Liebser Award Tag!

On en voyait fleurir un peu partout des “Awards” fut un temps puis c’est passé de mode (ou alors c’est moi qui n’ai plus été intéressée d’en faire) et ça revient! C’est la blogueuse d’une vie à tâtons qui m’a nominée, une occasion de me dévoiler un peu plus auprès de mon lectorat (extra)!

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Commençons par 11 choses sur moi:

  1. Je garde tous mes carnets de notes et journaux intimes
  2. J’ai, grâce à l’article de Zenopia, fini par me séparer (danse de la joie avec moi) de mon alliance
  3. Je suis Scorpion (je m’en sors très bien même si je sais que ça inquiète à chaque fois mes interlocuteurs)
  4. Idem pour l’ascendant (et là ça devient menaçant, mais ne vous inquiétez pas je suis un ange…)
  5. J’aime regarder les enfants dormir – leur poitrine se soulever à intervalles réguliers. Cette réalité me rassure
  6. Je suis la marraine de deux petits garçons, dont un est un ange du ciel. Je pense souvent à lui.
  7. La phrase qui a changé ma vision de moi-même et de la vie est celle ci: “il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse“.
  8. J’attends toujours avec impatience l’arrivée de l’été pour pouvoir marcher pieds nus.
  9. J’ai fais 3 ans de danse classique, 2 ans de danse Jazz, 4 ans de Flamenco et 1 an de danse orientale.
  10. Les livres de Soeur Emmanuelle et Guy Gilbert ont bercé ma jeunesse.
  11. Je suis engagée contre les violences faites aux femmes et pour l’éducation.

Place au 11 questions:

1: quel est ton plus grand rêve?

Après l’écriture, mon grand rêve est de partir en Egypte avec l’escargot à sa majorité.

2: pourquoi avoir décidé d’écrire un blog?

J’ai commencé à bloguer en 2009 pour partager mon expérience d’expat à Dublin.

3: ta saison préférée? Pourquoi ?

J’aime toutes les saisons mais j’ai une affection particulière pour l’automne. Ca doit avoir avec mon mois de naissance. C’est une pause agréable après l’euphorie de l’été.

4: ton plus grand regret ? Pourquoi ?

Pas sûre de pouvoir dire que je regrette quoi que ce soit. Je dirais peut-être une chose, d’avoir eu si peu confiance en moi pendant longtemps.

5: ta plus grande passion?

La vie sans hésitation

6: qu’est ce qui te rend heureux(se) au jour le jour ?

Mon fils, l’écriture, travailler, partager, mes amies, ma famille, la nature, l’humain, les bonnes choses et toutes les belles idées qui voient le jour.

7: comment te vois-tu dans 10 ans?

Heureuse, épanouie, avec une chambre de plus et avec un adolescent qui s’adresse à moi avec d’autres mots que “ouais, bof, hmmm”. Bon ok je rêve un peu pour l’ado! (Oh purée dans 10 ans il sera un ado! – allez on n’y pense pas)

8: qu’est ce qui te plait dans mon blog/mes articles ? et ce qui ne te plait pas ?

Ta vérité.

9: ta citation préférée ?

Partagée plus haut. Il y en a une autre qui me plait bien “all you need is love” – je suis fan des Beatles aussi…

10: ta plus grande peur ?

Celle commune à tant de parents, perdre mon enfant

11: ton secret pour t’accepter plus facilement ?

Regarder le chemin parcouru. C’est un bon indice!

Je ne tague personne, non pas parce que je n’ai pas envie de connaître plein de choses passionnantes sur vous, mais parce que je n’ai aucune idée de questions (!) et que je sais que la plupart d’entre vous avez déjà répondu un nombre incalculable de fois à des tags…

Tous les hommes de ma vie #6

Mercredi déjà, l’heure de vous présenter la suite de cette série qui semble parler à beaucoup et plaire à tous. Merci pour votre enthousiasme et vos partages qui me font toujours très plaisir. C’est parti!

