Nos cicatrices

Il y a celles du corps, celles qui s’imposent à nous, qui d’un coup d’œil se détectent ou bien qui cachées sous des épaisseurs de laine ou de coton, suivant les saisons, se font toutes petites. Il y a celles que nous exhibons fièrement et d’autres que nous tentons d’effacer – désir inconscient de se protéger.

Nos cicatrices racontent toutes une histoire. Nos cicatrices dessinent des vagues sur nos peaux, sont là pour nous rappeler ce que nous avons vécu, ce que nous avons perdu et ce que nous avons gagné, ce que nous avons offert et ce qui nous a été offert.

Puis il y a les cicatrices invisibles, celles qui n’ont laissé de traces qu’à l’intérieur, celles que personne ne remarque. Ces cicatrices existent pourtant, elles sont aussi importantes que les cicatrices visibles. Elles parlent de notre cœur.

J’ai longtemps pensé que mes cicatrices s’estomperaient, qu’en évoquant le passé, je ne les verrais plus que comme des petits points insignifiants. Hier, en reprenant la relecture de mon roman autobiographique, j’ai vu les choses différemment. Mes cicatrices sont là. Personne ne les voit. Mais cela ne remet pas en cause leur existence. Et au lieu de les fuir, j’ai plutôt envie de les regarder avec bienveillance, de leur dire “merci” d’être là, comme le souvenir de tout ce que j’ai réalisé, de tout ce que j’ai appris au détour de chacune des expériences qui ont marqué mon chemin. Chacune a sa manière est comme une victoire à savourer, une belle revanche.

Soyons fiers de nos corps et de nos cœurs marqués. Regardons nous sans jugement, avec amour. Aimons ces cicatrices qui nous rappellent qu’envers et contre tout, nous sommes vivants!

Crédit Image

De l’authenticité de mes rêves

20170504_114524

Je suis toujours là. Comme je vous le disais dans mon dernier article, je ne sais pas trop quoi faire de cet endroit. Déjà j’ai moins le temps. A moins que je ne prenne du temps pour autre chose, qui m’apporte autant.

Je réfléchis, je prends mon temps – je parle beaucoup de temps, peut-être que mon rapport au temps justement a changé. En tous cas, je tente de profiter de chaque instant sans me laisser distraire par des choses sans importance. Je me surprends à dire “c’est pas grave” plus souvent. Je lâche prise à mon rythme, doucement.

J’écris ici quand je le sens, quand les mots me chatouillent l’extrémité des doigts. Quand je ne suis pas ici, je suis la-bas. Ou alors je suis loin de tout ça, plongée dans mon manuscrit ou dans de nouveaux livres qui chacun à sa manière me donne la nourriture dont mon esprit a besoin.

Sous ma douche ce matin – et oui Messieurs-Dames l’inspiration me vient souvent sous la douche – je vous l’accorde, ce n’est pas l’endroit idéal pour noter des choses, mais ma tête garde en mémoire ce qu’il faut le temps que je me rue sur un carnet ou mon téléphone pour noter les mots en vrac – donc ce matin, j’ai eu une petite illumination.

Je vous explique. Je ne suis ni une romancière, ni une novelliste, encore moins une essayiste, je suis une aventurière du quotidien, une attrapeuse d’instantanés de vie. Une de mes amies l’autre jour disait “j’aime ce que tu écris, c’est court, ça parle de toutes ces petites choses qui forment nos existences. Il n’y a pas de suspens dans tes textes, mais quelque chose de plus subtil, de poétique, qui nous attrape par la main et nous parle, au creux de l’oreille.” C’est un compliment qui m’a énormément touchée, comme vous pouvez l’imaginer. Je trouve surtout que ça résume très bien ce que je fais, qui je suis.

Si un jour dans les maisons d’édition il existe un créneau pour les textes courts, j’ai quelques chances. En attendant je retourne à mes carnets, à ma passion, à mon rêve devenu réalité, à mes scènes de vie choyées, en cherchant dans chaque mot partagé à être plus près de vous, en étant moi. Quand j’entends que mes mots accompagnent de nombreux lecteurs, connus et anonymes, dans leur vie de tous les jours, je suis aux anges et je souris intérieurement! Merci à vous d’être là!

