Viol – Violence – Emprise: 6 ans après…

J’ai volontairement choisi de ne pas répondre aux commentaires sous l’article d’hier, étant donné que ces mots appartiennent à une autre personne. Je vous remercie toutefois pour votre bienveillance à son égard.

Certains ont particulièrement retenu mon attention et comme l’idée d’un article se profilait à l’horizon sur le même thème, je me suis dit que j’allais en profiter pour rebondir dessus.

Tout d’abord, comme le souligne très justement Sweet-Things, les victimes de viol, de violence conjugale ne sont pas uniquement des femmes et les bourreaux pas essentiellement des hommes. Les couples hétérosexuels comme homosexuels sont concernés également. Les femmes victimes parlent peu, les hommes victimes ne parlent pas, au nom de ce diktat qui veut qu’un homme soit « fort ». Tous les hommes ne sont pas des brutes épaisses non plus et les femmes des oies blanches. Pour connaître autour de moi des hommes victimes, je peux vous dire que les femmes peuvent parfois être bien pires.

L’anonymat n’est certes pas une solution, toutefois elle permet de se protéger et une personne victime de viol / violence DOIT se protéger.

Pourquoi se forcer ? Souvent parce que le dialogue n’est plus possible ou peut-être ne l’a jamais été. Parce qu’on ne parle pas de ces choses-là. Parce que le fossé entre les deux personnes s’est tant élargi que la communication est brisée. Parce que dire « non » comporte un risque. Parce que dire « oui » nous assure une paix relative. Et que cette paix c’est tout ce qui nous reste. Parce qu’il y a les enfants, la famille, le regard des autres, les convenances, nos valeurs dans la balance aussi.

J’ai déjà écrit des articles sur pourquoi on reste avec une personne toxique. Vous les trouverez en furetant dans la catégorie « emprise et renaissance » si le cœur vous en dit. C’est toujours facile et je l’ai dit plus d’une fois à des amies de partir, fuir. Toutefois quand on est dans la relation, l’emprise est telle que partir est difficile, sans dire dangereux. Ne croyez pas que les victimes restent par plaisir. Elles n’ont souvent pas le choix. Et quand elles font celui de partir, c’est souvent à un prix que nul ne peut imaginer.

Hier, nous regardions l’album des 1 an de Loulou. Au départ j’avais mis quelques photos de moi enceinte, j’en ai très peu. Les premiers mots qu’il a prononcé ont été « ce n’est pas toi ». Et pourtant il a vu des tonnes d’autres photos de moi, à des âges différents et avec des coupes de cheveux différentes et il m’a toujours reconnue. Alors ça a fait tilt. Non ce n’est pas moi. C’est ce que j’ai été pendant 4 ans, une personne étrangère. C’est la peur qui m’a guidée à chaque instant de cette relation. C’est la peur qui m’a fait dire « oui » des centaines de fois. C’est la peur qui m’a maintenue prisonnière. Au début j’ai dit « non ». Puis j’ai dit « non » en me sentant coupable parce qu’ on me faisait comprendre que ce “non” on ne voulait pas l’entendre. Puis les représailles sont arrivées. Et j’ai dit « oui ». Parce qu’en continuant à dire « non » je m’exposais à la violence, au harcèlement, à la manipulation.

Le 16 novembre 2012, ma descente aux enfers allait connaitre son heure de gloire! Là ce n’est plus de la peur, c’est la terreur, les larmes qui coulent, les nuits qui semblent interminables, les tripes en vrac. 11 jours après je prenais un aller-simple pour la France, laissant tout derrière moi, enceinte de six mois. Quand j’y pense j’ai presque du mal à me revoir, du mal à réaliser que j’ai été là, que j’ai vécu ça, que j’ai encaissé tout ce mépris. La jeune femme sur la photo est si éloignée de qui je suis aujourd’hui. C’est très étrange. Je suis désormais dans les faits, moins dans les émotions. Je peux parler de ces derniers jours, sans avoir le cœur prit de frissons, sans ressentir dans mon corps toutes ces sensations désagréables. Le traumatisme s’est estompé. Il revient parfois. Je ne peux plus voir la violence en peinture. Je ne peux plus entendre de cris sans me retourner dans la rue. Je ne peux plus voir de couples s’invectiver devant moi. Je ne peux plus visionner un film sur le sujet.