Au risque de me répéter, ceci est une fiction…

       Certains hommes m’ont fait tourner la tête. J’étais prête à tout. Pour eux. Le meilleur comme le pire. J’encaissais tout, sans ciller, pour un beau sourire d’eux. Partagée entre désespoir et passion, je perdais mes moyens, ma raison. Tout me paraissait fade sans leur approbation, sans leur présence que j’estimais rassurante, mais qui n’était qu’une façon parmi d’autres de m’éviter de penser à moi et à mes relations dévorantes.

J’ai longtemps cru que c’était ça l’amour. Vivre pour l’autre. Vivre de l’autre. Quelle drôle d’idée ! Comme si le simple fait d’exister en soi ne valait rien. Comme si ma vie sans un autre pour la compléter était vaine et sans âme.

J’ai donc cherché l’amour au mauvais endroit, à chaque fois et j’ai gaspillé des larmes et de l’énergie pour rien.

C’est bien de s’en rendre compte. Cela m’aide à passer à autre chose. Enfin !

          Les hommes filent sans se croiser. Sans me croiser aussi. Sans se retourner. Ils quittent ma vie, sans un aurevoir, sans me dire merci de leur avoir ouvert ma porte, mon cœur, mon lit. Ils se faufilent dans la nuit. Et ne donnent plus signe de vie.

Même adieux déroutants. Même envie de tout foutre en l’air. Chaque fantôme semble me poursuivre, m’intimer l’ordre de ne pas m’en sortir. Je me sens liée corps et âme à ces hommes qui me délaissent.

J’ai cru en crever de leurs silences durs, de leurs non-dits inviolables, de leurs violents regards, qui semblaient me nier, m’intimer l’ordre de les laisser tranquilles, de ne pas chercher à les convaincre, de ne pas essayer de les faire changer d’avis. Ils cherchaient toujours à éviter mes larmes, à éviter me yeux remplis de pourquoi. Ils n’avaient aucune réponse pour moi. Ils avaient fait leur choix.

Au début je les harcelais, je voulais comprendre. Je n’y allais pas de main morte. Je me vengeais à ma façon. Je badigeonnais leur salle de travail de crème chantilly. Je taguais leur voiture la nuit. J’écrasais mes mégots de cigarette sur le sofa quand j’avais encore la clé, quand ils n’étaient pas là. Je me cognais dans tout pour avoir enfin l’impression d’exister. Et je me faisais terriblement mal, sans m’en rendre compte. J’avais l’impression que la vengeance me faisait du bien. Alors qu’elle n’apportait aucun soulagement, aucun repos à mon âme tourmentée, à mon cœur en mille morceaux.

Puis j’ai laissé tomber une fois, deux fois. C’est devenu une habitude. Ils me quittent sans ménagement. Et je déménage souvent par conséquent, histoire d’oublier les souvenirs qui me surprennent entre le salon et la salle de bain, au plus profond de mes draps, qui gardent leur parfum.

Complètement crétin.

Je reviens doucement de cette longue agonie que je m’impose à chaque fois. Leurs voix finissent par se perdre. L’écho de leurs rires aussi. Le souvenir de leurs mains ne laisse plus de caresses décevantes sur mon corps prisonnier de leurs ombres. Je reprends goût à la vie.

Torture. Brûlure. Morsure.

J’ai toujours rêvé d’une vraie rupture, de cris, de larmes, de corps qui se disputent l’espace, de déchirure, de mots qui cognent et se cassent sur le carrelage, de lettres d’amour coups de poing, de coups qui font mal et d’une dernière nuit d’amour, sensuelle, cruelle. Une nuit d’adieu pour tourner la page. Une nuit pour se souvenir que ce n’était pas qu’une histoire comme ça, une aventure de passage pour passer le temps, une histoire sans avenir certain. Une nuit pour s’avouer que ce n’était qu’une histoire de lit confortable, une histoire de peau, un mélange subtil d’envie, de désir, de folie, une histoire pour oublier que le temps passe et que nous n’avons aucun moyen de le retenir.

