Ne plus se cacher ou Oser s’affirmer

Je débute cet article avec l’envie du point final, ou plutôt d’arriver au point final, sans me laisser submerger par des « et si » sans fondement qui viendraient remettre en question ma décision.

Si vous vous souvenez bien, mon mot de l’année était « oser ». Dans ce « oser » pour moi il y avait surtout du oser être soi, oser s’affirmer, oser essayer de nouvelles choses, oser sortir de sa zone de confort, oser dire oui, oser dire non. Donc un travail personnel, qui je dois l’avouer n’est pas toujours de tout repos.

Suite à beaucoup de discussions, certaines que j’ai prises très à cœur et qui m’ont fait réfléchir, tout en m’ayant profondément marquée, à la lecture d’articles arrivés un peu comme par magie pour apaiser certaines interrogations et suite à la découverte de la plume de Françoise Rey, j’ai créé il y a peu, dans l’anonymat le plus total, un blog dans lequel j’ai choisi de laisser libre court à une plume plus libérée – « uncensored » comme diraient les anglais.

Je vous avais fait part il y a quelque temps d’une envie un peu soudaine de m’essayer à la littérature dite « érotique » – vous le savez, les étiquettes et moi, nous ne sommes pas vraiment amies. Je n’ai jamais souhaité me couler dans un style particulier, mes écrits sont plutôt variés et me permettent de m’exprimer plus ou moins librement sur ce qui me touche. Toutefois de là à exposer au grand jour une écriture crue, sans fard, pétrie d’incertitudes, de là à me livrer corps et âme si l’on peut dire, à faire fi de tous les tabous liés à une littérature assez mal perçue et souvent considéré comme bas de gamme, il y avait bien plus qu’un pas à faire. Il s’agissait d’un vrai plongeon. Dans l’inconnu, l’inconnu des mots, l’inconnu des situations, l’inconnu des fantasmes, l’inconnu du regard de l’autre, l’inconnu de ce que l’on ose ou que l’on retient, l’inconnu de ses propres zones d’ombre qu’on camoufle si bien (même si certains ne sont pas dupes).

Je pouvais très bien continuer dans mon coin à écrire, sans faire de vague, ça je maitrise après tout. Et puis je me suis dit qu’à 37 ans, bientôt 38, c’était un peu dommage de me cacher comme une enfant ou une criminelle et triste de ne pas assumer cette part de moi, même si elle contraste avec celle que je montre la plupart du temps, et que certains d’entre vous connaissent, soit dans la vie de tous les jours, soit à travers mes textes.

Le but de cette démarche est profondément personnel avant tout. Ne me demandez pas comment je vais gérer un autre blog – le but n’étant ni de choquer ni d’imposer mon choix, partager mes textes et réflexions à part me parait plus correct et respectueux de mon lectorat. Parce qu’autant être franche jusqu’au bout, ma plume plus libérée ne fait pas dans la dentelle (quoi que) et je ne compte pas me censurer non plus. Pour ça aussi j’ai donné.

Sentez-vous libre d’approuver ou pas, de lire ou de ne pas lire mes textes. Sachez que je respecterais votre choix comme je sais que vous respecterez le mien.

Je tenais juste à partager ce cheminement avec vous. Je me souviens qu’à la suite de la sortie de mon premier recueil de poésie, j’avais reçu de jolis « merci » pour avoir passé le cap de l’édition et ainsi encouragé d’autres à le faire. D’autres l’ont fait. D’autres ont été inspiré par mon histoire. Et au-delà de tous les efforts, doutes, remises en question sur le chemin, je peux dire que c’est mon plus beau cadeau.

Un jour peut-être, vous aurez vous aussi l’envie de partager anonymement ou pas vos textes « érotiques », vos photos, réflexions. Si c’est le cas faites-moi signe, je serais très heureuse de vous laisser la parole, dans un espace libre de tout jugement et d’à-priori (qui sont beaucoup moins inoffensifs qu’on peut le penser).

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Aucune certitude

Il y a ceux pour qui s’engager, c’est se marier.
Certains pour qui l’engagement, c’est avoir un enfant.
D’autres qui verront plus de valeur à l’achat d’un bien immobilier ensemble.
Il y a les “un peu fous” qui fantasment sur un compte commun. Il en faut pour tous les goûts!
Il y ceux pour qui les présentations officielles aux parents, aux enfants, aux amis tiennent lieu de preuve qu’il ou elle tient à la relation, assume ce “nous”.

