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Les États d’Esprit du Vendredi 30.03.2018

Je ne savais pas si j’allais participer et puis je me suis dit que je n’allais pas ou peu me connecter sur les trois prochains jours, alors autant être là ce soir. Place aux états d’esprit du vendredi, le rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [21:25]

Fatigue : tant que je me couche avant 22h45 tout roule!

Humeur : bonne
Estomac: riz, avocat, poisson, tisane
Esprit: agité puis serein
Cond. phys. : footing et un peu de marche
Boulot : tensions
Culture:  Une carte postale du bonheur de Cristina de Amorim – Soul Touching from Seshata Rose – Le Verrou de Guy de Maupassant – un cinéma aussi (ça change!)
Penser à : avancer sur mes projets littéraires
Avis perso : se remettre en question, accepter sa part de responsabilité est indispensable pour évoluer.
Message perso: (1) j’aime ce que nous construisons, c’est précieux (2) le chocolat c’est bon pour le moral (3) bonne chasse aux œufs!
Loulou : pense que des cloches vont tomber du ciel dimanche, a été au cinéma avec son grand-père et a bien ri, écoute au choix Tri Yann, Renaud ou de la musique classique…
Amitiés : de loin
Love : à l’écoute, ouvert à la discussion, attentionné, sans jugement
Sorties : mémé, Pâques en famille et peut-être ciné avec Loulou
Essentiel: accepter ses zones d’ombres pour mieux les transcender
Courses: super-aliments et maillot de bain
Envie de: bien avancer dans les récits (textes – nouvelles) commencés
Photo: Envie de bord de mer
20161224_143807Zic: Joan Baez – Diamonds and Rust
 Fin: [21h48]
Bonnes fêtes de Pâques à tous et à toutes! Profitez bien!
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Tous les homme de ma vie #11

Voilà, c’est fini! J’espère que cette série vous aura plu. A très vite pour d’autres récits et fictions!

J’aime les hommes de ma vie.

Je les ai aimés. Mal aimés. Je les ai aimés passionnément avec la peur omniprésente de les perdre. Je les ai perdus. Et tant mieux. Je les ai aimés avec toute la fougue de mes vingt ans puis toute la folie de mes trente. Je les ai aimés en me reniant complètement. Je les ai aimés en les faisant passer avant moi, en changeant mes idées, en ignorant leurs faux-pas, subjuguée à l’idée que de tels hommes aient pu poser les yeux sur moi. Je les ai aimés avec fougue, le cœur émietté. Je les ai laissés jouer avec mon cœur, avec mes sentiments tous neufs, avec mes idéaux fragiles.

Nous n’avions souvent rien en commun. Nous avons créé des souvenirs, certains doux, de ceux dont on parle parfois entre amies quand on se souvient du passé avec nostalgie, d’autres trop tristes pour être évoqués, même sur le ton de la plaisanterie.

J’éprouve une certaine tendresse pour certains de ces hommes, ceux qui sont partis, en déposant un bouquet près de mon lit, ceux dont les photos parlent encore de ce qui n’est plus mais fut, charmant, gracieux, joyeux, plein d’honnêtes sentiments.

Je remercie chacun d’eux pour m’avoir faire comprendre une chose essentielle, une chose à côté de laquelle je serai passée s’ils n’avaient pas été là, la relation la plus importante de toute ma vie.

Loin d’eux commence alors la rencontre que j’ai trop longtemps retardée, par crainte de devoir me regarder en face, par peur de faire face à mes démons. La seule véritable rencontre qui a de l’importance ne les inclut pas, juste le temps que je me sente enfin en paix avec moi.

Je dis que je les aime mais est-ce que je connais le véritable sens du verbe aimer ?

En me voyant dans la glace, je réalise que j’ai gâché pas mal d’années, à chercher au fond de chaque regard masculin une approbation quelconque, le reflet d’un soupçon d’amour propre, un petit peu d’attention.

Trop peu d’estime de moi pour trouver le bon. J’ai décidé il y a peu de tenter une nouvelle expérience, de tourner une page, d’écrire une nouvelle histoire:

Une histoire d’amour avec moi.

