La fissure

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Quand les gros sujets sont épuisés
Que le quotidien a retrouvé des airs de légèreté
Que le cœur apaisé prend soin
Que la joie prend vie

Sous des couches d’inconscience
Là-bas, dans le profond de nous-mêmes
Là où si peu de lumière passe
Comme une protection de plus

Là, où d’ordinaire on se garde de venir
Le jour resplendit
Pourquoi chercher la nuit ?

Là, où d’ordinaire on passe à travers
Sans s’appesantir

Là, il y a la fissure, une entaille si fine qu’il faut s’approcher
Pour voir l’impact
Creuser pour que l’ombre se révèle

Là, il y a ce qu’on ne veut pas voir
Enterré sous des couches de certitudes
Un chemin dans la roche
Tous les choix « faute de mieux »
Nos dualités
Nos fragilités
Bien calées sous terre

Là, il y a ce que nous pouvons continuer de nier
Ou y faire face
En toute humilité

Rendez-vous

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Je n’y pense pas. Et pourtant c’est là. C’est latent. C’est dans chaque minute qui me rapproche de l’échéance.

Pour l’enfant, on peut tout, tellement. Pourtant combien de fois on s’oublie? Combien de fois on fait semblant, on sourit malgré les soubresauts intérieurs? Combien de fois on est fort quand on a juste envie de s’écrouler?

Oui pour lui.

C’est pour lui qu’il faudra faire face au passé. Les jours passent et nous rapprochent de ce rendez-vous, de cet espace connu, que nous aurions aimé ne jamais revoir. Les heures filent et remplissent de leur présence le temps suspendu à cette rencontre.

Huit ans moins un jour. Soixante minutes, ce n’est pas le bout du monde. Ce n’est rien comparé à avant. C’était le deal. On devrait un peu plus pensé avec qui on fait des enfants. C’est pour la vie. On est lié même si on voudrait pouvoir se détacher. Il y a comme quelque chose qui nous poursuit. Rien ne sera comme avant et la liberté sera une énergie vide si on essaie de la dompter.

Te revoir, ce n’est pas au-dessus de mes forces, ce n’est plus. Comment dire alors ce que je ressens? Comment dire ce qui n’est pas? Comment raconter d’ailleurs notre histoire?

La peur s’est envolée, elle ne nous sert pas de toute façon. Elle n’a rien à nous dire. Elle a saccagé assez d’espoirs, assez de souvenirs. Même les plus dérisoires, ceux qui hier permettaient de tenir.

C’est un manque d’envie, d’entrain. L’idée que ça ne sert à rien. Manque d’envie de faire comme si.

Juste pour lui. Parce qu’il parle de papa. Parce qu’il a besoin. Parce qu’à l’intérieur, c’est une boule de chagrin, sous ses airs de joyeux bambin. Parce que c’est là, marqué dans sa peau, la colère, la peine, les larmes qu’on retient.

Parce que pour lui même l’incertain a des couleurs et qu’il n’est en aucun cas responsable de nos erreurs…

Ce que je retiens de 2020

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2020 fut quelque peu tumultueuse. Pas tant au niveau des rebondissements que de ses espoirs et ses déconvenues, à l’échelle du pays. Pour ma part, me tenir loin des informations et des débats, a été mon salut. J’ai évité les folles rumeurs et la violence.

Je ne saurais comment qualifier cette année. Elle a été riche de vide et de plein, de peurs et de joies, de solitude dans l’effervescence et de rires dans le maison, de pas en avant et de pas en arrière, nécessaires pour aller de l’avant.

Année de formation. Année de prise de poste. Année de remises en question, toujours. Et ce sont ces questions qui aussi me permettent de continuer sur le chemin, avec peut-être des bagages un peu moins lourds de mois en mois. Comprendre un peu mieux la psyché humaine. Ecouter l’autre dans sa différence et sa résonnance. Prendre plaisir au partage du Soi. Et s’éloigner du jugement, si présent, même quand on a l’impression d’être dans l’ouverture. Accepter pas à pas que chacun est là où il en est, que c’est bien comme ça. Accepter qu’aujourd’hui je pense “sécurité” tout en sachant que tout peut changer.

Année de travail sur la confiance mais surtout l’affirmation de soi. Poser des limites, oser dire non, oser dire tout court. Une année pour mettre des mots sur cette difficulté à exprimer mes émotions, à accueillir celles de mon fils. Comprendre à travers ce que je mets en place comment je fonctionne et pourquoi. Evoluer toujours même si parfois c’est compliqué et que ça vient nous chahuter. Revenir au corps aussi, à son langage, à ses ressentis. Une fois encore tenter de lâcher le jugement.

