Une sombre histoire de devoir conjugal

Crédit Pixabay

Un corps recroquevillé,
La clé dans la serrure, une porte qui claque,
Bruit assourdissant de ce qui se trame,
L’autre corps se glisse et se colle,
Les peaux se frôlent dans la fraîcheur d’une énième nuit morcelée.
Avoir envie là, maintenant.
Toujours. Forcément
L’autre corps attend sa dose journalière,
Se laisser prendre maladroitement,
Consentir
Au risque de…

Lire la suite sur Short Edition où mon poème participe au Grand Prix du Court – Automne 2018. Ce poème fait partie d’un recueil non édité (Copyright 2017).

 

Advertisements

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

Ce “non” qui ne suffit pas toujours

Crédit Pixabay

Le choc. L’atmosphère glaçante.
Un “non” prononcé. Le premier. Il se veut franc, lourd. Il vient des tripes. Il pense avoir du poids. Il n’en a pas.

Les mains écartent les herbes folles, s’aventurent en terrain interdit.
Le “non” se répète. Il cogne dans la tête, enfonce des portes verrouillées.
L’insolence fait de lui une ombre. L’homme fait sa loi.
Le corps riposte, frappe. Il réagit à l’invasion.
Le “non” s’affirme, se crie. Sortir à tous prix. Échapper à ce poids. Échapper à cette loi.

Devant la porte close, une montagne de “non”. Les “non” d’avant et les “non” d’après. Les “non” balayés d’un revers de main, d’un corps à corps fracassé. Des “non” piétinés par la seule volonté de celui qui dit. Des “non” jamais entendus, toujours refusés.

Devant la porte, la colère gronde, enfle.
Si la porte s’ouvre le tourbillon va cesser.
Si le “non” se plante dans la chair, la loi cédera au profit de la vérité.
La porte s’est ouverte, flanquée de tant de “pardon” que le “non” s’est perdu dans la foule, à couru à perdre haleine. Le corps à vomi des “non” à l’infini.

Pourtant ce “non” n’a pas suffit…

Idées noires

lalesh aldarwish ©

La nuit l’a percuté, de plein fouet. Un cri puis les sirènes. Dans le rétroviseur, Elle voit la scène, elle ne bouge pas. Ça tape contre ses tempes. Quelque chose l’empêche d’ouvrir la porte. Ses mains restent posées, comme fixées sur le volant. Elle entend des bruits, elle voit des visages, juste des ombres. Et cette main folle, imposante, qui voudrait la saisir, qui lui demande de sortir. Cette main sans visage la terrifie.

Ses jambes se dérobent sous l’angoisse qui gagne du terrain. Elle se débat à l’intérieur d’elle-même. Elle sent son cœur se rétrécir, devenir aussi petit qu’une perle de pluie, aussi éphémère qu’une poussière qui passe. Elle ferme les yeux, tentant de maintenir l’horreur à distance. Dans son monde en noir et blanc, le sang n’a la couleur que de l’effroi, insaisissable et pourtant là, à quelques  battements d’ailes. Ses sens sont décuplés, les yeux fermés. Elle sent, respire le drame, se sent dépossédée de ses facultés.

Un coup au carreau la sort de sa torpeur. Elle ne voit que ça, la main, imposante, violente, celle du bourreau qui vient la tourmenter, un vieux vestige du passé. Dehors les sirènes s’éloignent, les ombres s’évanouissent, le cri se tait, ne restent que les réverbères pour éclairer ses idées noires.

Ceci est ma participation à l’atelier 308 de Bric a Book – J’aurais aimé écrire quelque chose de plus léger pour le dernier atelier avant les vacances d’été, mais j’ai trouvé la photo très oppressante, du coup je me suis laissée guidée par ce qu’elle m’inspirait.

Un signe dans le ciel

© Pille Kirsi

J’étudiais le vol des oiseaux, comme si un signe se cachait dans ces traversées silencieuses. J’attendais un signe. Je voulais voir quelque chose se dessiner dans le ciel, pour savoir. Quelle route prendre. Quel choix faire.

Mon quotidien ressemblait à ce ciel gris, chargé de nuages prêts à exploser. Mon quotidien m’imposait une conduite qui se devait d’être irréprochable. Les doutes omniprésents ne me laissaient pas respirer, je vivais en apnée, terrorisée par les mains qui se referment un peu trop violemment, les mots qui claquent comme des insultes, le mépris insensé, la peur du faux-pas. Et les nuits qui n’en finissent pas de trainer avec elles le choc des corps, les heures passées à effacer l’odeur des ébats consentis pour une paix illusoire. Le gouffre profond du désespoir sans aucune porte de sortie possible.

