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Tous ces raccourcis qui nous pourrissent la vie

Virginie l’écrivait ce matin, l’inspiration est partout. Aujourd’hui, elle est arrivée dans une conversation entre collègues. Souvent j’écoute et je ne dis rien. Là, je suis intervenue. Ils parlaient d’un collaborateur en ces termes « il marche à deux à l’heure, il est lent, à côté de Laurence, c’est le jour et la nuit !» Il s’avère que cette personne souffre d’une grave maladie qui la handicape physiquement. Je le sais mais j’ai envie de dire il n’y a pas besoin de le savoir pour voir, ouvrir les yeux, regarder l’autre être et vivre. Et surtout ne pas tirer de conclusions hâtives.

Les raccourcis, nous les connaissons tous, nous en avons fait les frais, nous y avons recours parfois. Nous nous reprenons. Ou nous continuons à déblatérer sur l’autre, comme s’il n’était pas un être humain mais plutôt un meuble, une chose sans importance.

Je me dis assez souvent que les gens doivent vraiment s’emmerder dans leur vie pour parler autant de celle des autres. Et pas souvent dans des termes très élogieux. On en entend tous les jours des raccourcis du genre. Prêtez l’oreille, je suis certaine qu’à la fin de la journée, vous aurez au moins une anecdote à partager.

Je trouve ça triste. Les raccourcis peuvent être inoffensifs comme traumatisants. Ils peuvent faire sourire parfois, en fonction de l’humeur du jour, ou bien être à l’origine de troubles plus graves. On pourrait se dire qu’un raccourci, ça va. Le problème c’est que ce raccourci est souvent partagé. Un raccourci devient une rumeur. Et la rumeur, tout le monde le sait, ça prend des proportions que nous maîtrisons rarement. Sauf qu’une fois que le mal est fait, il n’y a plus de retour en arrière possible.

Un jour, on parle avec un collègue en sortant du travail. Le lendemain, on a une liaison.

Un jour, on file une fessée à  son enfant, à bout de tout. Le lendemain, on le maltraite.

Un jour, on pose un arrêt maladie. Le lendemain, on est une tire au flan payée aux frais de la princesse.

Un jour, on fait un compliment à une collègue. Le lendemain, on est poursuivi pour harcèlement sexuel.

Un jour, on prend une photo de son enfant de quelques mois nu dans son bain. Le lendemain, on est un pervers de la pire espèce.

Un jour, on refuse un verre de vin. Le lendemain, on est une fille coincée, mal baisée.

Un jour, la vie est ce qu’elle est, avec son lot de hauts et des bas. Le lendemain, elle change parce qu’une personne, au lieu de s’occuper de son nombril, a jugé bon d’aller colporter tout un tas d’inepties à votre sujet.

Bien sûr personne n’est à l’abri de dire des conneries. Mais tout le monde peut faire amende honorable. Ce n’est pas compliqué. Il suffit de se mettre à la place de l’autre pendant quelques minutes, généralement c’est assez efficace !

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Ce n’est pas si compliqué!

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Vous voudriez que je souris, que je vous sois agréable. Surtout au cœur de cette journée désagréable. Les meetings qui s’enchainent, vos supérieurs qui vous font des misères, vos subordonnés qui sont incapables de vous rendre un travail bien fait. C’est vrai qu’elle est insupportable cette journée…

Alors vous attendez au moins que je sois gentille, que je ne vous claque pas la porte au nez parce que vous m’avez mal parlé – après tout vous jugez sûrement que vous avez des circonstances atténuantes. La pression est telle, trop pour un seul homme. Et puis, vous devez vous dire que je suis là aussi pour ça, tempérer vos humeurs, faire descendre la pression – il faut bien que vous passiez vos nerfs sur quelqu’un. Et vous savez aussi qu’une fois la tempête passée, je ne vous en tiendrais pas rigueur. Je ne suis pas rancunière pour un sou. Je vous dirais que vous avez un peu abusé sur ce coup là.

