Une histoire de confiance

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Nous avons tous / toutes vécus des des revirements de situations. Que ceux ci soient  amoureux, amicaux, familiaux, professionnels. Nous avons tous fait face un jour ou l’autre à un départ inattendu, une séparation. Nous avons donné notre confiance à des personnes qui s’en sont moquées. Ouvertement parfois. Certains mensonges nous ont bousculés, beaucoup. Certains secrets ont été divulgués, sans notre consentement. Certaines révélations marquèrent la fin de quelque chose qui ressemblait vaguement à de l’innocence.

La confiance, certains la donnent en deux minutes top-chrono. Pour d’autres, il faut du temps, beaucoup de temps, le temps d’être rassuré, le temps que l’autre fasse ses preuves, le temps des mots et le temps des actes, le temps de la parole donnée et assumée.

La confiance, quand elle est trahie, certains la reprennent en deux minutes top-chrono, d’autres sont fervents défenseurs de la fameuse “deuxième chance”.  Certains font le serment de ne plus jamais faire confiance. Ni à la personne qui les a trahit, ni à personne d’autre d’ailleurs.

Certains font confiance à tout le monde, quand d’autres ne font confiance à personne. Quand l’insouciance dicte les pas des premiers, la méfiance dicte ceux des seconds. Et si on se fiait plutôt à nos intuitions…

La confiance est un ressenti entier, c’est ce qui nous permet d’entrer en relation avec l’autre. Sans confiance, nous risquons fort de rester sur le bas côté à regarder la vie passer. Toutefois une confiance mise à mal, au delà de la blessure, a des conséquences. Sur la confiance en générale et la confiance en soi en particulier. Faire à nouveau confiance demande d’apprendre à bien / mieux se connaître et d’être capable de faire la part des choses entre ce qu’on a connu et ce qui se présente.

La confiance c’est aussi beau et fragile que de la porcelaine.

Il n’y a pas de miracle. La confiance c’est comme beaucoup de choses, ça s’apprend et çà se construit, ça s’entretient et ça se nourrit. De l’intérieur.

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Les heures exquises

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La voiture file sur la route, presque déserte. Elle voit les kilomètres défiler et saisit le temps qu’il leur reste. Si peu. Les minutes se dispersent dans l’air, bulles en équilibre, et d’ici quelques instants, le temps se sera enfuit. Il faudra repartir, chacun de son côté. Fin de la parenthèse acidulée. Lui, retrouver sa famille, elle la sienne. Heureux, certains et pourtant elle ne peut s’empêcher de vouloir retenir ces nanoparticules d’heures exquises à être avec lui, fredonner les chansons qu’il aime, poser ses yeux sur ses mains, les contempler encore, dans les moindres détails, les apprivoiser du coin de ses cils en émoi.

Hier, cet hier d’il y a quelques mois, ils ne connaissaient rien l’un de l’autre. Le destin se doutait-il qu’ils allaient se croiser, s’aimer, qu’il deviendrait sa terre, son hémisphère, sa première pensée du matin, sa dernière du soir ?

Elle se remémore…

La brume sur les reliefs, la campagne qui se réveille. Et eux, dans les bras l’un de l’autre, leurs corps alanguis chargés d’électricité, celle qui les pousse à s’étreindre, à fusionner. Il suffira d’un frisson pour les faire basculer dans un dédale de gourmandises, seulement interrompues par de tendres baisers. Dehors, le soleil émerge timidement d’un sommeil paisible. Ses rayons se posent sur la vitre et déposent des pépites d’or sur les murs de la chambre. Ils attrapent au vol des murmures. Le silence les enveloppe de cette quiétude qui manque tant au cœur du chaos de la ville.

Des souvenirs comme des perles de pluie. Et puis…

Un souffle. De la buée sur les carreaux. A l’intérieur, l’incendie de leurs peaux exposées. L’envie qui se respire. Le goût salé de son épiderme et la fièvre de ses mots. Il se fait poète, tout en sensualité. Son être la déshabille de tout ce qui l’empêche et l’habille d’audace, celle dans laquelle elle lui transfère tout pouvoir sur son plaisir à venir.

