Ce goût subtil de liberté

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La vitrine laissait présager des découvertes intéressantes. Oserait-elle entrer ? Si elle entrait, se contenterait-elle de regarder, en espérant que personne ne lui demande ce qu’elle cherchait ou si on pouvait l’aider ? Irait-elle jusqu’à parcourir du bout des doigts étoffes, soie, dentelle ? Se laisserait-elle tenter par de la lingerie ? Miserait-elle sur la simplicité, l’élégance ou la sensualité ?  Partirait-elle dans une exploration plus approfondie des lieux ? Ou resterait-elle à la surface des choses ?

L’entrée accueillante et le sourire de la jeune femme vinrent à bout de ses résistances. Elle entra dans la boutique. Petits pas hésitants sur le velours rouge. Ses prunelles attirées par l’effet des matières qui telles des abeilles tissaient le fil de scénarios peuplant les méandres de son esprit. Ses mains effleurant des années d’interdits. Dans ce temple de la volupté, tout lui semblait permis.

La jeune femme lui laissa le temps de regarder. Elle prenait ses marques avant de s’aventurer plus loin. Dédales de marches et de fantasmes. Au bout du couloir, une nouvelle expérience n’attendait qu’elle. La jeune femme semblait si à son aise dans cet univers, qui pour elle n’était que messages codés, sourires gênés, murmures, secrets bien gardés. Les objets prirent soudain une autre dimension, celle du plaisir mis en valeur, érigé en maître, épanouissement intemporel.

Elle se laissa guider, ne sachant où donner de la tête. Elle se laissa aller, lâcha toutes ses idées reçues, les clichés ancrés en elles. Elle s’invita dans l’instant et l’instant l’enveloppa d’un voile au goût subtil de liberté.

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Choix

Je peux continuer à faire semblant, à me là jouer petite fille sage, qui ne fait pas de vagues. Je peux continuer à me retrancher derrière le passé et ses failles, à ne pas oser.

Ou

Je peux assumer celle que je suis avec mes envies, fantasmes. Je peux oser te dire ce qui se joue à l’intérieur de moi, ce dont j’ai envie avec toi. Je peux d’un coup briser les liens qui m’attachent à une image polie, bien jolie. Et déployer mes ailes.

Et si…

J’ose tant de choses

Et si…

Est-ce toi ?

Est-ce moi qui le veux ?

Parfois je ne sais plus

J’ai dit « oui » tant de fois

« Non » si peu

Si c’est enfin moi…

Qui ai-je été pendant toutes ces années ?

A quel ordre ai-je prêté allégeance ?

A quel désordre me suis-je abandonnée ?

J’ose un peu, un peu plus

Pas toujours autant que je le souhaiterai

Pas jusqu’à pouvoir dire les yeux dans les yeux

Ce que je veux, ce que je voudrai

Il faut être un peu devin, un peu fou

Pour savoir où, quand ouvrir la porte

Sans que la peur ne vienne titiller mes sens

Sans que la brûlure ne vienne défier l’excitation naissante

Pour que je me faufile, sensuelle, fébrile

Me donnant le droit d’être.

Et si je me trompe…

Au moins j’aurai vécu!

Et je t’aurai aimé!

Et j’aurai fait des folies!

J’aurai apprécié cette sensation d’intense liberté que me procurent ces instants où tes idées rencontrent mes dernières réticences!

J’aurai atteint des cieux sans nuage, marché sur des sentiers moins fréquentés!

J’aurai tenté, essayé, fais des expériences, vécu des sensations incroyables!

Je me serrai sentie pleinement vivante!

Attirance / Répulsion

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Crédit Pixabay

Les mots me choquent
Ils attirent mon attention
Avant que mon attention ne les rejette
Ils s’imposent
Imposent leurs limites
Ils exposent les blessures
Explosent
Je pourrais les éviter
Je me confronte à eux
Comme pour exorciser mes démons
Souffrance
Dépendance
Désir de plaire
Obéissance
Contrat
Punitions
Tout est entrave à une liberté
Ma liberté
Maltraitée
Perdue
Retrouvée
Les images imaginaires
Percutent ma réalité
Je rejette la souffrance comme unique moyen
D’un plaisir à faire germer au creux de mes reins
Dans chaque mot
C’est la peur qui m’étreint
Le passé qui revient
La blesure qui renait des cendres du pardon
Je me perds à essayer de comprendre quelque chose qui relève du domaine de l’l’incompréhensible.
Je me noie dans les méandres de ma peine incompressible.

Quand les masques tombent…la liberté!

Dans la vie de tous les jours, nous nous adaptons souvent. Nous sommes différents en fonction des personnes, des situations, des lieux.

