Aucune certitude

Il y a ceux pour qui s’engager, c’est se marier.
Certains pour qui l’engagement, c’est avoir un enfant.
D’autres qui verront plus de valeur à l’achat d’un bien immobilier ensemble.
Il y a les “un peu fous” qui fantasment sur un compte commun. Il en faut pour tous les goûts!
Il y ceux pour qui les présentations officielles aux parents, aux enfants, aux amis tiennent lieu de preuve qu’il ou elle tient à la relation, assume ce “nous”.

En amour, il n’y a aucune certitude.

On voit des couples se séparer tous les jours, des couples mariés, des couples avec des enfants, des couples officiellement présentés, des couples heureux propriétaires d’une résidence principale.
On voit des couples se promettre une présence pour le meilleur et le pire, larguer les amarres au milieu du pire comme du meilleur.
Parfois l’amour du début ne résiste pas au temps, à l’évolution de chacun. Parfois l’amour partagé ne résiste pas à la désapprobation des familles, au rejet des enfants.
Parfois il n’y a ni bébé, ni mariage, ni maison, ni présentations et ça tient. Parfois il y a tous ces ingrédients et ça ne tient pas.
Parfois il y a une vie en commun. Parfois il n’y a que des instants volés au temps.
Il y a des doubles vies qui durent et d’autres qui détruisent tout sur leur passage.
Il y a des mariages que l’on pensait avortés qui renaissent de leurs cendres et des couples qui ne passent pas les noces de coton.
Il y a des mariages de raison qui fonctionnent à merveille, des couples sur lesquels on ne pariait rien qui nous surprennent, d’autres qu’on pensait bien engagés et qui se traînent.
Il y a des mariages pour des papiers chargés d’amour. Et des mariages d’amour qui se délitent au détour d’un papier.
Il y a des amours clandestins qui s’éteignent au cimetière.
Il y a des couples qui vivent ensemble, heureux du premier au dernier jour, d’autres que le quotidien finit par saouler. Des couples libres qui survivent à tout ce que d’autres n’auraient pu imaginer.
Il y a des couples qui restent ensemble pour tout un tas de raisons. Et d’autres qui se séparent pour les mêmes raisons.

Non il n’y a aucune certitude. Ni aucune règle d’ailleurs. Il n’y a rien que nous puissions faire pour que l’amour dure éternellement. Il n’y a aucune promesse qui puisse contrer l’incertitude durablement. Et s’il n’y a qu’une vérité, c’est celle de l’amour au présent.

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Sous prétexte que la vie est sacrée

Crédit Pixabay

L’autre jour j’ai parlé de toi. Nous dissertions sur la vie et sur la fin. Faut-il maintenir le corps quand le cerveau ne répond plus ?

Je n’ai pas un avis tranché sur le sujet, je n’aime plus les avis tranchés. Pourtant je trouve ça criminel toutes ces machines qui font semblant, tous ces légumes agonisants. Je trouve ça scandaleux cette fin imposée, ces hommes qui ne peuvent avoir le dernier mot, sous prétexte qu’une vie c’est sacré.

Mais quand la vie est une suite interminable de souffrances, à quoi s’accrocher ? Comment vivais-tu cela ? Est-ce que tu ressentais quelque chose ? Qu’il y avait-il à l’intérieur de toi ?

J’avoue, j’ai prié, souvent, avec ferveur, pour que ton calvaire cesse, pour que tu trouves la paix, ailleurs. Toutes ces hospitalisations n’ont fait que te fragiliser, elles n’ont rien changé à ton état. Tu es resté ce petit garçon dans ton monde, le corps fragile, le cœur au bord d’un abîme que l’amour ne pouvait atteindre. Tu es resté le corps infirme, la tête vide. Et tes cris sont devenus lourd, des cris de bête sauvage qui agonise. Nous avons accepté ça.

Par amour ?

Pour qui ? Pour quoi ?

Si la vie est sacrée, alors elle doit être protégée. Si la vie est sacrée, a-t-on le droit, quand on sait, d’imposer un tel calvaire à un être humain ?

On parlera d’épreuves, de beauté de la souffrance, quelque chose comme une croix à porter, une histoire de pardon, de rédemption.

Pourtant je les entends encore les rires des enfants, je vois encore leurs visages illuminés par une présence, je revis ces heures en suspens de temps partagé à s’apprivoiser. A quel prix ? Celui de la vie dont le chaos se fait tenace, dont l’espoir se réduit à mesure des jours qui passent.

