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Les États d’Esprit du Vendredi 30.11.2018

Participation matinale aux États d’Esprit de The Posman et Zenopia   pour cause de départ en weekend. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [11h01]

Fatigue : petite nuit, quelques soucis physiques qui me font me poser des questions…

Humeur : excellente
Estomac: biscottes, miel, thé
Esprit: heureux, en pleine réflexion
Cond. phys. : footing, escaliers

Boulot/projet : coaching avec Sophie – ça déménage!!
Culture: la vallée des poupées – Jacqueline Susan / Bohemian Rhapsody (je vous dis que j’ai adoré! En plus j’y étais en très bonne compagnie!)

Penser à : dire “je t’aime”

Avis perso (1) : il est temps que le gouvernement ouvre les yeux
Avis perso (2): pourquoi pendant des années ton corps tient le coup alors qu’il vit des trucs difficiles et d’un coup dès que tu vis des trucs supers il commence à déconner?

Message perso: (1) merci pour cette délicieuse soirée (2) je pense que tu as raison, novembre a fait ressortir des choses – est-ce que ça va se terminer un jour?? (3) tu me manques (déjà) (4) je radote mais merci pour cette super séance – hyper positive!

Loulou:  peint, écrit des mots en entier, a passé une super soirée avec sa grand-mère, joue avec deux morceaux de bois et une boite en carton…

Amitiés : ici, au téléphone
Love : m’aime comme je suis (je me pince encore parfois pour me dire que c’est bien vrai!) – un havre de paix et d’amour
Sorties : weekend entre amies
Essentiel: être fidèle à soi même – oser
Courses: Noël et alimentaires
Envie de: écrire et écrire et trouver ma voix/voie
Photo: cuisine de saison

Zic: Christina Perri – Arms

Fin [11h27]

Doux weekend de l’avent à tous et à toutes! A lundi!

Posted in Variations Littéraires

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

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Quelques grammes d’humanité

Crédit – Pixabay

Je passe dans la rue. Elle me voit, un geste de la main. Je lui retourne son bonjour.

J’arrive ou je repars du travail. Et elle comme chaque jour, elle attend là, assise dans les courants d’air du métro le matin, sur un tabouret de fortune près de la librairie du quartier le soir. Avec un gobelet. Rien dans le ventre sûrement ou si peu. L’incertitude comme unique compagnon. Dans le froid glaçant de l’hiver ou la chaleur écrasante de l’été, elle est là et elle sourit. Juste un peu d’humanité dans son chaos quotidien.

Alors oui certains diront « si on commence à donner… ». D’autres renchériront « ils n’ont qu’à faire comme les autres : bosser ».  On entendra aussi « c’est au gouvernement d’agir pour tous ces laissés-pour-compte ».

Peut-être ont-ils raison. Peut-être ont-ils leurs raisons.

Toutefois je pense que si on attend que les autres fassent quelque chose, on n’est pas prêt de s’en sortir.

Donne-t-on pour se donner bonne confiance ? Ou juste parce que un regard, un mot aura fait mouche, nous aura touché en plein cœur ? Parce qu’un sourire nous aura montré autre chose, au-delà des vêtements sales et de la misère ? Parce qu’un regardant une personne dans les yeux, nous aurons décelé quelques bribes de son histoire ?

Nul n’est à l’abri. De cela et du reste. Un jour, tout peut changer. Ce que nous avons connu peut s’envoler en fumée. Nous vivons avec cette impression que telle ou telle chose ne nous arrivera pas. Et puis non loin de nous, un parent, un ami, connait un choc brutal. Et c’est la lente descente aux enfers qui s’amorce. Sans soutien, cet ami, ce parent serait certainement à la rue aujourd’hui. On réfléchit puis on oublie.

Pourtant la pauvreté, la misère ne cessent de gagner du terrain. On passe sans la voir trop souvent, mal à l’aise, incapables de changer la donne.

Je crois qu’il suffit de pas grand-chose pour la changer justement. D’un sourire. De quelques mots. D’un peu de chaleur humaine. N’est-ce pas ce dont nous avons tous besoin ?

