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Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

J’ai retrouvé le grand lit et les draps enroulés autour des fragilités. On ne se refait pas. On reste ce qu’on est et on enlève les couches de ce que nous ne sommes pas. Les masques tombent en chemin et reste le vulnérable.

Elle a dit “on ne se remet jamais totalement d’un divorce” et quelque part elle a raison. Il y a toujours une petite cicatrice quelque part comme toutes les blessures de la vie. Même si c’était nécessaire, essentiel, vital, c’est toujours un deuil qu’on ne finit jamais vraiment de faire. Ou bien avec le temps, quand on a intégré que nos rêves ne sont que des chimères de papier. On en construit d’autres ou on les laisse passer.

Oui une cicatrice, une petite faille. On fait du mal sans le vouloir. Ce n’est pas entre deux, c’est entre tant. Les parents, les enfants. Mêmes les amis. Tout le monde reçoit sa dose de chagrin. C’est presque équitable.

C’est comme les séparations, les ruptures, les “je t’aime” qui ne portent plus très loin. Parfois il y a des garde-fous, des bases plus stables pour nous maintenir droit dans le chagrin. Parfois, on reprend tout à zéro, on repart de rien. On tient. On est comme ces aventuriers de l’extrême qui côtoient les hauteurs et s’aventurent sur ces ponts suspendus. Mieux vaut ne pas avoir peur du vide! On évolue comme on peut et on nous dit qu’il faut aller de l’avant. On ne fait que ça. On reconstruit tout pas à pas. Ils sont fort ceux pétris de bons conseils. Ils zappent les émotions ou bien reviennent aux fondations. Mais quand il n’y en a plus, quand tout s’est envolé, quand on reste seul avec le poids de ce qui ne sera pas, aller de l’avant c’est épuisant tant le sommet de la montagne semble inatteignable. Et si on y arrive, on se demande si on n’aura pas brûlé toutes nos cartes. On ne sait pas encore qu’au milieu de tout ça, la lumière lentement se faufile pour nous apparaître dans toute sa beauté quand on sera enfin prêt à ouvrir les yeux pour l’embrasser.

On se quitte en s’aimant, parce qu’on n’a pas su faire, dire, se dire, parler. Pour tout un tas de raisons qu’on ne saurait expliquer. Trop de certitudes ou de doutes. Trop de choix ou de non-choix. Au final, les creux pèsent davantage, c’est dommage. On a juste mal évaluer les choses, notre aptitude aux compromis. On n’a pas compris. Ou on reste en ne s’aimant plus parce que c’est plus facile. Peut-être. C’est mal fichu parfois la vie!

On s’isole ou on replonge, un peu vite, sans avoir guéri, sans avoir pris le temps des émotions, sans plage de solitude pour se retrouver. L’autre devient le pansement qu’on n’a pas pris le temps de trouver, en soi. Ou bien on choisit plus de facilité. L’amour liberté. Pas d’attache. Pas de projet. Pas de communauté. Pas d’attente. Juste ce qu’il faut de sentiments pour vivre le meilleur. Pas de quotidien. Beaucoup de mystère autour d’une histoire sans titre. Un abonnement entre parenthèses, juste l’essentiel. Parfois c’est doux. Parfois douloureux. On fait ce qu’on peut.

Tout le monde se demande un jour ou l’autre si ils/elle est doué pour aimer, s’aimer. La nuit surtout. Le jour, les fantômes se taisent, l’heure est à vivre. C’est quand les lumières s’éteignent que les maux reviennent nous bousculer. On ne pourra jamais tout comprendre ni tout expliquer. Alors pourquoi je m’escrime tant à essayer?

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

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Toi (et moi)

Crédit Pixabay

Chaque minute de chaque jour, mon coeur s’emballe et mon corps réclame ton corps. Chaque fois une redécouverte de toi, de nous. Le temps file vite, très, trop par moments. Mais nous savons profiter de ce que la vie nous offre.

Je l’écris depuis le début et j’aimerai l’écrire toujours. Je suis en état d’émerveillement permanent. A l’heure où tant de couples éclatent autour de moi, l’heure où l’amour s’éteint, comme la bougie se consume, je prends la mesure de ce que nous partageons, de cette énergie qui nous lie, de ce qui bouscule mes certitudes, nos habitudes, de ce qui nous nourrit jour après jour.

