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Ce souvenirs heureux qui n’existent pas

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J’ai pesé le pour, le contre, le tout de cet article. Je l’ai construit mentalement puis déconstruit. Je l’ai rayé. Et puis une nouvelle lumière. Allez, s’il faut poser les mots…

On a coutume de dire qu’il faut se souvenir des belles choses. La fin d’une relation annonce une nouvelle page à écrire. Certes au départ, on ne saisit que ce qui a cloché, ça aide peut-être à guérir. Et puis avec le temps, on oublie ce qui n’a pas fonctionné, on se concentre sur l’agréable, ce qui résonne positivement en nous. Chaque histoire est porteuse de beau.

Je dois l’avouer, j’ai essayé. De toutes mes forces. Faire ressortir les meilleurs moments de ces quatre années. J’ai puisé dans mes réserves. Mais il ne reste que peu de choses. A peine de quoi couvrir une main.

Il ne faudrait pas comparer hier et aujourd’hui. Mais si je me prête au jeu, tu m’excuseras la banalité, c’est le jour et la nuit.

Entre nous, tout a été vite moche. Le beau est passé telle une fusée mise sur orbite. Elle a atteint l’espace avant même que nous ayons pu dire si « oui » ou « non » nous voulions continuer. Flirter, cela m’allait bien. Toi, tu voulais plus. Le sexe, la cohabitation, le mariage. Un package. En mars, une idée. En mai, une obsession. Deux mois tout juste pour que tout devienne une question de survie. Deux mois pour que mon armure se fendille. Juste parce que tu avais l’air perdu, blessé et que je pensais encore que ma vie ne valait rien. Si je sauvais la tienne, j’avais peut-être une chance…

Peut-être qu’il y aurait eu des souvenirs heureux si je n’avais rien dit, si je t’avais gardé un peu pour moi. Peut-être que ces deux mois au moins auraient été réussis. Non, il y avait déjà eu un dérapage, le premier. La première nuit et les draps brûlants d’humidité. C’était glauque.

Le mariage. Dix-huit mois de harcèlement. Rien que ça. Les jours heureux furent ceux où tu n’étais pas là. Où on se parlait au téléphone une fois par semaine. Le temps de ne surtout pas aborder le sujet. Le temps de se dire qu’on se manquait. Rien de plus.

Pour pouvoir lui raconter notre histoire, il faut y voir clair. J’ai cru qu’aimer et souffrir avaient les mêmes racines. Alors je me suis lancée dans cette aventure avec fougue.  J’ai imaginé mon bonheur. J’en ai pris plein la gueule. Presque satisfaite. Je me suis esquinté le corps et le cœur. J’ai voulu tomber, littéralement. J’ai espéré que si je tombais tu me rattraperais. Mais tu n’as rien fait. Tu m’as regardé disparaitre, m’écrouler. Tu as été le spectateur privilégié de ma déchéance. Tu as eu les honneurs de ma souffrance.

Je suis restée parce tu trouvais toujours les arguments pour me faire plier. Quelques promesses d’un ciel bleu sans nuage et je remontais en selle. Peut-être qu’ils se logent là les souvenirs heureux. Dans du vent. Tes arguments n’avaient pas plus de poids. Ils titillaient juste mon besoin d’exister.

Je n’ai presque rien perdu en choisissant de mettre un terme à cette mascarade. Que du matériel. J’ai beaucoup appris de cette histoire, de moi. J’ai grandis, en m’abîmant pas mal au passage. Il me fallait sûrement ça pour comprendre la valeur de ma vie, ma valeur à moi. Sans le savoir, tu as été le déclencheur d’une prise de conscience sans précédent.

Pour ce qui est de garder des sentiments, là on frise la sainteté. Je n’ai pas cette prétention. Tu pourrai déserter la surface de la terre que ça ne me ferait rien. Je t’ai aimé sans savoir que ce n’était pas vraiment de l’amour. Il y a un début, une espérance. Il y a une histoire.

Pour lui, elle existe. Et c’est déjà pas si mal.

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Nouveau départ

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La nouvelle est arrivée un soir de Novembre. Un coup de fil. Tout simple. C’est à lui que je l’ai dis en premier, parce que je savais qu’il comprendrait. Mais qu’il n’en ferait pas tout un flan non plus. La propriétaire reprenait son appartement.

J’ai encaissé et puis je n’y ai plus pensé pendant cinq mois. J’avais le temps et je voulais que loulou termine son année scolaire dans son école actuelle. J’ai mis de côté toutes les remarques inappropriées et je m’en suis tenue à mon intuition de mère – la seule qui vaille en la matière.