Une nuit pour tirer un point final.

Au final, je fais la collection de points d’interrogations.

Et je n’ai toujours pas réussi à résoudre une seule énigme.

Suite mercredi prochain

Ces traumatismes de l’enfance

Je viens de te déposer à un anniversaire, ton premier. Et force est de constater que je n’ai pas été à la hauteur. J’ai copié le modèle appris, celui de mon père. J’ai eu les mêmes mots que lui, ces mots qui m’ont si longtemps fait douté de moi. Il ne savait pas. Il pensait bien faire. Moi j’aurais dû savoir. A peine sortis que je les regrettais déjà.

Qu’est-ce qui m’angoisse tant à l’idée que tu mettes du temps à t’habituer à un nouvel environnement, que tu ne rentres pas dans les jeux à la même vitesse que les autres, que tu ai besoin que je reste, quand d’autres parents passent la porte sans un regard de leur enfant de 4 ans?

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Une peur qui remonte à l’enfance. On croit avoir guérit de ses blessures, avoir passé l’éponge. Et puis, un jour on a un enfant. Et comme un boomerang les souvenirs du passé se mêlent au présent. Les images se superposent. On perd ses moyens devant l’enfant qui n’a besoin que d’une chose, être rassuré.

Mon enfance. L’école. La solitude. Ma timidité. Il y a tellement de moi en lui. Puis il y a lui, unique, différent. Comme chaque enfant. Moi, j’étais celle qu’on invitait parce qu’elle était calme et gentille. J’étais celle qui restait dans mon coin, qui ne se mélangeait pas. J’étais celle dont on se moquait à l’école primaire et qui encaissait sans élever la voix. J’étais celle qui ne parlait pas en classe, qui tremblait de tous ses membres quand il fallait passer au tableau, celle dont on riait avec ses vêtements inadaptés à sa taille, à l’époque. Je n’étais jamais à ma place nulle part. Je croyais avoir pardonné, dépassé tout ça. Je trouvais que je m’en étais bien tiré, que j’avais bien rectifié ma trajectoire.

J’ai réussi à m’éclipser. Il m’a regardé partir, confiant. Il avait juste besoin que je reste, que je l’accompagne dans cette nouvelle aventure. Et moi je n’ai eu de cesse que de le gronder, d’avoir recours à des menaces complètement disproportionnées pour le faire plier. Mon erreur c’est d’avoir peur, peur qu’il vive ce que je moi j’ai vécu et qui m’a profondément affectée. A ce goûter d’anniversaire, j’étais redevenue une petit fille de 4 ans, une petite fille que son papa gronde parce qu’elle met trop de temps à aller jouer avec les autres, les autres qui eux, sont si heureux de se retrouver et sautent dans tous les sens…

A la différence près que lui, à l’école, il se sent comme un poisson dans l’eau, il joue, il rit, il a des amis.

Aujourd’hui un gouter d’anniversaire banal m’a mis en face d’une nouvelle réalité. Il devient essentiel que je fasse le deuil de mon passé, des traumatismes tenaces de l’enfance, pour accompagner au mieux mon enfant sur son chemin de vie.

Tous les hommes de ma vie #5

On continue l’exploration, tantôt autobiographique, tantôt fictive du monde des Hommes de ma vie…

Les hommes de ma vie fument, beaucoup. Ils fument comme ils respirent et m’empêchent de respirer. Ils fument sans s’arrêter. Ils se perdent dans la fumée de leurs cigarettes. La fumée les calme et les apaise. Elle me fait sortir de moi et ils ne comprennent pas. Ils fument le matin au petit déjeuner. Ils fument sans perdre une miette de cette précieuse drogue qui les ensorcelle, les maltraite, leur bousille le corps et rend leur cœur insensible au mal qu’ils propagent autour d’eux. Ils fument pour se donner de la constance, de l’importance, pour se sentir exister, pour la forme, pour la sensation de liberté que la cigarette leur procure, juste le temps de les tuer. Ils fument et se moquent de mes craintes, de mes conseils d’inexpérimentée.

