Mon premier et unique Ramadan

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Ce matin je discutais avec une collègue qui fait le ramadan. Je l’ai fait. Une fois. Elle m’a demandé, pourquoi une seule fois? Pourquoi pas maintenant?

Mon premier et unique Ramadan, je venais de me marier et je me disais que c’était une bonne entrée en matière. Et puis ça m’intriguait aussi. J’en avais tellement entendu parler (en termes élogieux bien sûr) que je voulais me faire mon idée. Et puis à cette époque là, j’étais très branchée religion, je lisais le Coran, je relisais la Bible.

Comme pour beaucoup de choses, c’est le premier pas qui compte! Les premiers jours nous étions deux, en pleine lune de miel, le point culminant de notre histoire, après le chaos et avant la déroute. Et puis au mois d’août en Irlande, la chaleur n’est pas non plus écrasante. Ce qui tombait bien car l’amplitude horaire était assez conséquente, elle.

Je me levais aux aurores, je me préparais un petit déjeuner copieux (avec des dates, du lait, des céréales, des fruits, des fibres) et je priais. Entre midi et deux, je me promenais, je lisais. Le soir était plutôt festif. Nous étions souvent invités. Dans la plupart des pays musulmans, la rupture du jeûne est l’occasion pour beaucoup de partager un repas, ouvrir sa maison aux plus démunis, faire don de ce qu’on a et que d’autre non pas. Le Ramadan est vraiment le moment de se dépouiller de tout le superficiel pour revenir à l’essentiel. Ce qui vaut pour le reste de l’année – beaucoup ont malheureusement tendance à l’oublier (c’est une autre histoire!)

J’ai tiré beaucoup de positif de cette expérience. Beaucoup me disaient que sans la dimension religieuse sous entendue “religieuse musulmane”, ça n’avait pas grand intérêt. Certes je n’ai pas fait le Ramadan comme les musulmans car ce n’est pas ma religion et que je n’ai eu à aucun moment le désir de me convertir. Je ne l’ai pas fait non plus par obligation / habitude ou pour un quelconque gain (style une place de choix au paradis!). Je l’ai fait par choix personnel, par choix spirituel.

Ce qui m’a semblé le plus difficile c’est la solitude. Une fois les tous premiers jours passés, chacun a repris son travail et là, c’était une autre histoire. Je ne mangeais plus avec mes collègues. Je déclinais les invitations de mes amies pour déjeuner. Je ne comptais plus les regards inquiets quand j’évoquais mon choix (pour une fois je n’étais forcée à rien pourtant!). Et puis, lui, il travaillait loin donc j’étais souvent seule (ce qui en temps normal ne me dérangeait absolument pas). Et dans ces cas-là, les invitations se faisaient plus rares aussi. Rompre le jeûne en tête à tête avec soi-même c’est beaucoup moins enthousiasmant d’un coup.

Et vous le Ramadan, ça vous parle? Vous le faites parce que c’est votre religion? Ou vous ne le faites pas? Vous avez déjà essayé? Ou ça ne vous a jamais intéressé?

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Les États d’esprit du Vendredi 10.05.2019

Copyright Marie Kléber

Les états d’esprits du vendredi, le samedi! Une pensée pour The Posman et Zenopia .

Début [6h35]

Photo: devinez…
Fatigue : je m’écoute un peu mais pas trop
Humeur : bonne
Estomac: quiche – pruneaux – eau (repas d’hier soir!)
Esprit: orienté examens de santé
Cond. phys. : courir pour avoir son train ça compte!
Boulot: mails – enveloppes – recommandés. Pas l’extase mais du boulot.
Culture:  ” The particular sadness of lemon cake” Aimee Bender
Penser à : accepter – relativiser
Avis perso (1): ah la pluie…c’est joli de l’intérieur!
Avis perso (2):  des pannes techniques sur le premier métro du matin ça met de bonne humeur!
Message perso: (1) J’aime tes mains et aussi l’odeur de ta peau (2) écrire pour sortir les maux/mots il n’y a que ça de vrai
Loulou: chez ses grands parents pour le week-end – a retrouvé ses copains avec bonheur – adore les maths (plus que le coloriage)
Amitiés :  EVJF
Love : attentif, rassurant, sportif, plein d’idées, adore me faire plaisir
Sorties : entre filles!
Essentiel: être vivant
Courses: une tenue de mariage pour loulou et moi
Envie de: profiter de la vie
Zic: Speed