Peut-être que c’est juste de l’égoïsme. Peut-être que c’est juste de la peur. Ou de la folie

Mais si je n’étais maintenue en vie que par artifice, je crois que j’aimerais qu’on me laisse partir. En paix.

La perfection de l’imparfait

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Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

Mon vice à moi

Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne suis pas tatouée, je n’ai pas de piercing, je ne suis obsédée ni par le chocolat, ni par les bonbons, ni par le travail, ni par le pouvoir, ni par l’argent, je ne suis pas une acheteuse compulsive ni une croqueuse d’hommes.

Soit, il y a quelque chose qui cloche chez moi.

Soit, j’ai un vice caché, bien caché, si bien caché qu’il demeure insoupçonné.

Ma collègue dirait « méfiez-vous de l’eau qui dort »…

Aurait-elle raison ou tort ?

Je crois que j’aime bien rester une énigme pour certains. Ils sont nombreux à chercher, à me poser des questions. Une fille bien sous tous rapports a forcément quelque chose à cacher! Tout le monde à un vice, allez dis-nous, c’est quoi le tien ?

Ou un péché mignon. Oui mais un péché mignon, c’est un peu trop joli pour attirer l’attention.

Un vice, c’est plein d’interdits, c’est aller contre l’ordre établi. C’est quand même plus excitant, plus passionnant.

J’ai tellement été prise pour une cruche, qu’aujourd’hui, j’aime bien jouer avec ça. J’en ai pris mon parti, je souris à la question, qui revient régulièrement dès que quelqu’un a bu un verre ou deux,  l’air de dire cherchez,  cherchez, donnez-vous en à cœur joie. Supposez ! Surprenez-moi ! Vous n’avez aucune chance de trouver. Et si vous trouvez…

Mon vice à moi, c’est…

Mon jardin secret !

Est-ce qu’en étant en couple, on perd son identité?

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J’ai lu ces mots sur un commentaire récemment et je me suis demandée dans quelle mesure cela pouvait être vrai. Ou pas.

Quand on est en couple, après une période de célibat, on entend souvent la fameuse phrase “depuis que tu le/ la connais, tu as changé”. Et pour cause. La vie s’organise différemment à deux. On s’apprend, on apprend dans une autre dimension.

Est-ce que changer, évoluer, c’est perdre son identité?

Je crois que tout dépend la manière dont on aborde la relation à l’autre. Si on se travestit dès le début pour plaire, si on se conforme à tout un tas d’étiquettes qu’on juge adaptées à la situation, si les idées de l’autre deviennent les nôtres, si dire “non” nous est impossible, si l’autre n’est là que pour combler un manque, alors oui on perd son identité. Qu’il s’agisse d’un acte conscient ou non, la relation est déséquilibrée dès le départ. Et la fin presque évidente. On ne peut pas faire semblant toute sa vie, ni jouer le rôle de quelqu’un que nous ne sommes pas sur le long terme.

C’est comme dans une relation toxique. On change, pas pour soi, mais pour l’autre. On change parce que ça devient une question de survie à un moment donné. On s’en rend compte parfois tout comme on se rend compte que faire marche arrière est impossible. Et comme chacun le sait, les conséquences sont souvent désastreuses.

Je pense qu’une relation équilibrée nous révèle à nous mêmes, nous aide à nous regarder différemment, nous donne les clés pour nous connaître davantage. Dans ce type de relation, nous ne cherchons pas à plaire à toux prix. Ce qui n’enlève rien à la séduction. Nous nous présentons face à l’autre avec nos forces et nos faiblesses, à lui ou elle de faire son choix. Quand on aime une personne, on l’aime pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle pourrait être si. D’ailleurs, je pense que dans une relation équilibrée on n’a pas envie de changer l’autre, ça ne nous traverse pas l’esprit. Chacun vient avec son identité, son histoire, en sachant qu’il y aura des désaccords, des compromis à faire. Comme on ne recherche pas à “sauver” l’autre (quel que soit ce qu’on met derrière cette idée là).

Et alors, est-ce qu’accepter les compromis, c’est perdre son identité?

Peut-être que quand on sent qu’on se perd ou quand les autres nous le répètent à tout bout de champ, il est essentiel de se poser des question. Est-ce de l’amour? Est-ce que je change pour l’autre? Est-ce que telle chose, telle idée est “mon choix”? Est-ce que je me sens bien, en harmonie dans cette relation ou bien est-ce qu’elle me perturbe, me fait dévier de mon chemin?  Est-ce que je me sens libre ou emprisonné?

