Posted in Variations Littéraires, Tout un poème

Je suis…

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Je suis le sang mêlé au souffre
La flèche qui transperce le cœur du guerrier
Je suis la haine au bord du gouffre
La déchéance, l’inhumanité

Je suis la bombe larguée
Au dessus d’une ville en pleurs
Je suis le silence terrifié
L’innommable et insondable peur

Je suis celui qui viole
Et celui qui pille
Je suis celle qui s’immole
Ces enfants qu’on assassine

Je suis les ténèbres capricieux
La mort qui crie
Je suis le caprice ténébreux
Le bourreau et ses furies

Je suis le vide et le plein
Sans arrêt en mouvement
Je suis le néant assassin
Le chaos entêtant

Si je ne suis que ça
Je disparais
Entité fragmentée
Je me dissous dans l’air

Je suis la résilience
Le sourire de l’enfance
Je suis le merveilleux en transe
L’ idéaliste espérance

Je suis la lumière dans la pénombre
L’or pur au pays des nombres
Je suis la voix derrière les ombres
L’amour qui devient onde

Je suis l’affirmation
L’émotionnel en action
Le corps livré à la passion
L’esprit de l’illumination

Je suis la confiance
L’être en pleine conscience
Le Divin sans obsolescence
Je suis l’ère de l’évanescence

***

Il est, selon moi, impossible de vivre sans toutes ces parts. Nous ne sommes jamais tous blancs ou tous noirs. Il y a en nous ce que nous aimons et détestons chez l’autre. Ce dernier agit comme un miroir, à nous d’avoir les yeux pour voir!

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Dire Non à l’autre – Dire Oui à Soi!

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Est-ce que j’ai dit « oui » ?
Non
Est-ce que j’ai dit « non » ?
Non
Est-ce que j’ai dit quelque chose ?
Est-ce qu’il fallait le dire
?

***

« Tu as le droit de dire NON ». Ma mère me l’avait dit, répété. Mon père me l’avait dit, répété.
Toujours. « Si tu n’as pas envie, si ça ne te plait pas, tu as le droit de dire NON ».

Alors ça ne vient pas de là. Pas de l’éducation que j’ai eu.
Ça vient d’où alors ?

Est-ce que c’est quelque chose d’ancré en nous, en tant que fille, en tant que femme ? Un passage obligé en quelque sorte.
Si obligé qu’on finit par ne plus se rendre compte des violences quotidiennes, des mots qui font mal, qui viennent jouer avec nos valeurs, nos idéaux, des gestes obscurs ?

Est-ce que ça a commencé dans la cour d’école par les humiliations, les vêtements déchirés, les rires insultants?
Est-ce que ça a commencé dans un métro bondé, sur une banquette, sous un imperméable kaki ?
Est-ce que ça a commencé avec le premier « toi t’es chaude » ou « t’as une bouche à tailler des pipes ! » ?

Est-ce que ça a commencé après la première danse un tant soit peu lascive, le premier flirt, le premier pas un peu plus audacieux que les autres ?
Est-ce que ça a commencé sur la banquette arrière d’une voiture, avec les premiers vertiges d’une main qui se faufile et vient éveiller nos sens ?
Est-ce que ça a commencé après la première rupture, parce qu’après deux rendez-vous je n’étais pas prête ?
Est-ce que ça a commencé quand, passé un certain âge, ne pas vouloir le premier soir, c’est presque un affront insensé ?

Est-ce que ça a commencé entre les draps d’un hôtel miteux près de la gare ?
Est-ce que ça a commencé quand il a fallu se justifier?
Est-ce que ça a commencé quand, chaque jour le silence, le mépris et chaque nuit, faire semblant, espérer un dénouement plus clément ?
Est-ce que ça a commencé par le « t’es qu’une pute » parce que je ne voulais pas me marier ?
Est-ce que ça a commencé par un « t’aime ça ! » de trop ?

Est-ce que ça a commencé par l’indifférence à mon plaisir ?
Est-ce que ça a commencé quand j’ai voulu tout faire, céder à tout pour être aimée ?
Est-ce que ça a commencé quand je n’avais plus la force, quand mon reflet dans le miroir me donnait envie de hurler ?
Est-ce que ça a commencé quand je me sentais sale, si sale, que j’essayais à tous prix d’effacer à l’eau brûlante les tâches sur ma peau écœurée ?
Est-ce que ça a commencé dans la soumission à une envie, considérée comme plus grande, plus importante, plus essentielle, quasi vitale ?

Est-ce que ça a commencé quand j’ai accepté d’être un « à côté » agréable ?
Est-ce que ça a commencé il y a bien longtemps, avant que je naisse, avant que je sois fille et femme ?
Est-ce que ça a commencé quand j’ai abdiqué mon pouvoir pour quelques graines, quelques minutes, instants volés pour oublier ?
Est-ce que ça a commencé quand j’ai dit « oui » pour faire plaisir, pour ne pas déranger, pour ne faire de la peine, par souci d’être gentille, pas trop demandeuse ?