Aujourd’hui, je n’ai pas particulièrement envie de vous faire plaisir, j’ouvrirais bien ma gueule, mais comme je suis une fille bien élevée, je ne me départirais pas de mon sourire. C’est un peu ma force quand la tempête fait rage, un baume apaisant pour vous quand tout fuse de tout côté et que vous ne savez plus où donner de la tête. Une assistante sur mesure c’est presque le St Graal!

Mais laissez moi vous faire une confidence, juste une. Si vous me parliez poliment ça irait beaucoup mieux. Je ne fulminerais pas tout seule dans mon coin en pensant que vous êtes un goujat de la pire espèce.

Je ne vous demande pas de sortir le grand jeu – ça vous arrive parfois pourtant – juste le minimum syndical – un bon début. C’est aussi simple que cela. Je ferais alors les choses que vous me demandez avec plaisir et un sourire franc. Je me plierais en quatre pour vous, vous écouterais sans ciller me parler de vos problèmes professionnels ou personnels, si vous m’y invitez, je donnerais même mon avis. J’aurais à cœur de rendre vos journées aussi fluides que possible. Je pousserais même la gentillesse jusqu’à vous proposer un thé.

Un “merci” et un “s’il vous plait”, ce n’est pas sorcier. Vous voyez ce n’est pas si compliqué de contenter une femme!

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Une femme libre!

J’ai dit OUI plus d’une fois par le passé, à fleur de peau, terrassée par la peur. Peur des menaces. Peur de la violence qui ne se dit pas. Face à la confiance qui se délite, j’ai dit OUI pour avoir la paix. Pour ne plus trembler derrière la porte. Face au mépris, l’instrument des lâches, j’ai abdiqué. J’ai dit OUI en croyant résister. Peur de perdre ci ou ça. Ceux qui nous narguent le savent bien, ils finiront par avoir le dernier mot. J’ai lâché la barre face au harcèlement qui n’en finit pas. J’ai dit OUI pour la forme, pour ne pas avoir à gérer les heures, les jours de silence, ma punition.

J’ai tremblé face aux mots blessants, aux paroles lancées en l’air comme autant de sabres puissants. J’ai fait fi de mes sentiments pour pouvoir encaisser. Je me suis brûlée les ailes à toujours vouloir trouver des excuses à tous, tout le temps.

J’ai dit OUI à celui et à celle qui m’ont écrasée du poids de leur égo surdimensionné. J’ai dit OUI dans la détresse, perdue, paumée, affaiblie, cassée. J’ai dit OUI pour pouvoir continuer. Quand il ou elle ne pensait qu’à me faire tomber.

J’ai dit OUI aux insultes, aux mots durs, aux ricanements, aux pressions.

J’ai dit OUI dans ma vie scolaire, professionnelle, conjugale. J’ai dit OUI en me voyant fragile, incapable de me défendre. J’ai dit OUI en faisant taire celle que j’étais, non pas pour me fondre dans la masse, mais pour me faire toute petite, pour qu’on ne me remarque surtout pas, qu’on m’oublie presque (de cela est né un besoin de reconnaissance que j’arrive doucement à dompter) dans le coin, là-bas.

J’ai dit OUI trop souvent, renonçant à moi-même, à mon identité, à mes émotions.

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Aujourd’hui je dis NON.

NON à toi pour tes mots blessants, infondés.

NON à toi qui me juge.

NON à toi qui te permet de me lancer ton mépris à la figure sous prétexte que tu te trouves au-dessus de moi dans la hiérarchie.

NON à toi qui abuse de ton pouvoir.

NON à toi qui ne donne rien.

NON à toi qui impose ta manière de voir ou gérer les choses.

NON au harcèlement, à la folie, aux menaces (elles ne me font plus peur), au déni, à la vague destructrice qui s’empare de toi quand tu ne te contrôles plus, aux regards de travers, aux yeux baladeurs, à ton paternalisme désuet.