La nature prend ses aises, les feuilles des arbres tourbillonnent à leurs pieds, emportées par le vent frais de novembre. Ils tremblent de bonheur.

Quel jour sommes-nous déjà ? Quand faudra-t-il prendre la route ? Ces questions, chacun les chasse d’un revers de manche. Pas encore. Seul le présent compte. Plus tard ils retraceront ces heures, seuls, les soirs de blues, à deux, du bout de la langue, antidote précieux. Le ciel, bleu. Puis la pluie, fine, qui tambourine sur les carreaux. Le thé fumant partagé, la fatigue accumulée, les notes du piano. Ce sourire. La symphonie qu’ils composent, une qui colle aux tripes et se moque des conventions. Ils regardent droit devant eux. La ligne d’horizon, les collines, les champs à perte de vue, les vignobles à gauche et la liberté de l’autre côté.

Les kilomètres ne sont plus. Il ne reste que des mètres. ll faudrait pouvoir les savourer. Elle ne le peut pas. Ensemble et séparés déjà. Il va falloir se dire au revoir. Pas encore. Si seulement, pas cette fois. Ils s’embrassent, la porte claque, la voiture démarre et entre eux, le vide prend ses aises. Ils ne se quittent pas. Il part vers une autre vie dans laquelle elle n’est pas. Son cœur, dès lors, en manque, lâche sur le papier tous ces grains de sable dans lesquels sont gravés, pour toujours : en souvenir de nous.

Ce texte a été écrit (et légèrement modifié) dans le cadre du concours Edilivre 2018.

Quand le bonheur fait peur!

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J’ai bien conscience que bonheur et peur ne sont pas forcément des mots qu’on voit ensemble généralement. Toutefois, je peux vous dire, d’expérience, que parfois le bonheur fait peur. Oui, surtout quand on n’y a pas été habitué, quand on nous a rabâché que le bonheur c’était une illusion ou que si il existait, c’était pour les autres, quand on a grandit avec l’idée que le bonheur ça se mérite!

Je me souviens…

Pendant les premières semaines que la vie m’offrait avec lui, la peur ne m’a pas quittée. Ou alors juste quelques heures volées. Le combat était acharné. J’ai bien faillit dire « stop », tout arrêter. J’ai été tentée des dizaines de fois, peut-être plus. Partir sans se retourner. Et chaque fois, je me disais qu’il serait vain de fuir, que cette chance, il fallait la saisir et laisser le passé derrière. Plus facile à dire qu’à faire.

J’avais l’impression d’être détentrice d’un trésor trop volumineux pour moi. Je ne savais pas quoi en faire, ni comment me placer par rapport à lui. Cette configuration nouvelle pour moi me laissait chancelante, incertaine.

Si le bonheur se méritait, c’est qu’il fallait donner quelque chose en échange. Qu’est-ce que j’avais à donner? A part des doutes, mes démons, des angoisses bien ancrées, un besoin omniprésent d’être rassurée. A part la crainte que le premier souffle du vent d’automne l’emporte loin de moi. Justement parce que mes mains étaient vides et que mes cauchemars étaient denses.

Qui refuse le bonheur quand il se présente ?

Les personnes qui ne se sentent pas à la hauteur, qui pensent qu’on les aime sans les connaître et qu’une fois qu’on les connait on ne les aime plus. Les personnes qui manquent de confiance, qui ne s’aiment pas.

Le bonheur est troublant quand on l’appréhende pour la première fois. Il est tellement loin de tout ce qu’on a connu, tellement loin de ce qu’on a appris. Alors on déconstruit pour reconstruire. On lâche pour avancer. On le regarde en face et on ose un “oui”. Croire au bonheur c’est avoir foi en la vie. Et cela vaut pour toutes les rencontres, pour tous les chemins. Cela vaut pour l’amour comme l’amitié. Le bonheur ne connait qu’une réalité, celle qu’on veut bien lui donner.

