ÉDIT 10102018 : Ce corps que j’aime et ceux que je déteste…

En allant courir ce matin, en sentant mon corps évoluer au rythme de mes foulées sur le bitume, j’ai pris conscience que mon corps ne m’avait jamais lâché, qu’il m’avait porté au coeur du pire. Tout en étant capable de s’ouvrir à nouveau au plaisir. Ce que je déteste au final ce sont les hommes qui se permettent des choses par rapport à un corps qui n’est pas le leur. Qui l’utilisent ou le convoitent selon leur humeur, leur desir. Qui considèrent la liberté d’une femme comme une porte ouverte, qui s’offusquent de ses limites et se permettent des choses qui font d’elle un objet sans émotion, sans âme, juste un terrain de jeu pour leurs fantasmes.

Il y a certains endroits de mon corps que j’apprends encore à accepter. Quand je le regarde dans sa globalité, je le vois s’épanouir, prendre ses aises, se sentir harmonieux, trouver sa place habillé comme nu. Il n’est pas un territoire ennemi. Il est le seul bien qui m’appartient. Et je suis la seule à choisir ce que je juge bon pour lui.

1, 2, 3

Trois évènements comme une vague qui vient tout bousculer sur son passage. Et avec la vague, les larmes. Et avec les larmes, ces trois mots : Je te déteste !

Lancés dans la nuit, ils sortent enfin. Et étrangement cela me soulage.

A qui s’adressent-ils ?

A celui qui… ? Non. Son visage s’est éteint. Il n’est plus qu’un point dans ma vie.

A moi ? Peut-être. Pourtant je me suis pardonné tout ça. Je crois. Je me trompe?

Ces trois mots c’est mon corps qu’ils visent, mon corps qui s’est donné, au creux des nuits et des jours, croyant trouver dans un corps à corps amoureux – était-il vraiment question d’amour ? – un quelconque apaisement. Alors oui, je déteste mon corps pour ne pas avoir dit non, pour avoir continué cette mascarade, avoir vainement attendu un respect illusoire. J’aurai pu dire stop, même si cela aurait été vu comme une déclaration de guerre. J’aurai pu garder ma dignité, ne pas m’infliger cette torture d’un corps utilisé pour un plaisir fugace et qui au petit matin est  à nouveau méprisé, regardé comme une faille. Le partage est un espoir fou qui va me maintenir en vie pendant 4 ans. Au bout du compte je n’aurai plus de force, plus d’envie, je me laisserai faire comme une poupée et je noierai ma honte dans un mensonge.

Il serait faux de dire que je n’ai pas parcouru de chemin. Je le sais. Son regard a changé mon regard. Parce qu’il voit au-delà de mon corps, mon corps s’est réveillé d’un long sommeil. Il a repris ses aises et les blessures ont cicatrisé. Il se donne dans tout ce qui avait auparavant été ignoré. La peur, la honte, le dégoût ont été balayés par cet amour puissant, la confiance, l’échange, la possibilité de dire « non » et que ce « non » soit entendu. C’est quelque chose que je dis souvent, c’est quelque chose qui est très important pour moi. Il existe dans une vaste palettes de possibles, face à un autre corps qui l’accepte tel qu’il est.

Et pourtant…

Je reste terrifiée. Je ne fais pas confiance à mon corps. Je teste mes limites et mes limites dépassées parfois me font replonger.

Il y a encore du travail. Ce travail sur moi. Ce travail d’amour. Je pensais l’avoir fait. Les évènements, somme toutes mineurs pour la plupart des gens, sont venus réveillés les quelques blessures encore mal cicatrisées. Il fallait que ça sorte. Même si c’est douloureux.

J’ai choisi de partager cela avec vous parce que je sais que je ne suis pas la seule à avoir quémandé un peu d’attention, à avoir dit « oui » par crainte d’un affrontement, au bout duquel je serai sortie perdante et encore plus perdue. Je voudrai que mon corps ne m’ait jamais trahie, qu’il n’ait pas été piétiné par des regards inquisiteurs malsains. Je voudrai avoir pu le protéger de cette invasion ennemie qui l’a fragilisé. Je déteste mon corps et peut-être que je m’en veux de ne pas avoir su le protéger. Peut-être que je ne me suis pas pardonné.

