Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Ouvrez les vannes!

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Musique saccadée

Couverture idéale

Face aux cris glaçants

De la femme qui s’éteint

Sous les coups

De l’ennemi

Son propre conjoint

Violence singulière

Tue en son sein

La famille qui se terre

Sous les coups

Du destin

L’infâme musique

Légitime le sacrifice

Des humains

Qu’on assassine

Sous les yeux masqués

Bouches cousues

Portes closes

Intimité protégée

A coups de mots griffonnés

Procès-verbaux

Relégués au placard

Ne pas faire de vague

*

Familles condamnées

Sortez les maux

Tuez les ombres

Ouvrez les vannes !

A toutes les femmes, tous les hommes, tous les enfants victimes de la violence

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Posted in Variations Littéraires

Mona

[:fr]

Se lever. Te servir. Baisser les yeux. Fermer ma gueule. Obtempérer. Avec le sourire en prime.

Et la nuit, l’entendre se lever quand tu rentres tard, l’entendre remuer les casseroles dans la cuisine, la surprendre les yeux mi-clos au-dessus du réchaud, lui dire de venir se coucher. Tu es un grand garçon, tu pourras te servir tout seul. Elle résiste. Je la laisse, silhouette courbée et fatiguée, attendant la porte qui claque, tes pas lourds dans l’escalier. Elle a dressé la table, a disposé une assiette, des couverts, a pris soin de poser ton verre à gauche avec une bouteille d’eau toute neuve. Tu vas la croiser, esquisser un sourire. Elle va se retirer discrètement. Sans faire de bruit, elle. Elle va tirer la porte et retrouver son lit. Je vais attendre un peu, le temps d’entendre sa respiration plonger dans le sommeil. Et quand elle aura rejoint les bras de Morphée, je vais te maudire une fois de plus d’exister.

Au réveil, à l’heure où la nuit quitte doucement la place, elle sortira au grand air, retrouvera ton assiette et tes couverts négligemment posés dans l’évier. Elle les passera à l’eau, au savon. Elle n’attendra pas que je sois réveillée, dans dix minutes tout au plus. Elle ne veut pas que je dise du mal de toi. Elle te protège à chaque fois, dis que tu as cru bien faire en ne faisant pas – faire couler l’eau au beau milieu de nuit, c’est manquer de réveiller les autres. C’est un manque de respect dans son langage à elle. Je ne comprends pas pourquoi elle fait ça. Déjà avec papa, j’avais du mal. Mais avec toi, je ne peux plus le supporter.

Je ne peux plus te supporter. Tes manières me donnent envie de vomir, de cracher ma haine de toi, ma haine de ton orgueil, ma haine de ta violence sournoise. Tu es mon frère et je n’ai pour toi que du dégoût. Je sais que si je le lui dis, elle ne me comprendrait pas, elle m’en voudrait même d’être si virulente à ton égard. C’est à n’y rien comprendre.

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Posted in Carnets de route

Pauvre(s) Petit(s) Chou(x) ou quand la société débloque…

Merci de noter que cet article est à prendre au second degré…

En ce moment, à part vivre dans une grotte au fin fond des Cévennes, et encore, on ne peut pas passer à côté de tous les drames qui touchent les femmes de ce monde, et de notre belle France en particulier.

Et les hommes aussi.

Ceux qui résistent bien entendu, qui se sentent complètement démoralisés face à cette vague infernale de violence et qui malheureusement sont catalogués illico presto comme des machos, manipulateurs, fous, pervers, violents. Il ne fait pas bon être un homme en 2018 !

Et ceux qui sont les victimes de la folie des femmes, du monde, des autres hommes (qui ne sont pas solidaires pour deux sous). Entendez les mecs qui violent, tuent, harcèlent, menacent, battent, insultent…pleurent sur leur triste sort.

