avis perso : la lune ça bouscule pas mal, c’est toujours bien de le savoir
Message perso: (1) c’est toujours un peu long quand tu n’es pas là (2) ça fait du bien, même quelques minutes (3) merci pour vos commentaires et vos mots, chacun me touche profondément.
Loulou: s’endort sans broncher, compte les jours avant les vacances, aime le calme et le silence
Amitiés : au téléphone, vacances prévues, billets pris
Love : présent, très occupé, attentif
Sorties : pique-nique, un petit ciné ce serait sympa aussi
Essentiel: vivre au présent
Courses: maillot de bain, cartes anniversaire/condoléances
Envie de: passer du temps avec lui
Photo: underground…
Zic: Enya
Fin [21:53]
Très bon et doux weekend à tous

Mon vice à moi

Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne suis pas tatouée, je n’ai pas de piercing, je ne suis obsédée ni par le chocolat, ni par les bonbons, ni par le travail, ni par le pouvoir, ni par l’argent, je ne suis pas une acheteuse compulsive ni une croqueuse d’hommes.

Soit, il y a quelque chose qui cloche chez moi.

Soit, j’ai un vice caché, bien caché, si bien caché qu’il demeure insoupçonné.

Ma collègue dirait « méfiez-vous de l’eau qui dort »…

Aurait-elle raison ou tort ?

Je crois que j’aime bien rester une énigme pour certains. Ils sont nombreux à chercher, à me poser des questions. Une fille bien sous tous rapports a forcément quelque chose à cacher! Tout le monde à un vice, allez dis-nous, c’est quoi le tien ?

Ou un péché mignon. Oui mais un péché mignon, c’est un peu trop joli pour attirer l’attention.

Un vice, c’est plein d’interdits, c’est aller contre l’ordre établi. C’est quand même plus excitant, plus passionnant.

J’ai tellement été prise pour une cruche, qu’aujourd’hui, j’aime bien jouer avec ça. J’en ai pris mon parti, je souris à la question, qui revient régulièrement dès que quelqu’un a bu un verre ou deux,  l’air de dire cherchez,  cherchez, donnez-vous en à cœur joie. Supposez ! Surprenez-moi ! Vous n’avez aucune chance de trouver. Et si vous trouvez…

Mon vice à moi, c’est…

Mon jardin secret !