Et vous le bonheur? Inné ou acquis? En avez-vous eu peur un jour? Pensez-vous que c’est une fantaisie, un droit?

Le rêve du silence

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Bip. Bip. Bip. Ce n’est pas le réveil, juste une énième notification sur ton téléphone. Une fois, deux fois, dix fois, cinquante fois dans la journée, le Bip Bip Bip résonne.Tu as reçu un message. XYZ a aimé ton commentaire. XYZ a répondu à ton commentaire. AZE a partagé ta publication. Tu as quatre messages non-lus sur Facebook. Deux personnes te demandent comme amis. Rejoins le groupe de ZER pour partager tes bonheurs de la semaine…

OTY a publié une photo. OTY a publié une photo. OTY a publié une photo…

Les mails se suivent et se ressemblent. Newsletter mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. Chacune son créneau horaire. Chacune son message, chacune son offre. Des inconnus qui tout au long de la journée te disent “je peux changer ta vie” – “sois fière de toi, tu es belle” – “tu as toi aussi essayé le flux instinctif, dis-moi tout” – “l’offre que je te propose est révolutionnaire” – “je peux t’aider à devenir une femme épanouie” – “la couleur de ta semaine est…” – “j’ai développé le programme fait pour toi” – “tu n’as rien à faire, juste à être” – “la peur est en toi, il est temps de la regarder en face” – “tu peux gagner beaucoup d’argent, il suffit de le vouloir” – “retrouve confiance en quinze jours” – “si j’ai réussi, tu peux y arriver, dis-moi tout…”

Les minutes sont devenues des heures et les heures ont filé. Sans moi. J’étais là sans être là. Pas dans l’instant en tous cas. J’étais entre la newsletter qui me proposait un programme révolutionnaire pour entrer en contact avec mes guides spirituels et une story Instagram qui me parlait féminisme et beauté de la nature – maintenant il ne suffisait plus de la vivre, il fallait la partager avec la terre entière pour qu’elle existe. J’étais dans un fil quasi ininterrompu d’informations qui ne me parlaient pas mais que je faisais défiler par habitude. J’étais dans le 25e message envoyé sur le groupe Whats’app des parents de l’école qui dissertaient sur la tenue appropriée pour le prochain cours de tennis. J’errais entre le partage de l’une, de l’autre, entre un “peut-être” et un “peut-être pas”, entre “tiens j’achèterais bien ce bouquin” et “ou pourquoi pas cette huile de massage”. J’écoutais des étrangers parler de leur routine beauté et de leurs fringues achetées en vide-grenier. J’étais dans l’apparence, dans l’appartenance à un truc vide de sens pour moi. Certainement pas dans le plaisir du soleil sur mon visage, pas dans le souvenir de la douceur de sa peau.

Beaucoup de bruit. Trop de bruit. Trop de bip. Trop d’informations. Trop de propositions. Le vacarme, le chaos et la perte d’équilibre.

Trop.

D’un coup j’avais besoin de silence, de me reconnecter à moi, de revenir à l’intérieur, de lâcher toutes ces newsletters qui au lieu de m’apporter un peu de bien-être me filaient le tournis. De partir loin des notifications, de cette pression de chaque instant. Que je m’imposais en tant que spectatrice, en tant qu’actrice. Quelle était devenue la valeur de mon partage? Qu’est-ce que je cherchais, qu’est-ce que je fuyais dans cette course à la “proposition qui va changer votre vie”?

Trop de bruit. Stop. J’arrête tout. J’arrête cette machine infernale, cette recherche de likes à tout va, ces chiffres qui ne veulent rien dire. Je mets le frein à main avant que le bruit ne devienne trop assourdissant, avant que je m’y habitue surtout, avant que je ne me rende plus compte de rien.