Est-ce que ça a commencé par un départ, une nuit pour voir, un matin sans espoir, une main glissée dans la faille insensée de la dignité piétinée ?

Est-ce que ce ne sont pas tous ces moments qui, pris dans leur individualité ne sont finalement que des gouttes dans l’océan de la violence invisible, ont entaché la confiance, ont rendu impossible la prononciation affirmée d’un « non » qui n’admettait ni contestation, ni explication.

Quand est-ce que j’ai commencé à ne pas me respecter ? A me dire que ce n’était pas grave toutes ces incursions déplacées dans le périmètre protégé – pas si bien que ça – de mon intimité ?
Quand est-ce que c’est devenu « normal » de dire oui à défaut de pouvoir dire « non » ?

Autant de questions pour quelque chose de si petit, trois lettres d’un mot que l’on apprend à deux ans, marque de fabrique de l’affirmation de soi. Peut-être que je n’avais pas dit alors, moi, la petite fille si sage, si parfaite, l’enfant modèle qui dans sa bulle refaisait le monde à sa manière.

Autant de questions comme autant de « non » jamais entendus, dilapidés, même les plus petits. Des « non » qui se sont perdus dans l’immensité.
Autant de « non » suicidés, « non » balayés d’un revers de main, d’un « tu verras ce sera bien », d’un « allez moi j’ai envie » ou pire d’un « si tu le fais pas… » Sous la menace, la trace de ce qu’on cède par peur.

Je pourrais creuser encore et encore pour chercher les origines de ce presque suicide. Mais peut-être qu’il faut juste s’accorder à dire que ça a existé et qu’aujourd’hui cela peut changer, que mon « non » n’est pas négociable, comme le tien, le vôtre, qu’il a le poids d’un affranchissement avec le passé et que s’il n’est pas entendu, à tout instant je peux quitter la piste, que je n’ai rien à perdre et tout à y gagner. Un “non” pour aujourd’hui et la postérité.

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Le temps de ce qui fut

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Nous ne sommes jamais très loin des nouvelles qui dérangent, qui viennent comme un grain de sable perturber la marche de notre monde. Ce que l’on croyait acquis et ce qui d’un coup n’est plus. Deuils, séparations, nouveaux départs.

C’est un peu comme les cycles, comme les marées qui déposent sur le sable le fruit de leur récolte et puis les vagues qui repartent en quête de nouveaux horizons. Tout parait fort, tout est fragile. Tout nous apparait d’un coup tel que ça a toujours été, tel que nous ne voulions pas le voir, nous y étions tellement habitués.

Les habitudes, justement, quand sont elles fiables, quand deviennent-elles dangereuses? A partir de quand devrions-nous savoir que quelque chose ne tourne pas rond, qu’il y a comme une faille dans les rouages? Avec le recul, on se souvient, on pourrait presque dire le jour et l’heure exacte, ce qu’on a ressenti, cette intuition profonde, cette sensation intense, déstabilisante qui est venue titiller nos certitudes. Et puis la vie a continué, comme si de rien n’était, fidèle à elle-même.

Les sentiments sont-ils faits pour durer éternellement? Est-ce qu’il y a quelque chose qui fait que pour certains, c’est une histoire à vie et que pour d’autres, c’est juste quelques pas sur le chemin? Pourquoi est-ce que parfois ça tient et parfois ça lâche, en laissant un vide comme une balle d’obus dans la roche?

Sommes nous tous à risque ou bien, existe t-il un de ces secrets bien gardés qui fait fi du temps et des années, des aléas de la vie, des chemins pris et qui offre un équilibre à tout jamais indestructible?

Hier encore, nous faisions tous partie de la même entité, de la même amitié et puis le décor change et il faudra s’habituer, à ne plus rire ensemble, à ne plus vivre à côté. Il faudra le temps pour pouvoir parler, de ce qui fut, sans sentir le cœur au bord des lèvres et les yeux mouillés, le temps d’apprendre à vivre sans, mais sans les souvenirs c’est un pari impossible. Alors le temps pour que les souvenirs se teintent d’une douce nostalgie, sans regret et sans heurt.

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Un instant sur la ligne du temps

Je ne saurais jamais, je ne pourrais jamais remonter jusqu’à cette date, si profondément ancrée, si loin dans la conjoncture des années. Cet épisode est à tout jamais enfermé dans les méandres de ma mémoire. Un instant, un battement. Dans mon berceau, chaque seconde compte. Avant les sirènes hurlantes qui traversent la ville, des échos de souvenirs, ceux des autres, ceux pour qui d’un coup le temps semble s’être mis sur pause, une pause aux allures de cauchemar.

Je ne saurais jamais ce qu’est j’ai pu ressentir dans ces heures de flottement, ces minutes suspendues pendant lesquelles aucun médecin ne souhaite se prononcer. Qui de la vie ou de la mort va l’emporter? Est-ce un choix à cet instant précis?