C’est bien connu les femmes sont des affabulatrices tyranniques. Elles attirent les hommes dans leurs filets pour mieux les détruire. Elles inventent des histoires complètement insensées pour les faire trébucher et tomber. Ce sont des bourreaux au cœur de pierre, des hystériques, d’irréductibles menteuses.

Et la société gobe ça. La société inverse les rôles. Elle donne du crédit aux dires de ceux qui impunément violent les lois les plus élémentaires du code pénal, et quand elle ne leur en donne pas, elle minimise le vécu des celles qui vivent l’enfer. Le monde marche donc sur la tête. Peut-être que nous devrions tous aller nous réfugier dans les Cévennes. Au moins là-bas nous pourrions peut-être retrouver le sens des choses…

Parlons expérience, avant d’aller nous enterrer pour respirer l’air pur de la nature. Un petit coup d’œil en arrière, et je retrouver Roger, en larmes. Et oui chers lecteurs, Roger m’aimait (pour les non-initiés, Roger, c’est mon ex). Il était même prêt à se tuer pour moi. Pourquoi la séparation, pourquoi la rupture, nous étions heureux après tout. Oui à partir du moment où je fermais ma gueule, nous étions heureux. En surface. Qui aurait eu l’idée d’aller creuser un peu. Chaque couple est différent, il ne faut pas juger et bla bla bla…

Il ne voulait que mon bonheur c’est pour ça qu’il faisait la gueule pendant des jours, qu’il me bousculait de temps en temps, pour me remettre dans le droit chemin. Parfois il me parlait mal, mais c’est toujours moi qui avais commencé. Œil pour œil, dent pour dent. Parfois il pleurait parce que c’est moi qui étais injuste, je faisais des choses qui le mettaient mal à l’aise, je ne le respectais pas assez. Quel sacerdoce pour lui ! Moi je me demande sincèrement pourquoi il voulait à tous prix me garder. Les menaces. Quelles menaces ? Jamais il n’aurait faut ça, j’étais comme sa chaire. Les cris. Quels cris ? Oui il avait peut-être parlé un peu fort, ça va, faut pas exagérer. Le harcèlement. Quel harcèlement ? Tout de suite les grands mots.

Il ne fallait pas trop lui en vouloir, il était malheureux. La chute était rude pour lui. Pauvre petit chou ! Pour le reste, voilà, chaque couple trouve son équilibre. Il y a plus grave. Et puis vous étiez d’accord, consentante. Ok il en a un peu profité. Il n’y a pas mort d’homme, ni de femme. Allez soyez indulgente, comprenez le…

Voilà où nous en sommes rendus. A devoir comprendre l’inacceptable.

Les vraies victimes ne seraient donc pas celles que l’on croit. Les femmes aux vies démantelées, brisées, bien amochées (je ne parle même pas des enfants) ne seraient pas tant à plaindre que ça au final. Allez, les filles, demain ça ira mieux ! Buvez une bonne dose de positivisme, ajoutez-y quelques gouttes de gratitude, parsemez votre boisson de pépites de « nos pensées créent notre réalité » et vous aurez le cocktail de choc pour vous en sortir, comme des grandes, sans l’aide de personne !

Et puis oubliez bien vite ces vilaines mésaventures. Le reste de la terre est déjà passé à autre chose.

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Le harcèlement : arrêtons de dire tout et n’importe quoi

 

Se taire n’est sûrement pas la solution – dixit mon article d’hier. C’est une des raisons pour lesquelles je m’exprime sur le sujet du harcèlement aujourd’hui. Pour écrire sur un tel sujet, il vaut mieux avoir quelques billes en poche. Ça tombe bien, le harcèlement je l’ai vécu à l’école, j’en ai été témoin au travail et je l’ai vécu en couple. Je ne dirais pas que je maitrise le sujet, j’en ai juste une bonne connaissance. Autant que mon expérience serve à quelque chose.

