De la critique gratuite…

Petit plaisir fugace sortie d’une collection Harlequin rouge passion modernisée . Pourquoi pas puisque ça marche ? J’en fais la 1344é lecture et le …31é commentaire…no comment !” – Commentaire reçut suite à la publication d’un texte pour le Prix Short Edition Printemps 2019.

Sur le moment, je me suis dit “quel manque de tact”. Tout de même. Et puis après coup, que ça ferait un bon support pour un nouvel article. Et me voilà!

Écrire implique de ne pas satisfaire tout le monde. C’est un fait. Il n’y a pas qu’écrire d’ailleurs. Il y a être, vivre, créer, dire, chanter, parler, oser…

Toutefois est-ce que nous vivons, créons, parlons, osons pour plaire à tous? Ou est-ce que nous souhaitons tout simplement “être” dans l’acte que nous posons  à un instant T?

Mes textes ne remportent pas l’unanimité. Ils touchent certains quand ils en laissent d’autres sur leur faim. Certains les trouvent plein d’émotions quand d’autres les trouvent mièvres. Certains estiment qu’ils sont chantants, poétiques quand d’autres y voient une pâle copie de ce qui se fait déjà.

Très bien, chacun a le droit d’avoir son avis sur la question. Moi même j’apprécie certains textes et j’en trouve d’autres sans âme. Nous avons tous des styles qui nous plaisent plus que d’autres, tant mieux, il y en a pour tous les goûts!

Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est ce genre de commentaire gratuit. Qui n’apporte rien. Récemment, j’ai envoyé mes novellas à des personnes pour bêta lecture et le premier retour que j’ai eu a été très constructif. Certaines choses n’allaient pas, les commentaires n’étaient pas du style “guimauve”, ils m’ont amené à réfléchir sur mes écrits. C’est une expérience très positive. A partir du moment où celui qui lit apporte son avis, sa critique dans un sens qui nous permette de nous améliorer, je dis “OUI”. Mais si c’est juste parler pour parler, à quoi ça sert?

A une autre époque, cela m’aurait blessé. Aujourd’hui, j’ai la maturité nécessaire pour prendre les choses avec philosophie. Cela me permet de me rendre compte que j’ai progressé sur la manière dont j’écris et j’appréhende l’écriture en général. Une vraie bouffée d’air frais!

Et vous, les “avis” dans le genre, vous les prenez comment? Avec du recul? Ou bien ça vous touche et ça remet en question vos idées, vos projets, votre envie?

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Ce monde de “Tabou”

Source Internet

Tabou. On entend le mot à toutes les sauces ces temps-ci.

Le tabou sur le désir ou non d’enfant, sur le couple et ses choix de vie, sur les maux physiques, psychiques, l’endométriose, la fausse couche, le deuil d’un enfant, sur nos préférences sexuelles, nos choix politiques, la manière d’élever notre progéniture, le harcèlement, le burn-out, le bore-out, la dépression, le choix d’allaiter ou de ne pas le faire, le sexe, la religion, la PMA, les couples libres, le mariage, la pornographie, la sodomie, l’accès à la propriété, l’argent, l’anorexie, l’infidélité, le “terrible two” et ceux qui suivent, l’adolescence, le célibat, la violence, l’avortement, les familles monoparentales, la prostitution, les problèmes de santé intimes, l’immigration, le nucléaire, le handicap, les maladies auto-immunes, l’orgasme, la maladie en général, les MST, l’autisme, le plaisir masculin, le divorce, l’échec scolaire, l’euthanasie, la drogue, la mort…(vous en aurez sûrement d’autres à ajouter)

Et on se vante d’être plus tolérants que par le passé! Alors même que nous jugeons tout le monde et tout le temps.

Nos vies sont passées au crible de ce que non seulement la société mais les “bien-pensants” jugent “bon” ou “mauvais”. Tout le monde a une opinion sur tout et tout le monde la partage, sans se soucier des conséquences.

