Tout ce temps perdu

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On ne se sera rien promis. Ou alors juste comme les autres, rien de plus, rien de moins. On se sera connu en s’appréhendant du bout des doigts. On se connaîtra dans un souffle, on se reconnaîtra dans une voix. Et après. On ne sera plus que deux étrangers. On reprendra la route là où on l’a laissée. On se questionnera. On regrettera tout. On voudra réécrire l’histoire.

Peut- être que si. Peut-être que ça peut fonctionner. Peut-être qu’on peut essayer. Peut-être que ce n’était qu’une erreur de parcours, qu’on n’a pas su, qu’on n’a pas pu. On se pardonnera nos errances.

On resservira les plats, plein d’espoir, inconscients des ruines de l’histoire. On s’acharnera sur ce qui reste, sur ce qu’il nous reste. Un lien soit disant indéfectible que le temps aura endommagé. Bien sûr que non. Nous, ce sera différent. Cette fois ci on ne gardera que le bon, on se gardera de voir le verre à moitié-vide. On se satisfera d’un peu, de petits gestes, de bonheurs fugaces. On s’enverra des fleurs en se disant qu’on ne s’en sort pas si mal.

On ne parlera pas d’amour au risque de le voir se faire la malle. On se contentera du quotidien. Puisqu’on est ensemble tout va bien. On oubliera qu’on se ment dans la valse cruelle des sentiments, qui ne sont plus. On ne s’avouera jamais qu’on s’est perdu.

On ne se dira plus, on ne partagera plus. Peut-être qu’on aura l’envie de mettre un terme à la mascarade. Ou bien on restera, pour tout un tas de raisons partagées. On fera semblant de s’aimer. Ou on se s’aimera plus. On regrettera tout ce qu’on n’a pas vécu.

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Instant de vie

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L’enfant regarde, attentif. Le camion s’est arrêté, il charge les poubelles au couvercle jaune. L’enfant s’intéresse. Les homes attendent. Obnubilé par le spectacle qui se joue devant lui, chaque jour, il cherche à comprendre la marche des choses, du monde. Un des hommes lui sourit. La fascination de l’enfant est  belle à voir. L’instant est simple et pourtant magique. Les hommes dont le métier est souvent négligé, considéré sans grand intérêt, deviennent une pièce du puzzle. Ils prennent leur place dans le grand bain de la vie.

La mère s’intéresse aux regards, aux sourires. Elle se dit que tout est simple, consciente que le bonheur n’est pas cette quête sans fin dont tout le monde parle sans cesse, mais bien présent dans son quotidien, pour peu qu’elle regarde l’enfant, regarde les gens interagir, pour peu qu’elle lâche toutes les croyances qui font parfois tourner le monde bizarrement.

L’homme se réveille. Elle imagine sa peau. Elle se laisse aller à toucher son corps juste par le pouvoir de sa pensée. Elle ressent l’étreinte, la douceur l’envelopper. Elle sait ce qui se trame.  Son cœur parle à son cœur dans la clarté du matin.

L’enfant lui prend la main et ils avancent ensemble vers le jour riche de promesses…

Et toi, tu es “officiellement” en couple ?

C’est un commentaire sur l’article d’Angie (même si on te dit tout un tas de conneries que tu n’as pas envie d’entendre, tu sais on pense à toi et en fait ça nous fait mal de te savoir mal…) qui m’a fait réagir.