En ce moment, je trouve qu’on parle de harcèlement à tout va, sans véritablement savoir de quoi il en retourne.

Le harcèlement c’est une violence répétée qui peut être verbale, physique, psychologique ou sexuelle. Les caractéristiques sont claires :

  • La violence, qui inclut donc un rapport de force et/ou de domination d’un individu par rapport à un autre.
  • La répétition, qui implique des agressions ponctuelles qui reviennent de manière régulières durant une période donnée.
  • L’isolement de la personne victime.

Ce n’est pas parce que ce n’est pas du harcèlement que ce n’est pas grave, bien entendu, mais arrêtons de nous poser en victimes de harcèlement dès que nous nous sentons agressés par un mot, un geste, un acte.

  • Un patron qui dit deux fois de suite dans la même semaine à son employé qu’il est en retard, c’est un état de fait, point à la ligne.
  • Une main aux fesses, c’est une agression ponctuelle.
  • Un conjoint qui dit « tu n’es qu’une gourde », c’est un con.
  • Une moquerie sur les performances sportives d’un élève, c’est la méchanceté des enfants entre eux. Malheureusement.

Je le redis, c’est la répétition qui qualifie l’agression de harcèlement. Et d’ailleurs ces agressions montent souvent en puissance, à mesure que la victime perd de sa capacité à réagir face aux attaques. Une fois la victime sous emprise, tout devient permis, le ou les harceleurs s’en donnent à cœur joie.

On peut souvent mettre fin à une agression ponctuelle.

On peut difficilement réagir face au harcèlement. Le harcèlement est insidieux. Ce qui est normal un jour devient anormal au bout de plusieurs semaines. Le mal est fait, la vie devient un enfer.

  • Un patron qui humilie quotidiennement, remet en cause le travail irréprochable de son employé, lui envoie des SMS à toute heure du jour et de la nuit pour lui demander de faire telle ou telle chose, le met à l’écart, c’est du harcèlement.
  • Une main aux fesses, suivie de demandes insistantes à connotation sexuelles, de gestes déplacés, c’est du harcèlement.
  • Un conjoint qui dénigre constamment son ou sa partenaire, lui demande tout et son contraire, utilise les menaces pour arriver à ses fins, c’est du harcèlement.
  • Un élève qui devient la tête de turc de sa classe, de son école, qui subit chaque jour les remarques, moqueries, brimades des autres, qu’on exclut de tout, qu’on insulte à tout va, sur lequel on fait courir des rumeurs, c’est du harcèlement.

On rentre dans une toute autre sphère. D’où l’importance d’utiliser les mots à bon escient. Par respect au moins pour toutes les victimes qui luttent chaque jour pour refaire surface. Arrêtons de faire des amalgames qui n’ont aucun sens et qui empêchent la justice de faire son travail correctement. Donnons de l’importance à ce qui en a. Et n’oublions pas non plus que personne n’est à l’abri, que le harcèlement touche les enfants, les femmes et les hommes. Je trouve qu’on les oublie souvent…pourtant l’égalité que nous revendiquons à corps et à cris réside dans cette reconnaissance là aussi.

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Ces moments où je ne me reconnais plus…

Ils arrivent quand la fatigue s’installe, quand « à fleur de peau » je perds le contrôle, quand le trop plein me fait perdre mes repères. Cela se fait entre les quatre murs de ma maison. Avant, il n’y avait pas de témoin. Aujourd’hui, il y a mon fils. Et cela rend les choses encore plus douloureuses…

Souvent on me dit qu’il faut en parler. Comment ?

Comment dire quand par le passé, on nous a traité de “folle à lier”, on nous a asséné qu’on finirait “enfermée”?

Comment dire cette perte totale de maîtrise de moi, ces cris, cette envie de tout casser, ce ras le bol qui vient des tripes et sur lequel je n’ai aucune prise ?

Comment dire que je me sens nulle, seule, perdue face à cette immensité instable ?

