Posted in Carnets de route

C’est notre Histoire

Comment rester insensible à ce qui se passe autour de nous ?

Aujourd’hui, on parle beaucoup de la Palestine, de ses victimes innocentes qui tombent sous les bombes de l’Etat d’Israël. On oublie un peu trop que le Hamas laisse sa population se faire massacrer pour protéger ses propres intérêts.

Aujourd’hui, on descend dans la rue. On veut crier notre indignation contre ce conflit insensé. On a déjà oublié le peuple Syrien et tous les opprimés du monde, ceux qui ne mangeront pas ce soir, ceux que l’on oublie, que l’on insulte, que l’on prive de leurs droits les plus élémentaires.

Aujourd’hui, la France est en deuil. Un deuil national de trois jours pour les victimes d’un crash aérien. On oublie qu’ils sont des centaines à mourir chaque jour dans l’indifférence la plus totale. Toutes ces victimes du quotidien mériteraient bien plus que quelques lignes dans un journal.

Aujourd’hui, on en veut à Israël, on dénonce sa folie, on lui fait porter le poids de ce conflit sans âge. On oublie que Bachar El Asad continue à tuer impunément ses semblables. On oublie que la mafia continue à assassiner des gosses dans les quartiers de Rio.

Aujourd’hui, on stigmatise les religions. Les médias font peur aux peuples. Les islamistes embrigadent des jeunes en manque de repère. Les fanatiques de tous bords déchaînent des montagnes de haine. On oublie que les prophètes des trois grandes religions monothéistes nous ont laissé le même message d’amour, de tolérance et de paix.

Aujourd’hui, on met l’accent sur ce qui ne va pas, sur ce qui gangrène la société, sur les problèmes. On oublie les héros ordinaires, ces femmes et ces hommes qui se battent et luttent pour offrir un bel avenir à leurs enfants, qui se dépassent jour après jour. Ils sont l’avenir de notre société, de notre monde.

Aujourd’hui, on oublie que vivre en frères est possible, qu’il n’y a pas si longtemps de ça, des femmes, un chapelet à la main, ont fait reculer des chars d’assaut, que Gandhi a gagné son combat par la non-violence, que Martin Luther King avait un rêve, que l’Histoire nous appartient, que nous sommes responsables de notre Histoire, de l’avenir du Monde.

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Crédit Image – Pinterest

Posted in Carnets de route

Ni pour, ni contre, juste troublée, peinée, blessée…

« Israël a des armes pour protéger sa population, le Hamas utilise sa population pour protéger ses armes. » Article Le Monde 22.07.2014 (propos de Roger Cukierman)

Je n’ai pas l’habitude de faire de politique. D’ailleurs, est-ce de la politique à ce niveau ? Je ne sais pas. Je ne comprends rien à ce conflit.

Les années se suivent et se ressemblent. Mes cours de lycée ne sont plus très frais. Ma mémoire me fait faux bond.

Quelles sont les origines de ce conflit ? Une histoire de terres, de territoires ? Une envie d’avaler le monde, de repousser les frontières ?

Je me répète, je ne comprends rien à ce conflit. Je constate juste. Je regarde avec horreur les bombes tomber sur des maisons, obligeant des populations à fuir leurs villages, à vivre dans la crainte constante. Je vois juste des corps le long des routes, des corps d’enfants abattus en plein vol, je vois des mères en larmes et des pères en colère.

Je ne suis ni pour l’un, ni contre l’autre. Je l’ai dit, ce conflit me dépasse. Personne n’a raison ou personne n’a tort. C’est facile d’accuser un état, quand l’autre ne vaut pas mieux. Les roquettes et les canons se font écho. Si les victimes n’étaient pas des civils, si Gaza ne ressemblait pas à un cimetière humain, on pourrait croire que les gouvernements jouent au gendarme et au voleur dans une cour de récréation.

A l’autre bout du monde, les grandes puissances se réunissent et parlementent, sans se mettre d’accord. Mais se mettre d’accord sur quoi au juste ?

En France, on manifeste et on fait semblant de se battre contre des gaz lacrymogènes. On fait des amalgames. On fait germer la haine dans le cœur de ceux qui souffrent. Alors qu’un peu partout dans le monde, juifs et musulmans vivent en paix, ensemble, en frères.

Ce que je retiens, c’est que les hommes préfèrent tuer et laisser mourir des enfants plutôt que de prendre leurs responsabilités.

Il y a très longtemps de ça, j’ai lu une phrase qui résume bien ma pensée. Ce conflit ne pourra cesser qu’une fois que les hommes auront pris conscience que la vie d’un enfant palestinien vaut celle d’un enfant israélien (et vice versa).

En attendant, les enfants des deux camps servent de monnaie d’échange. Comme dans tous les conflits qui séparent les hommes.