Ils fument sans se soucier de moi. Si je n’aime pas, c’est mon choix. Ils fument de l’aube au coucher du soleil, à table, sur le bord de la fenêtre, même au lit parfois. Ils disent qu’entre elle et eux, c’est encore plus fort qu’une histoire d’amour. Ils fument et ne connaissent rien à l’amour. C’est la passion qui les consume.

Et ma passion pour eux m’interdit de les contredire. J’avale la fumée de leurs désirs. Je me sens partir, me flétrir. Mais qu’importe puisque mon cœur a jeté son dévolu sur eux. J’entretiens la flamme. Un drôle d’histoire nait entre eux, moi et leur cigarette. Un triangle amoureux terrifiant.

Je me mens si bien à moi-même. Navrant.

Certains hommes s’attachent. Etrange phénomène. Complètement surréaliste. Surtout quand on ne s’y attend pas. On ne s’y attend jamais. Ils s’attachent avec la férocité de leurs jeunes années ou l’ombre muette des rides qui les guettent. Certains sont transis d’amour. Ils se coupent en quatre, se plient en deux, ouvrent leur portefeuille aussi vite qu’un cow-boy dégaine son arme dans les westerns à succès. Ils n’ont aucune limite.

Je n’ai jamais rencontré d’hommes comme ça.

Ceux qui ont partagé ma vie étaient plutôt du genre radin. Du genre à compter, à partager la note, à avoir oublié leur code de Carte Bleue, à commander en fonction du prix, à réserver un hôtel miteux, sous prétexte que c’est prêt de la gare, que ça sera plus facile d’accès en arrivant à onze heures du soir. Radins au point de m’offrir les cadeaux dont leurs mères n’ont pas voulu à Noël. Ou bien au point de recycler des cadeaux destinés à d’autres, au point de taper dans leurs vieux souvenirs pour m’en créer de nouveaux, sans me demander mon avis.

Les hommes de ma vie me mènent en bateau. Ils me racontent des salades. Ils en font des tonnes pour réparer leurs oublis, pour me prouver par A + B qu’ils n’ont pas téléphoné parce qu’ils étaient coincés sur un chantier de haute importance. Ils en inventent des belles pour que je passe l’éponge. Ils se réjouissent de réussir à me faire gober tout et n’importe quoi. Le téléphone oublié dans la boîte à gants alors qu’ils ne peuvent pas faire un pas sans ce précieux instrument, ils l’ont greffé à l’oreille 24h/24h. Ils dorment avec, pissent avec, boivent leur café du matin avec, répondent instantanément aux appels et messages annoncés par un bip strident. Presque une relation extra-conjugale, qui me laisse dépitée. Je devrais les larguer.

Parfois c’est moi qui mène la danse, les poussant dans leurs plus profonds retranchements, histoire de voir jusqu’où ils sont prêts à pousser le vice, jusqu’où ils peuvent aller pour me faire croire n’importe quoi, n’importe comment.

A force de cumuler les déboires, j’ai bien cru que j’allais devenir cruelle. J’ai cru que j’allais pouvoir à mon tour utiliser les hommes sans les aimer, les faire plier. Certaines filles sont fortes. Elles ont tous les hommes à leurs pieds. Ils ne jurent que par elles. Et elles les mènent par le bout du nez. J’ai cru que j’allais pouvoir les posséder, les soumettre à mes moindres désirs. Que j’allais pouvoir les collectionner à mon tour, noter leurs performances sexuelles dans un cahier, les rendre fous de moi.

Je me suis plantée. Je ne fonctionne pas comme ça.