J’ai perdu mon identité un bon nombre de fois. Je me suis investie dans beaucoup d’histoires (d’amour comme d’amitié) en bradant qui j’étais. Je crois que j’avais une vision faussée de la relation à l’autre. J’ai copié ce que j’avais appris, avec pour objectif principal, ne pas faire de vague, être “conforme” à ce qu’on pouvait attendre de moi. Et j’ai bien entendu rencontrer des personnes pour qui je n’étais “pas assez ceci” ou “trop cela”. Et au lieu de me faire confiance et de m’affirmer, je me suis pliée aux exigences des uns et des autres. Je suis tombée dans la dépendance affective, je me suis effacée, j’ai souffert, je suis tombée.

Cela m’a demandé du temps et beaucoup de travail sur moi pour accepter de voir la réalité en face, accepter de regarder les yeux dans les yeux ce que j’avais accepté, ce que mes relations avaient fait de moi. Pour pouvoir changer la donne. Ce travail a été douloureux, difficile, dangereux parfois, mais pour ce que je vis aujourd’hui, je peux sans hésiter dire que ça en valait la peine. Je ne regrette rien du passé, j’embrasse pleinement le présent.

Et vous, perdre son identité ça vous dit quelque chose? Ou bien vous considérez comme moi que la relation à l’autre vous ouvre les portes d’une découverte plus poussée de vous mêmes? 

 

De la découverte des corps

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On avait vu le corps. En cours de physique-chimie. Les ressorts de la procréation. Les phénomènes du col du l’utérus, les tissus, les trompes de Fallope, la fécondation. Même l’accouchement. Moi j’avais tourné de l’œil. Le corps en schéma. Le corps extérieur, corps procréateur. Le corps intérieur aussi, les organes de vie. Savoir. Connaître. Comprendre le fonctionnement. Le corps, une machine parfaite, digne des plus grands maîtres d’art.

Découvrir. Non. Ou si peu. Écarter les cuisses, ce sera pour plus tard. Chez le gynéco. Ou pour l’autre. Pour soi, on n’en parle pas. Ça ne se fait pas. Cette intimité, c’est un pouvoir qu’on ne dérange pas.

Ressentir. Encore moins. Corps et plaisir ne se conjuguent pas. Ou alors en secret, dans le silence des nuits solitaires.

“Maman” disait qu’un jour on devient femme et que cette intimité il faut la préserver. Est-ce qu’on peut la regarder ? Est-ce qu’on peut la toucher ? Est-ce qu’on peut s’aventurer plus loin ? Est-ce qu’on peut marcher nue dehors et sentir le vent prendre d’assauts nos sens ?  Est-ce qu’on peut être fière du plaisir qui nait à la portée de nos mains ?

Le corps s’exhibe et le corps dérange. Les sens se perdent dans un dédale d’interdits érigés pour préserver la « morale » alambiquée de la société. Quitte à faire du corps un territoire ennemi – le naturel se plie aux injonctions erronées. Ou se révolte et se livre sans limite, objet plus que sujet, violent dans sa recherche d’identité.

“Maman” disait que le corps de la femme est la beauté par excellence, le corps de l’homme, peu flatteur. Alors on regardera en douce, on essayera de glisser un œil sur un poignet, le creux du cou. On basculera pour un sourire, un regard. On figera l’instant sur des mains que l’on espérera fermes et tendres en même temps. On érotisera les zones visibles tant en craignant la nudité. Peu flatteur, dit-elle, mais alors comment pourra t’on se rencontrer ? Quel lien pourra se créer entre moi qui ne connais pas mon corps et son corps à lui sur lequel mon regard ne doit pas s’appesantir ?

Alors il faudra aller chercher plus loin, creuser un sillon sur un corps inconnu, aller chercher ce qu’on ne nous dit pas au creux des draps qui voilent mais ne dissimulent pas. Il faudra oser la découverte pour se rendre compte de la beauté du corps des hommes.

Du corps on n’a pas fini d’en parler, ni de le découvrir, seul(e), à deux, à  quatre, six, huit mains. A le vivre dans le plaisir, un plaisir assumé, accepté. On n’a pas fini de l’écrire, sous toutes les coutures, le décrire sous tous les angles, de le regarder vibrer, s’exhiber, s’affirmer, frissonner. De l’érotiser, au soleil, sur le sable, pieds nus sur l’herbe fraiche, au contact du froid, du chaud, de l’eau, de la terre, du feu, de l’air, de la peau. De l’intégrer surtout comme une chance et non un fardeau.

