Une autre histoire

Projet 366 jours

Raconter la même histoire. Différemment. Avec le juste recul du temps.

Raconter l’histoire qui m’a ramenée à moi-même.

Raconter la chute mais surtout la renaissance.

Raconter, lâcher la barre, réussir à en rire aussi.

Dédramatiser l’opportunité qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même, de m’accomplir, de choisir ma destinée.

Aux victimes de violences psychologiques…

Entre Nous, Plume et Poésie

Partir

Partir sans se retourner

Arrêter de trouver des excuses

Arrêter de penser que l’autre va changer

S’extraire de la peur avant qu’elle nous foudroie

Avant que le pire n’arrive et nous noie

Partir

Mais j’oublie

Il faut savoir dire “oui” au vide

Dire “non” à la folie

Nos esprits lobotomisés ne peuvent plus réfléchir

Nos corps ne peuvent plus réagir

Nos cœurs ne peuvent plus nous guider

Loin de la prison dans laquelle nous nous sommes recroquevillés

En attendant que cessent les hostilités

Partir

Le choix le plus délicat

L’acte le plus courageux qui soit

Partir ou fuir

Sans laisser d’adresse

Sans croire aux promesses

Sans se retourner

Quand l’instinct de survie nous murmure

Qu’il faut y aller

S’échapper

Sans douter

Ne minimisez jamais ce qu’endurent les victimes de violence psychologique, au sein de leur foyer, au travail, dans leurs relations amicales. Ne pensez par que partir / mettre un terme à une relation toxique est un acte simple et sans danger. Ne pensez pas qu’un peu de “bonne volonté” peut venir à bout de l’emprise. Ne jugez pas. Écoutez, tendez la main, soyez présents et laissez chacun / chacune se reconstruire à son rythme, en son temps.

Une femme libre!

Carnets de route, Entre Nous

J’ai dit OUI plus d’une fois par le passé, à fleur de peau, terrassée par la peur. Peur des menaces. Peur de la violence qui ne se dit pas. Face à la confiance qui se délite, j’ai dit OUI pour avoir la paix. Pour ne plus trembler derrière la porte. Face au mépris, l’instrument des lâches, j’ai abdiqué. J’ai dit OUI en croyant résister. Peur de perdre ci ou ça. Ceux qui nous narguent le savent bien, ils finiront par avoir le dernier mot. J’ai lâché la barre face au harcèlement qui n’en finit pas. J’ai dit OUI pour la forme, pour ne pas avoir à gérer les heures, les jours de silence, ma punition.

J’ai tremblé face aux mots blessants, aux paroles lancées en l’air comme autant de sabres puissants. J’ai fait fi de mes sentiments pour pouvoir encaisser. Je me suis brûlée les ailes à toujours vouloir trouver des excuses à tous, tout le temps.

J’ai dit OUI à celui et à celle qui m’ont écrasée du poids de leur égo surdimensionné. J’ai dit OUI dans la détresse, perdue, paumée, affaiblie, cassée. J’ai dit OUI pour pouvoir continuer. Quand il ou elle ne pensait qu’à me faire tomber.

J’ai dit OUI aux insultes, aux mots durs, aux ricanements, aux pressions.

J’ai dit OUI dans ma vie scolaire, professionnelle, conjugale. J’ai dit OUI en me voyant fragile, incapable de me défendre. J’ai dit OUI en faisant taire celle que j’étais, non pas pour me fondre dans la masse, mais pour me faire toute petite, pour qu’on ne me remarque surtout pas, qu’on m’oublie presque (de cela est né un besoin de reconnaissance que j’arrive doucement à dompter) dans le coin, là-bas.

J’ai dit OUI trop souvent, renonçant à moi-même, à mon identité, à mes émotions.

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Aujourd’hui je dis NON.

NON à toi pour tes mots blessants, infondés.

NON à toi qui me juge.

NON à toi qui te permet de me lancer ton mépris à la figure sous prétexte que tu te trouves au-dessus de moi dans la hiérarchie.

