La valse agitée de mes émotions

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Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

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Le vol de l’ange

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Quelques doutes se glissent autour du “petit +” mal dessiné d’un test acheté, le cœur en liesse, le corps déjà fatigué. Les regards se croisent. Les mains se serrent. L’histoire se dit, s’écrit à la faveur d’une nouvelle vie.

La vie se décline en doux rêves, peurs insensées, éclats de voix, éclats de joie. Sur l’horizon, l’image floue devient plus nette au fil des jours. Un ventre qui s’arrondit sous un pull trop grand. Et des mains qui caressent ce ventre porteur d’espoir. Des promesses murmurées à la nuit tombée, entre les draps d’un lit trop grand.

Des jours et des semaines à planifier, faire danser les lettres pour créer des prénoms. Le corps flanche un peu. Le cœur se détache. L’autre cœur bat. Les frissons s’attachent.

Au milieu du bonheur, des soubresauts de tendresse, quelques angoisses naissent. Premières analyses qui fixent la date de la naissance d’une mère, d’un père. Le sourire aux lèvres et le corps tendu. Des questions à l’infini au bord des lèvres. Passer le temps. Contrer l’ennui.

Sur l’échographie, l’enfant se dessine. Les yeux se parent de larmes précieuses. Premiers souvenirs inédits. Le ventre se raidit. L’enfant a un prénom. La peur guette à l’ombre des non-dits.

Puis le silence, comme une mise à mort, fait trembler la vie.

Le cœur battait. Il ne bat plus. Des torrents d’eau autour d’un ventre à l’agonie. Les cris saccagent les larmes. La folie se faufile. L’enfant vole au-dessus du vide. Le repli et l’envie d’en finir. Visages glacés d’effroi. Mains solidaires qui se cognent contre les parois solides d’un chagrin insupportable. Déjà trop de souvenirs. Une intimité violée à coups de mots pour s’en sortir. Un deuil qui parait impossible.

La mort aux origines de la vie. Anormal. Peine incommensurable. Désespoir. Colère. Lot de promesses dérisoires. Les couleurs de la vie perdent de leur saveur. L’orage éclate. La nuit s’élargit. L’enfance s’évanouit. Un ange passe.

Ce texte a été écrit pour une amie – en souvenir.

Le retour du héros

© Tama66

Je ne pouvais que m’en douter. Comment un type qui m’avait prouvé par A + B être né dans les choux – je t’assure la légende n’a rien à voir avec tout ça, mais oui bien sûr – pouvait terminer ses jours ailleurs que dans ce terrain vague, devant ce colosse de pierre et ses turbines infernales ?

Putain Romain, tu aurais pu me prévenir au moins. Le retour du héros. Tu parles ! Un héros de pacotille. Les vrais héros, ça se bat. Quoique peut-être que tu t’étais battu là-dedans. Personne n’en saurait jamais rien. Était-ce un pari insensé ? Ou juste une de tes folies passagères ? Que souhaitais-tu prouver au monde ?

Tu aurais quand même pu trouver autre chose. Quoi ? La mer par exemple, celle des golfes clairs, la mer qui danse avec ses reflets d’argent. Je sais tu n’aimais pas Trénet mais quand même. Ici, c’est glauque, tu ne trouves pas? Cet endroit me fiche la trouille. Tu le savais en plus. Je ne suis pas venue pour cette raison, à cause des fantômes qui grouillent sous cette terre, des souvenirs qui par vagues viennent hanter les nuits de nos mères. Qu’est-ce que va dire la tienne ?

Ne me dis pas qu’il faudra que je vienne devant ces pierres pour te voir, causer avec toi, te raconter nos vies sans toi ? Et quand le vent viendra, le bruit sera sidérant. Tu y as pensé ? Il faudra que je crie pour que tu m’entendes. Déjà que tu trouves que je parle fort.

Bien entendu, tu n’as pensé à rien de tout ça. Tu te fous de tout Romain. Bon allez je te laisse, je vais aller verser mes larmes ailleurs, loin de ce lieu maudit. Et je vais revenir pour te dire la seule chose que je retiens depuis le début. Tu veux savoir ? Hier, je t’aimais Romain. Aujourd’hui, je te déteste, je te déteste, je te déteste…

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture 310 de Bric a Book.

