Une autre histoire

Projet 366 jours

Raconter la même histoire. Différemment. Avec le juste recul du temps.

Raconter l’histoire qui m’a ramenée à moi-même.

Raconter la chute mais surtout la renaissance.

Raconter, lâcher la barre, réussir à en rire aussi.

Dédramatiser l’opportunité qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même, de m’accomplir, de choisir ma destinée.

Au coeur des femmes du Monde #5

Projet 366 jours

Geste machinal. Elle ne vomit plus comme avant. Elle est habituée. Combien de vies a-t-elle arrachées aux corps trop jeunes d’adolescentes pétrifiées ? Elle leur parle, essaye d’apaiser leur chagrin, de leur dire qu’un jour elles pourront à nouveau donner la vie. Quelques fois elle ne comprend pas pourquoi – A leur âge, elle jouait encore à la poupée!

Au bout du fil

Projet 366 jours

J’ai repris le fil…

Ou bien déroulé le fil.

Je suis revenue aux origines, les nôtres, fragiles.

Le manuscrit se compose de plusieurs chapitres, d’extraits de courriers, listes de l’époque, de journaux intimes gardés tels quels, qui quand on les lit, laissent flotter dans l’air un étrange goût, rien d’amer, juste quelque chose de lourd à digérer. On comprend mieux, un peu tout, comment le fil s’est cousu.

Puis décousu.

Je renais chaque jour un peu plus depuis le premier mot posé, la première ligne écrite.

Quelqu’un m’a dit un jour, le jour où tu ne retiendras que le bon de cette histoire là, tu seras sauvée.

Je crois que je tiens le bon bout.

Le mien.

Le bout du fil qui me permet de construire de joyeux lendemains.

Virage

Projet 366 jours

Le jour des adieux viendra bien assez tôt. Il existera une heure pendant laquelle le tic-tac quotidien s’arrêtera sur un temps infini. Il se rapproche l’instant qui séparera les corps et distendra les liens, rendra les souvenirs éblouissants pour peu que les êtres apprennent à s’aimer vraiment, abandonnant la peur au bord du chemin, sans entrave ni possession, libres de se détacher comme ils se sont liés. Les amants resserrent leurs étreintes sur un vide invisible à l’œil nu. Le cœur seul connaît les limites de leur amour.

Elle le donne par choix. Elle est seule à décider puisqu’elle seule connaît la frontière sentimentale. Elle seule sait distinguer la barrière de nuages qui annonce le prochain virage. Alors vivre semble le meilleur remède. Toucher et apprendre à reconnaître chaque écho, chaque relief. Se laisser gagner par la plénitude et ne rien tenter qui pourrait perturber cette tranquillité  fragile. Se boire en abondance, se consumer de sensations entières et apprendre à s’abandonner au bon vouloir de l’autre.

S’aimer. Rien de moins. Rien de plus.

Il est enfin question de MOI

Projet 366 jours

Dans les mots que je relis, dans ceux que j’arrache, ceux que je raye ou encore ceux que je change, il n’est presque question que de toi. Tout se détache et tout revient à toi. Toi, le centre du Monde, le centre de mon Monde pendant si peu de temps, si longtemps si on compte les heures de souffrance et de peine, de violence et de chaos.

Toi. Tes besoins. Tes envies. Tes questions. Tes projets. Tes doutes. Tes maux. Tes blessures. Tes coups de gueule.

Il n’a jamais été question de moi. Ou si peu. Mes rêves étaient sans importance. Mes doutes trop puérils. Mes questions balayées d’un revers de manche. Mes projets sans envergure. Mes passions insensées sauf quand mes mots s’intéressaient à Toi, parlaient de Toi. Là je devenais intéressante. Mes blessures incomparables aux tiennes. Mes coups de gueule répréhensibles.

Aujourd’hui, il est enfin question de Moi. Je prends enfin conscience d’exister et de mériter d’être heureuse. Je pense enfin à Moi. Je prends enfin soin de Moi. Sans culpabilité.

Tu ne peux pas savoir à quel point c’est agréable d’être soi…

 

Pourquoi l’as-tu épousé ?

Entre Nous

Mon discours n’est pas encore sûr. J’hésite encore parfois quand la fameuse question du « pourquoi l’as-tu épousé ? » arrive dans la conversation. Elle me déroute toujours. Je devrais y être préparée depuis le temps. Mon patron dirait qu’il est essentiel d’anticiper. Il aurait raison pour le coup – pour une fois !

Je bafouille, je sors quelques phrases un peu bancales, sans grande conviction. Je réponds « c’est une histoire compliquée ». Ca ne suffit pas toujours. Il y a ceux qui rétorquent « aucune histoire d’amour n’est facile » et j’aimerais leur dire « nous ce n’était pas une histoire d’amour ». Ou ceux qui renchérissent « dans quel sens ? » et là les seuls synonymes qui me viennent à l’esprit sont chaotique – éreintante – catastrophique – peu épanouissante – une histoire remplie d’états d’âme.

