Posted in Variations Littéraires

Rien n’est éternel. Tout est équilibre.

[:fr]

Il reste un petit “je ne sais quoi” dans l’air saturé d’amour qui suit ton départ. Je me pose alors derrière le clavier pour immortaliser l’instant. Les mots se font pressant. On dirait qu’ils veulent me dire quelque chose.

Par la fenêtre je regarde la nuit tomber sur Paris, les lumières derrière les autres fenêtres de la cour. J’entrevois des vies. Toutes mises bout à bout forment l’élément dans lequel nous évoluons.

Je frissonne. Tes mains ne sont pas là pour me réchauffer. Mes mains se collent autour d’une tasse de thé. Je respire la chaleur qui monte et parcoure mon corps. Je laisse les saveurs envahir mon palais, éveiller délicatement mes sens.

La radio s’est éteinte, le silence envahit la pièce. Je pense alors à tous ces gens si loin, toutes ces personnes que j’aime et qui me manquent terriblement soudain. Je pense à la mort et à la vie, aux départs, aux retours, aux mains qu’on touche pour la dernière fois, pour toujours. Je pense à l’absence, à tout ce qu’on ne se sera pas dit, à tout ce qu’on oublie. Je pense à ceux que j’ai peur de perdre, à toutes ces vies mêlées à la mienne qui en sont l’essence, l’essentiel.

Sur l’autel des émotions qui me traversent, quatre bougies brillent pour ceux qui ne sont plus, qui se sont éteints dans l’absolu. Alors je me perds dans les souvenirs qui font vaciller mon cœur. Les larmes au bord des yeux, je pleure les disparus.

Ce soir la mélancolie s’est invitée après ton départ. Je la connais bien, je la laisse s’installer le temps d’égrainer les instants figés de nos vies parfois trop rangées. Ne soyons pas toujours sages, habituons nous à être un peu fous de temps en temps, à rire pour un rien, à nous amuser de tout. Elle partira d’elle même quand mon coeur se sera remis de ses émotions.

L’amour et l’amitié se vivent dans la présence et dans l’absence, dans le plein et le vide, dans le temps qui passe et celui qui stagne, dans le bruit des pas et l’éclat des voix, dans les sourires et les larmes parfois.

Rien n’est éternel. Tout est équilibre.[:]

Posted in Carnets de route

Vers une sexualité positive et épanouie…

Je vous en avais déjà parlé. De la peur, ma peur. De mon corps. Du corps de l’autre. Peur de la nudité. Parce qu’elle me renvoyait à des images, un passé pas complètement dépassé.

J’ai donc verrouillé mon cœur pendant longtemps pour ne pas avoir à franchir ce cap. J’ai verrouillé mon corps aussi. Il avait été utilisé d’une manière qui me faisait honte. Je ne pouvais même pas imaginé l’impact que pourrait avoir le regard d’un homme sur cette enveloppe que je ne regardais plus, par crainte d’y voir tout ce que je tenais à distance, pour avancer.

On ne parle pas souvent des corps. On parle d’amour dans l’absolu, la rencontre de deux personnes, de deux destins.  Pourtant l’amour c’est aussi la rencontre de deux corps, une histoire de peau – les corps qui se découvrent, s’apprivoisent, se touchent, se désirent, les corps qui disent l’amour sans les mots, les corps qui fusionnent, se transforment, libèrent l’énergie. La rencontre de deux corps c’est divin, exaltant, sensuel, sacré.

On n’en parle pas parce que ça relève de l’intime?  J’ai l’impression que si on en parlait, on libérerait toutes nos peurs, toutes les limites qu’on pose pour se protéger. De quoi?

Si on peut changer le regard que nous portons sur nous même, le regard de l’autre reste un vaste champ de points d’interrogation…

Va t-il considérer lui aussi notre corps comme sa propriété – sa chose?

Va t-il imposer ses choix – envoyer valser nos limites d’un revers de main?

