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Sensibilisation Violences Conjugales #7

L’emprise isole, c’est un constat frappant. Elle isole pendant la relation, après la relation. L’emprise est un véritable lavage de cerveau en bonne et due forme. La victime met du temps à se rendre compte que ce qu’elle vit n’est pas normal. Pendant ce temps, le travail de sape opère, jusqu’à la laisser dans un état flou, asphyxiant.

Elle est alors incapable de déterminer le vrai du faux. Ceux qui disent qu’il faudrait justement en parler ne comprennent pas qu’elle se trouve dans une incapacité à savoir où elle en est, ce qui vient d’elle ou de l’autre. Elle se demande chaque jour si ce n’est pas elle qui est folle, si elle n’a pas simplement tout inventé, si ce n’est pas l’autre qui voit juste, si ce n’est pas l’autre qui est dans le vrai.

Si elle en parle, on lui répond de manière rationnelle. Sauf qu’il n’y a plus rien de rationnel dans sa vie. Elle est privée de sa capacité à réfléchir, à faire des choix, à décider ce qui est bon pour elle ou ne l’est pas.

Si elle raconte ce qu’elle vit, elle sait déjà ce qu’elle va entendre, des mots qui ne font aucun sens. Normal, la personne à qui elle parle ne sait rien de ce qu’est l’emprise ou elle en a une idée assez générale. Elle n’imagine pas une seconde ce que peut vivre la victime au jour le jour. Elle est dans le factuel et dans le factuel quand on vit de la violence, on sauve sa peau.

Ce que l’autre ne comprend pas c’est que la victime sauve sa peau tous les jours. Tous les jours, elle déploie une énergie hors du commun pour faire face à ce qui la bousille. C’est devenu instinctif, elle ne pense pas, elle sait.

C’est bien normal que les personnes, n’ayant jamais eu à faire à l’emprise, ne comprennent pas ce mécanisme. Et heureusement d’une certaine manière. Si on pouvait rentrer dans la tête de ces manipulateurs, on deviendrait fou. C’est bien pour ça qu’il y a des professionnels formés sur ce sujet et de plus en plus car la menace est grande. On le voit dans l’embrigadement religieux, dans les sectes, dans le harcèlement au travail, le couple, la famille…

La solitude vaut pendant la relation et après la relation. L’emprise peut perdurer longtemps après la rupture que la relation ai duré 3 mois, 3 ans, 30 ans. Pendant ce laps de temps le bourreau a investit le cerveau de sa victime, il a joué avec tout ce qu’il avait sous la main, il a fait d’elle une marionnette. Reprendre son pouvoir ne se fait pas du jour au lendemain, d’autant plus que le bourreau ne va pas lâcher si facilement sa proie. Il y tient, c’est elle qui le nourrit et qui lui donne de la consistance. Sans elle, il n’est rien!

Une fois la personne sortie de la relation toxique, elle va se confier davantage, essayer de partager des bribes de son vécu pour mieux avancer. Elle a besoin d’être entendue dans sa souffrance, d’être soutenue dans ses démarches, d’être accompagnée dans son processus de deuil et de reconstruction. Elle a besoin d’être confortée dans sa décision, qui sera sans cesse remise en question.

Et bien souvent elle entendra les mêmes commentaires, des paroles vides de sens. Celles de personnes qui croient pourtant l’aider, de personnes qui souvent l’aiment et veulent le meilleur pour elle, de personnes qui ne comprennent ni ses rechutes ni ses appels au secours, des personnes qui croient juste de la secouer, de la bousculer pour qu’elle réagisse.

Alors, elle remarquera qu’elle est fondamentalement seule face à une montagne à gravir. Dans beaucoup de cas, elle fera marche arrière, elle repartira avec son agresseur, au moins avec lui elle sait pourquoi elle souffre et puis après tout ce n’était pas si terrible! Moins compliqué que ce sevrage déroutant en tous cas. Dans d’autres cas, elle se fera aider, et c’est sûrement ce qui la sauvera!

La solitude demeurera comme sa plus grande fragilité et sa plus grande force. Après la colère contre le jugement, les avis des autres, elle intégrera que dans cette histoire qui est la sienne, elle seule a les clés. Après tout que les autres comprennent ou pas, peu importe, elle tient le plus beau entre ses mains: elle est vivante! Et c’est à elle seule qu’elle le doit!

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Sensibilisation Violences Conjugales #6

La fin d’une relation, quelle qu’elle soit, implique un deuil. Et comme tout être humain normalement constitué, on en vient à bout, chacun à sa manière, chacun à son rythme. Dans un couple où la violence prédomine, le deuil se fait mais il est bien différent. Et je crois qu’il est plus que temps qu’on arrête de nous seriner à longueur de journée, que ce n’est qu’une question de volonté.

A votre avis, quelle est véritablement la part de liberté d’une personne, quand son être a été sous emprise pendant 6 mois, 2 ans, 10 ans, 25 ans?

