Challenge Écriture 2020 – #11 (24.03.2020)

Oh n’utilisez pas ce mot
Laissez mon âme tranquille
Laissez moi rêver que je suis devenu oiseau
Que mes ailes m’emportent en toute liberté
Au dessus des plaies de ce monde
Dans les champs où les figues
Exhalent une odeur de paix

Et que sur la branche d’un arbre
Je puisse me poser pour admirer encore
Le ballet du printemps
Le chant sacré des rires d’enfants
Véritables conquérants par le pouvoir asphyxiés

Et que sur la pierre
Je laisse trace
De mon passage…

Retrouvez les autres participations ici: Chifoumi chez Mébul – My minds visitLa fin des angoisses chez Josée – La fée du Verger chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à faire un inventaire humoristique. Le but, c’est bien entendu de se faire du bien et de faire rire vos lecteurs / lectrices. Bonne semaine et à mardi prochain!

L’épreuve de force #3

Il y avait toujours l’autre casse-couille, le régulateur des entrées et sorties, qui venait nous rappeler à l’ordre. Il avait une case en moins je pense. Je l’ai vu un soir ranger tout un tas de candélabres dans son coffre, à la fin de son service.

On regardait le printemps se donner des airs de grand! Tu adorais ça, la lumière du début du jour qui perçait à travers les vitres opaques, la légèreté avec laquelle la vie reprenait des couleurs. Je te ramenais des biscuits chocolatés qu’on mangeait en douce, en rigolant. Parfois, quand l’infirmière l’autorisait, on marchait jusqu’au banc, on s’asseyait le temps d’un bain de soleil, le temps de se dire que tout ça n’était qu’un mauvais rêve. Il m’arrivait de me perdre dans la contemplation de toi. Je n’en ai pas assez profité.

J’aurais dévalisé le monde entier, je me serais fait des antisèches pour passer tous les contrôles, comme les mauvais élèves, si j’avais su que ça pouvait te sauver. L’instinct maternel me disait que de ta prison tu ne sortirais pas. J’ai alors tenté par tous moyens de rendre tes derniers mois les plus heureux possibles. En me plantant sûrement. En en faisant trop c’est certain. En te faisant croire que nous étions invincibles.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: printemps – légèreté – maternel – manger – candélabre – lumière – casse-couilles – banc – antisèche – dévaliser – contemplation 

Challenge Écriture 2020 – #10 (17.03.2020)

En cette période quelque peu chaotique, le blog va tourner au ralenti, car entre le télé-travail, faire l’école de loulou, jouer, gérer la vie de la maison et trouver un peu de temps pour respirer, ça va être déjà épique!!

J’adore voir les articles défiler et nous inviter à prendre ce temps chez soi pour soi justement. C’est plein de bonnes intentions mais une autre paire de manche dans la réalité…

Pas de texte aujourd’hui pour moi (avec 10h non stop dans les pattes vous m’excuserez, je ne rêve que de mon lit!) mais vous retrouverez les participations ici (merci aux fidèles et aux nouveaux): Une vie de pacha chez Josée – Supermoi chez Sandra – My minds visitO comme Objectivement chez Adrienne

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte en intégrant les derniers mots de chaque vers de cet extrait d’un poème de Mahmoud Darwich:

Je nomme la tourbe, prolongement de mon âme
Je nomme mes mains, trottoir des plaies
Je nomme les gravats, ailes
Je nomme les oiseaux, amandes et figues
Je nomme mes côtes, arbres
Et du figuier de la poitrine, je détache une branche
Je la lance telle une pierre
Et je détruis le char des conquérants

Amusez-vous bien, belle semaine à tous – prenez soin de vous et hauts les cœurs!