Va t-il accueillir nos peurs qui peuvent paraître insensées ou ridicules, fruits de blessures invisibles que nous sommes seules à connaître?

Va t-il intégrer notre besoin de prendre le temps, de partager notre vécu, les heures noires, tout ce qui n’est pas encore digéré?

Ne va t-il pas se lasser de nos états d’âme, de nos éternelles remises en question et lâcher notre corps entre des draps hostiles avant de se tirer sans un mot?

Pense t-il lui aussi que l’acte sexuel est dégradant, qu’il ne faut pas trop exprimer ses désirs, son plaisir?

Va t-il passer sur notre corps pour sa dose quotidienne sans s’intéresser à nous?

Qu’on le veuille ou non notre passé est ce qu’il est. Il faut composer avec. Et accepter que ce que nous avons vécu n’est pas ce que nous allons vivre et ne nous définit pas. Intégrer que tous les hommes ne se valent pas, que pour certains, la rencontre des corps est un réel partage, une communion, la continuité de l’amour. Ce que cela devrait toujours être.

Face à un homme à l’écoute, ouvert, attentif, sensible à ce qui nous touche, on intègre que notre “non” a du poids – qu’à tout moment on pourra dire stop sans la crainte que l’autre use de son pouvoir ou de son magnétisme pour nous contraindre à continuer dans une direction qui ne nous convient pas, qui est contraire à notre volonté.

Au départ, il m’a fallu sortir de ma zone de confort, me confronter à mes blocages, oser un pas en avant, incertaine. Les démons du passé ne me laissent pas toujours tranquille. Encore aujourd’hui, j’ai parfois une angoisse sourde qui me saisit – je regarde mon corps éprouver du plaisir et les images, les mots d’avant reviennent me faire douter. Ça fait mal un peu, un peu moins, avant que tout ne s’envole à nouveau en fumée.

La différence c’est qu’il est là. Le chemin se fait désormais à deux. C’est un ré-apprentissage en douceur pour une vie plus épanouie et en accord avec celle que je suis. J’accepte désormais l’idée que ça prendra encore du temps avant que je me sente complètement libre et libérée…

Posted in Carnets de route

Précieux et Extraordinaire

[:fr]

Tu as tort de dire que ce n’est pas grande chose.

La dernière fois qu’on a pris soin de moi, c’était quand déjà?

La dernière fois je m’en souviens forcément. Je m’en souviendrais toujours. C’est gravé à l’encre indélébile. La dernière fois qu’on a pris soin de moi c’était il y a 4 ans et 11 mois.

On a fait attention à moi parce que je n’étais plus…

Plus qu’un corps portant un autre corps. J’étais une ombre, un fantôme.

J’étais si faible. J’avais peur de tout. Un bruit, un cri, je perdais pied.

Alors on a pris soin de moi. Parce que je ne tenais pas debout.

On m’a porté à bout de bras pour que je garde mon enfant dans mon ventre jusqu’au bout.

Et après il a fallu être forte.

Pour tout.

Il a fallu tenir, avancer, retenir ses larmes, se forcer, tenir encore une heure de plus, reconstruire, vivre, faire face.

Après il a fallu que ce soit moi qui prenne soin de moi, en prenant soin d’un autre, qui avait besoin de moi.

Il a fallu encaisser, arrêter de trembler, guérir, aimer, faire le deuil des vivants.

Alors tu vois aujourd’hui tout ce que tu as fais pour moi c’est tout ce que je n’avais pas eu depuis très longtemps. Ce n’est pas rien. Pour moi c’est précieux et extraordinaire.[:]

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Du bonheur (fragments et pensées)

[:fr]

J’ai croisé le bonheur un matin au saut du lit. J’ai regardé le jour survoler la nuit. Et le soleil se lever sur un Paris silencieux et serein.

Un jour, un sourire dans le miroir. Un peu plus de rose sur mes joues. Et une nouvelle étincelle dans mes yeux. Le bonheur se frayait un passage dans ma vie.