Toutefois je sais que je me libérerai de cela, comme je me suis libérée du reste. Je sais que j’ai cette force en moi, cette envie. Je sais que je ne suis pas seule et que dans l’amour qui me lie à lui, je peux puiser tout ce dont j’ai besoin pour émerger à nouveau. Les fondations ont été bousculées. Elles restent solides, ancrées. Aujourd’hui, je fais le choix de réapprendre à aimer mon corps et à lui faire confiance, à m’aimer et à me faire confiance.

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Le grand pari…

On ne se dira jamais assez et on ne se dira jamais tout.

Certains mots sonneront justes, d’autres nous feront croire dans la présence hypothétique d’un faible espoir au bout d’un silence que nous n’osons briser.

Certains gestes diront plus que des mots et certains mots se diront dans le calme rassurant d’une étreinte que le reste du monde trouverait insignifiante.

On se bercera de promesses quand tout ira de travers. On sera aveugle dans la joie et alors ça n’aura pas d’importance. Ou on cherchera la faille dans un amour heureux, certains que le bonheur n’est pas pour nous. On mentira par crainte de souffrir. On souffrira par crainte d’oser. Ou alors on enverra tout valser, qu’importe l’avenir, ce qui se joue là sous nos yeux n’a pas de prix, on choisira de s’enivrer d’amour. Puisque la source est dite intarissable, on se saoulera de chaque instant de vie.

On pourra vouloir tout dire, tout écrire. Les émotions. Les sensations. Le ressenti. Et puis ce vide incommensurable dans lequel le plaisir nous emmène et duquel nous revenons certains d’avoir touché du bout des doigts une partie de nous-mêmes que nous ne connaissions pas.

On voudra savoir, comprendre. On voudra percer le mystère de l’autre, entier, si proche et si lointain à la fois. On tentera à force de questions d’imaginer l’intérieur, ce qui se trame dans le fond des tripes, au creux du plus intime des secrets de l’être.

Et puis on se souviendra que le cœur a ses raisons que la raison ignore. On ne saura jamais tout. Un jour il faudra choisir en conscience, incertains de l’issue, faire le grand saut ou renoncer. Se jeter à l’eau ou passer son chemin. Nul ne sait ce que sera demain. Et pourtant, contre toute attente, des milliers d’êtres humains font le pari chaque jour de lâcher prise, d’y croire et d’aimer, peu importe leur âge, leur sexe, leur religion ou leur passé.

Tactile

Crédit Pixabay

Il l’a vu au premier coup d’œil.

Et pourtant autour de moi, beaucoup vous diront que je ne le suis pas. Et pour cause, c’est quelque que chose que je n’ai pas assumé pendant longtemps.

Pourquoi me direz-vous ?

Déjà parce que chez moi on ne l’était pas. Les effusions de tendresse, très peu pour nous. Certains diront qu’un enfant ne s’adapte pas à son environnement. Je me suis sur-adaptée au mien.

J’ai besoin de toucher, de sentir. J’ai besoin de poser mes mains. Ce contact avec l’autre, les choses, les éléments est très important pour moi. Je suis par exemple une grande amatrice de câlins, de caresses, de chatouilles. Il suffit de sa main qui m’effleure, passe délicatement dans mon dos pour que tout mon corps réagisse. C’est aussi subtil que ça. Aussi subtil que le vent ou le soleil sur mes bras, recevoir un massage, le sable qui coule entre mes doigts, marcher pieds nus, sentir le contact de l’eau sur ma peau. J’ai un rapport prononcé à la sensualité, que j’ai beaucoup appréhendé à travers la danse et que je développe avec l’écriture aujourd’hui. Comme les enfants, j’apprécie aussi de manger avec les doigts – en société je me tiens, ne vous en faites pas !

Beaucoup d’hommes qui ont partagé ma vie, pour ne pas dire tous, ne l’étaient pas du tout et trouvaient d’ailleurs ce besoin assez puéril.

Beaucoup de mes amies y sont plutôt réfractaires. Dans ma famille, on se prend rarement dans les bras les uns des autres. Quand ça arrive on se sentirait presque gênés.