Le cerveau d’une victime de violence est conditionné. La séparation n’agit pas comme une baguette magique et ne lui rend donc pas toutes ses facultés d’analyse et de raisonnement du jour au lendemain. Elle était en sursis pendant sa relation et elle l’est tout autant après. La violence a laissé des traces, certes invisibles, des traumatismes avec lesquels elle doit composer, tout en tentant de reprendre le contrôle de sa vie.

Son deuil, comme tous les deuils, sera fait de hauts et de bas, de beaucoup de bas parce que dans l’élan de son départ, elle n’a pas pensé à un éventuel jugement, une confrontation, aux dossiers sans fin qu’il faudra remplir pour dénoncer le mal qui lui a été fait, aux efforts qu’il faudra qu’elle déploie pour assumer le quotidien avec un esprit embrouillé qui est capable de lui murmurer que c’est peut-être elle qui a tout inventé. Elle n’a pas pensé que peut-être sa parole et ses droits seraient remis en question, qu’il lui faudrait revoir son agresseur, faire face à son excès de gentillesse ou à sa fureur. Et heureusement, sinon elle n’aurait pas fait ce pas libérateur.

Arrêtons de lui dire qu’il est temps de passer à autre chose, que son conjoint ne mérite pas qu’elle en bave autant, qu’il faut regarder le bon côté des choses. Elle ne rêve que de ça. Mais sa réalité est bien plus floue et complexe, tiraillée entre colère, tristesse, culpabilité, pitié (et l’autre ne va pas lésiner sur cet aspect là, c’est son arme la plus redoutable), envers l’autre et pire envers elle.

Face à un tel traumatisme, seule une aide psychologique lui permettra de refaire surface. Mais une écoute attentive peut être aussi très efficace, si elle n’est conditionnée par aucun jugement, ni limitée par aucun cliché. Etre écouté c’est aussi être entendu dans sa souffrance à l’instant T. Et ce n’est pas négligeable pour une personne qui a été beaucoup dévalorisée, dénigrée et mise de côté.

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Sensibilisation Violences Conjugales #5

Au chapitre des violences, on en distingue plusieurs: la violence physique (la plus visible), la violence économique, sexuelle, morale, psychologique, dans certains cas la violence religieuse…

Les coups font mal, les mots font mal et le silence tout autant. Quand je parle de silence, je ne parle pas des quelques minutes ou parfois quelques heures pendant lesquelles deux personnes en conflit ne se parlent pas et boudent dans leur coin, ni du silence consenti entre deux conjoints qui ne souhaitent plus communiquer, ni du silence comme moyen de se protéger face à des personnalités toxiques et dangereuses (cette forme de silence est celle qui est préconisée aux individus qui fuient une relation d’emprise, de violence)

Je parle du silence qui s’impose pour une raison obscure, le silence comme punition parce qu’on a un peu trop souri au voisin de palier ou demander de baisser le son de la télévision au mauvais moment ou oublié de changer les draps, le silence méprisant qui écarte, met de côté, va jusqu’à nier l’existence, la réalité d’une personne.

Je parle du silence qui dure au-delà de quelques heures, qui peut atteindre des jours voir des semaines.

Je parle du silence qui renvoi une personne à l’état d’objet et encore un objet on en prendrait un peu plus soin, un silence oppressant qui vient grignoter tout ce qu’il peut rester d’humanité dans un corps, un silence qui porte atteinte à la dignité.

Je parle du silence qui creuse le lit de la peur à l’intérieur, peur du bruit dans la serrure, peur d’un regard, peur de l’assiette qui tombe par terre, peur de la nuit et des corps qui se rapprochent.

Je parle du silence comme un mur – les mots flottent et se cognent, les maux grandissent. Un silence comme un coup de poing à chaque tentative de dialogue. Un silence qui amplifie une crise.

Je parle d’un silence froid, inquiétant, que rient ne semble pouvoir briser, le silence qui quitte la pièce dans laquelle vous êtes, qui vous ignore dans la rue, qui refuse tout contact, qui prend ce qu’il a à prendre, qui vous tue à petit feu, sans que personne ne se rende compte de rien.

Le silence est un fléau, une violence sourde et muette, qui abîme l’intérieur des êtres et les pousse au bord de l’abîme.

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Sensibilisation Violences Conjugales #4

Encore un cliché à déconstruire qui voudrait que la victime soit responsable, qu’elle soit la cause de la violence. La culpabilité des victimes de violence est grande et à de nombreuses reprises, la personne se dit que “si” oui si elle n’avait pas dit telle ou telle chose, si elle n’avait pas oublié le beurre, si elle n’avait pas parlé au voisin de palier, si elle avait fait comme si de rien n’était…

Alors finalement les bourreaux ne seraient que des victimes et aux victimes d’endosser le costume de ceux qui dans le silence anéantissent leurs rêves et leurs vies. N’échangeons pas les rôles, s’il vous plait.

