Le rêve du silence

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Bip. Bip. Bip. Ce n’est pas le réveil, juste une énième notification sur ton téléphone. Une fois, deux fois, dix fois, cinquante fois dans la journée, le Bip Bip Bip résonne.Tu as reçu un message. XYZ a aimé ton commentaire. XYZ a répondu à ton commentaire. AZE a partagé ta publication. Tu as quatre messages non-lus sur Facebook. Deux personnes te demandent comme amis. Rejoins le groupe de ZER pour partager tes bonheurs de la semaine…

OTY a publié une photo. OTY a publié une photo. OTY a publié une photo…

Les mails se suivent et se ressemblent. Newsletter mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. Chacune son créneau horaire. Chacune son message, chacune son offre. Des inconnus qui tout au long de la journée te disent “je peux changer ta vie” – “sois fière de toi, tu es belle” – “tu as toi aussi essayé le flux instinctif, dis-moi tout” – “l’offre que je te propose est révolutionnaire” – “je peux t’aider à devenir une femme épanouie” – “la couleur de ta semaine est…” – “j’ai développé le programme fait pour toi” – “tu n’as rien à faire, juste à être” – “la peur est en toi, il est temps de la regarder en face” – “tu peux gagner beaucoup d’argent, il suffit de le vouloir” – “retrouve confiance en quinze jours” – “si j’ai réussi, tu peux y arriver, dis-moi tout…”

Les minutes sont devenues des heures et les heures ont filé. Sans moi. J’étais là sans être là. Pas dans l’instant en tous cas. J’étais entre la newsletter qui me proposait un programme révolutionnaire pour entrer en contact avec mes guides spirituels et une story Instagram qui me parlait féminisme et beauté de la nature – maintenant il ne suffisait plus de la vivre, il fallait la partager avec la terre entière pour qu’elle existe. J’étais dans un fil quasi ininterrompu d’informations qui ne me parlaient pas mais que je faisais défiler par habitude. J’étais dans le 25e message envoyé sur le groupe Whats’app des parents de l’école qui dissertaient sur la tenue appropriée pour le prochain cours de tennis. J’errais entre le partage de l’une, de l’autre, entre un “peut-être” et un “peut-être pas”, entre “tiens j’achèterais bien ce bouquin” et “ou pourquoi pas cette huile de massage”. J’écoutais des étrangers parler de leur routine beauté et de leurs fringues achetées en vide-grenier. J’étais dans l’apparence, dans l’appartenance à un truc vide de sens pour moi. Certainement pas dans le plaisir du soleil sur mon visage, pas dans le souvenir de la douceur de sa peau.

Beaucoup de bruit. Trop de bruit. Trop de bip. Trop d’informations. Trop de propositions. Le vacarme, le chaos et la perte d’équilibre.

Trop.

D’un coup j’avais besoin de silence, de me reconnecter à moi, de revenir à l’intérieur, de lâcher toutes ces newsletters qui au lieu de m’apporter un peu de bien-être me filaient le tournis. De partir loin des notifications, de cette pression de chaque instant. Que je m’imposais en tant que spectatrice, en tant qu’actrice. Quelle était devenue la valeur de mon partage? Qu’est-ce que je cherchais, qu’est-ce que je fuyais dans cette course à la “proposition qui va changer votre vie”?

Trop de bruit. Stop. J’arrête tout. J’arrête cette machine infernale, cette recherche de likes à tout va, ces chiffres qui ne veulent rien dire. Je mets le frein à main avant que le bruit ne devienne trop assourdissant, avant que je m’y habitue surtout, avant que je ne me rende plus compte de rien.

Le silence. Oui le silence. L’apaisement. Le calme. Les rayons du soleil. La caresse du vent. Les rires des enfants. La vie, sans téléphone. Penser à lui. Penser à toutes ces histoires qui n’attendent que moi pour voir le jour. Photographier le monde, juste pour le plaisir de ce temps là. Le regarder vivre. Être là, dans chaque instant. Et savourer le silence. Surtout savourer le silence. Vivre.