On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

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On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

Ce sont les mots qui s’imposent quand je la vois. Juliette a grandi. En sortant l’autre jour, j’ai croisé son sourire de l’autre côté de la rue. Elle a grandi, si vite. La petite fille a disparu. Il reste dans ses yeux cette pointe de malice. Et puis ses mains. Elle a fait comme elle faisait avant, depuis ce jour de mars il y a trois ans, elle a pris ma main. J’ai souri.

Nos visages se sont reconnus. Ils se sont souvenus des matins gris éclairés de sa joie de vivre. Se sont imposés alors à nous tous les silences que nous ne percerons pas. Juliette ne parle pas. Juste quelques mots. Elle vit dans un monde dans lequel je passe, un monde qui n’appartient qu’à elle. Pour peu qu’on s’y intéresse, son monde nous est accessible le temps d’un trajet, le temps de la regarder être au monde, à la vie. Dans une simplicité déconcertante.

Et un jour, devenir maman

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Je le regarde rire aux éclats. J’entends mon rire qui fait écho au sien. La soirée a été calme, douce, drôle, apaisée. Nous avons pris notre temps, ce temps qui nous file trop souvent entre les doigts, ce temps que nous tentons de garder pour nous deux. Temps propice aux confidences, à l’évocation de souvenirs, temps de lecture, de câlins et de contes qui changent perpétuellement de fin.

Quand il a été couché, qu’il s’est endormi sans bronché, que je suis allée voir si tout allait bien, je me suis souvenue…

De nos débuts. Je l’ai déjà écrit ici. Certaines mères se sentent mères tout de suite, dès le petit “plus” sur le test, dès la naissance. Je ne fais pas partie de ces femmes. Je ne saurai dire aujourd’hui si notre enfant était un souhait commun, s’il découlait d’un projet de vie. Je l’ai désiré. Mais dans quelle mesure? Était-ce un désir inconscient de sauver une embarcation qui prenait l’eau de toute part? Je ne saurai le dire. Ma seule certitude c’est que mon enfant m’a sauvé la vie. J’ai conscience d’avoir eu cette chance de partir avant qu’une vie de famille ne se crée. Si j’étais restée, aurai-je eu le courage de partir? Ou aurai-je choisi le sacrifice que font beaucoup, d’une vie dépourvue d’essence, de sens, une vie de larmes et de drames? Les enfants restent encore et toujours notre meilleure excuse face à de tels choix.

A la maternité, oui j’ai ressenti quelque chose, quelque chose de fort. Je me suis sentie invincible le temps de le tenir contre moi. Puis au matin les fantômes ont ressurgi, les peurs se sont matérialisées, l’envie que tout ce scénario ne soit qu’un atroce cauchemar. Face à ma réalité, j’ai pris une claque magistrale.

J’ai tout mis en œuvre pour ne pas m’attacher à mon enfant. Aussi scandaleux que cela puisse paraitre, je ne me sentais pas d’attaque à être sa mère. Je ne voulais pas dépendre de lui pour m’en sortir. Je ne voulais pas qu’il porte ma peine, mon chagrin. Qui plus est je vivais dans la crainte omniprésente qu’on me le prenne – la justice pas si juste – son père. Et tous ces bien pensants qui me rappelaient l’épée de Damoclès au de ma tête, la menace de l’enlèvement.

Quand je suis arrivée à Paris, je l’ai laissé, soulagée, aux bons soins de mes parents. Je savais qu’avec eux il avait la sécurité affective nécessaire à son épanouissement. Je me suis longtemps dit que si je disparaissais, il serait aimé, protégé – le principal pour moi. Et j’ai souvent eu envie de disparaître. Puis nous avons vécu ensemble, avec un florilège de peurs qui ne cessait de prendre de l’ampleur:  peur d’être seule avec lui, peur de ne pas lui donner assez d’amour, peur de ne pas trouver ma place, peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur. J’avais l’impression que loin de moi il grandissait mieux.

Les premières années ont été dures. A tout points de vue. J’avais l’impression de mourir un peu chaque jour, tout en essayant de me sortir de tout ce chaos oppressant. Si bien que je n’ai jamais eu de mal, ni de le laisser à la crèche ou à l’école. J’avais plus confiance dans les autres que dans mes capacités à moi. J’avais besoin que ma vie soit réglée comme du papier à musique pour pouvoir poser un pas après l’autre. Je vivais le cœur lourd gangréné par une colère sourde que je laissais éclater une fois la porte fermée, face à lui qui n’avait rien demandé. Je m’effondrais en larmes le soir. J’étais une mère en équilibre, désorientée, une mère qui n’en pouvait plus, ne savait plus quelle direction prendre, pleine de points d’interrogation.

