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Un instant sur la ligne du temps

Je ne saurais jamais, je ne pourrais jamais remonter jusqu’à cette date, si profondément ancrée, si loin dans la conjoncture des années. Cet épisode est à tout jamais enfermé dans les méandres de ma mémoire. Un instant, un battement. Dans mon berceau, chaque seconde compte. Avant les sirènes hurlantes qui traversent la ville, des échos de souvenirs, ceux des autres, ceux pour qui d’un coup le temps semble s’être mis sur pause, une pause aux allures de cauchemar.

Je ne saurais jamais ce qu’est j’ai pu ressentir dans ces heures de flottement, ces minutes suspendues pendant lesquelles aucun médecin ne souhaite se prononcer. Qui de la vie ou de la mort va l’emporter? Est-ce un choix à cet instant précis?

Un petit corps dans une petite bulle, dans une grande chambre. Et des tuyaux un peu partout, des machines qui attendent elles aussi, un sursaut, que rien ne vienne troubler leur rythme, que le noir ne s’invite pas sur le blanc des murs de l’hôpital, saturé de cris de nouveaux nés.

Il n’y a que les récits et les dates, inscrites à l’encre noire sur un carnet de santé. Comme beaucoup de souvenirs dont le corps seul se rappelle, qu’un évènement ramène à la surface, il faut accepter que certains éléments de notre histoire nous échappent. Parfois nous pouvons reconstituer certaines choses, faire des liens.

Leur histoire n’est pas la mienne. Eux ont encore accès à la folie de cet instant, à cette peur viscérale de perdre leur premier enfant, alors que la voiture file à toute allure dans le froid glacé de novembre. La peur, la vraie, ne disparait pas vraiment, elle reste la preuve vivante du danger menaçant l’ordre établi.

Il y aura quelque part toujours cette cicatrice là, ce petit point sur la ligne du temps, et tous les autres qui font et défont nos existences. Il y aura toujours un petit quelque chose prêt à faire vaciller l’équilibre sur lequel on se tient. La fulgurance d’une alerte, le regard perdu dans le vide, à prier, crier, créer, aimer. Il y aura tous ces cataclysmes qui ont fait bouger nos trajectoires, ces épisodes pas perdus, juste remisés, classés dans de tiroirs, ceux qui nous maintenons fermés, par besoin de se protéger, et ceux que nous choisissons parfois d’ouvrir, pour aller plus loin, pour être au plus près de qui nous retient encore, un peu, un peu trop.

Au fond, il faut un certain courage pour affronter ses démons. Et beaucoup aussi, pour les accueillir et les laisser partir.

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Challenge Ecriture Semaine #3

Ils ne se doutaient pas. Derrière le mur, tant de silences. Des matins brumeux au goût de fausse espérance. Ils ne savaient pas. Derrière le flou, tant de non-dits, secrets gardés bien au chaud. Ils ne pouvaient pas savoir. Ils ne voulaient surtout pas voir. La trame des jours “sans” à se demander de quoi serait fait demain. Ils passaient le matin et le soir. Ils ne s’arrêtaient pas. Ils faisaient semblant de s’intéresser. Puis passaient leur chemin. Ils se croyaient dispensés des règles de savoir être en société.

La maison était belle et les enfants bien soignés, alors ils faisaient comme “si”, comme si tout allait bien. Ils jouaient aux “bien élevés”, un sourire par ci, un merci par là. Ils se vantaient d’être des gens comme il faut. Ils baladaient leurs egos dans les rues pavées du quartier.

Ils s’abstenaient de commentaires, d’ailleurs ils ne disaient rien, rien qui puisse faire des vagues. Ils se goinfraient d’ordinaire et de normalité. Ils se jugeaient au-dessus des autres, bien au-dessus. Ils savaient mais ils laissaient passer. Ils gardaient tout dans des boites, sur de belles étagères blanches. Ils partaient du principe – dangereux – que ce qui se passait derrière les murs ne les regardait pas.

Ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes et s’enorgueillissaient de rendre service. Aux plus faibles, aux démunis, à ceux dans le besoin. Un beau faire-valoir, une preuve irréfutable qu’ils faisaient partie de la catégorie des gens bien. Et bons. Peu importe ce qui se paissait sous leurs fenêtres. Peu importe le silence. Peu importe le souffle froid des jours de peine.

A la barre aujourd’hui, ils témoignent, maladroitement. Ils ne savent que dire, ni comment, par quoi commencer surtout. Derrière le mur, ils n’imaginent plus. Plus rien ne cache l’horreur. Si seulement ils avaient eu le courage…

Retrouvez les textes des participants: Chez Justine Plume d’étoiles, Bien plus visible chez Mébul, Rose et le mur de briques chez Josée, Chez Sweet Things, Au jardin chez l’encre nomade

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Pour la semaine #4, dernière semaine sur le thème de la photographie, je vous invite à écrire un dialogue entre les deux personnes de cette photo en utilisant les mots suivants: croix, présence, imagination, loufoque, allées et fleurs.

