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Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

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Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

La question à laquelle tout le monde répond, le nom d’un métier, d’une fonction particulière. Sommes-nous le poste que nous occupons ? Nous définissons-nous seulement par la place que nous avons au sein d’une entreprise ?

Un métier qui plait. Un métier qui a du sens. Un métier épanouissant. Qu’est-ce que mes parents ont pu me le répéter! Et pourtant quand il a fallut choisir une voie, ils ont tout misé sur la sécurité!
Combien de prestations, combien de formations pour nous guider vers le métier de nos rêves ?
Combien de déceptions, de doutes, de vides rencontrés dans cette course effrénée ? A être quelqu’un. A être reconnu.
Combien de diplômes ? Combien de voix empruntées pour faire valoir notre droit d’exister ? Combien d’heures à chercher ce fameux “sens”, cette mission de vie dont on nous dit que c’est la clé de l’épanouissement?

Et si, nous étions plus que ça ? Nous sommes plus que ça.

Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Je suis MOI.
Tu es TOI
C’est TOUT et c’est déjà BEAUCOUP!

Un métier ne nous définit pas. Une facette de notre personnalité ne nous définit pas. Notre identité est bien plus que tous ce mots que nous essayons de mettre bout à bout pour dire qui nous sommes, ce que nous faisons, comment nous vivons.

On peut chercher des années – et j’en sais quelque chose – un métier, un avenir plus prometteur, un rêve plus abouti.

C’est ce que nous mettons dans ce que nous faisons, ce sont nos vibrations qui font la différence. Il n’y a pas une voie meilleure qu’une autre. Il y a ce que nous créons à chaque instant, la manière dont nous vivons, dont nous respirons, donc nous aimons.
C’est ce que nous sommes tout simplement.

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Face à l’ennui

Parfois j’ai les mots
Parfois c’est un grand fouillis
Un immense chaos
Rien d’ordonné
Un tout désorganisé
Je manque de souffle
Je perds le mien
Mon temps est plein d’absences
Un vide immense
Qui sera comblé
Juste un peu de patience
Qui me fait défaut
Un peu trop de bienveillance
Comme un verre plein d’eau
Qui déborde
Et valsent les gouttes
Un peu partout

Sur mes jolies joues
Une claque
Comme un appel
A stopper net
Les pensées qui font comme
Des tourbillons dans ma tête
Un grand bazar
De fin de semaine
Je perds le nord
Je vire à l’est

Et s’accumulent les nuages
Plein de pluie
Qui explosent
Un cauchemar qui survit
A la pause
Ne pas être là où je suis
Quand la source se tarit
Que les heures s’enfuient

Quelles réponses
Face à l’ennui?

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Mon travail – Mon Tabou (3e opus)

die Arbeit macht die gelangweilte Geschäftsfrau sehr müde

Mon dernier article remonte à fin 2018 et comment dire?
Peu de choses ont changé depuis.

J’ai un peu plus de travail en ce début d’année, qu’en 2019. 2019 aura été une année de profond désarroi professionnel, avec toutefois à la clé une reconversion. C’est cette perspective qui m’a permis de garder la tête froide durant ces longs mois de journées vides, de dossiers et de sens.
2020 est arrivé avec une nouvelle direction et l’espoir de lendemains plus chantants. Quelques semaines d’agitation, d’agenda surbooké, de nouveaux sujets à traiter. On apprend vite à se satisfaire de peu. Un peu c’est toujours mieux que rien. Comme un mantra.

Je ne l’ai jamais caché, c’est l’argent qui m’a et me fait rester dans ce poste. Un poste fantôme. Encaisser et garder le sourire. Pour nous assurer, à tous les deux, un niveau de vie correct et agréable. Tout a un prix.
Mais je me rends compte que ce prix a un impact considérable aussi sur ma vie de famille. Après des journées à ne rien faire, je rentre chez moi dans un état de fatigue difficilement qualifiable. Ne rien faire m’épuise. Je me sens comme une fleur privée d’eau, un arbre sans racine.
Je reste aussi pour le confort de ce poste sans âme, un 35h qui me permet d’être là pour mon fils, une certaine flexibilité dans les horaires si besoin, un sentiment de sécurité…

Je sais que c’est temporaire, puisque d’ici deux ans, je lancerais ma nouvelle activité. Progressivement. C’est le maintenant qu’il faut gérer, les 9h-12h30 et 14h-18h sans l’ombre de quelque chose qui me prendra plus de dix minutes de mon temps. Ce sont les minutes qui s’égrènent lentement, la confiance qui se délite, l’enthousiasme qui se prend une claque, le faire semblant qui prime. C’est épuisant de faire comme si…
Puis il y a la patience qui diminue, les humeurs des uns et des autres qu’on gère beaucoup moins bien. C’est un cercle vicieux dont je n’arrive pas à m’extraire.

