Challenge Ecriture #34- 20.10.2020

Le temps passé n’est que la suite logique de nos choix de vie. Il ne nous reste que cela, la saveur d’étreintes furtives dans un monde qui se noie. Une parenthèse comme une bulle de savon échappée d’un souffle enfantin. Un peu de magie au creux de l’incertain. Et le soleil qui vient comme un manteau nous envelopper de sa clarté. Sa vibration est telle qu’on oublie tout ce qui, quelques heures auparavant, faisait trembler nos cœurs, pesait sur nos esprits. Toutes les questions sans réponse. Tous les maux de l’absence, enfin dissipés dans une présence rassurante.

Attendons-nous autre chose? Ou sommes-nous en phase avec tantôt ce peu tantôt ce plein?

Que dirait le soleil?

Merci à Josée pour sa participation! Et toutes mes excuses pour la semaine dernière, je passais mes examens! Je continue ce challenge jusqu’à la fin de l’année, si le cœur vous en dit de participer! Ce sera avec plaisir!

Pour la semaine prochaine (#35), petite mise en scène inspirée par une blogueuse: vous refaites la décoration de votre cuisine, vous enlevez le papier peint et découvrez sur le mur l’inscription “bande de trouillards!”. Ecrivez un texte à partir de cette situation ou incorporez cette situation dans votre texte. A vos plumes!

Brèves de Confinement #7

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La dernière semaine de confinement est arrivée. Et bien, je trouve que ces deux mois sont passés très vite! Après des débuts chaotiques, des moments douloureux, la vie est venue nous cueillir et nous a apporté du beau et du bon. Et oui, nous sommes tous les deux d’accord, le confinement nous a vraiment permis de faire plein de choses ensemble, à notre rythme, sans trop de contraintes. On ne se demande pas encore comment ça sera après, on préfère ne pas y penser. On va y aller doucement, sans se mettre de pression. On va encore profiter, un peu, de ce temps suspendu, du silence, du confort de notre “chez nous”, devenu un terrain d’exploration sans limite. On va se laisser porter…

Cette semaine aura été un peu plus légère niveau logistique car ma voisine a pris Loulou sur mes jours de télétravail. Ce qui a grandement changé la donne, pour moi comme pour lui. Le reste du temps, j’ai gardé sa fille, nous avons fait le travail d’école, inventé des histoires, rigolé, nous avons fait des dessins, plein de peinture, des batailles d’eau, dansé, fait des batailles de doudou, regardé des films drôles, chanté à tue-tête!

J’ai pu exprimer sereinement ma fatigue quand celle ci a pointé le bout de son nez. Sans cris cette fois. J’ai réussi à anticiper. J’ai fait de l’aquarelle, du dessin, des collages. J’ai suivi des live Instagram et regardé des vidéos sur la créativité (Bambichoses, Sophie Selliez et Julie furent mes principales sources d’inspiration) J’ai eu plein d’idées, d’articles, de livres à écrire…

J’ai commandé un arbre à la talentueuse Angélique, discuté avec une amie de promotion et choisi de nous offrir à loulou et moi des séances de sophrologie, je me suis inscrite au cours en ligne de Marie, j’ai reçu une magnifique aquarelle intuitive peinte par l’inspirante Virginie

Une semaine riche à tant de niveaux. Comme je vous le disais au début, on est encore en suspens, en attente, comme au bord du vide, mais cette fois ci il ne me fait pas peur, on va dire qu’il m’attire. Demain, il y aura des changements, des nouvelles perspectives de vie, c’est certain. Ce que j’ai trouvé dans ces deux mois, je ne suis pas prête à le laisser s’envoler. J’ai gagné en qualité de vie et je me suis rendue compte que je passais beaucoup de temps avant, à meubler, à trouver des activités, à boucher les trous de mon emploi du temps, pourtant déjà bien rempli. Avec comme excuse, mon fils, son bien-être, son équilibre.

Lui aussi, il lui en faut peu pour être heureux. Il lui faut juste ma présence, pleine et entière, mon attention et la liberté aussi de partir découvrir le monde, ailleurs, de se créer des univers, d’inventer, de rêver, de faire le pitre, de rire.