En amour, il n’y a aucune certitude.

On voit des couples se séparer tous les jours, des couples mariés, des couples avec des enfants, des couples officiellement présentés, des couples heureux propriétaires d’une résidence principale.
On voit des couples se promettre une présence pour le meilleur et le pire, larguer les amarres au milieu du pire comme du meilleur.
Parfois l’amour du début ne résiste pas au temps, à l’évolution de chacun. Parfois l’amour partagé ne résiste pas à la désapprobation des familles, au rejet des enfants.
Parfois il n’y a ni bébé, ni mariage, ni maison, ni présentations et ça tient. Parfois il y a tous ces ingrédients et ça ne tient pas.
Parfois il y a une vie en commun. Parfois il n’y a que des instants volés au temps.
Il y a des doubles vies qui durent et d’autres qui détruisent tout sur leur passage.
Il y a des mariages que l’on pensait avortés qui renaissent de leurs cendres et des couples qui ne passent pas les noces de coton.
Il y a des mariages de raison qui fonctionnent à merveille, des couples sur lesquels on ne pariait rien qui nous surprennent, d’autres qu’on pensait bien engagés et qui se traînent.
Il y a des mariages pour des papiers chargés d’amour. Et des mariages d’amour qui se délitent au détour d’un papier.
Il y a des amours clandestins qui s’éteignent au cimetière.
Il y a des couples qui vivent ensemble, heureux du premier au dernier jour, d’autres que le quotidien finit par saouler. Des couples libres qui survivent à tout ce que d’autres n’auraient pu imaginer.
Il y a des couples qui restent ensemble pour tout un tas de raisons. Et d’autres qui se séparent pour les mêmes raisons.

Non il n’y a aucune certitude. Ni aucune règle d’ailleurs. Il n’y a rien que nous puissions faire pour que l’amour dure éternellement. Il n’y a aucune promesse qui puisse contrer l’incertitude durablement. Et s’il n’y a qu’une vérité, c’est celle de l’amour au présent.

Ceux qui n’ont jamais rappelé…

Un article d’Angie lu ce matin m’a fait penser à tous ceux qui n’ont jamais donné suite à une soirée, un rendez-vous, qui ont laissé le doute planer, qui ont laissé le silence gérer une séparation, prévisible parfois, pas toujours.

Je me suis demandé s’il y avait un lien de cause à effet. Dans certains cas oui.

Il y a eu ceux pour qui une soirée suffisait.

Il y a eu celui qui après deux rendez-vous attendait davantage.

Il y a eu celui qui attendait davantage après une seule danse.

Il y a eu celui qui après une nuit avait eu ce qu’il voulait.

Il y a eu celui trop perdu pour savoir ce qu’il voulait.

Il y a eu celui qui a joué à l’intéressé pour finir par dire qu’il ne l’était pas.

Il y a eu celui qui a inventé des tonnes de mensonges, pour justifier des dizaines de SMS restés sans réponse, avant de tirer sa révérence.

Il y a eu celui qui n’a rien dit, qui a laissé une relation de trois ans s’éteindre sans un mot.

Puis il y a celui qui a rappelé. Pour des papiers.

A eux tous ils forment mon expérience. Beaucoup de rendez-vous. Pas beaucoup d’amour. Et pourtant, envers et contre tout, j’ai continué à y croire, en me perdant souvent, sans me respecter parfois. Jusqu’à apprendre de toutes ces relations, avec du temps et du recul.  J’ai appris à m’aimer, à me respecter, à ne pas me brader, à ne pas avoir peur de perdre des personnes qui au final n’étaient pas faites pour moi. J’ai choisis de rester, autant que possible fidèle à moi-même. Et de ne pas céder à la tentation de dire que “finalement c’est bien vrai tous les hommes sont des salauds!”

 

Une histoire de date

Crédit Pixabay

La nuit est passée et le réveil m’a tiré d’un sommeil étrange. Difficile d’ouvrir les yeux, difficile de se lever. Ça m’arrive rarement.

Mon bol de céréales était infect. Je me suis brûlée en voulant retirer mon sachet de thé. Ma tartine est tombée par deux fois côté beurre sur le parquet – le présage d’une journée idyllique!