J’ai caché cette vérité sur moi pendant des années. Je pensais même que c’était « mal ». J’avais des idées un peu particulières sur le « bien » et le « mal ».  Si j’avais été un peu trop proche d’une amie, on aurait pu croire…Si j’avais dit que j’aimais bien laisser mes mains gambader sur ma peau  (sans y voir une connotation sexuelle), on aurait dit que…

L’Irlande a été le premier déclencheur. C’est un pays où les gens, pour le coup, sont très chaleureux, très « grandes embrassades ». Je pouvais donc être moi sans être mal vue. Niveau câlin, j’ai rattrapé mon retard. J’ai aussi rencontré des personnes tactiles pour la première fois de ma vie (ou du moins je les ai reconnues comme telles avec ma nouvelle ouverture d’esprit) et je me suis finalement dit que d’être ainsi n’était ni une malédiction, ni une tare. Par exemple j’ai une amie qui adore les chatouilles/caresses sur le corps. Étant donné que c’est quelque chose que j’aime faire, dès qu’on se voit, on se planifie une séance. Ça fait rire Loulou, qui  est un grand amateur également ! Ce sont souvent les autres qui sont gênés, jamais nous.

Le toucher est un vecteur incroyable de sensations, également pour moi un moyen d’exprimer ce que je ressens. Même si je considère que les mots sont importants, que les regards en disent long sur les sentiments, le toucher est ma manière à moi d’être au monde. On sous-estime souvent l’impact d’un câlin. Son pouvoir est immense pourtant!

Le deuxième déclencheur a été bien entendu de rencontrer un homme tactile. Dans cette relation, je n’ai plus rien à cacher. Je peux même exploiter tout un panel d’expériences que je m’interdisais jusqu’alors. La honte, la peur ont au fil du temps disparu pour laisser place à l’épanouissement, un épanouissement auquel il a largement contribué (il a insuffler un nouveau souffle à ma vie, il m’a rendu à moi-même et pour moi c’est une des plus belles preuves d’amour – toutes mes excuses pour la digression!). Mes notions de « bien » et « mal » ont évolué, on peut même dire qu’elles sont sur le point de ne plus avoir de valeur. La seule que je revendique désormais est la liberté d’être soi ! Même si dans la vie de tous les jours je m’adapte un tant soit peu à mon environnement…

Et vous, tactile, un peu, beaucoup, pas du tout ? Comment entrez-vous en contact avec les autres ? Qu’est-ce que vous inspirent les personnes tactiles ?

Et un jour, devenir maman

Crédit Pixabay

Je le regarde rire aux éclats. J’entends mon rire qui fait écho au sien. La soirée a été calme, douce, drôle, apaisée. Nous avons pris notre temps, ce temps qui nous file trop souvent entre les doigts, ce temps que nous tentons de garder pour nous deux. Temps propice aux confidences, à l’évocation de souvenirs, temps de lecture, de câlins et de contes qui changent perpétuellement de fin.

Quand il a été couché, qu’il s’est endormi sans bronché, que je suis allée voir si tout allait bien, je me suis souvenue…

De nos débuts. Je l’ai déjà écrit ici. Certaines mères se sentent mères tout de suite, dès le petit “plus” sur le test, dès la naissance. Je ne fais pas partie de ces femmes. Je ne saurai dire aujourd’hui si notre enfant était un souhait commun, s’il découlait d’un projet de vie. Je l’ai désiré. Mais dans quelle mesure? Était-ce un désir inconscient de sauver une embarcation qui prenait l’eau de toute part? Je ne saurai le dire. Ma seule certitude c’est que mon enfant m’a sauvé la vie. J’ai conscience d’avoir eu cette chance de partir avant qu’une vie de famille ne se crée. Si j’étais restée, aurai-je eu le courage de partir? Ou aurai-je choisi le sacrifice que font beaucoup, d’une vie dépourvue d’essence, de sens, une vie de larmes et de drames? Les enfants restent encore et toujours notre meilleure excuse face à de tels choix.

A la maternité, oui j’ai ressenti quelque chose, quelque chose de fort. Je me suis sentie invincible le temps de le tenir contre moi. Puis au matin les fantômes ont ressurgi, les peurs se sont matérialisées, l’envie que tout ce scénario ne soit qu’un atroce cauchemar. Face à ma réalité, j’ai pris une claque magistrale.

J’ai tout mis en œuvre pour ne pas m’attacher à mon enfant. Aussi scandaleux que cela puisse paraitre, je ne me sentais pas d’attaque à être sa mère. Je ne voulais pas dépendre de lui pour m’en sortir. Je ne voulais pas qu’il porte ma peine, mon chagrin. Qui plus est je vivais dans la crainte omniprésente qu’on me le prenne – la justice pas si juste – son père. Et tous ces bien pensants qui me rappelaient l’épée de Damoclès au de ma tête, la menace de l’enlèvement.

