Mauvaise excuse

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Quand j’ai partagé, autour de moi, mon souhait de reprendre mes études pour devenir thérapeute, tout le monde a trouvé l’idée géniale!

Quand j’ai demandé, autour de moi, qui serait partant pour passer à la pratique, de manière ponctuelle ou en suivi, bizarrement il n’y avait plus personne au rendez-vous! Sauf 1! Du “on se connait trop bien” à “je ne vois pas de quoi je pourrais te parler”.

Sur le coup, je me suis dit “peut-être”, en effet. Je suis comme ça, je remets rarement en question la parole des autres. Et puis en en discutant avec mes copines de promo, je me suis rendue compte que c’était une mauvaise excuse, la première. Elles ont toutes débutées avec des proches, amis, famille. Donc le fait de bien se connaître ne rentre pas en ligne de compte. Pour la deuxième, là, c’est tout simplement un refus de voir la vérité en face. Nous avons tous des problématiques, petites ou grandes, selon notre échelle de valeur. Il n’y a que les sages qui vivent au-delà de la souffrance. Je pense qu’on est en loin…

Ce que je comprends parfaitement, c’est que ce soit compliqué pour certains de parler, de se confier, de tirer le fil. Même quand nous sommes dans une démarche avec un thérapeute, c’est assez déstabilisant. Tout travail sur soi l’est. Pas plus tard que le weekend dernier, une de mes profs a mis l’accent sur un truc qui m’a pas mal bousculée. Et tant mieux. C’est aussi comme ça qu’on avance.

Ma première analyse de rêve, je l’ai fait avec ma sœur et niveau proximité, intimité, il n’y aurait à redire! Il faut savoir que dans la relation d’aide, le thérapeute est là pour amener le patient, au fil des questions, à trouver en lui ses réponses. Le thérapeute n’a pas de solution, il n’a pas d’avis sur ce que vous lui confiez. Il est neutre, formé à l’écoute active et bienveillante.

Alors peut-être que je n’ai pas assez expliqué ma démarche, je suis douée pour me remettre en question, ou bien je suis entourée de personnes qui ne sont pas dans la même dynamique que moi et je l’accepte. Cette réalité va me forcer à sortir de ma zone de confort et à en parler davantage autour de moi, pour trouver des personnes en qui cela fera écho.

Il est un peu, beaucoup décousu cet article, je vous l’accorde. Je l’ai écrit pour que chacun, chacune, à son niveau, se pose la question de toutes ses excuses du quotidien qui l’ empêche de se réaliser, d’oser, qui le maintienne dans un confort relatif, dans une évolution contrôlée. N’oublions pas, sauf situations très particulières, que nous avons toujours le choix!

Nos choix incohérents

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On se crée des maux sans en avoir l’air
Imaginaire trompeur qui balaie les heures de plein
A coup d’incertitudes malsaines
De vulgaires grains de poussières qui
Comme dans nos maisons, deviennent moutons
Jusqu’à engloutir nos plus belles espérances

La confiance s’effrite et s’en vont les pensées
Dans un hémisphère où le pire est à portée

On s’invente des histoires à partir d’incohérences
On dessine des futurs aux allures
De cauchemars, on remet une couche de noir
On ajoute des peines aux jours de pluie
On se croit tout permis

On ne croit plus en rien
On se sent comme un naufragé
Un prisonnier, un condamné

Un travail de sape bien orchestré
Au millimètre, rien ne nous arrête
Il faut saigner pour exister

Sur l’horizon, pourtant, tout est si doux
L’existant, à envelopper de beau
L’azur et son parfum d’éternité
Tout ce qui n’est pas encore écrit
Tout ce qu’il reste à rêver

Alors pourquoi laissons-nous si facilement
Le négatif nous mener sur des routes obscures?
Pourquoi cédons nous à l’appel des profondeurs
Quand tout autour n’est que lumière?
Pourquoi lâchons nous notre coeur
Quand il ne demande qu’à vibrer?

Brèves de Confinement #6

Ici, les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle qui vient de s’achever a été pour le moins chaotique. Je pense que nous avons tous les deux besoin de souffler, de voir autre chose, de faire autre chose.