Ce droit fondamental…

Miloula se glisse sans bruit, se faufile dans la nuit, enfile une robe, ajuste un voile sur ses cheveux puis sort. Elle avance à pas feutrés, certaine que le bruit de ses chaussures pourrait éveiller quelques soupçons dans les rues désertes de son village. Elle s’arrête devant une porte, frappe deux coups, puis attend. Latifa, robe longue, voile assorti la rejoint, refermant derrière elle la porte, une paire de chaussures à la main. Elles sont en retard. Il va falloir courir un peu. Sans chaussures, c’est mieux. Elles sourient toutes les deux en se prenant la main. Elles se sentent libres l’espace d’un instant. Dans une heure, elles seront assises devant un pupitre et écouteront religieusement le maître d’école.

A la maison, leurs mères vaquent à leurs occupations habituelles. Elles préparent à manger, lavent, s’occupent des garçons avant de les laisser filer, servent leurs époux, avec le sourire. A leur âge, elles étaient mariées. A leur âge, elles supportaient déjà le poids des choix faits par d’autres, pour leur bien – c’est ce qu’on disait – pour le bien de la société – ce serait plus juste. Elles s’étaient occupées de leurs frères, de la maison, avaient soutenu leurs mères dans les tâches ingrates incombant aux femmes, jamais reconnues. A leur âge, leur corps avait déjà été souillé par un homme sans tact, un mari imposé, parfois violent, souvent gauche, inintéressant. A leur âge, l’école n’était pas une option. Une fille n’avait pas besoin d’apprendre. Une fille n’avait pas le droit, pas de droit. Elle était fille de son père avant de devenir épouse de son mari. Elle était la propriété d’un homme. Les hommes dirigeaient sa vie. Elle acceptait pour sa survie.

A la maison, ce matin-là, leurs mères inventent un énième mensonge, pour leur garantir quelques heures d’enseignement supplémentaire. Si elles peuvent avoir une vie différente de la leur, elles sont désormais prêtent à en payer le prix.

L’éducation, ce droit fondamental…

La vie, ce droit universel…

« L’éducation des filles est le meilleur outil de développement qui soit. » Kofi ANAN

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le Monde. »Nelson MANDELA

Ce texte a été écrit dans le cadre des Cat’s Hours, rendez-vous organisé par Catwoman, en soutien à l’association KMG Ethiopia qui lutte activement pour les droits des femmes dans le Monde. Pour tout savoir sur les participations c’est par ICI. Et pour les dons, par LA. Vous pouvez également commander des confitures auprès de Catwoman dont les bénéfices seront reversés à l’association (je ne peux que vous le conseiller, elles sont EXTRA!) 

De moi à vous et de vous à moi

Le 14 février, je vous annonçais sa venue imminente et il est là, il attend d’être saisi, il attend que vos mains le serrent, que vos yeux le contemplent, que vous partagiez son arrivée comme on le fait d’une naissance. C’est un peu comme une naissance d’ailleurs, comme une mise au monde, une délivrance.

Le 14 février, il attendait d’être relu, mis à jour, corrigé, ficelé, empaqueté avant d’être livré au Monde. Aujourd’hui il n’attend plus que vous, d’être entouré de bienveillance, de douceur et d’amour, à l’abri dans votre sac ou bien entouré sur votre étagère.

Le 14 février, j’avais hâte de vous en parler. Aujourd’hui, j’attends presque que ce soit vous qui me parliez de lui, ce que vous aimez, ce qui vous plait moins. J’attends que vous me disiez ce qui vous émeut ou vous fait sourire quand vous parcourez mes mots, ce à quoi vous pensez entre les lignes.

Le mardi 14 février, il était encore mon livre. Aujourd’hui, mardi 7 mars, il est à vous. Prenez en soin, partagez le (#mariekleber #chuchotisetricochets), offrez le et laissez-moi ici et là des mots qui me diront comment il va!

Tous les hommes de ma vie #6

Mercredi déjà, l’heure de vous présenter la suite de cette série qui semble parler à beaucoup et plaire à tous. Merci pour votre enthousiasme et vos partages qui me font toujours très plaisir. C’est parti!

Au risque de me répéter, ceci est une fiction…

       Certains hommes m’ont fait tourner la tête. J’étais prête à tout. Pour eux. Le meilleur comme le pire. J’encaissais tout, sans ciller, pour un beau sourire d’eux. Partagée entre désespoir et passion, je perdais mes moyens, ma raison. Tout me paraissait fade sans leur approbation, sans leur présence que j’estimais rassurante, mais qui n’était qu’une façon parmi d’autres de m’éviter de penser à moi et à mes relations dévorantes.