Une belle histoire.

Pour le prochain homme de ma vie…

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Les ressorts de l’emprise (et pourquoi c’est si difficile à expliquer)

J’ai souvent écris sur l’emprise. C’est un sujet d’actualité. Mais c’est surtout une étape de ma construction.

Pourtant parler d’emprise est très difficile. Parce que les ressorts de l’emprise sont très pervers et que la personne qui tire les ficelles de cet engin machiavélique va arriver à ses fins, en vous faisant croire que tout ce que vous avez consenti à faire vient de vous.

La personne est blanche comme neige dans l’affaire. Les rôles sont échangés. Le bourreau devient victime et la victime devient bourreau.

Le principal problème de l’emprise, c’est que vous ne vous rendez compte de rien.  Souvent le dialogue dans la relation est inexistant, l’échange une perte de temps puisque une seule parole prime, celle de l’autre – il ne cherchera jamais vraiment à savoir ce que vous pensez sur telle ou telle question, qui vous êtes non plus. Ça ne l’intéresse pas, ce qui l’intéresse c’est la faille qu’il a perçu en vous et dans laquelle il va se faufiler pour diriger votre vie. Jusqu’à ce que vous vous retrouviez au pied du mur, pieds et mains liés.

Le manipulateur ne vous “aime” pas tel que vous êtes, il vous “aime” tel que vous allez devenir. Tout est prêt dans son plan pour que vous rentriez dans SES cases, pour que vous vous abaissiez à SES volontés. Pas de polémique, il sait, il a raison. L’emprise fait que vous y adhérez, sans trop vous poser de questions. Après tout, c’est pour votre bien. Il le dit. Vous le croyez. La seule chose que vous avez à faire c’est de le vénérer comme un Dieu et vous soumettre. Si vous restez dans le droit chemin, tout ira bien. Si vous déviez, vous le faites à vos risques et périls.

Au début vous prendrez plaisir à jouer avec le feu, vous aurez l’impression que vous aussi vous pouvez le manipuler. Grave erreur. A ce jeu il a des longueurs d’avance sur vous. Vous vous brûlerez les ailes à coup sûr.

Il faudra parfois un engagement, un enfant, un appartement, des dons d’argent, un changement de pays, de religion, un régime draconien, un nouveau style vestimentaire, une démission (et j’en passe).

Avant que les gens ne vous demandent si tout va bien, pourquoi ces changements saugrenus et qui ne semblent pas du tout vous correspondre. A ce moment-là, il y a de fortes chances pour que vous vous refermiez sur vous-mêmes en vous disant que les gens n’y comprennent vraiment rien. Au lieu d’être heureux pour vous, ils vous accusent presque de changer. Vous prendrez vos distances. Et l’emprise redoublera. Tous vos choix seront dictés par un instinct de survie. Mais vous l’ignorez encore à ce stade.

S’ensuivra une jalousie excessive, la violence, les humiliations, le harcèlement, un / des actes sexuels forcés, des menaces. Privés du recul nécessaire vous abdiquerez. La paix. Avoir la paix, voilà ce qui primera. Tous vos faits et gestes seront calculés pour ne pas « brusquer » l’autre. Toute atteinte aux règles fixées, par l’autre, sera assortie d’une sanction. Vous vous retrouverez comme un gosse pris en faute pour une vulgaire bêtise et il vous faudra presque ramper jusqu’à l’autre pour implorer son pardon. Qu’il ne daignera vous accorder qu’à certaines conditions, établies par lui bien entendu. Vous serez prêt à tout pour que l’autre vous regarde, vous parle. Vous deviendrez ce qu’il attend de vous depuis le début. Et vous serez convaincu qu’il ne fait ça que pour votre bien. Encore une fois. Pire, que c’est vous qui êtes fou à lier quand il vous fait une énième crise de jalousie, vous bouscule dans le couloir, vous intime l’ordre d’aller changer de tenue, vous avez l’air d’une pute, jette votre repas à la poubelle. Ne vous en faites pas, il sera le premier à vous le dire. Vous n’êtes rien. Avec lui. Ou sans lui d’ailleurs.

