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Un malaise à apprivoiser

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C’est là.

Même si on fait le choix de ne pas y penser, pas trop, de ne pas lui accorder d’importance surtout. C’est tout de même là et quelque part ça creuse. Même si on ne veut pas. Même si on se protège. Même si on garde son calme.

C’est là quand même, comme une tache au plafond, qu’on ne regarde pas tous les jours mais qu’on aimerait bien voir disparaitre. C’est là 1h30 par mois, un moment si bref et si long à la fois. Un instant suivi des mêmes questions amicales qui laissent pourtant une saveur amère en bouche. Expliquer le malaise demeure un challenge impossible. On voudrait que quelqu’un comprenne entre les lignes, par delà les mots, ne plus entendre les mêmes phrase, qui lassent.

Une fois la porte passée, on se dit “à dans 1 mois”, ça semble facile, ça ne l’est pas. On a l’impression qu’on passe à autre chose, mais dès la porte de la maison ouverte, il faut à nouveau poser des “non” et tenter de ne pas s’irriter d’un ton, d’une révolte, d’un malentend, faire preuve de patience devant l’évidence que pour lui aussi, c’est une épreuve.

Finalement on est seul. Dans nos pensées. Dans ces matins qui nous enserrent le coeur, quand on croit tout faire bien et qu’on fait tout de travers, quand on laisse la colère prendre le dessus, quand sa colère à lui prend toute la place et menace notre équilibre.

Le malaise, désormais à distance, a laissé dans son sillage un souffle rance, qu’il faut évacuer. Alors les mots fusent comme des lames de rasoir, le combat est ouvert, personne ne veut perdre et personne ne se tait. Et quand on y arrive, c’est parfois pire, du haut de ses 8 ans, c’est comme si j’abandonnais la partie. Il faudrait savoir laisser passer la vague, se souvenir que ses mots ne sont que des mots, qu’ils ne sont pas dits pour faire mal, qu’ils sont l’expression de ce trop plein qu’il ne sait pas gérer, un flux d’émotions presque incontrôlable.

Mais bien souvent ils ont atteint la faille avant que je ne puisse faire marche arrière, celle que je tente de guérir, celle qui au moindre geste un peu brusque vient à nouveau s’ouvrir et me laisse terrifiée face aux souvenirs. Alors je perds ce qu’il me reste de confiance, de patience et je me retrouve à tenter de me justifier encore une fois.

C’est là, qu’on le veuille ou non. Ca vient encore tester nos limites, jouer avec nos certitudes, ça vient remuer, ça vient nous demander de redéfinir nos priorités, c’est un deuil qui semble ne pas avoir de fin. C’est frustrant, révoltant. On se sent impuissant.

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Quel choix?

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Un commentaire sur mon billet de samedi dernier m’a inspiré cet article.

Lâcher, partir, faire des choix, n’est-ce pas le plus difficile finalement, ce qui nous coute le plus? Comme on dit souvent “on sait ce qu’on laisse, pas ce qui nous attend”.

Alors on s’attache à nos habitudes, nos relations, nos schémas de vie, à ce qui est d’un certain côté rassurant même si cela menace insidieusement notre équilibre, nos bases. On fait avec, faute de pouvoir faire sans. Et puis ce qu’on connait finalement ce n’est pas si pesant, on s’en accommode pas si mal de nos obligations, alors bon, pourquoi pas remettre des sous dans la machine et repartir pour une nouvelle dizaine?

J’entends souvent des personnes dire “c’est la faute de”. En effet, on peut passer beaucoup de temps à rejeter la faute sur autrui, à vouloir prouver par A + B que si on ne fait pas telle ou telle chose c’est parce que nous manquons de confiance, nous n’avons pas eu la chance des autres, nous avons manqué le coche.

J’entends souvent aussi “pour moi c’est trop tard”, comme si il y avait une date de péremption pour faire des choix en accord avec nos valeurs et nos souhaits, comme si passé un certain âge nous étions forcés d’admettre que ce n’est plus la peine d’essayer.

Lâcher, quitter quelque chose, ça ne veut pas non plus dire claquer la porte et repartir à zéro, remettre en question toutes les sphères de sa vie, tout quitter sans un regard en arrière. Ca peut simplement vouloir dire faire quelques aménagements, changer de cadre, choisir un nouveau loisir, passer plus de temps avec d’autres personnes, abandonner une mauvaise habitude, commencer une thérapie pour soigner un mal être ou un trouble, se mettre au sport…

J’entends beaucoup de gens avec des excuses plein la bouche. Les enfants, les parents, les conjoints, l’âge, la situation géographique, l’argent et j’en passe. Je ne dis pas que tout choix est simple, loin de là! Je ne dis pas qu’il n’y a pas des personnes qui doivent être prises en compte dans nos décisions. Mais il n’y a qu’un pas entre l’impossible et le début de quelque chose de possible. Et c’est à la portée de tous.