Crédit Marie Kléber

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Au plus près de l’instant

Photo by Rachel Claire on Pexels.com

Cela fait quatre ans ou presque, bientôt. Quatre ans que j’essaie d’écrire tout, de décrire tant les émotions que les vibrations que je ressens à ton contact. Ce n’est pas si aisé comme exercice et pourtant je m’emploie à saisir l’éphémère et à le traduire dans la matière.

Des jours et des mois à tenter le pari fou, comme le photographe devant un coucher de soleil qu’il voudrait rendre tel quel sur le papier, de partir en quête de l’expression juste qui traduira mon ressenti, ma vision, dans les moindres détails.

Des heures qui filent et me laissent, comme la couturière sur son ouvrage, absorbée par sa tâche. Je fais et défais jusqu’à trouver ce que je cherche. Je veux être au plus près de ce qui là, dans l’instant, accapare tous mes sens.

Les mots dansent parfois une symphonie magique, mystique et je me demande si c’est bien moi qui ai écrit ces lignes. Les mots m’échappent aussi ou je les trouve trop fades, pas assez denses, pas assez riches. Des mots qui ne disent que la surface et laissent la profondeur à l’état d’ébauche.

Je veux plus. Toujours. Parce qu’il y a tant à dire…

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Variations personnelles…

Crédit Kaboompics

Le manque ne se dit pas. Jusqu’à ce qu’il soit là. Qu’on ne voit que lui. Presque. On voit autre chose, le monde, la vie. Mais il est quand même là. On ne s’arrête pas toujours pour le regarder. On le sait, on le laisse passer. Il sait se faire discret.

Je ne me verrais pas vivre à deux. Toujours, tous les jours. C’est juste comme ça, que je suis faite, que je sens, ressens les choses. Même pas une question de routine. Juste ce besoin d’être avec moi, d’être à moi, avant d’être avec, aux autres.

Et pourtant parfois je me plais à dessiner quelque chose qui ressemblerait à plus que quelques heures par ci, par là, des heures qui mises bout à bout sur un an, représentent à peine un mois.

Parfois je voudrais plus, sans savoir ce qu’il y a à l’intérieur de ce mot, sans savoir vraiment, précisément, ce qu’il contient. Juste plus de toi. Encore une fois, sans ce tic tac invraisemblable qui se moque de nous. Sans la variation des minutes, leur danse aphrodisiaque et puis la chute, celle d’une mélodie qui n’aurait pas trouvé une partition assez longue pour s’écrire complètement.

Je ressens le manque quand les heures pleines débouchent sur le soir, les lumières tamisées, la fraicheur des draps, quand je voudrais dire quelque chose, que ça vient et que le mur est seul à entendre ma voix. Quand le silence est si profond que j’entends mon cœur faire des bonds dans ma poitrine. Quand la journée a été longue, qu’un mot a touché quelque chose, quand je voudrais ne plus avoir tout à porter à la force de mes bras.

Dans ces moments là, j’ai comme des larmes, pas graves, des larmes de grande. J’ai comme le sentiment, diffus, confus, que je ne sais pas, ce que je veux, ce que je ne veux pas. J’ai comme la sensation qu’il me manque les mots pour exprimer ce qui s’invite comme ça, sans préambule. J’ai comme l’envie du bruit de tes pas dans l’escalier, à l’improviste.

J’ai comme le sentiment, certain, que rien ne pourra apaiser ce manque, juste le temps et moi, la confiance que ce qui est, est juste. Je n’y changerais rien. Et pourtant, parfois…

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Ce que je retiens de 2020

Photo by cottonbro on Pexels.com

2020 fut quelque peu tumultueuse. Pas tant au niveau des rebondissements que de ses espoirs et ses déconvenues, à l’échelle du pays. Pour ma part, me tenir loin des informations et des débats, a été mon salut. J’ai évité les folles rumeurs et la violence.

Je ne saurais comment qualifier cette année. Elle a été riche de vide et de plein, de peurs et de joies, de solitude dans l’effervescence et de rires dans le maison, de pas en avant et de pas en arrière, nécessaires pour aller de l’avant.

Année de formation. Année de prise de poste. Année de remises en question, toujours. Et ce sont ces questions qui aussi me permettent de continuer sur le chemin, avec peut-être des bagages un peu moins lourds de mois en mois. Comprendre un peu mieux la psyché humaine. Ecouter l’autre dans sa différence et sa résonnance. Prendre plaisir au partage du Soi. Et s’éloigner du jugement, si présent, même quand on a l’impression d’être dans l’ouverture. Accepter pas à pas que chacun est là où il en est, que c’est bien comme ça. Accepter qu’aujourd’hui je pense “sécurité” tout en sachant que tout peut changer.

Année de travail sur la confiance mais surtout l’affirmation de soi. Poser des limites, oser dire non, oser dire tout court. Une année pour mettre des mots sur cette difficulté à exprimer mes émotions, à accueillir celles de mon fils. Comprendre à travers ce que je mets en place comment je fonctionne et pourquoi. Evoluer toujours même si parfois c’est compliqué et que ça vient nous chahuter. Revenir au corps aussi, à son langage, à ses ressentis. Une fois encore tenter de lâcher le jugement.

Mettre de la conscience sur ce qui ne fonctionne pas, se laisser davantage porter par le flow de la vie – pas si évident en soi!