Un petit corps dans une petite bulle, dans une grande chambre. Et des tuyaux un peu partout, des machines qui attendent elles aussi, un sursaut, que rien ne vienne troubler leur rythme, que le noir ne s’invite pas sur le blanc des murs de l’hôpital, saturé de cris de nouveaux nés.

Il n’y a que les récits et les dates, inscrites à l’encre noire sur un carnet de santé. Comme beaucoup de souvenirs dont le corps seul se rappelle, qu’un évènement ramène à la surface, il faut accepter que certains éléments de notre histoire nous échappent. Parfois nous pouvons reconstituer certaines choses, faire des liens.

Leur histoire n’est pas la mienne. Eux ont encore accès à la folie de cet instant, à cette peur viscérale de perdre leur premier enfant, alors que la voiture file à toute allure dans le froid glacé de novembre. La peur, la vraie, ne disparait pas vraiment, elle reste la preuve vivante du danger menaçant l’ordre établi.

Il y aura quelque part toujours cette cicatrice là, ce petit point sur la ligne du temps, et tous les autres qui font et défont nos existences. Il y aura toujours un petit quelque chose prêt à faire vaciller l’équilibre sur lequel on se tient. La fulgurance d’une alerte, le regard perdu dans le vide, à prier, crier, créer, aimer. Il y aura tous ces cataclysmes qui ont fait bouger nos trajectoires, ces épisodes pas perdus, juste remisés, classés dans de tiroirs, ceux qui nous maintenons fermés, par besoin de se protéger, et ceux que nous choisissons parfois d’ouvrir, pour aller plus loin, pour être au plus près de qui nous retient encore, un peu, un peu trop.

Au fond, il faut un certain courage pour affronter ses démons. Et beaucoup aussi, pour les accueillir et les laisser partir.

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Pensées et réflexions (philosophiques) du moment!

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Je vous l’ai souvent dit, je me pose et j’aime me poser des questions, c’est ce qui nourrit ma créativité et me permet aussi de m’ouvrir à d’autres façons de voir, de penser, de réfléchir.

En ce moment je me questionne sur la frénésie de partage qu’on trouve un peu partout sur les réseaux, sur ce qu’on dit du monde, son malaise, sans se rendre compte que nous sommes les premiers à l’entretenir. Je m’interroge sur toutes les cases, les normes que nous détestons, sur les raccourcis dont nous essayons de nous éloigner mais qui nous rattrapent, car peut-on réellement être hors du groupe, peut-on réellement tenir debout, seul?

Je m’interroge sur la solitude, trouver sa propre voix au milieu du tumulte, savoir ce qui nous fait vibrer et tenir le cap, ne plus chercher, ne plus courir après quelque chose, ne plus partager à l’excès, ne plus chercher à ce qu’on vienne nous dire que nos pensées sont justes, nos actes sensés. Juste être bien, là, dans le silence du jour qui décline, comme dans la chaos des jours de liesse. Accueillir et laisser passer. S’abandonner à la vie.

Je m’interroge sur les amalgames. Quand je vois des messages passer comparant la France à une dictature, je bouillonne de l’intérieur. Quand je vois les gens pleurnicher sur la restriction de nos libertés et fulminer contre le gouvernement qui ne chercherait au fond qu’à faire de nous de bons petits soldats! Nous oublions alors que beaucoup de peuples sont opprimés à travers le monde, nous oublions leur combat, chaque jour. Nous oublions ceux qui souffrent de cette situation, ceux pour qui cette crise aura été catastrophique, tant économiquement, que psychologiquement, alors que nous, nous avons tout ou presque, rien perdu, rien cédé, assez de temps entre nos mains pour dégueuler nos idées aussi violentes que celles contre lesquelles nous luttons.

Je m’interroge sur le deuil, ce chemin si long, si douloureux, si lumineux, une fois qu’on peut le regarder le cœur en paix. Je pense à la souffrance que nous essayons tous plus ou moins de tenir à distance, à ces coups que l’on prend, ces chemins qui dévient, ces explosions qui nous laissent sur le bord de la route, désorientés, sur les beaux discours qui découpent le deuil en phases, qui vantent les mérites d’un programme miracle. Mais combien investissent une autre relation, une autre histoire, en ayant guéri toutes leurs blessures? Ou plutôt combien se jettent à corps perdu dans quelque chose qui leur évitera de vivre, la plaie à vif? Combien évitent leur propre chagrin?

Je m’interroge sur le besoin de reconnaissance, d’appartenance, sur la liberté de penser et d’être, sur la solitude de penser et d’être (!), sur tout ce que l’on fuit et que l’on retrouve parce que fuir n’est jamais la solution. Je m’interroge sur la marginalité, l’identité, nos valeurs et la manière dont nous les vivons, sur le respect de nous-mêmes, sur notre liberté intérieure, sur ce qui tient et sur ce qui nous tient.