Fin [6h49]

Bon week-end à tous. Profitez même sous la pluie! Une bonne raison pour faire du cocooning…

Le maître du jeu

Crédit Pixabay

Je ne suis pas celui qu’elle croit. Je suis le vent, les flammes. L’humeur variable. Je suis le voleur de sentiments, l’amant insaisissable. Elle me regarde avec ses yeux conquis. Mon allure de Dandy me donne le charme nécessaire pour investir son univers.

Voilà qu’elle croit que je suis mes déclarations d’amour éternel. La bague au doigt. Puis les enfants. Et quelques chats. Maison fleurie et décoration impeccable. Cadre de haut niveau dans une multinationale. Chef de projet et portefeuille confortable. Elle me pare de qualités qui n’existent que dans les contes de fées.

Je suis le ciel d’orage, l”amoureux impétueux. Elle me voit gentleman, terriblement épris d’elle, prêt à me battre en duel, l’épée sur le cœur. Je la berce d’illusions dans lesquelles elle se noie. Je respire le mensonge. Elle n’a d’yeux que pour moi.

Je suis le noir, l’esquive. Je joue l’adorateur pour le plaisir de voir son corps se plier au moindre de mes désirs. Ma palette de talents se décline à l’infini.

Je suis le peintre et le savant, le maitre du jeu. Je suis le fou chantant, le sourire radieux. Je connais les mots qui la font chavirer, les gestes qui la font se pâmer. Je lui donne ce qu’elle attend, scrute son imagination qui dessine des lendemains complices. Matins poètes et nuits fiévreuses. Un “nous deux” plein de promesses.

Je loue chaque jour les délices qu’elle cuisine, déguste du bout des lèvres le fruit de ses passions. Acteur et spectateur.

Elle me croit intègre. Elle me dit honnête. Elle y mettrait sa main à couper. Elle livrerait sa tête. Sa confiance règne en maître.

Je ne peux la contredire. J’acquiesce avant de l’embrasser, le corps en liesse, le cœur légèrement tourmenté. Je suis une énigme, un point d’interrogation. Peu me connaissent. Je gagne ma vie ainsi. Sa richesse est la mienne. Et si je triche, ce n’est qu’une question de survie.

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture sur le thème du mensonge. Il fallait se placer du côté de la personne qui ment et rédiger un récit en 25/30 minutes.

Une évidence

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Son sourire. Qui prend tout l’espace. Un sourire grandeur nature. Pour lui. Juste lui. Elle le sait, elle le sent. C’est lui. Il suffit qu’il tourne la tête, qu’il accroche son regard. Toutes ses amies suivent le manège avec intérêt. Il met un peu de temps à lui retourner son sourire. Éclatant. Une évidence.

Le début d’une histoire d’amour. Les premiers sentiments et l’attente. L’impression que tout est possible. Ils n’ont que vingt ans, alors oui tout est possible. On n’a pas ou peu de tabous à vingt ans. On se sent libre de tout. Et on se dit que tout est éternel. Alors on vit. On n’a pas peur. On se lance à cœur, à corps perdu dans l’aventure, riche d’insouciance. Et on s’aime. On fait l’amour. Souvent. On se laisse porter par le courant.

Jusqu’à ce que le courant dévie et que l’amour se fane. Un courant d’air. Et l’amour s’éteint. Il n’a rien dit. N’a même pas osé un geste de la main.Pas un mot. Rien. Trois ans et le silence. Elle appelle. Elle fait face au vide. Elle comprend et elle craque. Elle esquive les coups. Elle se rattrape aux branches d’une année universitaire. Réussir au moins ça et oublier. Faire le deuil comme ils disent. Mais comment fait-on le deuil d’une histoire qui garde comme un gout d’inachevé en elle?

Elle se questionne. L’évidence la rattrape. Elle a vu. Elle a su pourtant. Alors pourquoi? L’évidence la tourmente. Elle la garde prisonnière. Mais l’histoire est belle et bien terminée. L’évidence vit dans le passé, à l’instant de leurs regards croisés. Depuis ils ont évolué. Dans des directions opposées. L’évidence n’a plus de valeur. Il est l’heure.