Une année moins littéraire que les précédentes. Mais avec des projets tenus de A à Z ou presque. Découvrir d’autres façons de créer et de s’exprimer. Prendre plus souvent les crayons, la peinture, les pigments. Avoir envie de faire différemment et trouver des pépites à des endroits inattendus!

Une année avec moi, à l’intérieur surtout, une année d’intériorité à tenter de trouver un équilibre. Sans cesse à réinventer. Une année avec lui, ce petit homme qui s’essaie à la vie. Cet enfant plein d’énergie qui n’aime guère le cadre, les règles, qui a besoin de fantaisie et de câlins, qui ne comprend pas qu’on s’attarde tant à garder tout en ordre, qui aime le désordre, collectionner tout et rien, faire des expériences, créer tout et rien aussi. Me rapprocher de qui il est, en me demandant à chaque instant, si je suis là vraiment, entièrement avec lui dans ce que je fais, dans ce que je suis. Gérer les journées de “non” à répétition en tentant de garder la tête froide et le sourire si possible.

Peu de temps de solitude au fond et beaucoup de fatigue aussi. Plus physique que psychologique vers la fin. Beaucoup de colère encore qui s’apaise doucement. Beaucoup d’autres voix que je fais miennes. Beaucoup trop.

Si peu de lui. Et pourtant sa présence à chaque instant. Dans chaque souffle. Et son écoute aussi dans tout ce que je ne saisis pas à force de penser si peu de moi. Ses encouragements dans les moments fragiles et sa sensibilité dans les moments doux. Si peu de nous. Et pourtant partout les sentiments qui nous effleurent du bout de nos regards croisés.

Alors qu’une nouvelle année se profile à l’horizon, je me sens d’humeur à explorer, aller à la rencontre de qui je suis quand je lâche prise, quand il n’y a plus ni codes, ni règles. Me relier à la magie. Revenir à ma voix. Célébrer la vie de mille et une manières. Tout en me remémorant que tout n’est pas blanc ou noir, que tout est cycle, oui. Et qu’il faut dé-créer pour transformer et recréer.

Et vous de 2020, vous retiendrez quoi?

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Vouloir ce n’est pas toujours pouvoir…

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Je ne suis pas fan de toutes ces lois, de ces mantras qu’on nous refile à longueur de journée. Je pense qu’il y a des choses inscrites en nous, dont nous ignorons l’existence et nous avons beau mettre tout en oeuvre pour avancer sur un point, mener un projet à terme, surmonter une épreuve, nous n’y arrivons pas toujours.

Le monde du “vouloir c’est pouvoir” ou “tout est question de volonté”, voir même “nous créons ce que nous pensons” ou encore “le passé est passé” me met un peu hors de moi, une pression de plus sur nos épaules. Et si nous n’y arrivons pas, nous nous sentons en échec. Déjà que nous sommes beaucoup à manquer d’estime et de confiance, ça vient en rajouter une couche!

Notre psyché est complexe. A l’intérieur il y a nous, mais aussi notre histoire, l’histoire de notre famille, les liens qui se sont tissés, les noeuds, nos blessures, nos traumatismes et ceux de notre lignée, notre inconscient, l’inconscient collectif, nos croyances, les injonctions acquises, nos vibrations énergétiques, celles de notre entourage et j’en passe. Ca fait un peu bizarre dit comme ça, mais nous ne sommes pas seuls!! C’est bien pour ça que chez certains ça bouillonne fortement!

La semaine dernière, j’étais comme vous avez pu le constater dans une phase assez “down”. Après avoir remis en question ma place de mère et ma place dans ma structure familiale, j’étais en pleine remise en question sentimentale.

Si je reprends le fil de mes expériences amoureuses, les deux premières se sont terminées exactement de la même façon. Après un long moment sans pouvoir se voir (famille, distance, études), il y a eu séparation. La troisième, même si les circonstances sont un peu différentes, a eu lieu aussi après 2 mois d’éloignement. Et toutes entre fin novembre et début décembre.

Que je le veuille ou non, ce sont mes mémoires. Elles sont engrammées en moi. Je peux tous les jours me réveiller en me disant que ma relation actuelle n’a rien à voir avec les précédentes. Je peux avoir fait mon/mes deuils. Je peux être passée à autre chose, cela n’en reste pas moins présent quelque part, en moi. Et à chaque période anniversaire si l’on peut dire, ça vient réveiller quelque chose. Surtout dans des moments de fragilité émotionnelle ou de fatigue. Mon inconscient ne fait pas la différente entre hier et aujourd’hui. Les informations se ressemblent étrangement, alors pourquoi pas? Pourquoi cette relation échapperait à la règle? Pourquoi elle ne prendrait pas fin comme les autres? Mon inconscient m’envoie un signal, c’est sa manière à lui de me protéger. Ce n’est que la prise de recul, la distanciation qui me permet de reprendre la main sur la situation. En plein chaos émotionnel, pas si évident que ça.

Ne nous en déplaises, nous n’avons pas la maitrise de tout à l’intérieur de nous!