Mettre de la conscience sur ce qui ne fonctionne pas, se laisser davantage porter par le flow de la vie – pas si évident en soi!

Une année moins littéraire que les précédentes. Mais avec des projets tenus de A à Z ou presque. Découvrir d’autres façons de créer et de s’exprimer. Prendre plus souvent les crayons, la peinture, les pigments. Avoir envie de faire différemment et trouver des pépites à des endroits inattendus!

Une année avec moi, à l’intérieur surtout, une année d’intériorité à tenter de trouver un équilibre. Sans cesse à réinventer. Une année avec lui, ce petit homme qui s’essaie à la vie. Cet enfant plein d’énergie qui n’aime guère le cadre, les règles, qui a besoin de fantaisie et de câlins, qui ne comprend pas qu’on s’attarde tant à garder tout en ordre, qui aime le désordre, collectionner tout et rien, faire des expériences, créer tout et rien aussi. Me rapprocher de qui il est, en me demandant à chaque instant, si je suis là vraiment, entièrement avec lui dans ce que je fais, dans ce que je suis. Gérer les journées de “non” à répétition en tentant de garder la tête froide et le sourire si possible.

Peu de temps de solitude au fond et beaucoup de fatigue aussi. Plus physique que psychologique vers la fin. Beaucoup de colère encore qui s’apaise doucement. Beaucoup d’autres voix que je fais miennes. Beaucoup trop.

Si peu de lui. Et pourtant sa présence à chaque instant. Dans chaque souffle. Et son écoute aussi dans tout ce que je ne saisis pas à force de penser si peu de moi. Ses encouragements dans les moments fragiles et sa sensibilité dans les moments doux. Si peu de nous. Et pourtant partout les sentiments qui nous effleurent du bout de nos regards croisés.

Alors qu’une nouvelle année se profile à l’horizon, je me sens d’humeur à explorer, aller à la rencontre de qui je suis quand je lâche prise, quand il n’y a plus ni codes, ni règles. Me relier à la magie. Revenir à ma voix. Célébrer la vie de mille et une manières. Tout en me remémorant que tout n’est pas blanc ou noir, que tout est cycle, oui. Et qu’il faut dé-créer pour transformer et recréer.

Et vous de 2020, vous retiendrez quoi?

Vouloir ce n’est pas toujours pouvoir…

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Je ne suis pas fan de toutes ces lois, de ces mantras qu’on nous refile à longueur de journée. Je pense qu’il y a des choses inscrites en nous, dont nous ignorons l’existence et nous avons beau mettre tout en oeuvre pour avancer sur un point, mener un projet à terme, surmonter une épreuve, nous n’y arrivons pas toujours.

Le monde du “vouloir c’est pouvoir” ou “tout est question de volonté”, voir même “nous créons ce que nous pensons” ou encore “le passé est passé” me met un peu hors de moi, une pression de plus sur nos épaules. Et si nous n’y arrivons pas, nous nous sentons en échec. Déjà que nous sommes beaucoup à manquer d’estime et de confiance, ça vient en rajouter une couche!

Notre psyché est complexe. A l’intérieur il y a nous, mais aussi notre histoire, l’histoire de notre famille, les liens qui se sont tissés, les noeuds, nos blessures, nos traumatismes et ceux de notre lignée, notre inconscient, l’inconscient collectif, nos croyances, les injonctions acquises, nos vibrations énergétiques, celles de notre entourage et j’en passe. Ca fait un peu bizarre dit comme ça, mais nous ne sommes pas seuls!! C’est bien pour ça que chez certains ça bouillonne fortement!

La semaine dernière, j’étais comme vous avez pu le constater dans une phase assez “down”. Après avoir remis en question ma place de mère et ma place dans ma structure familiale, j’étais en pleine remise en question sentimentale.

Si je reprends le fil de mes expériences amoureuses, les deux premières se sont terminées exactement de la même façon. Après un long moment sans pouvoir se voir (famille, distance, études), il y a eu séparation. La troisième, même si les circonstances sont un peu différentes, a eu lieu aussi après 2 mois d’éloignement. Et toutes entre fin novembre et début décembre.

Que je le veuille ou non, ce sont mes mémoires. Elles sont engrammées en moi. Je peux tous les jours me réveiller en me disant que ma relation actuelle n’a rien à voir avec les précédentes. Je peux avoir fait mon/mes deuils. Je peux être passée à autre chose, cela n’en reste pas moins présent quelque part, en moi. Et à chaque période anniversaire si l’on peut dire, ça vient réveiller quelque chose. Surtout dans des moments de fragilité émotionnelle ou de fatigue. Mon inconscient ne fait pas la différente entre hier et aujourd’hui. Les informations se ressemblent étrangement, alors pourquoi pas? Pourquoi cette relation échapperait à la règle? Pourquoi elle ne prendrait pas fin comme les autres? Mon inconscient m’envoie un signal, c’est sa manière à lui de me protéger. Ce n’est que la prise de recul, la distanciation qui me permet de reprendre la main sur la situation. En plein chaos émotionnel, pas si évident que ça.