 

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On ne peut sauver personne!

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C’est un fait.

Quand on ne le sait pas, on se sent prêt à se perdre corps (et âme) pour l’autre. L’esprit de sacrifice. On cherchera par tous moyens à le/la sortir de telle ou telle histoire, à la diriger vers tel ou tel chemin. En vain. Guérir est un choix personnel. Personne ne peut agir pour une autre personne, l’aider, l’accompagner, si cette personne n’a pas fait ce choix, en elle-même, pour elle-même. Vouloir à tous prix sauver l’autre résulte soit d’une médiocre estime de soi qui a besoin d’un acte fondateur pour espérer s’améliorer, soit d’une forte estime de soi ou beaucoup d’insouciance (je pense à l’amour d’un enfant pour son parent par exemple) qui imagine qu’il peut tout (même ce qui semble par essence impossible).

Quand on le sait. Ou qu’on le comprend enfin, c’est encore un peu compliqué à accepter. C’est compliqué de se dire qu’on ne peut rien pour l’autre, que chacun a son histoire, chacun ses forces et ses faiblesses, chacun aussi ses priorités. C’est compliqué d’accepté de voir une personne que l’on aime sombrer. C’est difficile de se sentir impuissant face au chagrin, à la douleur, aux épreuves de la vie de quelqu’un qu’on aime.

Toutefois on peut écouter, être présent, proposer un avis, donner un conseil, soutenir. Rien de plus. Le cheminement est intérieur. Si la personne ne veut pas le faire ou n’est pas capable, à un instant T de le faire, qui sommes nous pour lui imposer une manière d’être et d’agir?

Quand on l’intègre, c’est presque une libération. De soi. De l’autre. c’est accepter chacun tel qu’il / elle est. C’est accepter nos limites. Et les siennes. C’est accepter qu’il peut choisir telle ou telle voie et que celle-ci peut être à l’opposée de ce que nous aurions fait. C’est son chemin, sa vie. Vouloir lui éviter des erreurs, des impasses, des chutes est humain. Mais c’est aussi lui manquer de respect, ne pas le juger apte à faire face, à choisir la bonne route.

Sauver l’autre n’est pas de notre ressort. La seule personne à laquelle nous pouvons venir en aide, c’est nous-mêmes. Mais sommes-nous prêts à cela? Sommes-nous d’attaque pour plonger dans les profondeurs de la connaissance du Soi?

Votre avis m’intéresse…

Le choix de Lucie

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Le bateau prenait l’eau. De toutes parts. Il naviguait à vu sur une mer houleuse. Les haubans tanguaient même sans les assauts du vent. A quai? il ne faisait pas meilleure impression qu’au large de côtes étrangères. Lucie le savait, elle regardait le bateau s’enfoncer dans les eaux troubles. Pourtant elle refusait de voir, elle posait sur l’évidence un regard noir. Les mises en garde de Sibylle n’y changeaient rien. Elle ne pouvait pas comprendre de toute façon. Personne ne le pouvait.

L’histoire s’écrivait en vase clos, dans l’intimité de leur relation. Certaine que sa présence, son amour, pouvaient tout, même resserrer les liens les plus distendus, Lucie s’appliquait à être la plus parfaite possible. Elle excellait dans ses études, décrochait les meilleurs stages, passait ses vacances à la maison. Toutes ses vacances. Chaque jour de congé. Ses copines, surtout Sibylle, tentaient de la raisonner. Rien n’y faisait. Elle ne laisserait pas le bateau sombrer, pas complètement. Elle le maintenait à flot, à sa façon. Tout le monde donnait le change et chaque fois qu’elle voyait son père avoir un geste tendre envers sa mère, cela la confortait dans ses choix.

Sibylle tentait de la raisonner. Tantôt en douceur, pour ne pas la brusquer. Tantôt en la bousculant justement, en la chahutant comme un cocotier, pour qu’elle réagisse enfin, qu’elle enlève les peaux de banane qu’elle prenait un malin plaisir à repositionner sur ses yeux chaque fois que ses illusions prenaient une claque. Rien à faire. Sibylle s’éloignait, en regardant Lucie se perdre, pour un combat qui n’était pas le sien.

