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Le chant des sirènes

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Elle connaissait par cœur la légende qui disait que par temps de pleine lune les pêcheurs entendaient la musique des sirènes. Attirés par leur chant, ils plongeaient dans les profondeurs de la mer. Plus loin, toujours plus loin. Ils les imaginaient féériques et enchanteresses, drapées d’une eau bleue turquoise, qui telle un halo, couvrait leur nudité. Plus ils s’approchaient, plus ils se sentaient happés par une force invisible qui leur ôtait tout contrôle. Leurs membres devenaient guimauves et leur mental divaguait. Ils ne voyaient que des ombres tournant autour d’eux, enroulant leur spectre autour de leurs corps lourds. Ils attendaient l’heure où ils pourraient amarrer et découvrir les profondeurs de l’île paradisiaque, sans se rendre compte qu’elle les posséderait bien avant.

Assise au coin du feu, elle écoutait, l’esprit ailleurs. Elle se demandait bien quand il rentrerait. S’il rentrait. La mer emportait tellement de vies. Elle les avait comptées au début. Puis surprise par la folie, elle avait stoppé ses calculs. Rien ne servait d’inviter la mort à chaque veillée. Elle s’imposait d’elle-même. A chaque départ des bateaux. Chaque retour. Chaque traversée portait en elle le sceau d’un hypothétique accident, d’un drame humain imprévisible.

Quand elle savait que l’aurore guettait son réveil, la nuit, elle se serrait contre lui davantage, se fondait dans le sillage de son parfum. Elle le savait plongé dans un sommeil fait de vagues et d’écume. Elle se laissait alors couler dans ses songes, devenant à son tour sirène aux cheveux d’ange, l’attirant dans ses filets, faits de dentelles et de rubans de soie. Elle le voulait prisonnier de son corsage, esclave de ses sens. Elle n’aspirait qu’à le retenir entre ses bras, ses draps, son coton confortable, les lianes du plaisir.

Au matin, il n’était plus là, lui évitant ainsi les affres du quai et les baisers langoureux qui portaient en eux un goût de trop peu. Elle scrutait alors l’horizon, croyant apercevoir sur l’azur un morceau de lui. Il restait son odeur quelque part. Et dans l’attente, des lambeaux d’espoir d’une étreinte, d’un corps à corps plus rassurant que passionnel, d’un chaos plus pénétrant qu’obsessionnel.

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Ode à la passion!

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Mettez de la passion dans ce que vous faites!

Ne vous satisfaites pas d’à peu près

De raccourcis maintes fois empruntés

De gestes appliqués à une théorie dépassée

Savourer ce qui se présente à vous

Avec tous vos sens en éveil

Regardez l’autre vivre, aimer, bouger

Regardez la vie battre contre ses tempes

Avant de vous engager dans une voie

Soyez des aventuriers, des chercheurs d’or

Ouverts au changement

Ne vous complaisez pas dans des habitudes mesquines

N’appliquez pas machinalement des gestes

Parce qu’hier, avec un / une autre, telle chose a fonctionné

La quête du plaisir est sans fin

Si vous laissez vos émotions vous prendre par la main

Soyez des êtres passionnés, vifs!

Soyez le désir incarné!

Faites vibrer chaque corde sensuelle

Chaque fibre érotique

Incarnez par tous les pores de votre corps

La Volupté!

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Fais-moi rêver!

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Tes mensurations, les traits de ton visage, la forme de ton sourire
Tes préférences, tes distractions, tes aspirations
Ce n’est qu’une partie de toi
Pas celle qui m’intéresse le plus.

Moi je veux saisir
La magnificence de ton désir
La clarté de ton essence
La fugacité d’un effleurement
Et voir comment tu réagis à
Un toucher
Un regard
Un souffle de vie

Ne cherche pas à savoir qui je suis
Mais comment je ressens les choses
Ce sont les ressentis, les frissons
Qui en disent long
Quand nos corps se laissent aller
A l’instant
Quand nos imaginaires
Croisent le fer

Ne me demande pas ma carte d’identité
Je serais bien incapable de te parler de moi
Écoute mon corps qui vibre
Regarde le s’impatienter, se braquer
S’enrouler autour de toi

Ne me dis pas tout sur tout
Laisse-moi deviner
Laisse mon intuition me parler
Avant toute chose
Séduis-moi!

