Les mots authentiques

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Dire les choses, là, tout de suite, quand elles viennent. Un mot, un souvenir, une présence. Dire les émotions avant qu’elles ne s’envolent. Poser les mots sur un carnet, un écran. Un message pour dire ce qu’on ressent. Une réponse, un conseil, un élan du cœur.

Les mots sont authentiques dans cet instant. Ils sont les sentiments. L’impulsion leur donne davantage de consistance. Alors pourquoi attendre ? Pourquoi juger ses pensées ? Pourquoi vouloir remettre à plus tard ?

Rien ne vaut qu’on passe sous silence nos ressentis, sous prétexte que certaines choses ne se disent pas. Qui a dit cela d’ailleurs ?

Tout se dit. Tout est dans la manière de le dire.

Tout s’inscrit en nous et ce que nous aurons gardé pour nous, par crainte, par doute, par renoncement, restera comme un regret, celui de ne pas avoir osé les mots, les gestes, celui de la retenue quand tout nous poussait à nous livrer, quand toutes les portes nous invitaient à les pousser.

Quand les mots sont là, quand les maux nous pèsent, quand nos cœurs battent fort dans nos poitrines, soyons à l’écoute et offrons nous ce qui nous fait du bien.

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La douceur d’un matin

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Là, dans ses bras, le monde soudain semble loin.

Je sens son souffle dans la ligne de mon dos, régulier, apaisé. Une brise légère comme un murmure qui s’engouffre sous ma peau.

Je respire au rythme de son corps au repos, de nos doigts emmêlés.

Le silence enveloppe le petit matin de douces caresses. On est bien, juste là, juste comme ça.

Rien n’est jamais certain et pourtant dans cet instant, tout l’est presque.

Dans l’air, dansent les promesses de cet amour que pas même les peurs ne sauraient troubler, que pas même le manque ne saurait faire trembler.

Il était une fois: un souhait…

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Il est là, posé sur le monde, sur un fil invisible entre ciel et terre. Il est là, solitaire, avant d’être rejoint par un, puis deux, puis dix, puis mille autres. Il attend le souffle du vent ou celui d’un baiser. Dans sa bulle d’or, il contient tout ce que le cœur sait.

Il est un souhait.

Le premier souhait.

Il est un souhait de paix, celle qui fait tant défaut au Monde.

Il est un souhait d’amour, d’étreintes rassurantes ou passionnées, de tendresse, de force, de sentiments – intenses, d’émotions, de vibrations, de sensations.

Il est un souhait de confiance, d’estime, de pardon, de résilience et d’abandon, de renaissance.

Il est un souhait du corps, le corps visible et invisible, le corps sain et épanoui.

Il est un souhait d’audace, celle qui nous emmène sur des routes moins fréquentées, des collines verdoyantes ardues à gravir et en haut desquelles la vue est époustouflante.

Il est un souhait de joie, de sourires, de câlins qui chatouillent, de baisers mouillés, de retrouvailles, de fous rires, de découvertes, de lâcher prise, de temps partagé, de longues balades dans la nature, de regards échangés, de complicité, de mains qui se serrent, d’embrassades qui s’éternisent, de fêtes improvisées.

Il est un souhait de bienveillance et d’urgence de vivre l’instant, de ralentir, de regarder autour de soi, de s’enivrer de l’éphémère, des joies simples et singulières.

Il est un souhait de mots, écris, lus, à lire, de créations, d’essais, d’histoires à raconter, de destins croisés.

Il est un souhait de liberté, de prospérité, pour toujours enthousiaste.

Il est un souhait enrobé de dentelles, contenu dans un nuage de douceur, traversé par un arc en ciel, un souhait pétillant et vivifiant, un souhait qui se balance dans l’air frais de janvier, un souhait tout en chaleur humaine.

Il est un souhait de moi à toi, à chacun d’entre vous.

Un souhait qui comme une bulle de savon viendrait s’échouer entre vos bras pour que 2019 soit une année lumineuse et riche de tout ce que vous souhaitez voir se réaliser!

 

Graver le bonheur

On pourra dire que cela fait longtemps que je ne t’ai pas évoqué ici. Je t’écris ailleurs. Je t’écris toujours. J’écris pour graver le bonheur. Là dans l’instant. Pour aujourd’hui et demain.

Écrire. Un souffle. Le mien.

Je ne peux rien retenir. Tout est, puis disparait. Alors j’imprime les souvenirs. Les mots sont ma mémoire.

Je ne peux saisir que quelques bribes de cette mélodie que nous composons. Rien ne nous appartient si ce n’est ce qui compose notre présent. Nous sommes des êtres libres. Tu ne me dois rien et je ne te dois rien. L’amour sans dépendance est délivrance. Le nôtre s’écrit au quotidien. Il vibre à une fréquence qui nous ressemble.

