Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #13

Une étoile sur un trottoir
Perdue sur l’asphalte brulant
D’une ville excentrique
Avec ses maisons extravagantes
Ses arbres difformes
Sa nature de gris marinés
Ses formes diverses et variées
Comme dans un rêve apocalyptique
Qui ne ferait que nous emmener
Vers une fin démesurée

Une étoile que j’ai cueillie
Sur l’asphalte humide
Pour la sauver d’un destin
Que je ne saurai vouloir pour mon prochain

Et elle et moi nous avons marché
Dans les herbes hautes
Jusqu’à ce sentier perdu
Jusqu’à ce territoire en friche
Cette terre battue par les vents
Et cet air dépourvu de vices

Là, elle s’est envolée pour rejoindre les siens
Et j’ai construit de mes deux mains
Le monde de demain

Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, normalement plus personne ne sera en vacances (!), je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants: sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre. Merci et au plaisir de vous lire!

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Dis, on s’ennuie?

Photo by KoolShooters on Pexels.com

Il s’ennuie, un peu, souvent, il le dit et je lui répète que c’est bon pour sa santé, pour son esprit, sa créativité, que l’ennui est cette formidable clé qui ouvre des espaces inconnus.

Ennuie toi, un peu, souvent, profites-en! Oui le silence, le vide, l’absence, autant de moments suspendus dans lesquels on se sent mal mais qui sont à même de nous offrir le meilleur. Je lui répète qu’il faut de l’ennui pour faire de grandes et belles choses, que l’omniprésence du bruit est un fléau qui empêche le corps, l’esprit, qui vient brider l’empire de nos pensées et ses possibles.

Un bon ennui est constructeur. Mais nous, adultes, ne sommes nous pas les premiers à refuser l’ennui, à le combler vite fait, bien fait? Ne sommes nous pas ceux qui dégainons notre portable dès qu’il faut patienter, dès qu’une seconde s’infiltre dans l’organisation quasi-millimétrée de notre journée?

Sommes-nous les mieux placés pour conseiller nos enfants, leur inculquer la valeur de ce que nous ne prenons plus le temps de faire, trop occupés à tenter de combler ce qui nous nous angoisse, le rien? Savons-nous seulement faire sans, sans nos réseaux, sans internet, sans sauter à la moindre occasion sur ce petit objet connecté qui nous relie à tout instant au reste du monde? Savons-nous être seul(s) et apprécier?

Suite à la remarque de mon fils sur mon utilisation, somme toute modérée, de mon téléphone, j’ai reconsidéré ma propre “vision” du temps de l’ennui. Et je me suis rendue compte que je n’en profitais pas assez, que j’avais tendance à moins buller, à chercher l’inspiration un peu partout, sans finalement la laisser venir à moi, à être dans un besoin d’information, permanent, qui me desservait.

Loin des écrans et des réseaux, loin de ce plein qui empêche d’apprécier le rien, loin du vacarme, je suis mes propres conseils sur la valeur inestimable de l’ennui, je redessine les contours du temps, je découvre leur élasticité, leur potentiel et je me laisse aller au plaisir de rêver à travers la fenêtre grande ouverte…

Quel est votre rapport à l’ennui? Vous vous laissez le temps de vous ennuyer? Ou vous pensez au contraire que l’ennui est une perte de temps?

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Persévérer ou Lâcher?

Photo by Suzy Hazelwood on Pexels.com

C’est une question que je me pose assez régulièrement, à chaque fois que je reçois un courrier de refus, un retour négatif sur un texte, un manuscrit envoyé. Mon écriture est-elle si médiocre? C’est possible. J’ai conscience de mes limites…

Je sais, vous allez me dire qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Vous aurez raison. Mais alors, à quoi bon continuer dans une voie, dans un chemin qui ne semble pas être le bon? Pourquoi continuer à se prendre des claques quand d’autres semblent trouver chaussure à leur pied?

Persévérer n’est pas toujours la meilleure option. Peut-être qu’il est temps de raccrocher, de lâcher les rêves, de laisser les mots dessiner des histoires pour le simple plaisir que cet acte procure, sans chercher plus loin.

Et si lâcher était la sagesse? Et si finalement on laissait le rêve au monde de l’enfance, il est beau là dans son joli cocon, avec ses pétales de rose et ses lumières.