Tous ces raccourcis qui nous pourrissent la vie

Virginie l’écrivait ce matin, l’inspiration est partout. Aujourd’hui, elle est arrivée dans une conversation entre collègues. Souvent j’écoute et je ne dis rien. Là, je suis intervenue. Ils parlaient d’un collaborateur en ces termes « il marche à deux à l’heure, il est lent, à côté de Laurence, c’est le jour et la nuit !» Il s’avère que cette personne souffre d’une grave maladie qui la handicape physiquement. Je le sais mais j’ai envie de dire il n’y a pas besoin de le savoir pour voir, ouvrir les yeux, regarder l’autre être et vivre. Et surtout ne pas tirer de conclusions hâtives.

Les raccourcis, nous les connaissons tous, nous en avons fait les frais, nous y avons recours parfois. Nous nous reprenons. Ou nous continuons à déblatérer sur l’autre, comme s’il n’était pas un être humain mais plutôt un meuble, une chose sans importance.

Je me dis assez souvent que les gens doivent vraiment s’emmerder dans leur vie pour parler autant de celle des autres. Et pas souvent dans des termes très élogieux. On en entend tous les jours des raccourcis du genre. Prêtez l’oreille, je suis certaine qu’à la fin de la journée, vous aurez au moins une anecdote à partager.

Je trouve ça triste. Les raccourcis peuvent être inoffensifs comme traumatisants. Ils peuvent faire sourire parfois, en fonction de l’humeur du jour, ou bien être à l’origine de troubles plus graves. On pourrait se dire qu’un raccourci, ça va. Le problème c’est que ce raccourci est souvent partagé. Un raccourci devient une rumeur. Et la rumeur, tout le monde le sait, ça prend des proportions que nous maîtrisons rarement. Sauf qu’une fois que le mal est fait, il n’y a plus de retour en arrière possible.

Un jour, on parle avec un collègue en sortant du travail. Le lendemain, on a une liaison.

Un jour, on file une fessée à  son enfant, à bout de tout. Le lendemain, on le maltraite.

Un jour, on pose un arrêt maladie. Le lendemain, on est une tire au flan payée aux frais de la princesse.

Un jour, on fait un compliment à une collègue. Le lendemain, on est poursuivi pour harcèlement sexuel.

Un jour, on prend une photo de son enfant de quelques mois nu dans son bain. Le lendemain, on est un pervers de la pire espèce.

Un jour, on refuse un verre de vin. Le lendemain, on est une fille coincée, mal baisée.

Un jour, la vie est ce qu’elle est, avec son lot de hauts et des bas. Le lendemain, elle change parce qu’une personne, au lieu de s’occuper de son nombril, a jugé bon d’aller colporter tout un tas d’inepties à votre sujet.

Bien sûr personne n’est à l’abri de dire des conneries. Mais tout le monde peut faire amende honorable. Ce n’est pas compliqué. Il suffit de se mettre à la place de l’autre pendant quelques minutes, généralement c’est assez efficace !

De la force (et) de l’amour

C’est devenu facile de lui parler de lui. Quand les questions viennent, la parole ne se fige plus dans un rictus compliqué, le chaos ne se glisse plus comme si un combat sans merci allait commencer. C’est fluide, pas toujours simple mais fluide. C’est par vague, des moments il parle beaucoup de lui, d’autres il n’y pense pas ou s’il y pense il n’en parle pas. Peut-être que c’est clair à ce moment-là.

Il sait qu’il peut m’en parler. J’ai toujours souhaité être ouverte là-dessus. Même  si ça m’a longtemps couté, surtout au début, même si c’était compliqué de devoir faire semblant à l’évocation d’un prénom, à la vue d’une photo. Même si le sujet était devenu presque tabou entre tous les protagonistes de cette histoire « sordide ». Je voulais qu’il se sente libre d’en parler, comme de ne pas en parler, qu’il ait accès à son espace identitaire, au-delà de ce que j’avais vécu en tant que femme.

Mettre un visage sur un prénom. Savoir d’où il vient. L’histoire il la sait, depuis le début. Elle n’a jamais été édulcorée, juste racontée à hauteur d’enfant, avec les mots qui aujourd’hui ont un sens pour lui. Il sait ce qu’il doit savoir, rien de plus, rien de moins.