Quand j’écoute le coeur des autres pleurer, je saisis l’ampleur d’une vie sans cette flamme si vive et pourtant si fragile. Je sais qu’on en revient et pourtant, égoïstement, je me demande si j’en reviendrais.

Les jours sans toi sont plein de toi. Nos pensées se télescopent en plein vol. Les saisons s’habillent de nos mains qui se serrent et de nos pas qui s’accordent. Il n’y a pas de maux que tu ne puisses entendre, pas d’émotions que tu ne puisses accueillir, pas de peurs que tu ne puisses apaiser. Je peux être tout avec toi, oser tout. C’est comme si tu avais balisé le chemin pour que je puisse enfin exprimer tout ce que je garde en moi, sans me mettre en danger.

Tout en toi me fait vibrer à une fréquence inédite. Certains parieront sur la chance. Peut-être. D’autres voudront nos mettre dans des cases. Toutes faites. Ce qui compte c’est cette liberté qui nous va si bien, qui nous donne des ailes. C’est pouvoir tout se dire même quand ça fait un peu mal. C’est ne rien prévoir et vivre chaque instant comme en équilibre dans l’espace temps.

Je ne crois pas en ces promesses que l’on se fait, en ces projets qui portent un peu trop loin pour moi. Je crois à ce qu’on se donne, là, aujourd’hui, à ce que l’on construit au quotidien, à la force des sentiments qui nous lient, à cette impression furtive de saisir l’essence du sublime de la vie.

Pour hier, aujourd’hui et demain: Merci! Le reste nous appartient…

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Challenge Ecriture #23 (16.06.2020)

Les secondes seront des heures dans cette attente. Je serai la sagesse qui patiente, le regard tourné vers l’intérieur, comme un saltimbanque épris de solitude. Je ne te volerai rien, sinon quelques sourires pour que tes lèvres et les miennes soient unies dans un tourbillon de douceur. Je serai dans la sublimation du désir, je transformerai l’évidence en pluie d’azur, l’absence en terrain fertile, riche d’une sensualité qui se lit sur chaque centimètre de ta peau au repos. Je poserai mes yeux sur la courbe sensible des frissons des étoiles, je goûterai du bout des cils au nectar sucré du cœur de ta féminité. Je t’offrirai dans un silence, tout juste perturbé par nos souffles distincts, le sacre de la nuit.

Retrouvez les autres participations (magiques!) ici: Plaisirs d’Orient chez Nina – Vénération chez Mébul – Une nouvelle pause thé chez Josée – Tourbillon libertin chez Sweet Things – Une phrase, dix mots chez Marie – Chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, j’ai envie de légèreté, j’en ai besoin en ce moment. Du coup, pas de règles, pas de thème, un seul mot d’ordre, faites moi / faites-nous rire! Au plaisir de vous lire.

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Challenge Ecriture #22 (09.06.2020)

Que dire de la vision de ce palais des glaces si silencieux

Cachez-vous des secrets au plus profond de ce temple

Vous, dont le regard me trouble et m’offense

Derrière les voiles et les tentures, d’autres vies, peut-être aveux

La où je me tiens, j’entendrais presque, murmures, souffles et voix

Porte ouverte, oserais-je un pas?

Découvrez les autres participations: Chez Sweet Things – Chez Sandra – Chez Josée – Chez Marie – Chez Erby – Chez Mébul – Chez Nina

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Je me rends compte que les explications du dernier challenge n’étaient pas très claires. Du coup je vais essayer d’être plus précise à l’avenir.

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de la citation suivante de Christian Bobin: “Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages”, en utilisant TOUS les mots suivants: sacre, sensualité, sucré, sensible, sublimation, solitude, saltimbanque, sagesse, sourires, secondes.

Merci et au plaisir de vous lire!

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C’est quoi le manque (de l’autre)?

C’est la question philosophique du jour! Comme quoi le confinement ne détruit pas nos neurones. Même si il teste grandement notre patience.

En fait c’est une question que je me pose depuis très longtemps. Il y a le manque vital, celui que l’on ressent quand nos besoins primaires ne sont pas remplis. Il y a le manque lié à notre autres besoins, mais pour ceux-là nous avons souvent les solutions en nous. Et puis il y a le manque de l’autre, des autres.