Quelques touches ici et là. Des instants capturés comme autant de souvenirs à garder contre mon cœur.

Un jour, sentir sa petite main dans la mienne, rassurée, rassurante. Sentir mon cœur déborder d’amour pour ce petit être en devenir.

Quelques minutes d’abord. Des rayons de soleil au milieu des jours gris. Quelques heures de lâcher prise et de nouveaux souvenirs que l’on se crée.

Un jour, croiser mon regard, y lire l’espérance, y déceler des pépites de vie. Renouer avec mon identité.

Le retour des jours heureux, plaisirs partagés, souvenirs imprimés sur le fil du temps nouveau.

Un jour, évoquer le passé, sans trémolos dans la voix. L’apaisement enfin. Et sentir les cœurs se relier, pardonner, se dire et sourire.

Le bonheur était là, à porter de main. Je l’ai saisi sans trop y croire au départ, un peu perdue face à cette nouvelle opportunité. J’ai osé un pas en direction de l’inconnu, lâchant souffrances et maux, vestiges du passé.

Un jour, un autre regard et le début d’une nouvelle histoire. L’amour, l’ultime essentiel de ce bonheur qui chaque jour grandit et me laisse souvent sans mot face à toutes ces émotions que je croyais perdues, face à toutes ces attentions qui me touchent intensément.

Et vous votre bonheur il ressemble à quoi?[:]

Posted in Carnets de route

Les États d’Esprit du Vendredi 27.10.2017

Le mois se termine, le jour décline doucement, j’en profite pour poster mes États d’Esprit, initiative de Zenopia & The Postman. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti:

Début [18:11]

Fatigue : j’ai dormi pas loin de 12h cette nuit…
Humeur : joyeuse
Estomac : chai latte
Cond. phys. : 45 minutes de Body Scult avec Youtube – c’est beau la technologie!
Esprit : serein
Boulot : journée off
Culture : Toujours The Secret Life of the Irish Male & Aux fruits de la passion (suite de la série Malaussène)

Penser à : lâcher tout ce qui ne m’appartient plus
Avis perso : chacun de vos mots déposés ici ou ailleurs est un pur régal. MERCI
Loulou : est en vacances, fait du vélo, va à la plage, papote au téléphone, se marre avec ses grands-parents, range le garage
Msg perso: (1) merci pour le rappel du changement d’heure (2) merci pour les cartes (3) tu es le meilleur!
Amitiés : envoient de jolies cartes, pensent à moi, attendent demain avec impatience…
Love : m’étonne, m’épate, prends soin de moi, sourit (et son sourire me fait craquer)
Sorties : surprise!
Essentiel : terminer ce manuscrit
Courses : des flocons d’avoine, du lait d’amandes, de quoi faire une bonne soupe de légumes et pourquoi pas de la confiture
Envie de : partager mon bonheur

Photo: Les instantanés singuliers vont peut-être reprendre du service…à suivre…

Zic’: Mylène Farmer

Posted in Carnets de route

Aimer et Être aimé(e)

[:fr]

Un rayon de soleil perce à travers le feuillage des arbres du parc. Comme il était doux et agréable de me réveiller près de toi ce matin, d’ouvrir les yeux sur ton visage. Dans quelques jours, cela fera deux mois tout juste que nous partageons ces instants magiques qui jour après jour nous rapprochent un peu plus l’un de l’autre.

Pour moi, le premier pas est rarement le plus compliqué. Ce sont ceux qui suivent qui m’apparaissent comme des montagnes presque impossibles à gravir. Et pourtant, combien de jamais sont devenus des territoires à explorer, des plaisirs à savourer depuis toi…

J’ai aimé. Beaucoup. Mal indiscutablement. Parce que je ne m’aimais pas suffisamment. J’ai rencontré les hommes qui correspondaient à mon besoin de me protéger. Aucun n’a tenté de me connaître. Ils ont tout pris, c’était facile. Je n’ai rien demandé. Je n’ai rien reçu.