Quand je suis arrivée à Paris, je l’ai laissé, soulagée, aux bons soins de mes parents. Je savais qu’avec eux il avait la sécurité affective nécessaire à son épanouissement. Je me suis longtemps dit que si je disparaissais, il serait aimé, protégé – le principal pour moi. Et j’ai souvent eu envie de disparaître. Puis nous avons vécu ensemble, avec un florilège de peurs qui ne cessait de prendre de l’ampleur:  peur d’être seule avec lui, peur de ne pas lui donner assez d’amour, peur de ne pas trouver ma place, peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur. J’avais l’impression que loin de moi il grandissait mieux.

Les premières années ont été dures. A tout points de vue. J’avais l’impression de mourir un peu chaque jour, tout en essayant de me sortir de tout ce chaos oppressant. Si bien que je n’ai jamais eu de mal, ni de le laisser à la crèche ou à l’école. J’avais plus confiance dans les autres que dans mes capacités à moi. J’avais besoin que ma vie soit réglée comme du papier à musique pour pouvoir poser un pas après l’autre. Je vivais le cœur lourd gangréné par une colère sourde que je laissais éclater une fois la porte fermée, face à lui qui n’avait rien demandé. Je m’effondrais en larmes le soir. J’étais une mère en équilibre, désorientée, une mère qui n’en pouvait plus, ne savait plus quelle direction prendre, pleine de points d’interrogation.

Je tentais toutefois, à chaque instant, un travail en profondeur, pour faire taire les démons, m’affranchir du passé, pardonner. Pour moi. Comme pour lui. Car entre temps, l’amour s’était frayé un passage. Je le lui disais d’ailleurs souvent. Je lui disais que je l’aimais et que je n’y arrivais pas tout le temps. Je lui disais mes forces et mes failles. Je me répétais que j’allais y arriver, que nous allions être heureux. Parce que c’est le choix que j’avais fait, le choix primaire du départ. J’avais choisi la vie.

Et contre toute attente les heures sont devenues plus légères. J’ai accepté de lâcher prise, de ne plus tout contrôler. J’ai accepté de le regarder pour ce qu’il était, un être unique, qui ne serait jamais moi, que j’allais juste guider sur le chemin de la vie pour qu’un jour il vole de ses propres ailes. Un jour j’ai accepté la tâche confiée, même si elle me parait rude par moments, j’ai pris conscience de mes responsabilités et le parti de me faire davantage confiance. Je me suis pardonnée me choix, mes errances, mes angoisses. J’ai accepté qu’il y en aurait d’autres. Notre relation a pris une autre dimension, plus juste, plus sereine, plus joyeuse. Il fallait en passer par là. Il fallait que nous apprenions l’un de l’autre, l’un avec l’autre. Ce cheminement aura été douloureux et salvateur.

Je suis devenue mère avec le temps, maman avec lui.

Et vous la maternité (ou la paternité), vous l’avez appréhendée comment?

De la beauté dans l’éphémère

Crédit Pixabay

On entend le tic-tac régulier de l’horloge, les babillages des enfants, quelques mots échangés ici et là sans qu’on en saisisse la portée. Le jour dévoile ses attributs, les volets remontés laissent la lumière filtrer et l’air passer.

Il y a le monde, la routine matinale, les draps que l’on repousse, le réveil qui sonne, les bols du petit déjeuner qui s’entrechoquent, le travail qui attend au bout de la ligne de bus, de train, de métro. Il y a des gens qui partent, d’autres qui reviennent, des bombes qui éclatent à l’autre extrémité de la planète, des naufrages, des abîmes dont on croit ne jamais pouvoir revenir. Il y a la peur, la terreur, l’angoisse au fond des tripes, les déceptions, l’amour qui fout le camp, l’argent qui fait défaut, le ras le bol, les tensions, les parcours du combattant sans fin, les chagrins, les deuils, les pardons impossibles.

Et puis il y a toi et moi, enlacés, peau contre peau. Il y a cet instant savouré jusqu’à la dernière seconde. Il y a cette énergie qui passe entre nos corps, cette impression que rien n’est plus fort, que le monde peut s’écrouler tout autour, que dans les bras l’un de l’autre nous sommes en sécurité, bien, apaisés.

Face à l’absurdité de tout ce qui nous dépasse, la folie des hommes, il y a la beauté de cet instant, fugace et pourtant riche d’un bonheur sans faille qui nous rappelle que l’amour est ce qu’il reste de plus magique au monde.

Merci mon amour.