Cette semaine nous avons accueilli la petite voisine pour les devoirs. La motivation des premières minutes a vite laissé place à un grand bazar. Difficile de gérer deux niveaux, deux rythmes, deux degrés de concentration. J’ai beau avoir lâcher prise sur beaucoup de choses, il n’en reste pas moins que je dois pendre énormément sur moi pour rester calme et patiente. Je ne suis pas particulièrement à l’aise avec les enfants. Je ne l’ai jamais été. Je me sens encore plus dans l’obligation d’être à la hauteur. Ce n’est juste pas mon truc mais pour faire plaisir à mon fils, je fais des efforts. J’accueille, je trouve des idées, je crée, je fais le clown. Son sourire, sa joie et ses instants d’insouciance me disent que j’ai raison. Mais je m’oublie beaucoup, beaucoup trop sûrement, je ne sais pas faire autrement.

On a quand même construit une cabane, rigolé, fait quelques passes dans la cour, dessiné un peu, lu et cuisiné. Mais notre complicité s’est faite la malle au profit de disputes rocambolesques d’enfants pour un “oui” ou pour un “non”. Et si j’ai pris les choses avec recul en début de semaine, je n’avais plus de ressources personnelles à la fin pour faire face.

J’ai continué l’aquarelle, un passe-temps qui me fait du bien et me permet de me détendre. Même si c’est le soir, dans le chaos de l’endormissement de mon fils, même si je dois me lever plusieurs fois pour apaiser ses angoisses, même si c’est loin d’être toujours joli ou facile. Je m’accroche. Et je décroche des contraintes, des obligations de la journée, passée, à venir.

L’épuisement m’est tombé dessus d’un coup. Sans que je l’anticipe une fois de plus. Sans que je comprenne pourquoi dans un premier temps. Et puis la réalité. Franche et saisissante. Je ne sais pas dire “stop”, je ne sais pas poser mes limites. Pour faire plaisir, je passe après. La colère a gagné du terrain, ce ressenti encore une fois de n’être là que quand on a besoin de moi ou envie, de n’être qu’en attente du bien vouloir, de la disponibilité de l’autre. C’est un thème récurrent chez moi. Et encore une fois je sais que je suis la seule à pouvoir changer les choses…

Je ne sais pas (comme beaucoup) comment va se passer le déconfinement. Pour le moment nous avons une date aléatoire de retour à l’école. Quand certains rêvent de pouvoir sortir, de retrouver leurs proches, leurs amis, je ne désire qu’une chose, passer du temps seule à ne rien faire, me mettre sur pause. J’ai besoin de silence. J’ai besoin de déconnecter. J’ai besoin de ralenti. Riche de tout ce que ce confinement nous aura tout de même offert, en tant qu’individus, en tant que famille.

Et vous cette semaine, vous l’avez vécu comment? Vous avez ressenti quoi? 

Au bout du fil…

J’ai remarqué, récemment, que nous ne savions plus prendre le temps de nous parler vraiment, de nous écouter. Nous sommes toujours pris par tout un tas de choses. Le téléphone portable rend l’autre accessible à tout instant. Mais est-on toujours dans un moment propice au dialogue? Est-on toujours prêt à partager? Est-on toujours prêt à écouter? Nous posons nous seulement la question?

Quand hier on se calait sur une chaise, on se lovait dans un canapé, quand on avait une discussion de A à Z sans autre interruption qu’un imprévu, aujourd’hui on s’appelle en faisant les courses, en s’occupant des enfants, en bricolant ici et là, en cuisinant, en bossant, en consultant ses mails ou en surfant sur Internet. On s’appelle sur un banc, entre deux trains, au café, entre deux lignes d’un bon bouquin, entre deux pensées vagabondes. On se rencontre furtivement et notre quotidien n’est composé que de cela, de cette non-présence à l’autre. Le pire, c’est qu’on ne s’en rend pas compte, c’est devenu une habitude, un réflexe. Nous sommes tous concernés.

Parfois même on aimerait faire autrement et on est sans cesse attiré vers ce que l’on fuit. C’est tout un cheminement personnel de dire au revoir à une manière de faire si ancrée. Une question de volonté. Ou bien une prise de conscience que nos relations sont biaisées, qu’elles ne sont fondées que sur de l’à peu près, un temps comme un simple clic, un temps qu’on ne prend pas pour l’autre mais pour faire tout un tas  de choses qui nous paraissent pourtant futiles, mais auxquelles on prête au final grand intérêt.

Les avancées technologiques sont toujours porteuses de bon comme de moins bon. Il faut le savoir. Il faut être capable de le voir. Et être prêt à modifier nos comportements. Car on le sait, on ne construit rien sur des fondations vides.

