Toutes ces questions qui me font grandir!

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Je me poses des questions. Beaucoup. Beaucoup trop?

Pour certains sûrement. Pourtant les questions, mes questions, qui n’ont d’ailleurs pas toujours de réponse et n’en attendent pas toujours non plus, sont ce qui me permet d’avancer, d’évoluer.

Questionner ma vie, mes choix, le monde. Questionner pour aller plus loin. Comment aller de l’avant si l’on ne sait pas d’où l’on vient, comment on fonctionne, pourquoi telle ou telle répétition? Comprendre pour moi c’est ce qui m’ouvre les portes de demain.

Certaines réponses viennent, presque qu’instantanément, peut-être parce que la question est déjà depuis longtemps en moi. D’autres restent en suspens, comme dans l’attente du moment propice pour ne pas me bousculer davantage. Certaines réponses viennent au fil des mots, quand je défais le fil justement, pas à pas, quand je mets de la conscience sur le caché, le mystérieux.

Il faudrait toujours se refaire, se défaire, de ce que d’autres jugent inadapté. Je me sens bien avec mes questionnements. Ce sont aussi eux qui me permettent de changer de voie quand celle empruntée n’est plus si juste pour moi. Ou de garder l’esprit ouvert, à l’autre, à la vie. D’accueillir la différence, l’éphémère, l’inattendu, le fragile. D’évoluer émotionnellement, psychologiquement, intellectuellement.

Mes questions me mènent sur la voie de la découverte du Soi. Peut-être même plus l’estime, l’amour, la valeur, les respect. Mes questions sont les bases d’une réflexion plus poussée qui me permet d’aller voir ce qui se passe dans les endroits reculés, de lever le voile sur des certitudes erronées.

Mes questions me poussent parfois dans mes plus profonds retranchements. Je fais du tri alors entre ce que je veux garder, ce qui compte moins, ce qui n’est plus. Ce n’est pas toujours un exercice simple. C’est même quelque chose d’assez déstabilisant au final. Pourtant c’est ce que je choisis pour aller plus loin, pour aimer plus fort.

Mes questions n’existent pas dans un but d’ultime savoir ou de compréhension totale. Non, elles sont comme mon moteur, comme une opportunité d’expérimenter la vie sous des angles multiples. Oui parfois, elles sont teintées de mélancolie, mais ça aussi ça fait partie de moi.

Ce sont elles qui accompagnent mes écrits, mes pensées, ma créativité, elles qui me guident à travers les chagrins et les bonheurs aussi. Ce sont comme des amies, des rappels, des lumières dans ma nuit et des sourires en plein jour.

Sans elles, je n’en serai pas là aujourd’hui. Mes questions font partie de moi, elles ont elles aussi changé avec le temps, mûri, elles sont faites de moins de “pourquoi”. Elles vont, elles viennent, elles s’installent puis s’éloignent. Leur source ne sera jamais tarie et heureusement. Parce qu’il y aura toujours de nouvelles choses à regarder, à découvrir, à imaginer, à rêver, à dépasser, à intégrer, à lâcher, à garder.

Elles m’accompagneront jusqu’à la fin et j’aurai peut-être résolu certaines énigmes d’ici là! Les autres resteront cette part d’inconnu que d’autres générations tenteront de percer ou pas.

Toute vie porte en elle la capacité à l’épanouissement, à l’émerveillement et à la sagesse. Si seulement on en fait le choix…

Et vous, qu’est-ce qui vous fait grandir, évoluer?

Ma dernière prise de conscience

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J’ai réalisé ce matin que souvent je ressentais de la frustration à l’annonce d’une bonne nouvelle, principalement liée à un mariage, une naissance, une reconversion réussie, un roman qui cartonne.

J’ai mis du temps à comprendre pourquoi une telle réaction, pourquoi un tel sentiment. Qui en plus de me déplaire me mettait mal à l’aise. Car ce n’est pas vraiment dans ma nature. J’ai plutôt tendance à me délecter des bonnes nouvelles!