Avec mes amies, je suis souvent assez à l’aise. Certaines me connaissent depuis longtemps. D’autres sont entrées dans ma vie plus récemment. Parfois je m’adapte à certains caractères, je sais rester en retrait. Je ne sur-joue pas pour autant.

En famille, je me suis souvent rebellée contre l’ordre établi. J’ai longtemps cherché ma place. Puis j’ai voulu être acceptée alors je suis rentrée dans un moule. Parce que c’était rassurant pour mes proches. Je pouvais être plus authentique ailleurs, alors pourquoi ne pas faire semblant, un peu, de temps en temps.

Au travail, il est clair qu’on joue plus facilement un rôle. Il n’y a que Bridget Jones pour être 100% naturelle au boulot ! On est plus ou moins obligé de savoir se tenir, de contrôler ses états d’âme. On ne se travestit pas non plus, on trouve son équilibre. On renvoie une image (qui n’a pas toujours grand-chose à voir avec qui nous sommes dans la vie de tous les jours).

Dans l’intimité du couple (il va de soi que je parle d’une relation saine), les masques tombent complètement. Peut-être pas tout de suite, mais progressivement c’est certain. C’est le seul espace qui nous permet d’exprimer tout ce que nous sommes, de révéler ce qui se cache à l’intérieur et que nous n’osons pas toujours laisser sortir. Nus face à face (autant physiquement qu’émotionnellement) nous nous exposons, nous lâchons prise, nous nous abandonnons mutuellement. Il n’y a plus de codes, de règles à respecter, de tenue à avoir. Il n’y a rien à prouver ni à soi, ni à l’autre. C’est un espace de liberté totale, où les mots, les gestes, les envies ne passent par aucun filtre. Le contrôle n’est pas de mise. Même si parfois il nous rassure. La complicité qui s’installe devient le terrain de tant de possibles, qui nous font sentir pleinement vivants. Les barrières tombent, les tabous disparaissent (avec le temps). Les corps se fondent, se confondent, s’extasient. L’intimité offre à l’esprit une trêve. Nos sens prennent le relais et donnent à nos corps l’occasion d’expérimenter une large palette de sensations. Nous nous découvrons chaque fois davantage. Nous-mêmes. L’autre. L’intimité nous nourrit de l’intérieur, nous remplit d’énergie, de force, de confiance.

Et vous l’intimité, vous la vivez comment ? Elle vous apporte quoi?

Les mémoires du corps

Le corps se souvient du tout. Il expérimente, retient. Tout ce que l’on vit s’imprime, de manière inconsciente. Entre les milliers de terminaisons qui le parcourent, chacun réagit différemment à tel ou tel stimulus, tel ou tel évènement.

Notre corps nous dit beaucoup de choses sur nous-mêmes, pour peu que nous osions l’écouter et intégrer ses messages. Il est le siège privilégié de nos plaisirs. Il doit aussi composer avec les traumatismes vécus. Et pas seulement les nôtres d’ailleurs. Le corps est le premier témoin de ce que nous vivons, dans notre individualité, dans la société. Il est le premier point de contact avec l’autre.

Notre corps porte en lui les tabous, les non-dits, les secrets. Il garde la trace d’un vécu qui ne nous appartient pas. Nous portons en nous le passé des générations qui nous ont précédé. Plus tous les moments qui nous ont fragilisées, nous ont fait perdre nos repères, les cicatrices qui nous rappellent à chaque instant les blessures intimes, passées sous silence.

Dans une relation à deux, il s’offre avec cette farandole de peurs à taire, de hontes à cacher, de dégoût parfois, de fausses idées. Il s’offre, incertain de pouvoir dire, faire, se sentir libre. Incertain d’arriver à s’abandonner, lâcher-prise, s’autoriser à éprouver du plaisir, à le vivre, à l’exprimer. Il faudra alors toute l’écoute, l’attention, l’amour de l’autre pour que doucement les barrières tombent, la patience, le respect pour que le corps prenne ses aises. Il nous faudra à nous aussi dire les maux, même si ils sont douloureux, il nous faudra aller vers l’autre, exposer notre vulnérabilité, nous respecter aussi, oser l’intimité, dire nos besoins, nos envies.

Si le chemin se fait à deux, il y a aussi beaucoup de travail à faire en soi, pour se reconnecter à soi, apprendre son corps, ses sens, les développer, les autoriser à exister, en ôtant pas à pas les couches de mémoire, en acceptant les blessures, pour s’approprier une nouvelle identité, celle qui fera de nous des femmes épanouies, confiantes, vivantes, riches d’un désir qui pourra s’exprimer sans crainte, d’un plaisir qui pourra être vécu sans contrainte.

Cette liberté retrouvée sera bénéfique à la femme, au couple, au monde. Car une femme qui se fait confiance, s’abandonne, se ré-jouit est une force créative puissante, une ode à la vie!