Les oiseaux dans le ciel murmuraient des secrets que mon cœur savait. La route à choisir: la liberté. Le choix: partir.

Mon quotidien se décomposait sous mes yeux. Les nuages charriaient des larmes qui ne cessaient d’inonder mes draps. Impossible de reconnaître le jour de la nuit. Tout n’était que cri. Ce cri coincé dans la gorge qui ne sortait pas, le cri de l’échec cuisant, celui de la nuit qui gagne en puissance, enterre les espoirs d’un nouveau départ.

Les oiseaux, imperturbables, continuaient leur voyage. Je restais là à les regarder tracer leur chemin. Atterrée, perdue, vidée, anéantie, ils filaient sans moi. Le noir opaque m’empêchait de voir l’autre rive.

Mon quotidien était devenu l’enfer que je redoutais, la peur avait cédé place à la terreur, celle qui encore aujourd’hui fait trembler mon corps quand un danger se manifeste. La haine au fond d’un regard avait scellé mon avenir.

Les oiseaux m’accompagnaient vers la vie.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture 307 de Bric a Book

Je n’assume pas pleinement ma sexualité

Cet article je l’ai écrit maintes et maintes fois dans ma tête, je me suis demandé si j’allais le publier, si j’allais oser surtout. Tout le monde me dira que c’est mon blog et que j’écris bien ce que je veux dessus. Oui mais…Parfois certains sujets sont plus faciles à traiter que d’autres, d’autres sont plus intimes à partager que certains. Et pourtant ici je me suis souvent livrée sur des choses pas toujours évidentes. J’avais juste l’impression d’avoir une légitimité à le faire, puisque je l’avais vécu.

Comme je n’assume pas entièrement ma position d’auteur, même si j’essaie d’en parler davantage, de me mettre un peu en avant, un peu plus qu’avant en tout cas, je n’assume pas pleinement ma sexualité.

Maintenant que les choses sont dites, vous pouvez décider de lire ou de passer votre chemin. Je ne vous en tiendrais pas rigueur. La semaine dernière vous en avez été témoin, j’ai connu un petit creux de vague. Ça arrive, l’essentiel étant de rebondir ! Un avis partagé sur une de mes nouvelles a pointé du doigt une faille. Au-delà de la peur – elle se dompte – je contrôle beaucoup de choses parce que je n’assume pas pleinement qui je suis et en poussant le vice un peu plus loin, on peut même dire que parfois j’ai honte de mes pensées, de mes envies (ne parlons même pas de mes fantasmes!). A 37 ans j’en suis encore là ! A ne pas pouvoir aligner deux mots sur le sujet sans me sentir gênée. Et comme pour tout blocage il y a une origine, je cherche d’où cela peut venir, pour pouvoir travailler dessus. En vain.

J’ai été intéressée par la sexualité très jeune. A 7 ans je dévorais « la sexualité expliquée aux enfants ». A 10 ans je n’avais pas encore mes règles et je découvrais déjà les plaisirs solitaires. A 13 ans, je jouais encore à la poupée et j’écrivais des histoires d’amour d’une intensité qui me laisse encore perplexe aujourd’hui.  J’étais une petite fille très sage et déjà je me disais qu’il y avait quelque chose de pas « normal » chez moi (vous allez me dire qu’est-ce que la normalité?)

La sexualité n’était pas taboue à la maison. Je n’ai pas vécu de traumatisme sexuel. Comme beaucoup, j’ai eu une éducation catholique, c’est certain que ça n’aide pas quand on vous serine à longueur d’homélie que le sexe ce n’est que pour faire des bébés et que vous pouvez pêcher même en pensée. J’étais bien avancée. A l’adolescence, je ne savais plus à quel saint me vouer, alors pour temporiser mes « pulsions » (les catholiques appellent ça des pulsions perverses – merci du cadeau), je me suis tournée vers la religion. Pas juste un peu. Je m’y suis donnée presque corps et âme. J’ai plongée dans un grand bain d’eau bénite. J’ai même eu l’envie de rentrer dans les ordres et c’était loin d’être une passade, puisque 10 ans plus tard, j’ai bien failli passer le cap. Pour le coup c’était le meilleur moyen de dompter ce que je considérais comme « un penchant suspect ». Mes parents m’en ont dissuadée. Je me demande s’ils n’auraient pas préféré me voir courir les garçons…

J’étais réservée, introvertie, silencieuse, calme, posée, timide. A l’intérieur de moi, ça bouillonnait mais je savais faire taire tout ça. Je renvoyais une très belle image au reste du monde. Les gens enviaient mes parents. Et le soir quand les lumières s’éteignaient je me battais avec mes démons. Un combat solitaire et éreintant. Je n’en ai jamais parlé à personne et j’ai enfoui tout ça au plus profond de moi, en pensant que ça ne referait jamais surface. Poser un voile sur les maux, ça a toujours été mon moyen de contourner les problèmes. Les expériences de la vie m’ont montré que ça ne servait à rien, à part envenimer les choses. Mais bon, on ne se refait pas en claquant des doigts !

