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Challenge Ecriture #26 (07.07.2020)

Julie est rentrée avec un nouveau parfum, un truc affreux qui vous file la nausée. Je me demande si c’est son petit ami, un type aussi spécial qu’elle, amateur de grenadine, qui le lui a offert. C’est bien son genre. La boite est rose-orangée, l’odeur un mélange de jus de carottes et de salsifis.

Elle s’est pointée devant moi avec son vaporisateur et elle a commencé à me taper une causette d’enfer. Elle adore ça, me parler, en me caressant le poil.

“Miss Me Note”.

Quel nom!  Il parait que c’est un mix de souvenirs, premières couches, premiers biberons, et la magie de la suite, l’odeur des fleurs dans le jardin de mamie et des beignets frits, du sable mouillé après une averse, des flaques d’eau piétinées par des petits pieds inquisiteurs, la saveur du premier baiser.

On sent que Julie ça la met en transe. Elle s’en est collé un peu partout, par touches. Comme si elle se plaquait sur la peau Mr Grenadine, comme il elle se le tatouait pour ne surtout pas l’oublier. C’est impossible de l’oublier, il est toujours là. Avec ses chaussures informes et ses pantalons troués. Avec son odeur de mec à peine lavé, sa barbe indisciplinée, son cheveu gominé.

J’essai d’échapper à ce parfum, mais elle me retient. Elle ne comprend pas que tous ces souvenirs ne me disent rien, que je suis bien incapable de participer à son bonheur. Si encore les effluves m’appelaient, mais là c’est le grand vide, le trou noir du dégoût, l’apocalypse. Qui a bien pu avoir l’idée de ce mélange olfactif déjanté?

J’irai bien creuser pour faire sa fête à la créature diabolique qui a mis cette fragrance sur le marché, à la créatrice qui a sûrement cru pondre quelque chose d’inoubliable et qui s’est plantée en beauté. Je n’en ferais rien. Je ferais juste, par inadvertance, tomber le malheureux flacon. Je me cacherais dans la penderie, honteux. J’épongerais les larmes de Julie. Et Miss Me Note ne sera plus qu’un mauvais souvenir…

Retrouvez les autres participations ici: Nostalgie Lavande Chez Marie – Pétrichor, Géosmine et Ozone chez Sweet Things – Le parfum de papy chez Miss Obou et Odoriférante chez Mébul

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Pour la semaine prochaine, on va créer un texte à partir des trois éléments suivants:

A vos plumes! Et au plaisir de vous lire surtout!

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Challenge Ecriture #25 (30.06.2020)

J’ai entendu sa voix et elle m’a ramenée des années en arrière. La vie de château, le grand luxe, les tentures, le parc, les bosquets, des coins et des recoins pour s’installer en toute tranquillité et roupiller comme un bienheureux. Je pensais que ça ne s’arrêterait jamais. Heureux nous étions, tous les deux dans notre paysage fantastique, coupé des bruits du monde. Deux rescapés, deux passionnés, deux amateurs des belles et bonnes choses. Chaque jour, il me préparait des mets exceptionnels que nous partagions ensemble, tantôt au coin de la cheminée, tantôt assis sur l’herbe. La vie rêvée de tout matou qui se respecte. Et l’été, le grand carnaval des caravanes de voyageurs qui venaient découvrir le coin. Il y en avait pour tous les goûts. On les voyait venir de loin. Et on restait bien à l’abri dans notre palais. Quand j’y repense, ça me tirerait presque des larmes. Lucien s’est éteint un matin de mai. La vierge veillait avec moi. Je n’ai pas vu ses yeux se fermer ni son âme s’élever. J’ai senti son absence, comme un rêve qui s’éteint.

Puis de nulle part, ils sont arrivés avec leurs gros sabots, leurs voitures bruyantes, leurs manières sans élégance. Ils n’ont même pas pris le temps de saluer sa mémoire. Ne parlons même pas d’un regard pour moi. A la SPA, ils m’ont refilé vite fait, sans se salir les mains. Je crois que si on m’avait demandé, j’aurai préféré suivre Lucien.