C’est pas faute de remettre les choses en perspective, régulièrement, de me souvenir du pourquoi je suis là et de me motiver pour l’avenir. Il y a des jours où je perds le goût des choses…

Quand j’ose en parler, difficile pour beaucoup de comprendre ma position. Un CDI par les temps qui courent c’est quand même non négligeable.
Et puis je pourrais aussi changer de poste – dans ma boite actuelle c’est peine perdue, j’ai déjà essayé de me renseigner.
Ou carrément aller voir ailleurs, oui, sûrement, en sachant qu’un poste d’assistante à mon niveau, c’est beaucoup d’investissement personnel, temps que je ne passerais plus avec mon fils. C’est donc hors de question
Je n’espère donc qu’une chose à l’heure qu’il est: tenir, oui, tenir encore deux ans, avoir assez de force pour ne pas sombrer. Parce que je ne peux tout simplement pas me le permettre.

ps – Comme les autres sur le sujet cet article passera sous peu en mode privé. Merci de votre compréhension.

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Interview Femmes Inspirantes #2 – Community Manager, la reconversion de Cécilia

Enfin, un mercredi non férié – non pas que je n’aime pas ça, mais là, ça a coupé net l’élan des interviews des femmes inspirantes! C’est reparti, avec un super témoignage de reconversion, au goût Haribo. Vous allez adorer!

Crédit Cécilia Acidulée

Bonjour Cécilia. Une présentation succincte s’impose avant de passer aux choses un peu plus sérieuses :

Comme tu l’as dit, je m’appelle Cécilia, j’ai 39 ans, je suis mariée et maman d’une petite fille de 3 ans. Originaire de Loire-Atlantique, je vis à Paris depuis plusieurs années. Je suis fan de l’océan (Atlantique évidemment) et ne serai pas contre un déménagement en province pour m’en rapprocher. Je suis une incorrigible gourmande, totalement addict aux bonbons et aux gâteaux apéro. Je ne carbure qu’au beurre salé, j’ai un sens de l’orientation pitoyable, je suis nulle en couture et je ne sais pas dessiner. Sinon, j’ai 12/10ème à l’œil gauche mais j’imagine que tout le monde s’en fout!.

Tu es en pleine reconversion professionnelle. Peux-tu dans un premier temps nous présenter ton parcours ? 

J’ai été pendant de nombreuses années assistante de direction, métier que j’ai apprécié à mes débuts pour sa rigueur et les rencontres qu’il m’a permis de faire. Moi qui suis plutôt avenante, je ressentais le besoin communiquer et en la matière, j’ai été servie. Mais je suis, depuis octobre dernier, en pleine reconversion professionnelle.

Quel a été le déclencheur ? 

Je me suis, dans un premier temps, lassée de ce métier dans lequel je ne m’enrichissais plus intellectuellement parlant. J’envisageais de changer d’entreprise mais au fond de moi, je sentais que cela ne suffirait pas. J’avais déjà envisagé une éventuelle reconversion mais les freins se sont rapidement actionnés. Principalement pour des questions financières. J’ai songé revenir à mes premiers amours (je voulais être éducatrice spécialisée lorsque j’étais jeune) mais la réalité du métier m’a sauté au visage. Beaucoup d’investissement, une faible rémunération et des contraintes horaires dont je ne voulais pas. Je n’étais pas prête à faire ces sacrifices, en tout cas, pas en étant maman.

 Quelles ont été les étapes entre la prise de conscience d’un besoin de changement et le passage à l’acte ? 

Un jour, ma copine Maude Perrier que tu connais, m’a suggéré de créer un blog alors que je ne savais même pas ce que c’était… On était alors en février 2017 et ma fille avait fêté ses 1 an quelques semaines plus tôt. Je me suis dit « Why not ? Après tout, puisque je m’ennuie, je n’ai rien à perdre à tenter l’expérience ». C’est ainsi que mon blog « Bébé est arrivé ! » est né (je l’ai par la suite renommé « CéciliAcidulée »). Alors que je ne connaissais rien au digital, je me suis découvert une véritable appétence. Je suis devenue accroc aux réseaux sociaux et j’avais envie de tout savoir ! Et c’est en cherchant à m’améliorer que j’ai découvert le métier de Community Manager. Cela a été une révélation. Entre certains aspects du métier que je connaissais et les autres qui m’attiraient, je me suis dit Banco. C’était il y a un peu plus d’un an, j’avais alors 38 ans et c’est là que j’ai décidé de changer de carrière !

 Qu’est-ce qui a été le plus simple ? Le plus compliqué ?