Je ne suis plus cette petite chose fragile, cette enfant contrainte, cette adulte apeurée, cette employée qui ne fait pas de vague, qui encaisse chaque remarque, chaque tentative de conflit en chaussant son masque souriant, pour faire plaisir. Je suis une femme libre !

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L’autre, mon meilleur miroir

On entend souvent dire, et plus le temps passe plus je suis d’accord avec cette idée, que le comportement des autres nous renvoie à nos propres forces et faiblesses. Chaque personne serait dans notre vie pour nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes. Le quotidien serait donc un magnifique terrain d’apprentissage en vue d’une meilleure connaissance de soi.

Nous sommes nombreux à porter un jugement sur l’autre, notre parent, un ami, nos collègues, les gens que nous croisons, des inconnus parfois. Et si chaque jugement émis nous renvoyait à un problème à l’intérieur de nous ? Y avez-vous déjà pensé ?

Prenons la violence en exemple. C’est quelque chose que nous sommes nombreux à exécrer. Pourtant la violence est humaine. Elle est en chacun de nous, que nous le voulions ou pas, à différents degrés bien évidemment. Le regard que nous portons sur la violence d’autrui nous évite de regarder celle qui existe au fond de nous. En portant notre attention sur l’extérieur, nous nous dispensons d’une analyse approfondie de nous-mêmes. Il en va de même avec la colère, l’injustice, le manque de tolérance. Nous sommes les premiers à ne pas comprendre ces comportements. Et s’il y avait un peu de tout ça en nous ? Difficile à admettre, j’en conviens…

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Je vous parlais mercredi du crêpage de chignon de deux de mes collègues. Avec le recul, je me suis attachée à chaque personne de l’équipe dont je fais partie. Et je me suis rendue compte que je retrouvais un peu de moi dans chacun et chacune d’entre elles :

  • Un soupçon de victimisation.
  • Un petit côté commère (c’est si simple de se moquer – pas intelligent pour deux sous mais drôle parfois – surtout vis-à-vis des gens bêtes et méchants).
  • Une âme de suiveuse encore parfois (quand cela semble plus simple de faire partie du groupe que d’être isolée).
  • Un problème d’affirmation de soi (je tape rarement du poing sur la table pour dire «c’est comme ça et pas autrement»).
  • Quelques restes de l’école et du harcèlement dont j’ai fait l’objet pendant 3 ans.

J’ai pris conscience, pleinement conscience, c’est-à-dire que j’en suis convaincue et que je ne fais plus rien dans ce sens (ça m’a pris pas mal de temps entre la compréhension, l’acceptation et la mise en pratique) que nul ne peut changer l’autre. Le changement vient de nous. Je n’ai donc aucune velléité de faire revenir mes collègues sur le droit chemin. Mais je sais que je peux et dois encore travailler sur moi.

Et vous, que voyiez-vous dans l’autre ? Ou comment voyiez-vous l’autre ?

Crédit Image – Folie Supreme Tumblr

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O bonheur du crêpage de chignon !

Je te situe la scène. Mardi matin, tu te lèves du bon pied pour te rendre au travail, le sourire aux lèvres. Souviens-toi, tu aimes, que dis-je, tu adores ton travail. Et tes collègues, tous plus charmants les uns que les autres. Aujourd’hui on ne parlera pas de ton patron. Il fait beau, les mouches pètent (de joie !) Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Puis PATATRAC.

La jolie coquille de ta journée de rêve se fendille. Tu as à peine un pied dans ton sublime espace de travail – si tu connais toi aussi la magie des open-space, tu comprendras de quoi je veux parler – quand tu entends Lucette lancer :

  • Elle ma saoule l’autre (comprend sa collègue de travail), elle fait toujours tout de travers. J’en ai ras le bol de la supporter. D’habitude je me la ferme (pas souvent quand même) mais là elle va m’entendre.