Ps – sur le sujet je vous conseille le livre de Maude Perrier (Une femme en errance)

Posted in Emprise et Renaissance

Si vous doutez…

Crédit Pixabay

Elle est là. La voiture se gare, la peur se dissipe petit à petit. Elle est là. Avec son sourire. Elle rend ces heures moins douloureuses. Celles de ce départ improvisé, précipité. On parle de tout, en essayant de ne pas parler de ça. Mais on n’y arrive pas. C’est là, c’est le présent. C’est mon ventre rond et les mots qui cognent contre mes tempes. Ce sont ses larmes, puis les miennes. Et les hauts-parleurs qui annoncent le vol. Je la regarde alors que je m’éloigne, que je m’enfuis. Je ne voudrais jamais lâcher sa main. Je ne veux pas qu’elle s’efface parce qu’entre ici et la-bas, c’est le vide. Cet aéroport visité maintes fois est un territoire hostile. Une force me porte mais laquelle. Je ne sais plus. J’avance.

L’avion. Les sourires. Et les larmes qui inondent tout. Tout est néant. Le monde tourne quand le mien n’est qu’une plaie béante. Personne ne sait, pourtant mon chagrin brûle tout. C’est plus que du chagrin. C’est la douleur, la terreur, et ces mots, ces cris.

Sur la dernière ligne droite je sens le sol se dérober sous mes pieds. Si seulement le sol pouvait m’engloutir, m’aspirer tout entière. Si seulement je pouvais disparaître de la surface de la terre. Juste comme ça. Ne plus exister. Me sauver de ceux qui attendent derrière la porte en verre, ceux qui ne comprendront pas, ceux qui m’aiment, souffrent, ceux à qui il faudra raconter l’histoire de A à Z, ceux qui croiseront mon regard et ne sauront pas ce qui se cache derrière. Et qu’il faudra vivre avec ça. Les souvenirs. Ces souvenirs…

C’était il y a six ans. Déjà! Je souris à l’évocation de ces lignes, avec l’impression d’être revenue de si loin. Je me sens si riche aujourd’hui, qu’il fallait bien ça, ce choc brutal pour me faire réagir.

Je suis tombée bien des fois depuis ce jour là. Je suis remontée à la surface, brasse après brasse. En gardant au fond de moi, bien ancrée, la certitude que le bonheur n’était pas que pour les autres, qu’il reviendrait comme le soleil après la pluie. Il suffisait de regarder le monde, de glaner ici et là quelques impacts de beauté. Ils furent nombreux certains jours, imperceptibles parfois. Reconstruire. Pas à pas. Ne plus céder au désespoir. Ne plus céder non plus. Et sourire aussi. Envers et contre tout. Retrouver mes yeux pétillants de vie, ne plus voir les larmes inonder les jours, ne plus espérer que la nuit.

Parfois on me demande comment on en revient. Je ne sais pas. On en revient, ça je le sais. Plus fort, c’est certain. Plus proche, de nos émotions qui s’expriment plus facilement. Plus à l’écoute. Plus proche, des autres. Vulnérables et fiers de l’être. Humains un peu plus aussi. On pose les briques les unes après les autres, chaque chose en son temps.

Je n’ai pas les clés de cette renaissance. Ni de baguette magique pour que tout se passe bien. C’est un processus, comme le deuil, le pardon. Chacun va à son rythme. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’agir. Chacun son chemin.

Alors si vous doutez, sachez juste que plus vous avancez, plus la lumière dissipe les ténèbres, plus vous apprenez à vous connaître, à vous aimez, plus vous marchez vers la vie!

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Le premier flocon

© Aaron Wilson

Il n’y aurait donc que la peine qui mériterait d’être contée, la tristesse, la colère, les démons qui mériteraient d’être peints, le cafard, les idées noires qui mériteraient de prendre vie sous le crayon de l’écrivain, le trouble, le doute, la peur qui mériteraient d’être captés par l’objectif du photographe.

Face à cette photo, dans cette galerie, elle se pose des questions. Que penseraient les autres de ce cliché ? Tous ces flocons et ce brouillard, n’est-ce pas un peu trop ?  Elle entend déjà les voix qui cloueraient au pilori cette œuvre qu’ils regarderaient comme une énième guimauve, sans saveur.

Les écouterait-elle ? Se rallierait-elle à leur façon de penser, qui veut que si ça ne saigne pas, c’est sans intérêt ?