Puis j’ai commencé à avoir une vie sexuelle active. J’avais 19 ans et toutes mes copines m’enviaient. J’ai vécu ce que j’avais à vivre, sans trop me poser de questions. On ne va pas dire que le sujet était récurrent mais nous en parlions facilement. Je partais du principe que chacun était libre de faire ce qu’il voulait de son corps, seul ou en couple, à partir du moment où il y  avait respect et confiance. Il était clair que moi je resterais dans une voie très classique, histoire de ne pas être tentée par des choses qui ne collaient pas du tout avec mon image de jeune fille “bien” – quoi qu’on en dise de nos jours encore la sexualité féminine est riche de nombreux clichés en tous genres. Certaines arrivent à s’en affranchir et elles ont toute mon admiration – c’est tellement beau une femme libre!

Je n’ai pas franchi beaucoup de caps en 18 ans, même si j’ai été tentée parfois par des chemins différents. A chaque fois que je me suis confiée pour le coup, je m’en suis mordue les doigts par la suite. Les gens de mon entourage n’avaient clairement pas les mêmes besoins ni les mêmes envies que moi – j’avais donc un “problème” (les raccourcis sont vite faits dans ces cas-là). 

On va passer brièvement sur mon mariage, où là pour le coup, le sujet était carrément à éviter. Non guérie de mes vieux démons, à chaque fois que nous nous retrouvions dans l’intimité, j’avais vraiment l’impression d’être une trainée. Je pense que si j’avais assumé ma sexualité, les choses se seraient passées autrement, je me serais davantage respectée et je n’aurais pas accepté d’être traitée et utilisée comme un objet.

Est-ce que ça été le coup de grâce ? Est-ce que cinq ans de célibat sans un contact physique ont mis à mal mes dernières résistances ?

Tout cela refait surface aujourd’hui, parce que la donne a changé,  parce que je suis dans une relation épanouissante et épanouie avec une personne qui n’a aucun apriori sur le sujet, qui en parle sans jugement, très librement et qui me prend comme je suis – c’est assez nouveau. C’est vrai que je me dis qu’il est fou parfois, mais surtout que j’ai beaucoup de chance. Peut-être que c’est le moment idéal pour déterrer tout ça, accepter, assumer, me libérer une fois pour toutes. Dans le respect, la confiance et le partage, tout deviendrait presque possible, dans la limite des limites de chacun bien entendu. Sans compter que l’échange est constructeur pour soi autant que pour le couple. Et que ce serait tellement plus agréable si je n’étais pas si souvent sur la défensive, comme si j’étais prise en train de faire une grosse bêtise !

J’ai parfois l’impression de vivre avec des secrets lourds (ne vous inquiétez pas, mon âme est tourmentée, c’est un état de fait et je vis très bien avec), comme si je devais expier des fautes. C’est un combat perpétuel en moi et pas forcément entre mon corps et mon esprit, entre deux forces invisibles qui ne tombent jamais d’accord (si j’ai perdu quelqu’un en cours de route, j’en suis désolée, moi aussi j’ai du mal à me comprendre parfois !).

Quelque chose me retient toujours. Certaines portes sont verrouillées à double tour. Peut-être que c’est la crainte de mes zones d’ombre qui me retient ou bien celle de ternir l’image de la petite fille sage, un brin rebelle – une rébellion contenue – qui ne fait pas trop de vague, qui rentre dans le rang, qui ne veut pas causer de tort autour d’elle, qui fait comme si. Pourtant je ne suis plus une petite fille depuis longtemps…

Si vous avez lu de A à Z cette confession, je vous tire mon chapeau. Et je vous dis merci aussi pour votre lecture et votre bienveillance. Qui sait peut-être que je ne suis pas la seule à assumer pleinement! 

Au bord de l’abîme…

C’est décousu et je m’en excuse d’avance. J’avais juste besoin de poser les mots – maux.

Qui suis-je?

Comment?

Quand est-ce que je suis vraiment moi? Avec qui?

