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Ce qui doit être écrit

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J’ai débuté la lecture de ce livre conseillé par ma libraire. Il trônait dans la salon depuis dix jours. Il m’appelait de toutes ces forces et je reculais presque le moment de le commencer. Et j’ai plongé dedans, dans le drame et la vie en suspend.

Et je me suis souvenue pourquoi il était si important d’écrire, sur les silences et les failles, sur les tabous et les silences, sur toutes ces absences figées. Sur les mains qui font l’enfance éclatée et les doigts qui maquillent les cris. Sur les mères qui blessent et les grands qui trahissent. Sur la mémoire et les blessures, les peurs du noir, les secrets planqués derrière le masque des jours de joie, les secrets calfeutrés, qui pourrissent dans l’obscurité et qui se révèlent et brisent l’éternité.

Ecrire comme un archéologue fouille les viscères de la terre, comme un médecin s’acharne à déceler et anéantir le mal. Aller là où est l’ombre pour au grand jour la mener et la voir se disloquer devant la clarté éblouissante du jour.

Je n’aime pas beaucoup le lisse, je m’en rends compte. Il est souvent mirage, masque, image. Derrière tout s’effondre et se brise. Et les morceaux écorchent les visages, ils s’incrustent là où on pose la poudre, la couleur, là où on croit s’en sortir avec des apparences.

Ecrire tous ces non-dits pour tous ceux en apnée, en survie, tous ceux qui tentent d’esquisser un peu de côté pour un nouveau chemin, un autre destin. Ecrire tous ces mystères qui enflent sous la croute de la terre et qui dans l’abime creusent l’oubli. Ecrire pour les faire exister, au-delà d’un déni, au-delà des fissures qui hurlent. Ecrire pour extraire le pire et dans un demi-souffle redonner à ces êtres en déséquilibre le droit de prendre leur place dans le grand et formidable chaos de l’existence.

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Le un, le rien, le tout

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Là où il y a la tristesse, là où d’autres ne voient pas, il y a aussi la possibilité d’une guérison, transformation. Les chemins des uns ne sont pas ceux des autres. Les verres que nous portons, consciemment ou non, filtrent la lumière et les ombres. De vérité, il n’y en a aucune, sinon la mienne. Ou la tienne. Celle de chacun et celle de personne.

Là où il y a la tristesse, il y a aussi la joie, celle des jours de liesses et des plaisirs tous simples. Et pour qui ne connait pas les larmes, alors comment nommer les éclats de rire?

On ne s’échappe pas de la vie, on choisit parfois de prendre une porte dérobée, en pensant que par là, on évitera les creux, les ronces et tout ce qui pourrait ralentir notre marche. Mais alors on évite aussi les fleurs et les bosquets, les aurores aux allures de début du monde.

Là où il y a le chagrin, ce petit vague à l’âme qui transporte avec lui son lot de deuils et de doutes, il y a aussi le possible, le phare qui illumine la nuit, la chaleur d’un souffle ami, le tremblement de nos lèvres assoupies.

Vivons alors le tout, ce grand chaos en mouvement, cet équilibre précaire relié à l’éphémère de toute chose et même de l’être. Pour s’enivrer d’une main qui se pose et d’un regard qui nous frôle, il faut pouvoir accueillir ce qui nous déstabilise et ce qui nous euphorise. Un monde de l’un sans un monde de l’autre est un monde sans définition, un monde neutre où les plus belles émotions se retrouvent étiquetées.

Vivons ce qui vient et ce qui passe, dans un rythme qui nous glace ou nous soutient. Laissons l’instant être ce qu’il est pour puiser dans son étreinte l’essence de ce qui nous rend humains!

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Ma sensibilité +++

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Il faut savoir que je déteste le terme Hypersensible.
Hyper ça me fait penser aux Hypermarchés, ces magasins à taille inhumaine.
D’ailleurs Hyper ça exprime l’excès, le trop. Et moi, le trop, je l’ai tellement entendu que ça ne passe plus.
Trop sensible
Trop gentille
Trop timide
Trop réservée
Trop idéaliste
Trop rêveuse
Trop calme
Trop susceptible

Je pense que vous avez compris !
Je lui préfère Supersensible. Comme Superhéros. C’est quand même plus vendeur et ça fait moins penser à quelque chose de pas « normal », pas dans l’ordre des choses. Comme si il y avait un ordre des choses, mais bon là on part sur une autre discussion et ce n’est pas le but de cet article !

Sur le sujet, vous pouvez aller lire l’excellent article de Nina ICI. Il y a autant de supersensibles qu’il y a de couleurs dans l’univers !