J’écris comme une lettre d’amour à l’amour. Et toi, tu es là, au cœur de ce bonheur intense. Tu es mon évidence.

J’écrirai des heures de toi…

Toutes les heures du monde n’y suffiraient pas.

Cette évidence

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Dans ces soirées partagées, non soumises à de quelconques obligations, je rêve d’heures suspendues qui dureraient une éternité. Nous n’aurions pas à nous dire au revoir.

Quand je passe la porte, que je me glisse dans mes draps, tu es quelque part entre chez moi et chez toi. J’imagine ton corps et je m’endors dans le souvenir de tes bras.

Tu es dans chaque instant de mon existence et je suis dans chaque instant de la mienne. Je suis au jour, aux émotions, aux sentiments, aux heures passées à aimer la vie dans son intégralité, à la trouver légère, généreuse, magique.

Tu es tout ce que j’ai toujours espéré. En confiance. Sans jamais douter qu’un jour je croiserai ton sourire, qu’un jour nos vies s’épouseraient si délicatement, si intensément. C’est cette évidence qui chaque jour défie la peur et emporte la partie!

Le grand pari…

On ne se dira jamais assez et on ne se dira jamais tout.

Certains mots sonneront justes, d’autres nous feront croire dans la présence hypothétique d’un faible espoir au bout d’un silence que nous n’osons briser.

Certains gestes diront plus que des mots et certains mots se diront dans le calme rassurant d’une étreinte que le reste du monde trouverait insignifiante.

On se bercera de promesses quand tout ira de travers. On sera aveugle dans la joie et alors ça n’aura pas d’importance. Ou on cherchera la faille dans un amour heureux, certains que le bonheur n’est pas pour nous. On mentira par crainte de souffrir. On souffrira par crainte d’oser. Ou alors on enverra tout valser, qu’importe l’avenir, ce qui se joue là sous nos yeux n’a pas de prix, on choisira de s’enivrer d’amour. Puisque la source est dite intarissable, on se saoulera de chaque instant de vie.

On pourra vouloir tout dire, tout écrire. Les émotions. Les sensations. Le ressenti. Et puis ce vide incommensurable dans lequel le plaisir nous emmène et duquel nous revenons certains d’avoir touché du bout des doigts une partie de nous-mêmes que nous ne connaissions pas.

On voudra savoir, comprendre. On voudra percer le mystère de l’autre, entier, si proche et si lointain à la fois. On tentera à force de questions d’imaginer l’intérieur, ce qui se trame dans le fond des tripes, au creux du plus intime des secrets de l’être.

Et puis on se souviendra que le cœur a ses raisons que la raison ignore. On ne saura jamais tout. Un jour il faudra choisir en conscience, incertains de l’issue, faire le grand saut ou renoncer. Se jeter à l’eau ou passer son chemin. Nul ne sait ce que sera demain. Et pourtant, contre toute attente, des milliers d’êtres humains font le pari chaque jour de lâcher prise, d’y croire et d’aimer, peu importe leur âge, leur sexe, leur religion ou leur passé.

Le vol de l’ange

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Quelques doutes se glissent autour du “petit +” mal dessiné d’un test acheté, le cœur en liesse, le corps déjà fatigué. Les regards se croisent. Les mains se serrent. L’histoire se dit, s’écrit à la faveur d’une nouvelle vie.

La vie se décline en doux rêves, peurs insensées, éclats de voix, éclats de joie. Sur l’horizon, l’image floue devient plus nette au fil des jours. Un ventre qui s’arrondit sous un pull trop grand. Et des mains qui caressent ce ventre porteur d’espoir. Des promesses murmurées à la nuit tombée, entre les draps d’un lit trop grand.

Des jours et des semaines à planifier, faire danser les lettres pour créer des prénoms. Le corps flanche un peu. Le cœur se détache. L’autre cœur bat. Les frissons s’attachent.

Au milieu du bonheur, des soubresauts de tendresse, quelques angoisses naissent. Premières analyses qui fixent la date de la naissance d’une mère, d’un père. Le sourire aux lèvres et le corps tendu. Des questions à l’infini au bord des lèvres. Passer le temps. Contrer l’ennui.

Sur l’échographie, l’enfant se dessine. Les yeux se parent de larmes précieuses. Premiers souvenirs inédits. Le ventre se raidit. L’enfant a un prénom. La peur guette à l’ombre des non-dits.

Puis le silence, comme une mise à mort, fait trembler la vie.