L’autre, à qui on va donner un joli prénom aussi, histoire de ne pas faire de jalouse, Yvette, n’est pas encore arrivée. Et là, t’as presque envie de prier pour qu’elle soit terrassée par une fièvre sans précédent, qu’elle ne puisse pas quitter son lit de la journée, de la semaine.

Puis PATATRAC again.

Yvette se pointe, sourire aux lèvres, comme toi ce matin (sourire un peu fané à force d’entendre la même rengaine depuis, depuis quand déjà ?). Mais oui souviens-toi, il fait beau et les mouches pètent (plus pour longtemps). Elle allume son ordinateur, en chantonnant.

Et BOUM.

Le mail de Lucette l’attaque de plein fouet (non mais un mail quelle idée ! Surtout quand on travaille à moins de 3 mètres et qu’à côté de l’open-space, on trouve des bureaux (fermés), prêts à être utiliser pour une petite mise au point.) Beaucoup plus sympa d’en faire profiter tout le monde ! (bien que je ne partage pas cet avis)

Yvette réplique forcément. Et tout valse. Même les vieux potins refont surface. On en a plein les oreilles. Et trop peu de temps pour respirer entre les allers-retours serrés. Chacune s’en donne à cœur joie. Jusqu’à l’épuisement. Yvette ne reconnaitra jamais ses erreurs. Lucette n’avouera jamais qu’elle  y a été un peu fort (après tout c’est l’autre qui a commencé – on reste à jamais de grands enfants! )

Match Nul. Incompatibilité de personnalités.

Qui a raison, qui a tort. Aucune idée.

Mais je pense quand même qu’il y a une manière de dire les choses. Faire passer un message, c’est toujours délicat. Toutefois, quand c’est fait dans les règles de l’art, ça a le mérite de faire la part des choses, de remettre chacun sur la voie et de résoudre les conflits, avant que le point de non retour ne soit atteint. Il faut bien sûr que l’autre accepte de discuter du problème.

Pour nous, c’est loin d’être gagné. En ce moment, tout le monde reprend des forces jusqu’à la prochaine mise à mort. Lucette n’en est pas à ses débuts (elle a déjà réussi à rallier pas mal de bonnes âmes à sa cause, des mecs surtout). A moins, qu’Yvette, convaincue d’être victime de harcèlement moral, ne lance les dés dans une autre direction. 

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Annonce officielle : Je suis une Courgette !

Pour info, dans le langage de mon patron chéri adoré, une courgette est une fille qui n’arrive pas à SA hauteur, une fille qui ne rentre pas dans sa définition de « qu’est-ce qu’une bonne assistante » ?

La métamorphose s’est faite dans la nuit du jeudi au vendredi, à mon insu (et c’est ça le pire, chers lecteurs!). Je suis passée de la working-girl en tailleur noir et chaussures vernis à la courgette de service. Et c’est bien entendu mon cher patron, à l’humeur de rose (tendance rose fanée) qui me l’a fait remarquer.

Il était dans son bureau, entourée de deux nymphes, qui l’écoutaient blablater, en lui souriant béatement. Il adore se sentir admiré ! Enfin, revenons à nos moutons, il a pris son téléphone pour me demander si j’avais eu des nouvelles de son parapheur super méga urgent, que j’avais récupéré une heure avant, non signé (O’Malheur !)

Ma réponse ne lui a pas plu, comme le fait que les assistantes du DG, qui sont les reines des « courgettes » n’aient pas remarqué cette même absence de signature. C’est là, à cet instant précis, qu’il m’a dit « vous êtes une vraie courgette vous aussi. » Derrière lui, les deux oies blanches ricanaient. Elles n’ont pas percuté qu’un jour ou l’autre elles auraient pu elles aussi être transformées en légume vivant.

Mon patron doit avoir un rapport particulier avec les aliments et les légumes en particulier. Car si tu n’es pas une courgette, tu peux être une aubergine, ce qui est considéré comme plus flatteur. Bien sûre l’aubergine, ça a des formes !!