En général, les gens ne me manquent pas. On associe souvent le manque à l’amour. Mais pour moi, ça n’a rien à voir. On peut aimer les autres et réussir à  vivre sans eux. C’est profondément libérateur, pour soi, pour l’autre. C’est même plutôt sain je trouve. Parce que personne ne nous appartient, jamais.

Le manque pour moi c’est comme si, sans l’autre, nous n’existions pas ou nous existions moins. Alors que ce n’est pas le cas. Dans la vie, nous ne sommes pas toujours proches, physiquement, de ceux qui comptent, nos amis, nos enfants, nos parents, nos conjoints. Est-ce pour autant que nous arrêtons de respirer? Est-ce pour autant que notre cœur arrête de battre?

Bien sûr, j’aimerais voir plus souvent mes amies, pouvoir m’arrêter chez l’une, chez l’autre sans avoir à prévoir un voyage, j’aimerais voir leurs enfants grandir, pouvoir échanger autrement que par téléphone, j’aimerais ne pas avoir à compter le nombre de jours qui séparent, ni devoir jongler avec les obligations familiales des uns et des autres, j’aimerais parfois que les choses soient plus simples, que nos rendez-vous soient plus spontanés, que nos agendas soient plus souples, que les parenthèses ne s’achèvent pas un peu abruptement au lever du soleil.

J’aimerais, je rêverais mais la réalité est ce qu’elle est et je dois composer avec. Le manque ne crée rien, il prend tout. Je vois le manque un peu comme un vide. Et j’ai horreur du vide! Le manque me renvoie aussi beaucoup à la dépendance affective, un mal que je connais bien.

Nous sommes créateurs de notre vie à chaque instant. Nous faisons nos choix en conscience. Ils impliquent certains schémas avec lesquels nous devons composer. Et si ceux là ne nous conviennent pas, nous pouvons toujours les modifier. Ou choisir de ne pas le faire, cela nous appartient.

Quand à ceux qui ont quitté ce monde, ils vivent en moi. Ils me rappellent l’essence de la vie, ils me disent de tout donner ici et maintenant. Ils sont dans mes souvenirs, dans mon cœur, éternellement.

Et vous le manque ça vous dit quoi? C’est quelque chose que vous ressentez? Ou pas? Comment? 

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Ce temps loin de toi

Credit Pixabay

J’en ai imaginé des choses, j’en ai crée des histoires à dormir debout, dans les moments de doutes, dans les heures creuses des jours gris, dans la brume des matins d’hiver et même dans la chaleur écrasante des soirées d’été. J’en ai dessiné des chemins qui s’arrêtent, des routes qui se séparent, des accidents de parcours sans retour en arrière possible, des accidents tout court qui viendraient emballer notre histoire, qui me laisseraient seule sur le bas côté, sans même un au revoir, sans même être alertée.

Pourtant je n’ai jamais imaginé tant de jours sans toi. Tant de jours loin, tant d’heures sans le son de ta voix, sans la caresse de ton souffle sur ma peau, sans tes lèvres sur les miennes, sans ta main délicatement posée sur mes incertitudes, sans la chaleur de ton sourire, comme un baume qui chasse les tourments.

Je n’ai pas imaginé et je n’ai pas prévu ce changement brutal, cette séparation arbitraire, cet éloignement soudain. Au début, c’était comme des vacances. Trois semaines tout au plus, nous avions connu, nous savions faire. Six désormais. Je pourrais décompter les jours. Je ne le fais pas. Je pense à toi et puis j’oublie, pour que les jours ne soient pas une longue attente, cruelle et douloureuse, pour ne garder que le meilleur, les sentiments qui, c’est certain, se nourrissent de ce temps en suspens, gagnent en vérité.

Je ne sais pas demain, ni après. Je ne sais pas quand on se reverra, ni comment. Est-ce qu’il faudra se regarder de loin, ne pas se toucher? Est-ce qu’il faudra se dévorer des yeux et se dire l’envie de manière détournée? Je ne sais rien de nos retrouvailles. J’ai le coeur qui tremble en y pensant, furtivement. Puis je reviens au connu, à ce que je porte en moi. Le reste est une histoire qui attend, patiemment, d’être écrite…

Posted in Atelier écriture

L’épreuve de force #2

Nul repos possible. Les années passent et ton absence pèse toujours aussi lourd. Ils sont nombreux à me dire de tourner la page. Je les laisse parler, je laisse leurs beaux discours, qui se veulent amicaux, couler. La rivière de mes larmes les engloutit. Ce n’était pas qu’un sale virus cette putain de maladie, pas un truc qu’on dégage avec des berlingots de Javel. Oui je suis grossière, tu n’aimais pas, je ne disais plus ces mots là. Aucun effort n’était de trop pour toi.