Je m’interroge sur l’évènement, un instant, une seconde parfois, qui change le cours de notre destin, sans que nous sachions pourquoi et qui nous laisse face à l’inconnu, ce champ des possibles, espéré et redouté. Je pense à toutes ces vies contenues dans une, à tous nos rêves, nos déceptions, nos souvenirs, à tous nos espoirs, toutes nos convictions, les rencontres qui ont changé le cours de nos existences, nos peurs trimballées d’années en années, nos bagages, nos engagements, tout ce que nous avons laissé, tout ce que nous avons essayé, tenté, osé. Je pense à tout ce qui nous froisse et nous rend plus forts, à nos fausses espérances et aux bruits des pas dans le noir, à ce qui compose et décompose nos routes, ce qui fait la beauté de cette expérience unique, que nous n’arrivons pas toujours à voir comme un éphémère qui prendra fin un soir.

Que garderons-nous de ce passage éclair? Que laisserons-nous comme empreinte sur cette terre?

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Vivre sans projet, j’adore!

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En ce moment, ce que la plupart des gens trouve difficile, c’est la difficulté à se projeter. Demain déjà. Dans les semaines et les mois à venir.

Pour moi, c’est une aubaine! Je suis tombée dans le grand bain des projets comme beaucoup, à l’aube de l’âge adulte. L’enfant vit l’instant, il ne se préoccupe pas de ce qui adviendra, il est pleinement dans ce qui est. Et quand il est dans autre chose, c’est qu’une partie de son insouciance a fichu le camp.

Les projets m’ont toujours fait l’effet d’un engagement, ont toujours été plus ou moins doublés d’une attente, ont été déçus parfois et source de motivation aussi. Les projets m’ont tenue à flot quand je perdais pied, ont été une bouée de secours dans la tempête, un phare dans la nuit, un guide les jours de pluie.

Je n’ai jamais été en manque d’idées, d’envies, et pourtant au fur et à mesure du temps, je m’en suis lassée. Comme si au fond, mes projets venaient combler un vide et m’éloignaient de la vie d’ici et maintenant. Comme si je cherchais à tous prix à échapper à ce face à face avec moi-même!

Si je prends le temps de regarder les projets dans les yeux, je me rends compte que je n’ai jamais été vraiment à l’aise avec eux. J’ai fait comme si, parce que les autres en faisaient et que je me disais que ça devait être important d’en faire, en gros que c’était ça, devenir grand, adulte, responsable!

Alors je m’y suis collée. Pourtant toutes les grandes décisions que j’ai prises dans ma vie n’ont été le fruit que de mon intuition. Je n’ai rien planifié, rien envisagé, tout s’est dessiné après un pas en avant. Le reste à suivi.

Les projets s’inscrivent dans un temps que je ne maitrise pas. Ils me perturbent pour être tout à fait honnête! Ils demandent de prévoir sur le long terme quand je ne sais pas encore ce que je souhaite faire pour le weekend!

Alors je dois dire que depuis quelques mois, je savoure de n’en avoir aucun. Je savoure d’être là et de vivre ce qui se présente. Je me saoule de présent, un présent qui prend des allures de grand et qui m’offre le meilleur. Je pense moins à demain ou au jour d’après. Je laisse mes idées prendre leur place sans les bousculer.

Je ne sais pas où je vais, où je veux être, ce que je veux avec une précision d’orfèvre. Je n’ai jamais su, j’ai juste essayé, pour appartenir à une identité. Je ne sais pas et je me sens bien, parce que je ne fais plus semblant. Demain est un autre jour, page blanche aux reflets mystérieux! Tout est possible et c’est ce qui fait pour moi le charme de la vie!

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Quand on est perdu…

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Quand on est perdu…

Tout nous parait bon à prendre.
On est en quête d’une solution, du vaccin antibrouillard, de la formule magique qui nous délivrera.
On se cherche, on cherche un sens, sa voie, sa voix, un lien quelconque qui nous permette de faire face au chaos.
On prend pour argent comptant toutes les belles paroles, on voit des signes partout, en tout.
On se laisse embarquer par le courant, inconsciemment.

On perd la conscience. La normalité nous parait banale.
On remet tout en question, même le tangible.
On serait prêt à boire n’importe quelle potion pourvu qu’elle vienne apaiser le trouble en nous.

On est vulnérable quand on perd son chemin.
Quand le clinquant nous attire.
Quand les mots des uns sonnent comme des promesses.
Quand notre capacité d’analyse se fait la malle.
Quand on croit tout, sans se poser de questions.
Quand on avale le bon, le moins bon en pensant que ça a le même goût.