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De l’écriture érotique: entre peurs et libération (+extrait)

 

Tout a commencé par un « petit » défi.

Écris-moi un texte érotique.
Quoi ? Non je n’y arriverai pas. Et puis je n’ai pas d’idées.
Parle de tes fantasmes.
Oh mon Dieu ! Non, je n’oserai jamais.
Essaye !

Un soir, je me suis collée derrière mon PC et j’ai écrit. Deux pages. Et je les lui ai envoyées. Pour moi c’était un grand pas.

Tout a commencé avec Estelle et Marc. Et tout aurait pu s’arrêter là. Seulement, je me suis prise au jeu. Il trouvait que c’était un bon moyen pour moi d’explorer des facettes de ma féminité que j’avais longtemps mises de côté, d’oser davantage. Il avait raison. L’occasion aussi de m’exprimer sur un sujet qui m’intéressait mais dès qu’il fallait en parler, je devenais timide et mal à l’aise. J’ai pris ça comme une thérapie et c’est devenu un plaisir !

L’histoire de Marc et Estelle fait aujourd’hui près de cinquante pages. Une grande nouvelle ou un micro roman.

Pour celles et ceux qui suivent, j’avais d’ailleurs ouvert un blog – un de plus – pour partager mes textes. J’ai fermé ce dernier suite à la lecture de propos que je trouvais inadaptés et irrespectueux. Je me suis rendue compte que l’écriture érotique était vue par certains comme une porte ouverte – non messieurs, ce n’est pas parce que j’écris de l’érotisme que je suis ouverte à toute proposition indécente. Mon cœur est déjà pris et mon corps m’appartient.

Devant le peu d’enthousiasme (3 ventes) à la sortie de mon dernier recueil de poésie, je me suis bien entendue remise en question et me suis rendue à l’évidence que l’écriture érotique pouvait aussi faire peur.

Pourquoi?
Vous serez peut-être plus à-mêmes de répondre à cette question – je vous laisse la parole dans les commentaires

En ce qui me concerne je pense qu’elle fait peur parce qu’elle touche à quelque chose d’intime, une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons pas toujours vraiment, dont nous parlons à de très rares occasions. Elle est liée à nos envies, nos désirs, nos fantasmes, nos zones d’ombres principalement, tout ce que l’on s’interdit à être, dire, vivre. La sexualité est un des sujets les plus tabous de notre société. Même si les mœurs ont évolué, qui parle de sexualité librement aujourd’hui ? Avoir une sexualité affirmée, épanouie et j’insiste que l’on soit seul ou à deux, n’est pas la priorité de beaucoup de personnes. C’est bien dommage ! Pourtant cela fait partie intégrante de notre vie d’hommes et de femmes et je dirai même que c’est notre essence.

Pour ma part, sortir de ma zone de confort pour aller toucher du doigt cette partie de moi bien enfouie a été un révélateur puissant. J’hésite encore parfois, je ne le clame pas sur tous les toits. J’avance avec les histoires que je crée, je m’affirme davantage, je lâche petit à petit mes peurs. Alors si le cœur vous en dit, n’hésitez plus et aller découvrir mon recueil l’appel des sens que vous trouverez ICI ou que vous pouvez commander en m’envoyant un mail. Je vous laisse avec un court extrait – pour le plaisir…

Extraits Livres Blog (1)

Jouir
De la saveur des effluves
A l’exaltation des papilles

De la fusion des substances
A l’élévation des âmes
Jouir

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Posted in Extraits Livres Publiés, O bonheur des sens

L’ombre de minuit

L’ombre de minuit s’enroule autour
Du vaste champ des possibles
Qu’offre la proximité de l’autre

L’aimé(e)

Au sanctuaire des extravagances partagées
L’intimité se pare d’un parfum diffus
Les courbes dansent lascivement
Au rythme de la découverte symbolique
De territoires inconnus

Extraits Livres Blog (1)

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Posted in Humeurs d'Auteur

Mon nouveau livre ou l’appel des sens – Y céderez-vous?

A un moment donné il faut se lancer, alors je me lance !

Je vous ai toujours parlé de mes livres, depuis le premier, dont vous avez suivi l’évolution au fil des mois.