Prendre la décision d’opérer un tournant professionnel a été le plus simple car fermer des pages pour en ouvrir d’autres ne me pose pas de difficulté. Je suis plutôt une fonceuse de nature 😉 En outre, le deuil de mon ancien métier était déjà fait et ma vie personnelle me le permettait.

Le plus compliqué je dirais, et je pense que ça fera l’objet d’un article sur mon blog, c’est l’ascenseur émotionnel que je vis depuis plus d’un an. Si je gère plutôt bien mes émotions et mes actions, je supporte difficilement de mettre mon avenir entre les mains de tierces personnes. Et dans le cas d’une reconversion professionnelle, il y a plusieurs étapes où ce sont précisément ces tierces personnes qui décident si oui ou non, tu vas poursuivre l’aventure… J’aime pô ça.

Community Manager – dis-nous en un peu plus sur ce métier. En quoi ça consiste ?

Le métier de Community Manager est, ce que j’appelle, un job couteau suisse par excellence. Il requiert diverses compétences et connaissances, et consiste à (pêle-mêle) : accroître la visibilité d’un site, animer et fédérer des communautés sur les réseaux sociaux, promouvoir une marque, élaborer des stratégies, créer des visuels, etc… bref communiquer !

Tu es sur le point de terminer ta formation, qu’est-ce qui se passe après ? Des projets ? Des envies ?

On y vient, on y vient. Ma formation se divise en deux parties. La partie théorique de ma formation est achevée depuis février et la partie pratique (long stage en entreprise) se termine mi-mai. J’ai encore un rapport de stage à rendre fin juin, et la soutenance orale en juillet de mon projet digital, j’ai nommé DIGICroq (www.digicroq.com). Héhé, vise un peu comment l’auto-promo passe crème !

Après cela, je n’aspire qu’à une chose : trouver LE job de mes rêves !

 Un mot doux (ou sucré) pour la fin…

Du sucre ? Où ? Désolée mais ma gourmandise me rattrape encore ! Je tenais à te remercier, Marie, pour cette interview. Ce fut un plaisir de répondre à tes questions, vraiment.

Je profite de la tribune qui m’est offerte (ouais je sais, ça fait très star^) pour souffler ce petit mot à tous ceux et celles qui rêvent de changer de carrière professionnelle : « Ne vous mettez aucune barrière et autorisez-vous tout ». Et j’en profite également pour glisser mes deux citations préférées : « Aide-toi et le ciel t’aidera » et « Ta seconde vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ».

Mille Merci Cécilia! Un plaisir de t’avoir avec nous, ce matin. Ton interview file la pêche et donne envie de foncer pour réaliser ses rêves, quels qu’ils soient!

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Mon travail – Mon Tabou (7 mois plus tard!)

En mars 2016, j’écrivais ça. 7 mois plus tard, rien n’a changé !

A l’heure où on entend parler  de « bore out » – c’est faible encore et pour cause, qui peut croire que vous ne glandez rien ou presque de 9h à 18h et que cela vous pèse, que le matin vous regardez votre boite mail dépité à l’idée d’avoir trois pauvres mails à traiter, que votre patron ne voit rien – vous êtes là pour le rassurer, ça lui suffit, que vous avez beau essayé de trouver un sujet auquel vous raccrocher, personne ne vous suit, il y a des urgences, votre projet n’en est pas une et quand il y a du travail, c’est tellement bordélique que ça vous fait presque regretter le temps où vous n’aviez rien à gérer.

A cette heure-là, je fais un bilan sur mon passé professionnel et regarde mon avenir sous un nouveau prisme.

Dans tous les postes que j’ai occupé, je me suis vite ennuyée. Six mois, un an, deux ans. Une fois que j’ai fait le tour du poste, je me retrouve souvent désœuvrée. Il faut dire que la mode (et encore c’est le poste dans lequel j’ai le plus appris) et la finance, à la base, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. Mais bon, le poste en lui-même pourrait être intéressant. En janvier prochain, cela fera 5 ans que je suis dans mon poste actuel, dont 3 à me demander pourquoi je reste. J’ai des réponses : pour le salaire, pour le lieu, pour les collègues, pour mes parents, pour mon confort de vie…

Sauf que mis bout à bout toutes ces réponses ne me satisfont plus. Je passe 45h de mon temps au travail et je ne fais rien ni de motivant, ni de stimulant intellectuellement. Je passe le temps. Il y a dix ans j’avais eu la même réflexion et force est de constater qu’en dix ans rien n’a changé. Je suis toujours dans le même genre de boulot, le temps passe et je reste sur le bord de la route.

Quelles sont mes options ?