La prise de conscience de ma part de responsabilité dans ce naufrage m’a permis de faire mon deuil, de pardonner, d’accepter, de dépasser mes maux, de me reconstruire. Ce processus est propre à chacun.

Vous ne pourrez pas, nous ne pourrons pas tout comprendre. C’est impossible. Si un jour vous êtes en face d’une victime de viol, de violence, ne lui dites pas ce que vous feriez à sa place, vous n’y êtes pas. Écoutez-la et soyez présent. Mettez de côté vos idées toutes faites et écoutez-la VRAIMENT.

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La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

La valse agitée de mes émotions

Crédit Pixabay

Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

Foutez-moi la paix!

Je ne voudrai pas anticiper d’éventuels commentaires ou réactions, toutefois sachez que ces mots ont déjà été dits aux concernés, dans les formes de l’art bien sûr, mais j’ai l’impression que personne ne veut les entendre.

Je sais que tout cela, le ménage, le rangement, les avis de déco, les heures de repassage, les carreaux, les rideaux, la vaisselle, le linge, et j’en passe, ça part d’un très bon sentiment.

Mais moi ça me saoule qu’on gère ma vie à ma place. On croit m’aider et au final ça ne fait que créer de la colère en moi, celle qui scande “je suis chez moi, laissez-moi vivre ma vie comme je l’entends”. Et par ça j’entends laissez mes tasses là où elles sont,même si elles sont sales, ne lavez pas mes dessous avec le linge commun, n’apportez pas votre touche personnelle à mon environnement de vie, laissez-moi porter des t-shirts non repassés si ça me chante, arrêtez de me vanter l’intérêt d’avoir des rideaux (je déteste ça), laissez ma poussière tranquille, arrêtez de ranger les choses (ça me met en rogne de chercher le gilet de loulou dans toute la maison au moment de partir à l’école) – en gros si j’ai besoin d’un coup de main, d’un conseil, laissez-moi vous le demander. Je sais que je peux compter sur vous. Mais par pitié arrêtez de vous faire plaisir, à mon détriment. Si vous voulez aider, il y a plein  d’âmes en peine qui n’attendent que cela.

Et par la même occasion, acceptez que je ne veuille pas de cadeaux à Noël. C’est pas bien compliqué pourtant! Acceptez qu’un soir je n’ai pas envie de parler ou que j’ai un coup de blues. Arrêtez de penser que tout ça m’indiffère parce que je ferme ma gueule souvent. Et arrêtez de penser que si je vous demande ce respect là c’est parce que je ne veux pas de vous dans ma vie. Ça n’a strictement aucun rapport.

Arrêtez aussi de reprendre loulou à chaque fois qu’il fait quelque chose qui ne vous convient pas ou par crainte de la réaction des autres. Primo je gère. Secundo, le regard des autres est la cadet de mes soucis.

Vous me répétez assez souvent que je gère comme une pro. Désormais, laissez-moi l’espace de le faire, de déployer mes ailes, de m’émanciper. Laissez-moi faire des erreurs, me planter, faire des choix que vous ne trouvez pas judicieux. Laissez-moi respirer! Laissez-moi vivre comme je l’entends, même si c’est à des années lumières de votre conception des choses! Parce que c’est bien de cela dont il  s’agit, de MA VIE.

Ces silences plein de maux

J’entendais des maux dans le silence. Des envies tues. Des hypothèses. Et surtout un fil rompu, un dialogue unilatéral. Entre celui qui attend, celle qui espère. Autre chose.