Il y a les “si” des autres, ceux qui ne savent pas, qui n’imaginent pas, qui se disent finalement que la violence c’est pas plus grave que ça. Puis il y a les “si” de celles et ceux qui voudraient comprendre pourquoi. Pourquoi encore les mots, pourquoi encore les coups, pourquoi encore le mépris, pourquoi encore les menaces et les cris. Pourquoi les “putain mais combien de fois il faudra que je te le dise” ou “la prochaine fois je te brise.”

Et puis il y a tous les gourous du bien être, les psychologues amateurs, les lecteurs avides de bouquins de développement personnel qui te prouvent par A + B que quelque part tu l’as cherché, que tu as ta part de responsabilité dans cette dérive, que c’est peut-être même ta plus grande chance finalement. Que c’est à toi de chercher, de mettre le doigt sur le pourquoi de cette emprise, de sortir de ta case de victime, de sauveur, de bourreau, de quitter le triangle dramatique pour retrouver ton empreinte, ton estime. Il n’y a pas que du faux dans toutes ces théories, mais le processus de guérison ne peut pas se faire quand la personne est sous emprise, quand elle a les deux pieds dans une réalité qui la dépasse.

Aller dire à une victime qu’elle est responsable de sa situation, c’est ajouter une dose de violence à la violence qu’elle vit au quotidien. C’est lui porter un coup fatal. C’est anéantir sa voix. C’est se faire complice. La victime a besoin d’être écoutée, entendue, elle a besoin de pouvoir se confier sans qu’on lui serve ce charabia qui ne fait aucun sens pour elle ou qui la conforte dans l’idée que c’est elle la coupable dans cette histoire. Elle va repartir avec ses “si” sans se rendre compte qu’au final toutes ses remises en question ne changeront rien car il y aura toujours un petit truc qui déclenchera à nouveau la violence. C’est un cercle vicieux infernal!

Je crois qu’il faut arrêter aussi de trouver des excuses à celles et ceux qui harcèlent, menacent, frappent, détruisent l’autre à petit feu. Il faut que la société, la justice fasse son travail, de protéger les victimes et de condamner leurs bourreaux.

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Sensibilisation Violences Conjugales #3

N’as tu jamais entendu cette phrase “ils/elles menacent mais ne passent pas à l’acte”. Un cliché de plus! Si c’était vrai, ça se saurait, nous ne serions pas les spectateurs horrifiés de féminicides (et homicides) dont le chiffre ne cesse de nous filer des sueurs froides.

Je pense que les gens qui disent ça ne se sont jamais non plus retrouvés dans des situations si dangereuses qu’en un quart de seconde tu vois ta vie défiler et tu t’attends à ce que l’autre te bousille, au sens littéral du terme.

Une menace est une réalité. Que ce soit une menace de mort, une menace de te priver de quelque chose, de détruire ta vie, de te prendre tes enfants et j’en passe. Oui je sais au commissariat de police, on te rit souvent au nez, c’est presque toi qui passe pour la folle de service. “Et puis, c’est vrai quoi, sur le coup de la colère, on dit des trucs un peu barrés. Mais il faut pas s’inquiéter ma petite dame, ça va aller. Allez voir un psy ça vous aidera à mieux comprendre votre conjoint, regardez il a l’air complètement perdu sans vous.”

Sauf que non, ça ne va pas. La menace, je le répète, est une réalité qui doit être prise en compte. Il faut écouter les femmes et les hommes qui la subissent et doivent vivre jour après jour avec ce risque au dessus de leur tête, quand ils sont chez eux, au bureau, quand ils sont dans la rue, quand ils déposent leurs enfants à l’école, quand ils se croient protégés et qu’ils ne le sont pas.

Ces mots jugés soi-disant sans importance conduisent des hommes et des femmes au suicide et tuent physiquement, moralement, psychologiquement des milliers d’individus chaque année, en toute impunité.

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Sensibilisation Violences Conjugales #2

On entend souvent la phrase “A la première claque, il faut partir”. Si c’était aussi simple ça se saurait!

Qui a réellement envie de se prendre des coups? Personne.

Le premier acte de violence physique n’arrive pas par hasard. Le terrain a été préparé pour qu’il passe presque comme une lettre à la poste. Sinon bien sûr, il n’y aurait pas de victimes de violence.

Parfois la violence physique arrive assez rapidement dans la relation et parfois elle met plusieurs années. La personne face à la violence n’a souvent pas de clé, elle est sous emprise, elle est fatiguée, elle vit sous tension la majeur partie du temps. Elle est en sursis et elle tente, à bout de souffle, de maintenir sa vie à flot.

Imaginez un instant vivre dans une peur constante, le jour, la nuit, faire attention à tout, dans les moindres détails, à vos mots, vos gestes, vos silences, vos mimiques. Imaginez et vous aurez déjà une toute petite idée de ce que peut vivre une victime de violence conjugale…

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Sensibilisation Violences Conjugales #1

Je parle avec des gens et je me rends compte que beaucoup ont encore énormément de préjugés sur les violences. Pourquoi se focaliser sur les violences conjugales?