Y-en aura t’il d’autres? Surement. Mais elle prendra des gants. Elle restera sur ses gardes. Ou alors elle tombera pour des bras pas faits pour elle, qui la convaincront que l’amour la fuit. Depuis lui.

La vie la rattrapera. Elle. Quelque part. Un soir. Un matin. Une autre évidence, c’est certain. La confiance s’imprimera sur les pavés. Et sur son cœur encore un peu embarrassé, ses peurs bien ancrées, ses failles non maîtrisées. Elle saura que l’évidence n’est pas un gage d’éternité, qu’il n’existe aucune certitude, ni en amour, ni dans la vie. Que tout se joue au jour le jour.

 

Le temps de l’amour

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Le réveil a sonné. Une musique douce comme le flot d’amour qui passe entre nos peaux ivres de plaisir. Je me tiens tout contre la tienne, sa chaleur inonde chaque parcelle de la mienne. Je respire tout ce que tu es, dans cet instant. J’inhale la clarté des sentiments, la fraicheur de ton sourire, la volupté de nos accords, la naissance du jour dans tes bras. Délicieux. Je retiens les secondes avant de m’aventurer hors du lit, loin de l’onctuosité de ton étreinte. Passionnée, rassurante, magique.

Les premières heures de nous l’étaient. Magiques. Celles d’aujourd’hui le sont tout autant. Elles ont des reflets d’or qui font battre mon cœur, si vite, font vibrer mon corps, si intensément. Je n’en reviens toujours pas de tout ce que tu donnes jour après jour, de toute l’attention dont tu fais preuve, de la façon dont tu accueilles tout ce que je suis, sans souhaiter changer quoi que ce soit, de ta capacité à m’accompagner au delà de mes peurs, mêmes les plus tenaces.

Je me sens tellement vivante avec toi. Je découvre tout. Comme au premier matin de la vie. J’apprends l’amour au jour le jour. Le partage. L’écoute. Pouvoir tout se dire. Sans aucune certitude que celle des choix posés, des minutes incendiaires suspendues au chaos de nos sens épousés.

Merci mon Amour pour ce temps, à nul autre pareil (Merci pour le titre aussi!). Le temps d’avant s’évanouit. J’oublie. Et je m’enroule dans le merveilleux, je me drape de “je t’aime”. Je savoure l’excellence de nous…

N’attendons jamais qu’il soit trop tard…

L’annonce a fait trembler les murs. Les fondations que l’on croyait solides se sont effondrées. Parfois la vie dure plus de quatre-vingt-dix années. Parfois elle s’achève à la manière d’un éclair, d’une ampoule qui éclate. Le cœur arrête de battre.

Certains ont besoin de temps pour poser les mots. Ce sont les mots qui me délivrent du risque de me briser. Si je les laisse filer, alors la nuit s’installe, le chaos menace.

Au bout du fil, le chagrin est palpable, il coule sur l’enfance. Les souvenirs égrainent des images, d’une petite fille aux cheveux longs, un sourire espiègle, des épisodes de vie, nos rires. Et puis le tumulte des larmes qui cognent contre les parois du jour naissant. L’enfance s’est évanouit, son cœur s’est rompu. La jeune femme dort, paisible, dans un présent où elle n’est plus.

Au bout du fil, le néant, le vide incommensurable de ceux qui perdent un enfant. Une sœur, une femme, une maman. Une amie. D’aujourd’hui ou d’hier. Tant de questions, tant d’incompréhension. Le silence face au pire, à la fin abrupte d’une vie. Sans retour en arrière possible. Tout ce qui n’aura pas été fait, tout ce qui n’aura pas été dit. Tous ces mots d’amour en suspend dans un ciel aux allures d’apocalypse. Trop tard.