Sur ces entre faits, Julie a débarqué. J’avais perdu de ma superbe et de ma spontanéité. Elle s’en moquait. Il faut reconnaître qu’elle faisait aussi pitié que moi! Je l’ai suivi sans trop savoir comment ni pourquoi. Quand on n’a plus grand chose à perdre, on se pose moins de questions. Va savoir! En tous cas, si j’avais eu une quelconque idée de ce qui m’attendait, je me serais fait tout petit dans ma cage et j’aurais laissé la tornade passer. Faut croire que j’avais aussi perdu mon intuition. La belle affaire!

J’ai longtemps espéré un sursaut de courage, pour m’échapper par la porte ouverte. Histoire de changer d’air. Mais bon, je me suis dit que je ne pouvais (quand même) pas faire ça à Julie!

Suite de l’histoire débutée la semaine dernière ICI.

Pour voir les autres participations c’est par là: Choisir le futur chez Marie – La fuite chez Mébul – Chez Josée – Chez Sweet Things 

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Avec les vacances qui arrivent je ne sais pas si il va être possible de maintenir un rythme hebdomadaire. Nous verrons bien. Pour l’instant je vous laisse avec le sujet de la semaine prochaine. On va parler “parfum”.

Vous allez choisir un parfum, que vous appréciez ou pas. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez en inventer un. Et vous allez écrire un texte en lien avec cette odeur. Qu’est-ce qu’elle vous fait ressentir? Qu’est-ce qu’elle vous dit? Qu’est-ce qu’elle vous rappelle? Ça peut-être in texte personnel ou de la fiction, c’est vous qui choisissez! A vos plumes et rendez-vous mardi prochain!

 

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Brèves de Confinement #7

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La dernière semaine de confinement est arrivée. Et bien, je trouve que ces deux mois sont passés très vite! Après des débuts chaotiques, des moments douloureux, la vie est venue nous cueillir et nous a apporté du beau et du bon. Et oui, nous sommes tous les deux d’accord, le confinement nous a vraiment permis de faire plein de choses ensemble, à notre rythme, sans trop de contraintes. On ne se demande pas encore comment ça sera après, on préfère ne pas y penser. On va y aller doucement, sans se mettre de pression. On va encore profiter, un peu, de ce temps suspendu, du silence, du confort de notre “chez nous”, devenu un terrain d’exploration sans limite. On va se laisser porter…

Cette semaine aura été un peu plus légère niveau logistique car ma voisine a pris Loulou sur mes jours de télétravail. Ce qui a grandement changé la donne, pour moi comme pour lui. Le reste du temps, j’ai gardé sa fille, nous avons fait le travail d’école, inventé des histoires, rigolé, nous avons fait des dessins, plein de peinture, des batailles d’eau, dansé, fait des batailles de doudou, regardé des films drôles, chanté à tue-tête!

J’ai pu exprimer sereinement ma fatigue quand celle ci a pointé le bout de son nez. Sans cris cette fois. J’ai réussi à anticiper. J’ai fait de l’aquarelle, du dessin, des collages. J’ai suivi des live Instagram et regardé des vidéos sur la créativité (Bambichoses, Sophie Selliez et Julie furent mes principales sources d’inspiration) J’ai eu plein d’idées, d’articles, de livres à écrire…

J’ai commandé un arbre à la talentueuse Angélique, discuté avec une amie de promotion et choisi de nous offrir à loulou et moi des séances de sophrologie, je me suis inscrite au cours en ligne de Marie, j’ai reçu une magnifique aquarelle intuitive peinte par l’inspirante Virginie

Une semaine riche à tant de niveaux. Comme je vous le disais au début, on est encore en suspens, en attente, comme au bord du vide, mais cette fois ci il ne me fait pas peur, on va dire qu’il m’attire. Demain, il y aura des changements, des nouvelles perspectives de vie, c’est certain. Ce que j’ai trouvé dans ces deux mois, je ne suis pas prête à le laisser s’envoler. J’ai gagné en qualité de vie et je me suis rendue compte que je passais beaucoup de temps avant, à meubler, à trouver des activités, à boucher les trous de mon emploi du temps, pourtant déjà bien rempli. Avec comme excuse, mon fils, son bien-être, son équilibre.