Et le simple fait de vouloir n’est pas toujours suffisant en soi. Celui de comprendre est le premier pas d’un long processus qui nous permettra in fine de rompre les liens nocifs, d’intégrer les maux et de lâcher ce qui nous retient.

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Pensées nocturnes hivernales

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De toutes nos vies, que restera t-il? A coups de “sans” on s’évertue à ce que tout tienne debout. Jusqu’à quand?

Quelques minutes échappées, comptées, presque méthodiquement placées ici et là, pour que la structure se maintienne. S’autoriser une parenthèse sans déroger à la règle.

Elle pourra être belle, pourvu qu’elle ne vienne entacher la vie qu’on mène en dehors, pourvu qu’elle nous offre ce sentiment d’invincibilité. Du soleil dans les jours de pluie.

La joie sans les tourments. Au creux des rêves égarés et des blessures intimes, nous resterons seuls face à nous mêmes. Il n’y aura de partage que dans l’allégresse des retrouvailles. Pourvu que l’entaille ne soit pas trop profonde. Pourvu que nos vies restent dignes dans leur manteau d’incertitudes. Pourvu qu’on ne mélange rien.

De toutes nos vies, que restera t-il? Si ce n’est des silences, des secrets, ces à-côtés que l’on tait pour préserver un équilibre. Un lien fragile comme un filament d’étoile. Un pas au dessus du vide et demain, un sourire, un souvenir. Des sentiments comme autant d’empreintes sur le sable blanc que la marée efface.

Nous vieillirons dans le “sans” de nos attentes. Il faudrait ne pas en avoir dit-on. Nous vieillirons dans le délice d’instants volés. Dans l’interdit de ce qui ne se dit pas. Dans l’interrogation de ce qui aurait pu être si – nous avions fait un autre choix. Qui avons-nous vraiment respecté dans cette partition là?

De toutes nos vies, que restera t-il? Si jamais nous n’osons ce pas dans l’inconnu, ce pas qui viendra peut-être remettre en question tout ce que nous savons, tout ce que nous avons, tout ce à quoi nous tenons, tout ce qui a du prix, de la valeur à nos yeux? Si jamais nous restons, par précaution, par sécurité dans l’environnement connu de nos vies bien rangées?

La parenthèse pourrait-elle devenir plus importante que notre vie elle-même? A quoi alors, devrons-nous renoncer? Avec quelle intensité faudrait-il aimer pour briser ses chaines et braver l’inconnu? Sommes nous seulement partants?

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Un vœu hors du temps

@Marie Kléber

S’adapter. Une qualité remarquable. Une force sans pareil.
S’adapter, oui. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir des envies. Même si là à l’instant T, elles ne sont pas réalisables. Même si aujourd’hui, on ne peut ni changer le cours des choses, ni tout envoyer valser sous prétexte qu’une envie se glisse dans l’ordinaire du quotidien.

Si on me donne un vœu. Juste pour aujourd’hui. Si je peux choisir j’opte pour plus de temps.

Ensemble. Juste toi et moi. Sans le boulot et ses problématiques parfois invraisemblables, sans tous ces maux qui nous fragilisent et contre lesquels on ne peut rien.

Plus de temps, pas pour rattraper toutes ces semaines loin, juste pour vivre, là, maintenant, retrouver la grâce d’un temps plus long que quelques minutes volées au cours des jours qui passent, des cycles réguliers.

Un temps pour revenir à des sujets plus légers. Un temps pour lâcher tout le reste, ne pas se dire que chaque seconde est comptée ou presque. Un temps sans “il faut” surtout.

Un temps de déconnexion, de reconnexion. Sans autre moyen de communication que nos corps, que nos voix. Temps de draps froissés et de plaisir consommé jusqu’à tituber de bonheur, les yeux rivés sur autre chose que les aiguilles qui disent “vite, le temps s’agite et file, bientôt il faudra partir.”

Il y aura toujours un au revoir. Il faudra toujours revenir à la réalité. Mais la bulle dans laquelle nous aurons danser nous aura assez nourris pour nous permettre de reprendre le cours de nos vies respectives sans points de suspension.

Je n’aspire qu’à l’union de nos polarités. Dans un espace vide d’effervescence et riche de silences à conquérir. Il faudra juste que je pense à te demander si toi aussi tu y aspires!

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Je sais…

Credit Kaboompics

Je ne dis pas la vie comme un fouillis, je l’écris juste pour ce quel est, ce grand manège des émotions, des instants, des ressentis, des sentiments. Je sais savourer tout ce qu’elle a de magique. Si et seulement si je prends le temps d’être connectée à ce qui fait sens pour moi. Ce “pour moi” n’appartient à personne d’autre. Il est ma marque de fabrique.

Je sais ma chance d’être merveilleusement entourée, aimée, accompagnée. Je ressens à plein volume cette allégresse des jours heureux quand je suis en paix avec moi-même, quand je lâche les masques dont je parlais hier.

J’ai compris récemment que c’est dans la spontanéité que je suis la plus authentique. A trop me poser de questions, j’en oublie ce qui compte pour moi. Et pourtant je suis seule aux commandes du navire.