Comment se dire, alors que la porte de l’immeuble passée, je pose un voile, un masque sur cette réalité que je ne veux pas voir tellement elle me fait peur ?

La parole a beau être libérée, il ne faut pas se mentir, certaines choses restent cachées. La peur du regard de l’autre nous bloque. Notre regard sur nous-mêmes nous paralyse. On dit ce qui est “tolérable”. On ne livre pas l’intime, même nous, il nous oppresse.

Un instant je suis à deux doigts de fondre en larmes, de m’écrouler sur le sol, l’instant d’après, je fais face, balayant d’un coup cet accès de rage, qu’un rien peut déclencher.

Si vous me demandez comment je vais, en toute honnêteté je répondrais « bien ». Pourtant à l’intérieur, c’est un véritable tremblement de terre.

Dans ces moments-là, je m’en veux terriblement, je me dis que mon fils n’a pas à vivre ça, qu’il mérite mieux. Je culpabilise énormément. J’aimerais que quelqu’un prenne la mesure de ce que je ressens, de ce que je vis. Comment est-ce possible si personne ne sait rien.

Je prends alors sur moi. Je tente de faire face. Je me félicite de chaque petite victoire. Et chaque rechute me terrifie davantage.

Je me rassure. Ça passera. Je le sais. Ça passe toujours. Ça casse et puis je pose de nouvelles pierres. Et ça va mieux. La vie reprend. Jusqu’au prochain virage un peu trop serré. J’aimerais avec le temps réussir à anticiper ces accès de colère qui me laissent nue, vulnérable face au monde. J’aimerais pouvoir gérer avec calme les « non » à répétition, ses « crises » à lui. Et surtout pouvoir dire quand je n’en peux plus, demander de l’aide avant que cela ne devienne ingérable.

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Une femme qui dit “non”

Depuis quelques semaines les langues se délient, les femmes parlent, osent dire l’inadmissible, l’indicible, lâchent les vannes, partagent le pire.

Je ne suis pas rentrée dans l’arène, je ne me sentais pas légitime. J’ai attendu que ça passe. Mais ça ne passe pas. Fort heureusement.

J’attendais la chute. Je voulais voir ce qui se passerait après les hashtags, après la libération de la parole, après la prise en compte de ce que vivent les femmes au quotidien, dans un pays comme la France, qui se vante d’être un pays de Droits.

De quels droits parle-t-on ?

Je ne voulais pas me souvenir.

Des humiliations dans la cour d’école – ce ne sont que des gosses – Et si tout commençait là ?

De l’exhibitionniste du métro et de l’incapacité à sortir un son dans une rame bondée.

Du surveillant de cantine qui parle de films X à des gamins de 8 ans – mais il a parlé de quoi exactement, tu es sûre que tu n’as pas interprété, tes copains de classe ont une version différente  – De choses qu’une enfant de 8 ans n’imagine même pas parce qu’à 8 ans on joue encore à la poupée.

Des mots du quotidien, sexisme qualifié d’ordinaire qui me donnent la nausée, des gestes déplacés.

De cet homme qui ne te lâche pas du regard, descend à la même station que toi, te suit dans les couloirs du métro, te parle et continue même devant ton refus d’engager la conversation, monte dans le même bus, te colle aux basques, te demande d’être gentille et finit par te traiter de « salope » au moment où tu lui claques la porte d’entrée de ton immeuble au nez, tremblante.

De ce flic à qui tu confies « mon mari a menacé de me tuer » et qui te rit au nez en te lançant «vous voulez quoi, une garde rapprochée, on n’est pas aux States Madame ! »

De celui à qui tu dis « non » et qui fait semblant de ne pas entendre, de ne pas y croire, qui te répond « une fille qui dit non, elle pense oui », qui te dit « vas-y je sais que tu en as envie. »

Et bien non, arrêtons de deviser pendant des heures sur ces inepties. Une fille /femme qui dit « non » elle pense « non ». Une fille / femme qui dit « non » elle ne veut pas, elle n’a pas envie. Point à la ligne. C’est sûr que si on la force, elle finira par dire « oui », mais ce ne sera ni un «oui » sincère, ni un « oui » consenti. Forcer une femme c’est la violer.