Je tentais toutefois, à chaque instant, un travail en profondeur, pour faire taire les démons, m’affranchir du passé, pardonner. Pour moi. Comme pour lui. Car entre temps, l’amour s’était frayé un passage. Je le lui disais d’ailleurs souvent. Je lui disais que je l’aimais et que je n’y arrivais pas tout le temps. Je lui disais mes forces et mes failles. Je me répétais que j’allais y arriver, que nous allions être heureux. Parce que c’est le choix que j’avais fait, le choix primaire du départ. J’avais choisi la vie.

Et contre toute attente les heures sont devenues plus légères. J’ai accepté de lâcher prise, de ne plus tout contrôler. J’ai accepté de le regarder pour ce qu’il était, un être unique, qui ne serait jamais moi, que j’allais juste guider sur le chemin de la vie pour qu’un jour il vole de ses propres ailes. Un jour j’ai accepté la tâche confiée, même si elle me parait rude par moments, j’ai pris conscience de mes responsabilités et le parti de me faire davantage confiance. Je me suis pardonnée me choix, mes errances, mes angoisses. J’ai accepté qu’il y en aurait d’autres. Notre relation a pris une autre dimension, plus juste, plus sereine, plus joyeuse. Il fallait en passer par là. Il fallait que nous apprenions l’un de l’autre, l’un avec l’autre. Ce cheminement aura été douloureux et salvateur.

Je suis devenue mère avec le temps, maman avec lui.

Et vous la maternité (ou la paternité), vous l’avez appréhendée comment?

Jusqu’à lui…

Mes histoires d’amour n’ont jamais été simples.

De l’amour « interdit » à l’amour « à prouver au monde entier ». De l’amour inaccessible à l’amour à sens unique.

En passant par toutes les strates de la couche d’ozone des sentiments.

Mes histoires d’amour ont toujours été compliquées, tirées par les cheveux. J’ai passé plus de temps à justifier mes choix, qu’à vivre ce qui se présentait. Je m’enflammais en moins de quelques secondes top chrono. Et pour des hommes pas faits pour moi. Qui par ailleurs trouvaient ma sensibilité puérile, mes idées naïves, mes passions sans intérêt et mes envies enfantines.

Mes histoires d’amour n’en étaient pas. Ou en étaient dépourvu.

Elles avaient un goût de besoin, de reconnaissance, d’acceptation. Elles se nourrissaient de dépendance. Elles s’embrasaient au moindre désaccord.

Mes histoires d’amour m’ont laissé sur le bord de la route, souvent épuisée, avec un bagage lourd de vides, de silences que je n’ai jamais pu, su percer, de points d’interrogation. Les hommes que j’ai croisé, aimé en étant plein.

Certaines sont nées pour mourir, au bout d’un coup de fil. D’autres ont vécu quelques heures de félicité avant d’exploser en plein vol. Certaines n’ont existé que dans mon imagination débordante.

Aucune n’a tenu la distance. Et pourtant, même à bout de souffle, je me suis battue pour redonner vie aux absences, pour que l’histoire ne s’arrête pas là. J’y ai cru même après la fin. Je ne me suis avouée vaincue qu’une fois la tête noyée dans  le chagrin.

Mes souvenirs heureux se comptent sur les doigts d’une main…

Jusqu’à lui.

Jusqu’à ce que nous saisissions l’opportunité.

Jusqu’à ce que l’amour ressemble à de l’amour. Sans condition.

Et que je le croise dans son sourire, dans son regard, dans toutes ses attentions du quotidien.

Dans tous ces moments partagés – privilégiés dans lesquels je me sens bien. Et que j’aimerai prolonger.

Jusqu’à ce que les souvenirs heureux se multiplient et deviennent autant de bases solides à l’amour qui grandit.  

Jusqu’à lui, je ne savais pas vraiment ce que signifiait aimer et être aimé(e).

 

 

Cet amour sans fin

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La fin de l’été approchait. Il ne me restait plus que quelques jours pour aller pousser la lourde porte au bout de la rue. J’ai pris mon vélo un matin, seule, il fallait que je sois seule pour cette visite-là. La route se dessinait égale à elle-même, inchangée depuis des années. Ici et là apparaissaient des images, souvenirs. J’entendais nos rires d’enfant percer le silence du jour tout juste levé.