Celui que je vous présente aujourd’hui est né un peu à l’improviste. C’est-à-dire qu’au départ il ne s’agissait que de poèmes écrits au fil de l’eau, sans but précis. Des poèmes selon l’inspiration de moments, fragments de l’existence. En les relisant un matin, force fut de constater qu’ils avaient de nombreux points communs. Alors je les ai regroupés. Quand ma mère m’a dit « ce recueil pourrait s’appeler renaître femme », cela a fait mouche. Je me suis lancée dans l’écriture d’un recueil.

Un recueil qui toucherait à l’essence même de ce qui m’avait tant fait défaut pendant de nombreuses années et qu’un regard avait saisi. Je renaissais. Mon corps reprenait vie. Ma vie reprenait des couleurs. Et des mains, des yeux, une peau, des envies me donnaient de quoi faire vibrer les cordes d’un arc délaissé depuis longtemps.

Un recueil assez intime au fond – comme beaucoup de mes écrits – qui pouvait résonner avec d’autres femmes, d’autres désirs tus, d’autres fantasmes cachés, d’autres envies égarées. Puisqu’il pouvait parler à d’autres, je n’allais pas m’en priver !

Les poèmes de ce recueil parlent d’amour, de communion, de chaos, de passion. Ils se déclinent en regards, courbes, caresses, tracés, voyages, dentelles. Ils ouvrent la porte à la sensualité, à l’érotisme. Ils subliment l’embrasement des corps. Ils sont parfois un peu fous. Ils sont le fruit d’un imaginaire fécond et d’une réalité qui ne cesse de m’éblouir. Ils disent ce qui ne se dit pas toujours. Et qui pourtant est source d’épanouissement et de liberté.

Cela fait des mois qu’il murit, des mois que je me pose des questions, des mois que je me demande “si oui” et “quand”, des mois que je retravaille mes textes. Une gestation longue durée et en même temps, octobre est le mois parfait pour vous le proposer, un mois de renaissance chaque année, un mois qui parle si bien de moi dans toutes mes forces et mes fragilités.

Si ces quelques lignes vous parlent et que vous avez envie d’ouvrir la porte, c’est par ici. Vous trouverez mon recueil sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi le commander par mail en utilisant la page contact et je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire dédicacé. Encore merci pour tout, votre soutien, votre enthousiasme et votre fidélité quotidienne!

Posted in Variations Littéraires

Au commencement est le désir

Copyright Marie Kléber

Pour qui ne connait pas il s’agit d’un monde à part, d’une sensation extrême, qui ne s’invente pas, qui se vit plus qu’elle ne s’explique. Ce n’est ni une fin en soi, ni une victoire, juste un partage qui s’achève sur une communion parfaite, un corps à corps intense, une fusion totale des sens, une envolée singulière.. Vu de l’extérieur, ça peut paraitre violent et ça l’est, une violence rare et lumineuse, une éruption volcanique, la mer qui frappe les rochers avec férocité, une vague qui renverse tous les préjugés, un vide délicieux.

Au commencement est le désir. Brut, brûlant, insaisissable. Il s’invite à l’improviste, ravages les sens, se fait désirer, se dit ou se montre. Avant de rencontrer le désir de l’autre. Les deux désirs se toisent, s’approchent, s’accrochent, s’aspirent, se noient l’un dans l’autre.

Le tempo est donné et la danse, sensuelle, lascive peut commencer, une danse dont personne ne connait les codes, et si un seul devait être mis en avant ce serait celui du respect – de soi et de l’autre. Chacun pourra donner le meilleur de lui-même, ce n’est pas une course contre la montre qui s’est engagée, mais bien un dialogue au sein duquel tout peut se dire, chacun peut se dire, sans apriori ni jugement, chacun pourra oser un pas vers un territoire inconnu, qui n’aspire qu’à être découvert, entièrement, apprivoisé avec tendresse ou fermeté – chacun ses goûts. On ne saura pas d’emblée ce qui plait, ce qui a le pouvoir d’initier le plaisir, ce qui fait trembler ou ce qui fait peur. On tâtonnera, on sera à l’écoute de soi, de l’autre. Ce qui a fait son effet une fois d’une manière ne sera peut-être pas accueilli une seconde fois avec le même enthousiasme. On s’ajustera alors. On sera attentif au corps, aux signaux qu’il émet, à la manière dont il réagit aux initiatives.

Dans cet accord composé, rien ne se fera sans un abandon choisi, sans un lâcher prise consenti et total. A trop vouloir rester près des rives, on prend le risque de ne jamais voir autre chose que les paysages habituels. Le raz de marée tant espéré restera un rêve bien amarré.