 

J’aimerais…

J’aimerais…

Pouvoir plus. Donner plus. Être là. Davantage.

Ne pas attendre que tu sois parti pour te dire ce que j’ai sur le bout de la langue.

Je crains parfois…

Que mes silences. Mes états d’âme quasi-permanents. Cette peur qu’un évènement vienne tout remettre en question. Ne soit trop.

Je me demande si…

J’arriverais à dépasser tout ce qui me dépasse. Tout ce que je ne suis pas. Tout ce que je contrôle (sans y penser).

Je voudrais que tu saches…

Peut-être que tu sais.

Aimer l’autre c’est l’accepter dans son tout

Quand on commence une relation, chacun vient avec son histoire. Parfois on la connait. Parfois on la découvre. Parfois ça se fait rapidement et parfois ça se fait avec le temps. Tout dépend de ce que nous souhaitons partager, dévoiler. Tout dépend du degré de confiance en soi, en l’autre. Il n’est pas toujours évident de se livrer, surtout sur des détails intimes. Et puis parfois c’est vital, on a besoin de se mettre à nu. Cela vaut en amour comme en amitié.

Récemment, suite à une conversation qui m’a pas mal chamboulée – mais qui m’a permis d’y voir plus clair sur pas mal de choses au final (merci mon chéri d’avoir insisté même si sur le moment j’étais à deux doigts de te laisser seule face à ton assiette!) – j’ai pris conscience que j’avais du mal à dissocier. Pourtant chaque relation est différente. On interagira d’une certaine façon avec une personne et d’une certaine façon avec une autre. Ce qu’on aura vécu une fois, on ne cherchera pas forcément à la vivre une autre fois avec un partenaire différent. Les individus ne sont pas identiques, les sentiments non plus.

Cette difficulté à dissocier m’a valu beaucoup de cauchemars, beaucoup d’angoisses ces dernières semaines. Avec l’imagination débordante que j’ai (ce n’est pas toujours un atout), je me suis créé des tonnes de scénarios aussi rocambolesques les uns que les autres. Parce que c’est difficile d’imaginer la personne que l’on aime dans certaines situations qui nous paraissent “absurdes”. Et que c’est tout autant difficile de ne pas passer par le filtre de nos relations passées (surtout quand elles n’ont pas été positives) pour apprécier notre relation présente.

La conclusion à laquelle je suis arrivée, c’est que je ne pourrais jamais tout comprendre, que chacun à son chemin de vie, que chacun fait ses choix (et que nos choix nous appartiennent et n’ont pas à être jugés, à partir du moment où respect et confiance ne sont pas mis à mal), qu’aimer c’est accepter l’autre dans son tout.

Nous pouvons d’ailleurs tous (plus ou moins) remercier nos ex pour ce qu’ils nous ont apporté. Notre passé ne nous définit pas, cependant il est riche de toutes nos expériences. Il fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Pour que quand deux chemins se croisent, une autre histoire voit le jour, librement.

Dites moi, vous arrivez à dissocier? Ou comme moi c’est quelque chose de pas si évident que ça?

Pourquoi je souris (souvent, béatement) ?

Ça fait beaucoup de pourquoi dans une même journée. Mais là j’ai quelques réponses.

C’est dans ma nature.

Parce que la vie est belle, remplie de ces instants qui effacent les coups de gueule,  les coups de blues, riche de rencontres, d’amitié, d’amour.

On accorde tous au sourire un grand pouvoir. Il accompagne un geste, un regard. Il réchauffe le cœur les jours de pluie.

Parce que quand je le regarde simplement être, du haut de ses 5 ans et quelques mois, que je pose mes yeux sur ses jeux, ses découvertes, les mots s’enfuient et il ne reste que mon sourire, comme un élan d’amour pour ce qui nous unit.

Un sourire dit tout.

Mon sourire dit tout. Sur tout.

Il dit les sentiments, le bonheur. Il dit combien je suis bien, calée au creux de ses bras, combien j’aime le goût de sa peau, la caresse de ses mains sur mon corps, tout ce qu’il est. Combien j’aime être avec lui, combien je l’aime tout simplement. Mon sourire saisit la chance des chemins qui se sont croisés, de tous ces instants gravés, qui au détour d’une odeur reviennent me faire chavirer

Un sourire entraine une avalanche de douceur. La tendresse s’invite dans un espace, un champ d’action. Un sourire chasse les nuages gris. Il est comme un rayon de soleil, une bénédiction. Un ange passe et le temps se savoure au présent.