Comment peut-on vraiment accepter que deux personnes qui se sont aimées ne s’aiment plus? Comment peut-on valider cet éloignement, regarder en face ce naufrage, se dire que nous n’y pouvons rien, que tout notre amour ne sert à rien?

Lucie laissait ces questions tourner en boucle dans sa tête. Fuir, prendre ses distances, ce serait presque un délit, sanctionné par le code pénal. Lucie ne pouvait pas. Il ne restait qu’elle, la dernière force, la preuve de l’amour passé, le souvenir de ce qui fut et se disperse aux quatre vents. Depuis combien de temps d’ailleurs? A t-elle été désirée? Ou n’est-elle, comme tant d’autres, que ce maillon fragile censé solidifier un couple à la dérive?

Lucie refuse ce chaos là. Elle préfère rester et croire que l’amour les sauvera. Peut-être qu’elle a raison. Sibylle n’y croit pas.

Si vous êtes intéressés par d’autres nouvelles, découvrez mon recueil La Vraie Vie.

 

Au sein du couple, on parle de…

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Il y a quelques mois j’avais réalisé un sondage sur les sujets dont chacun se sentait libre ou pas de parler au sein de son couple. J’avoue que les résultats m’avaient quelque peu surprise. Et pour cause. Sur les 80 votes, le sujet de la sexualité arrive en dernière position, à égalité avec la religion / la politique.

Parler de ses peurs, doutes, angoisses, colères arrive en première position, suivis de près par le travail, la famille, les rêves et aspirations, la santé.

Je n’irai pas jusqu’à dire que la sexualité est la base du couple, toutefois je considère (et cela n’engage que moi) qu’elle est une donnée essentielle. Et clairement un sujet sur lequel il est important de pouvoir communiquer.

Alors dites-moi si vous ne parlez pas de sexualité avec votre partenaire, avec qui en parlez-vous?

Si vous n’en parlez pas avec lui ou elle, pourquoi? Parce que c’est un sujet qui vous met mal à l’aise? Qui le ou la met mal à l’aise? Parce que vous considérez que c’est accessoire, qu’il y a d’autres choses plus importantes qui méritent votre attention?

Ou parce que vous avez grandi avec l’idée que la sexualité est un sujet tabou? Parce que vous vous sentez mal à l’aise avec vos envies, fantasmes? Parce que votre partenaire n’apprécie pas quand vous abordez le sujet?

Dites-moi! Le sujet m’intéresse! Je dirais même qu’il me passionne! Ce n’est pas pour rien que je lui ai dédié un  livre. Je veux comprendre comment quelque chose de si naturel est devenu si problématique. Et surtout pourquoi nous n’osons pas en parler avec la personne qui partage notre vie, notre intimité, cette personne en qui nous devrions avoir confiance (même si ce n’est pas toujours le cas malheureusement et la confiance ébranlée, c’est sûrement le pire cauchemar d’un couple), avec laquelle nous devrions pouvoir nous abandonner complètement afin de nous rencontrer dans cette autre dimension, libérés de tous schémas, barrières, jugements.

 

La puissance d’un regard

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On dit souvent de l’autre qu’il est notre meilleur miroir! Et oui, l’autre nous renvoie à nous même. Et si tout commence par soi, l’autre est aussi un accompagnant, un guide sur notre chemin.

On dit souvent que les défauts de l’autre nous renvoient à nos propres limitations. Et n’est-ce pas la meilleure façon de savoir quel(s) point(s) nous devons travailler, pour évoluer?

L’autre, qui nous fait face, peut en effet nous mettre face à nos faiblesses. Toutefois n’oublions pas qu’il peut aussi révéler nos forces. Dans un monde où nous sommes davantage tentés de regarder ce qu’il faut changer en nous, apprenons aussi à voir ce qui est beau à l’intérieur. Misons sur les personnes qui nous valorisent, dont l’énergie communicative nous porte haut.