J’ai compris que chacune de ces annonces venait appuyer là où ça fait mal et faisait ressortir une colère inconsciente, liée à un mariage raté, à une grossesse douloureuse, à des premiers pas manqués, à beaucoup d’efforts et peu de retours, à ce flou toujours quant à mon avenir professionnel.

Beaucoup de maux. Mais cela changera t’il le passé? Non. Cela ne vient que rajouter du négatif là où il ne devrait y avoir que joie et légèreté.

Chacun son histoire et son parcours de vie. Et puis au fond est-ce si important? Ce tout qui ne fut pas? Est-ce que les ombres du passé n’ont pas donné naissance à plus de résilience, plus de lumière, plus d’empathie, plus de compréhension de l’autre dans ce qu’il est, ce qu’il vit?

N’y a t il pas quelque chose de plus grand que nos vies isolées, un souffle plus puissant que celui de nos existences personnelles ?
Est ce que nos pensées ne se doivent pas d’être créatives plutôt que destructives ?

Si je me réjouis, cela n’enlève rien au passé et cela donne de nouvelles chances au futur. C’est en tous cas le chemin que je choisis désormais de suivre.

Une petite mort

Mes phases d’évolution personnelle sont précédées de phases émotionnellement très puissantes.

Dans ces moments là, je perds toute vitalité, toute envie. Je ne vois plus le sens de rien. Tout pourrait s’arrêter là. Je n’ai plus le goût des choses et j’aimerai qu’on me laisse dériver.
Ma souffrance intérieure est telle que je perds pied avec la réalité. Je suis là et ailleurs. Dans tout et dans rien. J’avance en plein brouillard.
C’est déstabilisant pour moi et mon entourage.

C’est comme une petite mort, un deuil. La séparation de mon ancienne enveloppe et la création de ma nouvelle. C’est comme venir au monde, avec tout ce que ça comporte de violence, d’incompréhension. C’est un véritable dépouillement, une perte totale de repères.

Je sais que je vais revenir, que je vais refaire surface. C’est sûrement ce qui me tient debout.
Cela reste perturbant. Je ne sais souvent pas comment l’expliquer à mes proches et je les sens souvent désarmes face à ma détresse.

Dans ces moments là, il faudrait pouvoir s’évader et en même temps, je préfère rester proche de la vie. Car c’est elle qui me nourrit, me donne l’élan, même si tout en moi n’est que désespération.

Ces phases “down”, le problème, c’est que je ne les vois pas venir. Je me prends la vague de plein fouet. Et je rate quinze marches d’un coup. Ce n’est qu’avec le recul que je perçois mieux les choses. Et alors me revient la citation chouchou de mon amie Laurie:

L’ombre a tant été aimée qu’elle en est devenue clarté

La vérité

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Si j’avais à choisir, aujourd’hui, je ferai le choix de ne pas avoir d’enfant.
Je n’aime pas les regrets, je n’en ai pas. J’ai attendu un enfant, l’ordre des choses. J’ai grandi avec cette idée, la famille. Et l’égoïsme de ceux qui n’en avaient pas.
Ce n’est pas une question de fibre ou d’amour, c’est une question personnelle, une question d’identité, de responsabilité.

Je ne sais pas à qui je mens le mieux.

Rien n’est pur plaisir dans cette aventure. Tout est dépassement de soi. Tous les jours. Et l’addition des jours finit par peser lourd.
Les parents à l’unisson vont me répéter ces phrases magiques qu’on dit à tout chacun. Pour redonner des couleurs aux jours gris.
Ce sont toutes ces tentatives qui au fond me déçoivent. Au bout des jours pleins, il n’y a que le vide.

Il y a des jours où il m’est impossible d’aller vers mon fils, de jours où je me demande à quoi tout cela a servi au fond, toute cette souffrance, ces larmes, des jours où l’envie de m’éclipser de cette vie semble prendre le pas sur la foi.
Si je tiens, c’est par manque. Manque de courage. Ou bien envie de réussir quelque chose pour une fois.
Mais réussir quoi au juste ?

