Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement

La première fois que j’ai entendu cette phrase d’Eleanor Roosevelt, elle m’a fait le même effet que « tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ». Je l’ai détestée.

Non mais qui sincèrement consentirait librement à ce qu’une autre personne lui fasse du mal. Personne n’a envie de souffrir. La vie est déjà bien assez compliquée comme ça. Pourquoi voudrions-nous nous en rajouter une couche ?

L’autre est capable du meilleur. Comme du pire. Et quand il est capable du pire, il est très fort pour nous ridiculiser, nous placer plus bas que terre, nous faire perdre nos moyens, nous infantiliser, nous opprimer.

Nous vivons tous ces moments douloureux, toutes ces aliénations. Et nous en serions en partie responsables. Non, mais c’est le comble !

Au premier coup d’œil, je me suis dit, encore une ineptie. J’ai abandonné l’idée de comprendre. Je n’y pensais même plus, pour vous dire.

Et grâce à Roger (il faut bien qu’il serve à quelque chose), j’ai compris. L’étincelle. Ce n’est pas une ineptie. C’est la vérité. Vérité pure, constante. Une Vérité difficile à intégrer mais une vérité libératrice.

Libératrice car elle nous permet de passer à autre chose, de nous en sortir. Si l’autre ne peut pas nous rabaisser, nous réduire à néant sans notre accord, c’est que nous avons une marge de manoeuvre. Une marge de manoeuvre calibrée, j’en conviens. Une marge de manoeuvre limitée aussi. Mais NOUS pouvons faite quelque chose. Nous n’avons pas à subir et acquiescer.

Mais bien entendu, tout ça ne se fait pas d’un claquement de doigts, ce serait trop facile.

Il faut dans un premier temps intégrer que l’autre nous rabaisse. Quand on est pris dans un cycle pervers ou manipulateur, quand on est sous emprise, c’est un concept avec lequel nous avons du mal à composer. Il n’est pas toujours évident d’intégrer que l’autre nous diminue, alors même qu’il dit nous aimer.

La deuxième étape, c’est prendre du recul face à la situation et sortir de l’emprise. Là encore, il faut prendre en compte le facteur temps. Et beaucoup de soutien est nécessaire, pour ne pas replonger.

Ensuite, il faut se reconstruire, travailler sur l’estime de soi, se pardonner, se faire confiance, s’autoriser à s’effondrer et reprendre des forces pour l’étape suivante. C’est un travail de longue haleine.

Puis un jour, on se retrouve en face d’un Roger, un ex-mari, un ex-amant, une ex-épouse, une ex-ami, une personne qui nous a fait du mal, qui nous a laissé nous faire du mal aussi sans riposter, quelqu’un qui a abusé de notre confiance, de notre amour, de notre amitié, qui a bafoué nos rêves et nos espoirs, qui a joué avec nos vies, notre présent.

On se retrouve en face d’un visage, en face de deux yeux remplis de haine et de rancoeur. Un jour, ce regard, qui nous a fait plier bien des fois, n’a plus d’impact sur nous. Ce regard ne nous renvoi plus à nos faiblesses. Ce regard nous dit juste que l’autre nous déteste. Très bien, c’est son choix. Nous, nous avons fait un autre choix, le choix d’une vie meilleure. Et ce regard chargé de colère ne nous fait plus rien. Nous valons mieux. Nous sommes conscients que ce regard ne s’adresse pas à nous. C’est un regard perdu, un regard qui accuse. Mais nous ne sommes ni coupables, ni responsables de ce regard.

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Un jour, l’autre ne peut plus nous faire de mal. Parce que nous l’avons décidé. Parce que nous sommes sortis de l’asservissement. Parce que nous sommes fiers de nous, nous avons appris à nous connaître et personne d’autre que nous-même ne peut plus nous dire ce qui est bien ou mal, ne peut plus décider de ce qui est bon pour nous. Nous sommes désormais les seuls maîtres à bord.

 Et vous, une citation à partager qui vous trouble mais qui finalement vous colle bien à la peau ?