Ne nous en déplaises, nous n’avons pas la maitrise de tout à l’intérieur de nous!

Et le simple fait de vouloir n’est pas toujours suffisant en soi. Celui de comprendre est le premier pas d’un long processus qui nous permettra in fine de rompre les liens nocifs, d’intégrer les maux et de lâcher ce qui nous retient.

Ma dernière prise de conscience

Crédit Pixabay

J’ai réalisé ce matin que souvent je ressentais de la frustration à l’annonce d’une bonne nouvelle, principalement liée à un mariage, une naissance, une reconversion réussie, un roman qui cartonne.

J’ai mis du temps à comprendre pourquoi une telle réaction, pourquoi un tel sentiment. Qui en plus de me déplaire me mettait mal à l’aise. Car ce n’est pas vraiment dans ma nature. J’ai plutôt tendance à me délecter des bonnes nouvelles!

J’ai compris que chacune de ces annonces venait appuyer là où ça fait mal et faisait ressortir une colère inconsciente, liée à un mariage raté, à une grossesse douloureuse, à des premiers pas manqués, à beaucoup d’efforts et peu de retours, à ce flou toujours quant à mon avenir professionnel.

Beaucoup de maux. Mais cela changera t’il le passé? Non. Cela ne vient que rajouter du négatif là où il ne devrait y avoir que joie et légèreté.

Chacun son histoire et son parcours de vie. Et puis au fond est-ce si important? Ce tout qui ne fut pas? Est-ce que les ombres du passé n’ont pas donné naissance à plus de résilience, plus de lumière, plus d’empathie, plus de compréhension de l’autre dans ce qu’il est, ce qu’il vit?

N’y a t il pas quelque chose de plus grand que nos vies isolées, un souffle plus puissant que celui de nos existences personnelles ?
Est ce que nos pensées ne se doivent pas d’être créatives plutôt que destructives ?

Si je me réjouis, cela n’enlève rien au passé et cela donne de nouvelles chances au futur. C’est en tous cas le chemin que je choisis désormais de suivre.

Une petite mort

Mes phases d’évolution personnelle sont précédées de phases émotionnellement très puissantes.

Dans ces moments là, je perds toute vitalité, toute envie. Je ne vois plus le sens de rien. Tout pourrait s’arrêter là. Je n’ai plus le goût des choses et j’aimerai qu’on me laisse dériver.
Ma souffrance intérieure est telle que je perds pied avec la réalité. Je suis là et ailleurs. Dans tout et dans rien. J’avance en plein brouillard.
C’est déstabilisant pour moi et mon entourage.

C’est comme une petite mort, un deuil. La séparation de mon ancienne enveloppe et la création de ma nouvelle. C’est comme venir au monde, avec tout ce que ça comporte de violence, d’incompréhension. C’est un véritable dépouillement, une perte totale de repères.

Je sais que je vais revenir, que je vais refaire surface. C’est sûrement ce qui me tient debout.
Cela reste perturbant. Je ne sais souvent pas comment l’expliquer à mes proches et je les sens souvent désarmes face à ma détresse.

Dans ces moments là, il faudrait pouvoir s’évader et en même temps, je préfère rester proche de la vie. Car c’est elle qui me nourrit, me donne l’élan, même si tout en moi n’est que désespération.

Ces phases “down”, le problème, c’est que je ne les vois pas venir. Je me prends la vague de plein fouet. Et je rate quinze marches d’un coup. Ce n’est qu’avec le recul que je perçois mieux les choses. Et alors me revient la citation chouchou de mon amie Laurie:

L’ombre a tant été aimée qu’elle en est devenue clarté

Drama Queen

Crédit Pixabay

En ce moment tout est speed. Les semaines passent et le temps s’effrite entre mes doigts. Les pauses sont rares et même les émotions font des sauts de folie. Ca vous l’aurez clairement remarqué!

Je vais vous dire, ça me manque, ici, de ne pas pouvoir venir poser les mots que je veux, quand je le veux. De ne pas trouver ou prendre le temps d’écrire vraiment, des textes, des poèmes.

Ca me manque nos échanges, nos partages. De vous lire aussi. Je passe toujours en coup de vent.

Ce soir, je viens. J’ouvre la boutique. J’ai mis un peu de musique, je regarde le sapin décoré par loulou et derrière moi, les lumières de Noël accompagnent les pulsations du clavier.