Il n’y aura sûrement jamais de plus beau cadeau que ce qu’il m’offre au quotidien. Moi qui ai tant été blessée par l’amour, je découvre ce qu’un simple regard peut bouleverser et faire émerger. Je découvre la puissance de la confiance, de la communication, de l’échange. Sa proximité me donne le courage de faire face à mes démons, mes peurs. A aucun moment je ne me sens jugée. Je sais que je peux être moi, avec mes différentes facettes, mes hauts et mes bas. Ce que je vois dans le miroir, c’est une femme belle et forte, une femme qui se réveille d’un long sommeil, qui ose, qui a envie, oui une femme pleine d’envies.

Je vous souhaite de rencontrer ce regard une fois dans votre vie, ce regard qui viendra bousculer vos habitudes, qui vous donnera de croire en vous, un peu plus fort chaque jour, ce regard comme un miroir qui vous renvoie une image pure de qui vous êtes, l’image de la personne que vous avez délaissé un peu trop longtemps ou de celle que vous n’arrivez pas à assumer d’être.

Et vous, quel regard a bouleversé votre vie dans un sens positif?
Vous souhaitez vous reconnecter à votre féminité, vos désirs, à votre corps, vos sensations, découvrez mon dernier recueil l’appel des sens.

Au nom de…

Article paru pour la première fois sur le blog en 2017 – MAJ 28.01.2019

Sur sa page Facebook, personne ne peut imaginer ce qu’elle vit. Elle pose avec lui. Ils sourient tous les deux. Les autres doivent croire qu’ils sont heureux.

Derrière l’écran, une autre histoire se dessine. Ils viennent de rentrer des courses. Elle court dans la chambre, se roule sur le lit. Elle attend. Elle guette les pas dans le couloir. Elle a pris d’abord soin de fermer à clé la porte de la chambre des enfants. Elle l’entend l’appeler. Elle respire. Elle ne sait pas comment faire ni quoi dire. Elle voudrait s’éclipser le temps de retrouver ses esprits, le temps de s’apaiser pour que sa colère soit moins vive. Elle tente de se réfugier dans la salle d’eau.

Trop tard.

La nuit est passée par là. Sur le lit, elle regarde ses plaies, ses bleus. Elle ne peut plus bouger. Elle sent son corps se raidir. Il dort à côté. Il faudrait qu’elle aille voir si les enfants vont bien. Mais comment faire pour qu’ils ne se rendent compte de rien. Elle se force à se mettre debout malgré la douleur, elle enfile une robe longue, enroule un foulard autour de son cou. Elle fait attention de ne rien bousculer, de ne rien faire grincer. Les enfants dorment paisiblement. Tout va bien. Elle lui demandera pardon quand il se réveillera. Il lui dira encore une fois qu’il s’excuse de lui avoir fait du mal ou il ne fera aucune remarque, c’est peut-être pire.

***

Sur la photo, il sourit. Elle est belle elle aussi. Les gens les envient. Il ne comprend pas pourquoi il est si triste pourtant. Elle ne le tape pas. Elle ne l’insulte pas. Elle le méprise, mais c’est parce qu’il ne l’écoute pas. Ce ne sont pas ses mots qui font mal, c’est son silence. Le traumatisme est intérieur.

Quand ils sortent, il donne le change. Toujours. Ses absences, il ne les remarque même plus. Sa présence est toujours sous condition. Il l’aime et si parfois il perd pied, ce n’est jamais de sa faute à elle. Il a depuis longtemps transformé chacun de ses défauts en de glorieuses qualités. Si quelque chose cloche, c’est de sa faute à lui. Il se sent nul, seul, perdu. Une prise d’otage invisible en plein Paris. Et au-dessus de sa tête la pire des menaces, celle de se voir privé de ses filles.

