Une histoire de famille ou quand ma patience est mise à rude épreuve

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Allez, on ne va pas se mentir, au milieu du bonheur il y a aussi les heures merdiques à souhait, les heures où tu rêves de boucler ton sac à dos et de partir à l’autre bout du monde, avec pour seul compagnon un pavé de 500 pages. Ça c’est dans le meilleur des cas. Dans l’autre, tu as juste envie d’envoyer chier tout le monde…

Si il y a des personnes sur cette terre qui testent ma dose de patience et ma capacité d’endurance ce sont bien mes parents (mon fils aussi mais c’est normal pour son âge – ce qui n’enlève rien au faut que ça me tape sur le système!)

Au quotidien, j’ai le droit à ça:

  • Pense à lui mettre son écharpe!
  • Tu as de quoi lui faire à manger ce soir?
  • Il a besoin de nouvelles chaussettes!
  • Tu as vu, on a lavé tes rideaux.
  • Mets lui son manteau il va prendre froid!
  • Enlève lui son pull il a trop chaud!
  • Il doit au moins manger un yaourt!
  • Il faut vider ta bouilloire tous les jours!
  • J’ai lavé ton linge à 60°. 30° c’est trop juste.
  • La maitresse a dit…
  • Je t’ai fait tout ton ménage!
  • Son lapin mérite un bon lavage tout de même!
  • Arrêtes de le reprendre devant les autres!
  • Encore une de tes lubies!
  • Tu sais que tu es en charge de famille, tu ne peux pas tout te permettre…

Au quotidien, les chaussettes ont été rangées au mauvais endroit, la machine tourne encore à 22h30 du soir, je cherche frénétiquement un pull qui a été dérobé, la décoration a été refaite, la cuisine empeste le vinaigre blanc…

Alors il y a des jours où je prends ça avec le sourire. Et des jours où j’ai l’impression de ne plus être chez moi. Il y a des jours où je m’affirme et d’autres où je me tais. Il y a des jours où je dis stop et des jours où je hurle en silence. Parce que trop c’est trop, j’étouffe. Parce que je considère que tous ces actes, mots posés, même si l’intention est bonne, ne sont là que pour apaiser leurs peurs, qu’ils ne me respectent pas.

Et quand mon fils s’en mêle, qu’il prend exemple, comme si ce que je disais ne valait rien, ce que je faisais ne méritait que du mépris, ma patience et mon endurance en prennent un sacré coup dans les mirettes!

Et vous, vous avez réussi à vous affranchir des commentaires de vos parents sur la façon dont vous gérez votre vie? Vous préférez l’évitement au conflit? Vous savez vous affirmer?

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Un réveillon en solo!

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Après dix jours bien loin d’ici, je reviens doucement.

En cette dernière journée de l’année 2018, je voulais vous parler réveillon.

Depuis quelques années (ça n’a pas toujours été le cas), je choisis de passer le réveillon seule. Loin d’être une punition, c’est un moment sacré et utile pour moi, un temps pour faire une pause, pour revivre les moments clés de l’année passée et ouvrir les bras à celle qui arrive. Beaucoup diront que le passage du 31.12 au 01.01 est plus symbolique qu’autre chose, on peut faire des bilans à tout instant, le 19 juillet à 14h33 par exemple !

Tout d’abord le symbolique ça me parle, donc autant en profiter. Et puis, ce moment particulier je le choisis. Je ne clame pas haut et fort mon envie, mais je l’affirme, je m’affirme. Ce n’est en aucun cas un choix « contre » quiconque mais bien un choix « pour » moi. J’ai l’impression que mes proches commencent à s’y faire, qu’ils ne voient plus cette idée comme un rejet.

Dans mon quotidien, la solitude est une denrée rare. Et pourtant la solitude j’en ai besoin, pour me ressourcer, pour reprendre des forces, pour faire le plein de ce qui me permettra ensuite d’être pleinement avec les autres, aux autres.