J’ai réalisé récemment qu’aimer c’est assez simple. Accepter qu’un autre nous aime, prenne soin de nous, quand on n’y a pas été habitué, c’est parfois compliqué, ça réveille des blessures qu’on croyait digérées. Au milieu du bonheur, viennent se greffer des doutes qu’on a du mal à analyser et à intégrer.

Il m’a fallu près de cinq ans pour me reconstruire, pour apprendre à me connaître, à me regarder sans jugement, à accepter mon corps, ma personnalité,  mes peurs, mes cicatrices. Ces années m’ont paru une éternité dans bien dans cas. Pourtant ce sont tous ces jours mis bout à bout qui m’ont permis de te rencontrer, de vivre cette histoire si incroyable et vraie. J’étais prête pour toi, toi qui donnes, partages, accueilles mes états d’âme avec bienveillance, me donnes confiance, fais attention, regardes, m’encourages sur des chemins que je pensais infréquentables, m’aimes comme je suis.

Ma première intuition était la bonne. Il faut se fier à ses intuitions. La vie me l’a appris. Comme tant d’autres choses. Il n’y a aucun tabou entre nous, aucun secret. Tout est dit, écrit, murmuré. Tout a sa place. Tout est simple.

Ensemble nous créons de bien belles mélodies, avec nos corps, nos cœurs, nos idées, nos sourires, nos mains, nos envies.

On se le dit souvent.

Je te le redis aujourd’hui.

Merci[:]

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Ivresse

[:fr]

Face à l’accord

De nos corps

Sous tension

Naissent

Les pulsations

De nos cœurs

Qui s’effleurent

ζ

De promesses

En caresses

Se confessent

Les désirs

De plaisir

Nos peaux

Soupirent

ζ

Face à nos sens

En éveil

Nos essences

Se révèlent

Le temps

Se suspend

A la fièvre

Qui enflamme

Nos corps

Offerts

A ce nouvel accord

[:]

Posted in Humeurs d'Auteur

Cette furieuse envie d’écrire

[:fr]

Les jours passent et j’écris. Ici souvent. Ailleurs aussi. Des dizaines d’histoire voient le jour dans mon esprit au fil des jours. J’écris l’aube et les rêves qui tourmentent mes nuits. J’écris mes doutes. Je pensais les avoir dépassés. Certains s’attachent. Il me faut les lâcher. J’y arrive doucement au fil des mots.

J’écris les sourires qui disent plus que les mots, les partages qui me laissent sans voix. Je redécouvre la vie avec sa palette de couleurs. J’écris les évidences, les chances, l’éternité dans un instant volé au temps.

J’écris ses petites mains qui voudraient tout connaître, son envie irrésistible d’apprendre. Je le regarde grandir plus sereinement. J’écris ses questions sur le calendrier vierge du temps qui s’étire devant nous.

J’écris des vies que je distingue tout juste au carrefour de la mienne, des sentiments partagés il y a longtemps, l’incertitude des matins qui bousculent nos habitudes.

J’écris les corps qui s’étreignent, les peaux qui se comprennent, les sens en éveil, le besoin irrésistible de se toucher, la vie qui palpite et le coeur qui s’invite à la danse.

J’écris mes sentiments, je les dissèque sur l’écran pour en capter l’essence, pour savoir ce qu’il faut lâcher, ce que je peux abandonner sur le chemin, ce qui ne me sert plus.

J’écris jusqu’à me perdre dans le flot de mots que je ne prononce pas de vive voix. Le coeur au bord des larmes. Sans trop savoir pourquoi. Que je le veuille ou non, je resterais toujours cette fille en équilibre, à fleur de peau.