  • Attendre le départ en retraite d’une collègue prévu en Octobre 2019 dont le poste m’intéresserait un peu plus, dans une autre division du groupe, sans certitude que mon patron soutienne ma demande (on va même dire qu’il y a 80% de chances pour qu’il ne le fasse pas – j’évince tout de suite le potentiel impact des RH dans cette décision – ce sont les dernières personnes à qui je peux faire confiance)
  • Chercher ailleurs, avec encore une fois peu de chance de trouver dans un autre domaine que celui de la finance, avec le risque qu’au bout d’un ou de deux ans je m’ennuie à nouveau.
  • Amorcer un changement de cap. Dans quelle direction ? Le mystère reste entier…

Je crois que j’avais besoin de poser ces mots, après en avoir discuté avec une de mes amies hier. Jamais facile de dire qu’on s’ennuie au travail, jamais facile d’en discuter avec d’autres. Jamais facile de savoir où on est, où on va et comment. Tout en sachant, et c’est peut-être une autre excuse bidon, qu’à la fin du mois, il n’y a qu’un salaire pour assurer / assumer la vie de la maison.

Et vous des expériences similaires? Des reconversions passionnantes? Des envies de changement? Des conseils?

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Mon travail – Mon Tabou

Cela fait quelques semaines déjà que ce billet est en brouillon. Je ne savais pas si je voulais le publier, si je le pouvais. Et puis j’ai lu l’article d’Anna – ça m’a donné l’impulsion. 

La société a beau avoir évolué, le nombre de sujets « tabou » n’a pas diminué. Bien au contraire, fermer sa gueule semble être de rigueur dans de nombreuses situations. Ne pas se plaindre aussi. Et rester positif surtout.

Mon sujet tabou à moi, c’est le boulot.

Ma réalité c’est que je m’ennuie. Je m’ennuie dans mon poste. Bien sûr certaines semaines sont bien remplies. Pas toutes. Celles qui ne le sont pas sont longues. Le temps passe lentement. Même les plus petites tâches, je les laisse trainer. Je n’ai que ça à faire. Autour de moi, tout le monde s’agite. Et moi je fais semblant. Et puis quand c’est chargé, ce n’est pas toujours intéressant non plus. La finance c’est tellement loin de ce que je suis, de ce qui m’intéresse.

J’en parle peu. Voir pas. En fait les personnes extérieures ne comprennent pas toujours. Après tout, j’ai beaucoup de chance et c’est vrai. J’ai un travail, un bon salaire, un salaire qui me permet d’avoir une vie sereine, de nous offrir à mon fils et à moi un équilibre de vie sans stresser dès le 10 du mois. D’ailleurs, comme je suis partie pour ne rien vous cacher, mon salaire c’est ma raison de le garder ce travail. Quand il n’y a pas un deuxième salaire pour assurer tes arrières, c’est tout réfléchi. On ne se pose pas de questions.

Mes proches font l’impasse sur le sujet. S’épanouir au travail c’est un concept étranger pour eux. Et puis un CDI c’est quand même une garantie, surtout au sein d’une entreprise qui marche bien. Le reste c’est rien que des problèmes de riches. Alors je ne dis rien, je brode autour du peu que je fais. On passe à autre chose. Rapidement. Personne n’a envie de s’appesantir sur le sujet.

C’est compliqué à expliquer aussi. N’avoir rien à faire de la journée. C’est presque un comble ! Quand j’évoque le sujet, personne ne me prend au sérieux, tout le monde se dit que j’en rajoute. Ça parait tellement insensé. Alors si sur 8h, j’ai 1h au mieux 2h de travail. Après c’est le vide. Je pourrais m’avancer sur des dossiers, mais au bout d’un moment je n’ai même plus l’envie. Je perds confiance en mes capacités, ma valeur. Tout me parait fade. Je résiste pourtant, je fais diversion. J’essaie de me convaincre – je suis assez forte pour ça – que ça va passer, que la semaine prochaine je me lancerais dans un nouveau projet, que c’est à moi aussi de rendre ce travail, mon travail intéressant.

J’ai conscience aujourd’hui que changer de société, de patron ne modifierait pas l’état des choses, ou alors pour un an ou deux. Repartir à zéro pour une durée si limitée, quel intérêt !

J’ai conscience aussi que je ne sais pas du tout ce que je pourrais faire d’autre, ce qui me plait, me motive. On m’a tellement répété qu’un travail qui plait c’est juste un idéal de plus, qu’à 37 ans il fallait arrêter de rêver (avant aussi), surtout quand on était en charge de famille.

Alors je reste dans un travail qui ne me plait pas, qui ne m’apporte plus rien. Je  mens à tout le monde, je donne le change. Je trouve mon équilibre ailleurs. J’essaye.