Le silence. Oui le silence. L’apaisement. Le calme. Les rayons du soleil. La caresse du vent. Les rires des enfants. La vie, sans téléphone. Penser à lui. Penser à toutes ces histoires qui n’attendent que moi pour voir le jour. Photographier le monde, juste pour le plaisir de ce temps là. Le regarder vivre. Être là, dans chaque instant. Et savourer le silence. Surtout savourer le silence. Vivre.

 

On ne peut sauver personne!

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C’est un fait.

Quand on ne le sait pas, on se sent prêt à se perdre corps (et âme) pour l’autre. L’esprit de sacrifice. On cherchera par tous moyens à le/la sortir de telle ou telle histoire, à la diriger vers tel ou tel chemin. En vain. Guérir est un choix personnel. Personne ne peut agir pour une autre personne, l’aider, l’accompagner, si cette personne n’a pas fait ce choix, en elle-même, pour elle-même. Vouloir à tous prix sauver l’autre résulte soit d’une médiocre estime de soi qui a besoin d’un acte fondateur pour espérer s’améliorer, soit d’une forte estime de soi ou beaucoup d’insouciance (je pense à l’amour d’un enfant pour son parent par exemple) qui imagine qu’il peut tout (même ce qui semble par essence impossible).

Quand on le sait. Ou qu’on le comprend enfin, c’est encore un peu compliqué à accepter. C’est compliqué de se dire qu’on ne peut rien pour l’autre, que chacun a son histoire, chacun ses forces et ses faiblesses, chacun aussi ses priorités. C’est compliqué d’accepté de voir une personne que l’on aime sombrer. C’est difficile de se sentir impuissant face au chagrin, à la douleur, aux épreuves de la vie de quelqu’un qu’on aime.

Toutefois on peut écouter, être présent, proposer un avis, donner un conseil, soutenir. Rien de plus. Le cheminement est intérieur. Si la personne ne veut pas le faire ou n’est pas capable, à un instant T de le faire, qui sommes nous pour lui imposer une manière d’être et d’agir?

Quand on l’intègre, c’est presque une libération. De soi. De l’autre. c’est accepter chacun tel qu’il / elle est. C’est accepter nos limites. Et les siennes. C’est accepter qu’il peut choisir telle ou telle voie et que celle-ci peut être à l’opposée de ce que nous aurions fait. C’est son chemin, sa vie. Vouloir lui éviter des erreurs, des impasses, des chutes est humain. Mais c’est aussi lui manquer de respect, ne pas le juger apte à faire face, à choisir la bonne route.

Sauver l’autre n’est pas de notre ressort. La seule personne à laquelle nous pouvons venir en aide, c’est nous-mêmes. Mais sommes-nous prêts à cela? Sommes-nous d’attaque pour plonger dans les profondeurs de la connaissance du Soi?

Votre avis m’intéresse…

Un secret

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A toutes les femmes, tout ce qu’elles n’osent pas dire, tout ce qu’elles gardent en elles, tout ce qui les fait trembler – et oser aussi.

Son secret.
Un secret bien gardé. Nul ne sait.

Qui comprendrait ?
Qui lui demanderait « pourquoi » ?
Qui serait là ?
Qui dirait juste « je comprends » ?

Son secret.
Parfois léger.
Parfois lourd à porter.
Un secret délicat.
Un secret d’elle à elle. D’elle à lui.
Mais à lui non plus elle ne le dit pas.

Lui, il sait.
Il est le secret. En partie.
Il ne sait pas les doutes.
Il s’en doute. Peut-être.

Il ne dira rien. Il ne changera rien.
Elle n’y changerait rien.

Pourtant parfois.
Un évènement, un mot, une idée.
Et quelque chose se glisse.
La tracasse.

Son secret est sous bonne garde.

Elle aimerait
Juste être écoutée.
Juste se dire. Sans chercher à être réconfortée.
Juste pouvoir en parler librement.

Elle ne le peut pas
Elle n’y arrive pas

Elle reste avec son cœur un peu chamboulé.
Elle sait que cela passera.
Tout passe.