En mai, j’ai commencé les recherches, les visites, les dossiers, grandement assistée par mon père. Il fallait bien ça. Après quelques déconvenues, nous avons trouvé notre bonheur, pas très loin de Paris, à dix minutes de train, dans un quartier inconnu jusqu’alors.

Juin a été compliqué, frustrant par moments, épuisant aussi au milieu des cartons, de la chaleur et d’un blues que je n’avais pas anticipé. Il a fallu gérer la fin de l’année scolaire, les craintes des uns et des autres, les problèmes de communication, les tensions familiales, la fatigue. Dans les moments de doutes intenses, il était là, si compréhensif et raisonnable à la fois. Sa façon d’être m’apaise. Et j’ai puisé dans cet apaisement les ressources dont j’avais besoin pour tenir la cadence. Et ne pas m’écrouler avant la fin.

Loulou a été un assistant en or. Il a fait les cartons, démonté les meubles avec moi, accueilli mes plats – pas originaux pour deux sous – avec le sourire. Il a agrémenté un quotidien pesant de rires. Et j’ai réussi à lâcher prise, un peu. Par moments.

J’ai vendu, donné, fait un grand tri afin de n’emmener que le nécessaire. Je me suis quand même demandé comment j’avais pu revenir en France avec une valise pour seul bagage et emmagasiné autant en 7 ans. Sept ans quand même et six ans dans cet appartement, trouvé par relation, au milieu d’un chaos indescriptible.

En rendant les clés hier, je me suis souvenue de ces années. Des matins de détresse. Des soirées à tenter de rassembler les morceaux de ma vie. Des trois années que nous avons passé à 4 dans ces 40m2. Des mots durs et des disputes. Des départs et des silences. De la culpabilité et du sourire de loulou qui a souvent fait flancher mon coeur de maman dépassée. Des peurs très crues. Des échanges dangereux. Des remises en question constantes. Et puis une nouvelle vie à deux. Trouver ses marques, se sentir à côté de la plaque si souvent. Essayer, se planter et repartir. Hurler aussi. Se taper la tête contre les murs pour que tout s’arrête. Ne plus penser. Mourir un peu plus chaque jour.

Et puis les jours heureux aussi, les matins câlins, Renaud en boucle, les pancakes du samedi matin, nos soirées télé du samedi soir, les douceurs sucrées des voisins, les fêtes d’anniversaire, les cadeaux sous le sapin, les bêtises et les rires, les mots qu’on ne se dit pas souvent mais dont la force nous transporte. Le chemin de l’école et nos baisers papillons. L’amour qui s’invite et les sentiments qu’on n’évite pas. La confiance et se sentir invincibles. Les journées jeux en famille. Le plaisir et se blottir enfin contre un corps ami qui ne prend rien et donne tout. Son sourire au coin de la rue et tout le mauvais qui se dissipe d’un coup. La tendresse et se sentir vivant jour après jour.

Je ne laisse rien de moi derrière. Juste peut-être les heures noires qui furent les nôtres. Oui je les laisse en ces lieux. Je n’emporte avec moi que le meilleur. C’est à partir de cela que je veux bâtir demain.

Nous sommes dans notre nouveau chez nous depuis samedi. Nous prenons nos marques. Loulou aura eu le temps de se faire à son nouvel environnement avant les grandes vacances. Quant à moi il me tarde de découvrir notre environnement. Et d’aménager mon intérieur, d’y inviter les gens que j’aime. La tension baisse et je me sens plus légère…

Je quitte Paris!

Crédit Pixabay

Ne jamais dire jamais. Et oui, je sais…

Quand je suis revenue vivre à Paris, j’étais certaine qu’entre elle et moi ce serait à la vie à la mort. Oui, rien que ça. Un pacte.

Il faut dire qu’entre elle et moi, c’est une drôle d’histoire. Petite, quand j’allais la voir – mes grands-parents y vivaient – je la trouvais insoutenable. Trop grand, trop de monde, trop de bruit. Et ces couloirs de métro interminables. Et ces odeurs, ce chaos…Je lui préférais le calme du bord de mer. Et puis, une fois mes études terminées, il a fallut se rendre à l’évidence. Tout se concentrait à Paris. Alors comme de nombreux provinciaux, j’ai pris ma valise et je suis partie, certaine de ne pas y faire de vieux os.