Quels sont les actes qui vous ont semblé les plus difficiles à poser? Qu’est-ce que vous souhaiteriez lâché aujourd’hui? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire? Qui rendez-vous responsables (on le fait tous un jour ou l’autre!)?

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La saison du Scorpion

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Chercher, creuser, savoir, comprendre. Autant de mots, au temps d’une quête sans fin. Je suis faite de ça, de cette passion des petits récits, des émotions, sentiments las d’attendre d’être dits.

Je déconstruis pour reconstruire. J’approche les hauteurs vertigineuses et je plonge dans les profondeurs. Mon adrénaline à moi. Déterrer les secrets, déjouer les mystères, faire face à la nuit, les yeux grands ouverts. Et si le coeur s’emballe, revenir à l’essentiel, ce qui est là, au plus profond de mes veines, cette sève sans cesse nouvelle.

On me dit résiliente, peut-être, apte à transformer le métal le plus brut en poudre dorée. Mon signe du Zodiac est mon empreinte d’origine, longtemps camouflée, capable du meilleur comme du pire, d’après ce qui se dit!

Très douée pour l’autodestruction depuis ma plus tendre enfance, dans les mots et la créativité, j’ai trouvé de quoi m’en extraire. Lâcher la bête pour s’apaiser. Laisser la violence s’exprimer autrement que par des cris et des coups.

Mon esprit est sans cesse en ébullition, tout m’attire, tout me tire dans la direction d’une énième énigme à résoudre, d’une histoire à comprendre, conter, d’une expérience de vie à relater. Les lignes de la main me captivent, les destins des uns, des autres me séduisent, la profondeur d’un regard me saisie, l’expression de ce qui est et de ce qui aurait pu advenir si…

J’ai tenté d’étouffer ma personnalité. Encore une histoire de trop ou de pas assez. J’ai tenté de m’aligner à ce que j’aurai dû être pour ne pas froisser, ni bousculer. J’ai essayé de me fondre, de me confondre. J’ai lutté contre moi-même, pour une paix illusoire, juste bonne à me maintenir dans une vision acceptable.

J’ai la mélancolie facile, elle vient, elle part, elle m’offre mes plus belles lignes, quelques larmes au hasard. Il faudrait la refouler, j’ai choisi de l’embrasser plutôt que de la détester, cette mélancolie qui surgit au détour d’une chanson, d’un souvenir, d’un regard sur la vie posé, d’une mélodie murmurée.

La mort me fascine et la vie m’interroge. Je ne possède rien par crainte de le perdre. Derrière le contrôle qu’inconsciemment je m’impose je suis à fleur de peau, à chaque instant troublée par le monde, soufflée par les vents contraires, attirée par l’humain dans tout ce qu’il préserve, ce qu’il retient. J’aimerai pouvoir toucher du doigt la vulnérabilité de chacun, m’immiscer dans les tabous, les secrets contenus, les émotions refoulées, non par curiosité malsaine mais bien parce que c’est dans cette intimité là que se révèle le meilleur de moi-même.

Petite parenthèse nécessaire: je ne représente pas tous les natifs du scorpion. Le signe du Zodiac n’est rien sans son ascendant, ni la position des planètes dans un thème astral. Un signe n’est qu’un élément d’une personnalité.

Et vous, que ressentez-vous pendant cette saison? Etes-vous intéressés par l’astrologie?

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Fin de vie et énorme gâchis

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Le cardiologue a été direct. La valve ne pompe plus. Le coeur est irrigué par l’opération de je ne sais quel esprit, qui tente de garder la main sur la vie qui se termine. Ma grand-mère avance doucement vers la fin et elle laissera derrière elle plus de points d’interrogation que de réponses. Quelque part j’attends ce coup de fil qui mettra fin – nous l’espérons tous – au supplice de ma mère.

Une mère qui triche, divise, brise, une mère qui psychologiquement tue à petit feu, ça existe. D’où vient cette méchanceté, où prend racine cette frustration, quel est ce lien si particulier qui les lie, jusqu’à détruire?

Il faut remonter le fil du temps, et encore. Un mariage parce que la société est ainsi faite. Un enfant aussi. Pour éviter ce désastre, il aurait fallu que mon grand-père et ma grand-mère s’évitent dans les longs couloirs de la bourse. Mais ils se sont rencontrés, on peut imaginer qu’ils se sont aimés. Mon grand-père n’était pas homme à devenir époux ni père. Sur les photos, personne ne sourit jamais.