Il y a un risque
Qu’on ne perçoit pas.
Pris que nous sommes dans le tumulte de notre monde qui se noie.
Ce que l’on connait nous parait d’un coup illusoire.
Ce que l’on ne connait pas nous fait croire
Que ce qui se cache de l’autre côté est le Paradis tant recherché,
Il n’y a plus qu’à oser

Quand on est perdu on s’accroche à ce qu’on peut.
On se plante de chemin.
On évite les miroirs.
On croit à tout pour peu que cela vienne remplir le vide
Des jours « sans ».
On se croit invincible,
Quand tout nous ment

La perte de repères est la nourriture suprême
De celles et ceux qui se posent en « sauveurs »
Inconsciemment peut-être
Tout autant que les autres
Et qui sans le savoir, sans le vouloir
Font encore plus de mal

On s’en rend compte plus tard…

Celui qui dit pouvoir nous sauver n’a aucune clé!
Il prend juste ses désirs pour des réalités

Posted in Carnets de route, Vie de Blogueuse

La mission de vie ou l’histoire d’une quête sans fin!

La “mission de vie” c’est le grand terme à la mode, la nouvelle vague du développement personnel. C’est ton grand tout, le sens de ta venue sur terre, l’appel de ton âme.

C’est ce que tu cherches pas à pas, furieusement, sans t’arrêter. C’est ce que le dernier programme gratuit d’une telle t’a vendu, avant de te laisser livré à toi même, non sans te proposer d’aller plus loin avec un programme payant cette fois!

La mission de vie, c’est le Saint Graal, la clé qui ouvre toutes les portes. C’est ce qu’on te serine à longueur de journée, ici et ailleurs. C’est ce que tu t’acharnes à découvrir de lecture en lecture, de formation en formation, de compte en compte. C’est ce que x, y et z ont découvert et qui a transformé leur vie.

La mission de vie c’est un peu comme le bonheur, tu le cherches partout et tu le trouves nulle part. Parce que tout le monde le sait, le bonheur, il est là, juste là, devant toi et il te suffit d’ouvrir, les yeux, le coeur pour le saisir en entier.

La mission de vie c’est un peu pareil. Ce n’est ni un métier, ni un chemin précis, ni un engagement particulier. C’est là, en toi, c’est ce qui te fait vibrer dans ta vie de tous les jours. Ce n’est pas une prière ni un rituel, une méditation ou un voyage quantique qui vont t’apporter la réponse sur un plateau. Et encore, si il y a une réponse!

Ta mission de vie c’est ce qui te rend heureux, ce qui te met en joie, ce qui te fait du bien et ce qui rend le monde un peu plus beau. C’est ce que tu mets dans les choses, l’eau de fleur d’oranger dans la pâte à crêpe, la goutte de rosée déposée sur l’herbe fraiche que tu regardes émerveillé, un sourire échangé, un rêve qui prend vie, des petits pas de tous petits, le soleil sur ta peau, une main tendue, un regard complice et ce qui se grave dans les cœurs de ceux qui croisent ton chemin. Un jour ou plus.

Ta mission de vie ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire, pas une révélation interstellaire. C’est là, aujourd’hui, depuis toujours. C’est plein d’amour. C’est tout simplement la vie comme tu choisis de la vivre à son maximum, à son plus juste pour toi. Il n’y a rien à chercher. Il y a tout à découvrir.

Je vous laisse avec cette vidéo très juste de Arnaud Riou sur le sujet:

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La voie du pardon est-elle toujours possible?

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En discutant autour du Pardon ce midi, je me suis interrogée, comme souvent après une conversation qui touche un point un peu sensible. On est tous d’accord pour dire que le Pardon c’est le Must, la Voie Sacrée! C’est surement aussi l’une des plus belles des preuves d’amour.

Justement, quand on aime, le pardon c’est presque naturel, par forcément là, maintenant, parce qu’il y a le deuil, un chemin à faire. Mais le pardon et l’amour, ça s’accorde bien et tant qu’il y a de l’amour, le pardon est possible.

J’en ai fait du chemin sur le pardon. Je n’y croyais pas beaucoup au début, ça paraissait un peu simpliste comme principe. Et puis au fil du temps, j’ai perçu les subtilités de l’approche, j’ai mieux compris ce qu’il était, ce qu’il impliquait. Le pardon, c’est toujours un choix, jamais une obligation. On n’impose pas le pardon et on ne se force pas non plus à pardonner. C’est un chemin très personnel qui ouvre sur quelque de plus grand et nous aide également à nous libérer, à guérir. Ce n’est au fond pas un acte aussi altruiste qu’il y parait!

Les actes de pardon que j’ai pu poser par le passé m’ont tous amenée à une ouverture plus grande, une compréhension différente de l’autre, un accueil, m’ont permis aussi de m’alléger d’un poids et parfois ont eu des impacts forts autour de moi. En y réfléchissant, ces “pardons” se sont imposés à moi, comme une intuition, une évidence. J’ai pris conscience que les actes, les mots, les silences, les non-dits, les mensonges, les ruptures, les séparations avaient touché quelque chose en moi, mais que ce quelque chose, même blessé, existait toujours et que pour ressusciter, en quelque sorte, le pardon était ma clé.

