Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #23

L’impact avait été brutal. Comme tout ce qui touchait de près ou de loin à sa vie en général. La chance n’avait pas frappé à sa porte, un peu comme pour beaucoup de jeunes filles dans son pays. A la maison, personne pour se soucier de son sort, pas même sa mère qui semblait depuis longtemps avoir rendu les armes d’un combat qui la dépassait. On la disait paresseuse quand elle n’obéissait pas, quand elle rechignait à servir ses frères. On la disait fantasque, dans la lune, particulière en somme. Elle rêvait de prendre son envol, de partir explorer le monde, de traverser les hémisphères, porter des créoles héliotropes et des bas indigo, à la place de son foulard noir.
Foulard maudit. Une aliénation, une privation qui lui imposait d’être une fois de plus ce qu’on attendait d’elle.
Et puis il y avait un mouvement quelque part, une faible secousse, comme un tremblement qui ne voulait pas faire de dégâts. Il y avait eu des femmes et des hommes cette fois qui étaient sortis, qui avaient pris d’assaut la rue, sans faire de bruit au début. Des hommes, c’était surtout ça qui l’avait surprise, des hommes qui disaient non à ce satané fichu noir, à cette odieuse mascarade qu’était leur vie à tous, d’un ton affirmatif qui virait au vindicatif. Des alliés enfin qui lui offrait un sas dans lequel elle pouvait rêver d’un autre monde, parcourir les possibles d’un battement de cil.
Elle s’était faufilée dans la nuit, avant que l’aube ne vienne découvrir ses pas, avant que les regards ne se lèvent sur son imprudence. Les cheveux libres pour la première fois, volants au vent, tels des vagues brunes sur une mer tourmentée. Elle s’était glissée jusque dans la foule, inconnue et fiévreuse.
Puis le taxi, le choc et le noir, encore…

Retrouvez ici les participations de la semaine: Chez Josée, Chez Ghislaine, Chez Isabelle-Marie, Chez Jamadrou

Pour la semaine prochaine, je vous laisse écrire un texte à partir de la phrase ci-dessous (qui m’a fait sourire!) Au plaisir!

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Sensibilisation Violence Conjugale #8

C’est si facile de croire tout cela quand vous êtes en prise avec une réalité complexe. Tout vous porte à penser que c’est vous qui avez un problème, à force. A force d’argumentaires, de réflexions, de manipulation, de mots interprétés. Et plus vous vous interrogez, plus l’autre gagne du terrain.

Vous n’êtes pas fou, il/elle n’a pas dit clairement que ses amis venaient diner. Il/elle l’a laissé entendre peut-être, que ça serait une bonne idée, juste comme ça, dans une conversation anodine.
Vous n’êtes pas faignant, vous êtes à cran, à bout de ce que vous encaissez, vous êtes épuisés par les ressources dans lesquelles vous puisez pour ternir un jour de plus.
Vous n’êtes pas psychologiquement fragile même si elle/il ne cesse de vous répéter « tu pleures toujours pour un rien ». Vous êtes juste vidé(e)s.
Vous n’êtes pas moche, ni extérieurement, ni intérieurement. L’autre vous teste, il vous leste de tous les maux de la terre. Le dénigrement est soit disant sa manière de vous aimer.
Vos centres d’intérêt ne sont pas stupides, ils existent et parce qu’ils existent, ils sont une fois de plus un levier sur lequel votre harceleur va appuyer.
Vous n’êtes pas une pute parce que vous avez souri à votre voisin, parce que vous aimez porter des jupes.
Vous n’êtes pas insensible à ses problèmes, ses maux, vous ne savez juste pas sur quel pied danser, quoi dire, comment le dire. Puisque quoi que vous fassiez vous aurez tort.

Vous n’êtes pas non ce que les autres pensent de votre situation. Ne les écoutez pas quand ils vous disent « moi ça ne m’arriverait jamais ! » Ces personnes-là ignorent complètement les tenants et aboutissants de la violence.

Vous n’êtes rien de ce que l’autre dit de vous, loin de là. Vous êtes ce qu’il/elle n’est pas.
Vous êtes en danger tout simplement.