Je n’ai jamais pris parti ni pour l’un ni pour l’autre. J’ai aimé mon grand-père en connaissant le passé de ma mère et j’ai adoré pendant des années ma grand-mère. Sa première claque, elle se l’est prise juste avant de dire “oui” à l’église. Le ton était donné. Les violences ont duré dix ans. Dix ans pour ma grand-mère et dix ans pour ma mère. Je vous épargne les détails sordides. Dix années pendant lesquelles ma grand-mère a vécu sa vie de femme en dehors de la maison, délaissant sa fille pour les weekends et les vacances, lui préférant son amant.

Puis est arrivé ce que chacun redoutait peut-être le plus, une grossesse. Un enfant pas encore né qui a servi de monnaie d’échange. D’un côté un mari qui la menace de ne plus revoir sa fille si l’enfant nait et de l’autre un amant qui dit “oui” à l’enfant et non à sa fille. Un choix douloureux. Un avortement qui aurait pu lui couter la vie. Et soudain un amour démesuré pour sa fille voit le jour. Il lui a demandé de choisir, elle va choisir jusqu’au bout, jusqu’à le priver au maximum de son enfant. Elle va devenir le modèle de sa fille, la victime victorieuse d’un combat ancestral, elle va la protéger, se rendre indispensable. Elle va la modeler en douceur, jusqu’à l’avoir de son côté. Elle va l’aimer en lui répétant “pour toi j’ai tout donné, j’ai tout abandonné”. Elle va faire d’elle son trophée.

Il faudra à ma mère une dépression, un cancer, mille fois l’envie d’en finir, quinze ans de thérapie pour faire la paix avec son père et découvrir le vrai visage de sa mère. Les bleus des coups ne sont rien comparés à ceux des mots, de l’emprise.

Mon grand-père a quitté le domicile conjugal à la retraite. Il est parti vivre sa vie. Il a repris sa liberté. Et nous nous sommes véritablement rencontrés lui et moi. Je n’ai pas cherché à comprendre sa violence, j’ai intégré que j’avais la même en moi, que je lui ressemblais beaucoup. J’ai choisi de me faire aider pour que ce mal ne se perpétue pas.

Ma grand-mère est morte pour moi il y a 18 ans. Je n’oublie pas son investissement ni les bons moments passés. J’ai oublié beaucoup de mauvais. Elle est morte le jour où mon chagrin a été mis dans la balance face au sien. Moi de perdre ma mère, elle de perdre sa fille. Le jour où ma peur a été balayée d’un revers de main. Le jour où les vacheries se sont multipliées. Diviser pour mieux régner, une devise qui a bien failli tous nous bousiller.

J’ai depuis longtemps fait le deuil de notre relation, et le jour où j’ai compris qu’elle s’était servie de moi pour faire du mal à sa fille, j’ai réalisé que tout ce que je ferai pour elle désormais ne relèverait plus que du devoir.

Parler d’elle est presque impossible. Il faut savoir, il faut avoir vécu ce qu’on a vécu, il faut voir le mépris dans son regard et dans ses mots quand elle parle à et de ma mère. Et des autres, tous ceux qui ne répondent pas à ses critères. Il faut voir la façon dont elle a retourné sa veste pour mon père qu’elle a traité de tous les noms d’oiseaux pendant des années et a qui elle fait les yeux doux aujourd’hui. Elle ne s’est jamais remise en question et contre toute attente je crois qu’elle ne le fera jamais. Elle termine sa vie dans une profonde solitude, après avoir perdu au fil des ans toutes les personnes qu’elle disait aimer mais qu’elle a fait fuir, à qui elle a dit les pires saloperies en pensant que c’était justifié.

A l’extérieur, elle fait illusion, on la croit bonne, elle sait se faire apprécier. Elle charme, séduit, même à 91 ans. Elle cache sa véritable identité sous une grosse couche de générosité. A l’œil nu le mécanisme de sabotage est invisible. Elle vous adule, vous déteste. Elle joue le chaud, le froid, oublie, se souvient, est vache puis douce. Elle adore jouer à la victime. C’est à n’y rien comprendre. Et c’est ce qui fait que ça fonctionne. Ils sont nombreux à tomber dans le panneau, à venir nous faire la morale, nous dire que nous ne sommes pas à la hauteur. Elle est SI merveilleuse!

Je tiendrai ma parole jusqu’au bout, par respect pour la vie et ce qu’elle a donné, mal et pour les mauvaises raisons, mais qui nous a construites malgré tout. Je sais que pour ma sœur c’est plus compliqué. C’est une autre histoire. J’irai jusqu’au bout sans attente, pour soutenir ma mère surtout. J’ai réussi à déjouer les mécanismes de l’emprise, je reste factuelle, je ne partage plus rien, je l’écoute parler. Le gâchis est certain mais chacun est responsable de sa propre vie…

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Nos Schémas

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Hier, ma soeur me disait qu’elle se sentait jugée. Dans son quartier, la règle est un minimum de 3 enfants (et plus si affinités). Elle n’en a qu’1 et elle a toujours le droit à LA question “c’est un choix ou…?” C’est d’autant plus difficile pour elle qu’elle doit faire le deuil de ce deuxième enfant qu’elle désirait et qu’elle n’aura pas.