Je me suis donc demandée ce qu’il arrivait au pardon quand il n’y avait pas ou plus d’amour. Et plus particulièrement, par rapport à mon vécu personnel, dans des situations de violences conjugales, d’emprise psychologique. Je ne dis pas que ce n’est pas possible, je me demande juste dans quelle mesure ça l’est, comment ça s’articule face aux évènements marquants, traumatisants de nos existences.

En quatre ans de relation et trois de procédure de divorce, j’ai pardonné des dizaines de fois. J’ai compris, j’ai entendu, j’ai accueilli les maux, les failles. J’ai pardonné pour ma survie et parce qu’il y avait quelque part quelque chose de plus fort que le dégoût et la haine, plus fort que l’indifférence, quelque chose qui me permettait de tenir debout. J’ai pardonné par lâcheté. Puis je suis partie. Et là le pardon m’est apparu comme une chimère. Là, il n’avais plus sa place. Quelque chose était mort.

Je crois que ce qui m’a finalement libérée et permis de me reconstruire c’est d’avoir fais le choix de ME pardonner. C’est quelque chose qui pesait lourd, trop lourd. Je ne sais pas si j’y suis pleinement arrivée, si je me suis tout pardonné. On nous vend le pardon comme le remède miracle. Dans l’absolu, j’aime l’idée mais entre le quotidien et l’absolu, il y a la vie!

Selon moi, chaque choix est ce qu’il est, il nous appartient et il est juste pour nous. Pardonner ne fait pas de nous des “saints” et ne pas pardonner ne fait pas de nous de “mauvaises personnes”. Le pardon doit rester cet acte engagé de soi face à soi-même et non un acte contraint parce que c’est “bon”, parce que c’est “bien” ou encore dans l’air du temps. Le pardon n’est pas un but ou une fin en soi. On peut vivre sans pardonner et être heureux. On peut pardonner et ne jamais venir à bout de nos maux. Il y a autant de chemins qu’il y a d’existences et d’expériences de vie.

A l’heure qu’il est, je dis “merci” à cette histoire qui a existé et qui m’a permis de sortir d’un long sommeil dans lequel je m’étais perdue depuis de très nombreuses années. Pour le reste, je ne sais pas, dire que j’ai pardonné serait un mensonge je crois. J’y arriverai peut-être un jour, ou pas. Mais au final, cela ne regarde que moi!

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Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

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Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

La question à laquelle tout le monde répond, le nom d’un métier, d’une fonction particulière. Sommes-nous le poste que nous occupons ? Nous définissons-nous seulement par la place que nous avons au sein d’une entreprise ?

Un métier qui plait. Un métier qui a du sens. Un métier épanouissant. Qu’est-ce que mes parents ont pu me le répéter! Et pourtant quand il a fallut choisir une voie, ils ont tout misé sur la sécurité!
Combien de prestations, combien de formations pour nous guider vers le métier de nos rêves ?
Combien de déceptions, de doutes, de vides rencontrés dans cette course effrénée ? A être quelqu’un. A être reconnu.
Combien de diplômes ? Combien de voix empruntées pour faire valoir notre droit d’exister ? Combien d’heures à chercher ce fameux “sens”, cette mission de vie dont on nous dit que c’est la clé de l’épanouissement?

Et si, nous étions plus que ça ? Nous sommes plus que ça.

Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Je suis MOI.
Tu es TOI
C’est TOUT et c’est déjà BEAUCOUP!

Un métier ne nous définit pas. Une facette de notre personnalité ne nous définit pas. Notre identité est bien plus que tous ce mots que nous essayons de mettre bout à bout pour dire qui nous sommes, ce que nous faisons, comment nous vivons.

On peut chercher des années – et j’en sais quelque chose – un métier, un avenir plus prometteur, un rêve plus abouti.

C’est ce que nous mettons dans ce que nous faisons, ce sont nos vibrations qui font la différence. Il n’y a pas une voie meilleure qu’une autre. Il y a ce que nous créons à chaque instant, la manière dont nous vivons, dont nous respirons, donc nous aimons.
C’est ce que nous sommes tout simplement.

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Toutes ces questions qui me font grandir!

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Je me poses des questions. Beaucoup. Beaucoup trop?

Pour certains sûrement. Pourtant les questions, mes questions, qui n’ont d’ailleurs pas toujours de réponse et n’en attendent pas toujours non plus, sont ce qui me permet d’avancer, d’évoluer.

Questionner ma vie, mes choix, le monde. Questionner pour aller plus loin. Comment aller de l’avant si l’on ne sait pas d’où l’on vient, comment on fonctionne, pourquoi telle ou telle répétition? Comprendre pour moi c’est ce qui m’ouvre les portes de demain.