La super émotivité : les montagnes russes en quelque sorte. C’est sûrement le plus dur pour moi à accueillir et à vivre. Je peux passer du rire aux larmes en 30 secondes chrono, je vis un mix d’émotions variées en peu de temps. Je suis à fleur de peau sans cesse, même si ça ne se voit pas le plus souvent. Je suis un peu comme le temps Irlandais !

La super empathie : c’est le plus difficile à expliquer, je crois que mes écrits parlent pour moi. Je ressens ce que les autres vivent, comme si je le vivais moi-même. Pendant des années ça a été extrêmement douloureux, je portais une souffrance qui n’était pas la mienne, pour rien. Et puis les mots sont arrivés et ils m’ont permis de libérer ces ressentis intérieurs.

La super sensibilité au bruit : je déteste les « tic-tac » , les portes qui claquent, les chamailleries d’enfants, les chats qui miaulent pendant des heures, les gens qui mâchouillent – je peux chercher pendant 1h la source d’un bruit qui me gêne – j’entends le chant des oiseaux même au milieu des travaux…

La super sensibilité au toucher : je fuis tout type d’étiquette sur les vêtements, les matières qui me dérangent – un frôlement et tous mes sens sont en éveil – je sursaute si on me touche par surprise – les chatouilles me font bondir – je suis très très tactile…

Et dans le désordre : j’ai les centres commerciaux en horreur, la foule, la chaleur, au bout d’un moment je vacille – je ne peux pas entendre parler d’une opération au risque de faire un malaise – je n’ai donc jamais participer de A à Z à un cours de biologie – je ne supporte pas les parfumeries, toutes ces odeurs me donnent la nausée, je pleure facilement même pour rien, les aurevoirs me submergent, j’ai besoin de temps sans bruit et sans lumière pour me ressourcer…

Pendant longtemps je n’ai pas saisi l’ampleur de ma sensibilité, tout simplement parce que je me suis toujours adaptée à mon environnement. Je savais que j’étais sensible mais pas plus que ça. On va dire que je passais plus souvent pour l’empêcheuse de tourner en rond, la susceptible, l’enfant difficile à cerner, à comprendre.
Il faut savoir que chez les supersensibles, le besoin d’être aimé et apprécié est quelque chose de fondamental. Donc autant se fondre dans la masse plutôt que d’assumer son « étrangeté » dans une société qui aime que les choses soient le plus lisse possible.

Entre le « trop » ou « pas assez », pas toujours aisé de trouver sa place, son équilibre.
Pourtant acceptons le, nous sommes tous spéciaux, uniques, particuliers. A nous de transformer ce que les autres voient parfois, souvent, comme un handicap, une faiblesse. A nous d’apprendre à nous aimer pour en tirer le meilleur.
Ma sensibilité est ce qui me permet d’entrer en contact avec le monde et pour moi c’est un des plus beaux cadeaux ! (même si parfois encore j’aimerai l’être moins!)

Réédition d’un article écrit en 2021

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Les derniers jours de 2021…

2021 touche à sa fin, vraiment. Ces derniers jours ont été quelque peu chahutés avec ce fichu virus qui s’est invité à la maison et nous a mis bien KO. Pour ma part, je m’en remets tout juste, je peux enfin faire deux pas sans avoir l’impression d’avoir couru un marathon. Et à part une nuit où j’ai cru ma dernière heure arrivée, j’enchaine 10 heures de sommeil sans la moindre coupure. Et puis comme on ne fait jamais les choses à moitié chez nous, sinon c’est pas drôle, le virus s’est pointé avec un tsunami d’émotions variées, certaines que j’ai pu nommer et d’autres qui sont parties dans les limbes des maux posés sur le papier.

Le cocktail “mental et hypersensibilité” ne brille pas par sa saveur irrésistible. On se saoule vite! Ces jours avec moi-même m’ont toutefois permis de faire une pause, pour regarder dans le rétroviseur, revenir sur les 12 mois de cette année, apprivoiser ma solitude, prendre soin de moi, aller à mon rythme, sans m’imposer quoi que ce soit. Encore moins d’être performante dans quoi que ce soit.

2021, une année variée, faite comme toutes les années de hauts et de bas, une année de points d’interrogation, de limitations mise en lumière, d’acceptation de moi dans toutes mes contradictions. Beaucoup de larmes pour venir à bout de ce qui me retenait et beaucoup de retours en arrière pour aller creuser là où le mal avait fait son lit depuis si longtemps. Retrouver l’enfant et l’apaiser pour pouvoir prendre ma place de maman, surtout.