Je me demande toujours si les gens font leurs choix d’un conjoint, d’une vie à deux, d’une vie de famille, voir d’un travail en fonction de leurs propres désirs ou parce que cela correspond à une sorte de norme, parce que dans certains milieux c’est comme ça et pas autrement. Parce qu’on est habitué finalement et que tous les gens autour de nous font comme nous. On vit comme dans un cercle privé, privilégié.

C’est un peu comme les divorces, chez certains ça ne se fait pas. C’est mal vu, ça contrevient au schéma établi, au rituel rassurant. L’image est belle, c’est tout ce qui compte.

Je me demande ce que ça fait quand un petit caillou vient faire dérailler la machine, quand la route tracée prend des virages, quand un choc violent vient remettre en question tout le connu.

Ca ressemble à quoi la vie des gens qui font, qui sont comme il faut. Est-ce que ça dure toute une vie? Est-ce que ça cadre? Est-ce que ça guide?

Finalement est-ce que qu’on se pose des questions quand on suit la voie tracée, voie royale? Est-ce qu’on s’interroge sur nos choix de vie, est-ce qu’on pourrait les remettre en question? Est-ce qu’on se sent seulement prêt à le faire, à emprunter les chemins de traverse, peu, mal, fréquentés, les routes avec des bosses, des ronces, passages solitaires, étrangers?

Est-ce que c’est mieux pour autant d’aller à contre courant? D’envoyer tout valser? De vouloir choisir autre chose, autrement, quitte parfois à se prendre les pieds dans le tapis?

Quelle est la part d’inné, d’acquis, de conscient, d’inconscient dans nos choix de vie? Ou se situe notre libre arbitre, notre liberté dans un avenir presque déjà écrit, souhaité?

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La saison de la Balance

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J’avais oublié – j’oublie, j’ai cette faculté – d’année en année ce mois si particulier, cet univers de la Balance en quête de l’équilibre juste. La rentrée est arrivée et avec elle, l’envie de profiter des derniers instants de félicité de l’été. La vie à deux a repris sans tension. J’ai lâché les réseaux, retrouvé une forme de sérénité, le gout d’écrire à nouveau ailleurs qu’ici. J’ai pris le temps de jouer, de lire, de découvrir. Avec lui.

Lui, qui doucement prend ses aises, passe du temps avec ses copains, se sent pousser des ailes sur son skate. J’ai un peu oublié les miennes au passage. Chasser le naturel, il revient au galop!

Du vrai temps, planifié, choisi, autre que les quelques minutes du soir et l’heure remplie du matin. Je me suis laissée entrainer par un gros ras le bol de toutes ces belles théories qui pullulent. Un si gros que j’ai oublié que tout n’était pas à jeter non plus.

Après une semaine sous l’eau à rêver de voyages à n’en plus finir, d’agendas à remplir, de réglementations COVID (vivement qu’elles disparaissent!), je sens le besoin d’une vraie pause. Finalement les vacances seront les bienvenues en fin de mois.

Je ressens aussi le besoin de faire le vide de certaines choses et le plein d’autres laissées de côté, l’envie de m’octroyer du temps, juste pour moi, un vrai temps de reconnexion. Finalement peut-être qu’un rendez-vous régulier est ce qui me convient le mieux, même si parfois ça me rajoute des contraintes supplémentaires.

La Balance. Encore et Toujours. Etre prêt à perdre le nord pour mieux le retrouver. Lâcher puis revenir. Faire des essais. Rien n’est écrit ni gravé. Tout à chaque instant est à réinventer.

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Challenge Ecriture – Fin

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Il faut un début et une fin à tout. J’ai moins de temps et vous aussi. J’ai envie d’autres choses et vous aussi sûrement. Les idées ne manquent pas, mais je crois qu’il est temps de tourner la page de ce rendez-vous. Il y a bien un peu de nostalgie, de ce temps où les participations se comptaient sur les doigts des deux mains! Ce temps est révolu et ce n’est rien de moins, ni de plus que le cycle de la vie. “Go with the Flow”…

Merci à toutes celles et ceux qui ont participé, pour tout ce que chacun m’a apporté, de rires, d’émotion. Nous continuerons à échanger différemment et peut-être que de temps en temps je vous glisserai, ici ou là une idée, à décliner à votre façon!

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Couple: Attention Danger!