N’attendez jamais qu’il soit trop tard. Dites, dites vous tout. Écrivez les mots. Dansez les, chantez les si c’est plus facile pour vous. Pardonnez et ne remettez pas à plus tard. Oubliez ce qui n’a pas d’importance. Entourez vous de ceux qui comptent, respirez-les. Posez des actes, exprimez vos sentiments. N’attendez plus qu’il soit trop tard…

Notre Dame panse ses plaies et le Monde se meurt…

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Elle se tient, là, dans le noir, à l’abri de trop de regards. Un périmètre de sécurité l’encadre. Affaiblie, certes, mais debout. Entourée de tant de prières et d’amour. On dirait qu’elle se tait pour panser ses plaies.

J’ai regardé comme beaucoup le journal de vingt heures ce soir là. Et je me suis sentie insensible au possible, à des années lumières de ce que tous exprimaient, de peine, de chagrin. Tout est éphémère, c’est peut-être la seule certitude que je détiens dans cette vie.

En la voyant, hier, j’ai mieux compris ma réaction. Notre Dame, consumée par le feu ne mourrait pas sous nos yeux. Elle se faisait dévorée par les flammes certes mais elle restait solide, ancrée. Elle verrait demain, différente. Elle renaitrait de ses cendres. Parce que le monde est ainsi fait que le matériel se refait, qu’on reconstruit. Même sur rien. Elle serait le symbole d’une nouvelle ère, riche de son passé, pleine de son avenir.

Alors que la vie de l’homme, détruite, devient poussière. Personne ne peut redonner vie à la mort. La mort est la fin et le début d’autre chose. C’est avant tout le vide, dans cette vie au moins. Personne ne viendra redonner le souffle à celui qui n’en a plus. Personne ne pourra apaiser la peine de ceux qui reste. Il n’y a pas de commission d’état, de lever de bouclier pour le commun des mortels.  Juste le néant qui suit l’agonie. On ne répare pas les morts à coups de millions d’euros.

Alors non, je ne suis pas insensible. Je suis heureuse que le monde se mobilise pour redonner vie à Notre Dame. J’aimerai juste qu’il se mobilise avec autant de vivacité et d’authenticité pour tous les drames qui touchent chaque jour des êtres vivants dans toute la planète, qu’ils défendent les droits des hommes comme ils défendent ceux de la nature, de l’environnement, des animaux, qu’ils se dressent contre le totalitarisme, l’abject, la folie.

Sans les hommes, le monde n’existe plus…

Les États d’Esprit du Vendredi 26.04.2019

Vendredi est arrivé et l’heure des états d’esprits aussi. Je voulais faire une intro un peut différente, en effet The Posman et Zenopia ne partagent plus les leurs depuis quelque temps. Mais on ne les oublie pas. Je salue cette belle initiative qui nous réunis tous les vendredis et fais aussi de nouveaux adeptes au fil du temps!

Début [13h51]

Photo: St Malo
Fatigue : un peu, il faut dire que j’ai travaillé jusqu’à 1h du matin sur mes textes et que c’est la semaine “slow” du mois
Humeur : très bonne
Estomac: salade, salade de fruits, chocolat et thé vert
Esprit: heureux
Cond. phys. : marche, escaliers
Boulot: moi, j’en ai c’est tout ce qui compte
Culture: “Les silences de Dieu” de Gilbert Sinoué  (un de mes chouchous lu et relu!) – “Je viens d’ailleurs” de Chahdortt Djavann (très dur et très bien) – ” The particular sadness of lemon cake” Aimee Bender (en cours)
Penser à : courses pour ma mère!

Avis perso (1): et les 250 morts au Sri Lanka?
Avis perso (2):  il y a des jours où je lâcherais bien mon stérilet!

Message perso: (1) tu nous manques… (2) merci pour vos retours constructifs sur mes textes (3) c’est vrai que l’amour, la confiance c’est une histoire de chaque instant (4) deux soirées, une nuit, quel luxe – je savoure ma chance!
Loulou: est en vacances, a adoré notre weekend breton, fait du poney tous les jours, parle un drôle de langage imaginaire!
Amitiés : préparation d’un EVJF
Love : j’adore ses mains (entre autres choses…)
Sorties : en amoureux…
Essentiel: aimer, écrire, oser
Courses: pour ma mère (!) – de quoi me nourrir sainement – billet de train pour l’EVJF
Envie de: profiter de lui
Zic: On trace

Fin [14h08]

Bonne fin de journée et doux weekend à tous!