Puis l’amour est là.
Alors le secret devient d’un coup un peu plus léger à porter.

Le choix de Lucie

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Le bateau prenait l’eau. De toutes parts. Il naviguait à vu sur une mer houleuse. Les haubans tanguaient même sans les assauts du vent. A quai? il ne faisait pas meilleure impression qu’au large de côtes étrangères. Lucie le savait, elle regardait le bateau s’enfoncer dans les eaux troubles. Pourtant elle refusait de voir, elle posait sur l’évidence un regard noir. Les mises en garde de Sibylle n’y changeaient rien. Elle ne pouvait pas comprendre de toute façon. Personne ne le pouvait.

L’histoire s’écrivait en vase clos, dans l’intimité de leur relation. Certaine que sa présence, son amour, pouvaient tout, même resserrer les liens les plus distendus, Lucie s’appliquait à être la plus parfaite possible. Elle excellait dans ses études, décrochait les meilleurs stages, passait ses vacances à la maison. Toutes ses vacances. Chaque jour de congé. Ses copines, surtout Sibylle, tentaient de la raisonner. Rien n’y faisait. Elle ne laisserait pas le bateau sombrer, pas complètement. Elle le maintenait à flot, à sa façon. Tout le monde donnait le change et chaque fois qu’elle voyait son père avoir un geste tendre envers sa mère, cela la confortait dans ses choix.

Sibylle tentait de la raisonner. Tantôt en douceur, pour ne pas la brusquer. Tantôt en la bousculant justement, en la chahutant comme un cocotier, pour qu’elle réagisse enfin, qu’elle enlève les peaux de banane qu’elle prenait un malin plaisir à repositionner sur ses yeux chaque fois que ses illusions prenaient une claque. Rien à faire. Sibylle s’éloignait, en regardant Lucie se perdre, pour un combat qui n’était pas le sien.

Comment peut-on vraiment accepter que deux personnes qui se sont aimées ne s’aiment plus? Comment peut-on valider cet éloignement, regarder en face ce naufrage, se dire que nous n’y pouvons rien, que tout notre amour ne sert à rien?

Lucie laissait ces questions tourner en boucle dans sa tête. Fuir, prendre ses distances, ce serait presque un délit, sanctionné par le code pénal. Lucie ne pouvait pas. Il ne restait qu’elle, la dernière force, la preuve de l’amour passé, le souvenir de ce qui fut et se disperse aux quatre vents. Depuis combien de temps d’ailleurs? A t-elle été désirée? Ou n’est-elle, comme tant d’autres, que ce maillon fragile censé solidifier un couple à la dérive?

Lucie refuse ce chaos là. Elle préfère rester et croire que l’amour les sauvera. Peut-être qu’elle a raison. Sibylle n’y croit pas.

Si vous êtes intéressés par d’autres nouvelles, découvrez mon recueil La Vraie Vie.

 

Le temps d’écrire…

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Est-ce le temps qui manque? Ou bien les jours qui sont plus chargés? L’envie d’autre chose? Une baisse de motivation?

Ça pourrait être tout ça, un peu plus, un peu moins. L’activité au bureau est légèrement plus soutenue. Et puis mon coaching avance, bien, très bien, et il est temps de passer à l’action. Je ne vous en dirai pas davantage ici aujourd’hui, tout simplement parce que c’est en cours de gestation et que pour une fois, j’ai envie de garder ça pour moi, encore un peu…

Je me suis fais la réflexion hier: et si je ne travaillais plus dans un bureau, si je n’avais plus cette liberté de bloguer quand ça me chante entre 9h et 18h, comment je ferais pour maintenir cet espace (et les autres) à flot, comment je ferais pour (presque) tous vous lire et commenter vos articles?