Brèves de Confinement #5

@MarieK

Et une nouvelle semaine de passée. L’exceptionnel est devenu ordinaire. Nous avons quelques routines qui tournent bien, le reste est accueil, adaptation, trous noirs parfois et émotions beaucoup, sourires, rires, expériences, créativité, expression artistique, du moins quand il ne faut pas travailler ou bien se mettre aux devoirs pour l’école.

Là le ton change et les vieux réflexes s’invitent, la colère tétanise et la violence éclate dans le creux d’un oreiller. On se retrouve face à ses failles, ses zones d’ombre. Et on fait face, en essayant de ne pas se juger, on parlant, en partageant son ressenti, ce qui fait mal, on allant puiser au fond de soi ce qui sauve de tout. Chaque jour on tente de ne pas tomber et quand on tombe on tente de ne pas se flageller, mais bien de faire preuve de bienveillance envers soi. L’erreur est humaine, la sérénité, bien plus qu’un choix, un engagement qui doit venir des tripes, l’unique voie pour une vie en harmonie avec ce en quoi on croit.

Cette semaine, des vestiges du passé se sont invités par deux fois, sous des formes déguisées. Témoignages, confidences. Et étrangement, j’ai réussi à prendre pas mal de recul par rapport à ça. Même si bien entendu je suis attristée par ce qui arrive à encore trop de femmes autour de moi.

@MarieK

Sinon, je me suis lancée dans l’aquarelle (après avoir achevé deux novellas et un recueil de nouvelles en début d’année, je crois que j’avais besoin de faire une pause de mots) en suivant les cours d’une créatrice que j’aime beaucoup. Et dans le dessin aussi, via les vidéos de Julie. Ces deux moyens d’expression m’ont ouvert des portes, m’ont aussi permis de prendre justement ce fameux temps pour moi, qui me manquait tant au début du confinement! Je découvre, j’apprends à lâcher prise, à lâcher le contrôle aussi. Je me découvre dans un nouveau moyen d’expression, je renoue avec mon âme d’enfant. Et du coup je me sens aussi plus libre avec mon fils, j’arrive à davantage le laisser être ce qu’il est, sans toujours mettre des limites à sa manière de s’exprimer, qui prend parfois beaucoup de place!

Pour être honnête, je redoute la fin de cette période, le retour au travail, à la vie sociale, au bruit. Mes craintes ne sont pas d’ordre sanitaire mais bien personnelles. Nous n’en sommes pas là pour le moment, alors je profite de ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui. Cette parenthèse aura été très bénéfique à tant de niveaux.

Et vous, dites moi tout ou presque? Comment avez-vous vécu cette sixième semaine? Vous tarde t-il de sortir? Ou bien resteriez-vous bien encore un peu comme ça, comme en suspens au dessus de tout? 

Journal, introspection et créativité: un chemin vers soi.

Je pense à cet article depuis quelques semaines déjà. Pour être honnête, j’y pense depuis le partage de Sophie sur je sujet, que j’ai trouvé très enrichissant et après avoir visionné quelques vidéos sur l’art-thérapie et le journal créatif.

Je tiens un journal depuis l’adolescence. Au départ, j’y consignais mes envies, mes joies, mes peines, mes questionnements, mon quotidien, mes émotions, mes doutes. J’ai eu des périodes où j’écrivais tous les jours mes états d’âme, d’autres où je préférais créer des textes courts et nouvelles. Dans mes carnets, j’ai un peu de tout, des mots, des listes – d’envies, de “merci” – des idées d’écriture, des affirmations positives, des citations, des articles, des pensées en passant, prises au vol, vite consignées de peur qu’elles ne s’échappent.

Ce dont je voulais vous parler, c’est surtout de la manière dont a évolué mon journal au cours des six dernières années.

En 2014, je reprends la plume, j’ai besoin d’un espace à moi. Je m’offre un beau carnet et c’est parti. Je suis très appliquée. Pas une rature, tout est nickel et dès que ça ne l’est pas, je panique. J’ai besoin de “beau”, d’épuré. Rien ne dépasse, tout est sous contrôle.

En 2015 puis en 2016, les pages sont un peu plus colorées. Je colle. Je souligne, je surligne. C’est le début de plus de liberté. Je m’autorise à… Dis comme ça c’est un peu étrange, mais c’est vraiment ce que je ressens, je me donne l’autorisation de faire autrement, de ne plus être dans le contrôle total, dans le “tout parfait”.