J’ai longtemps cru que c’était ça l’amour. Vivre pour l’autre. Vivre de l’autre. Quelle drôle d’idée ! Comme si le simple fait d’exister en soi ne valait rien. Comme si ma vie sans un autre pour la compléter était vaine et sans âme.

J’ai donc cherché l’amour au mauvais endroit, à chaque fois et j’ai gaspillé des larmes et de l’énergie pour rien.

C’est bien de s’en rendre compte. Cela m’aide à passer à autre chose. Enfin !

          Les hommes filent sans se croiser. Sans me croiser aussi. Sans se retourner. Ils quittent ma vie, sans un aurevoir, sans me dire merci de leur avoir ouvert ma porte, mon cœur, mon lit. Ils se faufilent dans la nuit. Et ne donnent plus signe de vie.

Même adieux déroutants. Même envie de tout foutre en l’air. Chaque fantôme semble me poursuivre, m’intimer l’ordre de ne pas m’en sortir. Je me sens liée corps et âme à ces hommes qui me délaissent.

J’ai cru en crever de leurs silences durs, de leurs non-dits inviolables, de leurs violents regards, qui semblaient me nier, m’intimer l’ordre de les laisser tranquilles, de ne pas chercher à les convaincre, de ne pas essayer de les faire changer d’avis. Ils cherchaient toujours à éviter mes larmes, à éviter me yeux remplis de pourquoi. Ils n’avaient aucune réponse pour moi. Ils avaient fait leur choix.

Au début je les harcelais, je voulais comprendre. Je n’y allais pas de main morte. Je me vengeais à ma façon. Je badigeonnais leur salle de travail de crème chantilly. Je taguais leur voiture la nuit. J’écrasais mes mégots de cigarette sur le sofa quand j’avais encore la clé, quand ils n’étaient pas là. Je me cognais dans tout pour avoir enfin l’impression d’exister. Et je me faisais terriblement mal, sans m’en rendre compte. J’avais l’impression que la vengeance me faisait du bien. Alors qu’elle n’apportait aucun soulagement, aucun repos à mon âme tourmentée, à mon cœur en mille morceaux.

Puis j’ai laissé tomber une fois, deux fois. C’est devenu une habitude. Ils me quittent sans ménagement. Et je déménage souvent par conséquent, histoire d’oublier les souvenirs qui me surprennent entre le salon et la salle de bain, au plus profond de mes draps, qui gardent leur parfum.

Complètement crétin.

Je reviens doucement de cette longue agonie que je m’impose à chaque fois. Leurs voix finissent par se perdre. L’écho de leurs rires aussi. Le souvenir de leurs mains ne laisse plus de caresses décevantes sur mon corps prisonnier de leurs ombres. Je reprends goût à la vie.

Torture. Brûlure. Morsure.

J’ai toujours rêvé d’une vraie rupture, de cris, de larmes, de corps qui se disputent l’espace, de déchirure, de mots qui cognent et se cassent sur le carrelage, de lettres d’amour coups de poing, de coups qui font mal et d’une dernière nuit d’amour, sensuelle, cruelle. Une nuit d’adieu pour tourner la page. Une nuit pour se souvenir que ce n’était pas qu’une histoire comme ça, une aventure de passage pour passer le temps, une histoire sans avenir certain. Une nuit pour s’avouer que ce n’était qu’une histoire de lit confortable, une histoire de peau, un mélange subtil d’envie, de désir, de folie, une histoire pour oublier que le temps passe et que nous n’avons aucun moyen de le retenir.

Une nuit pour tirer un point final.

Au final, je fais la collection de points d’interrogations.

Et je n’ai toujours pas réussi à résoudre une seule énigme.