J’entendais le choc des non-dits. Et cela m’a rendu triste. Triste constat du dialogue qui manque, de ces mots qui ne sortent pas, de ces sourires qui masquent l’essentiel.

J’entendais ces petites piques, qui paraissent insignifiantes, piqures innocentes et qui pourtant s’incrustent au fond du cœur. Sans le savoir, les mots et les soupirs écrivent une histoire dont nul ne saisit l’ampleur. Sauf peut-être celui qui regarde de l’extérieur.

Ce silence a réveillé la peur, cette peur sourde et cruelle de la non-communication entre les êtres. Chacun cloitré dans l’attente d’un miracle qui viendrait raviver la flamme, guérir les blessures, sans que quiconque ne fasse le premier pas, celui là même qui pourrait enclencher le changement, sans déclencher les hostilités.

C’est ce que je vivais en les regardant, un combat muet, de celui qui tiendra le plus longtemps, qui énoncera le plus de failles, celui qui reniera son implication dans ce chaos des émotions.

Qu’est-ce qui poussait chacun à ne pas se confier, à ne pas se parler, s’avouer? Qu’est-ce qui poussait chacun à attendre que l’autre devine? Qu’est-ce qui poussait chacun à refuser d’admettre ses torts? Au moins essayer de se dire…

Tous ces silences sont trop pour moi. Ils sonnent comme une lutte sans fin dont personne ne sort gagnant. Est-ce que le dialogue est encore possible? Est-ce qu’ils vont prendre conscience de ce qui se délite au fur et à mesure, sans faire de bruit? Laisseront-ils le temps détruire ce qui fut, ce qui est, leurs sentiments, ce qui les unis? Tout ça parce que chacun sera resté dans la certitude de détenir la vérité.

Ou continueront-ils jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien à partager, que le quotidien? Feront-ils comme tant d’autres, sauveront-ils les apparences, en étant de bons parents – chacun faisant de son mieux avec les cartes qu’il a entre les mains?

Dis-moi qu’on ne se cachera jamais rien. Même si cela a potentiellement le pouvoir de nous blesser, même si ça fait mal à entendre, même si ça vient remettre en question nos idéaux et certitudes. Dis-moi qu’on se dira les choses avant que les choses ne nous échappent…

Apprendre à Être

Dire ce qu’il faut dire. Être d’accord.

Sourire.

Ne pas faire de vagues.

Plaire.

Donner surtout. Parce que c’est bien. Ça fait bien.

Se taire aussi.

Ne pas demander non plus. Ce sont les faibles qui demandent.

Encaisser avant tout. Sans se plaindre c’est encore mieux.

Porter un masque. Souvent.

Faire comme si. Faire semblant.

Savoir écouter.

Et puis ne pas faire étalage de sa vie.

Rester à la surface des choses.

Ne pas exposer ses sentiments. 

Garde ses émotions sous cloche.

Être pudique surtout. Même envers et contre tout.

Je dois avouer que tout ça je l’ai fait. J’ai été cette personne lisse ou j’ai essayé de l’être pendant de nombreuses années. Je me suis recroquevillée sur moi-même et j’ai laissé la place aux autres.

La pudeur c’est un truc qui me dépasse aujourd’hui. En fait je trouve que c’est l’excuse par excellence qui nous sépare les uns des autres.

Ça sert à quoi de faire semblant ? Ça sert à quoi de jouer un rôle ? Ça sert à quoi de filtrer ? Ça sert à quoi de se soumettre à une norme, une idée, un style de pensées qui ne nous convient pas / plus ? Ça sert à quoi d’arrondir sans cesse les angles ? Ça sert à quoi de ne pas montrer, de ne pas dire ? Ça sert à quoi de se cacher?

J’ai l’impression que ça sert à s’excuser d’être vivant.