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Attendre

A l’impatience, je suis
Tenue comme l’enfant
Tant espéré, dans le ventre
Emmitouflé, bien au chaud
Nage et nid
Douillet à souhait
Respirant l’amour
Enchanté, enchanteur.

Extrait de mon recueil de poésie – Accrocher la lumière – disponible sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi me le commander par mail.

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Essayer encore et encore

credit @mariekleber37

J’ai beaucoup de choses pas très loin, des petites choses qui touchent, qui font que le tempo n’est pas toujours aussi juste qu’on le voudrait. Des petits riens qui se bousculent et qui parfois créent un tourbillon. Enfin, des choses un peu douloureuses quand même, quelques souvenirs qui viennent me chahuter et des voix aussi qui viennent jouer avec ce que j’ai de plus fragile – cette faculté que j’ai de presque m’excuser de vivre.

Je m’excuse de tout, depuis près de 42 ans, je m’excuse de peut-être déranger, de ne pas avoir les bons mots, la bonne attitude. Je m’excuse de rire, de pleurer, d’espérer. Je m’excuse d’être un peu, un peu trop. Je m’excuse sans cesse jusqu’à disparaitre, ne pas faire de vague surtout, reprendre ma place près de la fenêtre qui donne sur la cour, rêver à ma guise, imaginer ce que ça serait si…

Je m’excuse et je repars, je fais en sorte que tout aille. Je me tais quand ça bout à l’intérieur. Je fais en sorte que la colère se noie dans un “pas si grave.” Je ne dis rien qui pourrait créer une tempête et qui me laisserait KO. Je rumine un peu et puis ça passe. Mais ça laisse des traces. Et ce sont ces traces qui reviennent en ce moment, qui me font presque que dire que j’ai 9 ans. Ces traces de l’enfance, du tableau noir, des humiliations devant la classe, traces des notes que je dissimule, du mal-être que je maquille avec un joli sourire, traces de ce qui n’a plus d’âge.

Finalement ce “sans vague” qui me pèse parfois c’est aussi ma sécurité, ma sérénité. Je me suis affirmée et ça n’a rien changé. Alors je laisse passer, filer, je me laisse le temps d’avoir quelques égratignures, de lâcher prise, de me laisser être. Je retourne à ce que je suis qui ne fera jamais l’unanimité. Mais qu’importe. Il faut que j’accepte de ne pas toujours faire les bons gestes ou les bons choix, de ne pas être si adaptée, de rire trop fort, de pleurer dans mon coin. Il faut que j’accepte que mes mots ne portent pas, pas très loin, qu’ils soient mis de côté parce qu’ils gênent peut-être, même si en soi ils ne disent rien de mal, ils expriment juste ce que je pense, sens, ressens, estime juste.

Finalement je retourne irrémédiablement à ce que je respire. La vie. En essayant de ne pas emporter une culpabilité qui ne m’appartient pas. En essayant d’être de moins en moins ce que l’on attend de moi. C’est loin d’être évident, c’est même très délicat!

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #22

Ca se glisse partout, ça esquisse plein de petits sourires, ici et là, du temps d’avant et d’aujourd’hui. C’est doux l’odeur de ta peau, de talc parsemée hier, de gel douche aromatisé quand sous la douche tu passes tel une fusée. Une odeur qui se pare des rêves de la nuit et des émotions du jour, toute en contrastes et en amour. C’est tendre le parfum qui se love sous mes narines dans un câlin. Tout me revient, premiers matins peau contre peau, premiers instincts. Cette odeur de toi ne se définit pas, elle est comme un baume qui me soutient, un sentiment qui me retient dans un monde d’effluves enchanteurs.

Découvrez ici les participations riches de senteurs: Chez Jamadrou, Chez Josée, Chez Isabelle-Marie, Chez François.

Pour la semaine prochaine, place aux mots, car je sais que certains participants les affectionnent particulièrement. Je vous invite à écrire un texte avec 5 mots commençants par “par” et les mots suivants: allié, hémisphère, impact, taxi, héliotrope, chance, envol, affirmatif, créole. Amusez-vous bien!