Notre chez-nous, nous l’habitons désormais pleinement, dans toute sa palette de possibles. Le lâcher prise, je peux désormais dire que j’ai essayé et que c’est vachement sympa!

J’ai des envies, des projets, encore et toujours. Et je me sens prête à leur donner vie. J’ai pris conscience, dans la solitude, de ma valeur, j’ai appris à accueillir mes jours gris qui ont autant de valeur que mes jours colorés. J’ai appris que chaque émotion signifie quelque chose. Si je m’arrête, je peux en saisir le sens et transformer le plomb en or!

J’espère que vous allez bien, que la reprise se passe pour le mieux pour chacun, chacune. Je vous envoie d’affectueuses pensées et je vous dis surtout Merci, d’avoir été là dans les creux de vague, d’avoir pris le temps de me lire quand ça n’allait pas du tout, chez moi et peut-être chez vous. Merci pour vos lectures, partages, commentaires, pour votre présence, nos échanges, pour tout ce qui fait la richesse de cet espace d’écriture. Prenez soin de vous, encore et toujours. Et au plaisir de vous lire.

Vivre chaque jour à sa valeur

Crédit Pixabay

Vivre. Chaque jour. A sa valeur.
Vivre tous les deux. Juste nous. Apprendre, s’apprendre.
Et rire.
Prendre doucement les choses avec détachement.
S’énerver un peu.
Reprendre le dessus.
Apprendre l’effort.

Vivre. Chaque jour.
Et trouver qu’autour il y a un peu trop de mots.
Encore un peu trop de bruit, de sollicitations.
De “il faut”.
Ou “il faudrait”.
Un peu trop d’injonctions à profiter de cette période pour…
Un peu trop de “il y a pire”.

Vivre. Vivre chaque jour.
Peu de pauses.
Beaucoup de temps plein.
De mouvements.
Beaucoup de vie.

Vivre. Instant après instant.
Savourer.
Lâcher prise.
S’essayer à la patience.
Rater. Plein de choses. Et s’en moquer.

Vivre. Le manque.
Appréhender la solitude.
Accueillir le silence.
Apprécier les quelques minutes d’échanges journaliers.
Couper le reste.
Ce qui ne nous nourrit pas.

Vivre. Déconnecter.
Retrouver sa voix.
A l’intérieur.
Se ressourcer en soi.
Loin des informations anxiogènes
Loin du trafic des réseaux

Vivre. Avoir envie…
D’un bain bon…
De mettre les pieds sous la table…
De pouvoir déléguer…
De passe le relais pour quelques heures…

Vivre différemment.
Vivre chaque jour. A sa valeur.

Et vous, elle ressemble à quoi votre vie en ce moment? 

La seule vérité

Crédit Pixabay

Le passé est un horizon dépassé. On garde longtemps la trace comme pour dire qu’il a existé. Comme pour se justifier d’être encore vivant, d’avoir survécu aux tourments. On se console et on se perd dans les méandres des heures solitaires dans lesquelles on tente de défaire les nœuds, de lever les voiles.

Nous sommes des histoires dans l’Histoire, des étincelles de vie dans l’univers immense des destins. Nous vivons bien souvent sur des racines esquintées, mal en point, reliées à la terre et mal nourries. Nous penchons du côté de l’oubli. Jusqu’à ce qu’un évènement nous bouscule et nous demande de choisir. A chaque instant en nous les pulsions de vie et de mort se font face.

Puis on bascule.

Le passé s’égare. Pour peu qu’on le laisse tranquille. Y revenir sans cesse nous empêche d’être présent à nous mêmes. A la vie qui se joue là, sous nos yeux, la vie qui nous invite à une danse époustouflante jusqu’au grand final.
On devrait pouvoir dire “je t’aime” sans avoir peur de se brûler les ailes, faire confiance sans faillir. Et partir sans se retourner. Même sur un baiser volé.

Nos vies sont liées. Nos corps subtiles se touchent au quotidien. Nous sommes des entités distinctes, des singularités avec un but commun, vivre. Autant que cela se fasse dans l’allégresse et les sourires. L’histoire nous rappelle que même au milieu du pire, il suffit d’un matin pour que le soleil brille un peu plus fort et que l’innocence des enfants pousse tout le monde dehors.