Je n’ai plus envie de me planquer derrière une montagne de non-dits, derrière un masque qui ne sert qu’à faire de moi une personne que je ne suis pas. Je n’ai plus envie d’être cette fille sur qui tout le monde peut déverser son trop plein. Accepter chacun tel qu’il est, tenter de ne pas juger ne fait pas de moi une poubelle géante pour que chacun puisse y jeter son mal être et sa mauvaise humeur.

Plus le temps passe et plus j’ai envie d’être fidèle à qui je suis. Tout au fond de moi. Retrouver mon essence dans le sens même de la vie qui vibre et m’enivre. Qui m’aime me suive!

Je n’irai plus seule chez toi…

Crédit Pixabay

Chère grand-mère,

Je l’avais dit une fois. C’est fini, je ne viendrai plus seule chez toi. Et puis, la vie, la bonne conscience, ma gentillesse légendaire, savoir que maman pouvait compter sur moi, j’ai mis de côté mes bonnes résolutions et je suis revenue.

J’ai voulu croire que t’avoir vomi suffirait. Oui il y a quoi, à peine un an, c’est ce que j’ai fait, j’ai vomi 37 ans de relation biaisée avec toi. Je n’avais pas fière allure, place de la Concorde, à vomir tripes et boyaux près de la station de métro. Je suis restée deux jours au lit. Et j’ai compris à quoi j’avais servi. S’en est suivi un travail de deuil…

Alors bien sûr les jours heureux s’inscrivent au compteur. Il ne faut pas les oublier. Ils sont notre histoire aussi. Même si tout me semble un gros nœud de mensonges, auquel j’ai adhéré avec ma naïveté légendaire. Sinon ça n’aurait pas été drôle.

Pourquoi je ne veux plus venir seule ?

Parce que je n’en peux plus de ces trucs faits en douce, de ces choses « entre toi et moi », de ces secrets sans intérêt, ces mots qu’il faut dire ou pas, on ne sait jamais.

Je n’en peux plus de t’entendre parler de grand-père comme si il avait été un mari et un père formidable. Il avait des qualités c’est vrai, il était généreux, il n’aurait jamais laissé quelqu’un dans la merde. Il t’a quitté en assurant tous les frais, en mettant de côté pour toi, pour que, s’il partait en premier, tu ne manques de rien. Oui, il a été un grand-père attentif pour moi. Ça s’arrête là. Si toi tu veux garder sous silence le mal qu’il t’a fait, qu’il a fait à maman, fait-le, mais ne m’associe pas à cela.

Parce que les vacheries sur les autres je ne veux plus les entendre. Parce que je ne veux pas prendre parti, je ne veux pas que mes mots, qui seront répétés, soient déformés. Et qu’ils alimentent d’autres discussions sans fin, d’autres déchirures, d’autres plaies qui mettent un temps fou à cicatriser.

Le passé me sert de boussole. Diviser pour mieux régner. En te faisant sans cesse passer pour ce que tu n’es pas. C’est toujours difficile d’admettre qu’on a été manipulé, toujours problématique de se sortir d’une relation qui nous a nié. Je n’encaisserai plus ni les sous-entendus, ni les paroles blessantes à propos des autres, ni les jugements à l’emporte-pièce, ni cet élan d’amour qui n’est là que pour atteindre ceux qui me sont chers.

Aujourd’hui je fais un choix, celui de garder le meilleur et de me protéger du pire.

Poser les mots d’Octobre

Je ne pouvais laisser Octobre se terminer sans poser les mots. Ce mois si significatif pour moi, à de nombreux égards, s’avère chaque année le passage chaotique d’une réalité à une autre. Il est riche de bouleversements, de remises en question. Il est riche d’évènements qui changent le cours des destins. Il commence avec la sensation qu’il y a des choses à lâcher. Cela se fait souvent dans un malaise, qui me laisse inquiète quant à les suites des festivités. Dans la crainte de ne pas faire les choix judicieux pour moi, cette année a marqué un tournant significatif dans mon approche de la vie et de ma place dans celle-ci.