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Un bon sujet d’écriture

Credit @mariekleber37

Placer quelques idées, Léonore savait faire. D’ailleurs elle le savait très bien. En société, elle excellait dans l’art de parler de tout et à tous, sans s’appesantir. Dès qu’une conversation devenait trop précise, elle s’éclipsait, prétextant un malaise quelconque, un besoin de prendre l’air. Elle détestait tous ceux qui parlaient pour ne rien dire et ceux qui ne parlaient pas. Léonore avait son public, un mix de femmes d’un certain rang et d’hommes qui la prenaient pour une déesse. Contrairement aux épouses de ces hommes, Léonore ne se dandinait pas dans des robes trop serrées, ne se divertissait pas en regardant des sitcoms Américains, ne prenait aucun plaisir aux déjeuners composés de salade et de graines, pendant lesquels on parlait mal des autres et n’appréciait aucunement les jérémiades inhérentes aux courbatures qui succédaient aux séances de sport, pour avoir un ventre plat et des fesses rebondies.

Léonore n’était pas les autres et comme sa mère le lui avait souvent répété durant des années, il fallait y voir un coup de chance du destin. Les femmes qui rentraient dans des cases ne faisaient pas de bon sujets d’écriture!

Voici mon texte pour l’atelier de Ghyslaine, avec les mots: Salade, comme, placer, quelques, écriture, courbatures, certain, faire.

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Atelier d’écriture #21

On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train. C’est bien connu les rumeurs, ça part de rien et ça fait des ravages. C’est bien connu et pourtant on se laisse prendre, on se confie. Ce qui n’était qu’un petit mot au début devient un grand souffle et puis un énorme n’importe quoi. La rumeur enfle et comme la lave du volcan détruit tout sur son passage. La rumeur c’est comme un enfant en colère qui ne contient plus rien, une petite vision d’enfer sur terre. Et dans un village où les murs sont de papier, où les portes restent ouvertes, où les gens se croisent sur la place centrale, la rumeur n’a pas le temps de se poser, elle grandit sans y être invitée, elle se métamorphose en monstre aussi tôt qu’un passant a le dos tourné. Elle se gave de la crédulité des uns, déguste la culpabilité des autres et sans crier gare tue à bout portant. Mieux vaut ne jamais la laisser naitre!

Quelle reprise! Retrouvez vite toutes les participations: Chez Ghislaine, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée, Chez Sandra, Chez Jamadrou

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Face à sa solitude…

Au gré des mots sur l’écran, je sens la solitude qui déborde, sur le trottoir se prend le bitume froid ou brûlant. Quand le “deux” fait défaut, même mal boutiqué, même mal vécu, l’autre semble parfois la clé de voute, la seule alternative au vide que l’on sent au hasard d’un couloir, devant la table du salon, le réfrigérateur trop grand, la table autour de laquelle on ne veut surtout pas s’asseoir pour ne pas se rappeler qu’en face hier il y avait une présence, aujourd’hui plus rien.

Je ne sais pas cette solitude là, moi elle me tient, elle me soutient, elle est mon élan quand le monde autour se presse autour d’un verre en terrasse, se visite, se fête. Je ne sais pas la peur du silence dans la maison, moi il m’apaise, il me convient, il me contient. Je ne sais pas alors j’imagine, je m’approche de la peur, j’essaie de saisir le où, le quand, le “sans” devient terreur, quand face à ce qu’on ne peut nommer, on perd de sa vie jusqu’à parfois vouloir esquiver, partir d’un coup.

Ca je le comprends le trop plein de peine, la nostalgie qui brûle et empêche, la mélancolie de l’avant et les blessures qui ressurgissent quand plus rien ne semble aller dans notre sens. Ca je le sais, je me souviens de cette douleur qui étreint et le si peu qui retient. Alors face à la nuit on se demande si ça ne sera pas la dernière. Il suffirait de presque rien pour basculer.

Derrière l’écran alors, je scrute les mots et je me demande si tout va basculer. Je cherche alors ce qui pourrait, non pas remplacer l’absence, juste donner un peu de substance à la vie qui s’ennuie, pas seulement, qui se fracasse doucement. Je cherche ce qui pourrait nourrir ce qui se meurt, sans être brusque, sans trop d’optimiste, juste ce qu’il faut pour que les mots se fassent moins violents, que le coeur retrouve un peu de couleurs.