Le final est souvent explosif. Quand deux désirs à leur paroxysme se rencontrent, la chute vertigineuse maintient les corps en extase pendant des secondes qui ont des goûts d’éternité. On saisit alors de parcelles de soi dont on ignorait l’existence. La pression descend d’un cran, les corps s’étreignent, se serrent, regagnent le port, heureux, confiants. La férocité des ébats laisse place à une tendresse particulière sur laquelle se dessine l’essentiel des sentiments qui unissent les amants.

Posted in Carnets de route

L’intimité du cœur et l’intimité des corps

Nous sommes intimes. On s’aime. Et dans cet élan-là, nos cœurs s’accordent autant que nos corps.

Dans nos cœurs, les sentiments gonflent et se gorgent de la sensation d’amour. On n’a pas su quand ni comment tout a commencé. C’est juste une évidence, un bonheur qui grandit au fil des rendez-vous que nous partageons, tous ces moments dans lesquels nous nous sentons bien l’un avec l’autre.

Dans nos corps, c’est l’effervescence. On se cherche, on se désire, on se veut entièrement, sans artifice. Tout le temps. On se livre, insatiables, on s’abandonne au désir de l’autre, on se laisse emporter par l’extase, on jouit la peau en sueur et un sourire au bord des lèvres, qui résume tout ce qu’on ressent, à cet instant.

L’intimité du cœur n’appartient qu’à nous.

L’intimité du corps peut se livrer à d’autres intimités, cela ne changera rien. Ce qui changera c’est qu’on partagera différemment, on s’offrira dans un ballet qui mettra tous nos sens en éveil, on se donnera aux regards, aux mains, aux bouches des autres en se regardant dans les yeux. On prêtera nos regards, nos mains, nos bouches à d’autres corps. On goutera au plaisir de n’appartenir à personne qu’à nous-mêmes et dans cette liberté on s’offrira sans interdit, ni barrière. On se sentira libéré des peurs, des amalgames. On se découvrira dans un rapport à l’autre fait de gestes qui font du bien, sans jugement. On découvrira l’autre dans un désir plus fougueux. On renversera tous les « on dits », toutes nos fausses croyances, on fera fi des tabous et autres insécurités. Puis dans la confiance, face à d’autres désirs, différents, identiques on se livrera, au délice des corps qui célèbrent la jouissance, le plaisir, la vie.

On se trouvera au réveil, émus, plus complices. Et l’intimité du cœur n’en sera que renforcée.

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Le syndrome de la page blanche – et moi

Crédit Pixabay

Pour tout vous dire ce matin je n’avais pas moins de quatre idées de sujets. J’ai choisi celui-ci car cela fait un moment que nous n’avons pas parlé écriture ici. Et pourtant c’est  l’essence même de ce blog.

Qui n’a pas entendu parler du syndrome de la page blanche, la hantise de tout écrivain. Quoi de pire en effet que de se mettre devant son ordinateur ou face à son cahier et de n’avoir rien à dire, de se sentir perdu face au vide.

Je peux dire en toute franchise que ça ne m’est pas souvent arrivé. D’une part parce que je ne n’impose aucune contrainte ni pression. Je reste à l’écoute de mon envie. D’autre part parce que je considère que les « mauvais textes » ont tout autant le droit d’exister que les « bons ». Parfois on est satisfait, voir fier (les écrivains ne sont pas tous des âmes torturées qui pensent que leurs écrits ne valent pas cher) de ce que l’on vient d’écrire. Et parfois on s’interroge sur le sens des mots mis bout à bout quand ce n’est pas plat et sans intérêt.

Quand les mots viennent c’est le bonheur, à l’état brut. On se réjouit de ce qu’on va pouvoir partager.

Quand les mots se font discrets, rien ne sert de les forcer. Le mieux pour moi est d’aller me balader, de me prendre un bain de foule, pas celui des supermarchés ou des grands magasins, celui de la rue, de la vie qui bat dans les quartiers, les jardins, les transports en commun. L’écriture se nourrit d’espaces, de nature, de rencontres, de conversations. Et si la foule ne nous tente pas, passer du temps avec ceux que l’on aime, les écouter, les regarder est tout aussi inspirant.