Devenir maman a pris tout son sens en 2021, oser dire “non”, aimer en posant des limites, trouver un nouveau rythme ensemble. Ce chemin est plein de pierres et de fleurs. C’est une route qui se trace au jour le jour, sur laquelle je nous sais complices souvent et en opposition tout autant, sévèrement parfois. Nous avons appris à nous dire les choses, celles qui fâchent et celles qui font du bien. En cette fin d’année j’ai choisi de dire la vérité, que ce n’est pas simple de cheminer seule, de devoir faire avec cette troisième place vide, de ne pouvoir compter que sur moi-même et de me sentir bien impuissante à certains moments. Ca n’enlève rien aux jours de joie et à la chance d’être la maman d’un petit garçon au coeur si tendre!

Une année sous le signe de l’amitié, revoir les personnes qui comptent, rencontrer de nouvelles amies, découvrir ensemble, grandir, s’écouter, se motiver, s’émouvoir. Et sous le signe de la famille aussi, après des années d’errances, de non-dits, de blessures qui avaient mal cicatrisées. Retrouver le lien, loin d’un passé révolu.

Ce passé qui est venu jouer avec mes fondations, dans lequel j’ai cru me perdre à nouveau et face auquel je me suis choisie finalement. Me protéger avant toute chose. Et cracher ma colère, lâcher tout ce que j’avais retenu parce que ça ne se fait pas de détester quelqu’un. Ouvrir les vannes pour revenir à la vie, une fois de plus. Et accepter aussi que cette histoire (moche) fait partie de mon histoire.

2021 où l’année de la créativité, avec le Cercle des Muses, la reprise de la danse, la découverte du Yoga et de sa philosophie, le Tarot, l’Astrologie, et la poésie, qui a fait son grand retour dans ma vie. De la couleur, encore de la couleur.

Cette année aura aussi été marquée par une prise de poste, de nouveaux collègues et une confiance renouvelée. Ne plus passer des jours entiers à me demander à quoi je sers m’a libérée d’un poids. Je n’ai pas pour autant abandonner mes envies d’ailleurs mais je sais aujourd’hui que mon choix de sécurité est le plus juste pour nous deux.

Je pense que 2021 aura été l’année la plus “montagnes russes” au niveau sentimental. J’ai conscience que je ne me suis peut-être pas assez investie, que je me suis laissée happer par mes résistances, que j’ai préféré la fuite plutôt que d’affronter mes démons, qu’entre coeur et raison, ça a pas mal balancé! J’ai pris le parti de la patience, il y a eu de beaux moments, de l’écoute, du partage. Juste pas assez. Un jour viendra où il faudra sérieusement se pencher sur ma relation à l’amour, à l’engagement, au couple. Ce moment n’est pas encore venu – gardons en pour la suite!!

Avant de partir, merci à chacun et chacune d’entre vous, pour votre présence si touchante, si vivante, pour chacun de vos mots déposés ici. Vous lire c’est de la pure magie à chaque fois. Merci de m’écouter, de me comprendre entre les lignes, de me motiver à aller plus loin, toujours. Je vous souhaite une très belle fin d’année 2021 et je vous dis à très vite.

Sinon vous, votre bilan, ça donne quoi?

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Dans quelle société vivons-nous?

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Je suis tombée par hasard ce matin sur un article concernant le projet de loi sur l’interdiction des « thérapies de conversion ».

Et je suis allée creuser bien entendu. Parce qu’en ce moment le « genre » est au cœur du débat. On se demande même si il n’a pas pris le pas sur le féminisme. Les thérapies de conversion sont un ensemble de pratiques qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle d’une personne. D’abord nées aux Etats-Unis à la fin des années 1970, elles se sont peu à peu répandues en Europe. Elles visent à « guérir » les personnes homosexuelles, bisexuelles ou lesbiennes en les « convertissant » à l’hétérosexualité.

Je ne vais pas débattre sur ce sujet ( je tente de moins en moins avec le temps d’avoir un avis tranché sur les problématiques de société) mais pour moi ça va de soi que ce type de thérapie ne devrait pas exister. Tout simplement parce que l’idée même de la conversion en général me dérange. Par contre sachez que personne ne débat sur ce sujet, les gens s’invectivent, s’envoient des horreurs, jugent à l’emporte-pièce, se vantent d’être tolérants tout en participant à des lynchages collectifs et chasses aux sorcières sur les réseaux. 

Si tu n’es pas LGBT+ friendly par les temps qui courent, tu es homo/cis/transphobe ou autre chose et là ça me pose problème. Où est le respect dans tout ça ? On ne peut pas demander à tout le monde d’être ouvert à tout. Nous venons tous avec notre expérience de vie, nos croyances, nos idéaux, nos valeurs et nous avons tous le droit de penser différemment. Où est le respect quand partager son opinion relève d’un acte de bravoure ?