Un(e) enfant qui ne dit rien, c’est parce qu’il(elle) n’y comprend rien, parce qu’il(elle) ne sait pas, parce que la situation, l’évènement est au-delà de son champ de compréhension. Au pénal on parle de discernement pour condamner un mineur à une peine. Étrangement l’équilibre est loin d’exister entre victime et coupable. Encore une fois.

Quand est-ce qu’on jugera qu’un viol est un crime – c’est inscrit dans la loi et pourtant les violeurs s’en sortent encore trop souvent ?

Quand est-ce que les victimes seront écoutées, soutenues, aidées ? Et non plus jugées en fonction de la tenue qu’elles portaient, de l’attitude qu’elles avaient au moment où… ?

Quand est-ce qu’on commencera à réfléchir à la meilleure manière de faire évoluer les mentalités ?

Quand est-ce qu’on apprendra le respect des femmes  aux garçons ?

Quand est-ce que les hommes intégreront que la parole des femmes a autant de valeur que la leur, que les femmes ne sont pas des sous-produits de la société ?

Quand est-ce que le gouvernement prendra la mesure de ce mal qui tue (physiquement et psychologiquement) chaque année tant de femmes ?

Je suis révoltée moi aussi de constater que dans un pays comme la France nous en soyons encore là sur un sujet aussi brûlant. Mais j’ai l’espoir que les choses bougent, que nous faisions chacun à notre niveau bouger les choses. Il est temps. Il le faut…

Posted in Carnets de route, Emprise et Renaissance

Une femme libre!

J’ai dit OUI plus d’une fois par le passé, à fleur de peau, terrassée par la peur. Peur des menaces. Peur de la violence qui ne se dit pas. Face à la confiance qui se délite, j’ai dit OUI pour avoir la paix. Pour ne plus trembler derrière la porte. Face au mépris, l’instrument des lâches, j’ai abdiqué. J’ai dit OUI en croyant résister. Peur de perdre ci ou ça. Ceux qui nous narguent le savent bien, ils finiront par avoir le dernier mot. J’ai lâché la barre face au harcèlement qui n’en finit pas. J’ai dit OUI pour la forme, pour ne pas avoir à gérer les heures, les jours de silence, ma punition.

J’ai tremblé face aux mots blessants, aux paroles lancées en l’air comme autant de sabres puissants. J’ai fait fi de mes sentiments pour pouvoir encaisser. Je me suis brûlée les ailes à toujours vouloir trouver des excuses à tous, tout le temps.

J’ai dit OUI à celui et à celle qui m’ont écrasée du poids de leur égo surdimensionné. J’ai dit OUI dans la détresse, perdue, paumée, affaiblie, cassée. J’ai dit OUI pour pouvoir continuer. Quand il ou elle ne pensait qu’à me faire tomber.

J’ai dit OUI aux insultes, aux mots durs, aux ricanements, aux pressions.

J’ai dit OUI dans ma vie scolaire, professionnelle, conjugale. J’ai dit OUI en me voyant fragile, incapable de me défendre. J’ai dit OUI en faisant taire celle que j’étais, non pas pour me fondre dans la masse, mais pour me faire toute petite, pour qu’on ne me remarque surtout pas, qu’on m’oublie presque (de cela est né un besoin de reconnaissance que j’arrive doucement à dompter) dans le coin, là-bas.

J’ai dit OUI trop souvent, renonçant à moi-même, à mon identité, à mes émotions.

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Aujourd’hui je dis NON.

NON à toi pour tes mots blessants, infondés.