J’avoue préférer être une courgette, car cela veut dire qu’il n’y a aucun risque que mon patron blague légèrement avec moi, chose que je déteste au plus haut point. Je suis une courgette et je marche fièrement, sous les néons des réverbères. Et toc !

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Source – 123RF

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Ces journées qui s’éternisent…

Ce matin, en ouvrant les volets, j’ai vu le ciel d’Automne me saluer. J’étais bien. Il faut dire que j’aime l’automne. J’aime voir les feuilles tomber, j’aime les marches en forêt à la recherche de marrons et de feuilles pour réaliser un herbier. J’aime les journées bien au chaud. J’aime reprendre mes aiguilles pour faire un peu de point de croix ou m’initier au tricot. J’aime les feux de cheminée, les chocolats chauds, les thés aux épices. J’aime le froid qui balaye mon visage et mettre mes mains dans les poches.

J’aime l’ambiance de l’automne. Mais aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi la journée semble durer plus longtemps que prévu. Les heures défilent lentement. J’ai une envie irrésistible de fermer les yeux, mes paupières sont lourdes. Je regarde les minutes sur mon écran et je compte celles qui me séparent de la fin de ma journée de travail.

Je baille. Je n’ai rien envie de faire. Je suis saoule de fatigue. Et je rêve déjà de mon lit. Dehors, les arbres bougent au gré des assauts du vent. Peut-être qu’un tour dehors me ferait du bien. Il va falloir que je trouve quelque chose à faire pour m’occuper l’esprit, pour que le temps passe plus vite.

Certains dossiers patientent mais je n’ai pas le courage de me plonger dans leur étude. Ca attendra bien demain. Je vais à deux à l’heure aujourd’hui et j’aimerai pouvoir prétexter une urgence, pour m’éclipser sur la pointe des pieds.

Il y a des jours comme ça où on voudrait bien avoir le pouvoir d’accélérer le temps !

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Source 

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C’est pas ma journée !

J’ai bien failli passer ma journée dans le monte-charge.

Avant (avant quoi d’ailleurs, avant que tout ne change, avant que je ne me retrouve qu’avec mes yeux pour pleurer et mes mains pour cacher mes yeux tristes, avant que la vie ne me donne un bon coup de pied dans le derrière et ne m’oblige à rectifier le tir avant la catastrophe, avant tout ce qu’était devenu ma vie et qui n’était pas moi, enfin bref avant la chute, avant le goût amer laissé par le dernier baiser, avant la remontée pénible, les montagnes russes, l’envie de ne plus se battre et se battre encore, avant l’oubli balayant la colère, l’indifférence balayant la vengeance, enfin bref avant que je ne tourne la page, que je retrouve un semblant de normalité dans ma vie de tous les jours), je me serai dit « C’est pas ma journée ! ».

Avant tout ça, j’étais très forte pour m’imposer des journées de « merde », des journées où tout allait de travers.

Comment peut-on croire qu’une journée qui commence par une biscotte cassée dans son café au lait (qui rend le café imbuvable, avec toutes ces pellicules de beurre nageant à la surface du liquide marron tant adoré pourtant) se terminera bien ?

Comment peut-on croire que le destin ne va pas en profiter pour tout saboter sur son passage?

Sans le savoir, je m’imposais moi-même ces journées pourries. J’arrivais à me convaincre qu’une tuile en provoquerait une autre. Et le pire, c’est que tout ce qui m’arrivait dans cette fichue journée me donnait raison. Je n’avais pas de bol, tout simplement. J’étais condamnée à supporter tout ce qui allait pouvoir me tomber sur le coin du nez, avec le sourire (par-dessus le marché).

Mais ça c’était avant. Avant que je ne comprenne que j’avais mon mot à dire, que la journée pouvait mal débutée et très bien se terminer, que je pouvais contrer le destin et surtout arrêter de voir tout ce qui m’arrivait comme quelque chose d’irrémédiable et de catastrophique.