Un sourire face à la nature, à la beauté, aux joies simples.

Un sourire comme une main tendue,  une passerelle,

Puis quand nos sourires se croisent, ils explosent.

En éclats de rire. En pépites d’amour.

Je souris. A la vie, consciente que chaque instant vécu est un miracle à lui tout seul.

Et vous, vous souriez comment, pourquoi? C’est dans votre nature aussi de sourire aux anges?

Tous les homme de ma vie #11

Voilà, c’est fini! J’espère que cette série vous aura plu. A très vite pour d’autres récits et fictions!

J’aime les hommes de ma vie.

Je les ai aimés. Mal aimés. Je les ai aimés passionnément avec la peur omniprésente de les perdre. Je les ai perdus. Et tant mieux. Je les ai aimés avec toute la fougue de mes vingt ans puis toute la folie de mes trente. Je les ai aimés en me reniant complètement. Je les ai aimés en les faisant passer avant moi, en changeant mes idées, en ignorant leurs faux-pas, subjuguée à l’idée que de tels hommes aient pu poser les yeux sur moi. Je les ai aimés avec fougue, le cœur émietté. Je les ai laissés jouer avec mon cœur, avec mes sentiments tous neufs, avec mes idéaux fragiles.

Nous n’avions souvent rien en commun. Nous avons créé des souvenirs, certains doux, de ceux dont on parle parfois entre amies quand on se souvient du passé avec nostalgie, d’autres trop tristes pour être évoqués, même sur le ton de la plaisanterie.

J’éprouve une certaine tendresse pour certains de ces hommes, ceux qui sont partis, en déposant un bouquet près de mon lit, ceux dont les photos parlent encore de ce qui n’est plus mais fut, charmant, gracieux, joyeux, plein d’honnêtes sentiments.

Je remercie chacun d’eux pour m’avoir faire comprendre une chose essentielle, une chose à côté de laquelle je serai passée s’ils n’avaient pas été là, la relation la plus importante de toute ma vie.

Loin d’eux commence alors la rencontre que j’ai trop longtemps retardée, par crainte de devoir me regarder en face, par peur de faire face à mes démons. La seule véritable rencontre qui a de l’importance ne les inclut pas, juste le temps que je me sente enfin en paix avec moi.

Je dis que je les aime mais est-ce que je connais le véritable sens du verbe aimer ?

En me voyant dans la glace, je réalise que j’ai gâché pas mal d’années, à chercher au fond de chaque regard masculin une approbation quelconque, le reflet d’un soupçon d’amour propre, un petit peu d’attention.

Trop peu d’estime de moi pour trouver le bon. J’ai décidé il y a peu de tenter une nouvelle expérience, de tourner une page, d’écrire une nouvelle histoire:

Une histoire d’amour avec moi.

Une belle histoire.

Pour le prochain homme de ma vie…

Le premier “je t’aime”

Crédit – Pixabay

Il explose. Il éclipse le reste, les mots tendres, les promesses.
Il se pose doucement sur les paupières du nouveau-né. Il investit le monde de la mère, du père. En silence. Dans la joie.
Il se dit de vive voix ou dans un murmure.
Il se faufile entre les lèvres, se fraye un chemin au centre des émotions. Il prend toute la place.
Tantôt discret, tantôt explosif, il nait dans le cœur de celui qui le prononce. Il atterrit par surprise, en colis suivi dans le cœur de celui qui le reçoit comme un cadeau à protéger.
Il n’ose pas, se demande si c’est l’heure. Il soupèse le poids de son impact, du contact. Il attend le moment où il pourra se dire sans peur.
Il ébranle les murs de la maison, jaillit tel un océan d’amour que rien ne peut contenir. Il se veut plus fort que tout, tous les démons, tous les fantômes de la nuit.
Il existe avant même d’avoir été prononcé. Il se promène dans l’air, un peu fou, un peu pressé.
Il se veut puissant, impossible à détruire. Il dit juste l’essentiel, rien de plus, rien de moins.
Ou il ne se dit. Il n’ose pas passer la barrière du vide, de l’inconnu. Il se tait.
Il se devine. Il se glisse sur une lettre, sur un début de déclaration.
Puis se livre quand tout s’effondre, il se tisse dans le brouhaha des larmes, des cris. Il se dit quand tout s’éteint, comme une dernière prière.

Ce texte m’a été inspiré par Delphine!