Je sais le beau dans l’ordinaire, la chaleur d’une présence dans les jours d’absence, l’amour que l’on ne contient pas et qui vient faire céder les digues, le merveilleux d’un sourire, la légèreté d’une caresse, la force d’un “merci” . Je sais où je suis bien et où je dois encore œuvrer pour que cesse ce sentiment de valoir moins, de ne pas être assez.

Ma vie d’aujourd’hui a des couleurs extraordinaires et les jours gris ne les rendent pas moins éclatantes. J’apprends à vivre avec qui je suis et à m’aimer dans mes forces comme dans mes failles, à accepter ma vulnérabilité comme une chance d’entrer en contact avec le monde.

Je sais surtout qu’au fond de moi, comme au fond de vous, se cache une richesse qui lentement se dévoile. Pour peu qu’on se laisse le temps de tracer son chemin.

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Challenge Ecriture #31 – 22.09.2020

C’est une envie indocile qui m’envahit soudain, alors que le dernier train m’emmène loin de toi. L’automne est arrivé, entre deux solstices, sans que nous y prenions garde. Je regarde la pluie tomber sur les vitres, les gouttes couler le long de la paroi de verre et des images apparaissent, arabesques éphémères de ce temps de nous.

Nulle certitude et pourtant tant de paix. A nous savoir vivants, ensemble, sur un chemin inconnu. La pluie continue d’inonder les pavés, je ferme les yeux, je pars en voyage. Des cornes de gazelle m’attendent à la maison. Avec un thé chaud, je les dégusterais, en écrivant quelques lignes qui parleront de tout ce que je ne peux te dire.

Le manque de toi se fait toujours très dense sur le chemin du retour. J’aimerais être magicienne pour suspendre les heures, alors nous aurions un semblant d’éternité à apprivoiser. Le train vient de s’arrêter, la pluie aussi et c’est sous un ciel de carte postale que je rejoins la maison. Un joli clin d’œil pour qui sait saisir la magie du quotidien!

Retrouvez ici les autres participations: Chez Marie, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, l’idée m’a été murmurée par un participant! Voilà les éléments de votre prochain texte: une pioche, une pelle, une brouette! Hâte de vous lire.

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Face à ce qui nous dépasse…

Crédit Pixabay

De fil en aiguilles, mes pensées m’amènent là, près de toi. Toi, une fois, deux fois, mille fois. Combien sont-ils, comme moi, à tenter de mettre des mots sur l’inéluctable?

Des longues heures d’attente au verdict. Sous un carré de terre, voilà où je viens te parler depuis 33 ans. De là que je te confie tout, des plus beaux matins aux plus sombres tourments. La vie a basculé doucement. Elle continue sans toi depuis tout ce temps.

Des fils un peu partout pour te maintenir en vie. Quelques jours à peine. Vingt cinq ans plus tard, quelques jours pour quitter le monde. Ta délivrance. Finis la souffrance dans un corps pris en otage. Tu n’avais connu que les centres fermés, ce monde si fragile des enfants qu’on cache par peur d’un peu trop les aimer.

La mort, c’est pour ceux qui restent que c’est le plus terrible. C’est pour ceux qui auraient voulu dire au revoir, ceux pour qui les mots restent suspendus dans une absence insoutenable.

Aucun vie ne se ressemble. Aucun souffle n’est identique. Le tien avait des allures de jeune fille. Un souffle comme le vent dans les arbres. Tu avais cette grâce, celle d’une jupe qui se soulève dans la douceur d’un matin d’été. En un souffle, le cœur qui lâche et l’horreur d’une nouvelle comme un coup de poing.

Tout le monde gardait le silence. C’est vrai que c’était étrange, ton absence, surtout pour cette occasion. Ça faisait, quoi, quinze ans, tout au plus. On avait quinze ans à nouveau quand elle m’a raconté l’accident. Envolée notre adolescence dans les tourments du temps. Tu n’auras jamais mon âge et tu ne verras jamais ton fils devenir grand. C’est toujours très perturbant la plaque au cimetière. La marée a depuis effacé ton visage, nos émois et nos rires.

Je continue de disséquer les émotions de tous ces “presque” abandons, ces matins qui ne ressemblent à aucun autre, ces matins “sans”. Je continue d’égrainer les souvenirs. On ne s’habitue pas, c’est faux. On vit juste avec et on tente de vivre bien, de vivre mieux, de vivre plus fort. Et on se plante aussi, une fois la claque passée. 

Une autre vie. Plus libre. Plus respectueuse de tes idéaux. Je te revois, là, le corps affaibli, sur ton lit de camp, au milieu d’un monde qui ne te ressemblait pas. Là, nous avons eu le temps, de nous re-connaître, le temps d’envoyer chier tous ceux qui disaient que tu ne tiendrais pas. Tu as tenu, un peu plus, juste ce temps pour pouvoir se dire les choses. Un rayon de soleil au dessus des mots-croisés. Chaque jour de passé c’était comme un défi relevé. Et le pardon aussi…

Torturée. Ce sont les mots du journal. Tu sortais du travail. Quelques secondes à peine et le grand trou noir. Ton sourire s’est évanoui. La dernière image de toi, nos pas de danse à minuit moins le quart. Une marche silencieuse pour faire face à l’horreur de ta disparition.