J’ai persévéré, j’ai encaissé les mots durs, les retours, les silences, les “non” à répétition. L’investissement est tel que j’avais quelques espérances, bien entendu, qui n’en a pas! J’ai aussi été portée par vos mots, vos retours, vos encouragements. Je me demande quand même parfois – sans vous offenser – si ils ne manquent pas quelque part d’objectivité! Un tout petit peu…

Je ne sais pas si persévérer, ce n’est pas au final quelque chose qui m’appauvrit, si ce n’est pas une manière de me bercer d’illusions. Alors je pense de plus en plus à laisser mon rêve s’envoler. Après tout, il a eu le mérite d’exister. Et de revenir aux mots sans attente, juste pour la joie, juste pour exprimer ce que le cœur contient, juste pour la magie de la poésie et la beauté du partage.

Posted in Carnets de route

Laissez parler les rêves…

Crédit Pixabay

Il m’aura fallu un peu de temps pour faire cet article. Les rêves et moi, c’est une grande histoire de désamour et puis la révélation. Depuis, c’est une grande histoire d’amour, même dans les nuits les plus sombres, je vous explique pourquoi de suite!

En novembre 2019, j’ai commencé une formation pour devenir thérapeute en relation d’aide. Qui dit thérapeute dit histoire de la psychologie et introduction au grand maître (certes contesté par certains) de la psychanalyse, j’ai nommé Freud. Il est le premier à avoir introduit la notion d’Inconscient. Selon lui, notre psyché est décomposée de la manière suivante: Inconscient – Préconscient (ou Subconscient) et Conscient. Tous les éléments, les informations qui nous arrivent au jour le jour, sont stockés dans l’Inconscient au fur et à mesure. Cela se fait de manière mécanique. L’inconscient reste toutefois impalpable et invisible.

Pourtant il nous parle, à travers les rêves justement!

Nous rêvons tous. Et heureusement, sinon notre vie serait un enfer. Toutefois certains se souviennent de leurs rêves, d’autres moins, d’autres pas. Nous ne sommes pas égaux mais sachez que c’est comme tout, ça se travaille cette mémoire!

Pour parler au Conscient, l’Inconscient doit passer la censure du Subconscient. Et oui, sinon ce serait trop facile, du coup, il déguise, d’où souvent le caractère original, insensé des rêves. Pour faire passer le message et outrepasser la censure, l’Inconscient utilise tout un tas d’effets spéciaux et d’artifices.

L’interprétation revient à prendre le contenu pour le comprendre. Et dans le cas des cauchemars (nous nous en rappelons souvent plus facilement car ils nous perturbent), c’est que le message est très important et que notre Inconscient espère vraiment se faire entendre. Il faut savoir qu’il oeuvre toujours pour notre bien. Il arrive parfois que nous faisions souvent le même rêve, et bien c’est que le message n’a pas encore atteint notre conscience ou que nous ne sommes pas prêts à l’entendre. Pas encore.

Le rêve peut contenir des éléments de notre vie, une situation qui nous a marqués, un incident, une parole, des personnes que nous avons vu récemment. C’est l’enveloppe. Ce que le rêve souhaite nous transmettre va bien plus loin que l’image initiale. Si une interprétation est la copie conforme du rêve, c’est que la personne est dans la résistance, qu’elle a peur de l’interprétation. Et c’est compréhensible.

Il faut noter que les seuls cas dans lesquels le rêve n’est pas un message de l’inconscient, c’est quand il s’agit d’un rêve prémonitoire. Dans ce cas il vient directement du canal intuitif de la personne.

Dans la pratique thérapeutique, chaque rêve s’interprète avec la personne (l’adulte et l’enfant à partir de 12 ans). Le thérapeute ne fait qu’assister et donner les indications sur la manière de procéder. Si vous êtes friands d’en savoir davantage, n’hésitez pas à poser des questions en commentaire ou à m’envoyer un mail!

Sur ce, bonne journée et rappelez-vous que tous vos rêves vous veulent du bien!

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Drôle de nuit(s)

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Qui ne serait pas désolé devant l’étendue du désastre de mes nuits?