Suite mercredi prochain

Album de senteurs : Viennoiseries

C’est l’odeur du beurre, coulant, chaud, sa texture crémeuse et sa couleur or qui me séduisent dans un premier temps. La première bouchée me prend presque par surprise. Ca fond sous la langue. Mélange onctueux et savoureux. Son parfum se répand dans la bouche à une vitesse incroyable. Tous mes sens sont en éveil. Mon palais se délecte. Ca croustille juste ce qu’il faut. Il faut s’arrêter le temps de déguster. Ca ne se fait pas à la va-vite. Ca ne s’avale pas comme un vulgaire gâteau empaqueté. Ca se savoure au ralenti. Ca se croque à pleine dents.

croissant-au-beurre

Ma viennoiserie préférée c’est le croissant, au beurre s’il vous plait. Un croissant qui respire, transpire. Un plaisir si particulier que je m’octroie rarement. Mais quand je le fais, alors le croissant doit être parfait et avoir cette odeur si particulière, celle de l’enfance, celle des sourires, celle du nez humant la pâte feuilletée – odeur ensorcelante – celle des mains s’affairant minutieusement autour du précieux trésor.

Il s’invite le matin au petit déjeuner, encore tout chaud. Il se glisse dans un chocolat au lait. Ou au goûter, à l’heure du partage d’une friandise dans la cour de récré.

Il se fait de plus en plus rare à mesure que l’enfance s’éloigne. Alors il reste dans l’air un effluve satiné, un souvenir au goût de blé.

savedpicture-201718154634

Ceci est ma  participation au rendez-vous Album de Senteurs de Marie du blog “A l’encre bleu lavande”. Pour le prochain thème, je propose : Herbe.

Crédit Image

Tous les hommes de ma vie #5

On continue l’exploration, tantôt autobiographique, tantôt fictive du monde des Hommes de ma vie…

Les hommes de ma vie fument, beaucoup. Ils fument comme ils respirent et m’empêchent de respirer. Ils fument sans s’arrêter. Ils se perdent dans la fumée de leurs cigarettes. La fumée les calme et les apaise. Elle me fait sortir de moi et ils ne comprennent pas. Ils fument le matin au petit déjeuner. Ils fument sans perdre une miette de cette précieuse drogue qui les ensorcelle, les maltraite, leur bousille le corps et rend leur cœur insensible au mal qu’ils propagent autour d’eux. Ils fument pour se donner de la constance, de l’importance, pour se sentir exister, pour la forme, pour la sensation de liberté que la cigarette leur procure, juste le temps de les tuer. Ils fument et se moquent de mes craintes, de mes conseils d’inexpérimentée.

Ils fument sans se soucier de moi. Si je n’aime pas, c’est mon choix. Ils fument de l’aube au coucher du soleil, à table, sur le bord de la fenêtre, même au lit parfois. Ils disent qu’entre elle et eux, c’est encore plus fort qu’une histoire d’amour. Ils fument et ne connaissent rien à l’amour. C’est la passion qui les consume.

Et ma passion pour eux m’interdit de les contredire. J’avale la fumée de leurs désirs. Je me sens partir, me flétrir. Mais qu’importe puisque mon cœur a jeté son dévolu sur eux. J’entretiens la flamme. Un drôle d’histoire nait entre eux, moi et leur cigarette. Un triangle amoureux terrifiant.

Je me mens si bien à moi-même. Navrant.

Certains hommes s’attachent. Etrange phénomène. Complètement surréaliste. Surtout quand on ne s’y attend pas. On ne s’y attend jamais. Ils s’attachent avec la férocité de leurs jeunes années ou l’ombre muette des rides qui les guettent. Certains sont transis d’amour. Ils se coupent en quatre, se plient en deux, ouvrent leur portefeuille aussi vite qu’un cow-boy dégaine son arme dans les westerns à succès. Ils n’ont aucune limite.

Je n’ai jamais rencontré d’hommes comme ça.

Ceux qui ont partagé ma vie étaient plutôt du genre radin. Du genre à compter, à partager la note, à avoir oublié leur code de Carte Bleue, à commander en fonction du prix, à réserver un hôtel miteux, sous prétexte que c’est prêt de la gare, que ça sera plus facile d’accès en arrivant à onze heures du soir. Radins au point de m’offrir les cadeaux dont leurs mères n’ont pas voulu à Noël. Ou bien au point de recycler des cadeaux destinés à d’autres, au point de taper dans leurs vieux souvenirs pour m’en créer de nouveaux, sans me demander mon avis.

Les hommes de ma vie me mènent en bateau. Ils me racontent des salades. Ils en font des tonnes pour réparer leurs oublis, pour me prouver par A + B qu’ils n’ont pas téléphoné parce qu’ils étaient coincés sur un chantier de haute importance. Ils en inventent des belles pour que je passe l’éponge. Ils se réjouissent de réussir à me faire gober tout et n’importe quoi. Le téléphone oublié dans la boîte à gants alors qu’ils ne peuvent pas faire un pas sans ce précieux instrument, ils l’ont greffé à l’oreille 24h/24h. Ils dorment avec, pissent avec, boivent leur café du matin avec, répondent instantanément aux appels et messages annoncés par un bip strident. Presque une relation extra-conjugale, qui me laisse dépitée. Je devrais les larguer.