Mon bout du Monde

◊♦

On s’y rend en voiture, en train ou en car. Au détour d’un virage on aperçoit la mer, pas celle bleue ou verte de la Méditerranée, ni la transparente dans laquelle on plonge pour regarder les poissons. Ma mer est foncée, gorgée de boue et d’eau salée. Elle monte et descend, nous offrant soit de belles matinées ou de belles après-midi à la plage, rarement les deux, ou alors il faut se lever tôt et se coucher tard.

C’est un endroit tout simple, sans transat ni restaurants face à la mer. C’est une maison, celle de mon enfance, des vacances, des weekends qui s’allongent jusqu’au dimanche soir, celle de mes souvenirs, des cousines.

C’est une plage, des heures de dériveur, des brioches partagées, des baignades nocturnes, des drapeaux « orange » qui nous font courir sur la plage déserte en criant à tue-tête « qui m’aime me suive » avant le grand plongeon dans les vagues déchainées.

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C’est un jardin rempli de rires, rires de l’enfance insouciante, de l’adolescence passionnée. Un jardin dans lequel j’aime marcher pieds nus et au fond duquel je prends plaisir à étendre le linge. Les draps blancs volent au vent et emportent avec eux, au creux de mes nuits, des parfums savoureux.

C’est une histoire, celle de mes grands-parents, de mes parents, la mienne et celle de mon enfant. C’est une plaque grise au cimetière, un vieux garage, une coque de bateau abîmée.

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Certains parcourent la terre entière pour trouver cet endroit de paix dans lequel ils se sentent en sécurité, apaisés, libres et heureux. Mon bonheur à moi, il est là. Dans cet endroit, mon bout du Monde, mon éternel lieu de quiétude et d’harmonie, dans lequel je puise chaque été un nouveau souffle, loin du chaos et des heures vides. Il est dans la mer qui danse sur les rochers et balaye la plage avec douceur. Il est dans ces heures passées au frais à refaire le monde autour d’un thé ou sur la terrasse le soir, le mieux au réveil, les yeux sur l’horizon, avec en bruit de fond le chant des oiseaux. Il est entre ces murs qui connaissent tout de moi, qui ont mon âge et qui me manquent souvent quand les deux pieds ancrés dans mon quotidien, je me sens lourde et épuisée.

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Cet endroit-là, c’est ma vérité.

Je ne veux pas me protéger…

Ni les yeux. Ni le cœur.

Nous sommes dans une ère où nous refusons de nous faire polluer par l’extérieur, où nous disons « non » aux médias, aux informations qui passent, tristes, dramatiques, aux images qui heurtent nos sensibilités plus ou moins prononcées. Nous sommes avides de bonheur. Nous cherchons de belles images, de tendres clichés. Nous parlons bienveillance, amour, respect, unité, humanité.

Je n’ai rien contre ça. Je suis même la première à désirer faire le plein de sourires, de rires, de tendresse, de douceur, d’harmonie et de sérénité.

Mais je refuse d’oublier le reste, d’oublier les maux du quotidien, de fermer les yeux devant la pauvreté, la violence qui gangrène la société et la sphère familiale. Je ne veux pas avoir peur de regarder en face ce qui bouscule, ce qui fait mal. Je refuse de me retrancher derrière un silence absurde parce que « c’est dur ».

Je n’oublie pas que c’est le choc d’un évènement, d’une photo, d’un discours qui nous fait réagir, qui nous donne l’impulsion pour faire bouger les choses. Je ne veux pas passer sous silence la vieillesse, la mort, ignorer l’injustice, la maladie. Je ne veux pas oublier qu’à travers le monde des hommes et des femmes luttent sans cesse pour la dignité humaine.

Si j’ai longtemps porté ma sensibilité comme un fardeau, je sais qu’aujourd’hui elle m’offre cette chance de mieux comprendre le monde dans lequel je vis, la vie de chacun. Ma sensibilité me guide là où est la vie, même blessée, même torturée.

Je refuse de trembler devant les villes, tombeaux à ciel ouvert, devant la terreur, devant la haine farouche, devant les conflits, devant la violence qui s’acharne, devant les yeux pétris de peur des victimes qui survivent, devant la misère qui s’incruste ou la famine qui s’abat sur des peuples entiers, peuples décimés.

Je suis à fleur de peau souvent. Mais je suis vivante, mon cœur bat et mes pieds me portent. Je ne fermerais pas les yeux sur l’indicible. Ni aujourd’hui. Ni demain. J’ai besoin de sentir le monde vibrer pour dépasser tout ce qui me limite.