On se prépare à perdre ses parents, jamais son enfant. Même si les brillants chercheurs des instituts, les pontes de la chirurgie, les meilleurs professeurs ne se montraient pas confiants, je gardais l’espoir, d’un miracle sûrement, que quelqu’un m’entendrait, que quelqu’un viendrait nous sortir de là. Les urgences divines devaient être bien engorgées. Personne n’est venu.

Nous n’étions que tous les deux, toi et ton corps à la pâleur marmoréenne, ta peau, ses aspérités, moi et mes frusques bohèmes, histoire de redonner des couleurs aux murs blancs cassés de l’hôpital. Je chantais des chansons ridicules pour te voir sourire, je faisais le clown, je donnais tout pour que la mort se tienne à distance.

Je quittais toujours ta chambre, la peur au ventre, terrifiée à l’idée de te voir pour la dernière fois. Je traversais le jardin, me laissais charmer par la douceur vernale. Il y aurait d’autres matins. Je n’ai jamais cessé d’y croire.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: berlingot-repos-engorger-rivière-virus-bohème-marmoréen-aspérité-vernal. Vous retrouverez le premier texte ici

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Parfaite équation à deux inconnues

Crédit Pixabay

J’existais avant lui et j’existerais après lui
J’existe sans lui comme il existe sans moi
Nos souffles se fondent l’un dans l’autre
Nous respirons l’un sans l’autre
Nous fusionnons quand nos corps se rapprochent
Mais nos corps fonctionnent indépendamment l’un de l’autre

Nous nous enrichissons mutuellement
Nous partageons des sentiments

Ma vie vaut quelque chose
Le sienne aussi
Même prises séparément
Nous aimons être ensemble
Nous aimons être seuls
Nous aimons être avec d’autres

Nous connaissons le manque quand nous sommes loin l’un de l’autre
Ce manque ne nous prive pas de notre substance
Nos échanges nous enveloppent, nous transportent
Ils ne nous enchainent pas

Nous sommes des êtres humains
Pas des mutants dépendants
Des êtres complets
Des histoires parallèles
Qui se retrouvent autour d’un même désir

Nous nous construisons jour après jour
A l’intérieur de nous deux
Et dans le monde
Et si nous vivons quelques heures sur un nuage
C’est que nous savons que seul l’instant présent compte
Nous le savourons pour ce qu’il est

Nous ne cherchons pas à changer l’autre
Même si notre amour nous fait évoluer
Nous ne cherchons pas à guérir ou sauver l’autre
Même si l’amour a le pouvoir d’apaiser nos maux

Nous nous aimons sans nous posséder
Sans cette impression que sans l’autre
Nous ne sommes rien
Que notre bonheur dépend de ce que l’autre
Est prêt ou non à nous donner
Sans une jalousie qui nous rendrait prisonniers
Mais dans une liberté qui nous offre
De nous épanouir pleinement

Nous jouons une même mélodie
Avec des instruments différents
Et c’est ce qui fait de cette aventure à deux
Une richesse de tous les instants

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Challenge Écriture 2020 – #5 (11.02.2020)

