Heureux à l’extérieur, malheureux à l’intérieur

Et pour une fois, je ne vais pas vous parler de moi. Enfin si, un peu. Enfin, juste pour étayer mes propos.

Il existe des personnes autour de nous qui sont très douées pour donner le change (note : il n’y a pas si longtemps j’en faisais partie). Elles font bonne figure, alors qu’à l’intérieur, c’est le chaos total, tout se casse la figure.

Pourquoi ça ?

Parce que depuis tous petits on nous a appris à être « forts », à ne pas se plaindre « il y a pire ailleurs ». On a peut-être insisté, comme ma mère l’a souvent fait sur la maxime « il vaut mieux faire envie que pitié ».

Alors chaque matin, quand ça va mal à la maison, au bureau, avec la famille, avec les enfants, dans notre couple, chaque matin, quand on se sent mal dans sa peau, mal dans ses baskets, quand on a envie de rester sous la couette, de pouvoir cracher au monde, que non, ça ne va pas, chaque matin, on enfile notre costume de nana (ou de mec) heureux, sourire 4/95 et on se tient prêt à affronter la journée.

Pourquoi c’est moche d’agir ainsi ?

Faire semblant ne règle pas le problème. Le chaos est toujours là. On a beau donner l’image d’une personne super à l’aise, d’un mec sûr de lui, d’une famille « ricorée », comme dirait ma sœur, la réalité est bien différente et elle nous pète à la figure un jour ou l’autre (d’expérience, je peux vous l’assurer).

Alors non, dire que ça ne va pas, qu’on a un coup de cafard ne nous rend pas plus « faibles » que les autres. J’ai même envie de dire que c’est une force de pouvoir se confier, de pouvoir avouer ses faiblesses, de pouvoir demander de l’aide aux autres, professionnels ou amis.

Alors, oui bien sûr, il y aura toujours pire ailleurs, c’est indéniable. Ce n’est pas pour ça que notre problème du moment n’est pas important, ne mérite pas d’être entendu. Chacun vit les choses différemment. Ce qui est compliqué pour l’un peut s’avérer aisé à gérer pour une autre personne. Et inversement. Chaque douleur est propre à la personne qui la subit.

Faire envie plutôt que pitié ou pitié plutôt qu’envie. Ni l’un, ni l’autre. Etre soi, tout simplement, mélange de zones claires et de zones d’ombres. Certains finissent par envier la vie des autres (l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, c’est bien connu), alors que s’ils savaient ce qui se passe dans leurs têtes, entre les 4 murs de leur vie, ils changeraient d’avis sur le champ. L’envie exclue autant que la pitié.

C’est parce que les gens partagent qu’ils grandissent. Il n’y a qu’à voir tous les groupes de soutien qui fleurissent ici et là. Seuls, nous sommes déjà forts. Ensemble, nous le sommes encore plus, nous nous aidons mutuellement à avancer, à guérir.

Nous ne devons rien aux autres. Nous n’avons rien à leur prouver. Nous n’avons pas à nous montrer sans cesse sous notre meilleur jour, en soulignant inlassablement que nous maîtrisons notre vie et ses soubresauts.

La vie n’est pas une compétition. On ne la bâtit pas sur des fondations aussi fragiles que l’illusion. Ou alors on court le risque de voir sa vie voler en éclats un jour ou l’autre.

Le seul devoir que nous avons, c’est un devoir envers nous-mêmes. Etre vrais.

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Crédit Photo – Pinterest

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23 thoughts on “Heureux à l’extérieur, malheureux à l’intérieur

  1. Alors là, je suis tout à fait d’accord avec toi!!!
    Je fais parti des gens qui ne savent pas “jouer la comédie”, et c’est vrai qu’avant, je me sentais “faible” de ne pas arriver à cacher mes soucis. Mais maintenant, je m’en fiche. Je préfère être moi que faire croire que je suis autrement que ce que je suis vraiment. A une époque, mon mari me parlait du fait que tout le monde “jouait un rôle”, et je ne comprenais pas parce-que je n’avais pas du tout cette impression pour moi. Il m’est bien arrivé parfois de ne pas oser dire que quelque chose me dérangeait mais je ne suis jamais aller jusqu’à dire l’opposé de ce que je pensais.
    Et depuis, je me suis rendue compte qu’en se confiant aux autres (mais bon, faut bien choisir la personne quand même car tout le monde n’a pas la même capacité d’écoute…), cela soulage et on nous donne parfois des “astuces” pour voir les choses autrement. On apprend aussi que certains, malgré l’image qu’ils donnent, ne sont pas “sans soucis” non plus.
    Bonne journée à toit, Marie.

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    • Je te rejoins Linette. Etre vrai, en accord avec ses coups de coeur et ses coups de blues, c’est aussi une manière d’entrer en connection avec les autres (pas n’importe lesquels non plus!). Comme tu le dis, les autres peuvent nous aider à expulser notre problème, notre douleur et nous donner de bons conseils aussi. Quand on sort ce qui nous fait souffrir, on fait déjà un premier pas vers un mieux être.
      Belle journée et grosses bises.

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  2. J’ai longtemps fait partie de celles qui avancent avec un masque serein alors que j’étais au 36ème dessous dans ma vie. Un beau jour j’ai crevé l’abcès et ce jour-là j’ai vu les autres venir vers moi, me parler . Cela ne veut pas dire que je bassine les autres avec mes tourments mais je suis bien dans ma vie ! Tu as tout compris Marie ! Bel après midi bisous

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    • C’est tout à fait ça Paulette. Parler de ce qui ne va pas quand ça ne va pas, sans pour autant se plaindre sans arrêt, ni voir le verre à moitié vide tout le temps.
      Beaucoup de gens sont prêts à nous aider, mais pour que ce soit possible, il faut que nous aussi nous soyons prêts à les laisser nous aider.
      Belle journée à toi et merci pour tout, encore une fois.