1- Parce qu’elles sont pernicieuses, elles de déroulent au sein du foyer (territoire jugé intime) et elles sont aussi souvent invisibles à l’œil nu.

2- Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur & que mes amies qui travaillent auprès des victimes m’encouragent à le faire.

3- Parce qu’elles touchent les femmes, les hommes et les enfants (et qu’on les oublie souvent)

4- Parce que nous en sommes déjà à 24 victimes de féminicides depuis de début de l’année.

5- Parce que nous sommes tous concernés et que le silence fait plus de dégâts qu’on ne peut le penser.

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Sortir la Colère

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J’ai tourné un peu autour du sujet, j’ai trouvé plein de prétextes. J’avais l’impression que j’avais tout dit, tout écrit. Et puis j’ai craché la peur. Je ne m’en cache pas. Et puis j’ai dit la colère. Finalement, c’est encore là, bien caché, ça existe encore.

En le disant j’ai même compris que ce serait toujours là, quelque part. Les souvenirs s’atténuent, la colère s’apaise, la peur ne me paralyse plus. Ca reviendra par vague, par moments, comme un rappel de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dépassé, de ce que j’ai trouvé de force en moi, de ce qu’il y a de faiblesse aussi.

J’ai posé les mots, les mots qu’hier je retenais prisonniers, comme pour exorciser la douleur, pour raser de la surface de la terre ces quelques années de violence. J’ai cru encore être sous cette emprise féroce, mais non, c’est juste un costume que je porte parfois, celui de cette petite femme fragile, abasourdie par le chaos, déracinée, dont le cœur a explosé en mille morceaux, que son corps ne porte plus.

J’ai lâché la colère et j’ai admis qu’il n’y aurait peut-être pas de pardon. Elle m’a dit que ce n’était pas nécessaire et j’ai laisser les conseils des autres s’évanouir dans l’air. J’ai fini par pardonner d’autres situations, alors peut-être que le temps. Ou pas. J’ai d’autres choses à construire.

J’ai dit l’intérieur de moi, plus facilement qu’hier et c’est déjà un grand pas. C’est un peu l’histoire de ma vie, m’estimer, m’affirmer, m’exprimer. Je vais laisser la colère sortir, pas à pas. A mon rythme. Je vais l’accepter aussi, ce n’est pas toujours facile! Je vais l’accueillir comme il se doit, elle a tous les droits d’être là.

Un chantier qui se termine. Le prochain je le pressens mais je le laisse en jachère. J’ai besoin de repos, un peu moins de questions, un peu plus de souffle, comme à la fin d’une course. Il sera toujours temps de s’y coller un jour. Un jour…

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Couple: Attention Danger!

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Ecrire sur le sujet, j’avais donné. Je m’étais même dit que je pouvais tourner la page, de toute façon si les expériences des uns servaient aux autres, ça se saurait et le monde serait plus beau et moins cruel que ce qu’il est. Toutefois je ne peux pas oublier que l’expérience d’une femme est ce qui m’a en partie sauver la vie. Alors, que faire?

En en discutant avec ma sophrologue lors de notre dernière séance, je me suis rendue compte que de toute manière, que je le veuille ou non, cette expérience (comme les autres d’ailleurs) faisait partie intégrante de ma vie, que je pouvais la reléguer au fond d’un placard si je le souhaitais en me disant que je l’avais dépassée, qu’elle resterait ce qu’elle est et qu’elle pourrait potentiellement se rappeler à moi de temps en temps.

Alors, voilà, j’écrirai encore, de temps en temps, sur le sujet. Parce qu’il est d’actualité, parce que j’en ai marre de voir qu’on ne parle que de violence physique, alors que la violence revêt plein d’autres formes, parce que quand j’écoute les gens parler, il arrive que beaucoup de feux rouges s’allument et que si tout le monde se tait, la violence continuera à faire des victimes.

En écrivant mes états d’esprit ce matin, je me suis demandé à quoi ils auraient ressemblé si je les avais écris il y a 10 ans. Et bien, à peu près à ceux d’aujourd’hui ou de la semaine dernière. Parce qu’à l’époque quand je parlais de ma vie de couple, j’occultais complètement le moche. C’était une manière de me protéger. Si j’avais ouvert les vannes j’aurai perdu pied. J’avais besoin d’afficher un bonheur sans nuage pour survivre à mon quotidien. Mais attention, tout n’était pas noir et c’est bien pour cette raison que j’arrivais à me persuader que ce qui n’allait pas ne faisait pas le poids avec ce qui allait! Un bon dîner et j’oubliais les heures d’angoisse, un café pris en terrasse et j’occultais le silence glaçant des 7 derniers jours, un restaurant et je mettais sous le tapis les humiliations régulières.