Au cours de mes années de droit, on  m’a enseigné, que chacun avait le droit d’avoir une voix et que chacun avait le droit de l’exprimer, on m’a appris l’esprit critique, de ne pas prendre tout pour acquis. Nous sommes dans un pays où nous pouvons le faire. Même si beaucoup de personnes pensent le contraire. Je conseillerais fortement à ces gens-là d’aller faire un tour dans les pays où les gens vivent cachés parce qu’ils ont osé poser des mots sur l’inacceptable ou défendre des idées contraires aux idéaux nationaux

Afin de me faire un avis, je me documente, je regarde des reportages, j’essaie de comprendre, d’envisager le sujet sous le prisme de mes valeurs. J’adhère rarement à une idée parce qu’elle est en vogue. Je trouve ça triste finalement.

Pour autant, j’évite de donner mon opinion sur pas mal de sujets parce que les réactions vives qui viennent vous piétiner, très peu pour moi. Mais comme ici c’est mon blog, je vais quand même dire – un peu – ce que je pense.

On a commencé par l’écriture inclusive, pour faire changer les mentalités sur l’égalité homme/femme par le langage. Du coup on se retrouve avec des règles compliquées, des marques orthographiques et syntaxiques de plus en plus complexes. Il y a toujours autant de femmes mutilées à travers le monde ! L’écriture inclusive ne les a pas encore sauvées !

Très récemment le pronom « iel »  a fait son entrée dans le Petit Robert. Une condensation de « il et elle » pour désigner une personne qui ne se définit ni comme une femme, ni comme un homme, ni comme un il ni comme un elle. J’en viens à ma demander si il et elle ne finiront pas par disparaitre et par la même occasion, l’homme, la femme seront bientôt tous des mutants sans sexe ! Mais jusqu’à preuve du contraire, il faut toujours un spermatozoïde et une ovule pour féconder un bébé !

Pour terminer je vous laisse avec les nouveaux termes qui définissent votre genre. Ca me laisse perplexe…

Bisexuel – Se dit d’une personne attirée affectivement et/ou sexuellement par des personnes des deux sexes et/ou des deux genres.

Cisgenre – Se dit d’une personne dont l’identité de genre (masculin ou féminin) correspond au sexe avec lequel elle est née. C’est le contraire d’une personne transgenre.

Genderfluid – Se dit d’une personne dont le genre oscille entre la masculinité et la féminité.

Non-binaire – Se dit d’une personne dont l’identité de genre ne correspond ni aux normes du masculin ni à celles du féminin. Cette personne peut se sentir entre les deux, aucun des deux ou encore un mélange des deux.

Pansexuel – Souvent synonyme de “bisexualité” et issu du préfixe grec “pan” (tout), la “pansexualité” renvoie à l’attirance (affective et/ou sexuelle) envers une personne, quelles que soient ses caractéristiques de genre, de sexe ou de sexualité.

Trans – Terme générique pour désigner des personnes pour lesquelles l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance (on préfèrera le terme transgenre à celui, jugé très stigmatisant, de “transsexuel“).

Dans cette quête d’identité pour beaucoup, sincèrement je ne sais pas comment les gens s’y retrouvent. Il y a certes une légitimité à demander les mêmes droits pour tous, cependant l’égalité pure et dure est une utopie puisque la différence fait partie de la vie…

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Quel choix?

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Un commentaire sur mon billet de samedi dernier m’a inspiré cet article.

Lâcher, partir, faire des choix, n’est-ce pas le plus difficile finalement, ce qui nous coute le plus? Comme on dit souvent “on sait ce qu’on laisse, pas ce qui nous attend”.

Alors on s’attache à nos habitudes, nos relations, nos schémas de vie, à ce qui est d’un certain côté rassurant même si cela menace insidieusement notre équilibre, nos bases. On fait avec, faute de pouvoir faire sans. Et puis ce qu’on connait finalement ce n’est pas si pesant, on s’en accommode pas si mal de nos obligations, alors bon, pourquoi pas remettre des sous dans la machine et repartir pour une nouvelle dizaine?

J’entends souvent des personnes dire “c’est la faute de”. En effet, on peut passer beaucoup de temps à rejeter la faute sur autrui, à vouloir prouver par A + B que si on ne fait pas telle ou telle chose c’est parce que nous manquons de confiance, nous n’avons pas eu la chance des autres, nous avons manqué le coche.

J’entends souvent aussi “pour moi c’est trop tard”, comme si il y avait une date de péremption pour faire des choix en accord avec nos valeurs et nos souhaits, comme si passé un certain âge nous étions forcés d’admettre que ce n’est plus la peine d’essayer.