Il s’en sortira presque avec les félicitations du Jury. Et vous, le cerveau complètement retourné, votre estime de vous-mêmes réduite à néant, votre corps couvert de cicatrices visibles et invisibles. Vous ne serez plus que l’ombre de vous-mêmes.

Et tout le monde se demandera comment vous avez pu adhérer à CA.

Vous vous demanderez comment vous avez pu adhérer à CA.

Et puis vous vous souviendrez de l’araignée qui tisse sa toile, de cette impression omniprésente de ne pas pouvoir respirer, de patauger dans des sables mouvants, d’avoir envie de sortir mais de vous cognez dans des portes fermées à double tour. Vous vous souviendrez de la première fois où il vous a dit « si tu m’aimais ». Et vous comprendrez que dans cette relation, les cartes distribuées ne l’étaient pas en votre faveur, les dés étaient pipés d’avance, la chute prévisible.

Il ne devrait jamais y avoir de « si » avant le verbe « aimer ».

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Fragile

Quand je pense à tous ces mots, ces interrogations, pourtant sans arrière-pensée, qui n’ont vocation qu’à m’aider à vaincre les blessures les plus tenaces, à mon rythme, mais qui viennent néanmoins ébranler les fondations de tous ces pas en avant, de tout ce que j’apprends à être loin des cases qui ne sont plus moi. Je me sens à nouveau fragile, le cœur au bord d’un gouffre dont il m’est impossible d’estimer la profondeur. Les larmes au bord des yeux je me demande si je ne serais jamais assez…

Et pourtant, pour une fois, je n’ai rien à prouver.

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Quand le manque de confiance nous bloque

Crédit – Pixabay

Proposer des sorties. Émettre une idée. Acheter un cadeau. Dire « j’ai envie de telle ou telle chose ».

Des paroles, des actes simples.

Pour moi, ils ne le sont pas. Pas souvent.

Ils sont clairement liés à un manque de confiance en moi. On en revient toujours au même. C’est le chat qui se mord la queue…

Ce sont les mêmes mots que j’entends à chaque fois. Les mêmes regards que je vois. Les mêmes souvenirs qui s’impriment.

Ce sont les cadeaux délaissés, pas appréciés, qui me sont souvent restés sur les bras. Ou qui ont été relégués au placard.

Ce sont les idées tournées en ridicule.

Ce sont les envies jugées inadaptées, un peu trop naïves.

Ce sont les projets avortés et les « on te l’avait bien dit ».

Alors à 37 ans je me laisse encore beaucoup porter. Dans ma relation aux autres. Je suis souvent la dernière à proposer une sortie, à penser à tel restaurant pour un anniversaire. Et si ça ne plaisait pas. Toujours la crainte d’être à côté de la plaque, d’entendre un « c’était pas terrible ».

J’avance à tâtons comme un pingouin qui fait ses premiers pas – j’aime bien l’image. Le terrain est glissant car je m’imagine (à tort !) que le moindre faux-pas me fera perdre l’affection des personnes que j’aime. Être à la hauteur est un leitmotiv qui au final me laisse peu de marge de manœuvre.

J’ai conscience que pour les personnes qui partagent ma vie ce n’est pas toujours évident à gérer. Peut-être qu’elles aimeraient bien être portées elles-aussi parfois, que j’ose davantage sortir de ma zone de confort (pas si confortable – je culpabilise vachement  de ne pas y arriver !)

La formule magique, je la connais : confiance, confiance, confiance. Sincèrement si vous avez la (ou les clés) de la confiance on soi, je vous en supplie partagez la/les ! Je suis certaine que je ne suis pas la seule en demande.

Et vous, dans quel domaine de votre vie, votre manque de confiance vous bloque ?

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Les amoureux du RER B

[:fr]

Crédit – Pinterest

Là, sur la plateforme du RER B, j’observe du regard les deux amoureux enlacés à mes côtés. Il est huit heures du matin. Au bout de la ligne, mon bureau m’attend. Les dossiers qui s’entassent ne font que meubler l’espace. Je m’ennuie considérablement. Travailler pour faire un métier qui te plaira, mes parents m’ont bien eu. Ou bien, ils y ont cru. Pourtant, j’ai pris plaisir à étudier, à passer des heures dans des amphithéâtres surchargés, à lire et relire des cours donnés, tantôt par des professeurs passionnés, passionnants, tantôt par des survoltés, complètement barjos.