NON à toi qui abuse de ton pouvoir.

NON à toi qui ne donne rien.

NON à toi qui impose ta manière de voir ou gérer les choses.

NON au harcèlement, à la folie, aux menaces (elles ne me font plus peur), au déni, à la vague destructrice qui s’empare de toi quand tu ne te contrôles plus, aux regards de travers, aux yeux baladeurs, à ton paternalisme désuet.

Je ne suis plus cette petite chose fragile, cette enfant contrainte, cette adulte apeurée, cette employée qui ne fait pas de vague, qui encaisse chaque remarque, chaque tentative de conflit en chaussant son masque souriant, pour faire plaisir. Je suis une femme libre !

Sans pitié

Carnets de route

J’ai relu les mots, le début de nous, de ce nous à partager, pour lui, pour les autres. Inspirer d’autres femmes à oser ce pas vers l’inconnu, pour des lendemains sereins, plus équilibrés, en harmonie avec leur être tout entier.  J’ai longtemps voulu te protéger, en me laissant quelques torts, trop. Je serais sans pitié. Mes mots seront lourds et durs. Tu peux les encaisser. Tu n’es pas cette petite chose fragile comme tu voudrais me le faire penser. Chacun ses responsabilités.

Manuscrit deviendra Roman (ou comment j’ai enfin pris une décision!)

Carnets de route, Plume et Poésie

Il y a quelques mois je vous parlais de mon manuscrit inachevé. Vos mots, commentaires, messages et puis la vie autour, les rencontres, les témoignages m’ont aidé à prendre une décision, celle de terminer ce manuscrit, pour moi, pour clore ce chapitre, pour vous, lectrices, lecteurs et pour toutes celles et tous ceux qui luttent, avancent coute que coute, pour toutes les combattantes anonymes.

Où j’en suis ?

Je progresse doucement. Un peu comme un randonneur parti escaladé le Mont Blanc. Je crapahute, m’écorche un peu sur quelques souvenirs déplaisants, fais des pauses pour regarder autour, pour me nourrir de la lumière d’aujourd’hui, contraste saisissant face aux ténèbres d’hier. Je relis chapitre après chapitre, parenthèse après parenthèse, ajuste, rature, réécris, cherche des synonymes, enlève, ajoute.

Je n’ai pas de deadline précise, même si une date retient mon attention, comme un signe. 2018 paraît si loin et si proche en même temps.

Après ma relecture, mes modifications imprimées sur le papier blanc, il y aura l’envoie aux bêta-lecteurs puis l’attente. Puis les remarques, critiques, ajustements nécessaires. Et les corrections, la mise en page. Avant le point final. Le dernier.

Je comprends au fil des mots, des pages. Je n’invente rien mais je m’écris différemment. Je regarde le chemin parcouru avec énormément de bienveillance, sans jugement. Je me sens comme une victime devenue combattante devenue Phoenix. Je me sens de plus en plus fière des choix faits, des actes posés, des batailles menées.

Les mots me font prendre conscience à quel point mon amour pour la vie a triomphé de tout. Je ne veux pas devenir un exemple. Je veux juste dire qu’on peut mourir et renaître, sans perdre ses idéaux ou ses rêves, que tout arrive pour nous élever encore plus haut, plus près de ce qu’on est réellement, au cœur de soi.

Se faire aider pour renaître

Entre Nous

Aujourd’hui, j’ai envie de parler avec vous d’un sujet particulier, assez personnel (mais vu la teneur de bon nombre de mes articles ici, rien de bien « secret » non plus) qui me trotte dans la tête depuis quelques jours, voire semaines et qu’il me semble temps d’évoquer.