En 2017, je découvre le BUJO suite à un article de Mély. Je trouve l’idée intéressante, une bonne façon d’organiser le quotidien tout en faisant avancer ses projets. Même si je suis loin des modèles très artistiques qu’on peut voir partout sur la toile, c’est un pas de plus vers une expression différente de soi, plus créative. Dans mon BUJO on trouve principalement une organisation par semaine, avec une partie agenda et une partie “liste de choses à faire”. Et une organisation mensuelle avec mes livres lus, mes instants de bonheur, les citations qui me parlent, mes affirmations positives, mes prises de conscience, quelques tracking. J’écris beaucoup moins dans mon journal. Non par manque de temps mais parce que j’ai l’impression de me disperser…

En 2018, je reprends le BUJO et l’écriture dans mon journal. Je laisse davantage libre cours à mes envies. Faire de la peinture avec mon fils m’a ouvert une porte que je croyais à tout jamais fermée. Et oui, combien sommes-nous à penser que nous ne sommes pas créatifs, que nous sommes “nuls? Combien sommes-nous à traîner cela depuis l’enfance? Combien sommes-nous à y croire vraiment et à avoir donné notre pouvoir aux autres sur ce coup là? Je ressens vraiment le besoin de lâcher prise et surtout de m’exprimer avec autre chose que des mots.

En 2019, j’essaie, je me lance, je ne me limite plus. J’ai toujours un BUJO plutôt dédié organisation, que ce soit vie perso, vie pro, loisirs. J’y note également mes rêves et mes cycles. Cela va évoluer en 2020 avec un carnet spécial rêves (question d’espace pour les interpréter!) et la réintégration de mes cycles sur mon journal “créatif” car tout est lié, créativité, inspiration, mots, maux, cycle, identité, émotions, ressentis, apprentissage, évolution.

Mon journal est désormais un espace d’expression sans contrainte. Un espace qui me permet de laisser libre cours à mon imagination, dans lequel je ne me bride plus. J’exprime tout ce qui se passe en moi, j’y vois un outil puissant d’introspection. C’est un véritable compagnon de vie. Il est le reflet de qui je suis, qui je deviens chaque jour.

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu. J’avais surtout envie de vous montrer que nous sommes tous créatifs, qu’il n’y a pas qu’une manière de l’être. Que les limites que nous nous mettons sont souvent le reflet de ce que nous pensons à l’intérieur de nous mêmes et qu’à chaque instant nous pouvons revenir sur ces pensées limitantes et les dépasser. En nous donnant l’autorisation d’être qui nous sommes tout simplement.

Et vous, vous tenez un journal? Vous aimez peindre, dessiner mais vous ne vous sentez pas libre de le faire? Quelles sont / étaient vos limitations et quand, comment avez-vous réussi à les dépasser? 

Les arnaqueurs de l’édition

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La publication par une maison d’édition est la consécration ultime de l’auteur qui bosse comme un acharné sur son texte depuis x mois voir années, sans baisser les bras (même si il en a envie très souvent), croyant dur comme fer à son histoire! Il la défend avec ses tripes. Il se livre sans fard et dépense bien souvent quelques centaines d’euros rien que pour l’envoi, étant donné qu’il vise plusieurs maisons d’édition. Et il a le choix…

Dans le vaste champ de l’édition, il y a les grandes maisons qui reçoivent un nombre incalculable de manuscrits par jour, les plus petites qui publient deux titres maximum par an, celles qui affichent clairement qu’elles sont à compte participatif (l’auteur participe aux frais d’édition) ou carrément à compte d’auteur (l’auteur paie tous les frais). Et les autres qui vous racontent des bobards, jusqu’à ce que vous trouviez dans votre boite aux lettres un contrat qui vous demande de débourser 500, 1000, 1500, 2800€ pour votre manuscrit, lu en moins de deux semaines et qui a toutes les qualités de la maison en question. Mais bien sûr!!

Ce qui me gêne dans ce fonctionnement, c’est le mensonge. Faire croire que la maison d’édition est à compte d’éditeur (ce qui veut dire qu’elle prend tous les frais en charge). A la suite de ça, on est en droit de se demander quid de la communication, de la distribution.