Ce soir n’échappera pas à la règle. Cette année je m’offre une séance de réflexologie avant une soirée d’introspection, de lâcher prise, d’accueil, de méditation, de temps pour moi. Ce soir je n’attendrais pas minuit pour souhaiter la bonne année à ceux qui me sont chers, il y aura la journée de demain pour le faire. J’aurais le temps, je le prendrais. Je choisirais là encore de passer deux heures – voir plus – à écrire mes cartes de nouvelle année, avec des mots choisis précisément pour chacun, au lieu de répondre à un SMS global, que je trouverais, comme chaque année, dépourvu d’âme !

Chacun sa perception d’une fin et d’un début.

Pour ma part, je préfère le calme et le silence à un réveillon en fanfare. Toutefois je comprends parfaitement qu’on ait envie de faire la fête (je ne suis jamais contre une bonne soirée joyeuse et conviviale – sauf le 31 !). Comme je le dis souvent, du moment qu’on est en accord avec ses choix, c’est tout ce qui compte.

Et chez vous le réveillon ressemblera à quoi ? Différent des autres années ? Une envie particulière ? Comment vivez-vous ce moment de l’année ?

Le top 5 des phrases que je ne peux / veux plus entendre !

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Ces phrases ont bercé mon enfance (famille / école, je vous aime !) – la vôtre peut-être aussi. Ou bien elles ont débarqué dans le paysage plus tard. Quoi qu’il en soit, elles me dépassent et dès que je les entends je sens une colère sourde monter en moi. Tous aux abris!

Il n’y en a pas une pour rattraper l’autre. Je vous les livre dans le désordre et vous pourrez ensuite me dire si vous aussi elles vous disent quelque chose ou si vous en avez d’autres à partager.

  • Ca fait aller OU il faut bien que ça aille

Cette réponse annonce la couleur tout de suite. Ça ne va pas. Mais comme « ça ne va pas », ça ne se dit pas – chez certains (ils sont nombreux !) – on contourne le problème comme on peut.

Pourquoi ça devrait aller ? Pourquoi ça devrait aller tous les jours, 365 jours par an ? Pourquoi il y a des jours où on ne pourrait pas dire que ça ne va pas, qu’on n’a pas le moral, sans pour autant que ça signifie qu’on soit au fond du trou ?

Et puis ce « il faut », quelle horreur ! Le moral ce n’est pas une machine qu’on programme. Quoique ! Si on s’efforce à voir le beau, le positif, on va mieux. Mais ce n’est pas toujours possible, et puis on n’en a pas toujours envie non plus.

Il y a des jours où ça va, d’autres où ça ne va pas. Et le dire ne fait pas de nous des êtres névrosés. Juste humains.

Surtout que le « ça fait aller » est souvent accompagné d’un semblant de sourire, presque une grimace. Comme si on n’avait pas le choix de toute façon ! Comme si nous n’étions que des moutons allant chaque jour à l’abattoir.

  • On ne peut pas tout avoir dans la vie

Alors là, on sort le grand jeu ! Il faut faire un choix.

Un boulot super, une passion, des enfants, une vie de couple réussie, une belle maison, des projets, de l’argent, la santé…  Prenez en trois ! Pas plus. Le reste c’est pour les autres. Si tu as une vie de famille, ne demande pas le job de tes rêves. Si tu as un super boulot, ne demande pas en plus d’avoir une fille / un mec  génial dans ta vie. Si tu as la santé, ne demande pas l’argent. Si tu as l’argent, oublie la vie de famille épanouie.

De toute façon ma fille (ça vaut peut-être pour les garçons aussi…) tu ne pourras pas tout cumuler. C’est ta famille ou ta carrière. C’est un boulot passionnant qui ne rapporte rien ou un boulot chiant qui rapporte gros.

Et si tu as tout, si tu manges du bonheur à chaque repas, dis-toi que la roue va tourner. Ça fera mal. Tu as cru que tu pouvais tout avoir, c’est du flan. La vie ce n’est pas ça. La vie c’est faire des choix.