N’attendons pas le noir, le vide, la fin pour enfin nous ouvrir aux promesses d’aujourd’hui. Il est le seul temps que nous maitrisons, la seule constante à portée de main.
Si il existe une seule vérité, c’est bien celle des battements de nos cœurs vivants dans chaque seconde.

Pourquoi j’ai déserté Instagram?

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Autant j’adore bloguer, autant je n’ai jamais été adepte des réseaux sociaux – trop chronophage et sans réelle valeur ajoutée pour mon goût personnel, d’ailleurs je me suis souvent demandé comment les gens avaient le temps d’être partout. J’ai essayé Facebook sans succès. Quand j’ai découvert Instagram, j’ai aimé l’idée de partager des photos. J’ai commencé comme ça. L’engouement du début a vite laissé place à la lassitude au fil du temps. Je venais, je partais, je revenais, un peu au gré de mes envies.

Et puis je me suis prise au jeu, découvrir de nouveaux comptes, suivre les nouvelles des amies (que tu découvres parfois de cette manière d’ailleurs – no comment), lire des articles. Oui, Instagram a changé. Aujourd’hui, sous les photos on retrouve des articles longs comme le bras. Sur un écran aussi petit qu’un téléphone portable, ce n’est pas forcément très pratique. Moi qui aime tant écrire, j’ai aussi succombé à la frénésie, je ne m’en cache pas.

Puis c’est devenu presque omniprésent dans ma vie. Prendre des photos, lire, commenter, écrire, répondre aux commentaires, pianoter sur mon clavier, toujours à l’affut d’une notification, de la bonne prise de vue. En fin de compte, jamais sans mon smartphone! J’étais devenue une fille qui ne me plaisait pas. Même ma relation au monde avait changé, dans les transports en commun, au lieu de regarder autour de moi, j’avais les yeux rivés sur mon petit écran. A la maison, les notifications me cueillaient au saut du lit et perturbaient ma vie de famille. Et puis d’un compte à un autre, le fil d’actualité s’allonge, les propositions aussi. A la fin j’avais l’impression de voir défiler des pubs à l’infini sur telle technique, tel service, tel livre, telle source d’inspiration. Bien sûr, il y a du positif, le contact à l’autre, les rencontres. Mais tout cela reste superficiel. Et comme chez moi c’est tout ou rien, et que le tout n’était plus vivable, j’ai opté pour le rien.

Au départ, c’était un peu compliqué je dois l’avouer. J’avais envie de retrouver mes copines, de savoir comment elles allaient, ce qu’elles avaient publié de nouveau. J’en ai donc fait un objectif de carême – l’occasion était bien trouvée: revenir à ce qui compte vraiment. A force de passer du temps derrière mon téléphone , je perdais contact avec le quotidien et j’en oubliais mes priorités. Puis je me suis rendue compte que je vivais très bien sans, sans ce flux ininterrompu d’informations diverses et variées, que ce n’était pas essentiel à mon équilibre. Je rate certaines choses c’est certain, mais je ressens moins cette impression de passer à côté de ma vie et de ceux que j’aime.

Et vous comment gérer vous votre présence sur les réseaux sociaux? Tout ou rien comme moi? Ou vous arrivez à déconnecter sans problème?

Ce petit rien

Copyright @Ornella Petit

Je le saisis parfois
Une conscience que je ne garde pas longtemps
Ça vient et ça file
C’est suspendu dans le vide
La conscience que tout n’est rien
Que ce rien non palpable est tout
Ça paraît tordu pourtant c’est simple
Si simple
Que ça en est déroutant
Alors l’esprit reprend les commandes
Et tout retrouve sa place
Tout redevient comme avant
Avant la conscience
De n’avoir rien à prouver
Rien à gagner
Rien d’autre à être que ce que l’on est
Mais le sait on?
Qui l’on est

Quand je les vois cherchant ici et là
Reconnaissance, gloire, regards admiratifs
Quand j’entends leurs peurs intérieures
Quand je saisis leur vulnérabilité derrière la façade de certitudes qu’ils affichent pour faire face au monde
La conscience revient me rappeler que nous finirons tous de la même manière
Poussière…
Poussière de terre ou d’étoile