Elle se souvient alors. Des circonstances. Du jour, de l’heure. Du premier flocon qui fend l’air, qui dégringole du ciel et vient s’écraser sur le bitume froid. Puis de ceux qui suivent, enveloppant la ville d’un manteau blanc, soyeux. Du silence et des pas qui crépitent. De l’enthousiasme des enfants, de leurs yeux éblouis. Du ciel gris perle. Et de ce papier sur lequel dansaient les lettres « rejoins moi près du pont ». De l’excitation, des frissons. Du chemin. Et de ce pont. Un paysage de carte postale, juste là sous ses yeux. Juste le jour où…

Face à cette photo, dans cette galerie, elle sut que le bonheur aussi pouvait être peint, capturé, conté, écrit.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 318 de Bric A Book

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Les États d’Esprit du Vendredi 23.11.2018

Je profite d’une journée “grand calme” pour publier ma participation aux États d’Esprit de The Posman et Zenopia   ! On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [14h24]

Fatigue : vive les cauchemars – en même temps la période est telle que c’est un peu normal…
Humeur : très bonne
Estomac: japonais, thé au jasmin
Esprit: focus sur le positif
Cond. phys. : deux séances de yoga
Boulot/projet : on va dire que boulot on n’en parle pas pour le moment – coaching en cours, ça c’est top!
Culture: la vallée des poupées – Jacqueline Susan
Penser à : soi!
Avis perso : je fais une overdose avec le Black Friday!!!!
Message perso: (1) je suis super enthousiaste d’avoir commencé ce coaching avec toi (2) on ne peut pas plaire à tout le monde (3) vivement ce soir! (4) merci de me lire et sache que tu ne me déranges jamais…
Loulou:  encore félicité par la maitresse pour ses progrès, fait des additions, adore mes massages, ramasse des feuilles
Amitiés : ici, au téléphone
Love : m’écoute, me conseille, s’intéresse, pose des questions
Sorties : ce soir, la semaine prochaine
Essentiel: se souvenir que personne ne peut nous faire du mal sans notre accord
Courses: cadeaux de noël
Envie de: écrire et partager
Photo: la femme bleue

Zic: après Adèle, Renaud, Hugues Aufray, on est passé à Johnny! Tous les soirs, c’est le show à la maison…

Fin [14h55]
Plus que deux heures et c’est le weekend! Courage à toutes celles et ceux qui, comme moi, s’ennuient passionnément dans leur boulot. Vous n’êtes pas seuls!!

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La goutte d’eau qui fait déborder le vase

Crédit Pixabay

Ce soir j’ai vraiment eu envie de clarifier une chose ou deux ici.

Je passe pour une fille gentille. Et par gentille, j’entends “bonne poire”, le genre de fille avec qui tu peux tout te permettre parce qu’en retour, elle va tout faire pour arrondir les angles, elle va s’excuser alors qu’elle n’y est pour rien dans la situation, elle va passer l’éponge vite fait bien fait.

Sauf que je ne suis pas une fille gentille. Mes sourires sont souvent sincères. Toutefois il y a des jours où ils sont ma seule arme contre la connerie humaine, la méchanceté, face à ceux qui me prennent de haut, qui considèrent que je ne suis pas digne de l’intérêt qu’ils me portent ou qui se sentent prêts à piétiner mon bonheur.

Donc au lieu de tourner autour du pot on va aller droit au but pour une fois. Quiconque ici se sentira prêt à me juger ou souhaitera porter atteinte à ce que j’ai de plus cher se verra refoulé. Un commentaire, ça se supprime. Les réponses à des réponses à des réponses, j’ai donné. Et à part une perte de temps et d’énergie, ça ne m’apporte rien. Je n’ai rien à prouver à personne. Pas à des gens que je connais depuis des années, encore moins à des personnes croisées par hasard ici et qui se permettent des choses que moi-même je ne me permettrais jamais. Passez votre chemin si vous n’avez que des sous-entendus blessants à partager, vous qui vous plaisez à dire que vous êtes ouverts, altruistes, empathiques et j’en passe. Nos chemins peuvent se séparer aujourd’hui si votre ultime but est de ressasser des choses du passé, de fureter le net à la recherche de tout ce qui pourra vous nourrir. Choisissez de vous complaire dans vos pensées toutes faites sur les autres mais ne me mêlez pas à ça.