Certains ont abusé de moi, de mes bras, de mes sourires, de mes rêves de gamine, de mon argent, de ma gentillesse, de mes idéaux. Ils se sont installés dans ma vie et je leur ai laissé toute la place. Ils l’ont pris sans hésiter. Ils ont tout liquidé sur leur passage. Ils n’ont même pas remarqué mon absence.

Il ne restait plus qu’en fond d’écran : moi, mon ombre et mes tourments.

A suivre mercredi prochain…

Tous les hommes de ma vie #4

Pour me faire pardonner la non-publication de la suite de cet essai mercredi dernier, j’en mets un peu plus. Si vous avez raté le début je vous invite à vous mettre à la page en lisant la première partie, la deuxième, puis la troisième...

Les hommes sont parfois discrets. Ils passent inaperçus. Je les vois puis je ne les vois plus. Ils jouent à cache-cache. Je crois qu’ils m’évitent. Ou peut-être qu’ils sont juste timides. Comme moi. C’est bien ma veine !

Ils attendent que je fasse le premier pas. Quand moi j’attends qu’ils fassent un pas vers moi. A ce rythme-là, on s’attend encore. Moi, sur l’esplanade des Invalides ou dans un café donnant sur un parc, les mains serrées autour d’un café chaud, certaine de m’être trompée d’heure. Eux, sur un banc du jardin des Tuileries ou sur un vieux tabouret dans un pub Irlandais des grands boulevards, certains de s’être trompés de lieu de rendez-vous.

Les rendez-vous ratés. J’en ai un palmarès étonnant.

Ou bien des rendez-vous décommandés au dernier moment. Rendez-vous raturés sur mon bel agenda bleu. Rendez-vous manqués pour cause de pluie, ou de mise-en-plie. Rendez-vous rangés dans un coin de ma mémoire.

On passe à autre chose.

Un premier rendez-vous, ça ne s’oublie pas. Le cœur bat vite. Tout est possible. On donne l’impression d’être un ange arrivé sur terre par hasard. Tout est bizarre mais si naturel. On se sent bien et effrayé à la fois. On se demande déjà si on sera à la hauteur. A la hauteur de quoi déjà ?

Tout part de là. Tout est lié à cet instant. On veut faire impression et les trois quart du temps on perd le nord, on se laisse aller à être quelqu’un d’autre, certaine de pouvoir reprendre les rênes à tout moment.

Quelque chose nous échappe pourtant.

Et quand on s’en rend compte, il est souvent trop tard pour faire marche arrière. La machine est lancée.

Gros manque d’authenticité pour subjuguer l’être aimé. Pourquoi faut-il sans cesse que l’on porte un masque, que l’on se fasse passer pour quelqu’un d’autre ? Pourquoi toujours mentir pour se donner une chance d’être acceptée ?

Quand j’aime, je m’attache vite. Je deviens l’autre. Je me fonds en lui. J’investis son univers à la vitesse de l’éclair. Je ne connais aucune limite. Je vis en l’autre, pour l’autre. Je rêve en l’autre. Je passe mon temps à calmer ses angoisses, à anticiper ses demandes, à régler ses conflits, à payer de ma personne à toute heure du jour et de la nuit. Je respire à la même vitesse que lui, me prive pour son bien-être, m’oublie pour son bonheur. Je passe à côté de moi. Et j’attends inconsciemment un retour sur investissement qui ne vient pas. Je deviens un double de leur mère, la copie conforme de leur idéal féminin. Je ne leur pose aucun problème et je place leurs intérêts au milieu de ma vie, oubliant les miens sur le bas-côté.

C’est complètement crétin.

A toi, étoile filante, amie précieuse…

Je n’avais pas prévu d’écrire avant d’avoir terminé la relecture finale de mon nouveau recueil en cours. Mais ce soir, après la lecture d’un article qui m’a prise aux tripes, j’ai eu envie, besoin de poser ces mots, là, pour elle.