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Vous savez tous (ou presque pour ceux qui ont pris le train en marche) que quand je suis rentrée d’Irlande, enceinte jusqu’aux dents, j’étais à terre, complètement paniquée, paumée, rongée par la culpabilité et la honte, la peur et l’envie irrésistible de mettre fin à mes jours. J’aurais pu me laisser glisser lentement vers la déraison et la folie (je n’en étais pas loin) mais je n’étais pas seule. L’enfant dans mon ventre, celui-là même qui m’avait donné l’impulsion du départ, m’imposait une remise à flot – même temporaire – pour lui donner naissance dans les meilleures conditions possibles.

Je peux dire que j’étais bien entourée, merveilleusement entourée même. Personne ne m’a lâché la main. Mais ce n’était pas assez. J’avais besoin d’aide. Et quand je dis besoin d’aide, je pense à l’aide d’un professionnel. Oui j’avais besoin que quelqu’un d’extérieur à mon malaise, mon mal être, quelqu’un de non-impliqué émotionnellement m’écoute et me guide.

Avoir besoin d’aide, c’est encore une notion mal perçue, alors même que nous sommes de plus en plus nombreux à savoir que cette aide est disponible et souvent bénéfique. On veut toujours pouvoir s’en sortir seul. Parfois c’est tout simplement impossible. Voir même dangereux. Demander de l’aide est aussi vu par certains comme un signe de faiblesse. Aujourd’hui je vois cela comme une force, celle de dire que l’on est prêt à aller chercher à l’intérieur de soi ce qui ne fonctionne pas pour ensuite pouvoir aller de l’avant, reconstruire, se reconstruire. Comme le dit souvent ma psy « vous faites le travail – moi je suis juste là pour vous accompagner, vous donner des pistes de réflexion et vous soutenir dans votre démarche ».

Je sais aussi que certain(e)s ont dû faire face à de nombreuses déconvenues et ne souhaitent plus s’engager dans cette voie. J’en reviens donc à moi et à l’histoire. Entre décembre 2012 et février 2013, j’ai rencontré pas moins de six professionnels.

Mon médecin traitant d’abord qui m’a écoutée et qui le premier a évoqué avec moi l’idée même de « violence conjugale », terme que je refusais complètement à l’époque. Il m’a conseillé de prendre rendez-vous avec un(e) psychologue. Le premier rendez-vous a été un désastre. En l’espace de quelques minutes, je me baladais dans les méandres de mon enfance quand l’idée de départ était vraiment de faire face à ma grossesse et de la mener à terme (tout en sachant qu’à ce moment-là l’idée même de devoir mettre un enfant au monde me terrorisait et que je pensais même à accoucher sous X).

La troisième personne rencontrée était douce et à l’écoute mais ne cessait de me dire qu’il s’agissait sûrement d’une crise de couple, normale avec l’arrivée d’un enfant et qu’il fallait aussi que je comprenne les émotions, le ressenti du papa – complètement à côté de la plaque. J’avais beau porter toute la culpabilité de ce départ précipité, je n’étais pas à même d’entendre que lui de son côté était blanc comme neige et que les menaces qu’il avait proféré à mon encontre étaient presque « normales ».

La quatrième personne, j’allais la voir à l’hôpital psychiatrique – il fallait avoir le moral. Elle m’a plus enfoncée qu’elle ne m’a aidée. Elle pensait aussi que je devais reprendre contact avec le père. J’avais l’impression qu’elle ne m’écoutait pas. Elle me disait d’ailleurs qu’à terme je pourrais revenir avec lui, quand tout se serait tassé. Elle m’a même mise sous antidépresseurs – j’ai refusé. La cinquième personne m’a orienté vers la sixième. Je suis sortie de son cabinet en pleurs, prise de vertiges et incapable de calmer mes sanglots.

La sixième personne a été la bonne. Je me serais volontiers passée de ce parcours du combattant qui m’a lui aussi pas mal fragilisée (je ne l’étais pas assez !). La sixième personne m’a écoutée ENFIN. Elle m’a surtout aidée à assumer ma grossesse, à aller au bout plus sereinement et elle m’a suivie après la naissance. Car si tout le monde me disait « une fois que tu auras ton enfant dans les bras, tout ira mieux », personne ne savait ce qui se passait à l’intérieur de moi – un enfant ne fait pas de miracle, ce n’est pas son rôle. Si la vie devient douce le temps de quelques heures, la réalité reprend vite le pas sur ces moments volés. Tant que les blessures ne sont pas prises en compte et en charge, le malaise et le mal-être demeurent.