J’écrirai moins souvent c’est sûr. En tous cas moins ici. Parce que j’écris ailleurs, vous le savez. Et j’ai toujours plein d’envies aussi, que je ne peux pas toujours satisfaire d’ailleurs. Je pourrais ici vous donner les grandes lignes de ces envies, de ces souhaits, de ces rêves. Encore une fois je vais garder ça pour moi, parce que j’ai remarqué que dès que je partage une idée, une envie, celle-ci finit par perdre de son intérêt ou bien je me sens écrasée par le poids des “responsabilités” qui m’incombent ensuite au regard de ce que les gens attendent. Comme si j’étais prise à mon propre piège! Et qui voudrait d’un piège!

Ce que je sais c’est que cette année, je veux donner vie à deux grandes nouvelles / courts romans (je ne sais pas comment appeler ça) qui attendent depuis l’année dernière dont mon disque dur. Je veux les soumettre au test de la maison d’édition. Je ne me leurre plus, si j’ai souvent choisi l’auto-édition c’est par manque de confiance. Purement et simplement. J’ai envie de me frotter à plus grand que moi,  sortir de ma zone de confort. En temps et en heures, j’aurai bien évidemment besoin de votre soutien et de votre aide aussi – une bêta lecture s’imposera. Si c’est une aventure qui vous tente, tenez moi au courant (vous avez mon mail!)

Et vous, vous écrivez quand? Vous écrivez où?
Quand / comment trouvez-vous le temps de lire / commenter les blogs amis?

 

Éléonore

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Il est 11h30. La cérémonie aurait dû être terminée à cette heure. Nous aurions marché, Éléonore et moi sur le parvis de la mairie; direction l’église, perdue au milieu de la foule des grandes cérémonies. Elle, avec son sourire radieux et moi, avec mon sourire heureux. Quel beau couple auraient murmuré les badauds venus pour l’occasion, les passants en entendant les cloches sonner. Et ces mots auraient suffit à envoyer valser au loin, très loin, les réticences de ses parents, des miens.

Qu’est-ce que j’ai fait? Comment ai-je pu? Ne pas y aller…

Ils doivent tous penser quelque chose de moi à cette heure avancée de la matinée. Ses parents surtout. Ses parents, si imbus de leur personne, si riches, ses parents tape-à-l’œil qui rêvaient d’autre chose pour leur fille unique. Un commis de cuisine! Quelle farce! On ne parlait pas d’amour dans ces familles là. On causait argent, succès, cabinet de papa à mettre entre de bonnes mains.

Et s’ils se faisaient du souci? Qui sait! Peut-être qu’ils se rongeaient les sangs. Peut-être qu’après tous les bâtons qu’ils nous avaient mis dans les roues, ils se sentaient coupables. Non. Je rêve. Ils doivent être aux anges, bien au contraire, presque une aubaine pour eux. Les prétendants ne manquent pas. La raison l’emportera. Éléonore…

Si je pense à elle, je vais flancher. Je ne peux pas. Pas maintenant. Elle mérite tellement mieux. J’aurai dû mettre depuis longtemps un terme à cette mascarade. Je n’aurai jamais dû poser mes yeux sur elle. Mes chances étaient faibles qu’elle me témoigne le moindre intérêt. Et pourtant. Je pensais que nous pouvions nous aimer. Sans le mariage. Le mariage fut la goutte d’eau, une de plus, une de trop. Mes parents savaient, n’avaient cessé de me mettre en garde. On ne se mélange pas. Pas avec des gens comme ça. Éléonore n’était pas – comme ça.

Mon Dieu, Éléonore, dans quel état doit-elle être? Entend-elle déjà la sempiternelle ritournelle “ce n’est pas faute de t’avoir prévenue!”. Comme j’aurai aimé lui épargner cela, l’aimer pour la vie, loin de toute cette folie. Il fallait qu’un de nous renonce. L’épouser revenait à épouser un clan, à rejeter celui dans lequel j’avais grandi. Mes parents n’étaient pas à la hauteur des diamants de la reine-mère, des écuries de beau-papa. Les parents d’Éléonore n’étaient pas à la hauteur des miens, des gens simples certes, mais humains, oui profondément humains. J’assumais mes origines modestes. Je ne souhaitais pas commencer à en avoir honte. Ma famille c’est mes racines, mes fondations, ma terre, ma patrie.