Laurie,

Comme beaucoup nous nous sommes rencontrées via nos écrans. Toi en France. Moi en Irlande. Nous ne savions pas alors que les mots échangés, d’abord timidement, puis plus intensément, via nos mails respectifs puis nos appels pour le  plaisir de partager le quotidien ou panser les blessures plus profondes nous mèneraient là où nous en sommes aujourd’hui – j’ai presque envie de dire, comme quand nous étions gosses, “amies pour la vie, jusqu’à la fin et au delà” (nous deviendrons des anges ensemble – nos enfants nous poussent dans cette voie!)

Comme peu, nous nous sommes trouvées. Comme deux âmes sœurs, nous nous sommes comprises bien des fois, soutenues à distance.

Ce soir je n’ai pas seulement envie de te dire combien tu comptes pour moi, ni combien ta présence est un baume apaisant, tes mots des petites étoiles que je regarde briller quand le chaos reprend le dessus et que je perds pied. Il me semble parfois même entendre ta voix  dans ces moments, que tu connais toi aussi, où on se lance à soi-même les pires horreurs parce que le temps de quelques minutes, secondes, on a pas su, ou garder son calme, ou ne retenir que le meilleur. Face à des enfants qui nous poussent parfois / souvent à bout.

Ce soir je n’ai pas seulement envie de te dire à quel point tu es épatante, belle, intelligente (j’arrête là sinon tu vas te mettre à pleurer et ce n’est pas le but – je sais déjà que j’en ai trop fait!). Je vais quand même rajouter (pour le plaisir) drôle (les 3 raies il fallait le faire). Tu es une battante et si tu t’es sentie portée sur le chemin, c’est que quelque part quelqu’un savait que tu étais une personne précieuse (et je ne suis pas la seule à le penser – je suis sûre que Laurie soutient cette description à 100%). 

Ce soir j’ai surtout envie de te dire que la lumière n’est jamais loin, qu’une armée d’anges veille sur toi (je ne les laisserais pas te laisser tomber). Et aussi que tu es la meilleure maman pour tes enfants (même si au moment où tu liras ces lignes tu auras un énorme doute planté dans le cœur, doute qui te fait verser des larmes que je souhaiterais pouvoir apaiser d’un coup de baguette magique). Oui ce soir j’aimerais être une fée pour planter dans ton joli cœur des perles de bienveillance et d’amour. Ce soir j’aimerais te dire que tomber et reconnaître qu’on n’en peut plus, c’est faire preuve d’une grande force, c’est accepter ses limites, c’est un acte délicat et courageux.

Ce soir j’ai envie de t’envoyer un flot d’affectueuses pensées (les mêmes que tu m’as si souvent offertes par le passé), de te dire que tu n’es pas seule, qu’en tant que mères, nous avons toutes un jour ou l’autre perdu le contrôle, nous nous sommes toutes senties à cran, à fleur de peau, fragiles comme des poupées de porcelaine, que nous nous sommes toutes fait peur une fois au moins, que nous avons toutes penser fuir, tout larguer. Si il y a une chose dont tu ne manques pas c’est d’amour pour tes deux trésors.

Et l’amour c’est ce qui sauve tout, c’est ce qui sauve de tout.

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Tous les hommes de ma vie #3

On continue et avec le sourire bien évidemment! Si vous avez raté les premiers épisodes, retrouvez les ICI et ICI.

RAPPEL: Ceci est une fiction et ce que j’écris n’est pas TOUJOURS ce que je pense…

Le prochain sera un type spontané, un amoureux éveillé, un mec qui comprendra mes silences, qui ne s’offusquera pas si je vais seule à un dîner, le laissant perdu dans mon canapé avec une soupe aux champignons – “maison”.

Le prochain sera un type bien.

C’est dit. C’est écrit. J’y crois. Dur comme fer. Ma grand-mère a tort. Tous les hommes ne sont pas des salauds.