Et puis je lui trouvais des excuses, une enfance difficile, une intégration compliquée, l’éloignement de sa famille, de sa culture. Parce qu’il en avait chié, il avait le droit de me pourrir la vie. La solution de facilité! Sauf que rien, absolument rien, ne légitime la violence, qu’elle soit dans les mots, les gestes, les menaces, la domination. Arrêtons un instant d’essayer de comprendre les bourreaux et intéressons nous pour de vrai aux victimes.

Alors mes états d’esprit auraient été plutôt positifs, ils auraient été le reflet d’une réalité rêvée, pour ne pas tomber, d’une réalité maquillée, pour que personne ne sache. Si quelqu’un avait su, quels auraient été mes choix? Partir, je n’en avais pas le courage. Pas encore. Alors qui aurait compris? Qui aurait compris que je reste dans une relation destructrice qui me bouffait mon énergie et ma santé psychique? Qui aurait permis que cette mascarade continue? Qui serait resté à mes côtés?

Tout le monde ou presque avait des doutes, mais je donnais si bien le change que c’était difficile de voir au delà de la façade tranquille et souriante que j’affichais en toute circonstance à l’extérieur. Les larmes, les cris, ce n’était que chez moi, la porte fermée à clé, quand je savais qu’il n’était pas là. Je n’ai jamais parlé de lui en négatif. Il faut dire qu’au début c’était presque un dieu pour moi. A cette époque, je ne voyais pas le toxique, je pensais que ses sautes d’humeur, ses mots blessants, ses attitudes déplaisantes étaient liées à une très grande sensibilité. La belle affaire! A cette époque, j’étais dans la remise en question permanente. Je me disais que c’était à moi de changer, que c’était moi qui voyait le mal partout, qu’il fallait juste le comprendre, que la vie à deux c’était des hauts et des bas et que tout allait bien, donc. Je ne voulais pas voir que j’avais changé (et pas en bien), je ne voulais pas voir que j’étais malheureuse. J’étais dans le déni total. Je dérivais sans m’en apercevoir.

Alors bien sûr aujourd’hui c’est plus facile pour moi de voir les signaux d’alarme. Ce qui ne veut pas dire que je puisse faire quoi que ce soit ou que je sois à l’abri. Par contre je peux écrire, je peux dire et je peux alerter. Après, chacun son histoire, chacun son chemin et sa façon de le mener.

J’ai appris de cette expérience que le couple n’est pas tyran, il n’est pas toxique, il n’est pas là pour nous challenger sans cesse, il n’est pas conflit permanent. Il n’a pas vocation à nous montrer nos ombres, nos failles 365 jours par an. Le couple n’est pas la domination d’une personne sur une autre ni la soumission d’une personne a une autre. Le couple est complémentaire et si il nous apporte plus de larmes, de peur que de rires et de confiance, alors la question “à quoi bon vraiment le vivre” se pose?

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Challenge Ecriture 17

Je suis rentrée, la tête comme une pastèque, le corps fatigué. Pourtant je ne t’ai vu que quelques minutes tout au plus.
On a du échanger quinze phrases. Rien de bien terrible, que de la mécanique. Celle de la victime que tu es et du bourreau que je suis. Tu veux me faire croire que tu as changé, quand tout en toi, respire le mensonge. Tu penses qu’avec quelques pirouettes monétaires tu vas nous faire rêver.
Mais ce n’est pas ça, ça c’est du bouillon habituel, des mots faute de mieux, des promesses abracadabrantesques. Un appartement, une école haut de gamme, pourquoi pas un haras, une oliveraie, tant qu’on y est !
Rien de trop beau soit disant ! Pour ton fils, tes entrailles ! Mais tu n’es même pas capable d’aligner trois mots dans sa langue et tu voudrais qu’on oublie tout, qu’on te déroule le tapis rouge, qu’on dise « amen » les yeux fermés.

C’est pas tant cet air hautain que tu prends pour me parler, ce sourire hypocrite, ce tintamarre obsédant qui m’a filé le tournis.
C’est ce foutu ballon du PSG. Ce trophée. Cet objet pourtant insignifiant qui te place du côté des gagnants. Alors que tu ne fais que te pavaner, imiter, mimétisme de pacotille.
Ce sont tous ces cadeaux sans âme que tu lui refiles, comme pour redorer ton image.
C’est le vide de ton personnage, ton identité translucide. Tu n’es que ça, du vide.

Ce n’est pas parce qu’il est un tout jeune arbuste, en quête de racines, que tu peux jouer avec lui. Ses bases il les a et elles ne viennent pas de toi.
Est-ce que je suis heureuse de ça ? Non. Pourtant aujourd’hui j’ai compris que tu n’avais rien à lui offrir. Parce que tu n’as rien. C’est triste à dire, je ne pensais jamais pouvoir le dire de quelqu’un.

