En coulisse

En coulisse quelque chose se dessine, un nouveau départ. Ce temps loin d’ici me permet de reprendre vie, de m’épanouir plus sereinement. L’inspiration manque moins que le temps. J’écris en coulisse avant de vous livrer le fruit de cette hibernation estivale, avant de vous dévoiler le nouveau dessin de mes envies.

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Un peu de silence…

Je ne pourrais dire pourquoi j’ai soudain besoin de ce vide, de cet espace pour respirer loin de ces mots qui chahutent et font plus de bruit que les voix autour de moi.

Je ne pourrais dire ce qui se passe dans mon corps, lourd, fatigué, qui réclame une pause, un peu plus que quelques heures de sommeil perturbées par des rêves déstabilisants.

Je ne pourrais dire mais je note tout ce qui passe en moi, ressentis, envies, désirs, histoire d’y voir clair.

Je me laisse le temps de revenir à mon équilibre, de retrouver mes marques. J’oublie souvent, prise dans le tumulte du quotidien, que j’ai besoin de silence, de calme, de paix, de temps pour me ressourcer, loin du Monde. Ma façon d’être et d’exister. Mon identité.

 

Sisters

Elle marche près de sa sœur, le bras passé sous son bras, la tête penchée vers celle de sa sœur. Une belle image que rien ne peut troubler. Elles se racontent sûrement des histoires de petites filles. Elles sautillent par moments, prises d’un fou rire hors du commun. Elles s’agrippent l’une à l’autre, froissant leurs robes en liberty. Qu’importe. Elles tournent parfois la tête pour voir si leur nounou les suit bien. Et quand elles saisissent son clin d’œil, elles retournent à leur petite vie bien faite.

Elles dessinent leurs rêves sur le sable de la plage, se jurant fidélité pour toute la vie. La vie les a bringuebalées, les a séparées, puis les a réunies. La vie leur a fait faux bond, les a couvertes de tendresse et a fait couler leurs jolis yeux bleus. La vie semble les avoir épargnées, les avoir protégées des chagrins les plus atroces, ceux qui résistent au temps. La vie les a opposées, les a arrachées à leurs certitudes. La vie les a contraintes à trouver de nouveaux repères, à partir sur de nouveaux chemins, à tenter des expériences, à vivre de splendides victoires et des échecs qui les ont laissées un peu perdues. C’est très long et parfois si court une vie.

Les albums ont perdu de leur éclat. Les photos reflètent un temps qui ne sera plus. Il ne reste que des souvenirs de ces années passées, de ces époques un peu oubliées. Il y a bien encore quelque jouets qui se disputent l’espace, quelques poupées qui se lanceraient bien dans une mise en scène de théâtre pour sortir de leur léthargie. Il y a bien quelques peluches emballées soigneusement qui attendent qu’un enfant les trouve et les adopte. Il y a bien des bibelots qui auraient quelque chose à raconter, des secrets à dévoiler. Il y a bien quelques livres posés sur une étagère, annotés. Et des cartes postales dans une grande boîte, signées de personnes que l’on ne connait plus.

Le temps passe et gagne du terrain, comme la tempête qui emporte tout sur son passage. S’il n’y a qu’une chose qui tient, c’est la main de sa sœur dans la sienne, épaule contre épaule. Elles font presque la même taille aujourd’hui. Elles regardent dans la même direction la vie qui s’en va. Elles repensent à hier, avec une pointe de nostalgie. Elles voudraient le temps d’une promenade retrouver leur innocence. Elles se contentent de savourer l’instant présent et d’éclater de rire, comme avant.

Bonjour Juin!

Juin est arrivé, surplus de tendresse au petit matin, bisous sucrés au bord de la table du petit déjeuner. Juin nous invite à aimer, danser, espérer, profiter de chaque grain de soleil, de tous les petits riens qui forment le tout de la vie, hauts et bas compris, coups de coeur contre coups de blues, qui ne durent jamais longtemps.

Juin est arrivé avec son lot de rendez-vous, fêtes de fin d’année, derniers achats avant l’été, préparation des grandes vacances qui nous font déjà rêver.

Juin est arrivé, le nez au vent et les pieds nus glissés dans des escarpins dorés, robes légères ouvertes sur des jambes bronzées. Juin se prélasse une orangeade bien fraiche à la main et nous promet des notes sucrées pour les fins de repas, pris à l’air libre, assaisonnés de soleil et de fraîcheur quand la nuit vient, sous les étoiles qui scintillent et nous donnent l’impression de pouvoir palper un semblant d’éternité.

Le chemin parcouru

On liste souvent ce qu’il nous reste à faire (ou devenir). On se dit souvent que se construire c’est un long processus, se reconstruire un chemin rempli de petits pas qui s’additionnent, un chemin en pente qui nous parait souvent sans fin.

Et si nous regardions juste quelques minutes en arrière, juste le temps de voir le chemin parcouru, le temps de lister justement tout ce dont nous pouvons être fiers, les victoires gagnées au prix d’incroyables efforts sur soi, les nuits d’insomnie consommées pour trouver notre voie, les souffles comptés nécessaires, les marches gravies à la force de nos poignets, les reconquêtes de notre corps, de nos cœurs, de nos pensées, mille fois meilleures qu’hier.