  • Si tu as changé ton statut Facebook.
  • Si, au bout de 3 jours tu as abreuvé la terre entière (enfin tes amis, proches, lointains, les amis de tes amis, tes connaissances, tes collègues de bureau, le postier, tes voisins, l’ex de ta meilleure amie, ta grand-mère que tu ne vois qu’une fois par an) de la grande nouvelle que ça y est, enfin, tu as rencontré quelqu’un.
  • Si, la semaine suivante, tu as fait les présentations aux potes, aux enfants, aux parents, à la famille étendue, belle-famille, aux oncles, aux tantes, aux poissons rouges.
  • Si tu as déjà parlé déménagement, emménagement, avenir, maison à acheter, compte commun, famille, bébé(s), Pacs, mariage…

Si tu as fait tout ça, j’ai l’heureux honneur de te dire que toi et ton/ta cher(ère) et tendre, vous êtes officiellement en couple. Et être officiellement en couple, c’est quoi ? Assumer ses choix, pardi ! Il faut suivre…

Par contre pour tous ceux qui ne cochent que la moitié des cases, voir aucune, et bien, je ne sais pas. Vous errez dans un no man’s land qui ne veut pas de vous. Désolé.

Vous avez le choix :

  • De vous poser des questions, des plus simples ou plus abracadabrantes possibles, la première étant : est-ce qu’il / elle m’aime vraiment ? En moins de deux votre belle histoire risque fort de virer au cauchemar.
  • De repartir à la case départ. Allez un petit effort. Rien de bien compliqué la dedans. Facebook, c’est à portée de clic. Pour l’annoncer à tout le monde, créez un groupe WhatsApp – pratique et efficace. Les présentations, ça se complique, mais qui a dit que l’amour c’était simple ? Sinon un compte commun ce n’est pas compliqué à ouvrir, un Pacs ça se termine, une famille ça met du temps à se construire…
  • Ou bien d’accepter de ne pas être reconnu comme un « couple ». Et si vous l’assumez, vous pouvez même dire à qui veut bien l’entendre que vous n’êtes officiellement pas en couple ! Ça en jette non ?

Ça vous dit quoi à vous cette expression “officiellement en couple”?

Et un jour, devenir maman

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Je le regarde rire aux éclats. J’entends mon rire qui fait écho au sien. La soirée a été calme, douce, drôle, apaisée. Nous avons pris notre temps, ce temps qui nous file trop souvent entre les doigts, ce temps que nous tentons de garder pour nous deux. Temps propice aux confidences, à l’évocation de souvenirs, temps de lecture, de câlins et de contes qui changent perpétuellement de fin.

Quand il a été couché, qu’il s’est endormi sans bronché, que je suis allée voir si tout allait bien, je me suis souvenue…

De nos débuts. Je l’ai déjà écrit ici. Certaines mères se sentent mères tout de suite, dès le petit “plus” sur le test, dès la naissance. Je ne fais pas partie de ces femmes. Je ne saurai dire aujourd’hui si notre enfant était un souhait commun, s’il découlait d’un projet de vie. Je l’ai désiré. Mais dans quelle mesure? Était-ce un désir inconscient de sauver une embarcation qui prenait l’eau de toute part? Je ne saurai le dire. Ma seule certitude c’est que mon enfant m’a sauvé la vie. J’ai conscience d’avoir eu cette chance de partir avant qu’une vie de famille ne se crée. Si j’étais restée, aurai-je eu le courage de partir? Ou aurai-je choisi le sacrifice que font beaucoup, d’une vie dépourvue d’essence, de sens, une vie de larmes et de drames? Les enfants restent encore et toujours notre meilleure excuse face à de tels choix.

A la maternité, oui j’ai ressenti quelque chose, quelque chose de fort. Je me suis sentie invincible le temps de le tenir contre moi. Puis au matin les fantômes ont ressurgi, les peurs se sont matérialisées, l’envie que tout ce scénario ne soit qu’un atroce cauchemar. Face à ma réalité, j’ai pris une claque magistrale.

J’ai tout mis en œuvre pour ne pas m’attacher à mon enfant. Aussi scandaleux que cela puisse paraitre, je ne me sentais pas d’attaque à être sa mère. Je ne voulais pas dépendre de lui pour m’en sortir. Je ne voulais pas qu’il porte ma peine, mon chagrin. Qui plus est je vivais dans la crainte omniprésente qu’on me le prenne – la justice pas si juste – son père. Et tous ces bien pensants qui me rappelaient l’épée de Damoclès au de ma tête, la menace de l’enlèvement.