Dans ses bras, une, deux images sont venues perturbées mon bonheur matinal. Je les ai chassées vite fait bien fait. Pas là, pas maintenant.

Arrivée au bureau, une fois l’ordinateur allumé, mon regard s’est arrêté sur la date. 11 juillet.

Il y a 7 ans, je me mariais…

Quoi que je fasse, les dates restent. Immuables elles portent en elles des tonnes de souvenirs, qui parfois éclatent – peut-être qu’il y a encore des choses à sortir, des maux à exorciser.

Le jour de mon mariage, j’étais heureuse, le masque parfait de la fille qui veut y croire coute que coute, même quand tous les voyants sont rouge et annoncent un danger imminent. Pourtant les 10 jours précédents avaient été remplis de doutes et de larmes, d’envies de mettre un terme à cette mascarade. Autour de moi, il y avait mes amies, solidaires et ma famille, profondément meurtrie par le choix que je faisais.

C’était une belle journée, entrecoupée d’instants où un mot semblait avoir le pouvoir de tout remettre en question. Puis on passait à autre chose. Avec le sourire.

Le soir, de retour chez moi, en me regardant dans le miroir, en enlevant toutes les épingles de mes cheveux, je me suis promis d’être heureuse avec des trémolos dans la voix. Était-ce ma façon de conjurer un sort écrit de toute pièce ?

Dans la pièce à côté, celui qui était devenu mon mari faisait la fête avec ses amis. Je me suis allongée dans le lit, j’ai attendu et puis je me suis endormie, seule.

Deux jours après, la course aux papiers débutait. Deux mois plus tard il embarquait pour l’Égypte.

Aujourd’hui je réalise que j’ai épousé un fantôme. S’il n’y avait pas eu le reste, le mépris, le silence, les abus, la violence psychologique, la contrainte, j’aurais fait avec. Heureusement qu’il y a eu le reste, sinon je serais restée prisonnière d’une relation sans présent, sans avenir, j’aurais gâché ma vie.

Sous prétexte que la vie est sacrée

Crédit Pixabay

L’autre jour j’ai parlé de toi. Nous dissertions sur la vie et sur la fin. Faut-il maintenir le corps quand le cerveau ne répond plus ?

Je n’ai pas un avis tranché sur le sujet, je n’aime plus les avis tranchés. Pourtant je trouve ça criminel toutes ces machines qui font semblant, tous ces légumes agonisants. Je trouve ça scandaleux cette fin imposée, ces hommes qui ne peuvent avoir le dernier mot, sous prétexte qu’une vie c’est sacré.

Mais quand la vie est une suite interminable de souffrances, à quoi s’accrocher ? Comment vivais-tu cela ? Est-ce que tu ressentais quelque chose ? Qu’il y avait-il à l’intérieur de toi ?

J’avoue, j’ai prié, souvent, avec ferveur, pour que ton calvaire cesse, pour que tu trouves la paix, ailleurs. Toutes ces hospitalisations n’ont fait que te fragiliser, elles n’ont rien changé à ton état. Tu es resté ce petit garçon dans ton monde, le corps fragile, le cœur au bord d’un abîme que l’amour ne pouvait atteindre. Tu es resté le corps infirme, la tête vide. Et tes cris sont devenus lourd, des cris de bête sauvage qui agonise. Nous avons accepté ça.

Par amour ?

Pour qui ? Pour quoi ?

Si la vie est sacrée, alors elle doit être protégée. Si la vie est sacrée, a-t-on le droit, quand on sait, d’imposer un tel calvaire à un être humain ?

On parlera d’épreuves, de beauté de la souffrance, quelque chose comme une croix à porter, une histoire de pardon, de rédemption.

Pourtant je les entends encore les rires des enfants, je vois encore leurs visages illuminés par une présence, je revis ces heures en suspens de temps partagé à s’apprivoiser. A quel prix ? Celui de la vie dont le chaos se fait tenace, dont l’espoir se réduit à mesure des jours qui passent.

Peut-être que c’est juste de l’égoïsme. Peut-être que c’est juste de la peur. Ou de la folie

Mais si je n’étais maintenue en vie que par artifice, je crois que j’aimerais qu’on me laisse partir. En paix.