Hyper enthousiasmant comme programme !

  • Ca ne va pas bien dans ta tête OU tu es complètement fou/ folle

Tout ça pour dire que si tu n’arrives pas à gérer tes émotions (que tu sois enfant, ado ou adulte) c’est que quelque chose ne tourne pas rond chez toi.

C’est plus facile de taire ses émotions, de faire semblant, de crier de l’intérieur. Si tu t’affirmes un peu trop, si la coupe est pleine et que tu lâches les vannes – c’est vrai que c’est moche les larmes, la morve, les cris, le chaos (on n’a pas toujours un coussin à portée de la main ou la chance de pouvoir s’éclipser pour aller hurler dans la nature) – tu rentres dans la case des postulants à l’asile.

Certes chacun réagit comme il peut face à la crise de colère / chagrin d’un proche.  Une fois ça passe, c’est la répétition qui est désastreuse. Ça s’imprime. Ça s’est imprimé en moi, alors quand j’entends ces mots, il faut calmer la petite fille à l’intérieur de moi, il faut respirer pour retrouver de la contenance et ne pas envoyer chier tout le monde.

  • Le sexe, c’est mal, c’est sale

On ne peut pas en être encore là aujourd’hui ! Qu’est-ce que vont devenir nos enfants avec ça ? On n’en a pas assez bavé nous-mêmes pour arriver à dépasser des idées toutes faites, lever des tabous, assumer notre plaisir?

C’est un retour terrifiant à la case départ. Franchement ça me fait aussi peur que la violence des armes. C’est juste une violence plus sournoise. C’est une négation pure et simple de notre humanité, de notre corps, de nos envies, de notre identité.

  • La vie c’est déjà assez compliqué comme ça…

J’aurai pu écrire « la vie est une soupière de merde / un combat ». Parce qu’on peut dire que j’ai été biberonnée à ça. Le bonheur c’est une illusion. C’est bon pour les rêveurs. Les rêveurs payent toujours leur idéalisme.

Ne nous méprenons pas, la vie est foncièrement injuste. Nous n’avons pas tous les mêmes chances. Mais est-ce la vie qui est en cause ? La vie qui n’est même pas palpable, la vie qui n’est même pas quantifiable. Est-ce que maudire la vie y changera quelque chose ? Est-ce que l’on doit tous s’armer pour combattre ? Combattre quoi ? Se battre contre qui ?

Et si la vie c’était simple. Injuste mais simple. Et si accepter la vie c’était la clé d’une vie épanouie. Et si en changeant notre regard sur la vie, on changeait notre façon de l’appréhender. Non plus comme un champ de bataille mais comme un champ des possibles, d’expériences. A nous ensuite d’en tirer le meilleur!

A fleur de peau (ou chronique d’une sensibilité exacerbée)

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Sensible.

Le mot qui me résume parfaitement. A l’époque on ne parlait pas encore d’hypersensibilité et puis même, je ne me suis pas toujours reconnue dans la définition. Elle évolue elle aussi bien entendu.

Pour me décrire, on utilisait plutôt “sensibilité exacerbée” et j’ai grandi en pensant que ce trait de caractère était un défaut qu’il fallait à tout prix gommer de la carte de mon ciel.

Trop.

Trop sensible. Trop empathique. A fleur de peau, je le suis depuis le premier pas posé dans le monde. Pour me protéger, je me suis longtemps effacée. Le monde ne voulait pas d’une petite fille qui parle seule, qui voit des anges et qui ressent tout.

Trop.

Elle dit quoi ma sensibilité?

Elle dit voir au delà du visible, à l’intérieur des êtres. Elle dit le trop plein, dans le chagrin comme dans la joie. Je prends tout de plein fouet, le bon comme le mauvais. Je connais l’extase et les ténèbres. Je peux passer du rire aux larmes en un temps record!