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Ecrire sur le sujet, j’avais donné. Je m’étais même dit que je pouvais tourner la page, de toute façon si les expériences des uns servaient aux autres, ça se saurait et le monde serait plus beau et moins cruel que ce qu’il est. Toutefois je ne peux pas oublier que l’expérience d’une femme est ce qui m’a en partie sauver la vie. Alors, que faire?

En en discutant avec ma sophrologue lors de notre dernière séance, je me suis rendue compte que de toute manière, que je le veuille ou non, cette expérience (comme les autres d’ailleurs) faisait partie intégrante de ma vie, que je pouvais la reléguer au fond d’un placard si je le souhaitais en me disant que je l’avais dépassée, qu’elle resterait ce qu’elle est et qu’elle pourrait potentiellement se rappeler à moi de temps en temps.

Alors, voilà, j’écrirai encore, de temps en temps, sur le sujet. Parce qu’il est d’actualité, parce que j’en ai marre de voir qu’on ne parle que de violence physique, alors que la violence revêt plein d’autres formes, parce que quand j’écoute les gens parler, il arrive que beaucoup de feux rouges s’allument et que si tout le monde se tait, la violence continuera à faire des victimes.

En écrivant mes états d’esprit ce matin, je me suis demandé à quoi ils auraient ressemblé si je les avais écris il y a 10 ans. Et bien, à peu près à ceux d’aujourd’hui ou de la semaine dernière. Parce qu’à l’époque quand je parlais de ma vie de couple, j’occultais complètement le moche. C’était une manière de me protéger. Si j’avais ouvert les vannes j’aurai perdu pied. J’avais besoin d’afficher un bonheur sans nuage pour survivre à mon quotidien. Mais attention, tout n’était pas noir et c’est bien pour cette raison que j’arrivais à me persuader que ce qui n’allait pas ne faisait pas le poids avec ce qui allait! Un bon dîner et j’oubliais les heures d’angoisse, un café pris en terrasse et j’occultais le silence glaçant des 7 derniers jours, un restaurant et je mettais sous le tapis les humiliations régulières.

Et puis je lui trouvais des excuses, une enfance difficile, une intégration compliquée, l’éloignement de sa famille, de sa culture. Parce qu’il en avait chié, il avait le droit de me pourrir la vie. La solution de facilité! Sauf que rien, absolument rien, ne légitime la violence, qu’elle soit dans les mots, les gestes, les menaces, la domination. Arrêtons un instant d’essayer de comprendre les bourreaux et intéressons nous pour de vrai aux victimes.

Alors mes états d’esprit auraient été plutôt positifs, ils auraient été le reflet d’une réalité rêvée, pour ne pas tomber, d’une réalité maquillée, pour que personne ne sache. Si quelqu’un avait su, quels auraient été mes choix? Partir, je n’en avais pas le courage. Pas encore. Alors qui aurait compris? Qui aurait compris que je reste dans une relation destructrice qui me bouffait mon énergie et ma santé psychique? Qui aurait permis que cette mascarade continue? Qui serait resté à mes côtés?

Tout le monde ou presque avait des doutes, mais je donnais si bien le change que c’était difficile de voir au delà de la façade tranquille et souriante que j’affichais en toute circonstance à l’extérieur. Les larmes, les cris, ce n’était que chez moi, la porte fermée à clé, quand je savais qu’il n’était pas là. Je n’ai jamais parlé de lui en négatif. Il faut dire qu’au début c’était presque un dieu pour moi. A cette époque, je ne voyais pas le toxique, je pensais que ses sautes d’humeur, ses mots blessants, ses attitudes déplaisantes étaient liées à une très grande sensibilité. La belle affaire! A cette époque, j’étais dans la remise en question permanente. Je me disais que c’était à moi de changer, que c’était moi qui voyait le mal partout, qu’il fallait juste le comprendre, que la vie à deux c’était des hauts et des bas et que tout allait bien, donc. Je ne voulais pas voir que j’avais changé (et pas en bien), je ne voulais pas voir que j’étais malheureuse. J’étais dans le déni total. Je dérivais sans m’en apercevoir.

Alors bien sûr aujourd’hui c’est plus facile pour moi de voir les signaux d’alarme. Ce qui ne veut pas dire que je puisse faire quoi que ce soit ou que je sois à l’abri. Par contre je peux écrire, je peux dire et je peux alerter. Après, chacun son histoire, chacun son chemin et sa façon de le mener.

J’ai appris de cette expérience que le couple n’est pas tyran, il n’est pas toxique, il n’est pas là pour nous challenger sans cesse, il n’est pas conflit permanent. Il n’a pas vocation à nous montrer nos ombres, nos failles 365 jours par an. Le couple n’est pas la domination d’une personne sur une autre ni la soumission d’une personne a une autre. Le couple est complémentaire et si il nous apporte plus de larmes, de peur que de rires et de confiance, alors la question “à quoi bon vraiment le vivre” se pose?