Lui aussi, il lui en faut peu pour être heureux. Il lui faut juste ma présence, pleine et entière, mon attention et la liberté aussi de partir découvrir le monde, ailleurs, de se créer des univers, d’inventer, de rêver, de faire le pitre, de rire.

Notre chez-nous, nous l’habitons désormais pleinement, dans toute sa palette de possibles. Le lâcher prise, je peux désormais dire que j’ai essayé et que c’est vachement sympa!

J’ai des envies, des projets, encore et toujours. Et je me sens prête à leur donner vie. J’ai pris conscience, dans la solitude, de ma valeur, j’ai appris à accueillir mes jours gris qui ont autant de valeur que mes jours colorés. J’ai appris que chaque émotion signifie quelque chose. Si je m’arrête, je peux en saisir le sens et transformer le plomb en or!

J’espère que vous allez bien, que la reprise se passe pour le mieux pour chacun, chacune. Je vous envoie d’affectueuses pensées et je vous dis surtout Merci, d’avoir été là dans les creux de vague, d’avoir pris le temps de me lire quand ça n’allait pas du tout, chez moi et peut-être chez vous. Merci pour vos lectures, partages, commentaires, pour votre présence, nos échanges, pour tout ce qui fait la richesse de cet espace d’écriture. Prenez soin de vous, encore et toujours. Et au plaisir de vous lire.

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Challenge Écriture 2020, c’est parti!

Après un état des lieux de mes idées, je me lance. Si je ne le fais pas tout de suite, je vais hésiter et dès que j’hésite, c’est mal parti.

Un Challenge Écriture, pourquoi?
Tout simplement pour le plaisir d’écrire. Pas de règles imposées si ce ne sont celles des thèmes proposés. Pour progresser, découvrir, s’amuser,  se confronter à la nouveauté. Et pour le plaisir de partager. Je trouve qu’on apprend aussi beaucoup des textes, des styles, des idées des autres. Je vois donc ce rendez-vous comme un échange, comme si nous nous retrouvions tous autour d’un verre une fois par semaine avec nos textes et notre bonne humeur. Autant dire que c’est un vieux rêve, pas mort, juste qui a pas mal pris la poussière, mais qui sait un jour peut-être il prendra forme. Je n’abandonne pas si facilement!

Je vous propose ce rendez-vous le mardi, car en faisant un tour de ce qui se passe sur la toile, je me suis rendue-compte qu’il y avait pas mal de choses déjà le lundi, le vendredi, le mercredi, ce qui laisse peu de jours libres!
Je vous présenterais les thèmes au fil de l’eau puis vous me direz d’ici quelques semaines si cela vous convient. On pourra toujours changer en cours de route!

En résumé, chaque semaine je vous propose un thème et vous avez jusqu’au mardi suivant pour écrire votre texte. Vous devez juste m’envoyer le lien vers celui-ci (blog / instagram ou texte libre si vous n’avez pas de blog et que vous souhaitez tout de même participer) et j’intégrerais toutes les participations sur mon billet du mardi. Merci également de faire le lien vers mon blog, en intégrant la photo d’en-tête du challenge écriture. Sur conseil de Cécilia (Merci!), les textes ne devront pas excéder une page A4 (soit 30/40 lignes).

Aussitôt dit, aussitôt fait, je vous propose le premier thème. J’ai choisi de ne pas commencer trop dur, histoire qu’on se fasse la main. J’ai pris le premier livre sur ma table de chevet. Je suis arrivée sur la page 35 et il y avait écrit: “Il vivait dans l’extra, il vivait dans l’extrême. Il était un collègue. Il était un ami. Un pointillé de sagesse dans un bouillon de générosité, de folie douce et d’empathie”. Cet extrait est tiré du recueil de Sophie Selliez – Du merveilleux dans l’ordinaire

Écrire un texte à partir de cette citation. La contrainte: le texte ne doit contenir aucun des mots suivants – extra, extrême, collègue, ami, sagesse, bouillon, générosité, folie douce, empathie.

Merci par avance à tous les participants et participantes et rendez-vous mardi 14 janvier!