Paris m’a prise au dépourvu, elle m’a séduite. Deux mois plus tard, je ne me voyais pas retourner en Province. J’étais amoureuse. De sa vie, de ses jardins, de ses boutiques, de ses quartiers, du mien en particulier, de sa population cosmopolite, de son ouverture sur le monde. De ses cinémas et ses salles de théâtre, de ses restaurants et de ses brasseries, de ses cafés et des heures que je passais à écrire en regardant la ville vibrer. J’aimais les gens et les couloirs du métro. J’aimais ma balader avec mon crayon, un carnet et mon appareil photo. J’aimais découvrir.

Voilà près de 6 ans que je suis Parisienne. Le 16e n’a pas été un vrai choix. Je me suis trouvée parachutée là par relation – à l’époque un logement était une urgence pour loulou et moi, au milieu du chaos du divorce.

Dans quelques mois, la propriétaire va reprendre son appartement et nous, nous allons migrer. En banlieue. Ça aussi j’avais dit jamais. Je devrais évincer ce mot de mon vocabulaire. Je sais que pour beaucoup ça ne représente pas grand chose mais pour moi, c’est tout un programme d’acceptation! Mais comme je suis plutôt du genre “verre à moitié plein”, j’y vois un nouveau départ, qui correspond à mon / notre évolution. Où que l’on soit, je sais que nous y serons heureux!

Et vous, vous êtes aussi adeptes du “jamais” ou plutôt ouverts aux opportunités qui se présentent?

 

Poser les mots d’Octobre

Je ne pouvais laisser Octobre se terminer sans poser les mots. Ce mois si significatif pour moi, à de nombreux égards, s’avère chaque année le passage chaotique d’une réalité à une autre. Il est riche de bouleversements, de remises en question. Il est riche d’évènements qui changent le cours des destins. Il commence avec la sensation qu’il y a des choses à lâcher. Cela se fait souvent dans un malaise, qui me laisse inquiète quant à les suites des festivités. Dans la crainte de ne pas faire les choix judicieux pour moi, cette année a marqué un tournant significatif dans mon approche de la vie et de ma place dans celle-ci.

Dehors les températures sont de saison, le vent envoie les feuilles valser, les arbres prennent de nouvelles couleurs. Et alors je respire l’automne, enfin installée. La nuit qui tombe tôt m’apaise. Je retrouve vite mes marques dans cette ambiance familière.

Ce mois d’octobre s’achève dans une béatitude qui me séduit. Il pourrait se résumer en deux mots “donner” et “recevoir”. Les jours glissent vers novembre que je me sens prête à accueillir, et ce malgré certaines dates “souvenir”. Octobre fut corporel, sensuel, envoutant, passionné. Octobre m’a rappelé l’importance de prendre du temps pour moi, de demander de l’aide. Octobre m’a donné de me reconnecter à mon corps, que je finis par négliger, à force de trop en faire. Octobre m’a ouvert les yeux sur mon travail, les limites que je traine depuis de nombreuses année, l’envie de les dépasser.

J’ai changé la décoration de mon appartement. Je me suis acheté un canapé, mon premier canapé, à moi, mon premier vrai matelas aussi depuis des années. J’ai reçu un bel arbre, qui a déjà eu tant de vies. J’ai réalisé que dans mes 40m2, il y avait un peu de tous ceux que j’aime et qui m’inspirent au quotidien – une connexion précieuse.

En octobre, j’ai souri (béatement souvent), ri, pleuré aussi, de joie et de trop plein, j’ai médité un peu, un peu plus, j’ai passé du temps de qualité avec mon fils, je me suis découverte dans des situations qui hier m’auraient semblé complètement insensées, j’ai intégré que la pudeur et moi nous n’étions pas amies, que je ne voulais plus faire semblant, me soumettre à un système de règles et de valeurs qui n’étaient plus les miennes, que la vie n’attendait que moi. Je me suis livrée, non sans appréhension, et j’ai retrouvé derrière des visages amis, la bienveillance. Je me suis reconnectée à l’amitié qui me lie à tant de belles personnes. J’ai aimé sans filtre et lâché certaines de mes peurs. J’ai fait l’amour avec intensité, connectée à la puissance de l’énergie qui me lie à celui que j’aime. J’ai reçu des mots qui ont fait tremblé chaque vertèbre de mon être. J’ai intégré que tout ce que je vivais j’y avais droit. Et plus encore…

Et chez vous Octobre ça parle de quoi?