Pour passer le temps, je déambule entre les étages, m’arrête chez une collègue pour papoter, échanger quelques anecdotes qui feront le tour des services en un rien de temps. Je reviens à mon poste, sans grande conviction et tente de m’atteler à une tâche compliquée. Je me dis parfois que je pourrais reprendre des études, demander un congé formation ou partir à l’étranger pour parfaire mes langues, puisque rien ne me retient à Paris.

Je vois d’ici la routine de ma journée à venir. Le téléphone sonne. Horreur. Je déteste la musique assassine de l’appareil. Elle perturbe mon rythme. Elle vient interrompre ma maigre concentration. Elle me force à arrêter mon travail. Elle stoppe ma pensée en action. Le téléphone continue de sonner. Le mien ou celui d’un autre. Dans mon bureau ouvert sur le monde, on dirait que je n’entends que le staccato qu’il produit, à longueur de temps. J’attends. Je compte les secondes entre chaque sonnerie. Je me fige. La musique continue. Je tente de me concentrer sur autre chose, sans vraiment y arriver. Rien ne m’intéresse. Le téléphone s’arrête enfin. Je reprends mon souffle. J’écoute le silence. Je m’en délecte. J’en abuse. Jusqu’à la prochaine sonnerie. Il faudra que je décroche cette fois pour régler un énième conflit administratif.

Au loin, j’aperçois le signal qui indique qu’il y a un problème sur une des lignes du réseau. Encore un. Toujours à l’heure de pointe. Souvent le matin. Je suis contente de ne pas être coincée dans un métro à l’arrêt, entourée de personnes, qui au fur et à mesure du retard pris, se crispent, s’énervent, se mettent à chercher frénétiquement un autre moyen d’être dans les temps à destination, sans y parvenir. Sans compter l’odeur des corps en chaleur qui devient vite insupportable.

Regarder les couples se retrouver, se quitter, se dire au revoir pour quelques heures, peut-être plus, se dire adieu des fois, c’est mon péché mignon.

Extrait de mon recueil de nouvelles “la vraie vie”, disponible Ici et sur le site The Book Edition.[:]

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Du corps: entre maternité, complexes et libération

J’ai souvent écrit sur le corps, surtout ces dernières années.

Je n’ai jamais eu de problèmes avec mon corps. Ou bien rien de bien méchant. Je ne l’ai pas maltraité et je l’ai longtemps regardé avec beaucoup de bienveillance. Ma taille, mes formes, tout me convenait, je n’avais pas de complexe et la chance d’être en bonne santé.

On prend souvent conscience de son corps par rapport au regard de l’autre. C’est ma taille qui était source de moqueries quand j’étais enfant. Rien d’affolant. On ne peut pas changer sa taille alors à quoi bon…

Le regard de l’autre peut le meilleur comme le pire. Tout comme le nôtre sur nous-même.  Le temps de l’innocence et de l’insouciance a laissé la place à celui d’une réalité qui ne répondait ni à ma culture, ni à mon éducation : cacher le corps.

Sans y prendre garde je suis rentrée pas à pas dans le moule parfait des certitudes imparfaites de celui qui croyait tout savoir sur tout. J’ai couvert mes bras, mes jambes. Je me suis enfermée vivante sous une couche de vêtements qui ne protégeait pas seulement mon corps de l’hypothétique regard des autres hommes sur moi, mais me permettait d’enfouir mon mal aise, mon mal être.

Le corps que j’avais aimé, mis en valeur, que j’avais caressé, que je connaissais presque sur le bout des doigts, mon corps était devenu un territoire étranger que je fuyais du regard, que je couvrais chaque jour davantage.  Il n’avait plus de contours, plus de formes. Il n’était plus qu’une enveloppe.

