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Sans lien particulier

On disait du vieux, qu’il débordait de gentillesse.

C’était pourtant pas un truc de chez nous, ça. Chez nous, fallait bouffer qu’elle disait la mère, pas le choix. Un maroufle lui avait promis la lune, jadis, un poète vagabond  au regard grand bleu, aussi profond que l’océan, qui lui déclamait à longueur de journée sa prose créative. Elle était pas la plus belle fille du village mais elle avait sa préférence. Et deux tours de valses plus tard, un joli petit bidon. Fin de citation.

Le vieux il parlait plus beaucoup, les pages de sa vie s’emmêlaient les pinceaux. Il avait le geste lent aussi du type qui ne sait plus très bien où il en est, sauf quand la mère lui versait son kir. Là, il se l’avalait d’une traite et même qui souriait le gars. Aux anges. Sur la route du cimetière, tous les matins il cheminait, en causant tout seul. Et la mère le récupérait à genoux dans la boue, devant la tombe d’un inconnu, toujours le même.

On a eu beau chercher un potentiel lien, d’amitié, de parenté, que dalle. Juste la terre, friable et le gris quelconque d’une pierre tombale.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: créative – tour – promettre – geste – cheminer – citation – gentillesse – choix – pinceau – page – maroufle – préférence

Dans ma bulle #2

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas partagé mes coups de coeur. J’y remédie de suite et vous propose aujourd’hui la deuxième édition de “dans ma bulle” !

Nous allons commencer par un clien d’oeil artistique. Angélique avait un prénom prédestiné, ses créations sont des merveilles de douceur et de lumière. Je vous laisse découvrir son univers enchanteur…

On poursuit avec un texte qui date un peu, poétique (on ne se refait pas), chantant, un petit bijou sur le fameux thème du temps qui passe. Et ça se passe pour le coup chez Ornella du blog Dans les Hautes Herbes.

Justine nous parle d’elle et quand elle le fait, c’est sans filtre avec beaucoup de confiance. Ou comment accepter son parcours de vie et faire de la souffrance une force.

Les mots de Sand sont magnifiques de résilience ou quand la vie prend vie. Vous pourrez aussi découvrir sur son blog des tirages tarot très complets.

La fin de la quête de la perfection. Enfin. Merci à Virginie pour ce cri du coeur. Les petites jasettes nous propose un article qui va dans le même sens et qui fait drôlement du bien.

Je partage aussi ce texte en anglais de Kim. Ses mots sont d’une force rare.

Quand je passe chez Lexie je me sens de suite moins seule, vraiment, je n’ai plus l’impression de tout faire de travers avec loulou. Je vous laisse avec sa dernière sortie en forêt! C’est bizarre au réveil je me disais que ce serait sympa d’avoir un chien!

Marie de Sensorielle nous rappelle que les contes sont intemporels. Je vous invite à aller découvrir la source d’Emeraude pour reprendre goût au merveilleux. Plus que jamais nos cœurs en ont besoin.

On continue avec un joli texte sur l’acceptation de Madeleine et Cup of Tea, une confession chez Sandra de Littérature Mon Amour.

Puis on termine comme on a commencé, en parlant d’art, avec un joli poème “Libre” de Laurence sur Palettes d’expressions. Vous pourrez aussi, en vous promenant sur son blog, découvrir ses superbes peintures.

J’espère que cette sélection vous aura plu et que vous aurez aussi fait de belles “rencontres”. A titre informatif sachez que j’ai mis en place une newsletter mensuelle que j’envoie autour du 15 de chaque mois. Si vous êtes intéressés, c’est par ICI!

Challenge Écriture 2020 – #2 (21.01.2020)

L’artiste contemporain reste une énigme pour moi. Les lieux où il s’exhibe me plongent dans un schéma infernal, mon esprit est en proie au trouble et les questions fusent, restant bien souvent des points d’interrogation en lévitation.

Couleurs, formes, un blanc pas si blanc, des traces, contrastes.

Si je me laisse aspirer, ça pique, les yeux. Et la peau. Le bleu c’est beau, comme l’eau, la mer d’été. D’ailleurs et le sud, le feu qui brûle, incisif et pénétrant. Le bleu comme le ciel, un jour de grand soleil, une vague apaisante pour calmer la blessure du désir prégnant, forme imposante, imposée.

Le blanc, comme une couverture qui porte l’air, transporte la terre. L’énergie du souffle de vie. Déclinaison simple de bleus, une paresse, une caresse que le rouge protège. Barrière de sécurité. Au delà de cette limite, les carrés risquent la chute dans l’abîme.

Attirée, propulsée dans une autre dimension, je me sens ballotée, emportée par un courant de pensée qui me dépasse. Je crée à partir de rien. Peut-être que se tient là la vraie valeur de l’art. De laisser chacun libre de son interprétation.

@ Marcel Barbeau

Retrouvez ici les participations de: My Minds Visit / Josée – Et si je m’aventurais… / Sandra – Un voyage extraordinaire/ Ballet chez Mesbul

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Le thème de la semaine prochaine:

Vous êtes sûrement tous au fait de la fameuse conspiration des chaussettes. Elles passent du bac de linge sale à la machine à laver puis disparaissent comme par magie au moment où il faut les mettre par deux puis les ranger dans le placard. Il parait que les petites cuillères s’y sont mises aussi. Je vous invite à créer une histoire qui apporterait à tous ceux qui cherchent une réponse, un début de solution! Laissez libre court à votre imagination et faites nous rire un peu aussi! Rendez-vous le 28.01…

Une nuit en suspens

Je regardais le givre sur les pare-brises des voitures, en t’attendant, comme une couverture qu’on aurait déposé là, avant l’aube. Un rembourrage pour le moins original, j’avais de ces idées.
Tu m’avais proposé un florilège de destinations, campagne, ville, forêt même je crois.  J’avais opté pour Cabourg.
Un vieux souvenir dans mes bagages ou l’appel de la mer. Peut-être même Proust si cher à mon cœur.
Ma madeleine à moi c’était le sable blond, l’air iodé, l’irrésistible tentation de nos pieds nus dans l’eau glacée, le vertige de nos mains qui ne se lâchent pas ou alors juste le temps d’un cliché. La tendresse d’un foyer pour une nuit hors du temps, qui aurait ce goût sublime d’éternité.
Un instant en suspens, loin des avis déstabilisants de ceux qui jugeaient nos sentiments, du haut de leurs vies, soit disant bien rangées, qui si on creusait un peu laissaient apparaître bien des tourments. Je crois qu’ils étaient jaloux!

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: proposer – rembourrage – givre – Cabourg (facultatif vu qu’il s’agit d’un nom propre) – irrésistible – déstabiliser – foyer – tendresse – éternité