A force d’essayer de l’enrayer et de ne pas y arriver, j’ai pris le parti de la laisser être. Non sans difficultés. L’écriture m’a offert ce sas de liberté pour qu’elle s’exprime. Parfois encore elle me fait toucher le fond, sans raison. Juste un mot, un souvenir, juste un regard, une histoire. Et je flanche d’un coup. Je sens tout. Je sens la douleur à l’intérieur. A une fréquence souvent incohérente avec ce que je vis. Je peux donc être profondément heureuse et éprouver de la peine, du chagrin, de la colère! Ma sensibilité m’offre aussi les meilleurs moments de ma vie. Le bonheur est un feu d’artifice de sensations. Mon cœur déborde d’amour. Et là même les mots se défilent. Il n’y a rien à dire.

J’ai par moments une confiance inébranlable en moi, en la vie. Et par moments je me sentirai prête à partir, à déserter la vie. C’est insensé et terrifiant. C’est chaotique et fragile. Je suis fragile. Et cette fragilité est aussi une porte ouverte sur quelque chose de plus grand, quelque chose qui me dépasse et que je touche du doigt quand enfin je prends le temps de laisser ma sensibilité être, sans la qualifier, sans la quantifier, sans la juger.

Je suis sensible aux bruits trop forts, aux cris, à la foule, aux images violentes. Je suis sensible aux odeurs, aux descriptions médicales un peu trop détaillées. Je suis sensible au toucher. Juste un frôlement peut me faire chavirer. Je suis sensible à ce que je vois, la beauté comme la noirceur. Je suis sensible aux matières que je porte. Je suis sensible aux saisons, aux solstices, aux cycles de la lune, aux mouvements de planètes, aux dates anniversaires. Je suis émerveillée comme terrassée par un rien. Je me pose des tonnes de questions sur l’être, le devenir, la  vie des âmes, la mort.

Face au vécu d’un moment intense, il me faudra du temps pour me poser, pour l’intégrer, pour en parler peut-être (comment l’autre peut-il le savoir, ça c’est une autre question  car ce qui sera ordinaire pour quelqu’un  pourra être extraordinaire pour moi). Ou alors il faudra un papier et des mots pour en venir à bout. Ma vie ne sera plus la même après cela.

Je ne dirai pas que c’est quelque chose de facile à vivre au quotidien. Pendant longtemps j’ai porté le poids du monde sur mes épaules, j’ai tout fait pour rendre les gens heureux, au détriment de mon propre bonheur. Sur cet aspect là, j’ai énormément travaillé pour mener une vie plus équilibrée. J’ai pleinement conscience qu’il peut être difficile de vivre avec moi, de me comprendre. Pourtant aujourd’hui j’accueille ma sensibilité comme une chance. Elle fait de moi la femme que je suis, en connexion avec le monde. Même si j’ai souvent l’impression d’avancer dans la vie, comme sur un fil tendu au dessus du vide.

Et vous sensibles, hypersensibles, comment le vivez-vous au quotidien? Si vous avez des sensibles, hypersensibles dans votre entourage, comment vivez-vous avec eux?

 

 

 

 

La valse agitée de mes émotions

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Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

Foutez-moi la paix!

Je ne voudrai pas anticiper d’éventuels commentaires ou réactions, toutefois sachez que ces mots ont déjà été dits aux concernés, dans les formes de l’art bien sûr, mais j’ai l’impression que personne ne veut les entendre.

Je sais que tout cela, le ménage, le rangement, les avis de déco, les heures de repassage, les carreaux, les rideaux, la vaisselle, le linge, et j’en passe, ça part d’un très bon sentiment.