Dehors les températures sont de saison, le vent envoie les feuilles valser, les arbres prennent de nouvelles couleurs. Et alors je respire l’automne, enfin installée. La nuit qui tombe tôt m’apaise. Je retrouve vite mes marques dans cette ambiance familière.

Ce mois d’octobre s’achève dans une béatitude qui me séduit. Il pourrait se résumer en deux mots “donner” et “recevoir”. Les jours glissent vers novembre que je me sens prête à accueillir, et ce malgré certaines dates “souvenir”. Octobre fut corporel, sensuel, envoutant, passionné. Octobre m’a rappelé l’importance de prendre du temps pour moi, de demander de l’aide. Octobre m’a donné de me reconnecter à mon corps, que je finis par négliger, à force de trop en faire. Octobre m’a ouvert les yeux sur mon travail, les limites que je traine depuis de nombreuses année, l’envie de les dépasser.

J’ai changé la décoration de mon appartement. Je me suis acheté un canapé, mon premier canapé, à moi, mon premier vrai matelas aussi depuis des années. J’ai reçu un bel arbre, qui a déjà eu tant de vies. J’ai réalisé que dans mes 40m2, il y avait un peu de tous ceux que j’aime et qui m’inspirent au quotidien – une connexion précieuse.

En octobre, j’ai souri (béatement souvent), ri, pleuré aussi, de joie et de trop plein, j’ai médité un peu, un peu plus, j’ai passé du temps de qualité avec mon fils, je me suis découverte dans des situations qui hier m’auraient semblé complètement insensées, j’ai intégré que la pudeur et moi nous n’étions pas amies, que je ne voulais plus faire semblant, me soumettre à un système de règles et de valeurs qui n’étaient plus les miennes, que la vie n’attendait que moi. Je me suis livrée, non sans appréhension, et j’ai retrouvé derrière des visages amis, la bienveillance. Je me suis reconnectée à l’amitié qui me lie à tant de belles personnes. J’ai aimé sans filtre et lâché certaines de mes peurs. J’ai fait l’amour avec intensité, connectée à la puissance de l’énergie qui me lie à celui que j’aime. J’ai reçu des mots qui ont fait tremblé chaque vertèbre de mon être. J’ai intégré que tout ce que je vivais j’y avais droit. Et plus encore…

Et chez vous Octobre ça parle de quoi?

Tu n’es pas parfait, tu es toi!

Tu n’es pas parfait. D’ailleurs, si tu l’étais ce serait fade. Tu n’aurais pas ce grain de folie qui me fait chavirer.

Tu as tes forces et tes faiblesses, tes failles, tes peurs. Comme moi.

Tu connais des heures de bonheur intense et des chagrins dont il faut faire le deuil.

Tu n’es pas extraordinaire, comme ces super-héros qui fleurissent sur nos écrans. Tu es toi et c’est l’essentiel, sûrement le cadeau le plus précieux que tu puisses te faire. Me faire.

Tu as ton passé et chaque expérience qui a façonné la personne que tu es.

Tu as tes limites sans porter de jugement sur autrui.

Tu as des envies. Qui s’accordent aux miennes et la patience de me laisser les apprivoiser. Et quand elles ne s’accordent pas, tu le respectes.

Tu as des idées, le mérite d’essayer, d’oser tout en étant capable de te raviser si le résultat n’est pas celui escompté.

Tu es plein d’émotions et tu les laisses s’exprimer. C’est toujours touchant de te voir ému. Dans ton sourire, dans un regard, dans ces étreintes qui nous enveloppent. Je le prends comme une chance.

Tu ne t’arrêtes jamais ou rarement. Et pourtant dans ces instants que nous partageons tu apprends à prendre le temps.