Certaines réponses viennent, presque qu’instantanément, peut-être parce que la question est déjà depuis longtemps en moi. D’autres restent en suspens, comme dans l’attente du moment propice pour ne pas me bousculer davantage. Certaines réponses viennent au fil des mots, quand je défais le fil justement, pas à pas, quand je mets de la conscience sur le caché, le mystérieux.

Il faudrait toujours se refaire, se défaire, de ce que d’autres jugent inadapté. Je me sens bien avec mes questionnements. Ce sont aussi eux qui me permettent de changer de voie quand celle empruntée n’est plus si juste pour moi. Ou de garder l’esprit ouvert, à l’autre, à la vie. D’accueillir la différence, l’éphémère, l’inattendu, le fragile. D’évoluer émotionnellement, psychologiquement, intellectuellement.

Mes questions me mènent sur la voie de la découverte du Soi. Peut-être même plus l’estime, l’amour, la valeur, les respect. Mes questions sont les bases d’une réflexion plus poussée qui me permet d’aller voir ce qui se passe dans les endroits reculés, de lever le voile sur des certitudes erronées.

Mes questions me poussent parfois dans mes plus profonds retranchements. Je fais du tri alors entre ce que je veux garder, ce qui compte moins, ce qui n’est plus. Ce n’est pas toujours un exercice simple. C’est même quelque chose d’assez déstabilisant au final. Pourtant c’est ce que je choisis pour aller plus loin, pour aimer plus fort.

Mes questions n’existent pas dans un but d’ultime savoir ou de compréhension totale. Non, elles sont comme mon moteur, comme une opportunité d’expérimenter la vie sous des angles multiples. Oui parfois, elles sont teintées de mélancolie, mais ça aussi ça fait partie de moi.

Ce sont elles qui accompagnent mes écrits, mes pensées, ma créativité, elles qui me guident à travers les chagrins et les bonheurs aussi. Ce sont comme des amies, des rappels, des lumières dans ma nuit et des sourires en plein jour.

Sans elles, je n’en serai pas là aujourd’hui. Mes questions font partie de moi, elles ont elles aussi changé avec le temps, mûri, elles sont faites de moins de “pourquoi”. Elles vont, elles viennent, elles s’installent puis s’éloignent. Leur source ne sera jamais tarie et heureusement. Parce qu’il y aura toujours de nouvelles choses à regarder, à découvrir, à imaginer, à rêver, à dépasser, à intégrer, à lâcher, à garder.

Elles m’accompagneront jusqu’à la fin et j’aurai peut-être résolu certaines énigmes d’ici là! Les autres resteront cette part d’inconnu que d’autres générations tenteront de percer ou pas.

Toute vie porte en elle la capacité à l’épanouissement, à l’émerveillement et à la sagesse. Si seulement on en fait le choix…

Et vous, qu’est-ce qui vous fait grandir, évoluer?

Posted in Tout un poème

La fissure

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Quand les gros sujets sont épuisés
Que le quotidien a retrouvé des airs de légèreté
Que le cœur apaisé prend soin
Que la joie prend vie

Sous des couches d’inconscience
Là-bas, dans le profond de nous-mêmes
Là où si peu de lumière passe
Comme une protection de plus

Là, où d’ordinaire on se garde de venir
Le jour resplendit
Pourquoi chercher la nuit ?

Là, où d’ordinaire on passe à travers
Sans s’appesantir

Là, il y a la fissure, une entaille si fine qu’il faut s’approcher
Pour voir l’impact
Creuser pour que l’ombre se révèle

Là, il y a ce qu’on ne veut pas voir
Enterré sous des couches de certitudes
Un chemin dans la roche
Tous les choix « faute de mieux »
Nos dualités
Nos fragilités
Bien calées sous terre

Là, il y a ce que nous pouvons continuer de nier
Ou y faire face
En toute humilité

Posted in Emprise et Renaissance

Plein de vide

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Quand je l’ai vu, j’ai compris ce qui m’avait attiré. Comme un aimant.

Quand je suis repartie, j’ai compris ce qui m’avait fait fuir. Instantanément.

Il a endossé à merveille le costume de victime il y a 13 ans. Et m’a donné par là-même l’opportunité inattendue de prouver que j’avais une quelconque valeur. J’ai pris la place du “sauveur”. Tout s’est joué dans ces quelques minutes en suspens.

Ce costume lui allait à merveille, lui, l’homme trahi, abandonné, blessé à cause de la couleur de sa peau, de son accent, de son pays. Lui, l’homme perdu, en quête de refuge et de liberté.

Ma responsabilité – parce que j’ai ma part et c’est de poser un regard vrai, juste dessus qui m’a permis d’avancer, de grandir, de m’en sortir – c’est d’avoir cru que le sauver donnerait de la consistance à mon existence, c’est d’avoir été assez perdue pour donner mon pouvoir personnel à un autre.