Et si nous pouvions apprécier, avec bienveillance, d’où nous venons. Et prendre le temps de nous poser avant la prochaine ascension. D’ici quelques mois le sommet nous paraitra plus accessible, notre équilibre ne sera plus si fragile.

 

Autant de temps

Du temps d’avant

D’avant ce temps

Qui nous échappe

Du temps qui passe

Et nous enlace

Avant que tout ne casse

Du temps d’après

Temps des regrets

Mendier au ciel

Des heures de veille

Lassés d’attendre

Que le temps veuille bien

Nous entendre

Un rendez-vous hors du temps à Marseille (avec P’tite Delph)

On s’est donné rendez-vous sur le vieux port. J’arrive en avance, je griffonne quelques mots assise face à la mer et aux voiliers, une invitation à prendre le large, à tout donner, tout oser.

Je me lève, je te vois. C’est étrange. Toi et moi, là, dans ta ville, loin de l’écran qui nous protège très souvent, loin de nos mots qui ne disent bien que ce que nous souhaitons dévoiler. Tombé l’anonymat. Nos visages se font face. C’est étrange et délicieux à la fois.

Tu es bien là Delphine, en chair et en os devant moi. Quand j’ai vu que le dernier bus quittait Marseille à 20h40, j’ai pensé à toi. Te voir. Non pas mettre un visage puisque je le connaissais déjà. Juste passer ce temps, loin de nos écrans, échanger sur tout ce qui nous lie, depuis quelques années, sur tout ce qu’on partage, mots échangés, secours de tous les instants, cartes envoyées, petits colis appréciés, soutien inestimable quand la vie prend l’eau de partout.

Nous allons nous asseoir pour papoter, au soleil, avant qu’il ne se cache. C’est bon d’être là avec toi. Tu ressembles à tes mots. Tu es ce courage qui transpire à chaque article écrit à la force de ton amour pour la vie. Tu es naturelle, authentique. Pas de masque. Tu as raison, le rire des enfants nous entraine à leur suite. Ton sourire aussi, baume apaisant pour les jours de pluie. Je le garde près de moi.

Le temps passe trop vite, déjà l’heure de partir. Tu m’accompagnes jusqu’à la gare. Prolonger au maximum ce rendez-vous que nous attendions depuis longtemps. On se dit au-revoir, une photo et je monte dans le car. Un dernier signe, il faut savoir. Je t’imagine attendre le signal, avant que tu ne regagnes ton chez toi, que tu retrouves Happy!

Merci d’être toi et de m’avoir accueillie dans ta vie. Merci aussi pour mon petit escargot, fan comme toi d’Arlo, que tu gâtes si souvent. J’aimerais pouvoir être là plus souvent, te passer un coup de fil, pour qu’on aille ensemble partager un moment. Nous avons fait le premier pas vers une nouvelle histoire. C’est certain, on se reverra!

 

Cycle

La vie est cycle. On le sait et pourtant on oublie si vite.

La vie est un cycle qui nous invite à grandir, à nous épanouir, à prendre pleinement conscience de nous-mêmes.

La vie est un cycle et notre âme a des désirs. Elle ne nous laissera jamais passer à côté de ce qu’elle souhaite vivre.

Ce qui n’arrive pas reviendra. Ce que nous évitons se représentera. Sous une autre forme.

La vie est cycle. Une chance pour nous de ne pas être condamnés par nos choix.

La vie est cycle et espérance.

Les hommes de ma vie

Je les ai aimés. Mal aimés. Je les ai aimés passionnément avec la peur omniprésente de les perdre. Je les ai perdus. Et tant mieux. Je les ai aimés avec toute la fougue de mes vingt ans puis toute la folie de mes trente. Je les ai aimés en me reniant complètement. Je les ai aimés en les faisant passer avant moi, en changeant mes idées, en ignorant leurs faux-pas, subjuguée à l’idée que de tels hommes aient pu poser les yeux sur moi. Je les ai aimés avec fougue, le cœur émietté. Je les ai laissés jouer avec mon cœur, avec mes sentiments tous neufs, avec mes idéaux fragiles.

Nous n’avions souvent rien en commun. Nous avons créé des souvenirs, certains doux, de ceux dont on parle parfois entre amies quand on se souvient du passé avec nostalgie, d’autres trop tristes pour être évoqués, même sur le ton de la plaisanterie.

J’éprouve une certaine tendresse pour certains de ces hommes, ceux qui sont partis, en déposant un bouquet près de mon lit, ceux dont les photos parlent encore de ce qui n’est plus mais fut, charmant, gracieux, joyeux, plein d’honnêtes sentiments.

Je remercie chacun d’eux pour m’avoir faire comprendre une chose essentielle, une chose à côté de laquelle je serai passée s’ils n’avaient pas été là, la relation la plus importante de toute ma vie.

Loin d’eux commence alors la rencontre que j’ai trop longtemps retardée, par crainte de devoir me regarder en face, par peur de faire face à mes démons. La seule véritable rencontre qui a de l’importance ne les inclut pas, juste le temps que je me sente enfin en paix avec moi.