Parfois c’est moi qui mène la danse, les poussant dans leurs plus profonds retranchements, histoire de voir jusqu’où ils sont prêts à pousser le vice, jusqu’où ils peuvent aller pour me faire croire n’importe quoi, n’importe comment.

A force de cumuler les déboires, j’ai bien cru que j’allais devenir cruelle. J’ai cru que j’allais pouvoir à mon tour utiliser les hommes sans les aimer, les faire plier. Certaines filles sont fortes. Elles ont tous les hommes à leurs pieds. Ils ne jurent que par elles. Et elles les mènent par le bout du nez. J’ai cru que j’allais pouvoir les posséder, les soumettre à mes moindres désirs. Que j’allais pouvoir les collectionner à mon tour, noter leurs performances sexuelles dans un cahier, les rendre fous de moi.

Je me suis plantée. Je ne fonctionne pas comme ça.

Certains ont abusé de moi, de mes bras, de mes sourires, de mes rêves de gamine, de mon argent, de ma gentillesse, de mes idéaux. Ils se sont installés dans ma vie et je leur ai laissé toute la place. Ils l’ont pris sans hésiter. Ils ont tout liquidé sur leur passage. Ils n’ont même pas remarqué mon absence.

Il ne restait plus qu’en fond d’écran : moi, mon ombre et mes tourments.

A suivre mercredi prochain…

Chuchotis et Ricochets (je vous dis tout ou presque sur mon nouveau livre)

Chose promise, chose due. Je vous avais, ici et là, donné rendez-vous pour le 14 février. Cette date est importante pour moi – en effet le 14 février 2013 à 4h33, la sage-femme posait le petit escargot sur mon corps épuisé mais heureux d’avoir mené cette grossesse à terme. La St Valentin a alors pris toute sa signification pour nous deux. C’était vraiment un beau jour pour célébrer l’Amour.

Aujourd’hui, j’ai donc envie de vous présenter mon nouveau livre.

Les Origines

J’ai débuté son écriture courant juin 2016. J’avais des velléités de vous l’offrir en rentrant des grandes vacances, mais celles-ci ont été employées à tant d’autres choses que j’ai du repousser la date maintes et maintes fois. Et puis il a fallut se positionner afin de mettre un terme à ce projet, dont j’avais hâte de vous parler.

L’été m’a inspirée. Je me suis sentie pousser des ailes. C’est peut-être notre rencontre au sommet avec Laurie et Laurie dans la cité des Papes ou bien la joie qui s’est glissée dans chaque instant vécu ou encore le profond désir d’écrire qui accompagne chaque retour du soleil et laisse quelques pépites dorées sur mes bras nus. J’ai regardé l’été s’écouler avec grâce, humant l’air frais, me laissant bercer par le doux va et vient des vagues sur les plages de mon enfance. J’ai engrangé des rires en cascade. J’ai fais le plein d’amitié et de tendresse.

A l’intérieur

L’idée de départ était de partager des textes courts sur la vie, sur ses moments simples et pourtant magiques. Puis j’ai changé d’avis, j’ai écris au feeling. J’ai oublié la trame. Je me suis laissée porter par ma plume. Et je me suis retrouvée à évoquer la maternité, l’amour, les plaisirs du quotidien, les souvenirs, l’évasion, les belles rencontres, l’enfance.

Ce livre est dédié à quatre petits garçons. Dont un est parti un peu tôt (même si je sais qu’il est en paix aujourd’hui). C’est pour cette raison qu’il est aussi dédié à tous les enfants du monde et à tous les anges du ciel. Parce que qu’au final c’est l’enfance, ses rires, ses rêves, ses envies, sa curiosité, ses mimiques, sa généreuse vitalité qui m’a donné les clés de ce troisième “regard sur le monde” avant la plongée dans les abysses d’années moins glorieuses (!)

Au total, c’est 14 textes dont 2 poèmes. Les personnes qui me suivent depuis plusieurs années retrouveront quelques textes remaniés. 9 toutefois sont inédits et n’ont jamais été partagés, ni ici, ni ailleurs.