Puis la vie est venue se loger en moi. Et mon corps s’est transformé. A l’intérieur je n’étais plus femme, mais une mère en devenir. Mon corps n’était plus touché, ni frôlé. Il avait fait son travail, servi à satisfaire les envies d’un homme et intégré ce que l’homme attendait – l’enfant. Il ne restait de ma féminité que des souvenirs, engloutis sous un déluge de dégout et de honte que je tentais de faire disparaitre sous le jet brulant de la douche.

J’ai passionnément aimé mon corps de mère. Je m’y suis accrochée pour la vie qui grandissait en moi. J’ai regardé mon ventre s’arrondir, prendre la place de tout ce qui n’existait plus. La femme s’était envolée…

J’ai mis près d’un an avant de porter à nouveau des tops à manches-courtes, des jupes sans collants. Puis  quelques années de plus avant de m’offrir une nouvelle tenue, m’acheter de la lingerie. Je ne me regardais dans un miroir que pour constater cette tristesse que j’avais au fond des yeux, pour intégrer les cicatrices. Les accepter fut le fruit d’un long et douloureux travail sur moi, dans lequel il a fallu cracher les heures les plus noires de mon histoire, les dire encore et encore, intégrer que j’étais moi aussi responsable de cette mise à mort, que j’y avais adhéré, que je m’étais délaissée/détestée.

En fermant mon cœur à double tour, je savais que je choisissais la facilité, celle qui me permettait de ne surtout pas prendre rendez-vous avec ma féminité, avec l’autre. J’étais mère et mon corps me le rappelait sans cesse. Comment un corps de mère pouvait être désiré, désirable ?  Comment un corps de femme humiliée pouvait être aimé ?

Je ne dirais pas que ce travail est terminé, je me bats encore avec certains démons. La différence c’est que je sais que je les vaincrais, un jour. Je renais à mon rythme, je renoue doucement avec mon corps. Le fait qu’il soit regardé, aimé, désiré pour ce qu’il est m’aide forcément énormément. Le regard de l’autre a aussi le pouvoir de nous libérer.

Posted in Variations Littéraires

Le premier “je t’aime”

Crédit – Pixabay

Il explose. Il éclipse le reste, les mots tendres, les promesses.
Il se pose doucement sur les paupières du nouveau-né. Il investit le monde de la mère, du père. En silence. Dans la joie.
Il se dit de vive voix ou dans un murmure.
Il se faufile entre les lèvres, se fraye un chemin au centre des émotions. Il prend toute la place.
Tantôt discret, tantôt explosif, il nait dans le cœur de celui qui le prononce. Il atterrit par surprise, en colis suivi dans le cœur de celui qui le reçoit comme un cadeau à protéger.
Il n’ose pas, se demande si c’est l’heure. Il soupèse le poids de son impact, du contact. Il attend le moment où il pourra se dire sans peur.
Il ébranle les murs de la maison, jaillit tel un océan d’amour que rien ne peut contenir. Il se veut plus fort que tout, tous les démons, tous les fantômes de la nuit.
Il existe avant même d’avoir été prononcé. Il se promène dans l’air, un peu fou, un peu pressé.
Il se veut puissant, impossible à détruire. Il dit juste l’essentiel, rien de plus, rien de moins.
Ou il ne se dit. Il n’ose pas passer la barrière du vide, de l’inconnu. Il se tait.
Il se devine. Il se glisse sur une lettre, sur un début de déclaration.
Puis se livre quand tout s’effondre, il se tisse dans le brouhaha des larmes, des cris. Il se dit quand tout s’éteint, comme une dernière prière.

Ce texte m’a été inspiré par Delphine!