Je vagabonde, innocent, entre impossibles insomnies et rêves abracadabrantesques, dans lesquels je me retrouve tantôt poulpe, prêt à être dévoré, crustacé à être décortiqué – carcasse abandonnée – fromage à être savouré ou repoussé sur le bord de l’assiette, d’un air dégoûté.

J’émerge de ces nuits, en sueur, tel un sportif à plat, complètement déboussolé, les émotions en fleur de lys – mais non à fleur de peau.

Je me demande si, en l’etat actuel des choses, dormir n’est pas une activité superflue…

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots étaient: poulpe – Lys – insomnie – fromage – superflu – crustacé – désolé – emotion.

 

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La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Un peu de silence…

Je ne pourrais dire pourquoi j’ai soudain besoin de ce vide, de cet espace pour respirer loin de ces mots qui chahutent et font plus de bruit que les voix autour de moi.

Je ne pourrais dire ce qui se passe dans mon corps, lourd, fatigué, qui réclame une pause, un peu plus que quelques heures de sommeil perturbées par des rêves déstabilisants.

Je ne pourrais dire mais je note tout ce qui passe en moi, ressentis, envies, désirs, histoire d’y voir clair.

Je me laisse le temps de revenir à mon équilibre, de retrouver mes marques. J’oublie souvent, prise dans le tumulte du quotidien, que j’ai besoin de silence, de calme, de paix, de temps pour me ressourcer, loin du Monde. Ma façon d’être et d’exister. Mon identité.

 

Posted in Tout un poème

Donnons le temps au temps

Le passé ne compte plus, laisse le se taire, devenir inconnu.

Libère toi de tout, des mémoires qui te hantent, des projets avortés, des envies absentes, des désirs refoulés.

Hier n’est plus qu’à l’imparfait.

Le présent se prélasse au soleil. L’été se réveille d’un profond sommeil.

L’instant t’offre tout ce qu’il te faut pour avancer, te construire, t’émerveiller, approfondir.

Aujourd’hui s’écrit maintenant, ici.

Le futur s’interroge, dessine des mirages sur le ciel d’octobre.

Des projets verront le jour, tes désirs vibreront d’amour.

Demain attend son heure, rêveur.

 

Posted in Carnets de route

Bonjour Juin!

Juin est arrivé, surplus de tendresse au petit matin, bisous sucrés au bord de la table du petit déjeuner. Juin nous invite à aimer, danser, espérer, profiter de chaque grain de soleil, de tous les petits riens qui forment le tout de la vie, hauts et bas compris, coups de coeur contre coups de blues, qui ne durent jamais longtemps.

Juin est arrivé avec son lot de rendez-vous, fêtes de fin d’année, derniers achats avant l’été, préparation des grandes vacances qui nous font déjà rêver.

Juin est arrivé, le nez au vent et les pieds nus glissés dans des escarpins dorés, robes légères ouvertes sur des jambes bronzées. Juin se prélasse une orangeade bien fraiche à la main et nous promet des notes sucrées pour les fins de repas, pris à l’air libre, assaisonnés de soleil et de fraîcheur quand la nuit vient, sous les étoiles qui scintillent et nous donnent l’impression de pouvoir palper un semblant d’éternité.

Posted in Variations Littéraires

Rêves de mômes

Photo by RODNAE Productions on Pexels.com

On pensait à quoi quand on était mômes? On rêvait de quoi?

De devenir pompier, astronaute, coiffeur, médecin, artiste, chanteur, peintre. On voulait décrocher la lune pour l’offrir sur un plateau à ceux qui en avaient moins que nous. On voulait partir sauver des vies à l’autre bout du monde. On voulait grandir en restant petits. On voulait faire “tout seul”. On n’y comprenait rien au monde des adultes qu’on trouvait un peu fade avec ses limites, ses interdits.

De devenir médecin du monde, danseur, conducteur de camion, magicien. On essayait d’ailleurs de temps en temps de transformer le papier de nos cahiers quadrillés en billet de banque. On l’avait vu faire. On rêvait de monter sur les planches, de saluer le public.

On avait plein d’envies, plein d’idées. Et on ne se demandait jamais si c’était possible, si on pouvait le faire. Ca ne nous venait pas à l’esprit

Quand avons-nous oublié nos rêves de mômes?