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Vivre chaque jour à sa valeur

Crédit Pixabay

Vivre. Chaque jour. A sa valeur.
Vivre tous les deux. Juste nous. Apprendre, s’apprendre.
Et rire.
Prendre doucement les choses avec détachement.
S’énerver un peu.
Reprendre le dessus.
Apprendre l’effort.

Vivre. Chaque jour.
Et trouver qu’autour il y a un peu trop de mots.
Encore un peu trop de bruit, de sollicitations.
De “il faut”.
Ou “il faudrait”.
Un peu trop d’injonctions à profiter de cette période pour…
Un peu trop de “il y a pire”.

Vivre. Vivre chaque jour.
Peu de pauses.
Beaucoup de temps plein.
De mouvements.
Beaucoup de vie.

Vivre. Instant après instant.
Savourer.
Lâcher prise.
S’essayer à la patience.
Rater. Plein de choses. Et s’en moquer.

Vivre. Le manque.
Appréhender la solitude.
Accueillir le silence.
Apprécier les quelques minutes d’échanges journaliers.
Couper le reste.
Ce qui ne nous nourrit pas.

Vivre. Déconnecter.
Retrouver sa voix.
A l’intérieur.
Se ressourcer en soi.
Loin des informations anxiogènes
Loin du trafic des réseaux

Vivre. Avoir envie…
D’un bain bon…
De mettre les pieds sous la table…
De pouvoir déléguer…
De passe le relais pour quelques heures…

Vivre différemment.
Vivre chaque jour. A sa valeur.

Et vous, elle ressemble à quoi votre vie en ce moment? 

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Chaque vendredi depuis trois semaines…

Chaque vendredi depuis trois semaines, c’est pareil. Les souvenirs s’en mêlent. Pigmentation personnelle. Esprit encombré. La fuite du temps. Et si tout s’arrêtait maintenant ?

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Des visages défilent dans mon inconscient. Et mes nuits sont peuplées de fantômes, d’envies de courir à perdre haleine pour fuir violence et haine.

Les évènements ont réveillé des souvenirs, de ceux qu’on voudrait pouvoir enfermer dans une boîte. Les enterrer profondément et ne jamais pouvoir les retrouver. Chaque jour, je m’emploie à faire peau neuve, à les remplacer par des souvenirs plus jolis, de ceux que l’on évoque des années plus tard, le sourire au bord des lèvres, autour d’une table, entre amis, en regardant les photos d’avant, celles de notre jeunesse et de l’âge tendre de nos enfants.

La peur au creux du ventre. Poussiéreuse, je croyais l’avoir banni de ma vie. Mais je suis maman. Et la peur se matérialise à nouveau. Peur pour lui. Peur pour la vie. Il est encore si petit.

Son sourire, ses rires, sa voix fluette qui entonne fièrement « petit papa noël » me réconcilient avec les souvenirs. Ils ne sont plus si douloureux, si délicats à évoquer. Ils sont ce que nous décidons d’en faire. Nous pouvons n’en retenir que le meilleur. Et laisser le reste au placard.

Les visages défilent. Des innocents. Aux quatre coins du monde. La folie n’a pas de limite. Elle assassine.

Il devient vital pour moi de prendre le temps de vivre, de prendre le temps de s’arrêter pour regarder la vie faire des ronds de jambes et nous inviter dans la danse. Il devient vital de se faire des câlins tous doux, de s’embrasser, de se faire des compliments, de se dire des mots tendres, de s’envoyer des pensées. Il devient essentiel de s’arrêter pour regarder le soleil à travers les branches, tout en écoutant les oiseaux chanter. Il devient primordial d’arrêter de courir après des chimères, après plus de temps, après toujours plus d’argent. Il devient indispensable de nous aimer tels que nous sommes, de nous aimer comme nous souhaiterions que les autres nous aiment, sans que nos imperfections et nos échecs ne prennent toute la place. Il devient fondamental de laisser de côté nos égos. Tout commence ici. Dans l’amour que nous avons pour nous-mêmes. C’est plus qu’un besoin, c’est un devoir. Si chacun s’aimait véritablement, inconditionnellement, le monde cesserait d’être ce gouffre de violence. Chacun trouverait sa juste place. L’urgence est .