Texte écrit à partir de cette musique: Mozart L’Egyptien

Habibti,

Je ne me fais pas à ce pays. Je pense à toi, où que tu sois, je t’espère, heureuse, un peu, beaucoup. Je regarde les photos, tes cheveux qui dansent dans le vent sur le toit de la maison. J’entends le rire des enfants entre les pierres riches de nos souvenirs.
Je vais et je viens ici, sans but. Je peuple mes jours d’allers-retours en quête d’un signe du ciel. Qui parlerait de toi. Je ne me fais pas à ces kilomètres qui nous séparent. Les nouvelles que je glane ne sont guère rassurantes. Ce monde à feu et à sang m’oppresse et je suis contraint de retourner là où la vie bat pour ne pas laisser la folie ambiante me consumer.
Là où les voiles sont des arabesques, là où ton cœur proteste encore, où je saisis quelques grammes de beauté dans le khôl qui fait ressortir le bleu de tes pupilles. Là où l’eau coule dans une danse envoutante, où tes charmes me ravissent les sens.
Monte en moi alors cette nostalgie langoureuse qui me va si bien, que me fait naviguer sur un océan de peut-être. Je revois ta robe et j’entends le chant charmant de tes bracelets en or. Je me laisse aller à te rêver, à quelques mètres de moi, ta voix si douce, qui bercerait mes songes. Je touche ta peau nacrée et la sentir frissonner sous mes paumes me conduit tout droit au paradis. Je suis dans l’abandon total au voyage que tu m’offres.
Mon pays. Ma patrie. Tu est mon tout. Et je me dois de vivre sans toi. Comment? Je me dois d’oublier, quel sacrifice, quand un refrain me ramène inéluctablement sur les rives de notre amour. Je perds de moi dans cette absence de toi, seule ma mémoire me sauve de la fin. Le soleil radieux, l’excellence de ton visage, la fureur au creux de tes reins.

Dans ce pays, je ne suis qu’un fantôme, un vieux fou, une âme en errance. Je survis par la grâce de l’espérance. Que Dieu te garde mon aimée. Sois certaine que nous nous retrouvons, ici ou ailleurs. Dans un monde de paix. Un monde sans amour secret.

Retrouvez les participations ici: My Minds Visit / Une envie de dépaysement chez Josée / Chacun à sa place chez Lodinateur / O riz an 2020 chez Mébul / La lampe chez Sandra

***

En cherchant un thème pour le prochain atelier, mon regard s’est posé sur un livre dans ma bibliothèque “Partition amoureuse” de Tatiana de  Rosnay. Dans ce roman, le personnage principal, qui est une femme, a une idée originale “inviter les hommes qui ont le plus comptés pour elle, seuls, sans femme ou petite amie – un diner d’ex amants.”  

Je vous invite à faire, dans un premier temps, un petit inventaire avec quelques détails sur les personnages (amants / amantes) choisis. Puis dans un deuxième temps, à écrire un texte sur ce diner, que ce soit l’avant (reprise de contact, préparation, état d’esprit…), l’après (sensations, retour sur l’expérience,…) ou le diner en lui-même. A vous de voir sous quel angle vous souhaitez traiter ce sujet.

Bonne écriture et au plaisir de découvrir tout cela mardi prochain!

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L’écriture, cet acte thérapeutique!

Crédit Pixabay

Nous n’écrirons pas tous des chefs d’œuvre, nous ne serons pas tous publiés, nos mots ne trôneront pas tous sur l’étagère d’une librairie ou d’une bibliothèque. Mais nous pouvons tous mettre un mot après l’autre, laissez nos cœurs se libérer sur le papier, laisser les mots nous guérir. En profondeur.

Nous n’avons alors pas besoin d’un plan précis, il nous suffit juste d’oser, d’oser nous lancer pour évacuer ce qui nous touche, ce qui nous fait faillir, ce qui nous empêche d’avancer, d’exister. Ça pourra prendre différents formes. Il n’y pas de modèle, pas de cadre à respecter, ce sera spontané.

Parfois nos souvenirs sont trop lourds à porter, nos émotions trop fortes à supporter. Parfois nous ne savons plus où nous en sommes. Certains choix parfois sont nécessaires. Et notre esprit se perd entre doutes, envies, contradictions, interrogations. Où en sommes nous? Qui sommes nous?

L’écrit nous offre de lâcher prise, de tout lâcher. Nous n’avons plus à paraitre, à donner le change. Nous n’avons plus à faire attention à nos mots, nos pensées pour ne pas blesser l’autre. Là dans cet instant. Les mots nous invitent au partage de ce qui ne peut être dit de vive voix, ce que nous n’arrivons pas à articuler.

Vous ne savez pas par où commencer?
Rien de plus simple, un crayon, du papier et quelques minutes de calme. Allez-y. Laissez les mots couler. Peut-être que ça restera superficiel, peut-être que vous accoucherez d’un texte auquel vous n’avez pas pensé. Peut-être que ça viendra réveiller autre chose en vous. Et il faudra laisser couler l’encre encore un peu.

