Posted in Carnets de route

Un malaise à apprivoiser

Photo by Anni Roenkae on Pexels.com

C’est là.

Même si on fait le choix de ne pas y penser, pas trop, de ne pas lui accorder d’importance surtout. C’est tout de même là et quelque part ça creuse. Même si on ne veut pas. Même si on se protège. Même si on garde son calme.

C’est là quand même, comme une tache au plafond, qu’on ne regarde pas tous les jours mais qu’on aimerait bien voir disparaitre. C’est là 1h30 par mois, un moment si bref et si long à la fois. Un instant suivi des mêmes questions amicales qui laissent pourtant une saveur amère en bouche. Expliquer le malaise demeure un challenge impossible. On voudrait que quelqu’un comprenne entre les lignes, par delà les mots, ne plus entendre les mêmes phrase, qui lassent.

Une fois la porte passée, on se dit “à dans 1 mois”, ça semble facile, ça ne l’est pas. On a l’impression qu’on passe à autre chose, mais dès la porte de la maison ouverte, il faut à nouveau poser des “non” et tenter de ne pas s’irriter d’un ton, d’une révolte, d’un malentend, faire preuve de patience devant l’évidence que pour lui aussi, c’est une épreuve.

Finalement on est seul. Dans nos pensées. Dans ces matins qui nous enserrent le coeur, quand on croit tout faire bien et qu’on fait tout de travers, quand on laisse la colère prendre le dessus, quand sa colère à lui prend toute la place et menace notre équilibre.

Le malaise, désormais à distance, a laissé dans son sillage un souffle rance, qu’il faut évacuer. Alors les mots fusent comme des lames de rasoir, le combat est ouvert, personne ne veut perdre et personne ne se tait. Et quand on y arrive, c’est parfois pire, du haut de ses 8 ans, c’est comme si j’abandonnais la partie. Il faudrait savoir laisser passer la vague, se souvenir que ses mots ne sont que des mots, qu’ils ne sont pas dits pour faire mal, qu’ils sont l’expression de ce trop plein qu’il ne sait pas gérer, un flux d’émotions presque incontrôlable.

Mais bien souvent ils ont atteint la faille avant que je ne puisse faire marche arrière, celle que je tente de guérir, celle qui au moindre geste un peu brusque vient à nouveau s’ouvrir et me laisse terrifiée face aux souvenirs. Alors je perds ce qu’il me reste de confiance, de patience et je me retrouve à tenter de me justifier encore une fois.

C’est là, qu’on le veuille ou non. Ca vient encore tester nos limites, jouer avec nos certitudes, ça vient remuer, ça vient nous demander de redéfinir nos priorités, c’est un deuil qui semble ne pas avoir de fin. C’est frustrant, révoltant. On se sent impuissant.

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

6 thoughts on “Un malaise à apprivoiser

  1. Il faut parfois lâcher totalement prise, arrêter de se poser questions sur questions, se poser et respirer. Je crois que plus on réfléchit plus on se fait des noeuds au cerveau et cela peu mener à une sérieuse dépression qui elle-même peut conduire à bien plus grave encore

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    1. C’est bien de pouvoir le faire Marie! Moi j’avoue que je n’y arrive pas. Ce n’est pas faute d’essayer mais tout ce qui touche à ce type crée un malaise que je n’arrive pas à gérer.

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  2. Un jour , un peu tard quand même , j’ai choisi de dire :” c’est comme ça et point barre ! ” Il a d’abord fait les yeux ronds et a ensuite réalisé que plus rien ne serait comme avant ! Comme la reine des Neiges j’ai chanté “libérée…” lol Bon jeudi Marie Grosses bises

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    1. Tu m’étonnes Paulette!!
      Je sens que c’est compliqué pour mon fils ce retour inattendu. Et je sens que je ne suis pas encore 100% stabilisée. Du coup ça crée quelques tensions. Mais peut-être qu’elles sont nécessaires. Ou peut-être que c’est juste l’âge et que j’essaie de trouver des réponses!
      Grosses bises et belle journée!

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  3. Je ne te donnerai aucun conseil, parce que ce serait présomptueux de ma part (d’autant que je passe mes journées à ruminer, et à culpabiliser chaque fois que je laisse ma colère ou mon anxiété s’exprimer quand il vaudrait mieux les mettre en sourdine). Mais je t’envoie d’ici des pensées bienveillantes (c’est ce qui nous manque souvent la bienveillance : celle qu’on devrait donner aux autres, celle qu’ils devraient nous donner en retour… et surtout celle qu’on devrait se donner à soi-même pour pouvoir affronter toutes ces choses, ces moments qui nous heurtent). Plein de bisous d’ici !

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Un mot doux pour la route...

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