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Rétrospective 2010-2019

Crédit Pixabay

Ce que j’aime (depuis dix ans) dans le fait de tenir un blog orienté “humeurs” c’est de voir au travers des articles mon évolution personnelle. Je tiens un journal en dehors mais ce dernier est devenu plus créatif au fil des ans. J’y mets moins de mots, plus de collages, de dessins, de pensées en passant.

Il s’est passé énormément de choses au cours de ces dix dernières années, tellement que je me demande parfois comment tout s’est mis en place!

2010, c’est l’année de création de mon premier blog, pour partager mon expérience Irlandaise. C’est aussi celle du début de la descente aux enfers, l’année de la rupture avec ma famille, des heures d’attente et de silence, l’année où j’ai eu envie de me foutre en l’air (ce n’était pourtant que le début!)

2011, la descente continue. Les moments de bonheur se comptent sur les doigts d’une seule main. On reprend le contact avec ma famille, l’équilibre est ultra fragile. C’est l’année de mon mariage et de la mort de mon filleul. Je coule, j’ai envie que quelqu’un le voit mais je suis incapable de le dire.

2012, la descente continue encore et encore. Il y a une lueur à l’horizon le jour où je découvre que j’attends un enfant. Le silence se fait de plus en plus pesant, j’ai l’impression d’être l’ombre de moi-même. Je marche sur des œufs en permanence. Puis un soir je quitte tout. Retour en France, le corps, le cœur cassé, le mental martyrisé, mais vivante.

2013, je donne naissance à mon fils, dans la joie et les larmes. Je suis terrifiée, je vis dans la peur et sa présence m’apaise au fil des jours. Je ne vais pas mourir. Je vais me reconstruire, reprendre tout depuis le début, de toute façon il ne me reste pas grand chose. Je trouve un travail un Paris, je pars en le laissant la semaine chez mes parents. C’est un déchirement autant qu’un apaisement. Je crée mon Blog L’atmosphérique.

2014, mon fils et mes parents me rejoignent sur Paris. On commence une cohabitation à 4 dans 40m2. Le divorce est engagé, mon fils voit son père tous les quinze jours dans un centre médiatisé et nous avons entamé une médiation. Je fais face avec le cœur en vrille. Les menaces sont monnaie courante. Je résiste tant bien que mal, je replonge parfois et c’est très déstabilisant. Je commence un nouveau boulot.

2015, il n’y a plus de visites mais le divorce me prend beaucoup d’énergie. La cohabitation familiale est délicate. Je sombre souvent. J’ai l’impression de me prendre des claques à chaque pas en avant. Mes parents commencent à parler de séparation. Je me sens comme une enfant face à deux parents qui se déchirent. Mon fils grandit bien mais je suis toujours pleine de peurs quant à ma responsabilité et mon engagement.
J’autoédite mon premier recueil de poèmes et je reçois des retours très touchants qui me motivent.

2016, on vit enfin tous les deux, mes parents ont acheté sur Paris. Je respire. Même si j’ai des gros moments de blues. Je suis à bout et ma colère peut exploser à tout moment. Je cogne dans les murs et je m’en veux terriblement d’offrir ce spectacle à mon fils. Ma psy dit que j’avance, qu’il faut être patiente. Le divorce est enfin prononcé, quatre ans après la séparation. La reconnaissance de ces 4 années de violences psychologiques n’a pas l’effet escompté. Je suis toujours profondément meurtrie.

2017, la lumière revient doucement, la douceur de vivre à la maison. On trouve un équilibre familial. Loulou rentre à l’école. Je m’inscris sur un site de rencontres, qui sait, je me sens prête à rencontrer du monde. Aout marque un tournant, ma vie sentimentale prend des couleurs. Je vis sur un nuage et je me dis qu’au fond j’ai le droit moi aussi au bonheur. Je l’écris d’ailleurs. Même si énormément de blessures refont surface.

2018, j’ai l’impression de n’être que mes blessures, que ma peur, que mon corps abîmé, que mon passé. Et pourtant, il est là, il m’écoute, il m’aide à reconquérir cette part de moi que je croyais à tout jamais perdue. J’ose davantage. Je me sens encore “pas assez” trop souvent, je ne sais pas si ça va durer mais je vis chaque instant, je savoure l’amour. J’ai l’impression de revenir à la vie, à la joie.

2019, c’est l’heure des grands changements! Je m’ennuie au boulot et je débute un coaching pour faire le point. Je prends la décision de changer d’orientation professionnelle. Je déménage. Loulou rentre en CP. Une amie nous quitte, à 33 ans, c’est un choc duquel je me relève difficilement. 2019 c’est aussi l’année des mariages et de l’amitié. Je guéris encore et toujours, je prends confiance, l’amour me transporte toujours autant – dans son regard, j’existe!

Et nous voilà en 2020! J’aime la rondeur de cette année que je pense riche de promesses, de projets, de guérison, de douceur, d’envies à deux, de communication positive en famille, d’affirmation de soi, de confiance, de création. Je suis prête à la vivre pleinement. Et vous, ces dix dernières années, ça donne quoi?