Voilà, ça couvait depuis pas mal de temps. Depuis trop de temps. C’est dit et ça fait du bien.

Posted in Emprise et Renaissance

Je n’ai pas abandonné, je suis passée à autre chose

Crédit Pixabay

Je discutais avec une amie hier soir et au cours de la conversation, elle m’a demandé des nouvelles de mes projets d’écriture. Puis d’où j’en étais dans la rédaction de mon manuscrit autobiographique.

Pour tout vous dire j’avais presque fini par oublier ce projet vieux comme le monde !

Je lui ai dit que je l’avais terminé et que j’avais choisi de ne pas le publier. J’ai senti une petite pointe de déception dans sa voix. Et je me suis souvenue que, fut un temps, j’en avais beaucoup parlé. Et que beaucoup de personnes m’avaient soutenu et avaient attendu le point final de ce témoignage.

Avec ce manuscrit, j’ai connu les montagnes russes. Je n’oublie pas qu’il m’a porté pendant des mois. Je ne l’ai jamais pris comme un témoignage. Plutôt comme un moyen pour moi de mettre carte sur table pour pouvoir me libérer. Et j’ai eu de quoi faire. Il a parfaitement rempli sa mission, si bien que quand je l’ai présenté à une maison d’édition, qu’il a retenu l’attention, me replonger dans cette histoire m’a paru comme une perte de temps et d’énergie. J’en avais fait le tour. Et puis avec la maison d’édition ça n’a pas fonctionné. Alors je me suis posée avec ces 200 pages et je me suis posée des questions : pourquoi je l’avais écrit ? Pour qui ? Qu’est-ce que je voulais en faire ?

L’idée de le partager ici chapitre après chapitre fut une option. Mais il me semblait déjà en avoir parlé en long, en large et en travers. J’avais vidé mes tripes sur le papier, compris, accepté, dépassé cette histoire difficile, surmonté le traumatisme, pardonné (pas tout, un peu). Mon divorce avait été prononcé. Je tirais enfin tous les bénéfices de cette expérience. Il y était aussi question de mon fils, de vie intime, des choses que je ne souhaitais pas dévoiler ou pas dans les détails – je l’avais bien assez fait.

Je n’ai pas abandonné, j’ai juste clos un chapitre de ma vie. Je me rends compte que j’ai déjà oublié certaines choses. Des personnes me disent que j’écrirais un jour une autre histoire sur le sujet – est-ce que ça les rassure de penser ça ?  – peut-être, je ne sais pas. Aujourd’hui, je suis passée à autre chose. J’ai d’autres idées, d’autres envies. Le manuscrit est là et si certaines personnes de mon entourage veulent le lire (certaines ne le souhaitent absolument pas !), elles savent qu’il est à disposition. Je le garde pour moi, parce que parfois c’est bon de voir le chemin parcouru et puis parce que c’est mon histoire, parce que ce chapitre a largement contribué à la personne que je suis aujourd’hui. Et pour mon fils, bien entendu. Un jour il sera assez grand pour savoir, pour comprendre…

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De l’écriture érotique: entre peurs et libération (+extrait)

 

Tout a commencé par un « petit » défi.

Écris-moi un texte érotique.
Quoi ? Non je n’y arriverai pas. Et puis je n’ai pas d’idées.
Parle de tes fantasmes.
Oh mon Dieu ! Non, je n’oserai jamais.
Essaye !

Un soir, je me suis collée derrière mon PC et j’ai écrit. Deux pages. Et je les lui ai envoyées. Pour moi c’était un grand pas.

Tout a commencé avec Estelle et Marc. Et tout aurait pu s’arrêter là. Seulement, je me suis prise au jeu. Il trouvait que c’était un bon moyen pour moi d’explorer des facettes de ma féminité que j’avais longtemps mises de côté, d’oser davantage. Il avait raison. L’occasion aussi de m’exprimer sur un sujet qui m’intéressait mais dès qu’il fallait en parler, je devenais timide et mal à l’aise. J’ai pris ça comme une thérapie et c’est devenu un plaisir !

L’histoire de Marc et Estelle fait aujourd’hui près de cinquante pages. Une grande nouvelle ou un micro roman.