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Nouveau Livre

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J’ai longtemps pensé qu’un évènement viendrait clore une séquence de vie, qu’il suffisait d’attendre. Comme on attend le départ d’un train, une semaine de vacances ou un quelconque déclic – le bon moment en quelque sorte!

Un départ, un divorce, une rencontre, un ou plusieurs déménagements plus tard. Et des centaines de mots mis bout à bout pour exorciser une tranche de vie. Je peux attendre encore longtemps. Parce que finalement n’est-ce pas moi qui suis aux commandes? N’est-ce pas à moi que revient le droit, le choix?

J’ai disséquer le passé, j’ai tout écrit, tout vidé et fut un temps c’était nécessaire, voir vital. Il fallait venir à bout de la colère, de la peur, du déni, de la honte, du chagrin, de la souffrance, des masques portés, des blessures. Que reste t-il de tout ça aujourd’hui?

Des cicatrices. Que le temps, la poésie, l’amour ont apaisé. Je pense aujourd’hui que nos expériences de vie sont ce qu’elles sont, elles ne servent rien en particulier, aucun dessein, aucun but précis. Pourquoi toujours vouloir chercher un sens? Pourquoi toujours vouloir que ça puisse servir aux autres?

Est-ce qu’elles nous rendent plus forts? Ca reste à prouver! Elles nous changent inévitablement. Cette parenthèse me donne d’être plus bienveillante, d’être davantage dans l’acceptation de l’autre, plus dans l’écoute et moins dans le jugement. J’y serai peut-être arrivée d’une autre manière!

J’ai perdu énormément de temps à vouloir pardonner, à tenter de porter un regard “positif” sur notre histoire. J’ai voulu être une fille bien. Quelle connerie!

Je n’ai pas de recette miracle à partager, je ne sais pas comment j’en suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui. J’ai juste fait un pas après l’autre. Je me suis souvent perdue en cours de route. J’ai cherché dans la vie des autres des réponses à mes manques. J’ai voulu être différente. Je n’ai pas de conseils, d’avis, de solutions, d’idées sur la question. Je pense que je pourrais écrire encore et encore et encore sur le sujet, il y aura toujours quelque chose à dire, une ligne de plus à écrire. Sur hier et sur aujourd’hui. Il y aura toujours lui, son fantôme ou sa présence.

Mais je peux choisir de dire aurevoir. Je me sens appelée à vivre. Et la vie autour de moi, elle n’attend que ça, que je pose le point final. Au bout d’un moment on ne fait que disserter sur du vent, c’est lassant et le vent s’en moque! Je sais que certains, certaines aimeraient que j’en sorte encore des mots pour raconter tout cela. Je n’en ai plus envie. J’ai envie de soleil et de joie, de jouir de la vie, celle à laquelle je me suis accrochée finalement, de profiter des chances qui s’offrent à moi, de ne plus regarder une situation à la lumière de ce qui ne fut pas de l’amour. Je ne veux plus comparer ni tenter de convaincre qui que ce soit non plus.

Je suis riche de ce que je suis, de ce que je sais et de ce qui est là, à portée de regard et de cœur. Je ferme la porte. J’ouvre un nouveau livre…

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Challenge Ecriture 20

Quel vacarme !
Ce train bondé me donne envie de retourner au frais, une citronnade à portée de main, à l’ombre d’un bosquet, picorer dans les restes du dernier apéritif tardif. Je regarderais les coccinelles, divas parées pour la soirée, et leur ballet gracieux dessiner un labyrinthe d’heureux dénouements. Une vraie régalade.
J’avance d’un pas sûr dans l’allée qui me mène à mon fauteuil. Je reste focus sur la destination. Elle seule a de quoi me maintenir en action.
Une action comme une ritournelle qu’on fredonne les soirs d’hiver pour se tenir chaud. J’ai fait le grand saut.
J’ai laissé derrière moi le pavillon de banlieue et les cris des enfants sur les pelouses voisines, mon ectoplasme de misère qui me donnait l’illusion de servir à quelque chose.
J’ai laissé toutes ces choses qui ont composé ma vie pendant plus de 40 ans. Une évidence, de celle qu’on nomme un jour quand tous les recours pour vivre ont été épuisés, quand on s’est plus trompés qu’aimés.

Le challenge écriture reprendra en septembre. En attendant, je vous souhaite un bel et doux été!

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La liberté d’être soi

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You can’t blend in when you are born to stand out” – Wonder de RJ Palacio

Quand j’ai lu cette phrase elle m’a tout de suite plu!