La mort n’a pas d’égard, elle vient vous cueillir, souvent sans crier gare. Un coup franc. Pas de trace d’infraction. Je me suis toujours demandée où on puisait la force pour surmonter les plus grands drames, est-ce qu’il n’y avait pas quelque part quelque chose de plus grand que tout ce qui nous dépasse. 

Rien ne nous prépare à la fin et pourtant nous savons qu’elle viendra. Je crois que l’essentiel est de se dire les choses, toutes les choses, avant que les lumières  ne s’éteignent, ne jamais – pour une fois – reporter à demain les sentiments. Et vivre surtout, intensément, passionnément chaque jour.

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Trois ans!

Crédit Kaboompics

Trois ans de nous deux. Déjà.

C’est étrange cette histoire de temps qui file. De nos pas qui nous mènent tantôt ici, tantôt là. Trois ans c’est un peu comme un passage, ce cap vu au loin jamais dépassé. L’avantage du temps et des expériences c’est que ça nous apprend ce qu’on vaut, ce qu’on vraiment. Créer.

Quand je repense à nous il y a trois ans, c’est un peu étrange. Un mélange de nostalgie et de contentement. Toujours les mêmes contradictions, c’est presque rassurant!

Mais surtout tant de chemin parcouru pour nous deux, avec des périodes de doute et des périodes de joie intenses, des peurs qui doucement s’apaisent et d’autres qui peut-être finiront par disparaitre. Un flot continue d’émotions, de sensations. Un plein de vie, celle que nous avons choisi d’écrire à quatre mains. Avec nos repères et nos compromis.

Je n’ai pas besoin d’en faire des tonnes ici, ce soir. Tout s’écrit entre nous. Mais j’aime aussi partager ce que je pensais presque impossible il y a trois ans. La confiance, l’attention, le partage, pouvoir tout se dire, tout écrire, trouver même les mots pour ce qui relève parfois du mystique.

Et surtout appréhender l’amour sous un angle différent, pas comme une compensation ou une hypothèse, que sans l’autre nous ne sommes pas. Vivre l’amour qui unit, donne des ailes, est porteur d’une énergie libératrice.

Je nous dit “merci” pour ces trois années, pour tout ce que nous avons découvert, inauguré, essayé, dépassé main dans la main. Dans le respect de nos différences et de nos différents aussi. Je nous souhaite encore plus, plus de bonheur, plus de sourires, plus de regards complices, plus d’échanges enrichissants, plus de passion, plus de folie douce, plus d’instants de vie à savourer, à l’infini!

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Dans la malle aux souvenirs

Ouvrir la malle aux souvenirs…

Ils sont si nombreux à peupler nos mémoires. Un rien peut les activer. Un rien pour leur redonner vie. Une musique, un mot, un parfum, un bruit, le roulis de l’eau, le générique du top 50, un tube à la radio, un verre de diabolo menthe. Et la valse commence. Le temps s’arrête sur une image.

Les bouchons sur la route des vacances. Les voitures remplies à ras bord. Le départ aux aurores. Les cassettes enregistrées qu’on passe en boucle et les kilomètres qu’on avale en répétant inlassablement « on est bientôt arrivé ? » tout en sachant qu’on vient juste de partir. L’aller presque triomphant. Et le retour passablement moins enthousiasmant.

Le temps de l’école. Et le temps des congés. Le temps de cahiers ouverts et des bouts de stylos mâchouillés, de l’odeur de la colle en pot. Le temps des déguisements dénichés au grenier, des casseroles que l’on brinquebale d’un bout à l’autre du jardin, des tambouilles d’herbe et de cailloux. Le temps des colonies, des cartes reçues, de celles que l’on envoie pleines de fautes d’orthographe. Le temps des pieds dans l’eau, des bains de boue et des bals du 14 juillet.

Les soupes du dimanche soir et les épinards à la crème de la cantine, passablement écœurantes. Le 7 sur 7 d’Anne Sinclair et nos mercredis “télé, bonbons et bavardages”. Les weekend à la mer et l’été à la montagne. Les sorties en refuge et la pause-pipi dans les orties.

Les premiers émois et les sauts dans le vide, les premières confidences et les prières silencieuses. Les interdits qu’on oublie et les heures de colle qui s’en suivent. Les cours de sport qui s’éternisent.

Le temps des adieux. Les premières notes d’un futur qui nous comprime le cœur. Le temps du chagrin, de la fin de l’enfance. Un visage qui revient au milieu de nos rêves puis disparaît, comme emporté par le vent. Le temps des au revoir imprévus, des séparations. Les souvenirs se voilent d’amertume. L’innocence se bat contre des murs de certitudes.

Le temps des promesses qui ne durent pas. Le temps de l’allégresse, l’éphémère entre nos doigts. Temps de poser les bases de demain sans avoir les armes pour affronter les vagues.

Les dernières années d’école et les copines « tout terrain ». Les examens. Les premières vacances main dans la main. Les spaghettis carbonisés sur le réchaud improvisé. Les danses endiablées. Les slows langoureux. La mer qui vient bénir cette entrée dans le monde tant convoité de l’adulte.