Pour celles et ceux qui suivent, j’avais d’ailleurs ouvert un blog – un de plus – pour partager mes textes. J’ai fermé ce dernier suite à la lecture de propos que je trouvais inadaptés et irrespectueux. Je me suis rendue compte que l’écriture érotique était vue par certains comme une porte ouverte – non messieurs, ce n’est pas parce que j’écris de l’érotisme que je suis ouverte à toute proposition indécente. Mon cœur est déjà pris et mon corps m’appartient.

Devant le peu d’enthousiasme (3 ventes) à la sortie de mon dernier recueil de poésie, je me suis bien entendue remise en question et me suis rendue à l’évidence que l’écriture érotique pouvait aussi faire peur.

Pourquoi?
Vous serez peut-être plus à-mêmes de répondre à cette question – je vous laisse la parole dans les commentaires

En ce qui me concerne je pense qu’elle fait peur parce qu’elle touche à quelque chose d’intime, une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons pas toujours vraiment, dont nous parlons à de très rares occasions. Elle est liée à nos envies, nos désirs, nos fantasmes, nos zones d’ombres principalement, tout ce que l’on s’interdit à être, dire, vivre. La sexualité est un des sujets les plus tabous de notre société. Même si les mœurs ont évolué, qui parle de sexualité librement aujourd’hui ? Avoir une sexualité affirmée, épanouie et j’insiste que l’on soit seul ou à deux, n’est pas la priorité de beaucoup de personnes. C’est bien dommage ! Pourtant cela fait partie intégrante de notre vie d’hommes et de femmes et je dirai même que c’est notre essence.

Pour ma part, sortir de ma zone de confort pour aller toucher du doigt cette partie de moi bien enfouie a été un révélateur puissant. J’hésite encore parfois, je ne le clame pas sur tous les toits. J’avance avec les histoires que je crée, je m’affirme davantage, je lâche petit à petit mes peurs. Alors si le cœur vous en dit, n’hésitez plus et aller découvrir mon recueil l’appel des sens que vous trouverez ICI ou que vous pouvez commander en m’envoyant un mail. Je vous laisse avec un court extrait – pour le plaisir…

Extraits Livres Blog (1)

Jouir
De la saveur des effluves
A l’exaltation des papilles

De la fusion des substances
A l’élévation des âmes
Jouir

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Posted in Carnets de route

Tous ces mots écrits

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Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.

 

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Peindre le monde

© Moren Hsu

Allez les enfants, chacun son casier, sa couleur, rangez vos affaires, fermez les portes et en classe !

  • Ma maman elle m’a dit que les casiers c’était que pour les chaussures de sport.
  • Je ne suis pas noir, je suis singulier.
  • Ma mamie elle dit que rien n’est à nous et que tout est à tout le monde.
  • Ma maman elle n’aime pas les casiers, elle dit que ça sépare les gens.
  • Mon papa il a un casier aussi, maman elle dit qu’il a fait de grosses bêtises. Moi j’ai rien fait !
  • Mon papy il me dit toujours qu’une fois dedans, c’est très compliqué d’en sortir.
  • Ma maman elle dit que tous les casiers devraient être de la même couleur. Pas de jaloux !
  • Je ne suis pas blanche, je suis une petite fille du monde !
  • Mes parents ils disent que si on laisse trop longtemps ses affaires à l’intérieur, on les oublie.
  • Ma grande-sœur elle dit que c’est pas pratique, elle perd toujours sa clef.
  • Mon grand-père il dit qu’il faut toujours laisser sa porte ouverte.
  • Mon papa il dit qu’il faut faire confiance aux autres.
  • Ma maman elle dit que une porte fermée c’est le début de la fin…
  • Ma grand-mère elle dit qu’elle en a soupé des casiers pendant 40 ans – ras le bol !

Les enfants ne sont plus là. L’école vient de fermer. Elle se souvient avec nostalgie de l’époque des casiers. Rouges, bleus, blancs, noirs, orangés. Et de tous ces enfants avec leurs idées de grands. Si elle les ouvre, va-t-elle trouver des restes d’eux ? Quelques mots ? Quelques idées sages ? Des chaussures de sport, des morceaux de vie, des photos, des bêtises (rien que des petites), plein de crayons de couleur pour peindre le monde, un monde dans lequel il n’y aurait pas de casiers de couleurs, où chacun serait authentique, ouvert, altruiste, confiant, aimant et fier d’être qui il est ?