Voilà ce qui arrive quand je perds le contrôle, je suis un vertige. Je me sens vide, vidée. Tout pourrait s’arrêter là.

Qui suis-je quand je suis moi?

Si je ne suis pas libre quand j’écris. Si je n’ose pas, à quoi cela sert-il? A quoi mes mots me servent si je ne les laisse pas vivre, si je me retiens?

Je ne fais que remplir l’espace. Je ne fais que suivre la foule. Et mon histoire reste en moi, inachevée.

Voilà ce que je ne veux pas montrer – le fond de moi en équilibre au bord du vide, la nuit noire. Je ne veux pas que les gens voient à quel point je ne suis rien. Juste du vent.

Quand est-ce que je suis vraie? Qui a le privilège de me connaître vraiment?

Je ne suis qu’un tissu de peurs. J’ai peur de tout.

Pourquoi je n’arrive pas à avancer? Pourquoi je bute toujours sur les mêmes choses? Pourquoi je me sens encore comme cette petite fille fragile? Qu’est-ce qui a fait de moi cette personne qu’un rien peut briser?

Il y a quelques jours encore le bonheur s’imprimait sur chaque pore de ma peau, je me réveillais avec cette sensation de plénitude, difficile à décrire, d’être là où je devais être, d’être bien, de ne rien attendre d’autre que d’être, vivre, aimer, sourire, célébrer la vie. Que s’est-il passé?

Le bonheur est là. Il se tait juste. Il sait mes creux de vague, les heures de feu qui annihilent mes sens, me poussent au bord de l’abîme, cet endroit duquel je reviens toujours, au prix d’un amour incommensurable pour la vie.

Comment peut-on savoir que tout n’est qu’à un battement d’ailes de papillons, que tout peut s’évaporer, disparaître, que le cœur peut s’arrêter de battre et continuer à faire comme si de rien n’était?

Quelle est cette partie de moi que je refuse de voir?

Quelle est cette vérité que je tiens éloignée de moi?

Qu’est-ce qui me retient?

Qui suis-je sous toutes les couches posées pour me protéger, sous l’armure de plomb que je porte pour ne pas me regarder en face?

Qui suis-je quand je suis moi?

Briser l’armure (pour revenir à soi)

Crédit Pixabay

Dans notre vie de tous les jours, il y a tout un tas de principes, de valeurs, d’idées reçues, une liste plus ou moins longue de « jamais », des peurs, des angoisses, des phobies,  des blessures, en bref un tissu opaque de chaos qu’on se trimballe, en pensant que ça nous protège. Alors même que ça ne nous protège de rien du tout. Je dirais même que ça nous oppresse, ça nous empêche d’être bien, épanoui, heureux, ça nous empoisonne l’existence.

Et pourtant, sommes-nous prêts à envoyer valser ce lot d’incertitudes, à lever le voile sur le mystère qui entoure nos rêves les plus fous, nos fantasmes les plus osés, nos souvenirs les plus marquants ?

Ou préférons-nous rester bien planqués derrière l’armure antichoc construite au fur et à mesure des expériences – c’est si agréable la zone de confort ?

Se mettre à nu, exposer ses vulnérabilités, parler de toutes ces choses intimes n’est pas donné à tout le monde. Certaines personnes n’ont aucun problème ni avec leurs émotions, ni avec leurs choix de vie, ni avec les expériences vécues. D’autres au contraire se posent toujours la question sur ce qui peut ou ne peut être dévoilé, sur ce qui peut être confié ou doit être gardé pour soi. Certaines personnes disent tout quand d’autres ne disent rien. Certaines personnes osent tout quand d’autres n’osent pas.

J’ai souvent été cette personne très pudique dans mes sentiments et prudente dans mes démonstrations d’amitié, d’amour. Mes quelques débordements furent vite recadrés. Je me suis donc imposé une ligne de conduite, gardant la majorité de mes émotions pour moi, ne partageant que le strict minimum.

Je crois toutefois en l’importance d’avoir et d’entretenir un jardin secret, sans toutefois se perdre dedans et se couper du monde. Le risque est là, à force de ne pas se dire, on s’oublie. Et il est alors plus difficile, quand l’occasion se présente de parler de soi, de sortir ce qu’on a en nous, de dire les choses, celles qui vont, ne vont pas, celles qui nous importent, celles qui ne nous conviennent pas, de partager nos idées, nos envies, d’échanger sur des sujets qui nous mettent mal à l’aise ou d’autres qui nous tiennent à cœur. C’est tout un travail comme apprendre à parler dans une nouvelle langue, un langage plus ouvert, moins censuré.