On m’avait promis qu’il était protégé, dans mon ventre, en sûreté. Pourtant sa blessure suinte chaque jour. Sa colère éclate pour un rien. Ses émotions à fleur de peau se cognent contre les miennes.
Nous sommes dans un cycle infernal qui nous éloignent.
Je ne trouve plus la grâce dans son sourire, ni l’entrain dans ses rires.
Je suis à côté, épuisée par la tâche, assommée par les crises à répétition.

La lumière s’éteint…
Aurais-je assez de ressources pour trouver le chemin de nos pas qui avancent ensemble sur le chemin ?

Il n’y aura pas de calendrier de l’avent, je n’en ai pas la force. Je vous souhaite un beau mois de décembre.

Un tournant…

Fut un temps, je partageais tout, mes hauts, mes bas, mes bas surtout. Fut un temps j’avais besoin d’écrire le douloureux, ce qui me faisait vaciller, ce qui me terrorisait. Fut un temps, j’aurai écrit cette journée, ses chutes vertigineuses et cette impression de ne rien faire correctement. J’aurai étalé mes manques ici comme on explose de rage face à ce qu’on ne comprend pas. J’aurai vomi mes doutes maternels, mon sentiment d’impuissance, mon cheminement intérieur mis à mal.

Ce temps semble révolu, le temps du blog exutoire. Je trouve en moi les ressources pour repartir et quand je ne les trouve pas, je me laisse glisser, tout en sachant qu’il y a un temps pour tout.

Je ne sais pas exactement ce que j’ai envie de partager ici. Moins de ras le bol, moins de coups de gueule, moins de creux peut-être aussi.

L’avenir nous dira la route empruntée. En attendant, pour décembre, je vous réserve quelques surprises, ici et sur Instagram.

Belle et douce soirée à tous et à toutes! Et merci pour votre fidélité!

En parallèle

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Le temps s’étire et nous composons avec lui.

Le premier confinement ou la peur. De tout ce qu’on ne maitrise pas. Si je veux être juste, je dirais trois ans de peur et de joie mêlées.

Peur du passé, de l’avenir. Du connu et de l’inconnu. Peur de ce qui a été et ce qui pourrait être.

Peur des mots qui partent un peu trop vites, des gestes qui ne font que murmurer, de toutes ces vies qui font partie de nous et qui ne se croisent pas.

La peur comme un bagage de route, avec lequel on avance, compagnon inconfortable mais qu’on n’arrive pas à lâcher. La peur du vide sûrement.

A deux, on avance, on change, on innove, on découvre, on guérit. En parallèle, il y a un chemin très personnel que l’on fait si le cœur nous en dit, si le cœur le ressent comme quelque chose de vital, de nécessaire.

Cette transformation s’est imposée à moi, pour pouvoir dire à la peur « back off ». C’est peut-être la confiance qui a pris le pas ou quelque chose de plus grand.

Enfin ce deuxième confinement, avec ce que cela implique de temps loin l’un de l’autre, je le vis différemment, plus sereinement.

Moins de contrôle, plus d’acceptation.

Ce qui a été, porte aujourd’hui la douce chaleur des souvenirs. Ce qui sera, attend d’être écrit. Ce qui est, s’enrichit même des temps troubles.

Une nouvelle dizaine!

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Une dizaine qui s’achève, une nouvelle qui débute.

Celle qui s’achève a été riche en rebondissements, moments forts et années douloureuses. En 2010, j’étais en Irlande, en couple et déjà bien malheureuse, luttant avec férocité pour défendre mes idées et consciente tout de même que la situation dans laquelle je me trouvais alors était sans issue.

Il aura fallu un mariage, une grossesse pour que je prenne la décision de mettre fin à trois années de combat, trois années comme une chute lente et certaine, trois années au bout desquelles je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce qui comptait.

Un pantin désarticulé, au sourire triste, le cœur meurtri, la tête comme prise dans un étau, le corps affaiblit et déshumanisé. Voilà ce que j’étais fin novembre 2012 à mon retour en France. Avec pour seule obsession l’envie que mon cauchemar s’arrête, l’envie de faire une chute qui pourrait me soustraire à ce monde dans lequel j’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus.