Quand je suis arrivée à Paris, je l’ai laissé, soulagée, aux bons soins de mes parents. Je savais qu’avec eux il avait la sécurité affective nécessaire à son épanouissement. Je me suis longtemps dit que si je disparaissais, il serait aimé, protégé – le principal pour moi. Et j’ai souvent eu envie de disparaître. Puis nous avons vécu ensemble, avec un florilège de peurs qui ne cessait de prendre de l’ampleur:  peur d’être seule avec lui, peur de ne pas lui donner assez d’amour, peur de ne pas trouver ma place, peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur. J’avais l’impression que loin de moi il grandissait mieux.

Les premières années ont été dures. A tout points de vue. J’avais l’impression de mourir un peu chaque jour, tout en essayant de me sortir de tout ce chaos oppressant. Si bien que je n’ai jamais eu de mal, ni de le laisser à la crèche ou à l’école. J’avais plus confiance dans les autres que dans mes capacités à moi. J’avais besoin que ma vie soit réglée comme du papier à musique pour pouvoir poser un pas après l’autre. Je vivais le cœur lourd gangréné par une colère sourde que je laissais éclater une fois la porte fermée, face à lui qui n’avait rien demandé. Je m’effondrais en larmes le soir. J’étais une mère en équilibre, désorientée, une mère qui n’en pouvait plus, ne savait plus quelle direction prendre, pleine de points d’interrogation.

Je tentais toutefois, à chaque instant, un travail en profondeur, pour faire taire les démons, m’affranchir du passé, pardonner. Pour moi. Comme pour lui. Car entre temps, l’amour s’était frayé un passage. Je le lui disais d’ailleurs souvent. Je lui disais que je l’aimais et que je n’y arrivais pas tout le temps. Je lui disais mes forces et mes failles. Je me répétais que j’allais y arriver, que nous allions être heureux. Parce que c’est le choix que j’avais fait, le choix primaire du départ. J’avais choisi la vie.

Et contre toute attente les heures sont devenues plus légères. J’ai accepté de lâcher prise, de ne plus tout contrôler. J’ai accepté de le regarder pour ce qu’il était, un être unique, qui ne serait jamais moi, que j’allais juste guider sur le chemin de la vie pour qu’un jour il vole de ses propres ailes. Un jour j’ai accepté la tâche confiée, même si elle me parait rude par moments, j’ai pris conscience de mes responsabilités et le parti de me faire davantage confiance. Je me suis pardonnée me choix, mes errances, mes angoisses. J’ai accepté qu’il y en aurait d’autres. Notre relation a pris une autre dimension, plus juste, plus sereine, plus joyeuse. Il fallait en passer par là. Il fallait que nous apprenions l’un de l’autre, l’un avec l’autre. Ce cheminement aura été douloureux et salvateur.

Je suis devenue mère avec le temps, maman avec lui.

Et vous la maternité (ou la paternité), vous l’avez appréhendée comment?

Combien de…?

“Ce sont souvent des possibles « imaginaires » que naissent  les impossibles qui blessent”

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Combien de routes avons-nous pris, sans savoir qu’il s’agissait d’impasses ?

Combien d’espoirs avons-nous nourri, retournements de situation envisageables, qui ne nous auraient apporté qu’un apaisement fugace ?

Combien d’heures avons-nous gâché à élaborer des scénarios, faits de « si les choses avaient été différentes » ?

Combien de peurs avons-nous bravé pour être là où nous en sommes ?

Combien de blessures avons-nous surmonté, combien de chagrins avons-nous dépassé, en pensant que c’était les derniers, que le prochain nous anéantirait totalement?

Combien de pas avons-nous fait vers l’inconnu ?

Combien de marches avons-nous gravi pour un idéal, un projet, un rêve, inconscients de nos ressources ?

Combien de trahisons, de déceptions avons-nous encaissé?