***

Il ne sait plus. Ses parents non plus. Il ne comprend pas pourquoi ils ne sont pas heureux , pourquoi sa sœur ne lui parle plus depuis qu’il s’est marié. Sa femme, il l’aime, même quand elle crie, parfois elle devient hystérique, le menace de partir, de faire de sa vie un enfer, c’est vrai, mais elle se radoucit. En public, elle fait attention à lui. Il travaille dur, elle attend à la maison. Il rentre le soir, prépare le dîner, elle attend d’être servie. Mais bon chacun son histoire et chacun sa façon de mener sa vie. Ses amis aussi ont fui. Ils n’ont pas compris son choix. Ils doutent de l’amour qui les lie.

Parfois quand il rentre la porte est fermée, il passe la nuit sur le pallier. Aux premières lueurs de l’aube, il retourne au boulot, les yeux gonflés. Tout le monde sourit, tout le monde s’imagine une histoire, après tout c’est facile, il est jeune marié! A qui peut-il se confier?

***

Ça fait mal, quand il entre, ça brûle. Quand il s’allonge, ça brûle. La chambre à coucher est devenue son enfer. Çà peut s’arrêter là. Une fois que la porte est franchie, elle respire à nouveau. Tout va bien. Elle part travailler comme si de rien n’était, retrouve ses collègues, blague autour d’un café. Elle retarde au maximum l’heure du retour à la maison, espère que quand elle passera la porte les enfants seront lavés, prêts à dîner. Elle fera bonne figure, c’est devenue une seconde nature. Et puis elle regardera l’horloge au mur, comptera les minutes qui lui reste avant son sacrifice journalier. Parfois, c’est moche. Parfois, insensé, parfois cruel.

Elle aurait dû partir au premier “non” qu’il avait refusé d’entendre, à la première fellation imposée, à la première pénétration forcée.

***

Ces textes sont tirés de faits réels (histoires partagées par d’autres, anonymes, amis). On parle souvent des femmes victimes, rarement des hommes, pourtant cette violence aussi existe.

 J’ai souvent entendu dire « à la première claque tu pars ». Aujourd’hui j’ai envie de vous dire « à la première claque, il est déjà trop tard ». La première claque n’arrive pas par hasard. Le terrain est préparé à l’avance.  A chaque « pas si grave », la violence prend de l’ampleur, le bourreau tisse sa toile.

Ces textes ont été écrits pour toutes les victimes de l’ombre, pour toutes celles et ceux qui luttent pour mettre fin à ce génocide humain. J’ai envie de dire au monde de se réveiller, d’ouvrir les yeux devant ces tragédies du quotidien, qui se passent sur nos paliers, à deux pas de nos vies bien rangées, que ces femmes et ces hommes nous les croisons tous les jours, qu’ils arpentent les rues à nos côtés, qu’ils ne sont pas à part, qu’ils font partie intégrante de notre société et que le mal dont eux et leurs enfants sont victimes, il faut le combattre à tout prix et l’enrayer.

Déception…

Elle arrive quand un évènement vient bouleverser nos plans, quand une attitude, une réaction, un mot vient chambouler notre vision des choses, quand il faut faire face à l’inattendu…

Nous avons tous été déçu un jour ou l’autre. Nous avons tous planifié un rendez-vous qui s’est vu annulé à la dernière minute. Nous avons tous attendu un acte, un geste qui n’est pas arrivé. Nous avons tous voulu un jour quelque chose très fort…

Le mot “déception” me met à l’aise. Est-ce que j’ai appris à ne pas connoter les évènements et à prendre les choses comme elles se présentent? Bien souvent être déçu n’y changera rien, la déception ne fonctionnera pas comme une baguette magique qui viendrait redresser la situation. On ne peut rien contre la météo, les incidents, les accidents, les annulations, les retards, les pannes de réseau…

Je crois que composer est le mot qui me vient le premier à l’esprit. C’est ce que la vie nous demande, de composer. Je partage rarement ma “déception” parce que je sais que l’autre, en face, n’y es pour rien. Je dis souvent qu’à l’impossible nul n’est tenu! Ce n’est pas de l’indifférence, loin de là…

Et si je suis “déçue” par un comportement, n’est-ce pas parce que j’ai trop attendu de quelqu’un, n’est-ce pas un indicateur de mes propres limites et faiblesses? Est-ce que j’ai assez parlé de mes besoins, de mes envies avec cette personne? N’est-ce pas une appréciation purement subjective?