Le premier regard et le premier baiser. La première excuse mal fagotée. Les premières notes d’une histoire à créer. Premiers vertiges et envies de tout oser. Puis le fracas de la fin. Le silence de la séparation. Le vide après le plein. On en sortira vivant un jour sûrement. Pour le moment, les claques se suivent et nos larmes sont fragiles.

Une fête un peu arrosée, notre timidité envolée. On rentre tard ou tôt, le cœur gros. On s’essaye à la vie avec ses bas, ses hauts, ses promesses, ses attentes. On juge vite et mal. On juge trop souvent. Le regard des autres comme un couperet nous tend un piège dans lequel on chavire. Il faut parfois le pire.

Les amitiés qui fichent le camp, celles qui restent un peu plus longtemps, les bars de nuit et les soirées à refaire un monde qu’on voit s’écrouler. Assister passivement à la fuite inexorable du temps et ne plus savoir qui croire, ni comment.

Devenir adulte et regretter de n’être plus des enfants. Moins d’innocence. Moins de rêves. Plus de conscience jusqu’à ce qu’on crève, la gueule ouverte, par peur d’oser, par peur de manquer. Tout resurgit à la faveur d’une naissance. Une deuxième chance.

Les premiers mariages et les yeux qui pétillent. Un « oui » dans l’atmosphère. Une farandole de bonheurs à cueillir chaque jour. Pour nous ce sera différent. On ne se loupera pas. On se regardera encore longtemps comme si on se voyait pour la première fois. Avec ses frissons et ce « je ne sais quoi » qui fait trembler même les plus vaillants. On ne parlera pas du couple comme d’une relation usée,  de ce “juste assez de tendresse” pour rester. On ne disséquera pas les méandres de l’adultère, de l’infidélité. On restera loin des jugements pour mieux se protéger.

Dans la malle aux souvenirs, il y a tout un tas de secrets aussi, gardés sous scellés pendant des années, des mystères à élucider, qui dans cette vie resteront bien protégés. On veut y croire encore un peu. Avant que tout n’explose, que s’exposent nos vulnérabilités, pleines d’ecchymoses. On l’aura bien cherché. Des secrets et de regrets, de ceux qu’on jure de ne jamais avoir, de ceux qu’on trouvait dérisoires chez les autres. On n’a pas fait mieux.

Quand on farfouille au hasard, on tombe sur des pépites. Une histoire de choux à la crème sur les genoux de grand-père. Le jardin de Versailles en long, en large et en travers. Les premiers jours de soleil et les collants qu’on laisse dans les armoires. Les récoltes d’automne et nos vieux grimoires. Le jour qui se lève sur un avenir plein d’espoir. Des photos d’école et des prénoms qui nous échappent. On aurait dû les noter. On pourrait les rechercher, les copains de long date, premiers témoins de cette grande aventure dont nous ne savons que dire.

On ouvre la malle les soirs de cafard, meilleur remède qu’un café noir. Ou à la demande générale quand on veut savoir qui on était, comment on a vécu, aimé aussi. Oui on l’aurait presque oublié sans ces âmes bien intentionnées. Aimer à en avoir le cœur broyé, à ne plus sentir ses muscles, à ne plus savoir les heures, à ne plus attendre que le bruit des pas dans l’escalier, à ne plus espérer que la chaleur de ses bras. Aimer à se dissoudre dans le tout des deux, à contempler le monde d’un nuage lointain, à se faire des promesses dans les creux incertains, à se confier nos détresses jusqu’au petit matin. Aimer à vouloir se fondre en l’autre. Aimer l’amour et aimer l’aimé. Aimer dans les draps nets vite froissés, dans les courbes des hanches qui se rejoignent et ne forment plus qu’une entité sacrée. Aimer à se mouvoir dans la fréquence de l’autre, à occulter les barrières sur le chemin, à se foutre des autres. Aimer à la folie, sans céder aux injonctions, fidèles à nos choix, sans cesser de se battre pour ce en quoi on croit. Aimer jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’amour dans une définition, dans un cadre balisé. Aimer sans relâche, sans frontière, sans attache. Ça rassure ou pas.

Et puis on la referme. Non pas à double tour. On reviendra y puiser l’énergie débordante de tout ce qu’on a créé. On visitera à nouveau ces temps reculés, où tout nous semblait accessible, tout nous paraissait simple et limpide. La malle nous promet encore de beaux voyages. Il faudrait toute une vie pour les réaliser.

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Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

J’ai retrouvé le grand lit et les draps enroulés autour des fragilités. On ne se refait pas. On reste ce qu’on est et on enlève les couches de ce que nous ne sommes pas. Les masques tombent en chemin et reste le vulnérable.

Elle a dit “on ne se remet jamais totalement d’un divorce” et quelque part elle a raison. Il y a toujours une petite cicatrice quelque part comme toutes les blessures de la vie. Même si c’était nécessaire, essentiel, vital, c’est toujours un deuil qu’on ne finit jamais vraiment de faire. Ou bien avec le temps, quand on a intégré que nos rêves ne sont que des chimères de papier. On en construit d’autres ou on les laisse passer.