Certaines chosent se disent quand d’autres ne se disent pas. Mais rien ne se dit vraiment au final. Tout reste en suspens. On reste dans les non-dits, les silences et la culpabilité. Ce n’est plus la religion qui nous traumatise, c’est le regard de tout un chacun sur la manière dont nous choisissons de vivre notre vie. Comme si nous devions rendre des comptes à tout le monde, tout le temps.

Tous ces sujets ne sont ils pas pour la plupart liés à des choix personnels. A partir du moment où ils ne causent pas de tort à autrui, pourquoi vouloir absolument les remettre en question? Pourquoi vouloir absolument avoir raison? Que manque t-il dans nos vies pour que nous cherchions sans cesse ce qui pourrait clocher dans la manière de vivre, de penser, d’être de l’autre?

Maintenant…

Imaginez un monde dans lequel vous pourriez parler de tout ça, sans vous poser cent fois la question sur votre légitimité à le faire, sans vous demandez si une fois de plus on va vous regarder de travers, un monde dans lequel chacun accueillerait votre confession avec bienveillance, en acceptant votre point de vue, sans pour autant le partager.

Ne vous sentiriez-vous pas plus à l’aise dans ce monde-là? Ou préférez-vous rester dans celui qui voit la différence comme un travers à dompter, qui voit chaque individu comme un électron libre à faire rentrer dans le droit chemin?

Une histoire de confiance

Image by sweetlouise on Pixabay

Nous avons tous / toutes vécus des des revirements de situations. Que ceux ci soient  amoureux, amicaux, familiaux, professionnels. Nous avons tous fait face un jour ou l’autre à un départ inattendu, une séparation. Nous avons donné notre confiance à des personnes qui s’en sont moquées. Ouvertement parfois. Certains mensonges nous ont bousculés, beaucoup. Certains secrets ont été divulgués, sans notre consentement. Certaines révélations marquèrent la fin de quelque chose qui ressemblait vaguement à de l’innocence.

La confiance, certains la donnent en deux minutes top-chrono. Pour d’autres, il faut du temps, beaucoup de temps, le temps d’être rassuré, le temps que l’autre fasse ses preuves, le temps des mots et le temps des actes, le temps de la parole donnée et assumée.

La confiance, quand elle est trahie, certains la reprennent en deux minutes top-chrono, d’autres sont fervents défenseurs de la fameuse “deuxième chance”.  Certains font le serment de ne plus jamais faire confiance. Ni à la personne qui les a trahit, ni à personne d’autre d’ailleurs.

Certains font confiance à tout le monde, quand d’autres ne font confiance à personne. Quand l’insouciance dicte les pas des premiers, la méfiance dicte ceux des seconds. Et si on se fiait plutôt à nos intuitions…

La confiance est un ressenti entier, c’est ce qui nous permet d’entrer en relation avec l’autre. Sans confiance, nous risquons fort de rester sur le bas côté à regarder la vie passer. Toutefois une confiance mise à mal, au delà de la blessure, a des conséquences. Sur la confiance en générale et la confiance en soi en particulier. Faire à nouveau confiance demande d’apprendre à bien / mieux se connaître et d’être capable de faire la part des choses entre ce qu’on a connu et ce qui se présente.

La confiance c’est aussi beau et fragile que de la porcelaine.

Il n’y a pas de miracle. La confiance c’est comme beaucoup de choses, ça s’apprend et çà se construit, ça s’entretient et ça se nourrit. De l’intérieur.

Quand le bonheur fait peur!

Crédit Pixabay

J’ai bien conscience que bonheur et peur ne sont pas forcément des mots qu’on voit ensemble généralement. Toutefois, je peux vous dire, d’expérience, que parfois le bonheur fait peur. Oui, surtout quand on n’y a pas été habitué, quand on nous a rabâché que le bonheur c’était une illusion ou que si il existait, c’était pour les autres, quand on a grandit avec l’idée que le bonheur ça se mérite!

