Ce “non” qui ne suffit pas toujours

Crédit Pixabay

Le choc. L’atmosphère glaçante.
Un “non” prononcé. Le premier. Il se veut franc, lourd. Il vient des tripes. Il pense avoir du poids. Il n’en a pas.

Les mains écartent les herbes folles, s’aventurent en terrain interdit.
Le “non” se répète. Il cogne dans la tête, enfonce des portes verrouillées.
L’insolence fait de lui une ombre. L’homme fait sa loi.
Le corps riposte, frappe. Il réagit à l’invasion.
Le “non” s’affirme, se crie. Sortir à tous prix. Échapper à ce poids. Échapper à cette loi.

Devant la porte close, une montagne de “non”. Les “non” d’avant et les “non” d’après. Les “non” balayés d’un revers de main, d’un corps à corps fracassé. Des “non” piétinés par la seule volonté de celui qui dit. Des “non” jamais entendus, toujours refusés.

Devant la porte, la colère gronde, enfle.
Si la porte s’ouvre le tourbillon va cesser.
Si le “non” se plante dans la chair, la loi cédera au profit de la vérité.
La porte s’est ouverte, flanquée de tant de “pardon” que le “non” s’est perdu dans la foule, à couru à perdre haleine. Le corps à vomi des “non” à l’infini.

Pourtant ce “non” n’a pas suffit…

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Pauvre(s) Petit(s) Chou(x) ou quand la société débloque…

Merci de noter que cet article est à prendre au second degré…

En ce moment, à part vivre dans une grotte au fin fond des Cévennes, et encore, on ne peut pas passer à côté de tous les drames qui touchent les femmes de ce monde, et de notre belle France en particulier.

Et les hommes aussi.

Ceux qui résistent bien entendu, qui se sentent complètement démoralisés face à cette vague infernale de violence et qui malheureusement sont catalogués illico presto comme des machos, manipulateurs, fous, pervers, violents. Il ne fait pas bon être un homme en 2018 !

Et ceux qui sont les victimes de la folie des femmes, du monde, des autres hommes (qui ne sont pas solidaires pour deux sous). Entendez les mecs qui violent, tuent, harcèlent, menacent, battent, insultent…pleurent sur leur triste sort.

C’est bien connu les femmes sont des affabulatrices tyranniques. Elles attirent les hommes dans leurs filets pour mieux les détruire. Elles inventent des histoires complètement insensées pour les faire trébucher et tomber. Ce sont des bourreaux au cœur de pierre, des hystériques, d’irréductibles menteuses.

Et la société gobe ça. La société inverse les rôles. Elle donne du crédit aux dires de ceux qui impunément violent les lois les plus élémentaires du code pénal, et quand elle ne leur en donne pas, elle minimise le vécu des celles qui vivent l’enfer. Le monde marche donc sur la tête. Peut-être que nous devrions tous aller nous réfugier dans les Cévennes. Au moins là-bas nous pourrions peut-être retrouver le sens des choses…

Parlons expérience, avant d’aller nous enterrer pour respirer l’air pur de la nature. Un petit coup d’œil en arrière, et je retrouver Roger, en larmes. Et oui chers lecteurs, Roger m’aimait (pour les non-initiés, Roger, c’est mon ex). Il était même prêt à se tuer pour moi. Pourquoi la séparation, pourquoi la rupture, nous étions heureux après tout. Oui à partir du moment où je fermais ma gueule, nous étions heureux. En surface. Qui aurait eu l’idée d’aller creuser un peu. Chaque couple est différent, il ne faut pas juger et bla bla bla…

Il ne voulait que mon bonheur c’est pour ça qu’il faisait la gueule pendant des jours, qu’il me bousculait de temps en temps, pour me remettre dans le droit chemin. Parfois il me parlait mal, mais c’est toujours moi qui avais commencé. Œil pour œil, dent pour dent. Parfois il pleurait parce que c’est moi qui étais injuste, je faisais des choses qui le mettaient mal à l’aise, je ne le respectais pas assez. Quel sacerdoce pour lui ! Moi je me demande sincèrement pourquoi il voulait à tous prix me garder. Les menaces. Quelles menaces ? Jamais il n’aurait faut ça, j’étais comme sa chaire. Les cris. Quels cris ? Oui il avait peut-être parlé un peu fort, ça va, faut pas exagérer. Le harcèlement. Quel harcèlement ? Tout de suite les grands mots.

Il ne fallait pas trop lui en vouloir, il était malheureux. La chute était rude pour lui. Pauvre petit chou ! Pour le reste, voilà, chaque couple trouve son équilibre. Il y a plus grave. Et puis vous étiez d’accord, consentante. Ok il en a un peu profité. Il n’y a pas mort d’homme, ni de femme. Allez soyez indulgente, comprenez le…

Voilà où nous en sommes rendus. A devoir comprendre l’inacceptable.

Les vraies victimes ne seraient donc pas celles que l’on croit. Les femmes aux vies démantelées, brisées, bien amochées (je ne parle même pas des enfants) ne seraient pas tant à plaindre que ça au final. Allez, les filles, demain ça ira mieux ! Buvez une bonne dose de positivisme, ajoutez-y quelques gouttes de gratitude, parsemez votre boisson de pépites de « nos pensées créent notre réalité » et vous aurez le cocktail de choc pour vous en sortir, comme des grandes, sans l’aide de personne !

Et puis oubliez bien vite ces vilaines mésaventures. Le reste de la terre est déjà passé à autre chose.

Aux victimes de violences psychologiques…

Partir

Partir sans se retourner

Arrêter de trouver des excuses

Arrêter de penser que l’autre va changer

S’extraire de la peur avant qu’elle nous foudroie

Avant que le pire n’arrive et nous noie

Partir

Mais j’oublie

Il faut savoir dire “oui” au vide

Dire “non” à la folie

Nos esprits lobotomisés ne peuvent plus réfléchir

Nos corps ne peuvent plus réagir

Nos cœurs ne peuvent plus nous guider

Loin de la prison dans laquelle nous nous sommes recroquevillés

En attendant que cessent les hostilités

Partir

Le choix le plus délicat

L’acte le plus courageux qui soit

Partir ou fuir

Sans laisser d’adresse

Sans croire aux promesses

Sans se retourner

Quand l’instinct de survie nous murmure

Qu’il faut y aller

S’échapper

Sans douter

Ne minimisez jamais ce qu’endurent les victimes de violence psychologique, au sein de leur foyer, au travail, dans leurs relations amicales. Ne pensez par que partir / mettre un terme à une relation toxique est un acte simple et sans danger. Ne pensez pas qu’un peu de “bonne volonté” peut venir à bout de l’emprise. Ne jugez pas. Écoutez, tendez la main, soyez présents et laissez chacun / chacune se reconstruire à son rythme, en son temps.