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Les jours de…

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Il y a des jours où quoiqu’on écrive c’est d’une tristesse sans nom. Comme si on avait un trop plein, comme si on saturait de partout.
Une nausée bien installée. Qui n’en finit pas. On ne sait plus par quel bout prendre les mots. Du coup on note, on efface, on rature et puis on déchire. Par ras le bol.
Au départ on partait d’une idée lumineuse et puis à force de maux égarés un peu partout, on se retrouve à ressasser le passé. Mauvais choix.
Le mieux encore est de lâcher prise, de se foutre la paix, de laisser les pensées glisser et se perdre dans l’air. Les retenir ne feraient qu’alourdir notre esprit.
Oublions ce qui nous contraint, ce qui nous fait chavirer.
Et revenons à des rivages plus sereins, à des vérités plus lumineuses.

Au cœur de moi

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Parfois je ne sais pas, je ne saisis pas. Le trait d’humour, la parole légère. Parfois je surfe dessus et parfois ça vient, une fois de plus, appuyer là où ça fait mal. Comme si il y avait encore des choses à sortir, encore des blessures mal guéries, des cicatrices trop fraiches qu’un simple effleurement réveille.

Parfois la vie des autres, leurs choix, leurs projets, leurs envies me renvoient à mes propres peurs, pas celles que je connais, celles que je cache bien profondément, que j’oublie, auxquelles je ne veux pas penser parce que ça me donne le vertige. Et dans la conversation je dérive vers ce qui ne fut pas, ce que je n’ai pas connu, ce que j’ai évité, ces pas que je n’oserais peut-être jamais, ces sentiments qui ne resteront vivants que dans le présent, sans lendemain.

Parfois je me perds encore dans mes contradictions, dans ce que j’ai et ce que je voudrais avoir, ce que je ne m’autorise pas à demander, à être peut-être bien.

Parfois ça fait encore un peu mal et alors je sais que je viens de passer un cap et qu’un autre m’attend. Un virage qui chaque fois me demande d’aller encore plus loin, à l’intérieur de moi, pour faire tomber les barrières, regarder en face les limites que je m’impose, mes angoisses pour les dépasser.
Tout est mouvement. Les cycles se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est en construction sans cesse. Tout est redéfinition de mes priorités, de mon équilibre à chaque instant.

Chez vous, comment ça se passe? Comment gérez-vous vos peurs, vos contradictions? Vos blessures appartiennent elles au passé ou se rappellent elles encore à vous de temps en temps?

Novembre s’en va…

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Les derniers jours de Novembre glissent sans bruit, dans la danse merveilleuse de feuilles d’or dans le vent, comme une neige lumineuse qui descendrait sur la ville et sèmerait dans le cœur des fragments d’étoiles filantes. Faites un vœu…

Novembre, du noir au gris au bleu du ciel, rayons de soleil sur nos peaux, comme un reste d’été qui nous rappellerait le doux temps de la saison passée. Les jours maussades s’en sont allés, les cris, les larmes comme des miettes d’un temps révolu ne sont que souvenirs.

On entend le peu, le trop peu dans les bouches fatiguées, le froid trop tôt peut-être et la nuit qui s’installe un peu trop vite. De ce trop je n’en ai que faire, mon cœur balance dans une atmosphère de dates comme des renaissances. Gravées à jamais, elles rappellent la vie qui défit le chaos.

Novembre s’écrit comme une nouvelle histoire, accueillie, digérée, un nouveau souffle, un chemin que l’on prend, prêt à revendiquer le meilleur. Il n’est pas le visage douloureux de ceux qui regardent la pluie comme une énième méchanceté du ciel, comme la manifestation d’un châtiment divin. Il n’est pas ce que l’on en dit mais pour cela il faut abandonner l’idée que rien n’est ni bon ni mauvais, que tout est juste à l’instant T, une porte ouverte sur un temps qui nous appelle à nous émerveiller.

Novembre, le mois béni, aux couleurs majestueuses, au repli sur l’intérieur de soi, pour se préparer à l’hiver, mois pour se dépouiller de ce qui ne nous appartient pas, pour lâcher prise, mois de transition évident. Le regard que l’on pose sur les choses et les évènements leur donnent des couleurs, tantôt matin chagrin, tantôt matin bonheur. A nous de voir.  Le choix nous appartient.

Les vertiges d’un “je t’aime”

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Je te sais loin. Je te sens près. Ton matin est mon après-midi et ma nuit ta journée. Ces quelques heures et ces milliers de kilomètres qui nous séparent. Juste la partie infime d’un tout. Tant de choses nous séparent sans qu’on en soit conscient. Et si on l’est, alors on l’oublie. Dans le charme de ce que le temps d’aujourd’hui nous offre.
Demain ne sera à jamais qu’une page d’un blanc non immaculé, tacheté de projets, de projections peut-être, d’évidences non acquises, d’envies gardées pour soi.
Je ne sais pas dire. Je ne sais qu’écrire ce que je ressens pour toi. Alors j’écris beaucoup. Je te dis tout, sans la voix.

Avant je disais “je t’aime” tout le temps comme pour retenir l’amour, que je voyais fuir comme du sable qui coule entre nos doigts. Un amour sans profondeur, si ce n’est celle des tunnels qui s’enfoncent dans la terre, qui nous enferment. Dans ma prison, l’amour me tenait compagnie, pour que je ne cède pas à la folie. Tenir encore quelques jours, quelques heures. Tenir l’amour contre mon cœur et sentir le silence le briser à chaque mot, chaque geste, vécu comme une infidélité.

Je ne t’imagine pas quand tu n’es pas là. Je ne laisse pas mes pensées écrire une histoire que je ne connais pas. Je me laisse tranquille le temps que tu reviennes. Le temps qu’un avion ou un weekend te ramène dans mon sillage. Bien sûr je voudrais voir, parfois, le sablier plier sous le poids de mes sentiments. Et alors il n’y aurait plus qu’un espace vide d’obligations, de compromis, un espace neutre sans a-priori, sans blessure.

Je garde mes “je t’aime” sans savoir vraiment pourquoi. L’excuse de l’instant qui ne s’y prête pas. Parce que je ne sais plus dire, en face, les yeux dans les yeux. Parce qu’un sourire en contient déjà tant. Comme le cœur qui s’apaise, comme le corps qui guérit, il se peut que les mots finissent par reprendre leur place. Et que ma bouche ne soit plus seulement la terre qui reçoit tes baisers. Mais aussi le canal qui véhicule mes désirs, mes plaisirs dans une légèreté proche de l’innocence, comme un retour aux sources.

L’idée de ce texte m’a été inspiré par cet article de Solène Vosse.