Les hommes regardent rarement mes yeux ou me regardent rarement dans les yeux. Trop effrayant très certainement. Même moi je finis par leur trouver des excuses. Bidon. Pourtant ce sont mes yeux qui sont capables de leur dire quelque chose. Ce sont mes yeux qui révèlent les secrets de l’intime, qui trahissent mes peurs, mes angoisses ou bien mes désirs. Je n’irai pas jusqu’à dire que mes yeux reflètent l’état de mon âme. Mais pas loin quand même.

Ils préfèrent ma poitrine, qu’ils jugent et qu’ils notent, généreuse, pas assez. Ils préfèrent mes rondeurs, mes formes, mes courbes, qu’ils comparent, qu’ils analysent, qu’ils mesurent. Leurs yeux se baladent sur mon corps, dissèquent mes imperfections, relèvent les points d’ancrage possibles. Et leurs mains font le reste du chemin, souvent à mon insu, alors même que mon regard est encore perdu dans l’immensité du leur. Si je fermais les yeux, je pourrais même dire quelle est la couleur des leurs. Alors qu’eux ne seraient même pas capables de dire, si je porte un chemisier vert ou un pull bleu, si je mets du fard à joue et encore moins les subtiles notes de mon parfum favori. Ils en sont juste à se demander ce qui se cache sous ma jupe plissée à pois.

On dit que tous les hommes ne sont pas comme ceux qui ont croisé ma route. Ou qu’ils ne sont pas tous pareils. Ce qui revient au même.

J’ai envie d’y croire. Même un peu. Juste un peu, allez. J’ai envie de me dire qu’un jour je rencontrerais un homme qui ne sera pas comme tous les autres. Il sera mille fois mieux, bien évidemment.

Je me suis bien entendu remise en question. J’ai revu la longueur, la largeur de mes jupes, la ligne de mes pantalons, la tenue de mes vestes. Je les ai choisies plus cintrées. J’ai changé de maquillage et me suis mise en quête d’un parfum qui allait me coller à la peau. J’ai investi dans une nouvelle garde-robe, des dessous aux chaussures. J’ai pris le taureau par les cornes et je me suis pris les pieds dans le tapis. Rien n’a changé. Les hommes ont continué à regarder ma plastique avant de s’intéresser à mes idées.

Je me suis alors dis que c’était peut-être mes idées le problème. Ou mon manque cruel de références sur des tonnes de sujets, ma culture générale égale à celle d’un bébé pois-chiche. J’ai commencé à lire des revues, à visiter plus souvent la librairie de mon quartier, je me suis plongée corps et âme dans des bouquins de plus de 500 pages, oubliant frivolités et mecs peu fiables. J’ai changé de vie avec l’espoir fou qu’une fois sortie de ma période d’abstinence et de masturbation intellectuelle, j’allais décrocher la perle rare.

Rare. C’est un fait.

Si rare. Trop rare.

Elle se cache quelque part. C’est ce que disent les autres. Moi je ne sais plus vraiment quoi ou qui croire.

Les sourires du lundi #8

Reprendre le fil des doux souvenirs. Les écrire me fait revivre ces instants qui comptent et les lire me donnent l’énergie pour avancer quand le blues s’installe de façon un peu trop brutale:

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Cuisiner à quatre mains. Des gâteaux au chocolat. Au yaourt. Tenter une quiche pour le dîner. Prendre le temps de vivre, d’apprécier les instants partagés. Ne pas se soucier de l’heure pour une fois.

Participer à mon premier atelier d’écriture. Oser lire à haute voie. Inventer des histoires à partir de rien. Découvrir d’autres plumes. S’enrichir mutuellement.

Prendre les choses avec le sourire. Me donner plus de temps le matin. Méditer. Bouquiner pour la première fois dans mon canapé avec un bon thé. Me faire un masque. Manger sainement.