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas baisser les bras après un premier rendez-vous raté (ou plus). Il faut laisser le temps au temps et surtout prendre conscience qu’un psychologue ou psychiatre (ou autre) n’ira pas toujours dans notre sens, nous mettra souvent face à nous-mêmes, nos blocages (c’est ce qui est le plus difficile) et nous guidera vers plus de lumière. Cela ne se fera pas sans heurts, sans chagrin, sans larmes. La reconstruction est un véritable processus qui ne se fait pas en un claquement de doigts.

Mais en grande connaisseuse que je suis, je peux le dire, sans hésiter, ça en vaut la peine !

Mes lectures d’Avril

Bouillon de Culture

Comme chaque mois, avec toujours un peu de retard (on ne se refait pas), je vous présente mes lectures au nombre de 5 – cette année j’ai décidé d’acheter moins de livres, d’abord parce qu’il s’agit bien souvent d’un budget non négligeable et puis parce que mes étagères ne font pas le poids. Comme je finis par donner la plupart des livres lus, je préfère les emprunter à la bibliothèque de mon quartier. En avril, j’ai fais une exception! Le livre en valait la peine. Je vous dis tout ça plus bas.

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J’ai commencé le mois avec le très beau livre HOME de Toni Morrison en VO. Je crois que je ne saurais dire pourquoi j’ai aimé ce livre. Je l’ai aimé voilà tout. L’écriture poétique de Toni Morrison m’a emportée et fait passer d’excellents moments, douloureux parfois. Une réflexion sur la vie, la terre, nos origines et cet endroit si particulier que nous pouvons nommer “HOME”.

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J’ai poursuivi avec TOUS LES MATINS DU MONDE de Pascal Quignard. On reste dans l’univers poétique avec ce court roman chargé d’émotions, rempli d’images et de musique. Monsieur de Sainte Colombe, Maître de musique, spécialiste de viole vit seul, reclus, avec ses deux filles, depuis le décès de sa femme (dont il a du mal à se remettre). L’auteur nous embarque dans cette épopée musicale tantôt austère, tantôt passionnée et nous dévoile le sens profond de l’art: la maîtrise ne fait pas de nous des artistes, c’est la façon dont nous vibrons avec la passion qui nous anime qui fait la différence. A lire.

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Puis j’ai laissé de côté les romans pour me plonger dans le magnifique livre de Anne Laure Buffet LES VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES (de la résistante à la reconstruction). Ce livre est un livre qui parle des victimes, de toutes ces personnes, hommes, femmes et enfants aux prises avec une personne toxique qui perdent pied et tentent de refaire surface, dans la douleur, la colère et la peur le plus souvent. Un livre qui parle de cet enfermement progressif, de ces blessures invisibles qui creusent leur lit sous le corps, dans la tête et de la vie qui devient survie. Ce livre m’a bouleversée mais surtout m’a réellement donné l’impression d’être enfin ENTENDUE. On entend souvent parler des bourreaux, rarement des victimes. Anne Laure les comparent à des combattants, des combattantes. Ce livre très bien écrit et rempli d’exemples concrets et justes nous offre les clefs pour comprendre et nous reconstruire – chemin sur lequel j’évolue depuis plus de quatre ans, parsemé d’embûches mais aussi incroyablement lumineux. MERCI

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J’ai enchainé avec UN BRILLANT AVENIR de Catherine Cusset. Un autre beau roman, à croire qu’en avril j’ai fais les bons choix. Ce livre retrace l’histoire d’Elena, jeune roumaine, devenue Hélène quand elle émigre aux Etats-Unis avec son mari et son fils, décidée à laisser son passé derrière elle. L’arrivée d’une jeune française dans la vie de son fils unique va changer la donne. Un destin de femme des années 50 à nos jours, une histoire de famille, de cicatrices, d’identité, de maux qui mettent du temps à guérir, d’espoir. Une narration fluide et détaillée. Un style simple et efficace. Un très bon moment de lecture.