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 23.03.2018

La pluie fait son grand retour, en douceur, le bureau est désert et je me débats avec WordPress depuis hier soir sans résultat! Assez de blabla, passons aux états d’esprit du vendredi, le rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [14:57]

Fatigue : ça m’apprendra à me coucher trois soirs de suite après 23h

Humeur : la vie est belle
Estomac: libanais, tisane
Esprit: dans les tableaux de bord et problèmes de commentaires sur WP
Cond. phys. : mini-footing (et c’est tout)
Boulot : voyages, visas et database
Culture:  Une carte postale du bonheur de Cristina de Amorim (j’ai le coeur au bord du précipice)
Penser à : ne pas procrastiner sur mes projets littéraires
Avis perso : je n’y comprends rien à WP (ça m’apprendra à toujours vouloir tout changer – je suis une éternelle indécise impatiente!)
Message perso: (1) deux meeting entre midi et deux, c’est exagéré (2) tu lui as dit et tu lui rediras, tu as tous les droits d’être heureuse! (3) ton livre est un bijou (4) je t’adore (je sais qu’il y a un copyright sur la formule, tu m’excuseras)!
Loulou : fait de la trottinette de grand, préfère la nourriture de la cantine, fait des super EXTRA gros câlins, a hâte de se faire couper les cheveux.
Amitiés : je suis en dessous de tout en ce moment mais je pense fort à vous
Love : attentif, présent, plein de charme
Sorties : footing – coiffeur pour loulou!
Essentiel: être soi et envoyer valser la peur
Courses: un maillot de bain (si je veux retourner à la piscine dès l’arrivée des beaux jours)
Envie de: oser encore un peu plus chaque jour
Photo: Printemps
Zic – à venir…
Fin [18:09]
Posted in Tout un poème

Femme scorpion

fabric-2405104_640Ombre et lumière

Lutte éternelle entre le bien et le mal

Obsessions et limites se toisent

Dans un ballet aphrodisiaque

Le corps transcendé par le désir

De l’être authentique

La vie, la mort se croisent

Dans une danse démoniaque

Le corps en proie à l’ivresse

De jouir de l’essence de l’être

α

Du 7e ciel aux Enfers

La raison étouffe ses pulsions

La passion déchaine ses émotions

Âme damnée

Corps prisonnier

D’une norme qu’elle exècre

Sensibilité exacerbée

Sensualité prononcée

Indéfectible dilemme

De ses chaines qui la protègent

Et l’empêchent d’exulter!

 

Posted in Variations Littéraires

A la porte de mon cœur

[:fr]

Si je vous parlais de lui, je dirais tout ou presque. Je garderais pour moi les odeurs, les saveurs, l’intensité, mes émois intérieurs, la félicité de ces quelques heures passées à ses côtés.

Je dirais la surface, la texture de ses mains, leur délicatesse. Je dessinerais la trajectoire de ses veines, les allers-retours de mes doigts sur sa peau.

J’évoquerais la manière dont il touche mon corps, dont il s’attarde sur son souffle, dont il ressent chaque vibration.

Puis j’écrirais son sourire, limpide, authentique, son regard qui voit tout et au-delà. Je saisirai un instant pour retranscrire les sentiments, précisément.

Si je vous parlais de lui, de moi, je dirais tout ou presque, ses attentions, sa passion, mes nouveaux horizons et le plaisir qui prend ses aises, la raison qui se tait, laisse le corps s’exprimer, l’amour s’imprimer sur chaque centimètre de l’espace de l’être.

Parce que les mots s’imposent à moi, qu’ils se bousculent à la porte de mon cœur, de ma voix, qu’ils inondent mes pensées et refusent de capituler.

Alors je vous parlerais d’amour, encore. Et j’écrirais sur ces destins croisés, ces vies bouleversées, sur le ciel et ses couleurs impressionnantes, sur la beauté et le chaos, sur ces idées folles qui nous font aller de l’avant, nous dépasser, sur tous les « je t’aime » que le vent emmène d’un bout à l’autre de la terre…

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Posted in Humeurs d'Auteur

En eaux troubles – Primé

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Vie. Trois lettres. Un mot tout petit pour évoquer quelque chose de grand, d’immense, d’indescriptible souvent. La vie qui défile et se défile aussi. La vie qui tient à un fil. Au-dessus du berceau, on s’attarde sur son mystère, sa magie. On parle de miracle. Au-dessus du lit, on regarde la vie qui s’enfuit. La naissance. La mort. Entre les deux, les années fracassantes, flamboyantes et parfois complètement insensées.

