Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture Semaine 5

Boutons de rose
Feuillage éphémère
Energie nouvelle

***

Joli sourire
Draps parsemés d’étoiles
Repos assuré

***

Lumière nocturne
Avalanche d’étoiles
Sacre de la nuit

J’avoue que cet exercice n’a pas été simple pour moi, alors qu’il semble couler de source pour vous! Retrouvez les superbes participations ici: Chez Sweet Things, 5à 7 chez Mébul, Haikus nocturnes chez Marie et Haikus du printemps chez Josée

Pour la semaine prochaine (#6), continuons notre découverte de la poésie, en y associant quelques données mathématiques! Si, si, les deux peuvent aller de paire! Je vous invite donc à écrire un poème de Fibonacci, ou un Fib, qui est un poème comptant 6 vers et 20 syllabes, décomposées comme suit: 1-1-2-3-5-8. Le thème: couleurs et saveurs.

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

La vie après la vie

Photo by Maria Orlova on Pexels.com

Mine de rien, les jours passaient et Lise prenait plaisir à jardiner, entre les roses qui dansaient dans les bosquets et l’arbre centenaire qui toujours veillait.
Elle remarquait chaque matin les nouveautés, petites graines devenues arbustes, mousse délicatement parfumée de quelques gouttes de rosée. Les oiseaux picoraient les restes de pain sur l’herbe, aux reflets émeraude, sur lesquels ses pieds glissaient comme ceux d’une ballerine sur une scène désertée.

Son jardin était ce lieu, riche d’espérance, gagnant en beauté à mesure qu’elle allait et venait dans les allées, avec son chapeau de paille sur la tête pour se protéger des rayons du soleil de mai, déjà taquin.

La peur de ne pas y arriver restait quelque part ancrée, mais lui semblait perdre en intensité à mesure que les souvenirs se faisaient plus légers. Elle ne pouvait oublier ce qui avait été, leurs mains posées sur le muret, les yeux dans le vide, à se susurrer des mots tendres, à écrire les lignes de demain. Cinquante ans ce n’est pas rien!

Il y avait eu le vide à apprivoiser, le silence un peu lourd des jours “sans”, apprendre à lâcher ses produits ménagers, qui lui donnaient l’illusion de laver son chagrin, envoyaient valser ses besoins. Loin, très loin.

Et puis par la fenêtre un matin, le printemps, quelques boutons rosés, le chant cristallin des moineaux perchés, un vent léger, le renouveau en mouvement, la vie, comme un appel, à honorer.

Ce texte est ma participation aux Plumes chez Emilie. La récolte de la semaine est la suivante: TENDRE JARDINER EMERAUDE RAYON ARBRE RENOUVEAU ESPERANCE GRAINE PEUR CHAPEAU DANSER SOLEIL MOUSSE MENAGER* MINE

Posted in Carnets de route

Ce temps particulier

Photo by Craig Adderley on Pexels.com

Un temps d’attente, à ne pas trop savoir, à ne pas trop prévoir. A laisser passer aussi, les doutes et les questions. Quand c’est possible. Quand une pensée ne vient pas faire bouger le château de cartes en équilibre.

Un temps entre deux, deux chemins, deux histoires. On peut toujours bifurquer, rien n’est écrit d’avance, tout est à réinventer au gré de nos pas sur la route.

Un temps fait de choix, même quand nous n’en faisons pas, nous décidons, inconsciemment. De nous laisser porter par le courant. Advienne que pourra dans cette grande incertitude qu’est demain.

Un temps comme l’enfant qui régresse, temps plus ou moins long des bases à redéfinir ou bien à consolider. Pour pouvoir se lancer. Ou pas.

Un temps de travers, pour regarder en soi, tout en regardant devant. Ce qu’on est prêt à lâcher, ce qui nous tient chaud et qu’on voudrait pourtant pouvoir quitter. Quelque part souffle un parfum de liberté, mais saurons-nous seulement essayer d’y goûter?

Qu’est-ce que ça vaut de ne rien risquer? A qui devons-nous quelque chose? Peut-être que demain, le temps se sera éteint. Alors que garderons-nous des possibles que nous avons laissé s’éteindre, par manque de courage, par peur de faire face aux regards familiers?

Quelque part une note du temps suspendu aux chants des oiseaux dans la fraîcheur d’un matin d’automne. Quelques traces d’esquisses de rêves, un bonheur touché du doigt, l’éphémère toujours comme si tout se résumait à ça: ce qu’il est essentiel de vivre, d’aimer sans attente.