Mais moi ça me saoule qu’on gère ma vie à ma place. On croit m’aider et au final ça ne fait que créer de la colère en moi, celle qui scande “je suis chez moi, laissez-moi vivre ma vie comme je l’entends”. Et par ça j’entends laissez mes tasses là où elles sont,même si elles sont sales, ne lavez pas mes dessous avec le linge commun, n’apportez pas votre touche personnelle à mon environnement de vie, laissez-moi porter des t-shirts non repassés si ça me chante, arrêtez de me vanter l’intérêt d’avoir des rideaux (je déteste ça), laissez ma poussière tranquille, arrêtez de ranger les choses (ça me met en rogne de chercher le gilet de loulou dans toute la maison au moment de partir à l’école) – en gros si j’ai besoin d’un coup de main, d’un conseil, laissez-moi vous le demander. Je sais que je peux compter sur vous. Mais par pitié arrêtez de vous faire plaisir, à mon détriment. Si vous voulez aider, il y a plein  d’âmes en peine qui n’attendent que cela.

Et par la même occasion, acceptez que je ne veuille pas de cadeaux à Noël. C’est pas bien compliqué pourtant! Acceptez qu’un soir je n’ai pas envie de parler ou que j’ai un coup de blues. Arrêtez de penser que tout ça m’indiffère parce que je ferme ma gueule souvent. Et arrêtez de penser que si je vous demande ce respect là c’est parce que je ne veux pas de vous dans ma vie. Ça n’a strictement aucun rapport.

Arrêtez aussi de reprendre loulou à chaque fois qu’il fait quelque chose qui ne vous convient pas ou par crainte de la réaction des autres. Primo je gère. Secundo, le regard des autres est la cadet de mes soucis.

Vous me répétez assez souvent que je gère comme une pro. Désormais, laissez-moi l’espace de le faire, de déployer mes ailes, de m’émanciper. Laissez-moi faire des erreurs, me planter, faire des choix que vous ne trouvez pas judicieux. Laissez-moi respirer! Laissez-moi vivre comme je l’entends, même si c’est à des années lumières de votre conception des choses! Parce que c’est bien de cela dont il  s’agit, de MA VIE.

Ces silences plein de maux

J’entendais des maux dans le silence. Des envies tues. Des hypothèses. Et surtout un fil rompu, un dialogue unilatéral. Entre celui qui attend, celle qui espère. Autre chose.

J’entendais le choc des non-dits. Et cela m’a rendu triste. Triste constat du dialogue qui manque, de ces mots qui ne sortent pas, de ces sourires qui masquent l’essentiel.

J’entendais ces petites piques, qui paraissent insignifiantes, piqures innocentes et qui pourtant s’incrustent au fond du cœur. Sans le savoir, les mots et les soupirs écrivent une histoire dont nul ne saisit l’ampleur. Sauf peut-être celui qui regarde de l’extérieur.

Ce silence a réveillé la peur, cette peur sourde et cruelle de la non-communication entre les êtres. Chacun cloitré dans l’attente d’un miracle qui viendrait raviver la flamme, guérir les blessures, sans que quiconque ne fasse le premier pas, celui là même qui pourrait enclencher le changement, sans déclencher les hostilités.

C’est ce que je vivais en les regardant, un combat muet, de celui qui tiendra le plus longtemps, qui énoncera le plus de failles, celui qui reniera son implication dans ce chaos des émotions.

Qu’est-ce qui poussait chacun à ne pas se confier, à ne pas se parler, s’avouer? Qu’est-ce qui poussait chacun à attendre que l’autre devine? Qu’est-ce qui poussait chacun à refuser d’admettre ses torts? Au moins essayer de se dire…

Tous ces silences sont trop pour moi. Ils sonnent comme une lutte sans fin dont personne ne sort gagnant. Est-ce que le dialogue est encore possible? Est-ce qu’ils vont prendre conscience de ce qui se délite au fur et à mesure, sans faire de bruit? Laisseront-ils le temps détruire ce qui fut, ce qui est, leurs sentiments, ce qui les unis? Tout ça parce que chacun sera resté dans la certitude de détenir la vérité.

Ou continueront-ils jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien à partager, que le quotidien? Feront-ils comme tant d’autres, sauveront-ils les apparences, en étant de bons parents – chacun faisant de son mieux avec les cartes qu’il a entre les mains?