Le cœur battait. Il ne bat plus. Des torrents d’eau autour d’un ventre à l’agonie. Les cris saccagent les larmes. La folie se faufile. L’enfant vole au-dessus du vide. Le repli et l’envie d’en finir. Visages glacés d’effroi. Mains solidaires qui se cognent contre les parois solides d’un chagrin insupportable. Déjà trop de souvenirs. Une intimité violée à coups de mots pour s’en sortir. Un deuil qui parait impossible.

La mort aux origines de la vie. Anormal. Peine incommensurable. Désespoir. Colère. Lot de promesses dérisoires. Les couleurs de la vie perdent de leur saveur. L’orage éclate. La nuit s’élargit. L’enfance s’évanouit. Un ange passe.

Ce texte a été écrit pour une amie – en souvenir.

Un souffle

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Il s’est posé là, dans le creux de mon cou, il s’est glissé frôlant le grain de ma peau. Un souffle si doux que j’aurai pu le perdre, ne pas savoir, j’aurai pu le manquer. Et le souffle se serait tu.

Il s’est posé, je l’attendais presque. Et puis le souffle a pris vie. Et la vie a pris des couleurs. Le souffle s’est accordé au mien.

Il a fait basculer mon cœur. Il a fait ressurgir mes peurs. Et mon souffle a pris froid. Il a tenté de retenir le flot des sentiments naissants et les barrages ont cédé. Un à un. L’armure s’est fissurée, brisée. Il n’y avait plus rien à cacher.

Le souffle s’est imposé, patient, aimant. Il s’est donné en vérité, sans promesse.

Posé là dans le creux de mon cou, ce souffle avait une âme, il parlait ma langue, il entendait ma voix, il savait ce que je ne savais pas.

Depuis, il embellit mes jours, jour après jour. Et mon souffle à trouver sa paix.

Dans ses bras

Des bras qui étreignent mal, oppressants, qui retiennent des caresses jugées inadaptées à un comportement jugé incorrect.

De ces bras, j’en suis revenue.

Au creux des siens, la vie se décline en des teintes pour le moins différentes. Son étreinte est rassurante, elle soutient mon corps, apaise mon cœur. Elle s’imprègne des signaux que j’envoie pour juger de ce qu’il convient de faire, de ne pas faire, ce qui pourrait être tenté, ce qui prendra du temps.

Ses bras sont le rivage auprès duquel je me sens bien, libre, où je peux être moi-même, avec autant de failles que de forces, autant de peurs que d’envies de dépasser la peur, autant de pas que je n’ose pas, autant de paradoxes qu’il accueille avec cette sensibilité qui lui est propre.

Entre ses bras, je ne me pose pas de questions, je sais que je suis respectée, aimée, et les fantômes du passé s’évanouissent doucement dans la nuit.

Par moments j’ai besoin d’être tenue, maintenue dans cette étreinte puissante, j’ai besoin de ses bras autour de moi, comme un baume qui délierait tous mes secrets et me relierait à l’essence de ce que nous partageons, les sentiments et qui dans le tumulte de la vie de tous les jours ne se dit pas toujours. Même si on le sait. Même si on le sent. Même si un sourire dit tout.

Entre ses bras, je m’abandonne…

Tout ce temps perdu

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On ne se sera rien promis. Ou alors juste comme les autres, rien de plus, rien de moins. On se sera connu en s’appréhendant du bout des doigts. On se connaîtra dans un souffle, on se reconnaîtra dans une voix. Et après. On ne sera plus que deux étrangers. On reprendra la route là où on l’a laissée. On se questionnera. On regrettera tout. On voudra réécrire l’histoire.

Peut- être que si. Peut-être que ça peut fonctionner. Peut-être qu’on peut essayer. Peut-être que ce n’était qu’une erreur de parcours, qu’on n’a pas su, qu’on n’a pas pu. On se pardonnera nos errances.

On resservira les plats, plein d’espoir, inconscients des ruines de l’histoire. On s’acharnera sur ce qui reste, sur ce qu’il nous reste. Un lien soit disant indéfectible que le temps aura endommagé. Bien sûr que non. Nous, ce sera différent. Cette fois ci on ne gardera que le bon, on se gardera de voir le verre à moitié-vide. On se satisfera d’un peu, de petits gestes, de bonheurs fugaces. On s’enverra des fleurs en se disant qu’on ne s’en sort pas si mal.

On ne parlera pas d’amour au risque de le voir se faire la malle. On se contentera du quotidien. Puisqu’on est ensemble tout va bien. On oubliera qu’on se ment dans la valse cruelle des sentiments, qui ne sont plus. On ne s’avouera jamais qu’on s’est perdu.

On ne se dira plus, on ne partagera plus. Peut-être qu’on aura l’envie de mettre un terme à la mascarade. Ou bien on restera, pour tout un tas de raisons partagées. On fera semblant de s’aimer. Ou on se s’aimera plus. On regrettera tout ce qu’on n’a pas vécu.