J’écris l’écho des souvenirs et le goût sucré de ceux que nous créons main dans la main. Le bonheur n’a pas de fin…

C’est à nous d’en décider. Aujourd’hui. Comme demain.[:]

Posted in Tout un poème

Derrière nos sourires

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Derrière nos sourires

Nos vies parfois instables

Se balancent en équilibre

Sur la table

Miettes de pain et café au lait

Se chamaillent de bon matin

Sourire fané

Tasse déposée

Sur le comptoir

Du bar en face

Le bureau nous appelle

Fidèle à nous-mêmes

D’humeur égale

Nous scrutons la toile

Des jours

Qui passent

De nos émotions

Qui nous dépassent

Derrière nos sourires

Nos vies si semblables

Et si différentes

Nos nuits

Souvent très courtes

Ou enivrantes

Un jour après l’autre

Poser nos maux

Sur la table

En fer forgé

Biscottes et chocolat

A peine consommés

Laisser les mots

Nous libérer

Et danser

En équilibre

Sur le fil

De nos destins

Croisés

 

Posted in Carnets de route

Les Etats d’Esprit du Vendredi 20.10.2017

[:fr]Ca y est c’est vendredi, bientôt le weekend mais en attendant l’heure de la sortie, c’est le moment de retrouver les États d’Esprit de Zenopia & The Postman. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti:

Début [10:27]

Fatigue : impossible de dire que je ne le suis pas, les cernes parlent pour moi
Humeur : confiante
Estomac : nescafé, eau et chouquette
Cond. phys. : un peu de piscine et quelques pas
Esprit : tourmenté la nuit
Boulot : madame café!
Culture : Des Chrétiens et des Maures, et toujours The Secret Life of the Irish Male

Penser à : acheter un cadeau pour l’anniversaire d’un copain de loulou
Avis perso : libérer la parole des femmes c’est bien, les écouter c’est mieux, agir c’est encore mieux…
Loulou : aime la bagarre, fait de jolies peintures, mange du chocolat aux oréos, jongle et me demande 20 fois si il va y avoir le feu à la maison…
Msg perso: beaucoup de mères ont du mal à laisser partir leur fils, ça va aller, ça va changer.
Amitiés : appellent, viennent sur Paris, envoient de jolies cartes, veillent sur ceux qu’elles aiment
Love : incroyable ET vrai
Sorties : demain et dimanche (et la semaine prochaine aussi)
Divers : un thé fumant avec une cuillère de miel, c’est divin!
Courses : des flocons d’avoine
Envie de : le regarder dans les yeux et lui dire que je l’aime (pourquoi j’ai ces 3 mots sur le but de la langue et je n’arrive toujours pas à les prononcer? Une idée?)

Photo: Couleurs d’automne

 

Zic’:A venir…

Fin [10:40]

Bon weekend à tous![:]

Posted in Carnets de route

Une parenthèse enchantée

[:fr]

Dehors, la lumière baissait déjà. Il n’a jamais su comment elle s’appelait. On pense souvent que la première question que l’on pose à un inconnu, c’est son prénom. Pas toujours. Son prénom, il l’imagine doux, sucré, exotique, aérien, princier. Un prénom de conte de fées. Ou un prénom plus ordinaire, mais bien particulier.

Lui, c’est celui qu’on ne voit pas. Une main tendue au hasard, quelques pièces qui se glissent sur le tissu rugueux de sa peau fatiguée. Des yeux habitués au sombre, au peu d’éclat du soleil, aux couloirs interminables des stations de métro. Un visage émacié, des genoux abîmés, et la honte qui s’accroche quand l’hémisphère émotionnel décroche. Une main tendue vers l’inconnu, qui souvent juge et s’affole, qui recule, se cache, change de trottoir. Ses cheveux noirs collés aux tempes. Des matins douloureux et froids. Des nuits poussiéreuses et colériques, où la peur au ventre il se ratatine dans un espace sordide, pour dormir quelques heures d’un sommeil peu réparateur. Des jours qui se suivent comme une lente agonie. Parfois, au creux de sa main tendue, un tintement agréable se fait entendre, les pièces entre elles forment une musique touchante, qui lui laisse le choix entre un chocolat au lait ou une bonne douche chaude.