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 317 de Bric A Book

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Les États d’Esprit du Vendredi 16.11.2018

Après avoir séché la semaine dernière pour cause de préparatifs d’anniversaire, je reviens cette semaine avec ma participation aux États d’Esprit de The Posman et Zenopia   ! On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [21h50]

Fatigue : légère
Humeur : excellente, positive
Estomac: cake poire épinards chèvre – yaourt – tisane – chocolat
Esprit: en mode “la vie est belle”
Cond. phys. : RAS
Boulot/projet : coaching et nouvelle écrite pour le concours de la Musardine
Culture: Fanny Tome 1 de Maude Perrier
Penser à : continuer à noter mes rêves chaque matin
Avis perso : médire des autres c’est moche – vraiment
Message perso: (1) le livre est parti – merci (2) bravo, tu n’as rien lâché et tu es indépendante, tu peux être fière du chemin parcouru (3) hâte d’être au weekend prochain (4) merci pour cette première séance super positive (5) je savoure ma chance, mon bonheur à chaque instant
Loulou:  joue au foot, cuisine des sablés, a été félicité par la maitresse pour ses progrès, adore Cars (moi un peu moins)
Amitiés : loin…
Love : épatant, à l’écoute, heureux, craquant, merveilleux amant
Sorties : déco de Noël demain, ciné dimanche
Essentiel: s’écouter
Courses: nourriture pour la semaine
Envie de: gagner en confiance, écrire encore et encore
Photo: Les couleurs de l’automne

Zic: Loving you

Fin [22h06]

Bonne soirée et bon weekend à vous tous!

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Violence – Emprise: 6 ans après…

J’ai volontairement choisi de ne pas répondre aux commentaires sous l’article d’hier, étant donné que ces mots appartiennent à une autre personne. Je vous remercie toutefois pour votre bienveillance à son égard.

Certains ont particulièrement retenu mon attention et comme l’idée d’un article se profilait à l’horizon sur le même thème, je me suis dit que j’allais en profiter pour rebondir dessus.

Tout d’abord, comme le souligne très justement Sweet-Things, les victimes de viol, de violence conjugale ne sont pas uniquement des femmes et les bourreaux pas essentiellement des hommes. Les couples hétérosexuels comme homosexuels sont concernés également. Les femmes victimes parlent peu, les hommes victimes ne parlent pas, au nom de ce diktat qui veut qu’un homme soit « fort ». Tous les hommes ne sont pas des brutes épaisses non plus et les femmes des oies blanches. Pour connaître autour de moi des hommes victimes, je peux vous dire que les femmes peuvent parfois être bien pires.

L’anonymat n’est certes pas une solution, toutefois elle permet de se protéger et une personne victime de viol / violence DOIT se protéger.

Pourquoi se forcer ? Souvent parce que le dialogue n’est plus possible ou peut-être ne l’a jamais été. Parce qu’on ne parle pas de ces choses-là. Parce que le fossé entre les deux personnes s’est tant élargi que la communication est brisée. Parce que dire « non » comporte un risque. Parce que dire « oui » nous assure une paix relative. Et que cette paix c’est tout ce qui nous reste. Parce qu’il y a les enfants, la famille, le regard des autres, les convenances, nos valeurs dans la balance aussi.

J’ai déjà écrit des articles sur pourquoi on reste avec une personne toxique. Vous les trouverez en furetant dans la catégorie « emprise et renaissance » si le cœur vous en dit. C’est toujours facile et je l’ai dit plus d’une fois à des amies de partir, fuir. Toutefois quand on est dans la relation, l’emprise est telle que partir est difficile, sans dire dangereux. Ne croyez pas que les victimes restent par plaisir. Elles n’ont souvent pas le choix. Et quand elles font celui de partir, c’est souvent à un prix que nul ne peut imaginer.