NON à toi qui me juge.

NON à toi qui te permet de me lancer ton mépris à la figure sous prétexte que tu te trouves au-dessus de moi dans la hiérarchie.

NON à toi qui abuse de ton pouvoir.

NON à toi qui ne donne rien.

NON à toi qui impose ta manière de voir ou gérer les choses.

NON au harcèlement, à la folie, aux menaces (elles ne me font plus peur), au déni, à la vague destructrice qui s’empare de toi quand tu ne te contrôles plus, aux regards de travers, aux yeux baladeurs, à ton paternalisme désuet.

Je ne suis plus cette petite chose fragile, cette enfant contrainte, cette adulte apeurée, cette employée qui ne fait pas de vague, qui encaisse chaque remarque, chaque tentative de conflit en chaussant son masque souriant, pour faire plaisir. Je suis une femme libre !

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Là-bas Londres

Là-bas
De l’autre côté de la mer
Le vide
L’horreur
La vie
Qui pleure
L’espoir d’un monde
Meilleur
S’étiole
La douleur
Éprouve les coeurs
La peur s’immisce
La ou les cicatrices
Sont à vif
Là-bas
Mes prières sincères
Montent vers toi

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Face à la haine, je choisis l’amour

Face à la violence

Aux matins au gout amer

Face au chagrin

Aux tragédies qui nous glacent le sang

Face à la colère

Aux adieux silencieux

Face à l’innommable

L’insoutenable

L’enfance foudroyée

L’adolescence décimée

Face aux bombes qui explosent

Aux hommes qui tombent

Face à l’indicible

A l’agonie

A la peur sombre qui nous foudroie

Face à ce qui détruit

En un claquement de doigts

Face à la haine

Qui gangrène la société

Face aux armes qui fauchent

L’innocence, l’insouciance

Face à tout ce qui nous dépasse

Aux ténèbres qui nous pourchassent

Je choisis L’AMOUR

Sa puissance

Son authenticité

Son cœur qui bat

Je choisis D’AIMER

Envers et contre tout

De le dire

De le crier sur tous les toits

Je choisis LA VIE

Faillible et pourtant

Merveilleuse par moments

Je choisis la LUMIERE

Son énergie

Sa clarté vivifiante

Je choisis de RESISTER

Et quand tout vacille

Je PRIE

Pour Manchester

Pour les victimes et leurs familles

Pour la vie fauchée et une ville à tout jamais blessée

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Posted in Variations Littéraires

Au coeur des femmes du Monde #3

Sous la douche. Tu ne comptes pas les heures. Tu frottes encore et encore. Sale jusqu’au bout des ongles, celui qui a fait ça devait savoir que tu ne valais rien. Tu frottes encore et encore. Ta peau est rouge. Un peu de sang qui coule sur le carreau blanc. Et toutes ces larmes qui ne servent à rien, toutes ces nuits qui ne changent rien.

Posted in Variations Littéraires

Au coeur des femmes du Monde #2

Un autre matin, une autre raison. Tout ce que tu fais n’est jamais assez bien, la table n’est jamais assez belle, le pain jamais assez cuit, ta jupe jamais assez longue, tes mains jamais assez douces, tes amis toujours trop présents. Et pourtant tu t’excuses sans relâche, tu essayes de changer, les coups pleuvent sur toi et tu attends. Demain il te dira qu’il t’aime, il te demandera pardon. Demain tout peut changer. Ou pas