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12 thoughts on “Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement

  1. Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii oui oui et oui, je valide à 100% cet article! C’est très juste ce que tu écris, et c’est une très juste analyse de ce que tu as vécu, de ce que tu vis toujours maintenant, je te félicite d’en être arrivée à là Marie, d’avoir eu cette prise de conscience!
    Je comprends que cette citation t’ait fait réagir de cette manière, car difficile d’admettre que oui on consent à se faire rabaisser, on a notre fierté quand même, alors admettre que l’on accepte que l’autre ne nous respecte pas?! No way! Et pourtant, comme tu le dis, on a une marge de manoeuvre…
    Ca me fait penser à la fille qui est en couple avec N. Elle est fière qu’il la traite d'”autiste” (une de ses insultes favorites), elle le met en avant, c’est une fierté pour elle (ne pas chercher à comprendre), et elle se laisse traiter de “pute”, c’est une “insulte affective” après tout, rien de mal. Et elle est dans son truc, dans son “délire”, il n’y a rien de mal à ça après tout, il l’aime quand même de l’autre côté, donc il peut bien faire ça et elle est complètement aveuglée sur le fait que non ce n’est pas une relation épanouissante et respectueuse, et oui là elle le consent clairement de se faire rabaisser, donc cette phrase est juste, la prise de conscience n’a pas eu lieu de son côté… (je ne devrais pas parler de ça, parce que cela ne me regarde pas, mais après avoir été sous l’emprise de N., voir qu’une autre fille est sous son emprise aussi, de manière beaucoup beaucoup plus forte que moi, et qu’elle en ait rien à faire, qu’au contraire elle soit fière de cette relation, et qu’elle soit absolument persuadée que j’ai mal vécu mes rapports avec N. parce que j’étais amoureuse de lui, et lui non, que tout n’est qu’une question d’amour non partagé, ça ne me laisse vraiment pas insensible. Mais bon anyway, c’est sa vie) (moi jmef N. n’est plus dans ma vie)
    Bref encore félicitations pour cet article Marie!

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    • Mille merci Illyria.
      En effet il est difficile d’admettre ces choses là et quelques fois plus facile aussi de faire peser la responsabilité sur autrui. Mais à un moment donné, on n’y arrive plus. Un jour on comprend qu’il faut s’en sortir. L’autre ne changera pas (comme le montre si bien ton exemple). Mais nous, nous pouvons changer, inverser la vapeur. Et vivre enfin la vie qui est la nôtre.

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  2. J’en ai deux… “Craches en l’air, ça te retombe toujours dessus.” On a trop tendance à oublier que tout ce qu’on fait ou dit à un impact sur les autres et sur soi. Ça se vérifie toujours, elle m’aide a ne pas l’oublier. Et aussi “prépares moi un lit de verre pour que mes cauchemars glissent dessus.” D’Abdallah Zrika, je trouve ce vers d’une beauté absolu! Bravo Marie encore une fois pour ce beau chemin qui est le tien!

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    • Merci ma belle.
      Merci pour ces deux phrases. La deuxième est en effet magnifique, grave et poétique en même temps. Ca me donne envie d’aller lire les poèmes d’Abdallah Zrika.

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  3. Ma chère Marie, ton billet est si vrai !!! Il est rassurant de comprendre que nous avons en nous-même les capacités nécessaires à nous libérer d’un tel asservissement. Ton texte m’a fait penser au poème de William Henley, poème préféré de Nelson Mandela : ” Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. ” Oui, tout le monde peut s’en sortir, et tu décris très bien les différentes étapes pour y parvenir. Merci. Bisous ma belle et à très vite.

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    • C’est très rassurant en effet Karine. Cela nous montre que nous avons en nous la solution. Nous sommes maîtres de notre destin en effet.
      Merci et belle journée à toi.

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  4. La citation de ton titre aurait pu me convenir. C’est celle chère à Mandela qui m’a donné la force de me libérer de ma mère et de mon ex !!! J’adore le cheminement de ta pensée. L’épanouissement est au bout Marie 🙂 Bravo ! bisous

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    • Nous avançons doucement mais surement Paulette. Il y a vraiment des mots, des citations remplis de sagesse qui nous permettent de nous en sortir, d’aller de l’avant.
      Bises Paulette et Bravo pour cette belle liberté retrouvée!

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  5. je ne connaissais pas cette citation mais c’est tellement vrai! il y en a une autre d’Eleanor Roosevelt que j’aime beaucoup: “Do what you feel in your heart to be right, for you’ll be criticized anyway.” 😉

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  6. ta citation me parle tant et comme Paulette celle chère a Mandela a été celle aussi qui m’a permis de me libérer, tu avances a grands pas marie cela fait plaisir, plein de bises a vous deux

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  7. C’est vrai que cette citation peut demander réflexion a la première lecture … mais au fond elle sonne tellement vraie (en tous cas pour moi !!) …
    ton article me parle tellement !! Il faut parfois un moment pour surmonter et se reconstruire mais au fond ce n’est pas impossible !!

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Un petit mot doux pour la route...

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