Je me souviens…

Pendant les premières semaines que la vie m’offrait avec lui, la peur ne m’a pas quittée. Ou alors juste quelques heures volées. Le combat était acharné. J’ai bien faillit dire « stop », tout arrêter. J’ai été tentée des dizaines de fois, peut-être plus. Partir sans se retourner. Et chaque fois, je me disais qu’il serait vain de fuir, que cette chance, il fallait la saisir et laisser le passé derrière. Plus facile à dire qu’à faire.

J’avais l’impression d’être détentrice d’un trésor trop volumineux pour moi. Je ne savais pas quoi en faire, ni comment me placer par rapport à lui. Cette configuration nouvelle pour moi me laissait chancelante, incertaine.

Si le bonheur se méritait, c’est qu’il fallait donner quelque chose en échange. Qu’est-ce que j’avais à donner? A part des doutes, mes démons, des angoisses bien ancrées, un besoin omniprésent d’être rassurée. A part la crainte que le premier souffle du vent d’automne l’emporte loin de moi. Justement parce que mes mains étaient vides et que mes cauchemars étaient denses.

Qui refuse le bonheur quand il se présente ?

Les personnes qui ne se sentent pas à la hauteur, qui pensent qu’on les aime sans les connaître et qu’une fois qu’on les connait on ne les aime plus. Les personnes qui manquent de confiance, qui ne s’aiment pas.

Le bonheur est troublant quand on l’appréhende pour la première fois. Il est tellement loin de tout ce qu’on a connu, tellement loin de ce qu’on a appris. Alors on déconstruit pour reconstruire. On lâche pour avancer. On le regarde en face et on ose un “oui”. Croire au bonheur c’est avoir foi en la vie. Et cela vaut pour toutes les rencontres, pour tous les chemins. Cela vaut pour l’amour comme l’amitié. Le bonheur ne connait qu’une réalité, celle qu’on veut bien lui donner.

Et vous le bonheur? Inné ou acquis? En avez-vous eu peur un jour? Pensez-vous que c’est une fantaisie, un droit?

Le cauchemar des règles abondantes

On peut même en rire!

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet qui sort doucement de l’ombre. Et tant mieux. Âmes sensibles au surplus d’hémoglobine, s’abstenir.

J’étais partie, pour tout vous dire, sur un article un peu différent, qui faisait état à l’heure actuelle des protections périodiques proposées et du fait que la plupart ne me convenaient pas. Sur les réseaux sociaux ou les blogs, on lit souvent des témoignages super positifs, dans lesquels on ne se retrouve pas toujours. Du coup, c’est déjà pas simple à gérer et c’est frustrant par dessus le marché!

Il faut savoir que j’ai tout essayé (cup – serviettes lavables – culotte menstruelle – tampons). Sauf le flux instinctif libre. Non parce que là, sincèrement, ça fonctionne peut-être très bien pour certaines femmes mais…si c’est votre cas, n’hésitez pas à en parler en commentaires.

Suite au scandale sur les tampons – problème écologique de grande envergure et produit nuisible pour la santé – j’ai cherché, comme beaucoup de femmes, des alternatives. Force est de constater que ces alternatives concernent plutôt les femmes qui ont un flux dit “normal” ou “moyen”. Toutefois, moi, avant, je pensais que j’avais un flux dit “normal”. Encore une fois ce n’est pas le sujet évoqué au détour d’un café, j’assumais donc que toutes les femmes vivaient la même chose que moi et si elles géraient, pourquoi pas moi!