La séparation n’a pas mis fin ni aux menaces, ni au harcèlement, elle était nécessaire mais pour se détacher de l’emprise, il m’a fallu encore 4 bonnes années, une longue procédure de divorce. La séparation m’a offert la chance de revenir à moi, de reprendre mon pouvoir personnel.

Je peux le dire, ça s’est fait dans la violence, des gestes, des actes, des mots. Ces années là je ne les souhaite à personne. Elles ont le mérite d’avoir existé, de m’avoir montré que ma vie avait de la valeur et qu’il ne tenait qu’à moi de le voir, de l’intégrer, de changer la donne.

Énormément de choses se sont passées en 10 ans, c’en est même incroyable. Une descente infernale et une remontée spectaculaire. C’est quand j’ai commencé à nouveau à croire en la vie que la vie m’a souri en retour. Les opportunités se sont présentées et, non sans me faire des nœuds à la tête bien souvent, je les ai embrassées.

C’est depuis un ou deux ans que je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce qu’il a fallu laisser et ce qui m’a fait grandir, de tout ce que j’ai voulu changer en moi par crainte du regard d’autrui, de ce que j’ai pardonné, de ce que j’ai appris à transformer.

Petit à petit construire ma relation avec mon fils, lâcher l’idée du « tout parfait », me laisser envelopper par sa joie de vivre, apprendre à me pardonner aussi (j’y arrive de mieux en mieux)

Petit à petit croire davantage en moi, assez pour relever certains défis professionnels.

Petit à petit laisser l’amour prendre sa place, sa juste place et savourer notre chance.

Petit à petit laisser la magie opérer.

Petit à petit renouer avec mon corps de femme, dépasser la honte et le dégoût.

Petit à petit, prendre ma place dans ma cellule familiale, pardonner les errances, accepter mes proches tels qu’ils sont avec leur bagage personnel, émotionnel. Tout en refusant d’adhérer à des idées qui ne sont pas les miennes.

Petit à petit, panser mes plaies, m’épanouir, regarder mes blessures avec indulgence et mes failles avec plus de douceur, miser sur mes forces, accueillir mes émotions, parler, ne plus taire qui je suis et même, sans y penser, tranquillement commencer à m’aimer.

Quand la bienveillance envers autrui est mal perçue…

Il n’est jamais évident de faire face au chagrin ou à la peine d’autrui. Pas plus qu’il n’est simple de faire passer le message de notre total soutien face au drame vécu, sans que l’autre ne prenne notre soudaine attention pour de la pitié ou une forme de dédouanement face au vide qui se fait en elle / en lui.

Je suis de celle qui saute sur l’ordinateur, qui écrit quelques mots, qui envoie une carte postale et quelques pensées. Je n’attends pas c’est vrai, ni de savoir si l’autre a besoin de soutien, ni si il/elle souhaite que j’évoque le temps d’un message ce mal qui le/la terrasse soudain. Trop impulsive.

Je suis aussi de celle pour qui un mot, un sourire, une main tendue compte énormément. Au creux de la vague, ce sont tous les messages d’amitié reçus qui m’ont aidée à maintenir le cap, à avancer contre le courant, à espérer, à ne pas sombrer complètement. Oui, je peux le dire, chaque geste a fait la différence, même le plus insignifiant aux yeux du reste du monde. Tant de proches me confiaient leur sentiment d’impuissance face à ce mal qui me terrassait – pourtant chacun d’entre eux a œuvré à ma renaissance.

Je suis de celle qui comprend le silence, parfois moi aussi j’ai envie de couper toute communication – je l’ai fait par le passé – besoin de reprendre contact avec soi, de faire de la place en soi.

J’ai conscience que nous sommes tous différents et gérons chacun à notre manière les tempêtes de la vie : séparation – deuil – maladie – handicap – abus – chômage – dépression et la liste est encore longue. Mais que notre humanité fait qu’à chaque étape, nous avons aussi besoin des autres pour sortir la tête de l’eau. Seul, on avance. A deux, on avance déjà beaucoup mieux. A plusieurs, je ne vous en parle même pas.

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Si je prends de vos nouvelles, ce n’est pas pour apaiser ma propre peine, mais bien pour vous dire que je suis là, que je pense à vous, que la distance, on s’en fout, que vous êtes dans mes pensées, mes prières, mon cœur.