Voilà le début de mon texte “En eaux troubles” présenté pour le Prix Short Édition Printemps 2018 et qui a été sélectionné et primé. J’ai une pensée particulière pour Laurie, Delphine et Laurie – ce texte a en partie été écrit lors d’un voyage dans le Sud en mai 2017.

Je remercie chaque lecteur pour son vote, soutien, ses commentaires, encouragements, partages. Ce sont de jolies “victoires” comme celles-ci qui mettent du baume au cœur. Comme chaque partage avec vous ici et ailleurs!

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Posted in Carnets de route, Emprise et Renaissance

Pendant 4 ans, j’ai simulé…

C’est monnaie courante, beaucoup de femmes en sont réduites à ça, détailler le papier peint de la chambre à coucher pendant que l’autre s’active à la tâche, avec un objectif unique: son plaisir. C’est bien là que la bât blesse. Quand on parle du plaisir de l’autre, il y a ceux que ça indiffère, ceux qui n’y pensent même pas, les égoïstes purs et durs, ceux qui te balancent des histoires à la con de soumission, de religion et plein d’autres…Et puis il y a ceux pour qui ça compte. Heureusement!

Entre nous, tout avait mal commencé. Il ne fallait pas être devin pour imaginer que sexuellement ce serait un fiasco. Pourtant on pouvait espérer. Ça ne fait de mal à personne, encore que!

C’est dans une petite chambre, humide et moche que j’ai pris conscience, non sans m’être forcée à voir le côté positif des choses, que le Nirvana ce n’était pas une partie gagnée. De bon matin, après une soirée où j’avais tenu bon sur mes positions – avec préservatif ou rien – je me suis réveillée seule dans le lit froid aux draps à la propreté douteuse. Il était sorti, pour quoi faire? M’acheter des croissants sûrement. Il avait un corps de rêve et il était délicat. Si ça se trouve c’était un Dieu au lit. Je rêvais déjà. Quand il a passé la porte, le regard pétillant, en tenant à la main une boite de préservatifs, j’ai déchanté. Pas de croissants. J’allais passé à la casserole sans préambule. Sans préliminaire non plus – pourquoi faire long quand on peut faire court!

Au départ, je me disais que c’était peut-être à moi de lui montrer le chemin. Sauf qu’entre lui et moi il y avait tout le vacarme de la religion et son inaptitude à penser à quelqu’un d’autre qu’à lui-même. A chaque fois que nous nous retrouvions dans un lit, j’avais ni plus ni moins l’impression d’être une pute – l’argent en moins sur la table de nuit. Au départ, je mettais un peu d’ardeur à la tâche quand même, histoire de dire qu’on était deux à  vivre l’expérience.

Au fil du temps, j’ai appris. A faire semblant. C’est pas si compliqué, croyez moi. Et ça passe inaperçu puisque l’autre n’en a strictement rien à ciré. J’ai eu le temps en quatre ans d’étudier dans les moindres détails les murs, le plafond, la moquette, le carrelage de la salle de bains, un coin de ciel bleu, la couleur de la pluie, les vitres, les tâches, la peinture qui s’écaille, la qualité du coton des housses de couette, de refaire dans ma tête la décoration de l’appartement, d’établir la liste des courses, les recettes à tester absolument, les cartes à envoyer. Je me suis parfois demandé pourquoi ça prenait tant de temps, alors que certains jours, c’était emballé en moins de deux et qu’il filait sous la douche, avant même que j’ai mis un pied hors du lit. Je me suis souvent parlé à moi-même, me demandant quand il allait me demander de changer de position, si ça allait être mieux ou pire. Entre deux, je le regardais le sourire aux lèvres, histoire de lui faire croire qu’il était le meilleur amant de la terre – je crois qu’il n’a jamais douté. J’ai joué la comédie le matin, le soir, à midi, en pleine nuit, en plein jour, volés tirés, portes closes. J’ai crié, pleuré, espéré surtout que le déclic arrive, que je sente quelque chose, un début de quelque chose. Rien, le calme plat, un vide abyssal. La seule chose que je retiens c’est cette brulure au fond de moi qui n’a fait qu’enfler à mesure du temps qui passe. C’était nul et en plus ça faisait mal. Que du bonheur!