Dans les faits…

Mes règles durent au minimum 7 jours. C’est quand même une semaine entière. Dans un mois, l’impact n’est pas négligeable. Les deux premiers jours, le flux est léger. Les deux derniers jours aussi. Les trois jours du milieu, c’est digne d’un film d’horreur. Par abondance, j’entends qu’un tampon (+++) dure 1h30 maximum, qu’une serviette hygiénique lavable rend les armes au bout de 2h30 heures (je vous passe les odeurs), que la cup offre un répit de 3h30, que les culottes menstruelles ne passent pas la nuit. J’ai beau être très à l’aise avec mes cycles en général, souffrir de moins en moins de maux avant et pendant mes règles, je dois dire que ces trois jours m’épuisent à tous les niveaux.

D’abord, parce que les fuites sont fréquentes, mes nuits compliquées – dans ces moments-là partager mon lit avec quelqu’un est une hantise. Parce que je crains toujours de me retrouver dans une situation embarrassante. Encore l’hiver il y a plusieurs épaisseurs pour absorber (même si ce n’est pas du tout agréable de passer une journée entière avec du sang partout), l’été c’est beaucoup plus compliqué. Parce que quand je voyage, que je vais dormir chez des amis, c’est toute une organisation. Quand je fais plus d’une heure de sport aussi ou quand je me retrouve avec du sang partout dans la salle de bain, avec un loulou qui a une envie pressante (depuis le temps il est incollable sur ce phénomène mensuel qui me met dans tous mes états!) Parce que c’est difficile d’en parler, même avec des personnes qui n’ont aucun tabou. Parce que ça me fatigue aussi beaucoup et que si j’en discute avec des professionnels, je sais que la seule chose qu’ils vont me proposer, ce sera un traitement hormonal.

Alors, j’apprends à vivre avec tout simplement, à m’écouter, à lâcher prise – après tout je ne suis pas la seule femme concernée. J’apprends à en parler aussi, plus librement, à ne pas avoir peur. C’est quelque chose de très naturel et j’ai l’impression, que comme beaucoup de choses naturelles, on a tendance à en faire un tabou. Un de plus. Ce qui à mon humble avis n’apporte que plus de problèmes, plus de craintes et ne fait que renforcer les sentiments d’exclusion, de culpabilité et de honte.

Et vous, vos flux, ils ressemblent à quoi? Vous en parlez? Vous n’osez pas? Vous êtes à l’aise avec vos cycles, votre sang? Ou bien c’est un sujet très sensible que vous n’abordez qu’avec votre gynécologue (si tant est que vous en ayez un de compétent) ?

 

Le rêve du silence

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Bip. Bip. Bip. Ce n’est pas le réveil, juste une énième notification sur ton téléphone. Une fois, deux fois, dix fois, cinquante fois dans la journée, le Bip Bip Bip résonne.Tu as reçu un message. XYZ a aimé ton commentaire. XYZ a répondu à ton commentaire. AZE a partagé ta publication. Tu as quatre messages non-lus sur Facebook. Deux personnes te demandent comme amis. Rejoins le groupe de ZER pour partager tes bonheurs de la semaine…

OTY a publié une photo. OTY a publié une photo. OTY a publié une photo…

Les mails se suivent et se ressemblent. Newsletter mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. Chacune son créneau horaire. Chacune son message, chacune son offre. Des inconnus qui tout au long de la journée te disent “je peux changer ta vie” – “sois fière de toi, tu es belle” – “tu as toi aussi essayé le flux instinctif, dis-moi tout” – “l’offre que je te propose est révolutionnaire” – “je peux t’aider à devenir une femme épanouie” – “la couleur de ta semaine est…” – “j’ai développé le programme fait pour toi” – “tu n’as rien à faire, juste à être” – “la peur est en toi, il est temps de la regarder en face” – “tu peux gagner beaucoup d’argent, il suffit de le vouloir” – “retrouve confiance en quinze jours” – “si j’ai réussi, tu peux y arriver, dis-moi tout…”