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  3. J’aime bien ce que tu as écrit, mais d’expérience, mettre en pratique tout ça est difficile. Peut-être parce que parfois, il n’y absolument personne pour nous écouter, alors on reste avec nos chagrins, malheurs, tracas ou que sais-je encore. Puis, quand on ne peut plus faire semblant, on est tellement démoli que les autres se détournent souvent… C’est malheureux mais je crois que finalement il n’y a pas grand monde qui est prêt à “écouter”, que souvent les personnes qui vont mal, passent pour des “chieurs” si j’ose dire. C’est peut-être alors aussi une façon de se protéger de ne pas être totalement “vrai”, ce n’est pas forcément de la malhonnêteté. Ceci dit, je retiens ton texte, cela fait du bien de lire ça.

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    • Je comprends ce que tu veux dire Anna. Quelques fois pourtant c’est bon de dire tout simplement “aujourd’hui, je n’ai pas le moral” ou “j’ai un coup de blues”. Je pense qu’au contraire beaucoup de personnes souhaiteraient nous aider dans nos coups durs, mais si nous fermons la porte, ils ne peuvent pas deviner que ça saigne à l’intérieur de nous.
      J’ai passé 25 années de ma vie à faire semblant et j’attendais des autres qu’ils m’écoutent alors même que je ne laissais rien transpâraitre. Le jour ou j’ai ouvert les vannes (contre mon gré), j’ai reçu des messages d’amitié du monde entier.
      Laisses toi le temps peut-être de changer ta manière d’être. Je pense que c’est en effet une façon de se protéger, enfin moi c’est comme ça que je voyais les choses aussi.
      Belle continuation à toi. Affectueuses pensées de Paris

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  4. Oh comme ton article est juste, Marie ! J’ai longtemps fait partie de ces personnes qui pensaient qu’il fallait toujours montrer que ça va. D’être forte, quitte à en souffrir une fois seule à la maison de devoir tout garder pour moi.
    Et depuis l’ouverture de mon blog, j’ai appris à oser exprimer mes ressentis, bons ou mauvais. Et je trouve que c’est plutôt humain de savoir dire quand on a besoin d’un coup de main parce que ça ne va pas… Des bizoos

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    • Humain et sain Elodie. Et oui accepter de demander de l’aide, c’est déjà faire un pas en avant vers un mieux être. Parce que pleurer seul chez soi, ça fait du bien, mais sur le long terme, ça ne fait pas avancer les choses.

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  5. ” oui bien sûr, il y aura toujours pire ailleurs, c’est indéniable. Ce n’est pas pour ça que notre problème du moment n’est pas important, ne mérite pas d’être entendu. ”
    >> Je suis tellement d’accord !! Je n’arrête pas de le dire et redire … Tout ce que tu as dis est vrai ! Et je pense vraiment qu’une fois qu’on s’est accepté pour qui on est, on peut réellement être heureux. En tout cas c’est comme ça que j’ai commencé à être plus heureuse ! 🙂

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  6. Ma vie a changé le jour où j’ai compris ça… C’était il y a deux ans et depuis, j’ai pris confiance en moi, appris à profiter de la vie et à être heureuse… Merci pour ce billet qui décrit très bien mes ressentis 🙂

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    • Merci à toi d’être passé(e) par ici. Accepter de ne pas aller bien un jour, c’est prendre conscience de notre qualité d’être humain, faillible. C’est le début d’une autre vie!

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  7. Très beau et très vrai texte… Merci pour ce rappel Marie, on a tout à fait le droit d’être vrai, même si ce n’est pas toujours facile à assumer face aux autres…

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    • Et puis tu sais Illyria, quelques fois aussi on prête aux autres des pensées qui ne sont pas les leurs. Dès qu’on prend le risque d’être vrais, on en perd peut-être certains en route, mais on en gagne aussi beaucoup d’autres et ce sont eux qui comptent.

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  8. Tu as raison, mais…
    Moi, j’aimerais bien, parfois, être capable de mettre un masque avec un grand sourire alors que j’ai le cœur en miette. Il me semble que les gens vous fuient quand vous montrez que vous êtes déprimé…

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    • Je me souviens tu en avais déjà parlé Marie. Il y a une différence toutefois entre être déprimé(e) et triste, perdu(e), La vie est faite de grandes joies et de peines immenses. Je crois qu’il serait temps qu’on s’en rende compte, pour pouvoir justement venir en aide à tous ceux dont le coeur saigne.

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  9. C’est tellement vrai, et en même temps pour prolonger la réflexion, je fais partie souvent de ces gens-là et je n’ai pas l’impression que c’est pour mettre un masque ou me cacher, pour faire croire que tout va bien.C’est avant tout pour reprendre des forces, me nourrir du positif, me sortir la tête de mes soucis. ça fait du bien aussi d’avoir le droit d’aller un peu bien, même quand ça va mal 😉

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    • C’est un bon exemple Petite Yaye. Le problème, c’est que chez certains, la douleur et la souffrance à l’intérieur est constante. Et c’est là que ça cloche.
      Mais faire bonne figure pour recharger les batteries, c’est en effet une bonne attitude. La vie est belle avant d’être dure.

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Un petit mot doux pour la route...

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