Écrire les souvenirs m’a permis de les digérer, de comprendre, de pardonner, d’avancer.
Écrire le présent me permet de mieux accepter mes émotions, de les accueillir puis de les laisser partir.
Écrire les maux pour mieux vivre.
Écrire le beau aussi, la joie intense, les sourires sublimes.
Écrire ce qui me tord les boyaux, ce que je tente de retenir mais qui finit par peser trop lourd.
Écrire la joie et le chagrin.
Écrire ce qui nous chamboule, ce qui nous fascine, ce qui nous fracture.
Écrire pour choisir.
Écrire face à toutes ces montagnes qui nous semblent impossibles à gravir, l’avenir qui nous impossible à construire.
Écrire tout ce qui nous échappe…

Et vous, l’écriture thérapeutique ça vous parle? Vous pratiquez?

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Le goût amer des tulipes

Les tulipes, tu verras, une merveille….

Je n’ai pas vu les tulipes. J’ai arpenté les rues à sa recherche. Amsterdam la nuit, quelle folie! J’ai cru m’étouffer devant ces vitrines, ces corps de femmes exposés. Ces images hantent encore ms rêves, dans lesquelles je tremble de ne pas la trouver.

Ce voyage elle en parlait avec tant d’enthousiasme, comme une destination de rêve, la chanson de Brel en bandoulière. J’étais sceptique mais après tout la jeunesse est pleine d’innocence et d’absolu. Je me devais de respecter ses aspirations, ses envies d’ailleurs. Je lui répétais sans cesse ma mission, celle de lui donner des ailes pour créer son destin.

Ses premières lettres rassurantes disaient la nouveauté, les découvertes, les fabuleuses couleurs des fleurs en avril. Elle m’invitait à venir contempler la magie à ses côtés. Puis les lettres s’étaient espacées. Je mettais ça sur le compte de sa nature sauvage. Elle ressentait sûrement le besoin d’un peu de distance entre nous. Je comprenais. Sur la dernière, je me crispais. Quelque chose n’allait pas, il me fallait partir sans tarder.

Je l’ai retrouvée loin des lumières, dans une rue mal famée, le corps bouffé par des substances illicites. Depuis je fuis, la Hollande, la nuit et ces tulipes au goût de mort.

Ce texte est ma participation à latelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Hollande ou tulipe – étouffer – image – chanson – nouveauté – destination – voyage – merveille – crisper – sauvage

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Quelques mots d’amour

L’amour se tient, comme une bague dans un écrin. Qu’il pleuve qu’il vente, l’amour est là. Il rit les jours de soleil et soutient les jours de chagrin. Et ceux qui n’y croient pas n’y connaissent rien.

Il y en a toujours pour…
Dire que l’amour est un leurre
Une promesse faite à quatre heures puis oubliée dans la course du soir pour rentrer diner
Mettre les pieds sous la table
Et ne surtout rien demander.

Il y en a toujours pour…
Dire qu’y croire c’est être fou
Qu’on en revient toujours, le coeur plein de dégoût
Et qu’il vaut mieux oublier, laisser tomber
Plutôt que de se vautrer dans une mer d’illusions

Il y en aura toujours…
Des inadaptés de l’amour
Ceux qui le fuient surtout
Ceux qui le tiennent à distance
Ceux qui s’en foutent
Et les jaloux
Ceux qui le piétinent d’avance
A trop vouloir le garder prisonnier
A trop vouloir jouer l’apprenti sorcier
En lui prêtant de drôles d’idées

Puis il y aura ceux qui…
Se moquent d’être regardés comme des naïfs au cœur tendre
Des illuminés la bouche remplie de mots doux
Des optimistes du bonheur en pochette surprise

Au milieu il y aura toujours l’amour, libre, qui inonde les pavés, les cours carrées, les terrasses de café et les jardins publics. Il y aura toujours l’amour et sa main tendue, vers nos cœurs maintes fois recousus. L’amour qui danse entre deux rêves, qui ne s’arrête ni aux kilomètres, ni aux océans. L’amour vivant qui ne cesse d’espérer que la ronde s’agrandisse. L’amour sans patrie ni nom, sans hiérarchie, l’amour comme un second souffle, une nouvelle vie, une peau toute neuve, une page qu’on tourne, un tsunami d’émotions, une vague de sensations. L’amour comme un cadeau attendant dans son écrin que nos yeux s’ouvrent à sa lumière.