Combien de mots avons-nous gardé pour nous, de crainte qu’ils ne soient à l’origine de la fin de quelque chose qui avait pourtant bon goût ?

Combien de personnes avons-nous rencontré, qui nous ont élevé, avec lesquelles nous avons construits du beau, du durable, du vrai ?

Combien de temps avons-nous pris pour apprendre à nous aimer, à nous regarder, à nous accepter, à ne pas nous juger, à nous accueillir parfaits et imparfaits ?

Combien de regrets nous ont assailli en pleine nuit, d’insomnies nous ont tenu éveillé pour tenter de recoller les morceaux d’un hypothétique final, différent?

Combien d’histoires ont attendu d’éclore, alors même que nous avancions tête baissée, incapables de discerner le jour de la nuit ?

Combien de fois avons-nous dit « jamais plus », le cœur au bord d’un vide que personne ne semblait pouvoir atteindre ?

Combien de fois nous sommes nous sentis seuls et perdus, et pourtant, enclins à nous livrer pour être entendus, épaulés ?

Combien de fois avons-nous cru ne jamais en revenir ?

Et combien de fois avons-nous repris vie, au milieu du chaos, de la peine, de la haine, de la colère, de tous ces instants froissés, de tous ces sentiments effacés, de ces évènements fracassants, ces départs prématurés qui ne nous ont jamais brisés ?

Je juge, tu juges…et si on se respectait?

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On juge. Tout le monde. Tout le temps. On a un avis sur tout. On nourrit des préjugés sur des personnes qu’on ne connaît pas et qu’on range dans des cases, à qui on colle des étiquettes parce que ça nous rassure. On passe plus de temps à parler de la vie des autres qu’à vivre la notre. Ou bien à chercher une quelconque reconnaissance dans un dialogue de sourd – celle que nous sommes incapables de nous offrir.

“On” c’est moi aussi. Je ne sors pas du lot. Je tente juste au fil de l’eau de me détacher de toutes ces idées toutes faites sur tout. Beaucoup des personnes qui me connaissent bien souligneront mon ouverture d’esprit, mon absence de jugement. Pourtant comme tout un chacun j’ai certaines idées arrêtées, j’entretiens des peurs fondées sur des clichés.

L’autre est toujours “plus”, “trop”, “moins”, “pas assez”. Il a toujours des défauts qui nous font bondir. Il est ce qu’on a toujours voulu être sans se l’avouer. Il est ce qu’on ne voudrait jamais être – ça tombe bien la place est déjà prise.
Bien entendu ça ne veut pas dire que nous devons aimer tout le monde. Mais respecter chacun ce serait déjà un bon début.

Dans la vie de tous les jours les jugements vont bon train.  C’est presque un sport international! Mais alors quand on touche à des sujets aussi précis que la religion ou aussi tabou que la sexualité, alors là c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi.
Vous ne vous êtes jamais demandé ce que pourrait donner un monde dans lequel chacun suivrait la religion qui est la sienne sans chercher à interférer avec celle du voisin. Que notre voisin prie Dieu, l’Univers, la Galaxie, s’agenouille devant Bouddha ou voue un culte à un chat empaillé, en quoi ça nous regarde?  Pourquoi toujours penser que la façon dont nous menons notre vie est la manière dont chacun devrait vivre la sienne? C’est bien d’avoir des idées et des valeurs mais celles-ci nous correspondent en fonction de tout un tas de paramètres propres à nous-mêmes.  Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas tous les mêmes cartes en mains au départ.

Idem pour la sexualité. Qui ça gêne qu’on soit homo, hétéro, bi? Qu’on soit soumis, dominant, qu’on fasse l’amour à 2, 4, 8? Qu’on soit libertin, échangiste, mélangisme ou je ne sais quoi encore? Certains trouveront cela choquant – peut-être – et alors? D’autres trouveront que l’inverse l’est tout autant. Accepter la différence ne veut pas dire adhérer à tout. Personne ne nous le demande. Personne ne nous force à être d’accord.