Dis-moi qu’on ne se cachera jamais rien. Même si cela a potentiellement le pouvoir de nous blesser, même si ça fait mal à entendre, même si ça vient remettre en question nos idéaux et certitudes. Dis-moi qu’on se dira les choses avant que les choses ne nous échappent…

Je n’irai plus seule chez toi…

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Chère grand-mère,

Je l’avais dit une fois. C’est fini, je ne viendrai plus seule chez toi. Et puis, la vie, la bonne conscience, ma gentillesse légendaire, savoir que maman pouvait compter sur moi, j’ai mis de côté mes bonnes résolutions et je suis revenue.

J’ai voulu croire que t’avoir vomi suffirait. Oui il y a quoi, à peine un an, c’est ce que j’ai fait, j’ai vomi 37 ans de relation biaisée avec toi. Je n’avais pas fière allure, place de la Concorde, à vomir tripes et boyaux près de la station de métro. Je suis restée deux jours au lit. Et j’ai compris à quoi j’avais servi. S’en est suivi un travail de deuil…

Alors bien sûr les jours heureux s’inscrivent au compteur. Il ne faut pas les oublier. Ils sont notre histoire aussi. Même si tout me semble un gros nœud de mensonges, auquel j’ai adhéré avec ma naïveté légendaire. Sinon ça n’aurait pas été drôle.

Pourquoi je ne veux plus venir seule ?

Parce que je n’en peux plus de ces trucs faits en douce, de ces choses « entre toi et moi », de ces secrets sans intérêt, ces mots qu’il faut dire ou pas, on ne sait jamais.

Je n’en peux plus de t’entendre parler de grand-père comme si il avait été un mari et un père formidable. Il avait des qualités c’est vrai, il était généreux, il n’aurait jamais laissé quelqu’un dans la merde. Il t’a quitté en assurant tous les frais, en mettant de côté pour toi, pour que, s’il partait en premier, tu ne manques de rien. Oui, il a été un grand-père attentif pour moi. Ça s’arrête là. Si toi tu veux garder sous silence le mal qu’il t’a fait, qu’il a fait à maman, fait-le, mais ne m’associe pas à cela.

Parce que les vacheries sur les autres je ne veux plus les entendre. Parce que je ne veux pas prendre parti, je ne veux pas que mes mots, qui seront répétés, soient déformés. Et qu’ils alimentent d’autres discussions sans fin, d’autres déchirures, d’autres plaies qui mettent un temps fou à cicatriser.

Le passé me sert de boussole. Diviser pour mieux régner. En te faisant sans cesse passer pour ce que tu n’es pas. C’est toujours difficile d’admettre qu’on a été manipulé, toujours problématique de se sortir d’une relation qui nous a nié. Je n’encaisserai plus ni les sous-entendus, ni les paroles blessantes à propos des autres, ni les jugements à l’emporte-pièce, ni cet élan d’amour qui n’est là que pour atteindre ceux qui me sont chers.

Aujourd’hui je fais un choix, celui de garder le meilleur et de me protéger du pire.

Mon travail – Mon Tabou (7 mois plus tard!)

En mars 2016, j’écrivais ça. 7 mois plus tard, rien n’a changé !

A l’heure où on entend parler  de « bore out » – c’est faible encore et pour cause, qui peut croire que vous ne glandez rien ou presque de 9h à 18h et que cela vous pèse, que le matin vous regardez votre boite mail dépité à l’idée d’avoir trois pauvres mails à traiter, que votre patron ne voit rien – vous êtes là pour le rassurer, ça lui suffit, que vous avez beau essayé de trouver un sujet auquel vous raccrocher, personne ne vous suit, il y a des urgences, votre projet n’en est pas une et quand il y a du travail, c’est tellement bordélique que ça vous fait presque regretter le temps où vous n’aviez rien à gérer.

A cette heure-là, je fais un bilan sur mon passé professionnel et regarde mon avenir sous un nouveau prisme.