Mais je sais déjà que je ne dirai pas qu’il faut apprendre à apprivoiser la solitude, qu’elle est amie avant d’être ennemie, je n’oserai pas la langue positivo-bienveillante car la souffrance ne la tolérerait pas. Je n’irai pas disserter sur la nécessité du “face à soi” car je sais que nos personnalités ne s’imitent pas.

Je laisserai les mots d’amitié glisser sur l’ardoise des jours de pluie, de mieux aussi, quand un petit rayon vient donner envie d’y croire pour quelques heures, laissant de côté la douleur. Je leur insufflerai un brin de magie pour qu’ils atteignent leur cible en atténuant la solitude, en diminuant l’angoisse, en important un peu de plus dans le moins.

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Merci

On se sera dit “merci” une fois, dix fois, trente fois, cent fois. Jamais une fois de trop. On se le redira encore.

Merci pour les sourires et ce temps, si précieux, qui nous fait nous rencontrer avant de nous éloigner, qui nous garde quelque part entre la présence et l’absence, qui nous maintient vivants quand le monde semble se perdre. Merci pour toutes les incertitudes nouées, dénouées, les doutes interrogés, les paris pris, les mains liées, les rendez-vous qu’on voudrait voir s’éterniser.

Merci pour les choses d’une simplicité déconcertante, qui les méritent à peine – on pense – qui méritent pourtant plus et qui au contact des larmes se gonflent de la vanité d’exister.

Merci pour tous les passages à la limite, comme sur un fil, si fragile, ces instants où on a cru ne plus pouvoir, ne plus tenir, où la peur a été la plus forte, où la joie n’a pas fait le poids, entre la raison et le cœur, une troisième voie, celle d’un peut-être esquissé face à la nature défigurée. Et puis nos bras de dentelle de maux habillés jusqu’à ne plus porter que l’éclat des retrouvailles.

Des “merci” comme autant de conscience de nos chances à être, évoluer dans cet espace par nos individualités habité, dépourvues de ce qui nous tiraille ailleurs, de ce qu’il faut faire et être avec tant d’autres. Jamais ensemble. Perdus parfois par trop de questions, retrouvés par tout ce qui nous lie au-delà de ce que l’on vit.

Merci pour les parenthèses apprivoisées, saveurs aux déclinaisons infinies, qui laissent des images comme des pas sur le ponton qui sépare la terre de l’océan. Des “merci” aussi vastes que l’eau, les éléments, l’horizon, là-bas, ce qui se vit et ne se dit pas. Les mots n’auraient pas le pouvoir de décrire l’intime, le lié de nos corps, aquarelles sur le papier vivant, confondus jusqu’à ne plus pouvoir prouver si il fut un temps où nous n’étions pas amants.

Merci pour le regard qui vient toucher les blessures jusqu’à les rendre translucides, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus ce marécage potentiellement mortel, mais des nappes décorées de possibles. Pour les tremblements et les frissons, l’émerveillement d’hier intact, bercé par le tempo des notes patiemment accordées. Pour l’ordinaire devenu extra par le seul pouvoir d’une communion dont nous sommes les seuls à détenir la clé.

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Voilà, c’est fini…

@Kaboompics

Chez moi, c’est souvent tout ou rien. Quand je me lance, je ne fais pas les choses à moitié. J’ai la sensation que ça m’a souvent desservie. Ou plutôt que ça m’a emmenée sur des chemins très peu fréquentés et parfois très dangereux.

Heureusement, il y a toujours un moment où un évènement arrive comme un déclencheur et là, je lâche tout, tout ce qui, quelques jours avant, me procurait un certain équilibre, guidait mes pas et me faisait me sentir bien. Tout m’apparait alors sous un nouveau jour et je remercie la Providence ou je ne sais quelle autre force en mouvement de m’avoir ouvert les yeux!

C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment dans ma vie. Comme beaucoup de monde, je suis tombée dans la marmite “développement personnel” depuis une bonne dizaine d’années. A une époque ça m’a aidé, à une époque ça m’a coupé de la vie. Je ne rejette pas tout, j’ai eu, fut un temps, besoin de repère, de sécurité et le développement personnel, à la différence de la psychologie, était tout à fait accessible. Plus besoin de courir chez un thérapeute pour le moindre petit problème!