Oui une cicatrice, une petite faille. On fait du mal sans le vouloir. Ce n’est pas entre deux, c’est entre tant. Les parents, les enfants. Mêmes les amis. Tout le monde reçoit sa dose de chagrin. C’est presque équitable.

C’est comme les séparations, les ruptures, les “je t’aime” qui ne portent plus très loin. Parfois il y a des garde-fous, des bases plus stables pour nous maintenir droit dans le chagrin. Parfois, on reprend tout à zéro, on repart de rien. On tient. On est comme ces aventuriers de l’extrême qui côtoient les hauteurs et s’aventurent sur ces ponts suspendus. Mieux vaut ne pas avoir peur du vide! On évolue comme on peut et on nous dit qu’il faut aller de l’avant. On ne fait que ça. On reconstruit tout pas à pas. Ils sont fort ceux pétris de bons conseils. Ils zappent les émotions ou bien reviennent aux fondations. Mais quand il n’y en a plus, quand tout s’est envolé, quand on reste seul avec le poids de ce qui ne sera pas, aller de l’avant c’est épuisant tant le sommet de la montagne semble inatteignable. Et si on y arrive, on se demande si on n’aura pas brûlé toutes nos cartes. On ne sait pas encore qu’au milieu de tout ça, la lumière lentement se faufile pour nous apparaître dans toute sa beauté quand on sera enfin prêt à ouvrir les yeux pour l’embrasser.

On se quitte en s’aimant, parce qu’on n’a pas su faire, dire, se dire, parler. Pour tout un tas de raisons qu’on ne saurait expliquer. Trop de certitudes ou de doutes. Trop de choix ou de non-choix. Au final, les creux pèsent davantage, c’est dommage. On a juste mal évaluer les choses, notre aptitude aux compromis. On n’a pas compris. Ou on reste en ne s’aimant plus parce que c’est plus facile. Peut-être. C’est mal fichu parfois la vie!

On s’isole ou on replonge, un peu vite, sans avoir guéri, sans avoir pris le temps des émotions, sans plage de solitude pour se retrouver. L’autre devient le pansement qu’on n’a pas pris le temps de trouver, en soi. Ou bien on choisit plus de facilité. L’amour liberté. Pas d’attache. Pas de projet. Pas de communauté. Pas d’attente. Juste ce qu’il faut de sentiments pour vivre le meilleur. Pas de quotidien. Beaucoup de mystère autour d’une histoire sans titre. Un abonnement entre parenthèses, juste l’essentiel. Parfois c’est doux. Parfois douloureux. On fait ce qu’on peut.

Tout le monde se demande un jour ou l’autre si ils/elle est doué pour aimer, s’aimer. La nuit surtout. Le jour, les fantômes se taisent, l’heure est à vivre. C’est quand les lumières s’éteignent que les maux reviennent nous bousculer. On ne pourra jamais tout comprendre ni tout expliquer. Alors pourquoi je m’escrime tant à essayer?

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

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Toi (et moi)

Crédit Pixabay

Chaque minute de chaque jour, mon coeur s’emballe et mon corps réclame ton corps. Chaque fois une redécouverte de toi, de nous. Le temps file vite, très, trop par moments. Mais nous savons profiter de ce que la vie nous offre.

Je l’écris depuis le début et j’aimerai l’écrire toujours. Je suis en état d’émerveillement permanent. A l’heure où tant de couples éclatent autour de moi, l’heure où l’amour s’éteint, comme la bougie se consume, je prends la mesure de ce que nous partageons, de cette énergie qui nous lie, de ce qui bouscule mes certitudes, nos habitudes, de ce qui nous nourrit jour après jour.

Quand j’écoute le coeur des autres pleurer, je saisis l’ampleur d’une vie sans cette flamme si vive et pourtant si fragile. Je sais qu’on en revient et pourtant, égoïstement, je me demande si j’en reviendrais.

Les jours sans toi sont plein de toi. Nos pensées se télescopent en plein vol. Les saisons s’habillent de nos mains qui se serrent et de nos pas qui s’accordent. Il n’y a pas de maux que tu ne puisses entendre, pas d’émotions que tu ne puisses accueillir, pas de peurs que tu ne puisses apaiser. Je peux être tout avec toi, oser tout. C’est comme si tu avais balisé le chemin pour que je puisse enfin exprimer tout ce que je garde en moi, sans me mettre en danger.

Tout en toi me fait vibrer à une fréquence inédite. Certains parieront sur la chance. Peut-être. D’autres voudront nos mettre dans des cases. Toutes faites. Ce qui compte c’est cette liberté qui nous va si bien, qui nous donne des ailes. C’est pouvoir tout se dire même quand ça fait un peu mal. C’est ne rien prévoir et vivre chaque instant comme en équilibre dans l’espace temps.

Je ne crois pas en ces promesses que l’on se fait, en ces projets qui portent un peu trop loin pour moi. Je crois à ce qu’on se donne, là, aujourd’hui, à ce que l’on construit au quotidien, à la force des sentiments qui nous lient, à cette impression furtive de saisir l’essence du sublime de la vie.

Pour hier, aujourd’hui et demain: Merci! Le reste nous appartient…