Je suis encore mal à l’aise avec cette idée même si parfois j’aimerais lancée à la cantonade « je l’ai épousé parce que j’ai eu peur, je l’ai quitté parce que j’ai eu peur ». En fait toute notre histoire se résume à ça – la peur. Quand il y a de la peur il n’y a pas d’amour, même si l’autre ne cesse de te dire qu’il t’aime à la folie, qu’il ne te fera jamais de mal, que tout ce qu’il te dit, te demande de faire, c’est pour ton bien. Évidemment.

Et c’est étrange parce que plus j’avance et plus je me remercie d’avoir vécu cette histoire. J’ai l’impression qu’il me fallait tomber pour pouvoir m’élever encore plus haut, qu’il me fallait les vraies ténèbres pour pouvoir réellement voir la lumière, sans être effrayée.

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Un jour, je pourrais le dire, en toute franchise, haut et fort, sans douter, sans me dire que je ne suis pas juste  – dire qu’il n’était qu’un menteur, un tricheur, qu’il a joué avec mes sentiments, qu’il a abusé de mes faiblesses, qu’il m’a réduite à néant, qu’il a toujours refusé d’entendre mes « non », qu’il n’est pas intéressant. J’oserais même dire que la violence des mots laisse des cicatrices invisibles et que le silence tue.

Un jour, à la question « pourquoi l’as-tu épousé ? », je répondrais tout simplement que j’étais perdue, la proie facile, que je suis tombée dans le panneau, que je me suis retrouvée prisonnière d’une relation dont je n’ai pas réussi à sortir sans m’esquinter. Je ne dirais pas que c’est un connard ou un pauvre type. Trop facile. Je dirais juste la vérité. Sans fard. Et tant pis si certains me trouvent impudique ou pensent que j’aurais dû rester – une histoire de morale religieuse. A la vie A la mort. J’ai choisi la VIE.

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Compter

Projet 366 jours

Je compte. Ca se fait ou pas. Peu importe. Je compte. Les années. Les jours. Les mois.

Je compte le temps sans un battement de cils, sans un sourire échangé, sans une main qui frôle la mienne, sans un baiser.

Je compte les minutes solides, les heures de doute, les jours d’envie et les jours sans envie.

Je compte les heures creuses, les lignes des autres qui parlent de jolies rencontres, d’amour. Je compte le manque.

Je compte. Quatre ans – 4 mois – 4 jours. Le compte est bon.

Je pourrais compter depuis plus longtemps. Mais je compte depuis le jour où j’ai quitté la maison. Tu ne m’avais ni regardée, ni touchée du bout des doigts, ni parlée sans me crier dessus depuis 9 jours.

Je pourrais compter depuis la peur, depuis les heures d’angoisse, depuis l’alarme qui annonce que le repas est cuit, depuis le premier silence.

Non je choisis de compter depuis le jour où j’ai repris les rênes de ma vie, non sans oublier les nuits d’insomnie, les jours de cris, les heures qui tremblent, les minutes comblées de larmes, à cran.

J’arrête le compteur.

J’ai envie d’une nouvelle vie, de croiser un regard, de saisir une main, d’embrasser quelqu’un, de me sentir bien…

Marre de toi

Projet 366 jours

Tu brilles par ton absence.

Puis par ta présence. Insistante. Tu veux reprendre le contrôle de la situation.

Tu as soudain des besoins, des envies. Toujours quand moi je n’ai plus envie justement. Plus envie de faire d’efforts, plus envie de t’offrir une autre chance – une énième chance. Plus envie d’entendre le son de ta voix. Plus envie de toi dans nos vies.

Tu repartiras quand je t’aurais raccroché au nez pour la dixième fois. Quand nous ne serons pas d’accord – nous ne le sommes jamais longtemps. Quand tu en auras décidé, sans prévenir.

Puis tu réapparaitras comme par magie en insistant sur tes droits de père, sur mes manquements de mère.

Tu feras écrire à un autre un message que tu ne peux pas faire, un autre qui ne sait rien de nous ni de tout ça. Un autre mis dans la confidence, pour l’occasion.

Tu me diras qu’il faut faire un effort pour notre enfant. Tu me diras que je te punis pour ci ou ça, quand c’est encore moi la folle de l’histoire.

Rien que ça, j’en ai marre…

Sans

Projet 366 jours

Un jour avec toi. Un jour sans toi.

J’ai cette chance que peu ont de ne pas te partager. Ou plutôt de ne pas être privée de toi une semaine ou un weekend sur deux. J’aurais tremblé. Je crois que mon cœur se serait arrêté de battre si il avait eu des jours avec toi, sans moi, si j’avais dû te partager avec lui.

Je suis peu sans toi.

Quelques jours tous les deux mois. Quand les vacances nous séparent, le temps que tu respires l’air d’ailleurs.

Le temps que je me reconnecte à moi pour être encore mieux avec toi.