La grosse claque émotionnelle de juin m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. J’ai ouvert les vannes et je crois que c’était nécessaire. Les questions que je me pose, les doutes que je peux avoir, résultent souvent de ma relation à moi-même. J’ai toujours eu et j’ai toujours du mal à me positionner entre ce qui est juste pour moi et ce qui est juste au niveau de la société., entre ce qui fait sens pour moi et ce qui est acceptable en société.

Aujourd’hui, les choses et les genres sont moins cloisonnés. Nous ne sommes plus contraints de vivre d’une certaine manière. Toutefois il y a toujours des codes, des règles, des cases, des choses jugées correctes et d’autres moins. Il y a une trame, plus ou moins flexible, en fonction de notre éducation et de nos valeurs. Il y a tout ce que nous connaissons et les chemins un peu plus à l’écart qui nous attirent mais sur lesquels nous n’osons pas toujours nous aventurer – sous prétexte que ça ne se fait pas!

Pourquoi?

Parce que cela, bien souvent, vient remettre en question l’ordre établi, la vision que les autres ont de nous, nos liens. Nos choix ne sont pas toujours bien vus, acceptés. Ils peuvent parfois profondément bousculer ceux que nous aimons. La liberté de penser, d’être, autant d’évidences qui, au cœur du quotidien, peuvent peser un peu lourd. Parce que tout un chacun juge aisément. Parce qu’il y a encore énormément de sujets tabous, de clichés, de visions moralisatrices.

J’ai beaucoup vécu dans ma tête, dans mes rêves, comme pour m’évader d’une réalité dans laquelle je ne trouvais pas mes marques. Déjà très jeune, je ne voulais pas des modèles qu’on me proposait, je n’avais pas les mêmes envies que beaucoup de mes amies. Je me suis sentie en marge très souvent et puis j’ai plus ou moins adhéré à un moule. J’ai trouvé que c’était plus simple d’appartenir que de me démarquer.

Aujourd’hui, ça devient plus difficile d’appartenir! Parce que ça ne me correspond pas. Et si je peux mentir aux autres, je ne peux plus me mentir à moi-même. La liberté est une audace que je veux pouvoir m’offrir. Même si je sais qu’il y aura encore ces moments où mes envies seront chahutées par mon mental et ses idées toutes faites, où je reculerais par crainte de décevoir celles et ceux qui comptent pour moi, par crainte de ne pas être comprise, acceptée.

Elles sont rares les personnes dans mon entourage qui me connaissent vraiment, avec qui je partage tout ce que je suis, sans crainte. Elles sont d’autant plus précieuses. Pour les autres, j’ai conscience qu’il y a peut-être des choses qui ne se disent pas. J’enlève pas à pas les masques qui ne me plaisent plus, je slalome entre les lignes, je teste ce qui peut être confié ou pas.

L’ouverture de l’esprit, du cœur c’est ce que j’expérimente un peu plus chaque jour. Je deviens celle que j’ai toujours été, cachée derrière des couches de protection et de contrôle. Il y a des sentiments qui offrent cette chance de s’affranchir de ce qui pèse, qui donnent des ailes, même si cette liberté peut faire peur, même si c’est à des années lumières de ce qu’on croyait envisageable.

Entre moi et moi, ce sera peut-être toujours un peu folklorique, douloureux. Mais quand je regarde le chemin parcouru je réalise que tous ces moments de profonde réflexion, introspection ont débouché sur un réalignement personnel essentiel et une relation aux autres plus vraie.

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La troisième voie

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Rester ou Partir

Tout est choix, c’est ce qu’on ne cesse de nous répéter. C’est ce qu’on ne cesse de nous proposer. Toujours un choix entre deux choses, deux situations, deux histoires. Choix de vie à peser pour que celui ci ne pèse pas. Pas trop lourd. Choix facile ou fragile. Tout dépend de tellement de choses.

Le bien, le mal. Le vrai, le faux. Le juste, l’injuste. Le froid, le chaud. Le rêve et la réalité. Un mode binaire engrammé dans nos gênes. Nous restons bien souvent attachés à une certaine vérité. Qui n’est en fin de compte que la nôtre.

Et si?

Si il existait une troisième voie? Et pas seulement une troisième d’ailleurs, mais une multitude de chemins. Et si il y avait autre chose, quelque chose que nous pourrions créer de nous-mêmes, entre partir ou rester. Même pas. Entre rien. Juste ouvrir une brèche, une porte et voir où cela nous mène.

Il est des situations dans lesquelles rester ou partir s’impose. Et puis d’autres dans lesquelles, si nous nous ouvrons à plus grand, à moins figé, si nous restons dans l’instant, alors au bout de nos émotions parfois violentes, au gré des mouvements et des cycles, il y a je pense une variété de possibles.