Lâcher, quitter quelque chose, ça ne veut pas non plus dire claquer la porte et repartir à zéro, remettre en question toutes les sphères de sa vie, tout quitter sans un regard en arrière. Ca peut simplement vouloir dire faire quelques aménagements, changer de cadre, choisir un nouveau loisir, passer plus de temps avec d’autres personnes, abandonner une mauvaise habitude, commencer une thérapie pour soigner un mal être ou un trouble, se mettre au sport…

J’entends beaucoup de gens avec des excuses plein la bouche. Les enfants, les parents, les conjoints, l’âge, la situation géographique, l’argent et j’en passe. Je ne dis pas que tout choix est simple, loin de là! Je ne dis pas qu’il n’y a pas des personnes qui doivent être prises en compte dans nos décisions. Mais il n’y a qu’un pas entre l’impossible et le début de quelque chose de possible. Et c’est à la portée de tous.

Quels sont les actes qui vous ont semblé les plus difficiles à poser? Qu’est-ce que vous souhaiteriez lâché aujourd’hui? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire? Qui rendez-vous responsables (on le fait tous un jour ou l’autre!)?

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Nos Schémas

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Hier, ma soeur me disait qu’elle se sentait jugée. Dans son quartier, la règle est un minimum de 3 enfants (et plus si affinités). Elle n’en a qu’1 et elle a toujours le droit à LA question “c’est un choix ou…?” C’est d’autant plus difficile pour elle qu’elle doit faire le deuil de ce deuxième enfant qu’elle désirait et qu’elle n’aura pas.

Je me demande toujours si les gens font leurs choix d’un conjoint, d’une vie à deux, d’une vie de famille, voir d’un travail en fonction de leurs propres désirs ou parce que cela correspond à une sorte de norme, parce que dans certains milieux c’est comme ça et pas autrement. Parce qu’on est habitué finalement et que tous les gens autour de nous font comme nous. On vit comme dans un cercle privé, privilégié.

C’est un peu comme les divorces, chez certains ça ne se fait pas. C’est mal vu, ça contrevient au schéma établi, au rituel rassurant. L’image est belle, c’est tout ce qui compte.

Je me demande ce que ça fait quand un petit caillou vient faire dérailler la machine, quand la route tracée prend des virages, quand un choc violent vient remettre en question tout le connu.

Ca ressemble à quoi la vie des gens qui font, qui sont comme il faut. Est-ce que ça dure toute une vie? Est-ce que ça cadre? Est-ce que ça guide?

Finalement est-ce que qu’on se pose des questions quand on suit la voie tracée, voie royale? Est-ce qu’on s’interroge sur nos choix de vie, est-ce qu’on pourrait les remettre en question? Est-ce qu’on se sent seulement prêt à le faire, à emprunter les chemins de traverse, peu, mal, fréquentés, les routes avec des bosses, des ronces, passages solitaires, étrangers?

Est-ce que c’est mieux pour autant d’aller à contre courant? D’envoyer tout valser? De vouloir choisir autre chose, autrement, quitte parfois à se prendre les pieds dans le tapis?

Quelle est la part d’inné, d’acquis, de conscient, d’inconscient dans nos choix de vie? Ou se situe notre libre arbitre, notre liberté dans un avenir presque déjà écrit, souhaité?

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Dérive(s) moderne(s)

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Chercher, creuser, faire, dire, partir en quête, se questionner, aller plus loin, encore, encore, encore. Se défaire des couches superflues. Comprendre le comment du pourquoi et le pourquoi des choses. Essayer de comprendre toujours plus. Creuser plus loin. Se gaver de psychologie. Se nourrir à l’extrême d’informations prometteuses. Se goinfrer de recettes toutes faites pour réussir ici et là, pour s’affranchir, pour devenir meilleur, plus confiant, plus constant. Chercher la faille et s’y glisser, tout chahuter sur son passage, perdre de vue le nord, se perdre dans les dédales de toutes les propositions alternatives possibles et imaginables.

Vouloir mettre des mots sur les maux jusqu’à l’épuisement, nommer à tour de bras les émotions, noter les sensations, se fier à la lune et ses mouvements, pratiquer des rituels de sang blanc, scander des prières jusqu’à perdre le fil de l’intention, jusqu’à l’oubli.

Vouloir toujours aller plus loin et laisser la vie passer. Laisser le plaisir et la joie. Laisser l’esprit, qui dans des milliers d’hypothèses se noie. Laisser filer le goût des choses simples. Se laisser tomber sans s’en rendre compte. Oublier ce qui est en se laissant happer par la pensée de ce qui pourrait être.

Oublier de vivre. A force de chercher un sens à tout. A force d’écouter avec son filtre de vérité. Laisser passer les rêves à coup d’obligations, de missions. Laisser passer l’autre dans une quête d’absolu sans fin.