Toutefois nos différences existent, cohabitent – dans tous les domaines de notre vie –  vouloir les gommer ne fait que créer des problèmes là où la liberté de chacun devrait primer. Il n’y a pas de règles, pas de manuel de vie (on aimerait bien parfois, histoire de ne pas se faire des nœuds au cerveau pendant des mois pour prendre une décision). Nous pouvons tout tester, tout tenter, tout essayer, sans nous dire qu’en faisant telle ou telle chose, nous dévions du droit chemin (attention aux foudres de l’enfer!). Nous gardons à tout moment notre libre arbitre. La norme que nous exécrons, mais dans laquelle nous nous plaisons à rester parce que faire un pas dans le vide, ça reste pour les aventuriers, les intrépides, les téméraires, ceux qui osent, pas nous, cette norme nous l’avons fabriqué de toute pièce. Nous sommes beaucoup plus. Nous pouvons beaucoup plus. Comme le dit très justement Marianne Williamson: “Notre peur la plus profonde n’est pas de ne pas être à la hauteur; notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute limite. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.”

Nous réaliser pleinement devrait être notre quête de chaque instant, respecter la quête d’autrui, notre devise.

Les premières pages d’un nouveau livre…

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Je pourrai écrire que ma vie a changé il y a un an et quelques mois. Comme je pourrai dire qu’elle a changé il y a cinq ans et presque sept mois. Ma vie change tout le temps. Elle change avec de grandes décisions, des pas en avant importants. Comme elle a pu changer en un quart de secondes parfois. Elle peut changer au détour d’une prise de conscience, d’une nuit, d’un évènement, d’un moment partagé, d’une peur à partir de laquelle beaucoup d’encre a coulé !

Je pourrais écrire qu’elle a pris un nouveau tournant il y a quelques jours, pour un anniversaire particulier. Comme dire qu’elle a changé au cours des heures de l’été, à le regarder vivre, être, grandir, se confronter au monde, dans la joie, les rires et les cris aussi.

A chaque instant, la vie est différente. Chaque instant nous marque, plus ou moins, nous propose de faire une pause, nous invite à regarder le paysage ou nous propulse en avant, nous plonge dans le chaos.

Je pourrai dire que j’écris un nouveau chapitre depuis quelques temps. Puis à bien y réfléchir, il s’agit plutôt d’un nouveau livre. J’ai choisi un beau carnet, j’ai pris ma plus belle plume et j’ai commencé à écrire, à construire cette belle histoire. Un livre qui parle davantage de moi, qui me parle davantage aussi, qui parle de tant de choses qui m’ont tant fait défaut ces dernières années, qui parle de moi dans ma relation au monde.

Un livre de femme. Une femme à qui l’on a souvent dit qu’il fallait choisir, qu’on ne pouvait pas tout faire, au risque de se perdre, à qui l’on a dit qu’il fallait être de telle manière pour être regardée, ne pas faire trop de vagues pour être aimée.

Récemment, j’ai réalisé que je tenais à distance une grande partie de moi (même si un autre l’avait vu avant moi). A force de compartimenter ma vie, j’ai posé moi-même des barrières pour baliser le chemin et ne pas en dévier. Mon statut de maman a été depuis le début ma meilleure excuse pour ne pas prendre en charge ma vie de femme. Je m’étais ignorée pendant des années, je pouvais continuer sur ma lancée. Et puis de toute façon, c’est bien ce qu’on attendait de moi. En tant que mère, j’étais responsable. En tant que mère, je me devais d’être fidèle à une quelconque morale, celle de tous les gens qui ont abdiqué leur pouvoir depuis longtemps.

En 37 ans, bientôt 38, je n’ai pas fondamentalement changée. Les expériences, les rencontres de ma vie m’ont révélée à moi-même. Elles m’ont rendu à celle que je suis depuis le commencement, celle qui s’est égarée, trompée, celle qui a cru qu’en étant une autre, elle serait davantage reconnue, appréciée.