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L’année 2020 sera littéraire…

Crédit Pixabay

Nouvelle année, nouveaux projets! Pas que littéraires d’ailleurs. Mais nous parlerons de cela plus tard. 2019 a vu la concrétisation de deux novellas et d’un recueil de nouvelles. Deux de ces textes attendaient depuis belle lurette d’être relus, retravaillés, corrigés. Le dernier fut plus spontané. Deux ont été envoyés à des maisons d’éditions, le dernier est en cours de traitement avant envoi.

J’avais prévu plus grand et je me suis pas mal éparpillée, comme à mon habitude. Plein d’idées sont venues me titiller le bout des doigts et j’ai mis dix mois à savoir comment les gérer!

Alors, quoi de prévu pour 2020?

Dans un premier temps j’ai bien envie de proposer un “challenge écriture” sur le blog. A raison d’un thème par semaine. Beaucoup de personnes autour de moi me disent qu’elles aimeraient bien écrire davantage mais ne trouvent pas toujours l’inspiration ou manquent d’idées. Si cela vous tente, dites le moi en commentaires. Je réfléchis à quelques pistes pour le moment…

Je compte pour l’instant lâcher les concours littéraires et me concentrer sur mes textes, qui demandent organisation et concentration. J’en ai un en cours qui attend d’être étoffé, sur le sujet de la dépression, traitée du point de vue de différents protagonistes. Une nouvelle idée a germé dans mon esprit pendant les vacances et j’aimerai beaucoup la développer. J’ai également une nouvelle érotique qui attend une fin plus appropriée. Je pense que c’est amplement suffisant pour douze mois, sans compter que j’écris ailleurs, dans mon journal créatif, sur des blogs personnels, et en anglais pas très loin d’ici…

Je ne sais pas encore si il y aura un projet auto-édition cette année, peut-être, parce que j’aime que mes mots voyagent. Et que je suis toujours touchée par vos retours.

En attendant, je serais heureuse de connaître vos propres projets, qu’ils soient littéraires ou non. A vous de jouer!

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“La Reine Crucifiée” – Gilbert Sinoué

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Entre Gilbert Sinoué et moi, c’est une grande histoire d’amour qui a commencé avec le Cri des pierres et le Souffle de jasmin, où nous suivions la destinée de quatre familles – israélienne, palestinienne, irakienne, égyptienne, au gré des années tourmentées du Moyen Orient.

Mais il faut bien l’avouer mon coup de cœur va au roman Les Silences de Dieu, qui sur fond d’intrigue policière nous entraine dans les méandres des trois grandes religions monothéistes.

A la suite de ce livre que j’ai depuis relu deux ou trois fois, et sur avis d’une lectrice aussi passionnée que moi par cet auteur, je me suis plongée dans Le Livre de Spahir. Marie en parle très bien dans son article ICI.

A mon fils à l’aube du 3e millénaire m’a profondément touchée, alors même que j’étais moi-même en passe de donner naissance à un enfant.

C’est donc tout naturellement que j’ai cédé à la tentation de lire La Reine Crucifiée, un des livres qui était disponible à la bibliothèque du quartier. La Reine Crucifiée est une histoire d’amour sur fond cette fois ci de drame historique. Nous sommes en 1340, Don Pedro est appelé à succéder à son père à la tête du Portugal, il est sur le point d’épouser Dona Constanza, quand son regard croise celui d’Ines de Castro. Leur histoire d’amour est celle d’un amour avec un grand A et tout le talent de Gilbert Sinoué est de nous faire ressentir la force de cet amour, entre deux êtres qui n’ont pas le droit de s’aimer.

Ils se retrouvent contre leur gré au cœur d’une machination, qui n’a de cesse que de les broyer, au cœur d’un secret que chacun cherche à s’approprier. Seront-ils assez fort pour faire face aux complots ?

A vous de le découvrir. Je vous laisse tout de même avec ces quelques mots :

« Je vous ai aimée avant même de savoir que vous existiez. Je vous aime comme on aime le bonheur et l’espérance et le jour qui se lève et l’impatience de celui qui guette à l’horizon le retour de l’être aimé. Je vous aime comme le peuple aime le roi, comme le fracas des armes aime la paix. »