Tag: Chaos

Ça se passe de commentaires!

Ça se passe de commentaires
Cette liste de travers
Ces mots parachutés
Sur le pavé mouillé

Des ombres humaines déambulent
Quand les influenceurs véhiculent
Des idées toutes faites
Dans nos jolies petites têtes

Ça se passe de commentaires
Ces certitudes à l’envers
Que les exploiteurs sont les sages
Les exploités, ça dégage

L’insipide café du lundi matin
Nous prend gentiment par la main
Un modèle de plus à honorer
Une énième obligation à respecter

Dans la bousculade des jours d’affluence
On oublie la douce harmonie des dimanches
Ces jours de folie singulière
Dans lesquels, joyeusement, on se perd

Ça se passe de commentaires
Le bonheur que l’on serre
Comme des saltimbanques épris de liberté
On ne les laissera pas nous modeler!

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: influenceur – modeler – insipide – saltimbanque – ombre – harmonie – bousculade – mouiller – se perdre – exploiteur – certitude – folie

Les jours de…

Crédit Pixabay

Il y a des jours où quoiqu’on écrive c’est d’une tristesse sans nom. Comme si on avait un trop plein, comme si on saturait de partout.
Une nausée bien installée. Qui n’en finit pas. On ne sait plus par quel bout prendre les mots. Du coup on note, on efface, on rature et puis on déchire. Par ras le bol.
Au départ on partait d’une idée lumineuse et puis à force de maux égarés un peu partout, on se retrouve à ressasser le passé. Mauvais choix.
Le mieux encore est de lâcher prise, de se foutre la paix, de laisser les pensées glisser et se perdre dans l’air. Les retenir ne feraient qu’alourdir notre esprit.
Oublions ce qui nous contraint, ce qui nous fait chavirer.
Et revenons à des rivages plus sereins, à des vérités plus lumineuses.

J’ai rêvé de ce Noël…

J’ai rêvé de ce Noël  sans cadeau et de ce cadeau précieux, celui d’être en vie, celui d’être ensemble. Ou alors juste pour les petits, juste pour leurs yeux qui pétillent sans en faire des tonnes. Certains ont déjà tant.

J’ai rêvé de ce Noël. Résister à l’avalanche de présents. Qui dureront le temps d’un déjeuner de soleil. Si vous avez un jour tout perdu ou tout laisser derrière vous, vous savez combien le matériel est éphémère.

J’ai rêvé de ce Noël, cette communion, que tout l’argent des uns puisse garantir aux autres un peu plus de légèreté, un peu plus que le quotidien.

Noël me fait cet effet là depuis quelques années, ce trop qui sans cesse me bouscule. Je perds pied à chaque fois devant cette course aux cadeaux, cette frénésie d’achat(s). La magie cède la place à la conscience que pour certains, la magie est un espoir vain. J’ai mal au cœur. Je suis fatiguée de l’opulence.

Certains diront que donner ne change rien, que c’est à ceux qui ont le pouvoir, d’œuvrer. Et s’ils ne le font pas, devons-nous cautionner? Devons-nous fermer les yeux? Devons-nous regarder la misère creuser son lit en restant indifférents?
Et si chacun faisait un peu, donnait un peu? Et si chacun faisait un pas vers l’autre?
Et si tout commençait par nous?

Mon mal être certain. Je ne veux pas le voir. Je le combats et pourtant la fatigue me rattrape. Lasse, je fais comme tout le monde, je ne lutte pas, je m’assieds sur mes rêves. Au pied du sapin il y aura des cadeaux. Certains plairont, d’autres moins.
Et dire qu’il y en a tant qui n’auront rien. Pas même et surtout, la chance d’être ensemble, un repas sain, une nuit à l’abri, un peu de paix au creux du chaos quotidien.
Et dire que Noël célèbre la venue d’un saint qui nous invite à nous dépouiller, à tendre la main…

Au cœur de moi

Crédit Pixabay

Parfois je ne sais pas, je ne saisis pas. Le trait d’humour, la parole légère. Parfois je surfe dessus et parfois ça vient, une fois de plus, appuyer là où ça fait mal. Comme si il y avait encore des choses à sortir, encore des blessures mal guéries, des cicatrices trop fraiches qu’un simple effleurement réveille.

Parfois la vie des autres, leurs choix, leurs projets, leurs envies me renvoient à mes propres peurs, pas celles que je connais, celles que je cache bien profondément, que j’oublie, auxquelles je ne veux pas penser parce que ça me donne le vertige. Et dans la conversation je dérive vers ce qui ne fut pas, ce que je n’ai pas connu, ce que j’ai évité, ces pas que je n’oserais peut-être jamais, ces sentiments qui ne resteront vivants que dans le présent, sans lendemain.

Parfois je me perds encore dans mes contradictions, dans ce que j’ai et ce que je voudrais avoir, ce que je ne m’autorise pas à demander, à être peut-être bien.

Parfois ça fait encore un peu mal et alors je sais que je viens de passer un cap et qu’un autre m’attend. Un virage qui chaque fois me demande d’aller encore plus loin, à l’intérieur de moi, pour faire tomber les barrières, regarder en face les limites que je m’impose, mes angoisses pour les dépasser.
Tout est mouvement. Les cycles se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est en construction sans cesse. Tout est redéfinition de mes priorités, de mon équilibre à chaque instant.

Chez vous, comment ça se passe? Comment gérez-vous vos peurs, vos contradictions? Vos blessures appartiennent elles au passé ou se rappellent elles encore à vous de temps en temps?