J’ai médité en regardant une rose, questionné mes blessures, appris à changé mes pensées, récité des mantras que j’avais moi-même créé. J’ai fait faire mon portrait d’âme, mon thème astral. J’ai rendu visite à mon enfant intérieur, j’ai visualisé, respiré, dessiné, mangé en pleine conscience. J’ai participé à des constellations familiales, des réunions de lecture psychobiologique et psycho-généalogique, des tentes rouges, des retraites féminin sacré. Je me suis donnée corps et âme à cette quête sans fin d’amélioration et de connaissance de soi.

Puis cet été, en lisant le livre de Fabrice Midal “Etes-vous Hypersensibles”, je me suis sentie lasse d’un coup. Lasse de lire plus ou moins la même chose à chaque fois, les mêmes mots qui finissent par ne plus avoir de substance, lasse de tous ces conseils prodigués qui bien souvent nous éloignent du quotidien, lasse des belles théories pas forcément adaptées à nos vies de tous les jours, lasse de tout ce qu’on essaie toujours d’expliquer, lasse du peu de profondeur, du joli vernis vendeur.

Et pourtant depuis toujours, je me pose des questions, j’essaie de comprendre le monde, l’humain, la façon dont son esprit fonctionne, dont il expérimente l’autre. J’ai entrepris une formation de psycho-praticien en ce sens. Mais ça ne m’a pas apporté ce que je cherchais vraiment. Avec tous ces livres, ces ateliers, ces retraites, ces formations, on se croit tous un peu “chamane” ou “psy” le temps d’une lecture éclairante, d’un atelier bienveillant, et on se sent parfois à même de prodiguer des conseils, on se félicite de ressentir ces choses que les autres ne sentent pas, on se croit investit d’une mission et on se permet des choses très limites. J’ai compris depuis longtemps déjà qu’il revenait à chacun de voir ou de ne pas voir, de changer ou de ne pas changer. Chacun son histoire et ses besoins. Certains arrivent très bien à vivre avec leurs blessures et leurs choix, d’autres moins. Qu’est-ce que mon ressenti ou mon avis a à voir dans tout ça?

Je n’ai plus envie, plus d’énergie pour ce genre de propos. Ma sensibilité et moi, nous choisissons une nouvelle voie, qui n’est pas encore définie, peut-être une voie sans définition cette fois, qui ne répond à aucune tendance ou aucun sens particulier. Peut-être bien que je n’ai plus besoin de sens à donner à ceci ou cela. Peut-être bien que c’est l’âge qui veut ça, avec les années on se rend compte que tout est si éphémère et qu’il ne faut plus perdre trop de temps en circonvolutions hasardeuses.

Je n’abandonne pas ce qui me fait vibrer, je laisse ce qui ne m’apporte plus rien.

Et vous, il y a des choses comme ça que vous avez lâché dernièrement? A partir de quelle prise de conscience?

Posted in Carnets de route

Un heureux évènement

Il y a eu ce temps où l’annonce d’une grossesse, d’une naissance me laissait au bord des larmes. Je sentais comme mon cœur se déchirer. Et personne ne semblait comprendre ce cataclysme, cet impact brutal, ce vide abyssal dans lequel je plongeais tête la première.

En 2012, quand je suis rentrée en France, le cœur vide et mon ventre plein, pour me rassurer, on m’assurait que la vie n’était pas finie, que j’aurai d’autres enfants. Mais la vie est passée et mon ventre est resté vide.

J’ai mis du temps à intégrer qu’il me fallait faire le deuil de cette famille dont j’avais rêvé, de ce deuxième enfant qui ne viendrait pas, qui n’existerait jamais que dans mon esprit. Un deuil que j’ai fait seule, jour après jour, comme tant de femmes. Un deuil comme une traversé du désert, à ne pas pouvoir s’émouvoir, à travestir la vérité, à compter les années pour pouvoir se dire “trop tard”, à ne plus savoir se réjouir pour les premiers, les deuxièmes et les troisièmes…

Puis, attendre que ça passe. Ecrire, vomir l’inexistant. Faire sortir le mal. A tous prix.

Et apprendre deux naissances à deux jours d’intervalles, sentir la nouvelle se frayer un chemin, la joie se mêler à l’émerveillement, se sentir de nouveau ouverte à la vie, celle qui nous avait désertée, celle qui faisait si mal en ne faisant rien.