Certains diront que les mots me viennent aisément. Il est des cas où il suffit d’un souvenir, d’un coup d’œil dehors, d’un partage pour qu’une idée germe et devienne un texte en moins de quelques minutes. Mes poèmes par exemple naissent assez rapidement, ils traduisent un état d’esprit souvent, ils sont le reflet de mes ressentis, des émotions qui me traversent. Pour une nouvelle ou un hypothétique roman, cela demande plus de concentration et de rigueur, il me faut alors des plages horaires plus longues pour rester concentrée sur le sujet traité, les personnages, le cadre, les évènements. Cela demande aussi plus de recherches parfois. Ecrire sur ce que l’on connait c’est facile. La fiction quant à elle nous emmène un peu plus loin, il faut se sentir prêt à sortir de sa zone de confort.

Pour finir, je vous donne quelques nouvelles de mon projet en cours – un recueil de poésie, cela faisait longtemps. Il est bien avancé, presque terminé dans l’écriture. Puis il y aura la mise en page à faire, la photo à trouver et il pourra venir occuper une place particulière, je l’espère, dans vos bibliothèques, sacs à mains, sur vos étagères ou vos tables de chevet. Pour le décrire, je vous dirai qu’il parle d’amour, de passion, d’extase, de plaisir, de fantasmes, qu’il est tout en sensualité et en arabesques. Il est représentatif de la femme que l’homme que j’aime a révélée, moi qui avais tellement de mal à assumer mes goûts, mes envies, à m’affirmer. Il pourrait parler aux femmes qui se cherchent dans leur intimité, dans leur sexualité et qui souhaitent s’affranchir des tabous comme des interdits qui  les empêchent de pleinement s’épanouir. Il pourrait parler tout aussi bien aux hommes attirés par la poésie érotique. Le choix restera le vôtre.

Sinon la page blanche, vous connaissez? Comment réagissez-vous face à elle?

 

Posted in O bonheur des sens

La douce folie de mes envies

Elle est là, posée sur le lit, inoffensive.

Quand il est arrivé, il a posé un baiser sur mes lèvres puis a enlevé la boucle, ça a fait un petit bruit, celui qui annonce la suite des festivités. Il aurait pu s’arrêter là, comme d’habitude. Puis défaire le bouton de son pantalon, le quitter, se mettre à l’aise. Là, il l’a fait glisser entre les passants, délicatement, sans me quitter des yeux. J’ai soutenu son regard, incertaine de l’issue de la manœuvre. Puis il l’a enroulée autour de sa paume de main, lentement, en prenant soin de bien lisser les contours, caressant le cuir noir avec une once de volupté. Arrivé à la boucle, il a souri, j’ai imaginé un scénario que ma morale en d’autres temps, avec un autre que lui, m’aurait interdit. Puis, en prenant son temps, encore, encore plus que d’habitude, il a posé l’objet de mes fantasmes les plus fous sur le bord du lit, sans rien dire.

Il m’a prise dans ses bras, comme si de rien n’était, comme si c’était moi qui avait de drôles d’idées en tête.

Elle est là, posée sur le lit, inutilisée. Mes yeux font des va et vient entre elle et lui.

Est-ce que j’oserai lui dire ce dont j’ai envie ?

Posted in O bonheur des sens

Bonjour Mademoiselle!

Il me regarde. Avec insistance. Ou je rêve.

Ne pas le regarder. Surtout ne pas le regarder. Poser mes yeux ailleurs. Regarder le bitume, ses pieds, ses chaussures. C’est bien ça les chaussures, ça ne dit rien les chaussures, c’est neutre. Ce n’est pas comme si c’était une des premières choses qui attirait mon attention. Ce n’est pas comme si j’avais même un dossier dans mon ordinateur contenant un nombre incalculable de pieds pris en photo.

Ne surtout pas passer la barre des hanches. La ceinture, passe encore, même si je n’ai pas d’affection particulière pour les ceintures. Isa me dirait que certains hommes en font une utilisation très intéressante. Je ne veux pas savoir. Isa a des idées bizarres. Quoi que sous la ceinture. Oh non, je ne peux pas penser à ça, on ne pense pas à ça. Maman me regarderait d’un air sévère si elle savait que je pose mes yeux à cet endroit-là.

Surtout penser à rester de marbre s’il m’adresse la parole.

  • Bonjour Mademoiselle!

Respirer. Garder le contrôle. Maman m’a toujours dit de ne pas parler à des inconnus.