Je me rends compte toutefois que nous n’avons pas tous évolué de la même façon sur ce sujet « sensible ». Quand il évoque son père, les mots et les regards ne disent pas la même chose. Je me demande s’il le sent, s’il remarque cette moue, ce petit rien, mélange de peur et de colère, ce clignement d’œil presque insignifiant,  qui me frappe pourtant toujours en plein cœur, comme s’il restait des morceaux d’humanité blessés en chacun d’eux, comme si la rage n’attendait qu’un mot pour sortir et se libérer de tout ce qui pèse comme un poids mort. Certains gardent le silence. D’autres sursautent à la moindre pensée de ce qui pourrait arriver si. D’autres se font des scénarios sur l’avenir, mon avenir, le sien. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut avec ce qu’il a entre les mains, peu de choses au final, je finis par être discrète, par en dire le moins possible pour apaiser les cœurs et les esprits, pour que les mots ne soient plus aussi violents qu’ils le furent, pour qu’ils ne m’atteignent plus dans le bonheur de l’instant présent.

C’est devenu facile de lui parler de lui. J’ai fait mon deuil. J’ai pardonné ce qu’il y avait à pardonner. Les autres, un peu ou pas. Ils sont de ceux qui pensent que tout ne se pardonne pas. Ils préfèrent vivre avec ce poids sur le cœur, comme une marque de ce qui fut, comme une blessure qui ne peut totalement guérir. C’est peut-être une question de ligne de départ ou encore une façon d’envisager le pire, pour ne pas être pris au dépourvu si le pire se manifeste. Peut-être que la route était plus facile pour moi, je l’avais lui, ce petit être à protéger, à aimer. Peut-être qu’il m’a donné l’envie de me dépasser, de dépasser ce qui me tirait vers le bas. Il a été ma lumière dans les heures creuses, le soleil auquel je me suis raccrochée bien des fois pour continuer. Ou c’est peut-être un choix, le choix de la vie, d’une nouvelle page à écrire, plus vraie.

Je souhaite être juste avec le passé, comme le présent. Je souhaite être juste avec l’histoire, son histoire. Pour qu’il puisse un jour faire ses choix, en conscience. Si pour certains le risque est grand, l’incertitude omniprésente, je sais que ma peur s’est transmutée en force. Et que cette force, couplée à l’amour, personne ne peut rien contre.

Tous vos avis sont les bienvenus…

L’année dernière à la même période je prenais la décision de créer mon site Auteur. L’idée était de gagner en visibilité. Pour cela? j’ai fait appel à une professionnelle et je peux dire qu’une fois le travail terminé, j’étais très satisfaite.

Un an après, un bilan s’impose. Non comme un couperet qui trancherait dans le vif mais pour peser le pour, le contre et surtout savoir si je continue dans cette voie ou si je choisis un autre chemin.

Entre il y a un an et aujourd’hui, il est certain que je ne suis ni la même femme, ni le même auteur (désolé je déteste autrice !). Mon style a évolué, j’ai évolué.

Mais au-delà du style, de la forme des choses, je me pose la question de ce que l’existence de mon site m’a apporté.

Force est de constater que une fois de plus (une fois n’est pas coutume non plus) je me suis sentie tiraillée, ne sachant pas toujours où placer mes mots, ici ou là-bas. Ce n’est pas l’existence de deux blogs qui me pose problème car j’ai toujours eu deux blogs, un anglais, un français – au minimum – c’est plutôt où je me situe dans cet état des choses. Sans compter le nombre de personnes que j’ai perdu en cours de route (ceux qui restent sont courageux je dois le dire!)

Comme mon écriture a changé, mon regard sur l’écriture aussi. Le plaisir de partager est je crois plus fort que celui de « vendre » mon travail. Je suis d’avis que tout travail mérite salaire. Et moi j’en ai un salaire justement. Je fais un travail qui me plait, même si il y a des creux de vague et que parfois j’ai des envies d’ailleurs. L’écriture c’est un plus, une passion qui m’apporte énormément mais n’est pas mon gagne-pain.

J’ai eu une période où le besoin d’être reconnue, appréciée était si intense qu’il fallait qu’on me voit et pour qu’on me voit, il fallait que je me mette en avant, quitte à aller à l’encontre de qui je suis. D’ailleurs je suis passée par Facebook, Instagram, j’ai joué le jeu jusqu’à être fatiguée de faire comme tout le monde, de passer du temps sur des choses qui ne m’apportaient rien et pour lesquelles j’avais la nette impression de me travestir pour être acceptée. Puis je me suis lassée. Et j’ai tout lâché. Alors même qu’ils étaient nombreux à me dire de persévérer, ça porterait ses fruits à terme.