Il est l’invisible, le fantôme, l’oublié de la société, celui qu’on méprise, qu’on laisse de côté. Il est notre pire cauchemar, l’enfer de justesse évité. Il le sait depuis trop d’années déjà. Chaque jour pourtant il espère, il y croit, un jour pour changer de vie, tout est possible même quand tout joue contre soi.

Et puis un jour la nuit se réveille sur un sourire. La lune s’éclipse en douceur devant l’éclat d’un regard qui n’a pas peur. Elle est assise à deux pas de son sac de couchage. Elle sent bon, si bon. Elle tient dans ses mains un thermos multicolore et sur ses jambes fines, un sac en papier, rempli des merveilles de la boulangerie d’à côté. Il la regarde derrière ses yeux plissés. Elle semble attendre quelqu’un, pourtant c’est déjà le dixième métro de la matinée qu’elle laisse filer. Il ouvre les siens incertains, elle tourne son corps vers son ombre et lui tend la main. Comme ça, comme à un ami. Elle ne parle pas, pas encore. Elle sort un croissant, le lui donne. Le temps, lui, se suspend. Soudain les mots sortent de sa bouche, doux, légers comme des bulles de savon. Elle l’invite à parler à son tour, de lui, de la vie, de ses espoirs, sans jamais lui demander pourquoi ou comment il en est arrivé là. Elle l’écoute lui raconter les souvenirs d’enfance, entre deux morceaux de croissant engloutis à vive allure. Le bruit incessant des métros qui passent à deux, trois ou cinq minutes d’intervalle en pleine journée, ne le tracasse plus. Sa voix couvre le reste. Sa voix l’apaise.

Puis elle disparait de son champ de vision, son sourire toujours accroché au bord de ses fines lèvres rosées, oubliant le thermos derrière elle. Elle s’évapore, tel un mirage en plein désert.[:]

Posted in Carnets de route

Oser le bonheur

[:fr]

Sur le fil des jours qui passent

J’écris l’amour

Le premier rendez-vous

L’audace

Ce pas dans le vide

Vers l’inconnu

Oser

On pourra toujours se dire

Et si?

Si tu n’avais pas proposé

Si je n’avais pas dit oui

Pourquoi chercher?

Les mots

Le silence

Nos peaux

L’évidence

Chaque instant partagé

Suffit

Sur le fil des jours qui passent

J’écris…

Le beau, le vrai, l’authentique

Tout ce que nous sommes

Et ce qui nous lie

[:]

Posted in Carnets de route

Les Etats d’Esprit du Vendredi 13.10.2017

[:fr]La semaine a été longue et courte en même temps, avec des journées bien chargées, mais aussi remplies de doux moments. Et nous voilà vendredi, l’heure de retrouver les États d’Esprit de Zenopia & The Postman. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti:

Début [09:50]

Fatigue : petite nuit
Humeur : joyeuse
Estomac : nescafé + croissant
Cond. phys. : la semaine prochaine direction la piscine!
Esprit : toujours à se demander pourquoi ces craquements dans la tête…
Boulot : les patrons ont le droit de te parler comme de la merde mais toi tu dois toujours avoir le sourire et leur dire qu’ils sont les meilleurs…lassant
Culture : Louise Hay et The Secret Life of the Irish Male

Penser à : vivre au présent
Avis perso : pique-niquer en automne c’est extra!
Loulou : connait son alphabet, apprend à jongler, papote, crée des pistolets en lego avec son grand-père, adore les chatouilles (les chiens ne font pas des chats!)
Msg perso: ton mail m’a fait chaud au cœur, j’y réponds vite.
Amitiés : sont loin, me manquent, envoient de jolies cartes, nous attendent en décembre
Love : compte pour moi, m’épate tous les jours, donne sans compter
Sorties : ciné dimanche avec loulou
Divers : bientôt les vacances (scolaires)!
Courses : pour le déjeuner avec ma soeur samedi
Envie de : terminer mon manuscrit et passer à une autre histoire

Photo: si vous ne le savez pas encore, il n’est jamais trop tard, j’ai une passion pour les laveries…je n’ai jamais dit que j’étais normale!

