Je juge, tu juges…et si on se respectait?

Crédit Pixabay

On juge. Tout le monde. Tout le temps. On a un avis sur tout. On nourrit des préjugés sur des personnes qu’on ne connaît pas et qu’on range dans des cases, à qui on colle des étiquettes parce que ça nous rassure. On passe plus de temps à parler de la vie des autres qu’à vivre la notre. Ou bien à chercher une quelconque reconnaissance dans un dialogue de sourd – celle que nous sommes incapables de nous offrir.

“On” c’est moi aussi. Je ne sors pas du lot. Je tente juste au fil de l’eau de me détacher de toutes ces idées toutes faites sur tout. Beaucoup des personnes qui me connaissent bien souligneront mon ouverture d’esprit, mon absence de jugement. Pourtant comme tout un chacun j’ai certaines idées arrêtées, j’entretiens des peurs fondées sur des clichés.

L’autre est toujours “plus”, “trop”, “moins”, “pas assez”. Il a toujours des défauts qui nous font bondir. Il est ce qu’on a toujours voulu être sans se l’avouer. Il est ce qu’on ne voudrait jamais être – ça tombe bien la place est déjà prise.
Bien entendu ça ne veut pas dire que nous devons aimer tout le monde. Mais respecter chacun ce serait déjà un bon début.

Dans la vie de tous les jours les jugements vont bon train.  C’est presque un sport international! Mais alors quand on touche à des sujets aussi précis que la religion ou aussi tabou que la sexualité, alors là c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi.
Vous ne vous êtes jamais demandé ce que pourrait donner un monde dans lequel chacun suivrait la religion qui est la sienne sans chercher à interférer avec celle du voisin. Que notre voisin prie Dieu, l’Univers, la Galaxie, s’agenouille devant Bouddha ou voue un culte à un chat empaillé, en quoi ça nous regarde?  Pourquoi toujours penser que la façon dont nous menons notre vie est la manière dont chacun devrait vivre la sienne? C’est bien d’avoir des idées et des valeurs mais celles-ci nous correspondent en fonction de tout un tas de paramètres propres à nous-mêmes.  Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas tous les mêmes cartes en mains au départ.

Idem pour la sexualité. Qui ça gêne qu’on soit homo, hétéro, bi? Qu’on soit soumis, dominant, qu’on fasse l’amour à 2, 4, 8? Qu’on soit libertin, échangiste, mélangisme ou je ne sais quoi encore? Certains trouveront cela choquant – peut-être – et alors? D’autres trouveront que l’inverse l’est tout autant. Accepter la différence ne veut pas dire adhérer à tout. Personne ne nous le demande. Personne ne nous force à être d’accord.

Toutefois nos différences existent, cohabitent – dans tous les domaines de notre vie –  vouloir les gommer ne fait que créer des problèmes là où la liberté de chacun devrait primer. Il n’y a pas de règles, pas de manuel de vie (on aimerait bien parfois, histoire de ne pas se faire des nœuds au cerveau pendant des mois pour prendre une décision). Nous pouvons tout tester, tout tenter, tout essayer, sans nous dire qu’en faisant telle ou telle chose, nous dévions du droit chemin (attention aux foudres de l’enfer!). Nous gardons à tout moment notre libre arbitre. La norme que nous exécrons, mais dans laquelle nous nous plaisons à rester parce que faire un pas dans le vide, ça reste pour les aventuriers, les intrépides, les téméraires, ceux qui osent, pas nous, cette norme nous l’avons fabriqué de toute pièce. Nous sommes beaucoup plus. Nous pouvons beaucoup plus. Comme le dit très justement Marianne Williamson: “Notre peur la plus profonde n’est pas de ne pas être à la hauteur; notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute limite. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.”

Nous réaliser pleinement devrait être notre quête de chaque instant, respecter la quête d’autrui, notre devise.

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