Si je vous dis “je suis là”, c’est parce que vous comptez pour moi. Je souhaite juste alléger votre fardeau. Et que vous sachiez qu’en cas de coups de blues / coup dur vous pouvez compter sur moi. Ce n’est pas pour vous faire la morale ou vous dire que demain ça ira mieux (même si je sais qu’un jour, tout ira mieux, c’est la vie).

Si je reste silencieuse (jamais longtemps), c’est que j’accepte votre souhait de ne pas m’en dire davantage, je prends de la distance en attendant que ce soit vous qui me donniez le signal du départ.

Alors si vous doutez de mes intentions, si vous pensez que tout est calculé, si vous croyez que je veux ramenez l’attention vers moi (penser aux autres c’est douteux par les temps qui courent), que ce que je fais, c’est pour la gloire, pour accrocher une énième bonne action à mon tableau de chasse, laissez-moi vous dire que c’est dommage !

Et vous, vous êtes plutôt pour demander / recevoir de l’aide, vous appréciez une main tendue quand les vagues se font plus amples? Ou bien vous recherchez le silence, la coupure avec le monde? Comment gérez-vous les messages d’amitié reçus (même maladroits) ? 

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Nouvelles habitudes 2016: Loin des réseaux sociaux

J’avoue n’avoir jamais été passionnée par les réseaux sociaux. Mais dans mon désir d’appartenance et cette envie d’être “comme les autres”, j’ai rendu les armes. Facebook et Instagram sont devenus des amis du quotidien.

Je suis une personne entière. Quand je me lance dans quelque chose, je m’y lance à 100%. Ce qui fait que j’étais sans cesse sur mon téléphone à vérifier mes fils d’actualité. Je trouvais toujours à me justifier. J’étais en recherche de reconnaissance. J’avais l’impression d’avoir les deux pieds dans mon époque. C’était aussi rassurant qu’angoissant.

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Fin janvier, j’ai clôturer mes comptes, sur un coup de tête. Je me suis dit que je me laissais quelques semaines pour y penser et pourquoi pas revenir sur ma décision. Mais depuis que je n’ai plus de flux d’actualité à mettre à jour, à faire défiler, je me sens plus légère, plus libre. Je profite pleinement des instants que je passe, sans me demander ce que je vais partager et/ou comment. J’ai l’impression de reprendre les rênes de ma vie, de respirer plus facilement.

Je ne critique pas les réseaux sociaux. Je pense que leur existence est utile, à bien des égards. Mais je réalise que cette manière de communiquer ne me convient pas. Je me sens comme guérie d’une addiction néfaste au bon déroulement de ma vie!

Et vous, quels liens avez-vous avec les réseaux sociaux? Combien de temps par jour passez-vous sur vos différents fils d’actualité?

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Sur le chemin du pardon – Un défi ou un écrit #4

J’avoue que pour cette fin de mois, après un weekend et une discussion houleuse, qui a remis quelques doutes dans mon esprit et m’a mise hors de moi (ou presque), ce thème vient à point nommé.

Savoir pardonner. J’ai appris sur le tard. J’ai appris surtout qu’il faut savoir se pardonner à soi, avant de pouvoir pardonner à l’autre. Pendant longtemps je me suis sentie coupable de beaucoup de choses, j’avais pris une décision unilatérale qui impactait trois vies directement et des tonnes d’autres. Cette décision je l’ai remise en question plus d’une fois. Et à chaque fois je m’en voulais presque de l’avoir prise, mais surtout je ne me pardonnais pas de l’avoir prise. Et puis j’ai fini par prendre de la hauteur par rapport à ce choix de vie, j’ai accepté ce qui en a découlé, j’ai pris conscience que mon acte avait été motivé par une question de survie. J’ai pris conscience de l’impact d’une telle décision sur les autres. Mais j’ai aussi compris que j’étais humaine et qu’à un instant T cette décision était la seule que je pouvais prendre pour préserver ma vie et celle que je portais. Une fois pardonnée, il a fallu pardonner à l’autre. La colère du départ ne me servait plus à rien. Il était temps de la transformer. Lui en vouloir ne servait à rien non plus. Et j’avais surtout besoin de lâcher prise. Au fil du temps j’ai réalisé que nos torts dans cet échec étaient partagés. Lui comme moi avions soufferts de cette séparation, chacun à son niveau, chacun avec ses mots. Il était temps pour moi d’avancer, sans regrets, sans lui en vouloir à mort. Je n’ai rien oublié mais petit à petit j’arrive à lui pardonner ces années cauchemardesques.