Les États d’Esprit du Vendredi 06.07.2018

Je profite du grand calme de l’après-midi pour poster mes états d’esprit, initiative de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [16:44]

Fatigue : dès que je dors bien, ça va bien

Humeur : excellente
Estomac: salade, abricot, thé à la menthe, chouquettes
Esprit: se pose moins de questions
Cond. phys. : yoga 3 fois cette semaine, abdos-fessiers 1 fois, un peu de marche dans les rues de Paris
Boulot : les 3/4 de la population est devant un écran – pas d’ordinateur – à l’heure où je vous écris!
Culture:  La rencontre de Françoise Rey
Penser à : terminer mon recueil de poèmes et ma nouvelle (Vraiment)
Avis perso : pouvoir dire “non” sans se sentir menacée, en danger, c’est tellement rassurant
Message perso: (1) courage pour les rattrapages et les soucis de santé à gérer (2) as-tu eu mon texto? (3) merci de respecter mes choix et de m’encourager à assumer mes envies
Loulou: en vacances, a un nouveau vélo, se passionne pour le foot
Amitiés : les vacances se préparent
Love : rassurant, entreprenant, passionnant, présent encore et toujours
Sorties : j’irai où mon cœur me porte…
Essentiel: oser, s’affranchir, s’affirmer
Courses: maillot de bain, robe
Envie de: ciné, musée, se balader dans Paris à la nuit tombée, passer du temps à deux
Photo: hommage
Zic: Nuit et Brouillard – Jean Ferrat
Fin [17:07]
Très bon weekend ensoleillé à tous et à toutes. Et bonnes vacances à ceux pour qui elles débutent ce soir!

La perfection de l’imparfait

Crédit Pixabay

Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

Les promesses de sa peau

Crédit – Pixabay

Je fais courir mes doigts sur les promesses de sa peau. J’imprime sur l’écran de mes jours le dessin de ses contours, de mes nuits le dessein de ses envies.

Je fais courir mes doigts sur l’enchevêtrement des veines de l’écorce chaude. Son histoire personnelle demeure ce flou que je ne saurais toucher que du bout du cœur.

Je fais courir mes doigts sur l’intangible des sentiments, la pureté de l’instant, l’enthousiasme des retrouvailles, la richesse de ce bonheur que je garde comme un précieux enchantement.

Je fais courir mes doigts sur l’effleurement des impossibles, tenus à distance par la confiance constante, osée, libérée de la souffrance du manque.

Je fais courir mes doigts sur ce qui se dit, sur les silences qui comme l’or se gorgent d’essentiel.

Je fais courir mes doigts sur l’énergie de nos corps, composés, étreints, métamorphosés dans un accord que nous sommes seuls à créer.

Je fais courir mes doigts sur ce qu’il est, donne, transmets. Et mes doigts se souviennent. A quel point je l’aime.

Aussi fragile que du cristal

Crédit Pixabay

Mon esprit a-t-il fait l’impasse ?

Cette nouvelle annoncée entre deux portes, nous nous y attendions depuis si longtemps qu’elle est passée presque inaperçue. On s’est même dit : enfin !

Pourtant c’est une vie en moins, une vie éteinte, un sourire qui ne sourira plus que sur les photos et dans les souvenirs que nous ferons revivre au gré d’un rendez-vous. Pourtant c’est une famille amputée, des cœurs fatigués qui restent, tentent d’accepter l’impossible, le point final.

La maladie avait pris, repris, était partie puis revenue avant de tout liquider, de la rendre aussi fragile que du cristal. Chaque jour de plus était un jour de trop, trop de souffrance. Pour un final connu, appréhendé. Il n’était plus questions que de semaines, de jours, puis d’heures, de secondes d’éternité prêtes à exploser.

En avril, j’ai pleuré.

Aujourd’hui, je souris. Comme si la mort avait libéré la vie.

Même si la vie aurait pu continuer. Même si je sais combien ses enfants auraient aimé qu’elle soit là pour tant d’autres premières fois. Même si l’alcool consume les faibles forces de son compagnon, anéanti par tant d’années douloureuses, sans autre espoir que celui du sommeil éternel.

Je ne l’ai pas vu décliner. Alors je garderai dans ma mémoire l’image de cette femme généreusement excentrique, joyeusement libérée.