Hier, nous regardions l’album des 1 an de Loulou. Au départ j’avais mis quelques photos de moi enceinte, j’en ai très peu. Les premiers mots qu’il a prononcé ont été « ce n’est pas toi ». Et pourtant il a vu des tonnes d’autres photos de moi, à des âges différents et avec des coupes de cheveux différentes et il m’a toujours reconnue. Alors ça a fait tilt. Non ce n’est pas moi. C’est ce que j’ai été pendant 4 ans, une personne étrangère. C’est la peur qui m’a guidée à chaque instant de cette relation. C’est la peur qui m’a fait dire « oui » des centaines de fois. C’est la peur qui m’a maintenue prisonnière. Au début j’ai dit « non ». Puis j’ai dit « non » en me sentant coupable parce qu’ on me faisait comprendre que ce “non” on ne voulait pas l’entendre. Puis les représailles sont arrivées. Et j’ai dit « oui ». Parce qu’en continuant à dire « non » je m’exposais à la violence, au harcèlement, à la manipulation.

Le 16 novembre 2012, ma descente aux enfers allait connaitre son heure de gloire! Là ce n’est plus de la peur, c’est la terreur, les larmes qui coulent, les nuits qui semblent interminables, les tripes en vrac. 11 jours après je prenais un aller-simple pour la France, laissant tout derrière moi, enceinte de six mois. Quand j’y pense j’ai presque du mal à me revoir, du mal à réaliser que j’ai été là, que j’ai vécu ça, que j’ai encaissé tout ce mépris. La jeune femme sur la photo est si éloignée de qui je suis aujourd’hui. C’est très étrange. Je suis désormais dans les faits, moins dans les émotions. Je peux parler de ces derniers jours, sans avoir le cœur prit de frissons, sans ressentir dans mon corps toutes ces sensations désagréables. Le traumatisme s’est estompé. Il revient parfois. Je ne peux plus voir la violence en peinture. Je ne peux plus entendre de cris sans me retourner dans la rue. Je ne peux plus voir de couples s’invectiver devant moi. Je ne peux plus visionner un film sur le sujet.

La prise de conscience de ma part de responsabilité dans ce naufrage m’a permis de faire mon deuil, de pardonner, d’accepter, de dépasser mes maux, de me reconstruire. Ce processus est propre à chacun.

Vous ne pourrez pas, nous ne pourrons pas tout comprendre. C’est impossible. Si un jour vous êtes en face d’une victime de viol, de violence, ne lui dites pas ce que vous feriez à sa place, vous n’y êtes pas. Écoutez-la et soyez présent. Mettez de côté vos idées toutes faites et écoutez-la VRAIMENT.

Posted in Carnets de route

Cette zone grise entre devoir et viol conjugal : Témoignage de femme

« Ça fait combien d’années qu’il te viole ? »

Crédit – Campagne Contre le Viol Conjugal (Chloé F Thompson)

Avec une violence inouïe, les mots se sont affichés sur l’écran de mon portable. Comme j’ai pu, je me suis défendue. Ça ne fait pas des années que ça dure. Quelques mois, tout au plus. Et puis, vu que je ne dis pas clairement “non”, ce ne sont pas vraiment des viols. Un viol, c’est dans la violence, la contrainte, la surprise

Dans la réalité, surtout, pour me protéger. Je ne veux pas admettre complètement ce qui s’est passé. Ce que trop longtemps j’ai toléré. Alors, viens, je t’emmène dans le sacro-saint. Là où peu de monde rentre. Dans l’intimité de la chambre et du lit conjugal, quand la lumière est éteinte.
Toute la soirée, j’ai retardé les contacts, plongée dans mes jeux sur la tablette ou sur Facebook et, le plus tard possible, je suis allée me coucher. Il m’a suivie. Je me suis recroquevillée en chien de fusil, contre le mur et il est venu s’allonger contre moi. Le câlin avant de dormir dure. Je ne bouge pas, espérant qu’il se retourne pour s’endormir. Pas ce soir. Ce soir, au bout d’un moment, ses mains descendent. Elles me malaxent les fesses puis viennent sur une autre partie et la caressent ou la pénètrent. Je sais ce qu’il va se passer si je ne dis pas non, ne donne pas un coup de jambe, d’un air de dire « sors de là ». Je me tétanise.
Je n’ai pas envie. C’est du harcèlement. Pourvu qu’il se lasse et se retourne.
Il ne se lasse pas. Alors je cède. Si je cède, ça cessera vite. Ce sera mal fait, je n’y prendrai aucun plaisir, mais au moins, j’aurai la paix et je pourrai dormir ce soir et quelques autres soirs encore. Alors, j’écarte les cuisses et le laisse faire. Tout en moi lui crie de cesser, que je ne veux pas. Mais aucun son ne sors de ma bouche. Ce n’est pas un viol : je n’ai pas dit “non”. Je me déteste de le laisser faire ça. De me renier à ce point. Je le hais de continuer, de ne rien voir. Je suis certaine qu’il n’y prend pas plus de plaisir que moi alors pourquoi ? Pourquoi continue t’il ? Pourquoi revient-il à la charge sans cesse ? J’en aurais presque envie de vomir. J’ai envie de pleurer mais rien ne vient. Et puis il s’arrête, se retire. Je me retourne et me recroqueville encore un peu plus sur moi-même, tout au bord du lit, coincée contre le mur. J’ai enfin la paix. Je peux dormir.