Les minutes sont devenues des heures et les heures ont filé. Sans moi. J’étais là sans être là. Pas dans l’instant en tous cas. J’étais entre la newsletter qui me proposait un programme révolutionnaire pour entrer en contact avec mes guides spirituels et une story Instagram qui me parlait féminisme et beauté de la nature – maintenant il ne suffisait plus de la vivre, il fallait la partager avec la terre entière pour qu’elle existe. J’étais dans un fil quasi ininterrompu d’informations qui ne me parlaient pas mais que je faisais défiler par habitude. J’étais dans le 25e message envoyé sur le groupe Whats’app des parents de l’école qui dissertaient sur la tenue appropriée pour le prochain cours de tennis. J’errais entre le partage de l’une, de l’autre, entre un “peut-être” et un “peut-être pas”, entre “tiens j’achèterais bien ce bouquin” et “ou pourquoi pas cette huile de massage”. J’écoutais des étrangers parler de leur routine beauté et de leurs fringues achetées en vide-grenier. J’étais dans l’apparence, dans l’appartenance à un truc vide de sens pour moi. Certainement pas dans le plaisir du soleil sur mon visage, pas dans le souvenir de la douceur de sa peau.

Beaucoup de bruit. Trop de bruit. Trop de bip. Trop d’informations. Trop de propositions. Le vacarme, le chaos et la perte d’équilibre.

Trop.

D’un coup j’avais besoin de silence, de me reconnecter à moi, de revenir à l’intérieur, de lâcher toutes ces newsletters qui au lieu de m’apporter un peu de bien-être me filaient le tournis. De partir loin des notifications, de cette pression de chaque instant. Que je m’imposais en tant que spectatrice, en tant qu’actrice. Quelle était devenue la valeur de mon partage? Qu’est-ce que je cherchais, qu’est-ce que je fuyais dans cette course à la “proposition qui va changer votre vie”?

Trop de bruit. Stop. J’arrête tout. J’arrête cette machine infernale, cette recherche de likes à tout va, ces chiffres qui ne veulent rien dire. Je mets le frein à main avant que le bruit ne devienne trop assourdissant, avant que je m’y habitue surtout, avant que je ne me rende plus compte de rien.

Le silence. Oui le silence. L’apaisement. Le calme. Les rayons du soleil. La caresse du vent. Les rires des enfants. La vie, sans téléphone. Penser à lui. Penser à toutes ces histoires qui n’attendent que moi pour voir le jour. Photographier le monde, juste pour le plaisir de ce temps là. Le regarder vivre. Être là, dans chaque instant. Et savourer le silence. Surtout savourer le silence. Vivre.

 

On ne peut sauver personne!

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C’est un fait.

Quand on ne le sait pas, on se sent prêt à se perdre corps (et âme) pour l’autre. L’esprit de sacrifice. On cherchera par tous moyens à le/la sortir de telle ou telle histoire, à la diriger vers tel ou tel chemin. En vain. Guérir est un choix personnel. Personne ne peut agir pour une autre personne, l’aider, l’accompagner, si cette personne n’a pas fait ce choix, en elle-même, pour elle-même. Vouloir à tous prix sauver l’autre résulte soit d’une médiocre estime de soi qui a besoin d’un acte fondateur pour espérer s’améliorer, soit d’une forte estime de soi ou beaucoup d’insouciance (je pense à l’amour d’un enfant pour son parent par exemple) qui imagine qu’il peut tout (même ce qui semble par essence impossible).

Quand on le sait. Ou qu’on le comprend enfin, c’est encore un peu compliqué à accepter. C’est compliqué de se dire qu’on ne peut rien pour l’autre, que chacun a son histoire, chacun ses forces et ses faiblesses, chacun aussi ses priorités. C’est compliqué d’accepté de voir une personne que l’on aime sombrer. C’est difficile de se sentir impuissant face au chagrin, à la douleur, aux épreuves de la vie de quelqu’un qu’on aime.

Toutefois on peut écouter, être présent, proposer un avis, donner un conseil, soutenir. Rien de plus. Le cheminement est intérieur. Si la personne ne veut pas le faire ou n’est pas capable, à un instant T de le faire, qui sommes nous pour lui imposer une manière d’être et d’agir?