Dans tous les postes que j’ai occupé, je me suis vite ennuyée. Six mois, un an, deux ans. Une fois que j’ai fait le tour du poste, je me retrouve souvent désœuvrée. Il faut dire que la mode (et encore c’est le poste dans lequel j’ai le plus appris) et la finance, à la base, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. Mais bon, le poste en lui-même pourrait être intéressant. En janvier prochain, cela fera 5 ans que je suis dans mon poste actuel, dont 3 à me demander pourquoi je reste. J’ai des réponses : pour le salaire, pour le lieu, pour les collègues, pour mes parents, pour mon confort de vie…

Sauf que mis bout à bout toutes ces réponses ne me satisfont plus. Je passe 45h de mon temps au travail et je ne fais rien ni de motivant, ni de stimulant intellectuellement. Je passe le temps. Il y a dix ans j’avais eu la même réflexion et force est de constater qu’en dix ans rien n’a changé. Je suis toujours dans le même genre de boulot, le temps passe et je reste sur le bord de la route.

Quelles sont mes options ?

  • Attendre le départ en retraite d’une collègue prévu en Octobre 2019 dont le poste m’intéresserait un peu plus, dans une autre division du groupe, sans certitude que mon patron soutienne ma demande (on va même dire qu’il y a 80% de chances pour qu’il ne le fasse pas – j’évince tout de suite le potentiel impact des RH dans cette décision – ce sont les dernières personnes à qui je peux faire confiance)
  • Chercher ailleurs, avec encore une fois peu de chance de trouver dans un autre domaine que celui de la finance, avec le risque qu’au bout d’un ou de deux ans je m’ennuie à nouveau.
  • Amorcer un changement de cap. Dans quelle direction ? Le mystère reste entier…

Je crois que j’avais besoin de poser ces mots, après en avoir discuté avec une de mes amies hier. Jamais facile de dire qu’on s’ennuie au travail, jamais facile d’en discuter avec d’autres. Jamais facile de savoir où on est, où on va et comment. Tout en sachant, et c’est peut-être une autre excuse bidon, qu’à la fin du mois, il n’y a qu’un salaire pour assurer / assumer la vie de la maison.

Et vous des expériences similaires? Des reconversions passionnantes? Des envies de changement? Des conseils?

Et si assumer c’était pas si facile!

Assume !

J’assume. C’est si facile à dire. Mais si, pour de vrai, j’assume. Tout ce que vous voudrez.

Jusqu’à ce que le corps dise l’inverse. Alors ?

La vérité c’est que je n’assume pas du tout. Je peux dire les mots, les répéter, histoire que ça rentre. Mais ça ne changera rien à la donne.

Retour à la case départ. La case  de toutes les idées toutes faites sur tout. La case des idées / pensées à lâcher. Pour piocher de nouvelles idées / pensées en accord avec ce que nous devenons.

Lâche prise !

Ça aussi c’est facile à dire. Moins à faire. Il y a un moment où les idées se télescopent, les anciennes, les nouvelles et ça pète dans tous les sens. On se retrouve dans un no man’s land terrifiant.

On a beau connaître la route à prendre, on se sent un peu comme un pingouin qui pose la première fois son pied sur la banquise. Ça glisse !

Et clairement c’est ça. On se casse la figure à chaque virage un peu serré, chaque descente un peu rude, chaque choix complètement à l’opposé de nos idées d’avant. Et on se demande si ça en vaut vraiment la peine, tout en sachant qu’on ne fera pas marche-arrière.

On culpabilise de ne pas y arriver. On culpabilise de ne pas assumer. On culpabilise parce que les autres, eux, ça n’a pas l’air de leur poser de problème. Et le corps continue à nous envoyer ses signaux. Et on continue à se dire qu’on va guérir et que cette fois-ci c’est bon, on a compris la leçon.

Jusqu’à la prochaine fois…

Dites-moi, comment fait-on pour assumer ses choix ?