Puis je me suis avouée vaincue. Il fallait se rendre à l’évidence, le sexe avec lui c’était une perte de temps et d’énergie. Je devenais fade, je me dégoutais aussi, j’avais l’impression d’être un corps à disposition. Moi ou une autre, je crois que ça n’aurait pas fait grande différence.

Si au début l’envie l’emportait sur le reste – je me disais que ça viendrait, patience, patience – au bout d’un certain temps l’envie s’est évaporée, je m’offrais à lui dans l’espoir d’un ressenti quelconque qui aurait pu me redonner vie et surtout nous aurait permis de rétablir une communication chaotique, abolir un silence destructeur. Puis vers la fin, je désertais le lit conjugal le plus souvent possible. Sentir son corps contre le mien me donnait la nausée. Je ne pouvais plus voir mon corps offert en pâture à un animal en manque.

Quatre ans sans un vertige, sans une once de plaisir, sans une once de tact aussi, sans même avoir touché du bout des doigts un hypothétique orgasme, aucune sensation agréable. Quatre ans sans partage, sans respect. Quatre ans d’un jeu que j’ai joué jusqu’à l’épuisement, jusqu’à m’avouer que nous n’avions fait que nous croiser. Du sexe pour du sexe, sans émotion. Pour l’épanouissement, tu repasseras!

Alors pour ceux qui se disent que nous aurions dû en discuter, que ça aurait peut-être changer le cours des évènements, et bien je réponds que j’ai essayé, une fois, deux fois. A la troisième tentative, il m’a presque supplié de ne pas lui parler de ça, que ça lui faisait trop mal. Déjà je n’étais plus vierge, il ne fallait pas trop lui en demander!

Et pour ceux qui se demandent comment on reconnait une femme qui simule. Et bien là non plus ce n’est pas compliqué, il suffit juste de la regarder être, vivre, vibrer, de la respecter, de communiquer. Une femme qui simule n’est ni heureuse, ni épanouie. Ou alors ce soir, elle n’avait juste pas envie – ça arrive!

 

Posted in Tout un poème

Au coeur de la vie

Il y a

Tes petites mains

Tes tendres envies

Et tes rêves grands comme…

Tes rires qui font trembler

Les murs de la maison

Dont l’écho se propage dans les étages

Tes petits bras qui m’enlacent

De bon matin

Tes jeux créés à partir de rien

Il y a

Tes petits pieds

Tes folles idées

Et tes rêves grands comme…

Tous les châteaux du monde

A bâtir

Les cuirasses des chevaliers

A revêtir

Pour partir à l’assaut du monde

Il y a

En toi

Mille et une couleurs

Le cœur de la vie

Qui bat

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

On fait l’amour

Crédit – Marie Kléber

On fait tous l’amour
De milles et une façons
Pour mille et une raisons
Indéfinissables

On se risque à l’abandon
A l’expression de l’envie
D’un regard
Nos passions prennent vie

On fait l’amour
En se touchant
Du bout des doigts
En s’effleurant
En se caressant
Du coin des yeux
Et les larmes glissent
Sur nos peaux
Éblouies de joie

On fait tous l’amour
Pas à pas
La première fois
On ose
A peine
A demi-mots
Libre de tout
Libre d’être soi
On se livre
Sans jamais
Pourquoi pas ?

On fait l’amour
Intensément
Passionnément
Tendrement
Fiévreusement

En sentiments
En silence
En mots denses
Les sens en éveil

Dans l’absolu
On fait l’amour
Une évidence

On fait l’amour
Face au vide
A la fragilité
Des jours de pluie
Sous la chaleur
Des nuits d’été
Nos corps s’unissent
A la faveur d’une amnistie
A la mesure de l’intensité
Du désir qui grandit

On fait l’amour
Le cœur en liesse
Le corps affamé
D’un plaisir à recevoir
A donner

On fait l’amour
Naturellement
L’intimité dévoilée
Se pare d’un parfum subtil
Au firmament du ciel
Les âmes s’embrasent
Le corps des amants se livrent

Insatiables
Insoumis