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Sur ce sujet, allez lire le très bel article de Marie – Bleu Lavande 

Posted in Variations Littéraires

Une tragédie Syrienne

Sous les ruines, l’enfer se devine mais ne s’imagine pas, de crainte de voir les fantômes revenir sur les lieux du drame. Dans les rues commerçantes ravagées, les rires des enfants divisent le silence de plomb qui s’est abattu sur la ville depuis le commencement des hostilités. D’un côté l’espoir et l’envie de reconstruire. De l’autre, la terreur ancrée dans les yeux des survivants, écartelés et divisés.

Les maisons ne tiennent debout, que par le biais de minuscules blocs de béton reliant le bas avec le haut, l’avant avec l’arrière. Ceux qui sont revenus, cherchent ici et là des restes du passé, des souvenirs éparpillés et à moitié bouffés par les rats, qui ont fait de ces décombres leur terrain de chasse privilégié.

La route principale est jonchée d’ordures. Les enfants y jouent pieds nus, insouciants, comme si la guerre ne pouvait les atteindre. Ils ne regardent pas en arrière. Ils ne regardent pas l’avenir. Ils sont figés dans le présent, comme des statues de glace.

Les adultes font des va et vient entre le monde qu’ils ont quitté et celui qui leur fait face. Il y a quelques années, ils étaient pauvres mais ne se plaignaient de rien. Ils allaient travailler, gagner ce qu’il fallait pour vivre, pour nourrir leur famille. Ils ne demandaient rien d’autre. Ils n’enviaient personne. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Ils se demandent comment ils vont tenir jusqu’au lendemain.

Ici et là, on croise des cadavres d’animaux, des restes de vaisselle ébréchée, portant les initiales d’une famille, dont il ne reste plus qu’un parent fatigué. Les carreaux des fenêtres ont été soufflés par les explosions à répétition. On les a remplacés par des bouts de tissus, des morceaux de cartons, récupérés au hasard.

Quand le soleil se couche, la ville se dresse dans le ciel noir, meurtrie, blessée dans sa dignité royale. De sa splendeur d’antan, il ne reste que des ruines grises, des maisons éventrées et offertes en pâture aux pillards de passage. Ses habitants ne sont plus que des ombres folles, qui se remémorent le passé et font fleurir la vie au milieu des décombres, pour ne pas sombrer ni mourir avant l’heure dite.

Au loin, les drapeaux du régime n’en ont que faire. Ils sont toujours debout. Ils sont le symbole d’une toute-puissance destructrice, qu’aucun pays ne se sent prêt à combattre. Il y a longtemps que la vie des Hommes ne fait plus le poids face au pouvoir et à l’argent.

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Crédit Photo – Khalil Ashawi

Posted in Emprise et Renaissance

La dignité violée

Je regarde rarement la télévision en journée mais hier midi, j’ai quand même monté le son. La République Dominicaine Démocratique du Congo et le viol des femmes comme arme de guerre.

Horrible. Atroce. Inhumain. Révoltant. Innommable. Ecœurant.

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Je n’arrivais pas à décrocher mon regard de l’écran. Les mots de ces femmes et ces enfants dont on viole non seulement le corps, mais la dignité, m’ont explosé à la figure. J’ai senti une haine sourde faire battre mon cœur. Comment un homme peut-il faire cela ?

La réponse reste en suspens. Il n’y a pas d’explication possible, pas d’excuse valable. C’est le paroxysme de l’horreur, la cruauté des hommes dans sa forme la plus viscérale, la plus abominable. Qu’existe-t-il de pire que le viol d’un bébé ?

Hypnotisé par les images qui défilaient sous mes yeux, je n’ai pu qu’admirer le courage de ces femmes, meurtries, chassées de leur village, condamnées par leur famille, et qui avaient encore la force de sourire.

Il existe bien quelque chose de plus fort que la mort, de plus fort que la folie des hommes. Il y a LA VIE. Et sur le visage de ces femmes et des hommes qui se battent à leurs côtés pour qu’elles retrouvent un soupçon de dignité, se dessinait l’arme secrète la plus fatale, LA FOI.

Ce sont ces femmes qui ont frôlé la mort, ces femmes brisées dont le corps est un champ de bataille, ces femmes qui ne pourront pour la plupart pas avoir d’enfant, ce sont elles l’avenir de ce pays. Ce sont elles qui se battent pour un avenir meilleur pour les générations à venir.

On pourra continuer à me parler d’égalité des chances. Tant que la femme sera trahie dans sa condition humaine, tant que sa dignité ne sera pas restaurée au niveau mondial, tant que son intégrité ne sera pas respectée, rien ne sera possible.

Chaque jour qui passe est un jour de perdu si rien n’est mis en place pour lutter contre ces crimes qui touchent tant de femmes à travers le monde. Notre devoir est de lutter pour que de telles exactions n’aient plus lieu, pour que tout type de violence envers les femmes soit puni et que les victimes cessent d’être considérées comme de potentiels coupables.

Ce qui me choque encore plus dans cette situation c’est le silence sans faille de la communauté internationale, qui préfère fermer les yeux pour ne perdre aucun de ses privilèges. Voilà à quoi notre siècle a réduit la condition féminine, à un fâcheux contretemps dans la course au pouvoir.

Crédit Image – Pinterest