Posted in O bonheur des sens, Variations Littéraires

Jour de neige

Crédit Pixabay

La nuit avait accueilli puis laissé partir un visiteur surprise. De la fenêtre, on distinguait au loin l’herbe au manteau blanc immaculé. Le silence imposait sa présence. Elsa s’en délectait, elle dont les jours n’étaient que cris et coups. Elle ne voulait pas encore penser à la journée qui allait suivre, à son travail, ces enfants en mal de repères qui transformaient parfois son quotidien en enfer. Bien sûr certains jours les victoires l’emportaient, ils se faisaient rares, les enfants arrivaient dans son service de plus en plus abîmés, meurtris. Il ne lui fallait pas longtemps pour imaginer le pire.

Elle ouvrit la fenêtre, souhaitant sentir la fraicheur du matin. Elle la cueillit d’un coup, s’infiltra sous son chandail, vint ébranler la chaleur de sa peau, encore riche de l’étreinte nocturne.

Elsa respira à pleins poumons puis sentit deux bras entourant sa poitrine, une barbe de quelques jours s’engouffrant dans le creux de son cou. Elle résisterait encore un peu, laissant le temps à ces bras, à cette bouche de s’imprégner de son parfum. Elle aimait ce moment où elle savait la suite, tout en se donnant le temps de ne rien précipiter. Ils faisaient l’amour le soir. Et le matin. Pas toujours dans cet ordre. Pas toujours d’ailleurs. Il lui arrivait souvent de le regarder, dans la clarté du début du jour ou dans l’ombre de la nuit qui s’installe. Elle aimait la liberté de son absence dans ces moments de contemplation où la vie lui paraissait d’un coup simple et légère.

Il n’y avait que lui qui pouvait lui faire oublier le reste, la dureté des jours d’errance. Sa façon d’être, d’agir, de saisir ses envies, de tenir les rênes du jeu de leurs ébats, quel qu’ils soient. Tantôt  crus, tantôt tendres. Passionnés sans cesse. Mais d’une passion dont les degrés variaient en fonction de ce que le corps attendait. On aurait pu penser que depuis toutes ces années, leurs gestes n’étaient que répétition, comme une pièce de théâtre apprise par cœur, qui fait carton plein tous les soirs de la semaine. Au contraire, c’était chaque fois une découverte, une entrée dans un espace à apprivoiser, des saveurs différentes, des partitions à écrire à partir de rien. Le temps n’avait pas de prise sur le charnel. Et quand tout foutait le camp ailleurs, ils savaient que dans cet espace là, ils se retrouveraient, sans mots, puis que les mots viendraient, épurés, juste l’essentiel.

Elle posa ses bras sur les siens, fit basculer sa tête, pour qu’il s’écrase encore davantage dans le creux de ses épaules. Elle respira profondément et son souffle dessina une figure  sur la vitre du salon, qui ressemblait vaguement à des draps froissés…

Posted in Carnets de route

Restes d’Automne

Novembre et son lot de larmes, de folie, de masques que l’on se crée pour ne pas se trouver submergé par un flot d’émotions difficile à contenir. Novembre a chassé d’un coup la douceur de l’automne, que nous nous réjouissions de voir arriver. Les évènements ont glacé nos cœurs, engourdis nos esprits, nous rappelant quelques souvenirs désagréables, disséminés ici et là, cendres flétries sur le calendrier de nos vies.

J’ai voulu garder un peu d’automne au creux du cœur, de cet automne dont je parlais voilà trois ans, à l’enfant bien à l’abri dans mon ventre. Je lui promettais des balades dans les feuilles, des feuilles à fouler du pied, des pieds bien au chaud dans des chaussures fermées et une fois à l’intérieur, des journées pleines de câlins et d’histoires à raconter.

Cette année – Quelques projets réalisés à deux. Quelques touches de saison dans la maison.

2015-09-21_16 23 43_resized

Posted in Carnets de route

Retrouver son équilibre…

Est-ce l’automne sans la fraîcheur qui me donne l’impression que tout stagne? Un manque de fluidité dans mes relations du quotidien. Des tonnes de choses à faire et je laisse le temps me filer entre les doigts.

Est-ce novembre et ses souvenirs qui me pressent et me font perdre mes repères encore fragiles ? La peur de ne pas prendre le temps de vivre, de temps pour moi, pour me recentrer sur l’essentiel.