Zic’: The Rose – Parce que c’est une chanson que j’aime énormément…et pour le film aussi!

Fin [10:05]

Bonne fin de journée et doux weekend! Hâte de vous retrouver la semaine prochaine![:]

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

J’oublie de te dire

[:fr]

Dans le feu de l’action

Au carrefour, avant de repartir

Le matin, quand mon regard croise le tien

Ou le soir quand je lâche ta main

J’oublie de te dire…

Quand je te regarde

Me regarder

Quand je scrute chaque centimètre

De ta peau qui m’attire

Comme un aimant

Quand je fais semblant

D’être dans mes pensées

J’oublie de te dire…

Au gré des jours qui passent

De nos vies qui s’embrasent

De nos cœurs qui vibrent

A un rythme identique

J’oublie de te dire…

Quand je pense à toi

Quand tu es loin

Quand l’envie de toi

Me réveille le matin

Quand je murmure ton nom

Au creux d’un frisson

J’oublie de te dire…

Quand nos mains se cherchent

Se trouvent

Quand nos corps

Hors d’haleine

Se découvrent

Quand libérée de mes chaines

Je me livre sereine

J’oublie de te dire…

L’essentiel

Que tu comptes

Et que je t’aime

[:]

Posted in Carnets de route

Faire plaisir, oui, mais…

[:fr]

J’ai eu l’idée de cet article suite à une discussion avec une amie. En couple depuis quelques années, elle me confiait que parfois elle et son homme n’avaient pas les mêmes envies. Et qu’une en partie le titillait ces derniers temps, qu’ils en avaient discuté mais qu’elle, ça ne la branchait pas du tout. Au milieu de la conversation, elle m’a dit un truc qui a fait tilt “j’aimerais vraiment lui faire plaisir”. 

Faire plaisir. Le grand sujet à la mode.

Faire plaisir, c’est agréable. D’autant plus que généralement cela implique de se faire plaisir à soi aussi. Quand on offre un cadeau par exemple, on se fait plaisir en l’achetant et on fait plaisir à l’autre en le lui offrant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Sauf quand faire plaisir à l’autre va à l’encontre de ce que l’on ressent. Le bonheur ne dépend que de soi. Attendre que quelqu’un d’autre nous l’apporte ne crée que frustration et désolation.On le voit bien en cas de crise, les premiers mots qui sortent sont liés à tout ce qu’on a fait pour le seul plaisir de l’autre. Qui soit dit en passant n’avait rien demandé. Pas toujours. Mais souvent. Et contre notre propre plaisir à nous. Double peine.

Je ne pense pas que faire plaisir à l’autre soit une raison suffisante pour faire des choses qui nous coutent ou qui ne nous disent rien. Se forcer pour faire plaisir à l’autre, c’est pour moi le meilleur moyen de se perdre. Et de perdre l’autre à terme. Bien sûr si c’est juste aller chercher le pain ou acheter des roses à la place des tulipes, ça ne porte pas à conséquence. Quoi que sur le long terme, qui sait!

Après c’est à chacun de voir, à chacun de s’écouter. A chacun de se poser la question: et moi, j’ai envie de quoi? Est-ce que faire telle ou telle chose m’apporterait du plaisir? Est-ce que si je fais ça, je ME prends en considération, je ME compte dans l’équation?

J’ai dit à mon amie de penser à elle – on ne pense pas assez à soi. D’ici quelque temps elle en aura peut-être envie elle aussi. Et dans le cas contraire, ils trouveront d’autres envies communes à satisfaire…C’est pas ce qui manque![:]