Terminer mes vœux. Recevoir de belles cartes qui viennent égayer mon salon. Et de tendres mots qui me réchauffent le cœur. Noter des idées. Rire. Un peu. Aux éclats. Faire des câlins le matin, avec un petit escargot encore endormi et savourer.

Profiter du soleil. Inviter amis et enfants dans mon “chez moi”. Profiter de mes proches en toute sérénité. Passer un peu de temps avec mon petit neveu. Cuisiner. Ecouter des vieux CD. Aller au parc. Regarder les enfants aimer la vie. Il n’y a rien de plus épatant que de regarder les enfants s’amuser! On dirait que le Monde leur appartient. Et le Monde à travers leur regard devient d’un coup plus beau et serein.

Débuter mon album photo 2016. Voyager au travers des photos de l’année. Prévoir de nouvelles sorties. Rencontrer de nouvelles mamans. Préparer l’anniversaire de l’escargot. Le regarder aller à l’école confiant et heureux. En ressentir de la joie et de l’apaisement.

Prendre plaisir à m’habiller, à choisir un joli bracelet. Me parfumer. Eteindre le téléphone le soir et lire. Découvrir de nouveaux auteurs. Me sentir bien. Lâcher prise. Faire confiance.

Et vous, quels sourires aimeriez-vous partager cette semaine?

Arrêt sur image – le manuscrit inachevé

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Une photo de nous. La même. Un arrêt sur image. Ce petit appartement miteux de Rathmines, où je t’ai aimé, très mal. Où tu m’as aimé, très mal aussi. Mais toi tu ne sais pas aimer. Décidément nous n’étions pas faits pour être heureux…

J’aimais cet appartement. Assiste sur les marches de la maison, je sirotais souvent un thé bien chaud, un café léger, regardant les passants descendre la longue rue qui menait vers l’artère principale. Tu n’y habitais pas. Heureusement. Tu n’étais qu’un passant, dans mon lit, dans ma vie.

Pourquoi cet instant-là. Je ne sais pas. Peut-être que j’étais encore un peu heureuse, que j’y croyais vainement. A tes serments. A mes promesses. Ca ne tenait pas la route. J’ai fait la sourde oreille. J’ai pris ce qui marchait, j’ai oublié le reste.

Je n’ai toujours pas repris mon manuscrit. Je n’ai pas ouvert mes carnets depuis cet été, depuis ces quelques matins de flashback improvisé, avec The Script en musique de fond. Un peu de Dublin dans mes 40m2 pour écrire notre histoire tarabiscotée. Les quelques 160 pages qui le composent me font des clins d’œil parfois puis se laissent oublier. Et si je le laissais là, comme un roman inachevé. Ce ne serait pas le premier. Et si j’arrêtais d’écrire sur tout ça, sur toi et moi. Cette combinaison-là n’existe plus et ton titre de père n’y change rien.

Quand je le sors de sa cachette je le trouve trop triste. Qui va lire tout ça ? Qui va prendre sur soi pour déchiffrer les déchirements qu’il y a eu en moi ? Qui va vouloir savoir ce que ça m’a fait de te connaître, de partager quelques années de ta vie ? Qui va vouloir entendre parler de toi, encore une fois ? Qui ne va pas te détester après ces lignes-là ? Elles ne changeront rien au passé. Elles n’aideront personne. Elles me permettront peut-être de passer à autre chose – d’écrire autre chose surtout, de ne plus me perdre dans des considérations chagrines.

J’erre entre ici et là-bas, entre ma silhouette estivale, la tête dans les étoiles et les assauts de l’hiver qui m’intiment l’ordre d’aimer la vie sans plus attendre. Est-ce que ce roman m’empêche d’aller de l’avant ? Est-ce qu’il me retient prisonnière d’une histoire passagère?

Vais-je avoir le cran de me replonger dans les 66 000 mots plus quelques-uns ? Ou bien vais-je choisir de ficeler le paquet de feuilles puis le classer, jusqu’à l’oublier ?