Agoaye nous demandait tout d’abord de choisir quelques citations de Gandhi qui nous touchent. Mon choix s’est porté sur ces trois-là :

  • “La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre.”
  • “Le bonheur c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles.”
  • “Un pas à la fois me suffit.”

Vivre en accord avec ses principes, ses valeurs, et vivre pleinement en prenant le temps de mettre les choses en place. Tout ne se passe pas d’un claquement de doigts. Mais à partir du moment où l’on veut vraiment quelque chose, on agit pas à pas pour que le projet prenne forme. Le pardon, c’est un peu ça, un long chemin de libération.

Ensuite Agoaye nous proposait de remplir la fiche de pardon ci-jointe, créée par ses soins. Un bon moyen pour nous de comprendre le processus. Une aide précieuse pour aller plus loin.

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  • Je suis en colère car je m’étais projetée dans une nouvelle vie et que tout d’un coup une discussion remet tous ces projets en cause. Revenue depuis plus de 3 ans en France, voilà près de 3 ans que nous vivons tous ensemble, avec mon escargot et mes parents. Au départ, leur présence était essentielle, une protection permanente qui m’a permis de reprendre pied et d’avancer sans crainte. Pour l’escargot, c’est le bonheur, tous les professionnels me disent que cette situation n’est que positive et émotionnellement très bonne pour le petit homme. Aujourd’hui c’est lourd pour moi : aucune intimité, aucun moment seule, difficile d’inviter mes amies et difficile aussi de prendre du temps pour moi, en dehors de la maison. Beaucoup de compromis sur beaucoup de choses. Et puis les mots et les « menaces » ont été durs et m’ont blessée. Comme si je devais ad-vitam aeternam me sentir responsable de ce qui est arrivé.
  • Comment ne pas souffrir de cette situation: Prendre sur moi et réaliser tout le positif que la présence de mes parents m’apporte au quotidien. Lâcher prise car je n’ai aucun contrôle sur cette situation. Prendre mon mal en patience, même si la patience n’est pas mon fort.
  • Comment expliquer ma colère / peine: Je lui dirais que j’ai désormais besoin d’indépendance, de me retrouver seule avec mon escargot, pour construire cette relation qui a mis du temps à s’installer, que j’ai envie de solitude, de créer une relation plus sereine et apaisée avec lui (mon père) et ma mère, que j’ai envie d’avoir une vie « normale » enfin.
  • Je ne suis pas coupable parce que ce désir est juste humain.
  • Je comprends la personne qui m’a blessée. C’est difficile de quitter une ville, une vie qu’on connaissait. Même si c’est un choix réfléchi, c’est un peu un choix imposé par la situation, mon retour précipité. Nous avons tous payé cher cet évènement troublant de notre vie de famille. Tout le monde a souffert. Chacun à sa manière, chacun de son côté. Il faut s’en remettre. Ca prend peut-être plus de temps aux uns qu’aux autres.

Entamer le dialogue, c’est encore trop tôt. Ou bien même c’est quasi impossible, connaissant la personne. Souvent les hommes passent vite à autre chose. Et ne veulent pas revenir sur le passé. Ce qui est dit est dit, ce qui est fait est fait. Je passe ce troisième cœur, et je continue le travail de mon côté pour me libérer de ce qui pèse depuis quelques jours. Ou quelques années. Quand j’aurais regagné mon indépendance, peut-être que le dialogue sera plus aisé ou bien que nos relations seront plus libres. Nous verrons. Je suis en selle pour l’aventure. C’est déjà un premier pas vers une nouvelle vie.

Macaron