J’ai souvent entendu “tu m’as déçu” ou “quelle déception!” Ce sont des mots durs qui opèrent un transfert de responsabilité que je trouve non fondé. La personne qui les prononce n’imagine souvent pas leur impact. Il faudrait pourtant.

Et vous la déception, ça vous parle, ça vous dit quoi?

ps – la personne qui m’a inspiré cet article se reconnaîtra.

Le temps d’écrire…

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Est-ce le temps qui manque? Ou bien les jours qui sont plus chargés? L’envie d’autre chose? Une baisse de motivation?

Ça pourrait être tout ça, un peu plus, un peu moins. L’activité au bureau est légèrement plus soutenue. Et puis mon coaching avance, bien, très bien, et il est temps de passer à l’action. Je ne vous en dirai pas davantage ici aujourd’hui, tout simplement parce que c’est en cours de gestation et que pour une fois, j’ai envie de garder ça pour moi, encore un peu…

Je me suis fais la réflexion hier: et si je ne travaillais plus dans un bureau, si je n’avais plus cette liberté de bloguer quand ça me chante entre 9h et 18h, comment je ferais pour maintenir cet espace (et les autres) à flot, comment je ferais pour (presque) tous vous lire et commenter vos articles?

J’écrirai moins souvent c’est sûr. En tous cas moins ici. Parce que j’écris ailleurs, vous le savez. Et j’ai toujours plein d’envies aussi, que je ne peux pas toujours satisfaire d’ailleurs. Je pourrais ici vous donner les grandes lignes de ces envies, de ces souhaits, de ces rêves. Encore une fois je vais garder ça pour moi, parce que j’ai remarqué que dès que je partage une idée, une envie, celle-ci finit par perdre de son intérêt ou bien je me sens écrasée par le poids des “responsabilités” qui m’incombent ensuite au regard de ce que les gens attendent. Comme si j’étais prise à mon propre piège! Et qui voudrait d’un piège!

Ce que je sais c’est que cette année, je veux donner vie à deux grandes nouvelles / courts romans (je ne sais pas comment appeler ça) qui attendent depuis l’année dernière dont mon disque dur. Je veux les soumettre au test de la maison d’édition. Je ne me leurre plus, si j’ai souvent choisi l’auto-édition c’est par manque de confiance. Purement et simplement. J’ai envie de me frotter à plus grand que moi,  sortir de ma zone de confort. En temps et en heures, j’aurai bien évidemment besoin de votre soutien et de votre aide aussi – une bêta lecture s’imposera. Si c’est une aventure qui vous tente, tenez moi au courant (vous avez mon mail!)

Et vous, vous écrivez quand? Vous écrivez où?
Quand / comment trouvez-vous le temps de lire / commenter les blogs amis?

 

Une histoire de famille ou quand ma patience est mise à rude épreuve

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Allez, on ne va pas se mentir, au milieu du bonheur il y a aussi les heures merdiques à souhait, les heures où tu rêves de boucler ton sac à dos et de partir à l’autre bout du monde, avec pour seul compagnon un pavé de 500 pages. Ça c’est dans le meilleur des cas. Dans l’autre, tu as juste envie d’envoyer chier tout le monde…

Si il y a des personnes sur cette terre qui testent ma dose de patience et ma capacité d’endurance ce sont bien mes parents (mon fils aussi mais c’est normal pour son âge – ce qui n’enlève rien au faut que ça me tape sur le système!)