Les États d’Esprit du Vendredi 19.04.2019

Une semaine de congés, un rythme différent, je reviens avec mes états d’esprits, initiative de The Posman et Zenopia . On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [06h10]

Photo: coloriage – le thème de la semaine!!
Fatigue : je suis en vacances…
Humeur : excellente
Estomac: thé
Esprit: en vacances, heureux
Cond. phys. : deux footing et du rangement – ça compte!
Boulot: vacances j’oublie tout!
Culture: Bethsabée de Marek Halter – En cours (lettres à Jean Marais  – les silences de Dieu de Gilbert Sinoué)
Penser à : ce qu’il y a de beau

Avis perso (1): bien sûr que c’est triste mais ça fait bizarre tous ces visages tournés vers Paris, Paris qu’on trouve toujours trop ou pas assez, qu’on délaisse et dont les rues sont inondées de déchets à longueur de journée…
Avis perso (2):  je crois qu’on revient de tout, que tout renait, que certains drames sont nécessaires pour nous rappeler ce qui compte.
Avis perso (3): oui je trouve que tout cet argent c’est indécent même si en effet chacun fait ce qu’il veut du sien. Et qu’on en a besoin pour reconstruire. On aurait juste pu éviter d’étaler ça sur la place publique!

Message perso: (1) tu me manques (2) j’ai beaucoup aimé ton article sur la confiance et ta photo est superbe (3) toutes les conditions pour une histoire d’amour ne seront pas toujours là. Il faut oser, faire confiance à la vie. L’amour est un magnifique pari à tenter (4) merci pour ton mail, je publie ton interview mercredi prochain!
Loulou: est en vacances, a adoré cette semaine ensemble, colorie bien, pas vite, mais bien!
Amitiés : ce weekend
Love : me manque, touchant quand il est touché, merveilleux (je le pense encore même si je le lui dis moins parce qu’il n’est pas d’accord avec moi!)
Sorties : weekend entre filles
Essentiel: aimer, s’aimer
Courses: aucune
Envie de: profiter
Zic: Bryan Adams

Fin [06h35]

Le cancre du coloriage!!

Crédit Pixabay

Entre la maitresse de loulou et moi ça a mal commencé. Et ça se terminera mal.

Cette semaine, j’ai la grande chance d’être en vacances et d’aller chercher mon fils à l’école le soir. Un plaisir rare. Ce qui est moins sympa, c’est que chaque soir j’ai droit au visage dépité de la maitresse qui me répète qu’elle ne sait plus quoi faire avec mon fils. Elle me montre son coloriage d’un air désabusé.

“pas assez concentré” “il suit les mauvais élèves” “il ne comprend pas les consignes” “il est le dernier en coloriage”…

Tiens si on parlait coloriage. C’est le coloriage qui nous a mis dedans dès le début de l’année. Ça ne faisait pas dix jours qu’il était à l’école qu’elle voulait déjà me rencontrer.

Pour me montrer que les autres y arrivaient très bien. Sauf le mien. Sept mois plus tard, on en est encore là. Les autres font leur coloriage, pas  le mien. Enfin pas dans le temps imparti.

Le reste tout va bien. Mais ça elle ne le dit pas. Elle, son cheval de bataille c’est le coloriage!

Moi? J’écoute. Je lui ai dit en début d’année qu’il avait un peu de mal à se concentrer quand il y avait du bruit autour. J’ai même suggéré de le changer de table. C’est certain que si on met tous ceux qui parlent et font les zouaves ensemble, c’est compliqué.

C’est vrai qu’il est souvent dans ses rêves. Il a 6 ans! Il travaille bien. Il veut bien faire. Du coup il perd du temps. Et puis le coloriage, le dessin, ça l’ennuie.

Est-ce que c’est si grave? Est-ce qu’il n’y aurait pas eu de solution? Est-ce que la comparaison aux autres est un réel moteur? Ou est-ce que ça démotive plus qu’autre chose?

Je vois arriver la fin de l’année avec beaucoup de bonheur…

Si elle les prépare très bien au CP – dixit certains parents qui sont déjà sur les starting blocks de l’avenir professionnel de leur progéniture ultra brillante, qui elle, sait colorier un perroquet en moins d’une minute top chrono – on gardera d’elle un souvenir dénué de toute nostalgie!