J’ai poussé la grille, posé mon vélo. Rien ne change si ce n’est l’espace qui se réduit d’année en année. D’autres noms, d’autres histoires posent leurs affaires sur ce carré de terre. Au milieu de cet alignement presque parfait, entre toutes, je la reconnais.

C’est un matin d’août que mon cœur a connu la première entaille, de taille, froide. Depuis ce jour, tu n’es plus là. Où es-tu ? Dans quel mystérieux univers vis-tu ?

Ton cœur à toi s’est arrêté de battre. Envolé l’espoir d’une rémission, d’un avenir dans lequel tu aurais pu continuer à me raconter des histoires, que j’aurai écouté, attentive, assise sur tes genoux. L’été s’est noyé dans un chagrin sans fin. Mes larmes ont remplacé les silences que nous aimions contempler, main dans la main, d’un bout à l’autre du jardin.

Je me suis assise entre les morts, j’ai changé les fleurs, nettoyé les restes de l’orage. J’ai laissé les mots sortir et les sanglots se déposer. Le souffle du vent comme un murmure de toi m’a apaisée. J’étais bien.

Quand je t’ai quitté, j’ai déambulé entre les allées. J’avais quelqu’un d’autre à aller voir. Je suis sortie de la tendre enfance pour aller me confronter aux premières heures de l’adolescence. Je l’aimais, je crois, il ne le savait pas ou il s’en fichait royalement. A 14 ans, on  se dit qu’on a la vie devant soi pour tant de choses. Et puis la vie nous fait faux bond. Je lui ai parlé comme on parle à un ami. Il passe parfois comme un fantôme dans un partage d’autrefois. Son image s’envole, il ne reste pas. Nous évitons d’en parler, nous faisons comme si et ça marche plutôt bien. Nous tentons de tenir à distance ce qui relève de l’incompréhensible. On réalise à peine qu’il n’est plus que poussière.

Face à la mort, je ressens encore plus pleinement la vie battre contre mes tempes, mon cœur se réveille, les morts ne sont jamais loin, ils vivent dans mon cœur comme un rappel certain que l’amour n’a pas de fin.

Nos chères vacances 2018!

Les vacances ont débuté sous une pluie battante à la gare de Bercy. La chaleur des semaines de juillet cédaient sous le poids de l’orage menaçant et vif. A l’intérieur du car qui traçait vers le sud, chaussures mouillées et serviettes de plage entonnaient les premières notes de mes trois semaines de congés d’été annuels!

Après une virée éclair sur Toulon, je reprenais la route du bord de mer, un peu plus au Nord. L’Atlantique m’attendait et mon Loulou aussi, qui comptait depuis une semaine déjà les dodos qui nous séparaient.

Ces vacances tant attendues furent – comment dire – très différentes des années précédentes. Et pour cause, cette année, nous n’étions plus quatre (mes parents, loulou et moi) mais six, puis sept. La fratrie au complet. Les cousins ensemble. Cohabiter sereinement en famille est un rêve, qui quand il se matérialise, laisse planer quelques doutes sur la capacité de chacun à accepter l’autre tel qu’il est et à laisser critiques et jugements de côté pour profiter du plaisir d’être réunis.

Entre les manies de l’un qui agacent, les idées de l’autre sur l’éducation des enfants, les envies divergentes, les habitudes de vie, j’ai pris le parti de ne prendre celui de personne. Et quand j’ai senti qu’il suffirait d’un rien pour que les choses se délitent et que le conflit éclate, j’ai pris la poudre d’escampette avec Loulou.

Avec de bien belles aventures au programme:  plage et baignade, journées entre cousines et amis, des rires, la cueillette des mûres pour faire de bons crumbles ou les déguster à peine cueillies le nez dans les ronces, des balades à poney, à vélo aussi – maintenant que Loulou n’a plus de petites roulettes, vive la liberté, des pique-niques sur la plage et de beaux couchers de soleil à admirer, une nuit d’étoiles filantes, déguster des glaces faites avec du bon lait de la ferme et de la menthe fraiche, regarder Loulou de plus en plus à l’aise dans ses activités, des sourires, des batailles d’eau dans le jardin, des cakes et des babines pleines de chocolat, des parties de foot endiablées, deux journées à Nantes…

Se serait mentir de dire qu’il n’y a pas eu d’heures creuses. Elles m’ont un peu chamboulée d’ailleurs. J’ai été énervée parfois, je me suis retenue, j’ai beaucoup pris sur moi aussi, tout en essayant de me dire que chacun faisait de son mieux. Il a fallut rappeler quelques bases et les heures pleines vinrent vite chasser les quelques grammes de blues.