Donc ce matin, dans le monte-charge, j’ai respiré, et après avoir réussi à sortir (non sans mal), je me suis dit « quelle journée de merde ! » (On ne tire pas un trait catégorique du jour au lendemain sur un réflexe vieux de 20 ans). Deux secondes après, j’ai oublié cette phrase débile et je me suis dit en moi-même « la journée vient à peine de commencer ma belle, à toi de faire que la suite soit belle… »

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Un weekend aux petits oignons

Ou comment finir plus fatiguée le lundi au réveil que le vendredi au coucher (techniques révolutionnaires « inside », à ne suivre sous aucun prétexte)

Cher lecteur, je vais te confier cette recette, pour que surtout tu ne mettes pas les pieds dans le plat, à la première occasion.

Une bonne dose de dernière minute (une facture à établir de toute urgence à 16h45 un vendredi soir). Fiche le camp avant que tes collègues ne sortent de leur léthargie. Si leur journée commence à 16h, c’est leur problème.

Un soupçon d’hypocrisie (un chef d’entreprise qui vise l’excellence et qui après t’avoir fait déplacer 3 fois pour 5 RDV, n’a même pas la délicatesse de te téléphoner pour te dire qu’il a choisi quelqu’un d’autre pour le poste et préfère de loin ne pas répondre à tes mails.) Envois lui un mail salé sur son absence de professionnalisme.

Une poignée de “confessions intimes familiales” (la mère et ses filles réunies, c’est l’occasion de sortir ce que l’on a sur le cœur. Une maman qui assure qu’elle est au top, mais qu’elle n’a plus goût à rien. C’est bizarre mais être lasse et bonheur ne riment pas ensemble pour moi.) Souviens-toi toujours que tu n’es pas responsable du bonheur des autres. Le bonheur est un choix personnel et ni ton amour, ni ton dévouement, ni ta générosité, ni ton optimisme ne peuvent faire le poids face à quelqu’un qui ne veut ou ne peut pas être heureux.

Quelques gouttes d’impondérable (il ne manquait plus que ca, la reine-mère qui fait des siennes. Pompiers, SOS Médecins, Ambulance, direction les Urgences. La journée tranquillos avec ton Boubou se transforme en marathon express : AIT (accident ischémique transitoire), Infection urinaire et Infection des poumons.) N’oublies pas de rappeler à ta grand-mère qu’a 84 ans, on n’hésite pas à aller chez le médecin, même pour une bronchite, et de l’engueuler par la même occasion, quand tu constates que son studio ressemble à un gourbi de SDF.

Une cuillère à soupe de grosse frayeur (ton petit prince qui manque de s’étouffer en mâchouillant son lapin en peluche, tire un fil et vomis tout dans son lit, fort heureusement). Refuses catégoriquement toute peluche dans le lit.

Un mélange d’absentéisme et d’égoïsme (ce n’est pas dur d’abandonner 24h son homme et de prêter main forte, de seconder une mère épuisée, qui se rend compte que garder son petit-fils 10h par jour, ce n’est pas de tout repos.) Aies le courage de prendre ton téléphone et de dire à ta sœur qu’elle pousse un peu quand même.

Un bol de whisky (Un ex qui joue avec tes nerfs, te fais du chantage, te demande des comptes, t’accuse de ne pas être une mère a la hauteur et t’épuise tant que tu n’as qu’une envie, prendre le combiné et lui hurler dessus « tu me saoules, fiche moi la paix ».) Remballes tes mots et fais le mort.

Credit Image – Pinterest RasLeBol

Tu constates que c’est une recette qui déchire. Mais au milieu de tout ça, il y a quand même eu une très jolie enveloppe, avec de belles décorations de Noël qui est arrivée, avant que ce weekend ne tourne au fiasco et qui a permis de déposer ici et la, quelques touches de douceur. MERCI CATHERINE !