Je ne sauverais pas le monde. Je n’en ai ni le désir, ni l’envergure. Ma résistance à moi c’est de garder les yeux ouverts, de lutter pour la paix. A ma manière. Et de laisser passer la lumière…

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Le doux goût des vacances

Laisser passer le temps et les heures, sans regard sur la montre, déposée sur la table de chevet.

Laisser les heures défiler, sans n’en retenir aucune, les remplir de vie, de jeux, de rires, d’échanges, de câlins, de parties de foot pieds nus dans le jardin.

Prendre le vélo et partir à la redécouverte des routes si souvent empruntées, seule ou à plusieurs, encore pleines de nos rêves d’adolescentes, de nos palabres entre deux fous rires.

Hisser petit loup derrière soi et s’évader au rythme de mélodies qui se chantent à deux.

Longer la mer, la regarder aller et venir, sentir les embruns nous fouetter le visage, par temps de grand vent et son odeur nous chatouiller les narines, écouter sans se lasser les vagues caresser le sable fin.

Regarder petit loup s’amuser avec un rien, des jeux dénichés au grenier, des poupées bien habillées, ramasser des coquillages, tremper ses petits pieds dans l’eau, avoir peur, puis s’avancer davantage, foncer dans mes bras et déposer au cœur de mon cou des baisers gorgés d’eau salée.

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Partager des moments en famille, déjeuners qui s’éternisent, dîners pris au grand air, les yeux tournés vers la mer.

Echanger avec des amis, retrouver cousins et cousines autour d’un pique-nique sur la plage, regarder nos enfants s’essayer à la vie, se regarder de loin, avant de jouer ensemble à construire des châteaux, des barrages.

Marcher pieds nus sur l’herbe fraîche ou sur le tapis ensoleillé. Eviter le sable en fin de journée, brûlant.

Etendre le linge au fond du jardin, un instant volé au tumulte de la maison, qui grouille de monde, d’envies, de doutes, de déceptions aussi parfois. Moment solitaire rempli de chansons inventées, de prières livrées au vent, de remerciements.

Partir à l’aventure, prendre un car, un train, découvrir un autre univers, revoir des amis chers, partager un bon repas, regarder petit loup se sentir plus à l’aise et apprécier ces moments passés ensemble loin de tout ce qui parfois bloque notre respiration, la joie qui vibre à l’intérieur de nous.

Contempler la nature, belle, resplendissante.

Passer au cimetière déposer une fleur, à l’église allumer un cierge, au marché pour retrouver le goût de la brioche bien dorée de notre enfance.

Revoir des visages, échanger des nouvelles, évoquer « avant » les yeux pétillants, se souvenir, créer de nouvelles images pour demain, se sentir bien, en harmonie.

Souffler. Et vivre.

Et faire briller la lumière

Quand les temps sont troubles, que la vie s’effrite, qu’elle se gorge d’angoisse, de nuits sans sommeil, de matins fiévreux, d’agonie, de corps brisés. Quand les villes deviennent des fantômes en papier mâché. Quand la peur s’immisce dans nos cœurs fragiles, tout vacille, le fil de la vie tissé par les années se distend, nos projets fichent le camp, nos âmes se sentent vides.

La colère s’empare de nous, nous bouscule, nous donne des ordres. Et face à la folie humaine, les cieux s’embrasent. Le monde n’a plus de couleur. Le monde n’est que douleur.

Sentiment d’impuissance. Notre vision des choses devient terne. La lumière se brise sur les ténèbres. Tout est noir. La violence telle la gangrène s’empare de nous et ronge l’intérieur de nos êtres, accablés, perdus, paralysés, obnubilés, terrassés, terrorisés.

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Certains disent qu’il n’existe qu’un remède pour faire sombrer les ténèbres. L’Amour. J’ajouterais la Lumière. Qu’il est simple d’en offrir à ceux qui souffrent, ceux qui pansent leurs plaies, ceux qui regardent la vie les quitter. Qu’il est simple de prier pour les victimes de ces actes odieux.

Et si nous envoyions de l’amour à leurs bourreaux, à ceux qui font régner terreur et chaos. Et si nos prières allaient aux assassins de nos libertés, à ceux qui pillent notre vérité. Et si nous tentions de laisser de côté la colère, qui nous inonde et nous mange à petit feu pour laisser à la lumière la force de toucher le cœur de ceux qui ont perdu contact avec la réalité.

Juste une fois pour voir. Juste faire briller la Lumière un peu plus fort. Juste envoyer l’Amour plus loin encore. En silence. Chacun à sa manière. Essayer puis se taire. Laisser le silence faire le reste. Et l’Amour briller plus fort et la Lumière faire des étincelles sous la voûte étoilée du ciel.

Crédit Image – Le Jardin de l’Il d’Elle Tumblr