Ce qui me chagrine, c’est que des gens paient ces sommes astronomiques pour voir leurs textes sur un catalogue en ligne et éventuellement disponible sur Amazon et dans les librairies. Pour vous donner un exemple, j’ai reçu un de ces contrats, on me demandait de verser 2500€ et on m’offrait (généreusement) 10%  sur les ventes de mes livres. Il fallait que j’en vende environ 1000 pour ne serait-ce que rentrer dans mes frais. Vous la voyez l’arnaque…

Je sais que certains méprisent l’auto-edition, c’est leur choix, mais au regard de ce que propose le marché, je trouve que c’est une voie qui doit être étudiée. Il y a de très bons auteurs qui ont choisi ce chemin. Là encore, il y a des personnes qui en profitent en proposant des formules hors de prix pour une présence quasi inexistante en numérique et des prix assez élevés pour l’impression papier.

Tout auteur écrit pour son plaisir et pour être lu. Peu vivent de leur art. Certains ont la chance de plaire à des maisons d’édition, d’autres pas. Parfois il faut du temps avant qu’un talent ne soit repéré, parfois un talent restera dans l’ombre, réjouissant un cercle d’intimes. Je pense qu’il faut oser, oser se confronter au monde, oser se livrer, se faire confiance et ne pas marchander ce en quoi nous croyons. Il y aura toujours des personnes pour abuser, surtout dans un contexte comme celui-ci.

Un auteur qui n’est pas édité n’est pas un rebut ni quelqu’un de peu intéressant. Il peut choisir de relever la tête et de continuer l’aventure en partageant ses textes autour de lui. Comme il y aura toujours des gens qui écriront, il y aura toujours des gens qui liront!

Qui suis-je?

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C’est souvent une question que je me pose.
Qui suis-je au delà de ce que je ne suis pas?

Si je ne suis pas une chose ou une autre, est-ce par peur ou juste parce que telle ou telle chose ne me parle pas, ne correspond pas à mon état d’esprit, ma façon de fonctionner?

Si je ne suis pas ambitieuse, compétitive, si je n’aspire pas à devenir propriétaire, si je ne désire pas traverser le monde, si les défis ne m’attirent pas plus que ça, est-ce que je me mens à moi-même? Suis-je moins que les autres, moins que ceux attirés par l’excellence, les grands horizons, moins que ceux qui s’engagent pour des causes, se lancent dans de grands projets?

Où est-ce que je me place dans la grande toile de l’humanité?

Je ressens l’envie d’être et de vivre, vivre à ciel découvert, profiter de chaque instant.

Oui, j’ai eu des grands rêves, j’ai tiré des plans sur la comète et puis un jour, j’ai tout quitté.
Je sais que rien ne nous appartient sur cette terre, que tout peut disparaître d’un instant à l’autre. Tout est si éphémère, l’argent, nos possessions, nos désirs, nos amours.

J’ai voulu laissé mon empreinte. Et puis je sais aujourd’hui que celle-ci disparaîtra aussi. Bien sûr certains noms demeurent, certains êtres qui ont marqué le monde par leur art, leur sagesse, leur voix, leurs mots, leur engagement.
Mais était-ce leur souhait premier, être reconnu comme, être connu? Ou bien cela s’est-il fait à leur insu?

Et si moi ce que je voulais, c’était tout simplement apprendre à me connaître, m’accueillir, m’aimer, apporter du bonheur, du bien-être, de la joie autour de moi?
Si mon seul souhait c’était d’être une observatrice sereine du monde, vivre sans juger, aimer sans attente, sans manque?
Et si mon unique défi, c’était justement d’arrêter de me comparer, de faire confiance à cette petite voix qui me dit que tout est là, maintenant, qu’il n’y a rien à chercher, tout à expérimenter. Sans attente de résultat, encore une fois!

Et vous, vous posez vous cette question?

Au temps du trop…

@MarieK

Trop
Trop d’idées
Trop de pensées
Trop d’information
Trop de mots
Trop de tout. Je m’y perds.

Comment font les autres dans ce trop plein constant? Comment entendent-ils leur voix? Comment font-ils leurs choix? Comment saisissent-ils leurs pensées? Comment savent-ils qu’elles leur appartiennent?

Trop de plein et pas assez de silence
Trop de sujets en boucle
Trop d’avis pour se faire le sien
Trop de bruit, partout, toujours
Trop d’instantané

Je veux retrouver le calme d’avant
Avant le flot incessant des choses à portée de clic
Retrouver le chemin des jours loin
Loin du chaos qui me remplit de tremblements

Plonger dans le vide
Réapprivoiser l’ennui
Ma saouler de temps qui dure
De temps que l’on prend
Sans urgence, sans violence

Comment les autres s’apprennent-ils dans ce chaos permanent? Comment se définissent-ils? Où trouvent-ils le temps pour l’introspection ou pour simplement profiter du présent? Comment identifient-ils leur ombre et leur lumière au milieu du vaste champ des opinions des uns et des autres, entre les différentes injonctions à portée de réseau?