Posted in Tout un poème

Une (autre) minute de silence

Une minute face à l’obscurité

Des minutes qui s’enchaînent

Flot d’amour insensé

Des images sur nos écrans

Un regard vers le passé

L’obscurantisme et ses idées

Démodées

Les enfants plaisantent

Apprentis philosophes

Leurs voix s’élèvent

Au creux du jour naissant

Des âmes s’envolent

Des rêves s’éteignent

Larmes partagées

Ambitions poignardées

Quelques gouttes de haine

Font vaciller le monde

L’histoire se répète

Sans cesse

La folie des hommes

Une question en suspens

Sur nos lèvres

Interdites

Une minute

Prière à l’unisson

Silence contre trahison

Faire face

Ensemble

A tout ce qui nous dépasse

Corps à corps

Cœur contre cœur

Les yeux tournés

Vers un avenir meilleur

Extrait de Ils avaient un prénom Livre disponible sur TBE (Bénéfices versés à l’association IMAD pour la Jeunesse & la Paix)

Posted in Carnets de route

Je ne veux pas me protéger…

Ni les yeux. Ni le cœur.

Nous sommes dans une ère où nous refusons de nous faire polluer par l’extérieur, où nous disons « non » aux médias, aux informations qui passent, tristes, dramatiques, aux images qui heurtent nos sensibilités plus ou moins prononcées. Nous sommes avides de bonheur. Nous cherchons de belles images, de tendres clichés. Nous parlons bienveillance, amour, respect, unité, humanité.

Je n’ai rien contre ça. Je suis même la première à désirer faire le plein de sourires, de rires, de tendresse, de douceur, d’harmonie et de sérénité.

Mais je refuse d’oublier le reste, d’oublier les maux du quotidien, de fermer les yeux devant la pauvreté, la violence qui gangrène la société et la sphère familiale. Je ne veux pas avoir peur de regarder en face ce qui bouscule, ce qui fait mal. Je refuse de me retrancher derrière un silence absurde parce que « c’est dur ».

Je n’oublie pas que c’est le choc d’un évènement, d’une photo, d’un discours qui nous fait réagir, qui nous donne l’impulsion pour faire bouger les choses. Je ne veux pas passer sous silence la vieillesse, la mort, ignorer l’injustice, la maladie. Je ne veux pas oublier qu’à travers le monde des hommes et des femmes luttent sans cesse pour la dignité humaine.

Si j’ai longtemps porté ma sensibilité comme un fardeau, je sais qu’aujourd’hui elle m’offre cette chance de mieux comprendre le monde dans lequel je vis, la vie de chacun. Ma sensibilité me guide là où est la vie, même blessée, même torturée.

Je refuse de trembler devant les villes, tombeaux à ciel ouvert, devant la terreur, devant la haine farouche, devant les conflits, devant la violence qui s’acharne, devant les yeux pétris de peur des victimes qui survivent, devant la misère qui s’incruste ou la famine qui s’abat sur des peuples entiers, peuples décimés.

Je suis à fleur de peau souvent. Mais je suis vivante, mon cœur bat et mes pieds me portent. Je ne fermerais pas les yeux sur l’indicible. Ni aujourd’hui. Ni demain. J’ai besoin de sentir le monde vibrer pour dépasser tout ce qui me limite.

Je ne sauverais pas le monde. Je n’en ai ni le désir, ni l’envergure. Ma résistance à moi c’est de garder les yeux ouverts, de lutter pour la paix. A ma manière. Et de laisser passer la lumière…

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Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Une histoire de peau

Nos peaux mêlées sur le calendrier

Des années, du temps qui passe

Couleur, texture, infrastructure

La tienne, si robuste

La mienne, si tendre

La sienne, éphémère

On y décèle les vaisseaux

Transportant nos sangs mélangés

Quelques battements de cils

Une histoire de cœurs qui chavirent

Et de notre peau qui se déchire

A mesure que tes « je t’aime »

Se transforment en haine

Une histoire de peau

Qui tourne mal

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Merci à tous pour vos commentaires sur mon article “manuscrit inachevé“. Vos réflexions, idées, partages m’ont aidé à y voir plus clair. Je vais en poursuivre et en terminer l’écriture, non pas pour évacuer (car tout est digéré) mais pour que mon témoignage puisse servir à d’autres, les aider, les soutenir.

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