Réaliser que la blessure est apaisée.

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 09.09.2022

Septembre continue, le Royaume-Uni est en deuil et je reviens avec mes états d’esprit, avec bien entendu une pensée chaleureuse pour les deux fondateurs de ce rendez-vous (Zenopia et The Postman).

Photo: Prise de vue de Loulou
Fatigue: la semaine du mois qui met KO. Je dors bien mais mes nuits sont très agitées. Je fais des rêves dans tous les sens et il semble que je bouge beaucoup dans mon lit car je me réveille toujours de travers (heureusement que je dors seule!)
Humeur: beau fixe
Estomac: rôti de porc, épinards, flan de légume, compote
Esprit: en harmonie avec lui-même (c’est plutôt agréable)!

Cond. phys / Bien être. : yoga tous les matins

Projets: vous le savez mon nouveau recueil de poésie est sorti – vous le trouverez ICI et sur mon article AUSSI pour en découvrir davantage

Culture: Cherif, Le mur de l’Atlantique, “Ce genre de petites choses” de Claire Keegan et “Là où chantent les écrevisses”
Penser à: écouter et m’écouter aussi!

Les jolis moments: les déjeuners avec mes collègues, loulou qui fait le clown, un nouveau livre, le retour de la fraîcheur

Message perso: (1) Merci pour ton article partage et tes mots sur mon livre (2) J’espère que tu es bien remise (3) Merci pour vos encouragements (4) J’espère que cette semaine aura été productive

Avis perso: Ca m’interroge toujours les formations pour apprendre à communiquer en équipe, pour apprendre à communiquer tout court. On dirait qu’il y a des choses élémentaires (comme écouter l’autre, accepter qu’il ne voit pas les choses de la même façon que nous, qu’il est juste différent) qui se perdent….

Loulou: invente, fait des mélanges, rigole à tout bout de champ (ça fait du bien de le voir comme ça), adore sa maitresse, a son premier match de la saison demain
Amitiés : J’ai appris qu’une amie d’enfance s’était suicidée. C’est toujours délicat pour moi de se dire qu’on a connu des gens et qu’ils ne sont plus d’ici…
Love : en vadrouille encore et n’a pas une minute à lui

Sorties : foot demain, marché dimanche
Essentiel: être en bonne santé physique et psychique
Courses: marché principalement et des chaussures pour loulou
Envie de: douceur
Zic: Un petit aperçu du spectacle auquel nous avons assisté la semaine dernière

Et Queen pour le plaisir du coup…

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Bribes d’été – Aout 2022

Les vacances s’en sont allées. Elles furent bonnes et douces, vivantes et chaleureuses. La fin de l’année scolaire, entre le décès de ma grand-mère et un moins de juin très difficile à la maison, peuplé de crises d’opposition à répétition, m’avait mise KO. Il me fallait de nouveaux repères et faire le plein d’énergie.

Quelque chose s’est passé, de l’ordre d’un miracle peut-être, loulou a changé d’un coup d’un seul. En l’espace de 15 jours mon petit garçon s’est transformé. L’air de la mer peut-être ou une discussion coeur à coeur avec sa grand-mère qui lui a permis de mettre des mots sur une réalité qui ne lui était pas encore accessible.

Voilà, cet été nous avons profité des cousins, des amis, de la famille. Nous avons passé du temps ensemble, balades à cheval, vélo, baignade, pêche aux palourdes, découverte des marais-salants, mini-golf, concerts, glaces et marché artisanal. Loulou sait enfin nager comme un grand, grâce au soutien de ses grands-parents qui ont repris le chemin de la plage cette année, avec plus d’énergie aussi. Nous avons tous apprécié ce vent de sérénité!

Credit @mariekleber37

Cet endroit c’est mon cocon à moi, ma terre, là où je sais que je peux m’asseoir et refaire surface. Toujours. Cette année n’a pas échappé à cette règle vieille de 41 ans! J’ai même réussi à lâcher mes éternels questionnements (et pour le moment ils ne m’ont pas rattrapés!)