Le timbre de sa voix me touche en plein corps, rien que ça. Dans le « mademoiselle », il y a une telle sensualité, je vais faillir. C’est fou comme une voix peut être à ce point envoutante. Raison de plus pour garder la tête froide. Sinon c’est fichu.

Ne pas le regarder. Ne pas croiser ses yeux. Ne pas effleurer ses mains du regard. Les mains ça dit tellement de choses. Je pourrai même me mettre à les imaginer sur moi, courir, caresser ma peau,
Maman dirait…

Je suis folle à lier. Un mec me plaît et je pense à ma mère.

  • Bonjour Mademoiselle!

Risquer un bonjour. Il faudrait que je puisse passer la barre de la ceinture. Si j’essaye, qu’est-ce que je risque ? Si je vais plus loin dans la découverte, qu’est-ce qui m’attend derrière ?  Si ce type ne me plaisait pas, j’oserai un bonjour. Maman me dirait de passer mon chemin. C’est effrayant, je pense encore à ma mère. Qu’est-ce qui cloque chez moi ?

Rester de marbre. C’est plus sûr. Si je pose les yeux sur lui, je sais. C’est foutu. Je vais le détailler de la tête aux pieds avec l’envie qu’il me possède des pieds à la tête. Je sens déjà ses bras me plaquer, sa langue écarter les lèvres de ma bouche, sa bouche s’approcher de mes seins, chauds, nus sous ma robe. Si je le regarde plus que quelques secondes, mon corps n’y tiendra plus et l’envie au creux de mes reins sera si forte qu’il me faudra m’éclipser, pour laisser mes mains faire exploser le plaisir.

J’ai une envie irrésistible de lever les yeux, de croiser les siens, que son « bonjour mademoiselle » soit suivi d’un où, quand, comment. Je me livrerai sans un mot. Si je le regarde, je vais céder à l’impulsion première, je vais l’attirer dans mon univers. Jusqu’à la délivrance, il m’y conduira j’en suis sûre. Il pourra m’ordonner, me lier, me délier. Je m’en remettrai à lui corps et âme. Je me donnerai, féline, câline, voluptueuse jusqu’au bout des ongles.

Est-ce que c’est ce que je veux ?

Bien sûr que oui. Je n’en peux plus de me faire toute cette discussion dans ma tête. Je passerai bien la quatrième vitesse sans tarder. Je suis à deux doigts de lui dire ouvertement, en me mordillant la lèvre, en me tortillant, qu’il me plait et que je n’aspire qu’à une chose, sentir son souffle dans mon cou, son corps collé au mien, sa chaleur envahir chaque pore de mon territoire. Je bouillonne intérieurement. Mon intimité n’est plus que liquide. Je me sens à la limite de l’implosion.

Mais je m’emballe. Si ça se trouve il veut juste me poser une question…

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Je fantasme…

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Je fantasme sur les lignes de fuite, les tours d’horizon, l’étendue de son être. Sur le tracé parfait des veines de ses mains, sur ses mains au repos que je dévore du regard.

Je fantasme sur ses manches relevées, sur ses bras forts et puissants, sécurisants, alignés, trajectoire soulignée.

Je fantasme sur les boutons de sa chemise, le sort que je leur réserve. Chacun ouvre la voie au plaisir qui prend ses aises.

Je fantasme sur les traits, les perles de sueur, la cambrure de son cou, l’eau qui coule sur sa peau imprégnée du désir de me fondre en lui.

Je fantasme sur le parfum de son épiderme, la sensualité de sa démarche, sur ce sourire dans lequel je lis ce que je dois savoir.

Je fantasme sur tout ce que je pourrais dessiner sur son corps, les yeux fermés, les mains liées, mon corps offert au souffle sensible de ses baisers.

Je fantasme sur tout ce qu’il pourrait donner, faire, s’il avait mon feu vert.

Je fantasme sur les mots que je défie du regard, qui marquent l’impact et qui dans sa bouche deviennent d’éventuels sillages à tracer, chemins à emprunter.

Je fantasme sur l’intensité de son envie, qui prendra la mienne par surprise, à laquelle je céderai sans me prêter au jeu indécent d’un éventuel “peut-être”, quand mon corps tout entier n’aspire qu’à s’abandonner.

Je fantasme sur lui.

Jour et nuit.

 

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Mise à nu

Copyright Marie Kléber

Tu sembles tout savoir. Ou voir à l’intérieur de moi.