C’est cette voix que je choisis d’écouter, cette voie que je souhaite suivre, voie créative par excellence, qui me dit que je suis actrice de ma vie. Voie colorée et parfumée. Une voie qui voit au-delà des codes et des routes tracées. Une voie qui m’appelle à m’ouvrir aux opportunités, à ne pas rester prisonnière de ce qui se fait ou ne se fait pas.

Une voie qui me relie à l’énergie du vivant. Le chemin est inconnu, il se déroule sous mes pas, à mesure que j’avance. Il est aujourd’hui sans demain précis. Il est ce qui est juste pour moi.

Et vous, ça vous parle cette idée là?

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 25.06.2021

Vendredi déjà, ou plutôt enfin. Cette semaine n’a certainement pas été la meilleure du mois! Mais on garde le cap, malgré l’envie certaine de me prendre par la main et de m’enfuir sur une ile déserte, loin de tout!! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et j’espère qu’ils se portent bien (Zenopia et The Postman).

Début [13:02]

Photo: Se souvenir des belles choses…

Fatigue: entre la fête de musique, la pleine lune, l’éclipse, la saison du Cancer, Venus, Pluton et tout le reste, je crois que vous avez une petite idée!!
Humeur: lunaire…
Estomac: ne sait plus trop où il en est non plus
Esprit: es-tu là??
Cond. phys / Bien être. : j’ai quand même continué à prendre soin de moi entre deux crises de larmes et ne suis pas tombée dans la déchéance à la Bridget Jones!

Projet/Boulot: Déménagement et formations aux nouveaux locaux.

Culture:

LIVRES “la guerre des lulus” avec loulou BD sur la première guerre mondiale – Un livre sur Frida Kahlo – Oscar et la Dame Rose de Éric-Emmanuel Schmitt et Wonder de RJ Palacio

FILMS / DOCUMENTAIRES: Bridget Jones! Merci Bridget de toujours être là quand la vie ne tourne plus très rond!

Penser à: écrire pour y voir plus clair, pour partager, pour savoir ce que je veux, ce que je peux, ce qui vient de moi, ce qui vient de la société, enfin pour faire le tri…

Les jolis moments: on va bien en trouver, allez, allez, on se motive! Un croissant au beurre, discuter, marcher dans la rue sans masque, des partages, une belle fête des pères (le mien!)

Message perso: (1) Contente que tu ailles mieux! (2) Merci d’avoir respecté mon besoin de silence – ce n’est pas si évident pour tout le monde (3) Bon weekend à tous! (4) Je pense que c’est important qu’on se parle, de toute façon c’est toujours important de se parler!

Loulou: je crois que je le saoule en ce moment, d’anniversaire ce weekend et de match demain à 9h (j’adooooooore le foot!!!!)

Amitiés : se confier ça fait du bien même si chacune donne un avis en fonction de son propre fonctionnement.
Love : je crois qu’il y a l’option “compliqué” sur Facebook. Sans rire! Ce n’est pas lui qui est compliqué, c’est moi qui me suis pris une grosse claque émotionnelle. Et le reste a suivi. C’est vite compliqué de vivre dans ma tête!! C’est peut-être pas si mal que ça au final. Je sens qu’on était en train de dériver sans s’en rendre compte…

Sorties : foot, anniversaires, courses cadeaux
Essentiel: je donne ma langue au chat…
Courses: vacances et anniversaires
Envie de: rien (genre “j’ai tout” ou style” foutez moi la paix!”? – mon coeur balance…

Zic: Entendues à la fête de la musique (comme quoi ça sert à quelque chose, à part empêcher les gens de dormir!)

Fin [13:35]

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture #18

Qu’est-ce que cela ferait des projets ?

Projets de cœur, débattus au creux de la nuit, au dessin de l’aube.
Aube nouvelle, vierge de connaissance, de savoir.
Savoir que l’on se lèvera, un jour prochain, dans quelque habitude.
Habitude chérie, non de celle de la routine bien huilée, mais plutôt un temps comme un repère.
Repère, un phare, une lueur, une histoire.

Histoire de dire, histoire d’écrire une fin qui ressemblerait au début.
Débuts prometteurs, dans lesquels on oublie ce qui a le pouvoir de nous faire épouser une réalité que l’on tait, un secret.
Secret du cœur, corps en liesse, silence sur ce qui laisse des traces comme des éclats.

Eclats de vie qui doucement s’évaporent au gré d’un temps qui ne nous appartient pas.
Pas à pas, faire la lumière sur ce qui n’est pas, sur ce qui est juste.
Juste de quoi s’interroger sur les raisons d’une vie choisie, sans avenir, sans projet…

Retrouvez les autres participations ici: Chez Marie, Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine (#19), je vous invite à faire une liste de 20 titres de chansons que vous aimez ou connaissez. Puis d’écrire un texte en intégrant ces titres! Bonne fête de la musique!

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Pour lui plaire…

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Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.