Comment ai-je pu oublier que du début à la fin, c’est la peur qui m’a guidée? Non pas la peur, la terreur. Oui, j’étais terrorisée. Les mots doux et le sourire d’ange n’ont été que de courte durée. Les lunes de miel sont venues après, quand le risque de me perdre devenait soudain un peu trop vif. J’ai dit “oui” à tout, prisonnière, étouffée.

Quand je l’ai vu, j’ai presque un instant pensé que…Et puis, j’ai rapidement retrouvé entre les lignes, l’arrogance, le mépris. Heureusement presque! Ce double visage toujours. Non, la confiance est impossible, à tout jamais perdue. La vigilance est de mise, pour moi, pour mon fils.

Je crois en la capacité de l’humain à se réinventer, à se donner les moyens de changer de vie, de changer tout court. Mais je dois admettre que cette croyance a ses limites. Il y a des êtres plein de vide, qui restent là à en vouloir à la terre entière et qui n’ont de cesse que de souffler le chaud, le froid, de jouer avec les sentiments, de monnayer leurs failles, afin de rallier les gens à leur “fausse” triste cause.

Mon fils ne sera pas cette monnaie d’échange entre adultes non-consentants. J’ai eu peur de trop vouloir le protéger, je pense que j’avais toutes les raisons de le faire. Si c’est important qu’il connaisse son père et qu’il le fréquente dans un cadre sécurisé, il est tout aussi important de le préserver des influences d’une personne qui pourrait le manipuler.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Une histoire de temps!

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Le temps…

Cette vague avec laquelle nous composons, sans trop savoir comment il passe, comment il vibre, de quelle essence il est fait.
Le temps, plein des aléas de nos vies, que nous prenons pour acquis. Et puis un jour, une nouvelle vient le fracasser. Le temps devient compté. Un calcul savant que nous ne savons pas géré. Si seulement…
Si seulement nous avions su ce qu’il restait, nous aurions fait différemment.
Nous le savons pourtant, la vie, la mort. Nous savons que notre temps n’est pas éternel, qu’un jour il choisira pour nous l’heure du départ. Nous le savons et pourtant nous nous faisons toujours avoir.

Le temps nous parait court dans l’élégance des jours de liesse, de joie mêlée de tendresse. Il file comme un bateau aux voiles gonflées par le vent. Alors on perd la notion de ce qui hier encore nous manquait ou nous paraissait une éternité à conquérir. On lâche la barre et on se délecte de ce temps voleur qui hier encore scandait les minutes d’un rendez-vous imposé.
Le temps nous parait long quand il n’est pas léger, quand il est obligation ou cadre à respecter, quand il nous éloigne de ce, de ceux qui comptent.

Le temps sera toujours cet être volage qu’on aime et qu’on déteste la minute d’après. Il sera un allié et/ou un ennemi. On pourra trouver l’équilibre en le laissant aller à sa guise et en étant à chaque instant, présent. Pas toujours si facile!
Le temps est sans prise, il ne fait pas de favoritisme. Il est le même pour tous et différent pour chacun. Nous en avons une définition bien personnelle.

Le temps, c’est l’inconnu qui prend forme, c’est la page blanche à remplir, l’aube et ses promesses, la vieillesse et ses tourments, l’enfance innocente et les caps, c’est se croire maître de l’insaisissable et se rendre compte, un jour, que le temps n’est qu’une énième carte à jouer dans le fascinant théâtre de l’existence!

Posted in Carnets de route

Une et Multiple

Source Kaboompics

Petite, quel métier voudrais tu faire quand tu seras grande?

La petite fille regarde le ciel, ses nuages qui flottent et lui racontent des histoires
Ou bien c’est elle qui leur raconte ce qu’elle voit quand ses yeux voyagent
Par delà les fenêtres de la classe

Il faut répondre quelque chose, vite
Oui mais quoi?
Tous les autres ont déjà dit
Elle n’est que silence
Quand la question revient, impatiente

Oui il faut trouver quelque chose
Quelque chose qui sonne juste et bien
Pour que les autres ne se moquent pas
Encore une fois

Créatrice, rêveuse, photographe, aventurière de l’imaginaire
Croqueuse de mots, alchimiste, gitane, poète
Danseuse, dessinatrice de l’âme

C’est beau
C’est trop
Tous les autres ont donné 1 métier
Tous les autres avaient 1 idée
Et elle, elle reste là avec un “je ne sais pas”
Sur le bord des lèvres
Au carrefour de tant de rêves

La petit fille a grandit mais toujours avec cette sensation de “trop”
Elle a cherché en vain, 1 idée, 1 vraie qui puisse exclure toutes les autres
Pour enfin être comme tout le monde

Avant de comprendre qu’elle n’était pas comme tout le monde
Et que personne ne l’était vraiment
Que chacun était quelqu’un de différent
Elle a accepté petit à petit qu’elle était
Une et multiple
Et qu’il n’y avait rien à changer
Juste à profiter de la vaste palette de ses passions
D’un jour ou de toujours!