Je dois vous avouer quelque chose. J’ai une addiction étrange pour tous les trucs un peu dramatiques, les histoires qui se tordent, les émotions qui se prennent les pieds dans le tapis, les sentiments qui se bousculent. Enfin tout un tas de choses pas vraiment sympathiques.

Je crois que ça vient de mon histoire. Tu sais, quand tu es gamine, on te dit que si tu souffres pas en amour c’est que tu n’aimes pas vraiment. Ou aussi que la vie c’est un chemin pas facile et que tu vas t’en prendre des claques. Même que c’est comme ça que tu sais que tu es en vie.

Dès que ça va bien, c’est presque trop beau. Je suis assez forte pour trouver une faille dans le système et j’enclanche la deuxième en un temps record. Après, il n’y a plus qu’à attendre. Et ça vient tout seul. La machine se met en branle et tout disjoncte en même temps!

Incroyable mais vrai. Je pourrais remettre ma vie en question sur des suppositions, des idées insensées, des remises en question poussées. Ce qui est assez terrible en soi.

Ma grande chance, quand même, c’est d’être entourée de personnes épatantes qui savent me remettre sur la bonne voie! Et ma capacité à tomber très bas et à pouvoir refaire surface très vite. C’est un truc que je ne m’explique pas.

Sur ces pensées positives, je vous souhaite une douce fin de soirée. A très vite!

Entre les lignes

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J’ai toujours écrit comme ça. Comme un mystère. A chacun de le percer ou pas. Personne n’a vraiment réussi. Ou cherché. Mais après tout, ne suis-je pas la seule responsable de tout ca? Si j’avais dit les choses avec les mots de tous les jours, tout aurait été clair, limpide et les mains tendues seraient venues à moi.

J’ai toujours préféré cacher et porter seule le poids de mes choix. Comme pour prouver quelque chose au monde. Ou à moi-même?

Il va falloir sortir les maux. Arrêter l’illusion. Stopper la course folle que je m’impose et au bout de laquelle j’explose à chaque fois. Arrêter de vouloir protéger qui que ce soit et peut-être enfin me choisir.

Le challenge est de taille mais l’unique porte pour sortir du tourbillon dans lequel je tremble et je me noie, à force de tout porter seule.

Un tournant…

Fut un temps, je partageais tout, mes hauts, mes bas, mes bas surtout. Fut un temps j’avais besoin d’écrire le douloureux, ce qui me faisait vaciller, ce qui me terrorisait. Fut un temps, j’aurai écrit cette journée, ses chutes vertigineuses et cette impression de ne rien faire correctement. J’aurai étalé mes manques ici comme on explose de rage face à ce qu’on ne comprend pas. J’aurai vomi mes doutes maternels, mon sentiment d’impuissance, mon cheminement intérieur mis à mal.

Ce temps semble révolu, le temps du blog exutoire. Je trouve en moi les ressources pour repartir et quand je ne les trouve pas, je me laisse glisser, tout en sachant qu’il y a un temps pour tout.

Je ne sais pas exactement ce que j’ai envie de partager ici. Moins de ras le bol, moins de coups de gueule, moins de creux peut-être aussi.

L’avenir nous dira la route empruntée. En attendant, pour décembre, je vous réserve quelques surprises, ici et sur Instagram.

Belle et douce soirée à tous et à toutes! Et merci pour votre fidélité!

Loin du monde

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Je reste loin des informations, des réseaux souvent aussi. Je me tiens loin du bruit de toutes ces voix qui se révoltent, de tous ceux qui ajoutent leur chaos au chaos ambiant.

Je reste loin des mots qui viennent faire chavirer la barque de l’équilibre. Je ne suis pas de celles qui brandissent des étendards, qui luttent et sans cesse médisent sur le pouvoir. J’ai mes idées, elles n’engagent que moi.

Je me tiens loin de toutes ces vérités qu’on scande à longueur de journée, de tous ces mots qui viennent raviver la flamme de la haine. J’essaie de faire fi des nouvelles injonctions pour soi-disant un monde plus beau.

Il y en a qui pensent qu’il faut la guerre. La guerre, je crois, elle est déjà là à l’intérieur de nous. Elle est dans l’affrontement de notre ombre et de notre lumière. Et si il y a un combat à mener, il est pour moi intérieur pour commencer.

Si nous réussissons alors cet exploit d’assumer nos zones d’ombres et d’embrasser notre lumière, nous pourrons peut-être regarder le monde sous un nouveau jour, les yeux rivés sur les richesses à déterrer plutôt que sur la pourriture à enterrer.

Quel est votre regard? Etes vous de ceux qui luttent en dehors ou en dedans? Dans quoi dépensez-vous votre énergie inutilement?