Aujourd’hui je veux accepter tout ce que je suis. Je suis mère, femme, amante. Je suis sensuelle, tactile, amoureuse. Je suis maman, tendre, confiante, fière aussi. Je suis passionnée, libertine, libre. Je suis une femme forte et vulnérable à la fois. Je sais mes failles et mes limites. Je suis généreuse, sensible. Je sais dire « non ». Je sais ne pas être d’accord.

Je peux passer des heures au parc à faire des châteaux de sable, à jouer avec loulou, à rire aux éclats, je peux sauter dans les flaques d’eau et encore trouvé ça drôle, je peux porter un vieux jean élimé avec des tâches de graisse dessus (les enfants adorent les câlins quand ils ont les mains pleines de beurre). Et le soir venu, revêtir ma plus jolie robe, porter des bas et des porte-jarretelles, m’enflammer au moindre contact de sa peau contre la mienne, déambuler dans les rues de Paris, juste pour le plaisir d’être avec lui. Je peux m’offrir à lui, le laisser mener la danse, le voir dicter mes pas, réaliser mes fantasmes, vouloir qu’il réalise les siens, tout en gardant les pieds sur terre, ancrée dans la réalité, ma vérité. Parce que je suis là où je dois être. Parce que je n’ai rien à prouver à qui que ce soit.

Revenir à moi s’impose comme une évidence. Cela change ma manière d’être au monde, d’être avec les autres, ceux que j’aime en particulier.

Je suis unique et multiple. Comme tant d’hommes et de femmes. Et je l’accepte enfin.

Il faut parfois se perdre…

Copyright Marie Kléber

Je pensais que je n’aurai jamais épuisé le sujet.

J’ai écris des dizaines et des dizaines d’articles. J’ai noirci des centaines de pages. J’ai partagé mes doutes, ma colère, mon chagrin, mes peurs, cette envie quasi-obsessionnelle que quelque chose me délivre de cette terrible et lente agonie. J’ai écris le pire sous toutes les coutures, dans les deux langues que je maîtrise.

J’ai parlé, beaucoup parlé. Je me suis livrée, j’ai partagé le plus intime, le plus noir, le plus suffocant. J’ai lâché la pudeur au profit de la vérité.

J’avais besoin qu’on m’écoute, qu’on me comprenne, que l’enfer connu soit reconnu. J’ai sorti mes tripes sur le cahier, sur l’écran, inondant de ma douleur les pages qui défilaient, insensibles à tout ce que je tentais de dépasser – en vain.

Les années sont passées et il y avait toujours quelque chose, quelque part qui faisait ressortir l’horreur, la peur, la panique face à une menace que je ne pouvais pas gérer.

Les articles se sont espacés, mes carnets d’aujourd’hui sont vides de cette errance. Je ne ressens plus le besoin d’en parler, ni de justifier mes choix, ni de dire le pire, l’angoisse, la terreur. Ni de parler de lui. Tout est gravé en moi. Le passé  a laissé des cicatrices comme un rappel de ce à quoi mon corps et mon esprit ont su dire “non” à un moment donné.

Je pensais que je n’aurai jamais épuisé le sujet.

Et puis si, à force d’écrire, j’ai tout sorti. Je me suis libérée. Et sans le savoir, le sujet est devenu  une tranche de vie comme une autre.

Il faut parfois se perdre…

L’intimité du cœur et l’intimité des corps

Nous sommes intimes. On s’aime. Et dans cet élan-là, nos cœurs s’accordent autant que nos corps.

Dans nos cœurs, les sentiments gonflent et se gorgent de la sensation d’amour. On n’a pas su quand ni comment tout a commencé. C’est juste une évidence, un bonheur qui grandit au fil des rendez-vous que nous partageons, tous ces moments dans lesquels nous nous sentons bien l’un avec l’autre.