Il faut en passer par là pour se réapproprier son soi, se reconnaître, se reconnecter, se sentir en équilibré et libre (à son rythme).

S’autoriser à…

Credit Pixabay

On s’autorise aisément le droit de douter, avoir mal, avoir peur. On se donne le droit de la colère, de la frustration, du chagrin, du ressentiment.

On s’autorise rarement à être heureux (ou seulement quelques élus), sans condition. On s’autorise rarement à prendre le temps. On se donne le droit d’aimer, de prendre du plaisir à vivre, sous condition une fois encore. Ne surtout pas ressentir trop de joie à exister.

On s’autorise à envisager l’avenir, à ne pas faire le deuil du passé, à ressasser les mêmes blessures, histoire de s’assurer un lit confortable de souffrances à égrener comme autant de fondations de nos vies bancales.

On s’autorise rarement à être, vivre l’instant, à profiter de chaque minute, sans tirer de plan sur la comète. Juste prendre les choses comme elles se présentent – qui sait ce qui se passera demain!

On s’autorise tout un tas de choses néfastes pour notre bien-être.

Quand allons-nous nous autoriser à être heureux, nous donner le droit de vivre le cœur léger et l’esprit libre!

J’ai bien envie de commencer maintenant…

Ce qui était et ne sera plus

Les dimanches pluvieux sont l’occasion inespérée de faire du tri. Il restait un dossier qui avait échappé à la première grande vague du mois dernier, le dossier dans lequel je n’avais pas eu le cœur de me plonger, après avoir éliminé souvenirs, cartes, objets gardés “au cas où”, vieux carnets de listes de course, journaux intimes d’un temps révolu.

Un dossier aussi lourd que 5 ans de procédure.

Un dossier émotionnellement très chargé.

Un dossier qui n’avait cessé de gonfler depuis le premier rendez-vous chez un avocat en Décembre 2012.

J’étais une femme perdue, je vivais dans la peur au quotidien. Pour moi. Pour mon fils et mes proches. Je n’avais aucune certitude, plus aucune, aucun projet, aucune envie. Demander le divorce était toutefois une évidence qui s’est imposée rapidement. Je ne supportais plus l’idée d’être la femme de cet homme, de porter son nom. Mais c’est surtout pour mon fils que je l’ai fait, pour le protéger.

Trier, c’était remettre le nez dans ces longues années, ces fausses pistes, ces mails insensés, remplis de menaces, d’injonctions, ces demandes jamais honorées, ces tentatives de conciliation avortées, cette envie de ne pas passer pour la « salope » de l’histoire (puis ne plus rien en avoir à faire). Trier, c’était se souvenir, refaire le chemin en arrière, faire face à cet épouvantable gâchis, gâchis qui m’a toutefois donner la force de rebondir, reconstruire ma vie. Et cette fois ci sur des bases solides. Cela a pris du temps, le temps des fondations bien ancrées dans le terre, le temps de comprendre, d’intégrer ma part de responsabilité, d’accepter que la vérité ne serait jamais révélée.

Il est clair que je suis très différente de la femme que j’étais en 2012. Je me suis découverte des ressources insoupçonnées, qui m’ont permis de faire face dans des situations délicates. Moi qui m’était toujours aplatie, qui avait toujours cédé, pour ma paix et celle de mon enfant, j’ai posé les limites, j’ai commencé à me respecter, à dire « non », à imposer MA vision des choses. J’ai appris à faire fi des insultes et des menaces. Mon attitude peut paraitre froide et insensible pour certains. Dans ce cas précis, je me considère comme seule maîtresse de nos destins. Je ne ressens pour lui ni haine, ni colère, juste cette indifférence qui a été mon salut au creux d’un deuil que je croyais impossible à faire. Son sort m’importe peu, je sais qu’il ne sera jamais heureux, qu’il en voudra toujours à la terre entière. Il n’est pas rayé de nos vies, il en fait partie, juste ce qu’il faut. Toutefois la confiance est rompue et ne sera jamais restaurée.

Alors, j’ai trié, j’ai jeté, j’ai regardé ces 5 années s’envoler dans le broyeur à documents, j’ai regardé ces semaines d’angoisse profonde s’évanouir, ces dizaines de mails traduits, ces attestations attestant l’horreur être englouties. Il ne reste plus que le strict minimum, les papiers d’état civil attendant de retrouver leur nom d’origine, les certificats de mariage et les jugements qui mettent un point final à ce qui était et ne sera plus.

Pour mon plus grand bonheur!

Et vous, trier ça vous fait du bien, ça vous fait peur parfois? Si vous êtes divorcés, avez-vous tout conservé ou tout liquidé?