A force de…

Perdre la force vive en nous. Et s’évanouir dans un tourbillon d’obsessions, tumulte d’idées qui jamais ne se taisent, chaos sans cesse à apaiser, brouillon sans cesse réinvesti pour en tirer un fruit, pourtant depuis longtemps pourri!

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La troisième voie

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Rester ou Partir

Tout est choix, c’est ce qu’on ne cesse de nous répéter. C’est ce qu’on ne cesse de nous proposer. Toujours un choix entre deux choses, deux situations, deux histoires. Choix de vie à peser pour que celui ci ne pèse pas. Pas trop lourd. Choix facile ou fragile. Tout dépend de tellement de choses.

Le bien, le mal. Le vrai, le faux. Le juste, l’injuste. Le froid, le chaud. Le rêve et la réalité. Un mode binaire engrammé dans nos gênes. Nous restons bien souvent attachés à une certaine vérité. Qui n’est en fin de compte que la nôtre.

Et si?

Si il existait une troisième voie? Et pas seulement une troisième d’ailleurs, mais une multitude de chemins. Et si il y avait autre chose, quelque chose que nous pourrions créer de nous-mêmes, entre partir ou rester. Même pas. Entre rien. Juste ouvrir une brèche, une porte et voir où cela nous mène.

Il est des situations dans lesquelles rester ou partir s’impose. Et puis d’autres dans lesquelles, si nous nous ouvrons à plus grand, à moins figé, si nous restons dans l’instant, alors au bout de nos émotions parfois violentes, au gré des mouvements et des cycles, il y a je pense une variété de possibles.

C’est cette voix que je choisis d’écouter, cette voie que je souhaite suivre, voie créative par excellence, qui me dit que je suis actrice de ma vie. Voie colorée et parfumée. Une voie qui voit au-delà des codes et des routes tracées. Une voie qui m’appelle à m’ouvrir aux opportunités, à ne pas rester prisonnière de ce qui se fait ou ne se fait pas.

Une voie qui me relie à l’énergie du vivant. Le chemin est inconnu, il se déroule sous mes pas, à mesure que j’avance. Il est aujourd’hui sans demain précis. Il est ce qui est juste pour moi.

Et vous, ça vous parle cette idée là?

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Pour lui plaire…

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Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.

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Se croiser

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Se croiser.

C’est ce que l’on fait si bien tous les jours. Dans nos quotidiens plus ou moins bien organisés. Dans nos cohabitations plus ou moins bien installées, dans nos vies plus ou moins harmonieuses, dans nos relations plus ou moins stables. C’est presque aussi automatique que le “ça va?” de circonstance, qui n’attend aucune réponse.

Se croiser, c’est juste partager un temps un périmètre commun, c’est un “bonjour” d’habitude, que ce soit la cuisine, l’escalier, le trottoir, un quai de gare, un bureau. Rien que du superficiel, rien qui ne nous tienne vraiment debout.

D’ailleurs se croiser c’est rapide et quand ça ne l’est pas, c’est sans âme. C’est histoire de dire que…On se connait, on se fréquente, on partage un morceau d’existence aussi infime soit-il. C’est rassurant finalement.

On peut aussi croiser son reflet dans le miroir, juste un millimètre de nous-mêmes. Pas de quoi en faire tout un plat. S’arrêter, prendre le temps, c’est déjà le début d’un engagement. C’est moins rassurant que l’éphémère.

J’ai croisé beaucoup de gens, j’ai aimé beaucoup de gens que je n’ai fais que croiser. Pourtant je crois en la sincérité des rencontres qui voient au delà des apparences, je fonds pour un échange coeur à coeur, je veux plus d’humanité dans les rapports humains, plus de profondeur.

Je ne voudrais pas qu’un jour nous ne fassions plus que ça, nous croiser, parce qu’alors nous aurions perdu quelque chose, peut-être bien pour toujours. Nous aurions perdu l’essence, l’essentiel. Nous serions alors deux étrangers comme ceux que nous croisons tous les jours et que nous avons l’impression de connaitre, alors même que nous restons sans arrêt à la surface des choses. A la surface, les sentiments sont faits d’une écorce aussi friable qu’une terre asséchée. Rien de bon ne sort d’une terre abandonnée.

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Huit ans et quelques mois

Cela fait maintenant 8 ans et quelques mois que nous nous connaissons. Un peu plus si l’on compte ces mois de communion presque parfaite, ces mois en osmose dans une sorte de bulle baignée de lumière, avant le crash.

Huit ans et quelques semaines. Beaucoup de peurs et des heures de doute. Des larmes aussi, de quoi inonder l’espace. Des minutes obscures à se demander à quoi bon, à qui bon continuer, à quoi bon essayer. Des jours douloureux, des matins à ne plus savoir comment vivre sans cris, des soirs à guetter ton sommeil pour pouvoir m’écrouler, le corps pris de tremblements, le coeur en miettes et l’âme en peine.