Je me suis octroyée quelques plages en solo, pendant que Loulou s’amusait au poney, puis offert deux balades à cheval, trois footing à l’heure où les vacanciers émergent tout juste de leur précieux sommeil. J’ai retrouvé la mer et le plaisir de la regarder, tantôt calme, tantôt agitée. Je me suis promis que l’année prochaine je me remettrais à la voile, que j’irais me confronter au vent et à cette sensation suprême de liberté quand la coque d’un dériveur fend les flots moqueurs.

Puis il y a eu la dernière journée, celle qui tente de retenir le temps au maximum. C’est déjà finit. Les bagages sont prêts. On passe pour les “au revoir, à l’année prochaine”, on fait durer le plaisir jusqu’à la dernière minute. On se repasse les photos qui marquent les souvenirs. Voilà, il faut repartir. Au bout de la ligne de train, le bureau et Paris désert. Ça ne durera pas. Pour la première fois depuis six ans, quelqu’un m’attend. Le retour est plus doux, les retrouvailles intenses et émouvantes.

Trois semaines c’est long et court en même temps. Que c’est bon de profiter du temps sans impératif, sans montre, sans horaire à respecter. Que c’est bon de marcher nus pieds, de faire des châteaux de sable, de passer du temps en pleine nature, ensemble. Que c’est bon de retrouver ceux que l’on aime et que l’on ne voit qu’une fois par an, pour ce temps béni de nos chères vacances!

Et vous vos vacances, quel gout ont-elles eu?

 

 

 

 

 

 

Depuis toi

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Je danse le manque
Dans les heures d’effervescence
Les longues balades le nez au vent
Les vagues d’éclats de rire
Les fruits mûrs, juteux dévorés à pleine bouche
Les mûres cueillies sur le bord du chemin qui mène à l’amitie retrouvée
L’euphorie des rendez vous familiaux, le passé repassé, les anecdotes maintes fois partagées
Le galop sur la plage déserte, ce sentiment d’absolue liberté saisissant
Je trace le manque
Dans les embruns
Dans la mer gorgée d’eau salée
Dans le souffle du vent qui fait tanguer les haubans
Dans la fraîcheur du petit matin
Dans le temps suspendu aux souvenirs
Qui dévalent les pentes à toute vitesse
Dans l’instant qui défie les années écoulées
Dans la nouvelle histoire que nous écrivons
Au fil des étés que nous passons côte à côte
Coeur contre coeur
Le manque depuis toi a une autre saveur

Ceux qui n’ont jamais rappelé…

Un article d’Angie lu ce matin m’a fait penser à tous ceux qui n’ont jamais donné suite à une soirée, un rendez-vous, qui ont laissé le doute planer, qui ont laissé le silence gérer une séparation, prévisible parfois, pas toujours.

Je me suis demandé s’il y avait un lien de cause à effet. Dans certains cas oui.

Il y a eu ceux pour qui une soirée suffisait.

Il y a eu celui qui après deux rendez-vous attendait davantage.

Il y a eu celui qui attendait davantage après une seule danse.

Il y a eu celui qui après une nuit avait eu ce qu’il voulait.

Il y a eu celui trop perdu pour savoir ce qu’il voulait.

Il y a eu celui qui a joué à l’intéressé pour finir par dire qu’il ne l’était pas.

Il y a eu celui qui a inventé des tonnes de mensonges, pour justifier des dizaines de SMS restés sans réponse, avant de tirer sa révérence.

Il y a eu celui qui n’a rien dit, qui a laissé une relation de trois ans s’éteindre sans un mot.

Puis il y a celui qui a rappelé. Pour des papiers.

A eux tous ils forment mon expérience. Beaucoup de rendez-vous. Pas beaucoup d’amour. Et pourtant, envers et contre tout, j’ai continué à y croire, en me perdant souvent, sans me respecter parfois. Jusqu’à apprendre de toutes ces relations, avec du temps et du recul.  J’ai appris à m’aimer, à me respecter, à ne pas me brader, à ne pas avoir peur de perdre des personnes qui au final n’étaient pas faites pour moi. J’ai choisis de rester, autant que possible fidèle à moi-même. Et de ne pas céder à la tentation de dire que “finalement c’est bien vrai tous les hommes sont des salauds!”