Éléonore. Son prénom revient encore. Je ne pense qu’à elle. Comment l’ignorer? J’imagine son visage, ses larmes sur ses joues, sa peau blême aussi pâle que sa robe.

Mes parents? Ils comprendront. Mon père fera la gueule, un peu. Il me dira ce qu’il pense, d’homme à homme. Il aura raison. Ma mère ne dira rien, elle reprendra le cours de sa vie avec une cicatrice au coin du cœur. Elle aime beaucoup Éléonore. Elle sera juste peinée. Les parents d’Éléonore me détesteront, juste pour la forme.

Éléonore. C’est elle qui paiera le prix fort. J’aurai dû lui dire avant. J’aurai dû être courageux. J’aurai dû tant de choses. Je n’ai rien fait. J’ai laissé le silence faire le sale boulot. J’espère seulement qu’à l’heure qu’il est, personne ne fait le tour des hôpitaux, pour savoir s’il m’est arrivé quelque chose, que personne ne se décarcasse pour moi. Je ne le mérite pas.

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture avec pour thème: le mariage, quand un des mariés manque à l’appel & différences de milieu social.

Une histoire de famille ou quand ma patience est mise à rude épreuve

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Allez, on ne va pas se mentir, au milieu du bonheur il y a aussi les heures merdiques à souhait, les heures où tu rêves de boucler ton sac à dos et de partir à l’autre bout du monde, avec pour seul compagnon un pavé de 500 pages. Ça c’est dans le meilleur des cas. Dans l’autre, tu as juste envie d’envoyer chier tout le monde…

Si il y a des personnes sur cette terre qui testent ma dose de patience et ma capacité d’endurance ce sont bien mes parents (mon fils aussi mais c’est normal pour son âge – ce qui n’enlève rien au faut que ça me tape sur le système!)

Au quotidien, j’ai le droit à ça:

  • Pense à lui mettre son écharpe!
  • Tu as de quoi lui faire à manger ce soir?
  • Il a besoin de nouvelles chaussettes!
  • Tu as vu, on a lavé tes rideaux.
  • Mets lui son manteau il va prendre froid!
  • Enlève lui son pull il a trop chaud!
  • Il doit au moins manger un yaourt!
  • Il faut vider ta bouilloire tous les jours!
  • J’ai lavé ton linge à 60°. 30° c’est trop juste.
  • La maitresse a dit…
  • Je t’ai fait tout ton ménage!
  • Son lapin mérite un bon lavage tout de même!
  • Arrêtes de le reprendre devant les autres!
  • Encore une de tes lubies!
  • Tu sais que tu es en charge de famille, tu ne peux pas tout te permettre…

Au quotidien, les chaussettes ont été rangées au mauvais endroit, la machine tourne encore à 22h30 du soir, je cherche frénétiquement un pull qui a été dérobé, la décoration a été refaite, la cuisine empeste le vinaigre blanc…

Alors il y a des jours où je prends ça avec le sourire. Et des jours où j’ai l’impression de ne plus être chez moi. Il y a des jours où je m’affirme et d’autres où je me tais. Il y a des jours où je dis stop et des jours où je hurle en silence. Parce que trop c’est trop, j’étouffe. Parce que je considère que tous ces actes, mots posés, même si l’intention est bonne, ne sont là que pour apaiser leurs peurs, qu’ils ne me respectent pas.

Et quand mon fils s’en mêle, qu’il prend exemple, comme si ce que je disais ne valait rien, ce que je faisais ne méritait que du mépris, ma patience et mon endurance en prennent un sacré coup dans les mirettes!

Et vous, vous avez réussi à vous affranchir des commentaires de vos parents sur la façon dont vous gérez votre vie? Vous préférez l’évitement au conflit? Vous savez vous affirmer?