Est-ce un manque de solitude qui me fatigue, au point de laisser les fantômes m’attaquer la nuit ? Je tremble et je peine à retrouver le sommeil.

Est-ce mon impatience qui me bride ? Laisser les choses se faire, sans colère. Laisser la haine et les mots durs derrière soi. Regarder devant, les yeux bien ouverts.

Est-ce moi qui me fixe trop de limites, trop de buts à atteindre ? Trop d’idées se bousculent dans ma tête. Apprendre à sélectionner ses pensées, à appuyer sur le bouton OFF quand tout se bouscule à l’intérieur.

Est-ce les circonstances qui m’empêchent de trouver le juste milieu, entre ma vie de maman et ma vie personnelle ? Une vague de culpabilité m’envahit quand je pose quelques heures pour moi. Devoir se justifier. Il faudrait pouvoir s’affirmer davantage.

Est-ce tout simplement la vie qui me fait prendre conscience qu’il est temps de lever le pied, que tout arrive en son temps, qu’il est nécessaire de lâcher prise, de prendre du recul, d’encore et toujours travailler sur soi pour être en paix au quotidien ?

c063c2292280907ea0b4c56bebb92494_resized

Quand je pense à ce que je souhaite, je vois de la lumière, des relations pacifiques avec mes proches, une vague de légèreté traversant l’appartement, des projets qui s’écrivent chaque jour, sans limite fixe, des rires à n’en plus finir et moins d’éclats de voix. Je me vois moi, paisible, attentive, reposée, en harmonie avec mes idées. De la sérénité à revendre et de la douceur de vivre, moins de susceptibilité et accepter chacun comme il est, sans me permettre de juger tel ou tel comportement qui m’agace parfois, telle ou telle pensée indépendante.

La route est encore longue. Mais toute naissance est un passage compliqué, délicat, douloureux. Laisser derrière soi ce qui ne nous convient plus n’est pas toujours facile. On s’accroche à des souvenirs, des objets, des images. La réalité nous frappe parfois de plein fouet. Certains choix sont plus compliqués que d’autres à faire. Mais aucun choix n’est mauvais. Prendre conscience que nous avons en nous la capacité de créer notre vie, à chaque instant. Une réalisation qui nous libère et nous donne des ailes.

Comment vous sentez-vous en cette saison ? Des idées à partager sur la vie, les choix que l’on fait, votre façon d’appréhender le quotidien ?

Posted in Carnets de route

Les beaux jours

Quand les beaux jours arrivent, on sort vite notre palette de plaisirs en tous genres pour profiter au maximum du soleil qui réchauffe, de l’air qui embaume, de la nature qui s’embellit et de la vie qui se montre dans toute sa splendeur.

Que ce soit un moment entre amis à la terrasse d’un café, un apéro entre collègues à la sortie du bureau, un cinéma en plein air avec son amoureux, un restaurant sur les toits en famille, entre filles.

Que ce soit un instant volé pour prendre soin de soi dans un institut de beauté ou un spa, quelques heures prises au hasard pour faire les magasins, arpenter les trottoirs à la recherche d’une douce folie bien blottie dans le recoin d’une boutique, dont on aurait poussé la porte au hasard, attiré par les couleurs, les tissus, les matières en vitrine.

Que ce soit rêver, buller, écrire, bouquiner, faire des plans, dessiner, inventer, créer ou juste se reposer, déconnecter.

2015-05-12_14 22 31_resized

Que ce soit partir en voyage, découvrir une nouvelle ville ou même s’évader à des kilomètres, de l’autre côté de l’océan.

Que ce soit respirer l’air, allongé sur l’herbe, regarder le ciel apaisant nous couvrir de tendresse, écouter les oiseaux chanter dans le silence du jour qui se lève.

Nous savons tous ce qui nous rend heureux quand le soleil revient, après des mois de grisaille et de pluie, des mois plongés dans la nuit qui s’abat dès 4h de l’après-midi, des mois bien au chaud chez soi, pour contrer le froid d’un hiver dont nous espérons la fin dès les premiers signes de l’annonce du printemps.

Les beaux jours sont là, encore un peu timides parfois. Alors profitez-en pleinement. Il sera toujours tant d’espérer l’automne, à la fin de la saison. Aujourd’hui se suffit à lui-même. Exaltons !

Article publié sur SBG
Article publié sur SBG