Mais quels fruits justement ?

Qu’est-ce que j’attendais ?

Qu’est-ce que j’attends ?

Je suis dans cette réflexion en ce moment. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai une vie sereine et épanouie, je suis heureuse tant dans ma vie professionnelle, sentimentale, familiale, personnelle. J’ai trouvé mon équilibre de maman, de femme, qui sans cesse est challengé bien entendu (sinon ce ne serait pas drôle !). J’ai de plus en plus de moments où je me sens à ma place et en sécurité. L’écriture est un plus qui me file des papillons dans le ventre et tous les messages que je reçois au quotidien ne font que me confirmer mon ressenti et mes envies.

Je n’ai toutefois pas l’envie d’en faire un business. J’ai davantage envie que mes mots soient lus par le plus grand nombre, de toucher des vies, de donner envie à certains d’apprécier la poésie ou à d’autres de simplement se lancer dans l’aventure.

Aujourd’hui j’en suis là, j’essaye de ne pas céder à l’impulsivité et tout bazarder d’un coup. Mais d’ici quelques semaines il me faudra prendre une décision, renouveler ou non mon nom de domaine, migrer mes articles, renommer mon blog anglais peut-être, juste garder le site qui propose mes livres. Ou tourner la page, contente d’avoir tenté l’expérience.

Vous en pensez-quoi ?

Tous les avis sont les bienvenus, même si je sais que le choix n’appartient qu’à moi…

Pourquoi détestons-nous tant le mensonge ?

J’avais envie de rebondir sur vos commentaires d’hier sur le mensonge. On sent que c’est un sujet brulant pour beaucoup et ça m’a donné à réfléchir. Mise à part une personne, vous vous êtes toutes insurgées contre le mensonge. Et je comprends, le mensonge ce n’est jamais agréable et le problème, c’est qu’une fois découvert, on ne sait plus où se situe la vérité. Tout devient plus compliqué, source de questions et de suppositions. Sans fin. Sans oublier que le mensonge entache considérablement la confiance.

Je ne porterais pas de jugement sur le mensonge parce que pendant longtemps j’ai été une menteuse hors-pair. D’abord pour être acceptée, aimée. Souvent pour me protéger et plus tard pour protéger ceux que j’aimais.

Mon objectif n’a jamais été de nuire à autrui. Et d’ailleurs? même si nous pensons en général que le mensonge a pour finalité de faire mal, je suis d’avis qu’il est le plus souvent un moyen pour beaucoup de pallier un manque, un besoin, qu’il est lié à une blessure passée que nous avons choisi d’occulter ou à un mal être présent que nous ne savons pas comment gérer.

Est-il toujours nécessaire de savoir la vérité ? Quelle vérité ? La mienne sera différente de la vôtre. Certaines situations impliquent de garder le silence. La vérité est parfois plus cruelle qu’un mensonge par omission. On dit bien que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire!

Et si mentir était parfois un acte empathique, à vocation de protéger l’autre d’une réalité trop difficile à accepter, de choix de vie compliqués à expliquer.

Bien entendu certains mensonges sont graves et peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour nous et ceux qui nous entourent. Quand d’autres sont imposés par les circonstances de la vie. A partir de quand, de quoi pouvons-nous juger la valeur d’un mensonge?

Aux vues de vos réactions, je me suis alors posé la question suivante : Pourquoi détestons-nous tant le mensonge ?

Après tout, c’est la personne qui ment qui est la plus à plaindre, elle qui a besoin du mensonge pour exister, vivre. Quant à nous, nous sommes libres de la croire ou pas, d’accepter son mensonge ou pas. Et de lui faire à nouveau confiance ou pas. Le mensonge d’autrui nous renverrait-il à nos propres limites ?

Mais surtout pourquoi détestons-nous tant le mensonge quand nous sommes passés maîtres dans l’art de nous  mentir à nous-mêmes?

Combien de fois nous mentons-nous par jour ?

Sommes-nous vrais, francs, sincères quand il est question de nous-mêmes ?

Combien de mensonges forment l’épais brouillard de nos quotidiens ?

Combien de fois refusons nous de voir la vérité en face, d’ouvrir les yeux ? Nous préférons souvent poser un voile sur une situation, des sentiments puis accuser l’autre de ne pas nous avoir tout dit.

Alors dites-moi, quand avez-vous menti pour la dernière fois ? Quand vous êtes-vous menti pour la dernière fois ?