Alors que restera t-il de nous?
Des hommes – des femmes qui avons réussi
Qui avons été les premiers
Qui avons voulu gagner
Mais gagner quoi?
Il ne restera rien des prix – des économies – des possessions
Même les souvenirs qui nous auront tenu chaud ne seront plus
Il restera un peu de nous pour les autres. Puis cela aussi disparaîtra
Nous disparaitrons…

Alors je tremble de ne pouvoir garder cette conscience plus longtemps
La vie me rattrape
Je respire mal
Je ne sais plus
Je me sens coupée du monde
Et pourtant j’entends le monde qui m’appelle
Alors je reviens au connu
A tout ce que je ne saisis pas toujours
Je reviens aux rires, aux larmes
A la peine, à la joie, à l’incertitude
A l’espérance, à moi, à l’autre
A l’équilibre à préserver
Entre ce que je sais et ce que je ne sais pas encore

J’essaie de prendre davantage la mesure du temps
Avant que le temps ne vient toucher ma bulle d’argent
Et la faire éclater

La douceur d’un matin

Crédit Pixabay

Là, dans ses bras, le monde soudain semble loin.

Je sens son souffle dans la ligne de mon dos, régulier, apaisé. Une brise légère comme un murmure qui s’engouffre sous ma peau.

Je respire au rythme de son corps au repos, de nos doigts emmêlés.

Le silence enveloppe le petit matin de douces caresses. On est bien, juste là, juste comme ça.

Rien n’est jamais certain et pourtant dans cet instant, tout l’est presque.

Dans l’air, dansent les promesses de cet amour que pas même les peurs ne sauraient troubler, que pas même le manque ne saurait faire trembler.

Et si nous apprenions à savourer la vie…

Alors oui je sais j’avais décidé de faire une pause, mais quelques fois les événements de la vie nous rattrapent  et l’envie d’écrire s’impose comme un ultimatum.
 
La maladie, la mort, on en parle souvent. On se dit que désormais on va voir la vie différemment, on va ouvrir nos yeux et notre cœur à la magie de l’instant, on va profiter de chaque minute comme si c’était la dernière et dire “je t’aime” aussi plus souvent.
Et on n’y arrive jamais. 
 
On continue à rouspéter dans les embouteillages, à se disputer pour un rien, à s’envoyer à la figure des mots qui blessent, à faire attention à ne pas mettre de terre sur le tapis du salon, à s’inquiéter de ce qu’on fera demain.
 
On est vite repris dans la panique du quotidien. On ne prend plus le temps de faire une pause, de méditer sur nos réalisations ou même de prier. Comme dans un tourbillon sans fin, on finit par en oublier que la vie est belle.
 
Et puis une mauvaise nouvelle arrive, un jour comme ça. Une personne que l’on connaissait vaguement. Elle faisait partie de notre univers, des meubles si je puis dire. Tant que tout allait, on ne pensait plus, qu’en une seconde, une vie peut basculer.
Il a suffit d’un coup de fil, de larmes à l’autre bout et puis d’un verdict – coma – pour nous plonger encore une fois dans la tristesse. 
 

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Nous nous tenons là, dépourvus de mots. Autour il y a la vie. En nous, c’est le vide. Nous n’avons pas su tenir nos promesses, nous n’avons pas profité pleinement de nos proches. Nous n’avons pas mis en pratique les leçons apprises. Nous sommes restés les mêmes, seules les rides qui se forment sur nos visages nous montrent que nous avons vieilli. Les bonnes résolutions sont tombées dans les oubliettes.
 
Cette fois-ci, comme les fois précédentes, on se dit qu’il est temps d’arrêter la machine infernale, de faire une pause, d’apprendre la leçon, de la comprendre et de ne pas se laisser prendre au piège d’une société qui nous tue subtilement, doucement.
 
C’est étrange, quand nous étions plus jeunes, nous savions que la vie est un cadeau, nous n’avions pas peur de prendre des risques, d’oser, de savourer chaque petit bonheur. Aujourd’hui nous pensons que tout cela était bien naïf, notre leitmotiv “la vie est un combat” ne nous quitte jamais.  
 
Et si pour une fois nous laissions l’enfant qui est en nous prendre les commandes. Et si pour une fois nous acceptions de vivre pleinement, pour que le jour où la maladie ou la mort frappera à notre porte, nous puissions l’accueillir avec sérénité…