D’autres visages se superposent pour faire face à l’horreur. Fraternité. De mains qui se serrent et des portes qui s’ouvrent. Des lumières et des fleurs. Des prières pour la paix. Des espoirs. Des mots doux glissés au hasard. Un même élan d’amour.

Trois semaines après, la vie reprend son cours. La vie se niche dans tous les instants magiques partagés, dans toutes les secondes qui prennent des allures d’éternité. La vie n’attend que nous pour créer ce monde dont nous avons toujours rêvé.

Crédit Image – Le Blog de Betty

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Une minute de silence

Une minute ce n’est pas grand-chose et quelques fois pourtant c’est tout ce que l’on peut donner.

Ces jours-ci les minutes de silence viennent se greffer les unes aux autres, sans que je sache en arrêter le flot.

Il suffit d’ouvrir un journal, de regarder les informations du soir. Il suffit de sentir la tension, palpable à tous les niveaux.

Il suffit d’un regard vers le passé. Il suffit de ces mots gravés dans nos mémoires « plus jamais ça ».

Il suffit de regarder un enfant dormir et se demander où notre monde s’en va, à quel destin tragique tant d’hommes et de femmes sont condamnés.

Il suffit d’un éclat de soleil pour se dire qu’il ne brille pas partout pareil, d’un bol de soupe pour se souvenir qu’à côté de nous certains meurent de faim.

Il suffit d’une âme qui s’envole vers d’autres cieux, d’un rêve qui s’éteint, de larmes partagées.

Il suffit de quelques gouttes de terrorisme pour se remémorer les heures noires de l’histoire et se dire que l’histoire continue.

Il suffit d’un coup d’œil vers le sud, le nord, l’ouest ou l’est, pour comprendre que rien n’est jamais acquis, que nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur la folie des hommes.

Alors une minute de silence, c’est tout ce qu’il me reste face à la barbarie, au fanatisme, à la violence, à l’injustice, qui font d’atroces ravages au sein même de nos vies.

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Source

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Du nord au sud, laissons tomber les clichés

On a tendance à dire que les populations du Sud sont chaleureuses, accueillantes, ouvertes, disponibles. Le soleil aidant forcément.

Les populations du Sud mais pas que. J’ai vécu plus de six ans en Irlande et je peux vous dire que je n’ai jamais rencontré de personnes aussi soucieuses des autres et heureuses de vivre que là-bas. Et le soleil n’y est pour rien. Puisque la pluie tombe près de 360 jours par an, verdissant l’herbe et donnant un éclat singulier aux paysages de l’Ile.

L’Irlande n’a pas un passé évident à assumer. La famine et les conflits hantent son histoire. Mais chacun se presse le sourire aux lèvres au Pub du coin de la rue, pour partager une Guinness, à la fin d’une bonne journée de travail. Le dimanche, c’est en famille qu’on s’y rend, pour avaler un fish&chips, un stew et un cheesecake, en regardant un bon match de Rugby, prêt à payer un verre au premier inconnu qui passe. On l’inviterait même à venir partager notre repas du dimanche soir, pour peu qu’il ne soit pas trop pressé.

En Irlande, les gens se disent facilement bonjour. Les amis de leurs amis sont leurs amis. Vous êtes chez eux comme si vous étiez chez vous. Vous finissez souvent vos soirées chez de parfaits inconnus, qui vous dérouleraient presque le tapis rouge et trouvent votre accent « charming ».

Je crois que le soleil, la chaleur, la nuit qui tombe tard sont de fausses excuses. De part et d’autre du monde, certaines personnes ont la main sur le cœur alors que d’autres s’en fichent complètement. Il y a de tout partout. Nous ne sommes pas forcément fermés parce que nous vivons dans le « nord » et forcément aimables parce que nous sommes du « sud ».

La richesse de nos échanges dépend bien de l’amour et de la générosité qui vit en chacun de nous. Le reste appartient au monde des clichés, qui souvent sont bien décevants (pas toujours!!).

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Crédit Image – Pinterest