Ces quinze jours ont été l’occasion de finaliser le tri des affaires de ma grand-mère. J’ai passé beaucoup de temps le nez dans les photos, je me suis offert un voyage au pays des souvenirs. On a souri et ça a permis de voir qu’il y avait aussi des bons moments, avant que tout ne se brouille. C’est ce que j’ai décidé de garder.

Loulou s’est fait de nouveaux copains/copines au poney. Et très vite nous avons enchainé les soirées pizzas! On le sent dans son élément et je suis heureuse de partager cette passion avec lui. Nous avons même réussi à entrainer quelques amies en balade avec nous!

Ces vacances se sont achevées par un weekend entre filles sur Vannes. Un weekend de rires et de confidences sous le soleil et un peu de pluie. Un weekend ressourçant pour nous toutes, qui avons des vies bien chargées mais gardons cette amitié bien vivante depuis le lycée. Nous avons donc une fois de plus savouré notre chance d’être réunies.

Et la rentrée est arrivée. Et nous étions remplis d’énergie et de paix pour reprendre le cours de notre quotidien.

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La rentrée pour tous (Mon dernier né)!

La rentrée c’est pour les petits et pour les grands. Cette rentrée 2022 est donc l’occasion pour moi de vous parler de mon nouveau recueil de poésie!

Il est né au cœur de l’hiver, un hiver en jaune et bleu. La poésie a toujours été là dans les moments où je ne savais plus comprendre le monde, dans les moments où je ne savais plus nommer les choses, les hommes, où je n’avais plus de mots justement pour venir à bout de ce qui dépasse l’entendement.

Et il est resté là avec ces deux premiers poèmes un certain temps avant que je ne reprenne la plume et que je lui donne une direction. J’avais envie de légèreté après l’hiver, de douceur, de mots qui font du bien, de lumière.

Esprit égaré dans le
Tumulte des éclats de rire
Eternel recommencement

C’est d’ailleurs au cours d’un brainstorming familial printanier que son titre m’a été soufflé. Il l’avait sur la bout de la langue et je l’ai attrapé au vol, fascinée par ce qu’il avait compris du peu de mots que j’avais prononcé.

Accrocher la lumière

Et s’arrimer aux étoiles. Ce recueil est composé d’acrostiches, l’un menant à l’autre, comme un voyage dans un Monde qui me ressemble davantage et que je vous invite à découvrir, au fil des pages et des instants posés.

Délivrer les ponctuations
Immobiles
Relier les syllabes
Et lâcher les mots

Quant à la couverture, je la dois aussi au petit garçon qui m’a soufflé le titre. Il a su, sans s’en rendre compte, saisir l’essentiel dans cette photo spontanée, sans effet et sans filtre.

Je vous laisse découvrir tout cela sur le site The Book Edition et vous remercie par avance pour l’accueil que vous réserverez à ce nouveau né!

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Les Etats d’Esprits du Vendredi 02.09.2022

Le début d’un nouveau mois et une nouvelle participation aux états d’esprit (après 2 mois d’absence) avec une pensée chaleureuse toujours pour les deux fondateurs de ce rendez-vous (Zenopia et The Postman).

Photo: cet été…
Fatigue: je dors bien mais avec la reprise de tout, je sens qu’il faut que je continue à me coucher tôt
Humeur: le retour des vagues!
Estomac: boulgour, poulet, légumes et ananas
Esprit: focus

Cond. phys / Bien être. : yoga tous les matins

Projets: je vous en parle la semaine prochaine!

Culture: Cherif, About December de Donal Ryan
Penser à: lâcher du lest sur les attentes de chacun

Les jolis moments: diner en amoureux, Paris by night, retrouver loulou, déjeuners en terrasse

Message perso: (1) Bonnes vacances, l’endroit a l’air très sympa! (2) Bon weekend avant un nouveau voyage! (3) Merci pour la délicieuse soirée (4) Pas trop fatiguée par la reprise?

Avis perso: certains matins sont pourris, c’est juste la vie…

Loulou: a repris le chemin de l’école avec le sourire, est content de sa classe, change tellement vite
Amitiés : ai fait le plein pendant les vacances
Love : enfin un peu de temps ensemble 💙

Sorties : pique-nique familial, marché et spectacle dimanche
Essentiel: prendre du recul
Courses: marché principalement
Envie de: douceur
Zic: XXL de Mylène Farmer