Quand on l’intègre, c’est presque une libération. De soi. De l’autre. c’est accepter chacun tel qu’il / elle est. C’est accepter nos limites. Et les siennes. C’est accepter qu’il peut choisir telle ou telle voie et que celle-ci peut être à l’opposée de ce que nous aurions fait. C’est son chemin, sa vie. Vouloir lui éviter des erreurs, des impasses, des chutes est humain. Mais c’est aussi lui manquer de respect, ne pas le juger apte à faire face, à choisir la bonne route.

Sauver l’autre n’est pas de notre ressort. La seule personne à laquelle nous pouvons venir en aide, c’est nous-mêmes. Mais sommes-nous prêts à cela? Sommes-nous d’attaque pour plonger dans les profondeurs de la connaissance du Soi?

Votre avis m’intéresse…

Le choix de Lucie

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Le bateau prenait l’eau. De toutes parts. Il naviguait à vu sur une mer houleuse. Les haubans tanguaient même sans les assauts du vent. A quai? il ne faisait pas meilleure impression qu’au large de côtes étrangères. Lucie le savait, elle regardait le bateau s’enfoncer dans les eaux troubles. Pourtant elle refusait de voir, elle posait sur l’évidence un regard noir. Les mises en garde de Sibylle n’y changeaient rien. Elle ne pouvait pas comprendre de toute façon. Personne ne le pouvait.

L’histoire s’écrivait en vase clos, dans l’intimité de leur relation. Certaine que sa présence, son amour, pouvaient tout, même resserrer les liens les plus distendus, Lucie s’appliquait à être la plus parfaite possible. Elle excellait dans ses études, décrochait les meilleurs stages, passait ses vacances à la maison. Toutes ses vacances. Chaque jour de congé. Ses copines, surtout Sibylle, tentaient de la raisonner. Rien n’y faisait. Elle ne laisserait pas le bateau sombrer, pas complètement. Elle le maintenait à flot, à sa façon. Tout le monde donnait le change et chaque fois qu’elle voyait son père avoir un geste tendre envers sa mère, cela la confortait dans ses choix.

Sibylle tentait de la raisonner. Tantôt en douceur, pour ne pas la brusquer. Tantôt en la bousculant justement, en la chahutant comme un cocotier, pour qu’elle réagisse enfin, qu’elle enlève les peaux de banane qu’elle prenait un malin plaisir à repositionner sur ses yeux chaque fois que ses illusions prenaient une claque. Rien à faire. Sibylle s’éloignait, en regardant Lucie se perdre, pour un combat qui n’était pas le sien.

Comment peut-on vraiment accepter que deux personnes qui se sont aimées ne s’aiment plus? Comment peut-on valider cet éloignement, regarder en face ce naufrage, se dire que nous n’y pouvons rien, que tout notre amour ne sert à rien?

Lucie laissait ces questions tourner en boucle dans sa tête. Fuir, prendre ses distances, ce serait presque un délit, sanctionné par le code pénal. Lucie ne pouvait pas. Il ne restait qu’elle, la dernière force, la preuve de l’amour passé, le souvenir de ce qui fut et se disperse aux quatre vents. Depuis combien de temps d’ailleurs? A t-elle été désirée? Ou n’est-elle, comme tant d’autres, que ce maillon fragile censé solidifier un couple à la dérive?

Lucie refuse ce chaos là. Elle préfère rester et croire que l’amour les sauvera. Peut-être qu’elle a raison. Sibylle n’y croit pas.

Si vous êtes intéressés par d’autres nouvelles, découvrez mon recueil La Vraie Vie.

 

Au sein du couple, on parle de…

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Il y a quelques mois j’avais réalisé un sondage sur les sujets dont chacun se sentait libre ou pas de parler au sein de son couple. J’avoue que les résultats m’avaient quelque peu surprise. Et pour cause. Sur les 80 votes, le sujet de la sexualité arrive en dernière position, à égalité avec la religion / la politique.