Confidences-a-Allah

Pour terminer, je me suis pris une bonne claque avec CONFIDENCES A ALLAH de Sophia Azzeddine. Ce que je peux vous dire c’est qu’on ne sort pas indemne de ce court roman, véritable coup de poing sur l’oppression des femmes à travers le monde et la cruauté (ou la bêtise) des hommes qui règnent en Maître sur la vie, le corps, l’histoire de chacune d’elles. Jbara, petite bergère, est chassée le jour où sa famille découvre qu’elle est enceinte. De ses chères montagnes à la ville, de la soumission à son père à la prostitution, Jbara connaîtra les pires humiliations. Dans ses moments de joie comme de doutes, de chagrin comme de colère, elle se confie à Allah, son refuge apaisant. Dans ce monologue plein de rage et de sagesse aussi, Jbara nous montre que nous sommes responsables de nos actes et de nos pensées, que les chemins de traverse que nous prenons et les vides dans lesquels nous tombons parfois ne sont pas des malheurs imputables à Allah. Ces erreurs, ces errances nous reviennent. Un magnifique plaidoyer pour l’insoumission. Jbara se crée elle-même son destin, renait, suit sa route avec le soutien de son seul confident et de l’Amour sans borne qu’elle lui voue. A lire de toute urgence (attention aux âmes sensibles, le langage est très cru).

Avez-vous lu certains de ces livres? Qu’en avez-vous pensé? Ou en avez-vous à me conseiller? Je suis toujours preneuse, même si j’ai une PAL impressionnante…

Au bout du fil

Projet 366 jours

J’ai repris le fil…

Ou bien déroulé le fil.

Je suis revenue aux origines, les nôtres, fragiles.

Le manuscrit se compose de plusieurs chapitres, d’extraits de courriers, listes de l’époque, de journaux intimes gardés tels quels, qui quand on les lit, laissent flotter dans l’air un étrange goût, rien d’amer, juste quelque chose de lourd à digérer. On comprend mieux, un peu tout, comment le fil s’est cousu.

Puis décousu.

Je renais chaque jour un peu plus depuis le premier mot posé, la première ligne écrite.

Quelqu’un m’a dit un jour, le jour où tu ne retiendras que le bon de cette histoire là, tu seras sauvée.

Je crois que je tiens le bon bout.

Le mien.

Le bout du fil qui me permet de construire de joyeux lendemains.

Il est enfin question de MOI

Projet 366 jours

Dans les mots que je relis, dans ceux que j’arrache, ceux que je raye ou encore ceux que je change, il n’est presque question que de toi. Tout se détache et tout revient à toi. Toi, le centre du Monde, le centre de mon Monde pendant si peu de temps, si longtemps si on compte les heures de souffrance et de peine, de violence et de chaos.

Toi. Tes besoins. Tes envies. Tes questions. Tes projets. Tes doutes. Tes maux. Tes blessures. Tes coups de gueule.

Il n’a jamais été question de moi. Ou si peu. Mes rêves étaient sans importance. Mes doutes trop puérils. Mes questions balayées d’un revers de manche. Mes projets sans envergure. Mes passions insensées sauf quand mes mots s’intéressaient à Toi, parlaient de Toi. Là je devenais intéressante. Mes blessures incomparables aux tiennes. Mes coups de gueule répréhensibles.

Aujourd’hui, il est enfin question de Moi. Je prends enfin conscience d’exister et de mériter d’être heureuse. Je pense enfin à Moi. Je prends enfin soin de Moi. Sans culpabilité.

Tu ne peux pas savoir à quel point c’est agréable d’être soi…