Et vous votre week-end, sympa ou tout aussi mouvementé que le mien ?

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Etre plus heureux au travail, un remède miracle ?

Je suis tombée sur cet article du magazine Top Sante qui donne 6 conseils pour être plus heureux au travail. Super, je vais enfin voir la vie en rose (en ce moment j’ai mon patron en face qui planche depuis 25 minutes sur un mail, sur le bureau de mon collègue qui regarde dubitativement l’écran, se demandant si c’est du lard ou du cochon – c’est bien drôle je vous assure!)

Alors, passons à la recette miracle qui va transformer mon quotidien un peu fade, et le votre aussi peut-être, par la même occasion.

1. On redonne du sens à son travail

Quesako?

Plus loin ils sont gentils, ils nous disent “de nous souvenir des raisons qui nous ont poussés à prendre ce boulot” Pour moi, c’est manger et payer les factures, élémentaire mon cher Watson!

Donc c’est bien ce que je pensais mon boulot me nourrit. Je sens que je vais apprécier encore plus mon logis et nos vacances, avec tous les efforts que je mets à l’ouvrage!

2. On recentre son boulot autour de ses talents

Ce n’est pas gagné. Pour briller dans le monde de la finance, il faut aimer la compétitivité et être “marketable” (c’est le nouveau mot a la mode chez nous). Que des qualités que je n’ai pas.

Je vais continuer à sourire alors!

3. On brise la routine

Pour épicer son quotidien! Ca veut dire que demain je vais aller me balader entre midi et deux, si la pluie ne fait pas de siennes et le vent ne vient pas troubler mes envies. Sauf que pour briser la routine, il en faut des idées!

4. On embellit son environnement de travail

“On personnalise son espace de travail”. Le problème, c’est que mon espace de travail c’est un bureau avec juste ce qu’il faut de place pour l’ordinateur, le téléphone et quelques dossiers. Le vase de fleurs, je le mets par terre?

En plus on travaille en “open space”, un pur plaisir comme vous pouvez vous en douter, mais inutile de vous dire que la bougie parfumée à la cannelle ne fait pas l’unanimité!

5. On améliore ses relations avec ses collègues

“On les surprend en apportant des croissants, on leur fête leurs dates d’anniversaires”. Tout ça je le fais déjà, c’est que je les bichonne mes petits collègues, mais ça ne change pas la donne pour autant.

“On est poli, on sourit”. Pour ça aussi j’ai pris un abonnement. On ne peut pas dire que l’ambiance soit mauvaise, je crois juste que d’être confinés dans un 75m2 pendant 8h, ça finit par nous taper sur le système, c’est aussi simple que cela.

6. On recharge ses batteries

Pour lutter contre le stress et la fatigue, il faut faire des pauses, “écouter de la musique, lire un bon roman”. Je ne suis pas contre, et je suis certaine que ça va plaire à mon patron. Attendez C., la c’est ma pause de 4h, je prends une collation et je lis un chapitre de mon bouquin!

Les pauses au compteur sont la pause pipi et la pause thé, mais comme tout le monde sait tout ce que tu fais à chaque minute, pas vraiment possible d’embarquer un livre avec toi aux toilettes! Ce n’est pas comme à a la maison!

Pour résumer, il va falloir revisiter ces bons conseils, ils ne tiennent pas vraiment la route dans mon cas et pourtant ils ont été écrits par une psychologue du travail (ah oui quand même!), auteur du livre “fais ce qu’il te plaît”…

Sauf que si ton boulot te fait vivre, fais ce qu’il te plaît c’est carrément casse-gueule!

Je vais m’en passer je crois. Mais je vais continuez à me rappelez qu’un mois de boulot me donne droit à un petit nid douillet, une ou deux sorties avec Boubou dans le mois, un cinéma de temps en temps et des petites économies pour les vacances, alors que demander de plus!

Sinon vous en avez des conseils à partager?