A l’extérieur

Cette fois-ci, j’ai fais appel à une aide extérieure pour réaliser ma couverture. Aline a accepté avec enthousiasme ma proposition et elle a tout de suite perçue mes envies et intégré l’âme de ce recueil. La collaboration a été à la hauteur de mes souhaits et attentes. Sans plus tarder, je vous montre le rendu – très poétique et qui colle parfaitement à l’atmosphère de mon livre. Vous pouvez d’ailleurs découvrir son article sur le sujet ICI.

gabarit-livre-mariek

Pour conclure

Le livre sera disponible très prochainement * je finalise quelques détails techniques* sur The Book Edition au tarif de 9€. Vous pourrez bien entendu vous le procurer directement en passant sur le site ou si vous souhaitez recevoir une copie (avec dédicace) me contacter sur latmospherique [at] gmail [.] com.

J’espère que cet aperçu vous aura donné envie de tenir ce petit morceau de moi entre vos mains et qu’il trouvera une place de choix dans vos bibliothèques et tout près de vos cœurs, comme un rappel que la vie, bien que chaotique et parfois incertaine, est aussi remplie d’instants simples et précieux.

Tous les hommes de ma vie #4

Pour me faire pardonner la non-publication de la suite de cet essai mercredi dernier, j’en mets un peu plus. Si vous avez raté le début je vous invite à vous mettre à la page en lisant la première partie, la deuxième, puis la troisième...

Les hommes sont parfois discrets. Ils passent inaperçus. Je les vois puis je ne les vois plus. Ils jouent à cache-cache. Je crois qu’ils m’évitent. Ou peut-être qu’ils sont juste timides. Comme moi. C’est bien ma veine !

Ils attendent que je fasse le premier pas. Quand moi j’attends qu’ils fassent un pas vers moi. A ce rythme-là, on s’attend encore. Moi, sur l’esplanade des Invalides ou dans un café donnant sur un parc, les mains serrées autour d’un café chaud, certaine de m’être trompée d’heure. Eux, sur un banc du jardin des Tuileries ou sur un vieux tabouret dans un pub Irlandais des grands boulevards, certains de s’être trompés de lieu de rendez-vous.

Les rendez-vous ratés. J’en ai un palmarès étonnant.

Ou bien des rendez-vous décommandés au dernier moment. Rendez-vous raturés sur mon bel agenda bleu. Rendez-vous manqués pour cause de pluie, ou de mise-en-plie. Rendez-vous rangés dans un coin de ma mémoire.

On passe à autre chose.

Un premier rendez-vous, ça ne s’oublie pas. Le cœur bat vite. Tout est possible. On donne l’impression d’être un ange arrivé sur terre par hasard. Tout est bizarre mais si naturel. On se sent bien et effrayé à la fois. On se demande déjà si on sera à la hauteur. A la hauteur de quoi déjà ?

Tout part de là. Tout est lié à cet instant. On veut faire impression et les trois quart du temps on perd le nord, on se laisse aller à être quelqu’un d’autre, certaine de pouvoir reprendre les rênes à tout moment.

Quelque chose nous échappe pourtant.

Et quand on s’en rend compte, il est souvent trop tard pour faire marche arrière. La machine est lancée.

Gros manque d’authenticité pour subjuguer l’être aimé. Pourquoi faut-il sans cesse que l’on porte un masque, que l’on se fasse passer pour quelqu’un d’autre ? Pourquoi toujours mentir pour se donner une chance d’être acceptée ?

Quand j’aime, je m’attache vite. Je deviens l’autre. Je me fonds en lui. J’investis son univers à la vitesse de l’éclair. Je ne connais aucune limite. Je vis en l’autre, pour l’autre. Je rêve en l’autre. Je passe mon temps à calmer ses angoisses, à anticiper ses demandes, à régler ses conflits, à payer de ma personne à toute heure du jour et de la nuit. Je respire à la même vitesse que lui, me prive pour son bien-être, m’oublie pour son bonheur. Je passe à côté de moi. Et j’attends inconsciemment un retour sur investissement qui ne vient pas. Je deviens un double de leur mère, la copie conforme de leur idéal féminin. Je ne leur pose aucun problème et je place leurs intérêts au milieu de ma vie, oubliant les miens sur le bas-côté.

C’est complètement crétin.