Parler de ses peurs, doutes, angoisses, colères arrive en première position, suivis de près par le travail, la famille, les rêves et aspirations, la santé.

Je n’irai pas jusqu’à dire que la sexualité est la base du couple, toutefois je considère (et cela n’engage que moi) qu’elle est une donnée essentielle. Et clairement un sujet sur lequel il est important de pouvoir communiquer.

Alors dites-moi si vous ne parlez pas de sexualité avec votre partenaire, avec qui en parlez-vous?

Si vous n’en parlez pas avec lui ou elle, pourquoi? Parce que c’est un sujet qui vous met mal à l’aise? Qui le ou la met mal à l’aise? Parce que vous considérez que c’est accessoire, qu’il y a d’autres choses plus importantes qui méritent votre attention?

Ou parce que vous avez grandi avec l’idée que la sexualité est un sujet tabou? Parce que vous vous sentez mal à l’aise avec vos envies, fantasmes? Parce que votre partenaire n’apprécie pas quand vous abordez le sujet?

Dites-moi! Le sujet m’intéresse! Je dirais même qu’il me passionne! Ce n’est pas pour rien que je lui ai dédié un  livre. Je veux comprendre comment quelque chose de si naturel est devenu si problématique. Et surtout pourquoi nous n’osons pas en parler avec la personne qui partage notre vie, notre intimité, cette personne en qui nous devrions avoir confiance (même si ce n’est pas toujours le cas malheureusement et la confiance ébranlée, c’est sûrement le pire cauchemar d’un couple), avec laquelle nous devrions pouvoir nous abandonner complètement afin de nous rencontrer dans cette autre dimension, libérés de tous schémas, barrières, jugements.

 

La puissance d’un regard

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On dit souvent de l’autre qu’il est notre meilleur miroir! Et oui, l’autre nous renvoie à nous même. Et si tout commence par soi, l’autre est aussi un accompagnant, un guide sur notre chemin.

On dit souvent que les défauts de l’autre nous renvoient à nos propres limitations. Et n’est-ce pas la meilleure façon de savoir quel(s) point(s) nous devons travailler, pour évoluer?

L’autre, qui nous fait face, peut en effet nous mettre face à nos faiblesses. Toutefois n’oublions pas qu’il peut aussi révéler nos forces. Dans un monde où nous sommes davantage tentés de regarder ce qu’il faut changer en nous, apprenons aussi à voir ce qui est beau à l’intérieur. Misons sur les personnes qui nous valorisent, dont l’énergie communicative nous porte haut.

Il n’y aura sûrement jamais de plus beau cadeau que ce qu’il m’offre au quotidien. Moi qui ai tant été blessée par l’amour, je découvre ce qu’un simple regard peut bouleverser et faire émerger. Je découvre la puissance de la confiance, de la communication, de l’échange. Sa proximité me donne le courage de faire face à mes démons, mes peurs. A aucun moment je ne me sens jugée. Je sais que je peux être moi, avec mes différentes facettes, mes hauts et mes bas. Ce que je vois dans le miroir, c’est une femme belle et forte, une femme qui se réveille d’un long sommeil, qui ose, qui a envie, oui une femme pleine d’envies.

Je vous souhaite de rencontrer ce regard une fois dans votre vie, ce regard qui viendra bousculer vos habitudes, qui vous donnera de croire en vous, un peu plus fort chaque jour, ce regard comme un miroir qui vous renvoie une image pure de qui vous êtes, l’image de la personne que vous avez délaissé un peu trop longtemps ou de celle que vous n’arrivez pas à assumer d’être.

Et vous, quel regard a bouleversé votre vie dans un sens positif?
Vous souhaitez vous reconnecter à votre féminité, vos désirs, à votre corps, vos sensations, découvrez mon dernier recueil l’appel des sens.