Il te faudrait plus qu’une potion magique, plus qu’un filtre enchanté, plus que tout l’or du monde, il te faudrait plus de mille vies pour compenser l’absence, le mépris, ta suffisance. Ils peuvent tous dire ce qu’ils pensent, je sens, je sais, qu’autour de toi tout n’est que nuisance. Ta présence n’est pas une menace, juste une longue plainte dont l’écho nous frôle encore parfois.

Mais lui et moi nous savons de quoi nous somme faits. Ta loi ne fait pas le poids.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème dans lequel le dernier mot de chaque phrase devra être le premier mot de la phrase suivante. Hâte de voir ce que cela va donner! Au plaisir et amusez-vous bien!

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Chemin de guérison – Fin

Photo by Ann H on Pexels.com

Reste t’il vraiment des choses à écrire sur cette histoire? Au fond, est-elle le début ou la fin? Qu’a t’elle pris, qu’a t’elle rendu?

Je voulais mais je crois désormais que ce qui n’a pas été écrit ne le sera pas, jamais. Il ne restera que les images et les émotions, cette sensation qui ne se décrit pas. Au fond qui a besoin de savoir tout ça?

Je crois que j’ai longtemps voulu qu’on reconnaisse ce que j’avais vécu, pour ne pas avoir encore et encore à me justifier. Qu’on me reconnaissance surtout, pour que je ne sois plus cette petite chose fragile qui se cogne partout, qui se blesse pour avoir la sensation fugace d’être encore en vie.

Je n’ai rien à prouver non plus. Je sais ce que j’ai vécu, peu importe les mots qu’on pose sur les évènements. Je dois aussi accepter que certaines personnes ne comprendront jamais totalement ces années d’errance. Il en va ainsi de la vie et de ses tourments.

A force d’attendre de l’extérieur ce qu’on est seul à pouvoir se donner, on finit par se perdre, une fois de plus. On ne fait peut-être que ça d’ailleurs, se perdre pour un jour peut-être se découvrir vraiment!

2010 aura été. Et ce qui s’est passé demeurera, non pour me retenir, mais pour me montrer ce que j’ai enduré, surmonter. Peut-être qu’elle est là, la clé de la libération. Que le monde sache n’y changera rien si moi-même je ne suis pas prête à lâcher prise.

Je garde les mots qui viendront. Au fond, ils ne regardent que moi.

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Chemin de guérison #4

Photo by Mads Thomsen on Pexels.com

On entend souvent “le passé c’est le passé, on ne peut pas le changer, mieux vaut aller de l’avant”. Je crois que toutes les personnes qui sont en vie aujourd’hui et qui ont vécu l’emprise, sous toutes ses formes, vont de l’avant. Si elles évoquent encore le passé, c’est pour mieux le conquérir, l’intégrer. Elles ont juste parfois besoin qu’on les écoute, rien de moins, rien de plus.

Je vous glisse ici, pour celles et ceux que ça intéresse, la conférence de Anne Laure Buffet sur le sujet. Elle explique très bien ce qu’est l’emprise et ses conséquences sur la vie des personnes concernées.

Le texte ci-dessous a été écrit en ce sens, pour montrer la complexité de ce type de relation. C’est toujours beau d’entendre les autres dire “si tu n’étais pas heureuse, il fallait partir” ou “pourquoi tu n’es pas partie à ce moment là, tu voyais bien qu’il y avait quelque chose qui clochait? “ou pire “tout est une question de choix!” Si c’était si facile il n’y aurait pas autant de drames.

Ce texte parle d’un instant, seulement, le jour où mon ex-mari m’a obligé à téléphoner à mes parents pour leur annoncer notre mariage imminent, en sachant très bien qu’ils étaient contre et que cette annonce ne serait pas reçue avec enthousiasme. Nous avions déjà derrière nous deux années de maux dont une pendant laquelle nous ne nous étions pas parlés.

***

Il y avait entre nous
Le téléphone posé
Sur la table basse
Présence silencieuse
Sourire macabre

Un appel imposé pour poser le cadre
T’imposer en maitre du jeu
J’avais tiré les mauvaises cartes
Foutu hasard !

Un coup de fil comme un coup de poing
Je retardais l’instant
Je ne maitrisais rien
Annoncer un mariage imminent
Auquel j’avais cédé
Pour un peu de paix
Dans un quotidien désarticulé

Sortir des mots
Auxquels on croit
Sans y croire vraiment
Mentir sur commande
Je savais faire ça

Faire semblant
Masque porté comme une protection
Sourire transporté comme une seconde maison
Puis déposé en rentrant
Mes larmes bruyantes sur la moquette
Esquisse d’un tourment
Impossible à apaiser

Dire et
Ecouter les bruits de l’annonce
Se fracasser contre les tempes
Sentir la peau se fissurer
Les poumons manquer d’air
Devant ton visage satisfait

«Tu vois que tu pouvais ! »
« Je suis fier de toi, mais c’est dommage qu’il ait fallut en arriver là ! »
« Allez viens, on va célébrer ça ! »