Dans nos corps, c’est l’effervescence. On se cherche, on se désire, on se veut entièrement, sans artifice. Tout le temps. On se livre, insatiables, on s’abandonne au désir de l’autre, on se laisse emporter par l’extase, on jouit la peau en sueur et un sourire au bord des lèvres, qui résume tout ce qu’on ressent, à cet instant.

L’intimité du cœur n’appartient qu’à nous.

L’intimité du corps peut se livrer à d’autres intimités, cela ne changera rien. Ce qui changera c’est qu’on partagera différemment, on s’offrira dans un ballet qui mettra tous nos sens en éveil, on se donnera aux regards, aux mains, aux bouches des autres en se regardant dans les yeux. On prêtera nos regards, nos mains, nos bouches à d’autres corps. On goutera au plaisir de n’appartenir à personne qu’à nous-mêmes et dans cette liberté on s’offrira sans interdit, ni barrière. On se sentira libéré des peurs, des amalgames. On se découvrira dans un rapport à l’autre fait de gestes qui font du bien, sans jugement. On découvrira l’autre dans un désir plus fougueux. On renversera tous les « on dits », toutes nos fausses croyances, on fera fi des tabous et autres insécurités. Puis dans la confiance, face à d’autres désirs, différents, identiques on se livrera, au délice des corps qui célèbrent la jouissance, le plaisir, la vie.

On se trouvera au réveil, émus, plus complices. Et l’intimité du cœur n’en sera que renforcée.

J’assume (ou pas)?

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Assumer qui l’on est, ses idées, ses projets, son caractère, ses forces, ses faiblesses, ses choix de vie, c’est beau sur le papier, dans la réalité un peu plus compliqué. Assumer ses envies et ses fantasmes, je ne vous en parle même pas!

Pour assumer ses choix, s’assumer aussi, il faut déjà bien se connaître, se faire confiance et faire preuve de bienveillance envers soi-même. Nous préférons souvent nous dénigrer, voir le négatif, nous dire que nous devons progresser sur telle ou telle chose, plutôt que de nous féliciter sur ce nous accomplissons. Il faut aussi pouvoir se détacher du regard d’autrui – nous n’avons rien à prouver, ni à nos proches, ni à la société, ni à nous-mêmes d’ailleurs. Ou alors ne rechercher que le(s) regard(s) qui nous enveloppe(nt) de confiance et qui, la main tendue, nous aidera(ont), à notre rythme à passer les caps qui nous font tant douter.

Une citation que j’aime beaucoup dit:

“Tu es ce que tu t’autorise à être, rien de plus rien de moins. La limite de tes capacités, de ton potentiel s’arrête aux frontières de tes croyances. Tu es capable de ce que tu t’autorises à Libérer en Toi. Tout est une question de Choix.” Imré Simon.

Alors j’assume…

Pas tout.

J’assume davantage qui je suis (et tout ce que je ne suis pas), je tais moins de choses, j’ose un peu plus, pas toujours autant que je le voudrai.

Sur le papier, je peux assumer ce que je veux. Dans la vie de tous les jours, ça demande un peu plus de courage, un peu plus de confiance, un peu plus d’audace. Ça demande de faire taire tous les parasites de mon cerveau, de m’affranchir des idées reçues, des miennes aussi, surtout, d’envoyer valser la peur loin, très loin. Et de traverser la route…

Est-ce qu’on assume tout avec tout le monde? Ou est-ce qu’on réserve cela à quelques particuliers?

Est-ce qu’on est prêt à assumer même ce qu’une certaine “morale” réprouve – pas forcément la nôtre, celle avec laquelle nous avons grandi, celle des cours d’école, des rendez-vous paroissiaux?

Quand c’est le cas, il n’existe plus d’entrave à être soi, à expérimenter, à faire des choix sachant qu’aucun n’est ni bon ou ni mauvais, juste une opportunité de plus à saisir. Il ne reste alors que la sensation d’absolue liberté!