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Une maman fragile

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J’épingle les maux au cahier des charges de la vie de famille. Je passe du rire aux larmes, j’oublie les cris puis la colère revient. Je fuis les nuits, leur lot de cauchemars. Je perds le fil du beau.

J’aspire à davantage…
De temps que je suis seule à pouvoir m’offrir.

Je m’oublie. Je passe après le repas, le brossage des dents, l’histoire, le dernier rappel, les câlins. Je passe après la tournée officielle des machines, de la vaisselle, du ménage. Parfois ça laisser un goût amer. Et puis ça s’en va.
Au réveil, la joie me cueille au saut du lit. Un peu avant le retour des “non” qui ne cessent de s’accumuler. Mes limites semblent contestables. Elles sont sans cesse contestées. Les négociations sont interminables et me laissent vidée derrière la grille de l’école. Un sourire aux lèvres. Je m’accroche aux rires pour ne pas perdre le fil.

Et quand on me propose de l’aide j’ai du mal à lâcher prise. Comme si j’avais peur de quelque chose. Que l’on me vole encore un peu de lui. Comme si j’avais peur de le perdre, qu’avec d’autres il trouve plus de sérénité et de confiance qu’avec moi. Quelle étrangeté que ce sentiment là!
J’ai l’impression de disparaitre derrière ces autres, derrière ces mains tendues. Je perds de ma consistance. Mes failles m’apparaissent en gros plan. Je me sens vulnérable, indécise. J’accepte, le cœur partagé. Je sais qu’il appartient au monde et que le monde l’attend, que le garder trop proche serait ne pas véritablement l’aimer.

C’est comme si la blessure des premiers mois s’ouvrait à nouveau, ce temps que je croyais guérit, ces mois à ne le voir que 48h par semaine. Essayer de l’aimer au milieu du chaos. Dans l’imprécis. Le voir s’attacher à d’autres et m’éviter. Un réflex. Si compréhensible. Quand mon corps tout entier respirait l’angoisse de ne pas savoir faire, ni dire.

Je cherche le juste milieu dans un espace riche de contrastes. Tant de données m’échappent. Je suis comme un funambule au dessus d’un brasier. En perpétuelle quête d’équilibre. Quand je crois y être arrivée, une marche disparait et c’est le vide. A apprivoiser. Sans certitude.

Je manque de légèreté. Je suis une maman fragile.

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Pour lâcher le passé, il faut déjà être capable de lui faire face.

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On entend souvent dire “pense positif”, “il faut tourner la page”, “le passé est le passé”. Je ne suis pas contre tout cela.
Cependant je crois qu’il faut être conscient des choses à assimiler avant cette étape. Et souvent on fait l’impasse sur cela. Parce que ce n’est pas le moment. Parce qu’il faut passer à autre chose et qu’on nous le serine à longueur de journée, parce qu’on ne sait plus trop où on en est.

Je pense qu’étouffer le passé, le planquer quelque part ne fait que reculer l’échéance, le moment où il faudra lui faire face. Parce qu’on ne dépasse le passé que quand on l’a compris, intégré, quand on a pardonné, digéré. Fait son deuil. Personne ne peut le faire à notre place.

Beaucoup refusent cette étape. C’est vrai que mettre les mains dans le cambouis, c’est souvent loin d’être une partie de plaisir. Mais reconstruire à partir de friches, de pièces mal agencées, ce n’est pas non plus l’idéal. Au premier gros coup de vent, tout risque de s’effondrer. Retour à la casse départ. Alors que prendre le temps de monter des bases solides, c’est s’assurer plus de stabilité pour la suite. Bien sûr, cela demande temps et énergie, de s’impliquer, d’apprendre, de fouiller, de faire face à des choses / évènements / sentiments délicats.

Gérer le passé ne veut pas non plus dire s’appesantir outre mesure dessus et passer à côté de sa vie. Cela veut dire prendre les mesures nécessaires, faire un travail sur soi, pour que le passé ne soit plus un poids, un fardeau pour notre évolution.

Ensuite on pourra en effet le laisser partir…

Qu’est-ce que vous en pensez?

Inadaptée

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Inadaptée au monde de l’enfance. Rêveuse, timide, réservée, dans sa bulle. Trop ou pas assez, jamais comme il faut. Les autres, un univers à part…

Inadaptée au monde des adultes. Vite dépassée. Par toutes ces injonctions. Par tout ce qu’on attend et que je ne comprends pas. Immobilier, vie à deux, avenir, argent. Et ces jugements hâtifs…

Inadaptée au monde des parents. A cette course à l’apprentissage, course à l’enfant qui réussira le mieux. Ces comparaisons inutiles et insensées qui mettent tous les enfants dans le même panier. Savoir avant tout le monde…

Inadaptée aux idées.

Celles qui disent que les femmes valent plus que les hommes / que les pères ne sont pas importants dans l’équation / que la vie est dure et qu’il faut armer nos petits dès le plus jeune âge / que nos enfants sont le reflet de nos failles…

Inadaptée aux avis qui arrivent sans y avoir été invités.

Inadaptée.
Et perdue. Par moments.
Dans ma vie de femme. De maman.

Inadaptée.
Dans un monde qui va vite.

Inadaptée.
Toujours en chantier, en apprentissage.
Jamais sûre de rien.
Toujours fragilisée par le regard des autres.
Les avis tranchés

Comment continuer à vivre selon ses idées?

Rendez-vous

Nous avions rendez-vous sur cette place que j’aimais tant. Déjà. La fin des grandes vacances. J’arrivais, vierge de toute attente. Pas d’un passé. Que je portais un peu comme un bagage plombé. Mon corps, mon cœur à l’intérieur, riches des intempéries de la vie, avaient subi un grand ménage. Mais restaient pleins de doutes et de peurs. La belle affaire!

J’arrivais, après des années de solitude, des nuits d’angoisse, des jours d’orage. Pas de place pour un parapluie dans mes bagages. Juste suivre son cœur. J’en avais recollé les morceaux, jour après jour. En m’occupant d’autres battements, eux, encore si insouciants. Sûrement ma plus belle victoire.

J’arrivais. En haut des marches. Et depuis, une lumière singulière brille sur ma vie…

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots choisis étaient: affaire – suivre – ménage – intempérie – parapluie – victoire.