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Le vide après le plein

Je n’aime pas.
Le vide après le plein.
La bouteille de vin à demi entamée sur la table endimanchée
Les miettes des brioches du petit déjeuner
Qui restent là quand tout le monde est parti
Quand il ne reste que moi
Et le silence après le souvenir de ces instants bénis

Je n’aime pas
Explorer puis devoir attendre
La prochaine fois pour gouter ta peau
Nos sens en émois
La découverte de nos corps
Et le jour qui m’étreint loin de toi

Je n’aime pas
Ces questions que je pose
Comme des points de suspension dans l’air
Parler surtout pour que rien ne s’oxyde
Parler par anticipation du vide

Je n’aime pas
Les dernières minutes qui ne durent pas assez
Le claquement qui résonne pour nous dire d’abréger
Et déjà les soubresauts de mon cœur

J’irais acheter du chocolat pour compenser
Un canard qui parlera de l’attente
Comme d’une madeleine à savourer

Je n’aime pas
Savoir que non loin du Finistère
L’amitié pleure l’enfant qui ne viendra pas

Dans la chaleur de tes bras
Je me suis laissée guider vers l’extase
J’ai oublié le monde et ses drames
Le plein avant le vide
C’est comme ça

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Finistère (facultatif, en principe pas de nom propre) – canard – oxyder – bouteille – claquement – brioches – souvenir – explorer – découverte. J’étais partie sur un texte moins personnel puis j’ai changé de cap en cours de route.

 

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Je ne t’ai pas vu grandir

Je ne t’ai pas vu grandir.

Notre aventure a débuté au milieu de l’indicible, un entrelacs de maux dont le souvenir s’estompe peu à peu pour laisser place à la vie. Mais nous nous construisons sur notre passé, ce temps d’avant qui fut un temps de loin, où nous nous retrouvions entre deux trains pour des rendez-vous réguliers qui avaient des goûts de trop peu. Mon cœur débordait quand je te laissais, si petit, dans ton berceau, si plein de vie alors que tout en moi semblait mort. Nous nous sommes apprivoisés dans les larmes, le chaos, dans les méandres d’une histoire qui n’avait d’amour que l’illusion. Nous nous sommes rapprochés dans un soupir, si fragile, un instant en déséquilibre constant, moi avec mes failles et mes sentiments ambivalents, de ne pas savoir, de ne pas pouvoir.

Tu as sept ans bientôt et je prends conscience que je te couve encore comme un petit. L’interprétation de ce conflit intérieur, entre te laisser grandir et te garder encore un peu dans un état qui nécessite mon intervention permanente, me ramène à ce que nous n’avons pas vécu, à ce que je n’ai pas connu, à ce que l’on m’a pris sans penser à mal, à ce que je n’ai pas su réclamer tant qu’il était encore temps, aux limites que je n’ai pas su poser. A ce vide de toi.

Je te regarde, je te découvrirais presque alors que l’on vit ensemble, mon cœur t’écoute zézayer et essayer de trouver ta place. Je n’ai pas d’impossibles projets pour toi mais je sais, aujourd’hui, que je dois doucement te laisser lâcher ma main, te laisser être, t’épanouir et vivre. Mes blessures ne t’appartiennent pas, elles aussi je vais les guérir, à mon rythme.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. les mots imposés étaient: régulier – interprétation – indicible – méandres – souvenir – aventure – projet – zézayer – soupir 

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Le vide des souvenirs

Je reverrais toujours le vert anis de son manteau de petit garçon, une lueur vive dans le vide absolu des jours qui passent et ne laissent comme trace qu’un souvenir tenu.

Je perçois au loin le son d’une balle qui rebondit sur le sol, un jouet d’enfant sûrement. Les aiguilles de ma montre scandent son retard. Où peut-il être à cette heure ? Combien de temps lui faut-il pour sortir de sa torpeur ?

Les groupes de paroles me laissent croire à une hypothétique renaissance. Les bouches, gavées de mots bienveillants, me promettent du mieux, du meilleur, quand tout autour n’est que désolation.

J’ai fermé les yeux trop longtemps. Très pratique pour ne pas affronter le squelette de son enfant terrassé par le poids des substances illicites ingurgitées. L’abandon plutôt que le défi. Je l’ai laissé couler dans l’abîme.

Je l’attends, réfléchissant à l’impromptu qui le retient loin de moi. Encore une fois, je fuis la terrible absence. Depuis qu’il est parti, je colmate les manques.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient:

Impromptu – anis – squelette – rebondir – renaissance – vide – retard