Pourquoi est-ce que je ne dis pas « non » ? Pourquoi ? Tout simplement parce-que demain, il reviendra à la charge et après-demain et les jours suivants, jusqu’à ce que je cède. C’est une bien sombre histoire. Ma sombre histoire. Une sombre histoire à la frontière entre le devoir conjugal et le viol. Une histoire dans ce que l’on nomme la « zone grise », celle où l’un des partenaires cède, juste pour avoir la paix. Qu’on ne vienne pas me dire : c’est comme une balade en forêt, des fois, il faut un peu se forcer pour lui faire plaisir. Parce-qu’on commence comme ça, en se forçant un peu une fois en passant et puis, ça devient routinier. Je ne veux plus de ça. Je ne veux plus le vivre mais je ne veux plus l’entendre. Parce-que tant qu’il y aura du monde pour le dire, des femmes continueront à se forcer et à en souffrir, de plus en plus.

Je ne veux pas que nos filles et nos fils grandissent en croyant que c’est normal. Non, ce n’est pas normal. Quand un des membres du couple ne voit pas ou ne veut pas voir que l’autre n’a pas envie, ce soir. Quand un des membres du couple se force, encore et encore, s’efface et se renie à ce point. Ce n’est pas normal, tout simplement.

Ce texte est un témoignage anonyme de femme que j’ai accepté de partager sur mon blog.

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La sexualité et nous

Crédit Pixabay

La sexualité n’est pas une entité à part. Elle est nous. Elle nous appartient. A tous niveaux. A  tout moment. Elle est reliée à notre essence. Elle ne se définit pas vraiment ou alors à chacun, sa définition. Elle se vit au quotidien, dans un rapport à soi, à l’autre. Elle est notre lien le plus intime au monde.

La sexualité ne connait ni frontière, ni limite. Elle est tout ce que nous nous autorisons à vivre. Seul, à deux, à plusieurs. Elle nait avec nous et meurt avec nous. Elle cristallise nos peurs et nous invite au dépassement, à l’abandon, au lâcher prise. A voir au-delà de ce que nous connaissons. A ressentir. Elle est une source intarissable de sensations diverses et variées.

Elle nous concerne tous, quelles que soient notre âge, nos préférences, nos curiosités, nos différences, nos envies, nos fantasmes, nos paradoxes. On aurait parfois tendance à la qualifier, la quantifier. On voudrait la faire tenir dans des cases, des moules. On voudrait pouvoir la contenir. Quand elle reste indomptable, pleine d’incertitudes et pourtant riche de tant de possibles, de découvertes.

Elle est unique, multiple, ancrée / encrée en nous. Notre corps en est le véhicule, le réceptacle. Elle se vit dépourvue de protection. Si on se livre entier à son pouvoir, on peut se libérer de nos chaines, de nos tabous, de nos idées toutes faites, celles qui sont un frein à notre épanouissement.

La sexualité est à l’origine de la vie. Elle est un terrain de jeu passionnant, un tremplin, un mélange des genres, une porte ouverte sur soi, encore une fois. Sur ce que nous sommes au plus profond loin des apparences, de l’attraction, de la séduction. Sur l’autre aussi, mis à nu, vulnérable, animal.

La sexualité acceptée, assumée nous révèle à nous-mêmes. Elle est la vérité crue. Et quand nous la laissons-nous absorber, nous emporter, nous envoler, nous touchons du bout des doigts un fragment d’éternité.