Au quotidien, j’ai le droit à ça:

  • Pense à lui mettre son écharpe!
  • Tu as de quoi lui faire à manger ce soir?
  • Il a besoin de nouvelles chaussettes!
  • Tu as vu, on a lavé tes rideaux.
  • Mets lui son manteau il va prendre froid!
  • Enlève lui son pull il a trop chaud!
  • Il doit au moins manger un yaourt!
  • Il faut vider ta bouilloire tous les jours!
  • J’ai lavé ton linge à 60°. 30° c’est trop juste.
  • La maitresse a dit…
  • Je t’ai fait tout ton ménage!
  • Son lapin mérite un bon lavage tout de même!
  • Arrêtes de le reprendre devant les autres!
  • Encore une de tes lubies!
  • Tu sais que tu es en charge de famille, tu ne peux pas tout te permettre…

Au quotidien, les chaussettes ont été rangées au mauvais endroit, la machine tourne encore à 22h30 du soir, je cherche frénétiquement un pull qui a été dérobé, la décoration a été refaite, la cuisine empeste le vinaigre blanc…

Alors il y a des jours où je prends ça avec le sourire. Et des jours où j’ai l’impression de ne plus être chez moi. Il y a des jours où je m’affirme et d’autres où je me tais. Il y a des jours où je dis stop et des jours où je hurle en silence. Parce que trop c’est trop, j’étouffe. Parce que je considère que tous ces actes, mots posés, même si l’intention est bonne, ne sont là que pour apaiser leurs peurs, qu’ils ne me respectent pas.

Et quand mon fils s’en mêle, qu’il prend exemple, comme si ce que je disais ne valait rien, ce que je faisais ne méritait que du mépris, ma patience et mon endurance en prennent un sacré coup dans les mirettes!

Et vous, vous avez réussi à vous affranchir des commentaires de vos parents sur la façon dont vous gérez votre vie? Vous préférez l’évitement au conflit? Vous savez vous affirmer?

Un réveillon en solo!

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Après dix jours bien loin d’ici, je reviens doucement.

En cette dernière journée de l’année 2018, je voulais vous parler réveillon.

Depuis quelques années (ça n’a pas toujours été le cas), je choisis de passer le réveillon seule. Loin d’être une punition, c’est un moment sacré et utile pour moi, un temps pour faire une pause, pour revivre les moments clés de l’année passée et ouvrir les bras à celle qui arrive. Beaucoup diront que le passage du 31.12 au 01.01 est plus symbolique qu’autre chose, on peut faire des bilans à tout instant, le 19 juillet à 14h33 par exemple !

Tout d’abord le symbolique ça me parle, donc autant en profiter. Et puis, ce moment particulier je le choisis. Je ne clame pas haut et fort mon envie, mais je l’affirme, je m’affirme. Ce n’est en aucun cas un choix « contre » quiconque mais bien un choix « pour » moi. J’ai l’impression que mes proches commencent à s’y faire, qu’ils ne voient plus cette idée comme un rejet.

Dans mon quotidien, la solitude est une denrée rare. Et pourtant la solitude j’en ai besoin, pour me ressourcer, pour reprendre des forces, pour faire le plein de ce qui me permettra ensuite d’être pleinement avec les autres, aux autres.

Ce soir n’échappera pas à la règle. Cette année je m’offre une séance de réflexologie avant une soirée d’introspection, de lâcher prise, d’accueil, de méditation, de temps pour moi. Ce soir je n’attendrais pas minuit pour souhaiter la bonne année à ceux qui me sont chers, il y aura la journée de demain pour le faire. J’aurais le temps, je le prendrais. Je choisirais là encore de passer deux heures – voir plus – à écrire mes cartes de nouvelle année, avec des mots choisis précisément pour chacun, au lieu de répondre à un SMS global, que je trouverais, comme chaque année, dépourvu d’âme !

Chacun sa perception d’une fin et d’un début.

Pour ma part, je préfère le calme et le silence à un réveillon en fanfare. Toutefois je comprends parfaitement qu’on ait envie de faire la fête (je ne suis jamais contre une bonne soirée joyeuse et conviviale – sauf le 31 !). Comme je le dis souvent, du moment qu’on est en accord avec ses choix, c’est tout ce qui compte.

Et chez vous le réveillon ressemblera à quoi ? Différent des autres années ? Une envie particulière ? Comment vivez-vous ce moment de l’année ?