Un pardon de plus
Un pardon naturellement posé
Sans arrière-pensée

Et l’attente de la chute
D’un regard posé sur l’abîme
D’une main qui sentirait la blessure secrète
Suinter sous l’armure

Mais il n’y avait personne pour voir ça
Personne pour savoir

Elle devait être faite d’acier
J’ai tout encaisser
La peur, l’angoisse
Cette impression de sombrer dans une folie sans nom

L’amour meurtri
L’amitié menacée
L’inconditionnel fissuré

Ne perdre personne en chemin
Dans cette course insensée
A ton bonheur

Dans ce compte à rebours
Pour une union
A laquelle je me sentais partagée
Partie-prenante et étrangère
Dans tes filets j’étais tombée
Et je ne pouvais m’y soustraite

Pas de déclaration romantique
Juste un
« Pour 200€ je trouverais quelqu’un qui voudra bien, mais
C’est toi que je veux »

Des menaces à n’en plus finir
Un harcèlement de chaque instant
Le jour
La nuit

Pour un « oui » plein de tourments
Pour un « non » j’avais déjà tant pris
Que je n’aurais pas pu m’en sortir vivante

Blesser ceux que j’aime
Sans intention
Me perdre
En circonvolutions
Tenter de maintenir un cap artificiel
Oasis fantasmé
Modeste illusion
Une image bien polie
Pour survivre à la tentation
De dire « oui » à la nuit…

***

J’ai écrit ce matin, un matin à l’allure printanière. Retrouver l’envie de toi, du plaisir au goût d’éternité.

J’ai écrit ce matin, juste après ton départ, après les maux dits maladroitement et le divin mêlé.

J’ai écrit ce matin, pour retenir, ni toi, ni moi, pour me souvenir de ce que nous sommes ensemble, même dans le désordre, au gré des jours d’absence parfois longs puis ta présence, le parfum acidulé de ce temps dans tes bras.

J’ai écrit ce matin, comme poussée par une force, celle qui bat en toi et qui est venue me cueillir sur le chemin des doutes, puis réveiller mon désir, me laissant libre de larmes et ivre de l’union.

J’ai écrit ce matin, après ton départ, avec ton odeur, avec ta peau encore contre la mienne, dans un rêve qui s’éloignait et qui pourtant n’est jamais bien loin, pour peu que je tende la main.

J’ai écrit ce matin, parce que tout ce que je vis depuis bientôt 4 ans c’est comme une découverte, c’est comme les premiers pas d’un enfant, c’est quelque chose d’inattendu, de magique, quelque chose qui me laisse le coeur au bord d’un vide qui ne me fait pas peur.

J’ai écrit ce matin, pas pour laisser une trace, peut-être juste pour me rappeler que c’est bien vivant!

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Un chemin de guérison #2

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La façon dont les mots caracolent sur mon corps laisse imaginer ce qui fut – passé – présent – résilience, mise en marche de l’acte de libération – guérison.

***

J’ai fait l’amour à la nuit
Pour égorger les démons dans leur sommeil
Effacer les traces
La honte collée aux flancs de l’espérance

De mon enveloppe de femme s’envole un cri
Celui de la bête qu’on punit
Le sang versé se répand
Sur l’orgueil du mâle dominant

***

Entendre ta voix
Quelques notes
Timbre apaisant
Qui jamais ne se moque

Ta voix
Comme si tu étais là
Un morceau de toi

Vibrent les cordes
De cette partition
Dans laquelle tu t’investis
Dans laquelle je pensais
Que personne n’oserait

Il est si facile d’aimer
Plus délicat de se laisser aimer
De se laisser approcher
Plus que d’ordinaire

De se voir presque
Comme dans l’eau d’un lac
Vision un peu déformée par les secousses
Et si pure pourtant

N’est-ce pas ton regard
Qui me donne un peu plus d’audace
N’est-ce pas l’étincelle que j’y capte
Qui m’appelle à quitter ma peau élimée

Pour une nouvelle
Celle cachée par des années
A être si mal aimée

Lien vers le chapitre 1

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La voie du pardon est-elle toujours possible?

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En discutant autour du Pardon ce midi, je me suis interrogée, comme souvent après une conversation qui touche un point un peu sensible. On est tous d’accord pour dire que le Pardon c’est le Must, la Voie Sacrée! C’est surement aussi l’une des plus belles des preuves d’amour.

Justement, quand on aime, le pardon c’est presque naturel, par forcément là, maintenant, parce qu’il y a le deuil, un chemin à faire. Mais le pardon et l’amour, ça s’accorde bien et tant qu’il y a de l’amour, le pardon est possible.

J’en ai fait du chemin sur le pardon. Je n’y croyais pas beaucoup au début, ça paraissait un peu simpliste comme principe. Et puis au fil du temps, j’ai perçu les subtilités de l’approche, j’ai mieux compris ce qu’il était, ce qu’il impliquait. Le pardon, c’est toujours un choix, jamais une obligation. On n’impose pas le pardon et on ne se force pas non plus à pardonner. C’est un chemin très personnel qui ouvre sur quelque de plus grand et nous aide également à nous libérer, à guérir. Ce n’est au fond pas un acte aussi altruiste qu’il y parait!