Huit ans d’émerveillement aussi, de tes premiers pas à tes premiers mots, de tes premiers sourires à tes premiers coups de coeur, de tes premières fois suivies de secondes tout aussi touchantes.

J’ai souvent écrit combien je ne me sentais pas à la hauteur de ma tâche de maman, combien je me sentais lasse, vide, vidée, à cran, perdue, angoissée. J’ai souvent écrit la solitude, l’impuissance face à ton chagrin, tes peurs, ta sensibilité aussi exacerbée que la mienne, ta colère, ta rage. J’ai toujours écrit avec sincérité ce chemin de vie, choisi, pas toujours aisé, fait de hauts et de bas, d’envies de tout envoyer valser, de chaos et de tendresse mêlés. L’amour dans toute sa complexité.

J’ai voulu être une mère “parfaite”, celle qui n’existe pas! Tout gérer de main de maître, comme une sécurité, comme pour me dire que j’étais capable d’être ta maman. C’est pourtant ce qui m’a le plus pesé, enfant, cette maitrise des choses et du temps. C’est ce que j’ai copié, loin de me rassurer, ce modèle n’a fait que me terroriser.

Je t’ai écouté sans pouvoir répondre à tes demandes. Je t’ai écouté, je t’ai regardé évoluer, grandir, devenir un petit garçon. J’ai essayé tellement de fois le fameux lâcher prise, je me suis souvent plantée et la colère est revenue, comme une amie fidèle, manipulatrice, inquisitrice, destructrice.

Huit ans et quelques mois et voilà que doucement je prends ma place, tu prends la tienne, nous nous tenons l’un et l’autre dans un espace qui se vide de tristesse et se remplit d’allégresse. On dit que les épreuves nous rendent plus forts, je dois avouer que les nôtres nous ont fragilisés, nous ont rendu méfiants. Elles nous ont secoués et ont laissé des cicatrices que le temps seul à le pouvoir d’apaiser, pour peu que nous le laissions faire.

C’est à la joie et au présent que je m’en remets aujourd’hui, dans notre complicité et ce lâcher prise qui est arrivé sans que je le décide, comme si tout avait une raison d’être, comme si tout arrivait à point nommé. Peut-être bien que ce retour à moi aura été le point d’ancrage de cette relation qui s’épanouit, dans un mouvement permanent. J’accepte le déséquilibre et je pose davantage mes limites, ne craignant plus de ne pas en faire assez.

On s’apprend avec plus de rires et moins de contraintes, juste des règles de vie, celles que je définis pas à pas et qui te correspondent aussi. Cette vie à deux commence à avoir des reflets argentés et nous en avons tous les deux conscience. Comme quoi il faut toujours s’accrocher, la vie a des ressources insoupçonnées!

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En Vie de Toi

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Cette envie physique fulgurante, vivifiante, impulsive. Cette étreinte qui va chercher plus loin que tout ce qui se lit. Ce corps à corps intense, à la limite de l’indécence, ce jeu qui nous propulse dans un univers d’insatiable plaisirs à décliner à l’infini. Cet impact qui n’en finit pas de m’éblouir.

Cette envie de toi, plus que ton corps, ton être. Au coeur, au corps de soi. Ce que tu dégages, qui tu es, ce que tu me fais ressentir, la manière dont je suis quand je suis avec toi.
Respirer l’air que tu respires dans un espace partagé, dans un temps qui n’est que le nôtre sans obligations à honorer, sans que le tic tac des secondes ne viennent perturber l’instant de félicité que nous vivons au maximum.

Il y a eu, la peur, le manque, l’insécurité, les reflets du passé. Il y a eu les doutes au milieu de ces mois entre deux, dans lesquels nous étions l’un à l’autre, si longtemps l’un sans l’autre. Je ne vais pas dire que ça a été facile ni que parfois je ne me suis pas demandée comment nous allions nous retrouver.

Il y a encore et toujours la joie, la complicité, ce contact de nos peaux et le dialogue de nos coeurs, ces sourires sur nos visages qui en disent plus longs que les plus jolis mots du Monde.

Je n’ai jamais douté de nos sentiments, j’ai juste crains cette fuite du temps. Que l’habitude de l’absence l’emporte sur l’émouvante tendresse de la présence. J’ai saisi la main du trouble au creux des déceptions des autres, des fins douloureuses, des adieux déroutants. J’ai redonné du pouvoir aux blessures d’hier, avant de comprendre que ma sécurité intérieure était de ma responsabilité, que le choix de la joie n’était pas un leurre mais bien un droit naturel.