Ce n’est que dans le moins que je retrouverais le chemin vers une vie plus harmonieuse, un quotidien plus serein, une identité plus vraie.
Un cheminement qui demande, non de se couper du monde, mais d’apprendre à vivre sans, sans cette permanente connexion au trop, sans cette communication omniprésente, sans ce surplus d’information, sans cette course à une quelconque reconnaissance, juste en me faisant confiance, en revenant au cœur, à ce qui fait sens pour moi, en m’accueillant dans ce que je suis, une et multiple à la fois.

Le sujet qui fait débat

Le sujet fait débat depuis plusieurs jours, vous ne pouvez pas l’avoir raté, même si comme moi vous ne regardez pas la télévision: la cérémonie des Césars a récompensé le film J’accuse de Roman Polanski. La polémique enfle et chacun y va de son avis sur ce prix très controversé.

Pourquoi j’écris ce billet aujourd’hui, tout simplement parce que je n’ai pas une opinion – tranchée – sur le sujet et qu’elle s’étoffe en fonction des personnes avec lesquelles j’en discute.

J’ai toujours choisi de distinguer entre l’homme (et la femme) et son art. Je pense que l’humanité est pleine de ces exemples d’hommes et de femmes dont les œuvres sont en contradiction totale avec ce qu’ils passent comme message en tant qu’êtres humains. Est-ce bien? Est-ce mal? C’est, tout simplement.

Personne ne trouvera à redire, Roman Polanski est un grand réalisateur. Les multiples prix reçus durant sa carrière en sont la preuve. Sur l’homme (que je trouve par ailleurs antipathique à souhait), je ne m’étendrais pas, les multiples déclarations des femmes humiliées, blessées, torturées dans leur corps suffisent à se faire une idée.

Toutefois, je me demande pourquoi d’un seul coup tout éclate, alors même que depuis 2003 les accusations pour pédophilie, viol se multiplient à son encontre, et que depuis cette date il a réalisé d’autres films qui, pour certains, ont reçu des prix.

La question qui m’interpelle ce n’est pas comment “J’accuse”, qui soit dit en passant traite d’un sujet qui n’a rien à voir avec les faits en question, a pu être récompensé, mais comment cet homme a réussi à passer entre les mailles du filet, comment cet homme peut se promener aujourd’hui, en toute liberté? Que fait la justice? Que sont devenus les témoignages des femmes qui l’ont accusé? Comment un pays peut-il refuser d’extrader un homme condamné pour viol?

Si, au nom du féminisme, on sort d’une salle parce qu’on considère une remise de prix scandaleuse (ce que je peux concevoir), pourquoi se rend-on à cette même cérémonie, en sachant que le film est nominé, et qu’il a de grandes chances de gagner (il ne fallait pas être devin).

Mon problème avec le féminisme d’aujourd’hui, c’est qu’il est rempli de clichés et d’amalgames, tous ceux qu’il tente à tous prix de faire tomber, pourtant. Pour moi, le débat est ailleurs, il est dans l’écoute, la libération de la parole et non dans le lynchage des bourreaux. Rendre la violence à la violence n’a jamais changer le monde.

Une libération pour faire avancer les choses et non, pour encore une fois, relancer le débat du patriarcat. Ce n’est pas en “luttant contre” que les lignes peuvent bouger. Je ne pense pas qu’à l’heure actuelle il soit plus facile d’être un homme, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Nous, les femmes, arrêtons de nous positionner comme les uniques victimes de cette emprise. Que faisons nous des petits garçons concernés par la pédophilie? Combien d’hommes sont aujourd’hui pris dans les rouages de la violence conjugale? On se bat pour eux aussi ou on considère que “chacun ses combats”? Où sont-ils, par qui sont-ils représentés?

Le politiquement correct voudrait que nous soyons toutes dans la rue suite à cet évènement. Je préfère m’interroger, plutôt que de rejoindre la majorité, juste par esprit de solidarité.

Tous vos avis sont les bienvenus. Merci de les partager, avec bienveillance bien entendu!

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