Et elle me rappellera encore une fois combien le présent est précieux, combien il est essentiel de pardonner, de dire l’amour, de le vivre, de le créer.

Est-ce qu’en étant en couple, on perd son identité?

Crédit Pixabay

J’ai lu ces mots sur un commentaire récemment et je me suis demandée dans quelle mesure cela pouvait être vrai. Ou pas.

Quand on est en couple, après une période de célibat, on entend souvent la fameuse phrase “depuis que tu le/ la connais, tu as changé”. Et pour cause. La vie s’organise différemment à deux. On s’apprend, on apprend dans une autre dimension.

Est-ce que changer, évoluer, c’est perdre son identité?

Je crois que tout dépend la manière dont on aborde la relation à l’autre. Si on se travestit dès le début pour plaire, si on se conforme à tout un tas d’étiquettes qu’on juge adaptées à la situation, si les idées de l’autre deviennent les nôtres, si dire “non” nous est impossible, si l’autre n’est là que pour combler un manque, alors oui on perd son identité. Qu’il s’agisse d’un acte conscient ou non, la relation est déséquilibrée dès le départ. Et la fin presque évidente. On ne peut pas faire semblant toute sa vie, ni jouer le rôle de quelqu’un que nous ne sommes pas sur le long terme.

C’est comme dans une relation toxique. On change, pas pour soi, mais pour l’autre. On change parce que ça devient une question de survie à un moment donné. On s’en rend compte parfois tout comme on se rend compte que faire marche arrière est impossible. Et comme chacun le sait, les conséquences sont souvent désastreuses.

Je pense qu’une relation équilibrée nous révèle à nous mêmes, nous aide à nous regarder différemment, nous donne les clés pour nous connaître davantage. Dans ce type de relation, nous ne cherchons pas à plaire à toux prix. Ce qui n’enlève rien à la séduction. Nous nous présentons face à l’autre avec nos forces et nos faiblesses, à lui ou elle de faire son choix. Quand on aime une personne, on l’aime pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle pourrait être si. D’ailleurs, je pense que dans une relation équilibrée on n’a pas envie de changer l’autre, ça ne nous traverse pas l’esprit. Chacun vient avec son identité, son histoire, en sachant qu’il y aura des désaccords, des compromis à faire. Comme on ne recherche pas à “sauver” l’autre (quel que soit ce qu’on met derrière cette idée là).

Et alors, est-ce qu’accepter les compromis, c’est perdre son identité?

Peut-être que quand on sent qu’on se perd ou quand les autres nous le répètent à tout bout de champ, il est essentiel de se poser des question. Est-ce de l’amour? Est-ce que je change pour l’autre? Est-ce que telle chose, telle idée est “mon choix”? Est-ce que je me sens bien, en harmonie dans cette relation ou bien est-ce qu’elle me perturbe, me fait dévier de mon chemin?  Est-ce que je me sens libre ou emprisonné?

J’ai perdu mon identité un bon nombre de fois. Je me suis investie dans beaucoup d’histoires (d’amour comme d’amitié) en bradant qui j’étais. Je crois que j’avais une vision faussée de la relation à l’autre. J’ai copié ce que j’avais appris, avec pour objectif principal, ne pas faire de vague, être “conforme” à ce qu’on pouvait attendre de moi. Et j’ai bien entendu rencontrer des personnes pour qui je n’étais “pas assez ceci” ou “trop cela”. Et au lieu de me faire confiance et de m’affirmer, je me suis pliée aux exigences des uns et des autres. Je suis tombée dans la dépendance affective, je me suis effacée, j’ai souffert, je suis tombée.

Cela m’a demandé du temps et beaucoup de travail sur moi pour accepter de voir la réalité en face, accepter de regarder les yeux dans les yeux ce que j’avais accepté, ce que mes relations avaient fait de moi. Pour pouvoir changer la donne. Ce travail a été douloureux, difficile, dangereux parfois, mais pour ce que je vis aujourd’hui, je peux sans hésiter dire que ça en valait la peine. Je ne regrette rien du passé, j’embrasse pleinement le présent.

Et vous, perdre son identité ça vous dit quelque chose? Ou bien vous considérez comme moi que la relation à l’autre vous ouvre les portes d’une découverte plus poussée de vous mêmes?