C’est étrange, pour moi qui tente de garder cette part d’insaisissable, insondable, qui me retranche derrière des hypothèses, de savoir que toi, tu vois au-delà.

Devant toi, je me sens nue, dépourvue des artifices qui me protègent. C’est impressionnant, exaltant et terrifiant par moments aussi. Ces moments où j’aimerais que tu ne devines rien des tourments qui m’habitent, des pensées qui traversent mon esprit, des envies qui bousculent mes certitudes.

Cette transparence peut m’indisposer. Elle me met mal à l’aise parfois. Elle m’amuse de temps en temps, quand je me sens prête à risquer un pas dans un dédale de confidences intimes, créant une complicité plus intense que celle de la chaire ou des sentiments.

Tu sais qu’il faudra, non pas m’imposer, juste doucement, en te montrant rassurant, me mettre devant le fait accompli, pour que je lâche prise sur tout ce que je refuse encore d’assumer, d’affirmer comme étant une partie de moi. La confiance fera la différence.

Accepter ses zones d’ombre, c’est toujours délicat. Et pourtant intensément constructif.

Si les mots le savent, les actes peinent à l’exprimer. Nous avons tout notre temps pour oser…

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Feel the beat !

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Du plus loin que je me souvienne, Lucie avait toujours aimé danser. Elle sautait sur chaque occasion, mariage, 14 juillet, fête de fin d’année pour s’adonner à sa passion. Même seule le soir, dans sa chambre. Parfois même en pleine rue, dès qu’une musique sonnait juste, on pouvait la voir esquisser quelques pas.

Pour moi qui n’en alignais pas deux correctement, Lucie m’impressionnait.

« Feel the beat ! »

Ces trois mots disaient tout ce qu’il fallait savoir. Sentir la musique, se laisser porter, faire fi du monde autour, des regards, s’immerger dans les sons, faire sien le rythme, suivre les pulsations, battements et laisser son corps s’exprimer.

Tous les jours au bureau, Lucie portait un masque, celui d’une jeune femme classique, très discrète. Elle prenait plaisir à accentuer les traits du portrait presque parfait qu’elle offrait au reste du monde. Toujours tirée à quatre épingles, on ne lui connaissait aucun penchant suspect. Elle parlait peu de sa vie privée, encore moins de sa vie sentimentale. Elle dégageait une sérénité et un certain mystère qui laissaient les gens croisés remplis de certitudes erronées à son sujet.

Une fois par semaine, dans une fébrilité sans cesse renouvelée, elle lâchait ses tailleurs stricts, ses chemisiers cintrés, ses ballerines, enfilait une robe qui mettait sa féminité en valeur, chaussait ses escarpins à talons et partait à la conquête du monde.

Il fallait la voir se déhancher sur une piste de danse. Il fallait la regarder mouvoir son corps comme si ses mouvements étaient naturels. Il fallait voir les hommes la désirer, s’approcher, s’accrocher, leurs mains écrire une symphonie dont personne ne connaissait la partition. Ils la créaient ensemble à l’instinct. Quand la musique s’arrêtait, chacun reprenait sa place, la magie durait le temps de ce contact éphémère.

Quand Lucie dansait, elle laissait exprimer sa sensibilité, sa féminité, sa sensualité. Elle ne jouait plus le rôle de la petite fille sage et c’était beau à voir. Elle exprimait l’intérieur d’elle-même, se mettait à nu, posait ses vulnérabilités sur la table, envoyait valser les codes, les cadres.

Les femmes la désiraient aussi et au lieu de la troubler, cela lui donnait encore plus envie de lâcher prise. Quand une s’approchait, elle la laissait investir son espace. A elles deux, elle  composait une chorégraphie différente. Elles se cherchaient du regard avant que leurs corps n’ondulent à la même fréquence. Elles fusionnaient ou bien se séparaient. Pour Lucie, la danse comme l’amour relevait d’une alchimie particulière.

J’aimais la voir danser seule aussi, quand elle fermait les yeux, caressait son corps, balançait ses bras, faisait basculer ses hanches, se contorsionnait. Elle semblait ailleurs. Les autres le remarquaient et la laissaient à sa félicité. Elle n’appartenait plus au monde. Elle appartenait à sa liberté d’être.

Lucie devenait une œuvre d’art quand elle dansait.

Texte écrit à partir de l’image ci-dessus