Les actes de pardon que j’ai pu poser par le passé m’ont tous amenée à une ouverture plus grande, une compréhension différente de l’autre, un accueil, m’ont permis aussi de m’alléger d’un poids et parfois ont eu des impacts forts autour de moi. En y réfléchissant, ces “pardons” se sont imposés à moi, comme une intuition, une évidence. J’ai pris conscience que les actes, les mots, les silences, les non-dits, les mensonges, les ruptures, les séparations avaient touché quelque chose en moi, mais que ce quelque chose, même blessé, existait toujours et que pour ressusciter, en quelque sorte, le pardon était ma clé.

Je me suis donc demandée ce qu’il arrivait au pardon quand il n’y avait pas ou plus d’amour. Et plus particulièrement, par rapport à mon vécu personnel, dans des situations de violences conjugales, d’emprise psychologique. Je ne dis pas que ce n’est pas possible, je me demande juste dans quelle mesure ça l’est, comment ça s’articule face aux évènements marquants, traumatisants de nos existences.

En quatre ans de relation et trois de procédure de divorce, j’ai pardonné des dizaines de fois. J’ai compris, j’ai entendu, j’ai accueilli les maux, les failles. J’ai pardonné pour ma survie et parce qu’il y avait quelque part quelque chose de plus fort que le dégoût et la haine, plus fort que l’indifférence, quelque chose qui me permettait de tenir debout. J’ai pardonné par lâcheté. Puis je suis partie. Et là le pardon m’est apparu comme une chimère. Là, il n’avais plus sa place. Quelque chose était mort.

Je crois que ce qui m’a finalement libérée et permis de me reconstruire c’est d’avoir fais le choix de ME pardonner. C’est quelque chose qui pesait lourd, trop lourd. Je ne sais pas si j’y suis pleinement arrivée, si je me suis tout pardonné. On nous vend le pardon comme le remède miracle. Dans l’absolu, j’aime l’idée mais entre le quotidien et l’absolu, il y a la vie!

Selon moi, chaque choix est ce qu’il est, il nous appartient et il est juste pour nous. Pardonner ne fait pas de nous des “saints” et ne pas pardonner ne fait pas de nous de “mauvaises personnes”. Le pardon doit rester cet acte engagé de soi face à soi-même et non un acte contraint parce que c’est “bon”, parce que c’est “bien” ou encore dans l’air du temps. Le pardon n’est pas un but ou une fin en soi. On peut vivre sans pardonner et être heureux. On peut pardonner et ne jamais venir à bout de nos maux. Il y a autant de chemins qu’il y a d’existences et d’expériences de vie.

A l’heure qu’il est, je dis “merci” à cette histoire qui a existé et qui m’a permis de sortir d’un long sommeil dans lequel je m’étais perdue depuis de très nombreuses années. Pour le reste, je ne sais pas, dire que j’ai pardonné serait un mensonge je crois. J’y arriverai peut-être un jour, ou pas. Mais au final, cela ne regarde que moi!

Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Dans le corps d’une autre

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Quand le sang coule
La période se veut chaste
La femme attend la pause
Qu’elle accueille comme un cadeau
Reprendre le contrôle de son corps
Apaiser le chaos de son cœur

Elle n’envisage pas le creux
Celui dans lequel pourtant on se glisse
Sans ménagement
Jambes écartées pour recueillir
Le plaisir tabou
Qu’on ne se donne pas seul
Au risque de frôler le néant vengeur

Temps de femme
Qu’on ne respecte pas
Un va et vient sans âme
Qui va plus loin
Toujours un peu plus
Comme si c’était autorisé

Temps rouge sang
Sur le drap blanc immaculé
A l’intérieur le corps se serre
L’invitation est imposée
Les cuisses rougies par
Le silence d’une masturbation orchestrée
Pour éviter le châtiment d’un Dieu manipulé

La femme est, sans être
Là, pour le plaisir d’un autre
Assommée par la demande insistante
Les cuisses enduites d’huile
Pour apaiser la brûlure
Qui de jour en jour s’étend
Qui de jour en jour ploie face au néant

Osera-t-on aller au-delà
Violer la porte du sanctuaire
Celui qu’elle protège d’intrusions saccadées
En ce temps privilégié ?

Osera-t-on s’immiscer
Dans les méandres de l’intime
Plus profondément encore
Que ces caresses égoïstes ?

La femme disparait
Laisse l’autre faire ce qu’il a à faire
Elle abandonne la partie
Vole, son esprit au-delà
La scène en bas est jouée par une autre
Qui de peur, dans l’incompréhension, se noie.

Ce texte est extrait de mon prochain recueil de poésie “2010”, qui sera partagé ici en PDF (sur don libre) et en Papier (si quelques personnes sont intéressées)