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Au bout du fil…

J’ai remarqué, récemment, que nous ne savions plus prendre le temps de nous parler vraiment, de nous écouter. Nous sommes toujours pris par tout un tas de choses. Le téléphone portable rend l’autre accessible à tout instant. Mais est-on toujours dans un moment propice au dialogue? Est-on toujours prêt à partager? Est-on toujours prêt à écouter? Nous posons nous seulement la question?

Quand hier on se calait sur une chaise, on se lovait dans un canapé, quand on avait une discussion de A à Z sans autre interruption qu’un imprévu, aujourd’hui on s’appelle en faisant les courses, en s’occupant des enfants, en bricolant ici et là, en cuisinant, en bossant, en consultant ses mails ou en surfant sur Internet. On s’appelle sur un banc, entre deux trains, au café, entre deux lignes d’un bon bouquin, entre deux pensées vagabondes. On se rencontre furtivement et notre quotidien n’est composé que de cela, de cette non-présence à l’autre. Le pire, c’est qu’on ne s’en rend pas compte, c’est devenu une habitude, un réflexe. Nous sommes tous concernés.

Parfois même on aimerait faire autrement et on est sans cesse attiré vers ce que l’on fuit. C’est tout un cheminement personnel de dire au revoir à une manière de faire si ancrée. Une question de volonté. Ou bien une prise de conscience que nos relations sont biaisées, qu’elles ne sont fondées que sur de l’à peu près, un temps comme un simple clic, un temps qu’on ne prend pas pour l’autre mais pour faire tout un tas  de choses qui nous paraissent pourtant futiles, mais auxquelles on prête au final grand intérêt.

Les avancées technologiques sont toujours porteuses de bon comme de moins bon. Il faut le savoir. Il faut être capable de le voir. Et être prêt à modifier nos comportements. Car on le sait, on ne construit rien sur des fondations vides.