Tu donnes sans compter. Mon plaisir est ta priorité, mon corps, un instrument avec lequel tu joues avec brio. Tu me regardes. Vraiment.

Tu fais parfois deux choses en même temps. Ce n’est pas aisé de te suivre!

Tu me lis des heures, mes mots, mes maux, mes doutes, mes peurs. Tu me rassures. Tu me comprends. Tu m’écoutes. Tu m’invites à me confier même quand c’est dur, même quand j’ai mal, même quand ça remue des choses à l’intérieur de moi, que je suis au bord des larmes.

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous sommes d’accord sur le principal. Le reste nous aide à grandir, évoluer, nous construire.

Tu as ma confiance. Et mon amour.

Et tout ce qu’il y a autour.

Mon travail – Mon Tabou (7 mois plus tard!)

En mars 2016, j’écrivais ça. 7 mois plus tard, rien n’a changé !

A l’heure où on entend parler  de « bore out » – c’est faible encore et pour cause, qui peut croire que vous ne glandez rien ou presque de 9h à 18h et que cela vous pèse, que le matin vous regardez votre boite mail dépité à l’idée d’avoir trois pauvres mails à traiter, que votre patron ne voit rien – vous êtes là pour le rassurer, ça lui suffit, que vous avez beau essayé de trouver un sujet auquel vous raccrocher, personne ne vous suit, il y a des urgences, votre projet n’en est pas une et quand il y a du travail, c’est tellement bordélique que ça vous fait presque regretter le temps où vous n’aviez rien à gérer.

A cette heure-là, je fais un bilan sur mon passé professionnel et regarde mon avenir sous un nouveau prisme.

Dans tous les postes que j’ai occupé, je me suis vite ennuyée. Six mois, un an, deux ans. Une fois que j’ai fait le tour du poste, je me retrouve souvent désœuvrée. Il faut dire que la mode (et encore c’est le poste dans lequel j’ai le plus appris) et la finance, à la base, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. Mais bon, le poste en lui-même pourrait être intéressant. En janvier prochain, cela fera 5 ans que je suis dans mon poste actuel, dont 3 à me demander pourquoi je reste. J’ai des réponses : pour le salaire, pour le lieu, pour les collègues, pour mes parents, pour mon confort de vie…

Sauf que mis bout à bout toutes ces réponses ne me satisfont plus. Je passe 45h de mon temps au travail et je ne fais rien ni de motivant, ni de stimulant intellectuellement. Je passe le temps. Il y a dix ans j’avais eu la même réflexion et force est de constater qu’en dix ans rien n’a changé. Je suis toujours dans le même genre de boulot, le temps passe et je reste sur le bord de la route.

Quelles sont mes options ?

  • Attendre le départ en retraite d’une collègue prévu en Octobre 2019 dont le poste m’intéresserait un peu plus, dans une autre division du groupe, sans certitude que mon patron soutienne ma demande (on va même dire qu’il y a 80% de chances pour qu’il ne le fasse pas – j’évince tout de suite le potentiel impact des RH dans cette décision – ce sont les dernières personnes à qui je peux faire confiance)
  • Chercher ailleurs, avec encore une fois peu de chance de trouver dans un autre domaine que celui de la finance, avec le risque qu’au bout d’un ou de deux ans je m’ennuie à nouveau.
  • Amorcer un changement de cap. Dans quelle direction ? Le mystère reste entier…

Je crois que j’avais besoin de poser ces mots, après en avoir discuté avec une de mes amies hier. Jamais facile de dire qu’on s’ennuie au travail, jamais facile d’en discuter avec d’autres. Jamais facile de savoir où on est, où on va et comment. Tout en sachant, et c’est peut-être une autre excuse bidon, qu’à la fin du mois, il n’y a qu’un salaire pour assurer / assumer la vie de la maison.

Et vous des expériences similaires? Des reconversions passionnantes? Des envies de changement? Des conseils?