Si il y avait un regret ce serait celui de ne pas m’être assez écoutée, d’avoir laissé les cicatrices brûler un peu plus longtemps comme si le bonheur c’était pour les autres et que je ne pouvais pas tout avoir. Juste quelques miettes, tout au plus. Quand tout de nous m’appelait à la vie, quand chacun de tes gestes m’invitait à plus d’audace, le plaisir simple de goûter à l’instant. Quand tous nos rendez-vous me donnaient ce sentiment d’être invincible, d’être plus que toutes mes limitations.

Ce temps là est passé et un nouveau chapitre s’ouvre à chaque respiration, chaque intégration. Les regrets filent comme le vent et alors il reste tant à écrire. Toujours. Le beau, le juste, le meilleur, ce qui a le goût d’éternité, quand nos mains s’effleurent et font trembler les parois fines de nos émotions.

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Je sers à quoi?

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Maman, je sers à quoi, moi?

On a dépassé l’époque des pourquoi. Si éreintants, si rassurants pourtant. Les “comment” arrivent et les questions sur le sens des êtres et des choses.

Si j’avais été honnête, je lui aurai répondu que je me pose souvent la même question. Comme celle de la vie en grand terrain de jeu et si tout cela n’était qu’un grand rêve qui dure un peu plus longtemps que les autres?

On peut parler de fatalisme, mais soyons sincères pour une fois, l’homme ne sert à rien. Ses questions de petit font avancer mes réflexions de grande. Et d’un coup tout est devenu limpide, liquide, comme de l’eau, façonnable à ma guise.

Et si la question en fin de compte n’était pas à quoi je sers? mais qui ai-je envie d’être dans cette existence? Qu’ai-je envie de tester, d’expérimenter, de partager, de vibrer? Quel est le sens que je souhaite donner à mon passage ici?

Alors je lui ai dis que ni lui, ni moi, n’étions en vie pour servir à quoi que ce soit. Mais que nos actions, nos pensées avaient un impact. Que lui, dans ma vie, il avait dissipé les ténèbres, qu’il avait apporté une belle lumière et que le noir doucement s’était éclipsé.

Je lui ai dit que tout était question d’intention, de ce qu’on mettait, chacun, chacune, dans nos paroles et nos actes. Que c’est ça au fond qui faisait la différence.

Il y a un mois de ça, je m’effondrais littéralement en séance de sophrologie, incapable d’aligner deux mots, empêchée dans toutes mes réflexions, mes questionnements sur le sens de tout, à fleur de peau fois 1000, tétanisée par cette sensation de patauger dans des sables mouvants, sans pouvoir retrouver le fil. Tant que personne n’appuie là où ça fait mal, tout va bien. C’est quand il faut faire face aux questions qui dérangent que la tension faut sauter ce que l’on pensait être solide.

Et puis, là, avec cette réflexion tout me parait aller de soi. Comme quoi, oui, nos enfants nous font aller plus haut, plus loin, même si c’est déstabilisant et que ça nous file le vertige!

Ceci n’est que ma vérité, vous pouvez ne pas la partager. Ceci n’est que ce qui me semble logique, là, maintenant et qui me permet de poser un pas sur le chemin, un pas plus sûr et serein, en direction de moi et de la vie que je veux.

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Je suis…

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Je suis le sang mêlé au souffre
La flèche qui transperce le cœur du guerrier
Je suis la haine au bord du gouffre
La déchéance, l’inhumanité

Je suis la bombe larguée
Au dessus d’une ville en pleurs
Je suis le silence terrifié
L’innommable et insondable peur

Je suis celui qui viole
Et celui qui pille
Je suis celle qui s’immole
Ces enfants qu’on assassine

Je suis les ténèbres capricieux
La mort qui crie
Je suis le caprice ténébreux
Le bourreau et ses furies

Je suis le vide et le plein
Sans arrêt en mouvement
Je suis le néant assassin
Le chaos entêtant

Si je ne suis que ça
Je disparais
Entité fragmentée
Je me dissous dans l’air

Je suis la résilience
Le sourire de l’enfance
Je suis le merveilleux en transe
L’ idéaliste espérance

Je suis la lumière dans la pénombre
L’or pur au pays des nombres
Je suis la voix derrière les ombres
L’amour qui devient onde

Je suis l’affirmation
L’émotionnel en action
Le corps livré à la passion
L’esprit de l’illumination

Je suis la confiance
L’être en pleine conscience
Le Divin sans obsolescence
Je suis l’ère de l’évanescence

***

Il est, selon moi, impossible de vivre sans toutes ces parts. Nous ne sommes jamais tous blancs ou tous noirs. Il y a en nous ce que nous aimons et détestons chez l’autre. Ce dernier agit comme un miroir, à nous d’avoir les yeux pour voir!