Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

L’attente de l’été

Photo by Pok Rie on Pexels.com

Quelques larmes pour quelques vies
Quelques maux accrochés aux jours
Je ne changerais rien
Je changerais tout

Puis les larmes apaisent le tumulte

Je tremble parfois entre les draps
De ne pas avoir assez
Assez de temps
Assez de toi

Je tremble pour les moments
Où tu n’es pas
Pour tout ce qui se joue ailleurs
Pour les mystères autour
Ce qui ne se sait
Ce qui se tait

Pour tout ce qui m’empêche
Je tremble comme un oiseau surpris par le froid
Un hiver arrivé trop tôt

Je veux l’été, moi
Les jupes qui volent
Les possibles de tes doigts
Sur ma peau offerte

Je veux le soleil brûlant
Le désir ardent au creux des reins
La nuit si bleue de Paris
Ton sourire qui s’accroche à mes mains

Je veux la liberté et le voyage
De ton cœur au mien
Cette sensation d’être invincibles
Qui nous tient

Je veux la lumière choquante du matin
Sur nos corps enlacés
L’effluve de ton désir sur ma bouche ouverte
Pour accueillir le nectar de tes plus intimes pensées

Je veux jouir du jour
De la joie d’heures volées
A l’horloge de nos vies
Ne rien regretté, si ce n’est,
D’en avoir abusé !

Posted in Emprise et Renaissance

Chemin de guérison #4

Photo by Mads Thomsen on Pexels.com

On entend souvent “le passé c’est le passé, on ne peut pas le changer, mieux vaut aller de l’avant”. Je crois que toutes les personnes qui sont en vie aujourd’hui et qui ont vécu l’emprise, sous toutes ses formes, vont de l’avant. Si elles évoquent encore le passé, c’est pour mieux le conquérir, l’intégrer. Elles ont juste parfois besoin qu’on les écoute, rien de moins, rien de plus.

Je vous glisse ici, pour celles et ceux que ça intéresse, la conférence de Anne Laure Buffet sur le sujet. Elle explique très bien ce qu’est l’emprise et ses conséquences sur la vie des personnes concernées.

Le texte ci-dessous a été écrit en ce sens, pour montrer la complexité de ce type de relation. C’est toujours beau d’entendre les autres dire “si tu n’étais pas heureuse, il fallait partir” ou “pourquoi tu n’es pas partie à ce moment là, tu voyais bien qu’il y avait quelque chose qui clochait? “ou pire “tout est une question de choix!” Si c’était si facile il n’y aurait pas autant de drames.

Ce texte parle d’un instant, seulement, le jour où mon ex-mari m’a obligé à téléphoner à mes parents pour leur annoncer notre mariage imminent, en sachant très bien qu’ils étaient contre et que cette annonce ne serait pas reçue avec enthousiasme. Nous avions déjà derrière nous deux années de maux dont une pendant laquelle nous ne nous étions pas parlés.

***

Il y avait entre nous
Le téléphone posé
Sur la table basse
Présence silencieuse
Sourire macabre

Un appel imposé pour poser le cadre
T’imposer en maitre du jeu
J’avais tiré les mauvaises cartes
Foutu hasard !

Un coup de fil comme un coup de poing
Je retardais l’instant
Je ne maitrisais rien
Annoncer un mariage imminent
Auquel j’avais cédé
Pour un peu de paix
Dans un quotidien désarticulé

Sortir des mots
Auxquels on croit
Sans y croire vraiment
Mentir sur commande
Je savais faire ça

Faire semblant
Masque porté comme une protection
Sourire transporté comme une seconde maison
Puis déposé en rentrant
Mes larmes bruyantes sur la moquette
Esquisse d’un tourment
Impossible à apaiser

Dire et
Ecouter les bruits de l’annonce
Se fracasser contre les tempes
Sentir la peau se fissurer
Les poumons manquer d’air
Devant ton visage satisfait

«Tu vois que tu pouvais ! »
« Je suis fier de toi, mais c’est dommage qu’il ait fallut en arriver là ! »
« Allez viens, on va célébrer ça ! »

Un pardon de plus
Un pardon naturellement posé
Sans arrière-pensée

Et l’attente de la chute
D’un regard posé sur l’abîme
D’une main qui sentirait la blessure secrète
Suinter sous l’armure

Mais il n’y avait personne pour voir ça
Personne pour savoir

Elle devait être faite d’acier
J’ai tout encaisser
La peur, l’angoisse
Cette impression de sombrer dans une folie sans nom

L’amour meurtri
L’amitié menacée
L’inconditionnel fissuré

Ne perdre personne en chemin
Dans cette course insensée
A ton bonheur

Dans ce compte à rebours
Pour une union
A laquelle je me sentais partagée
Partie-prenante et étrangère
Dans tes filets j’étais tombée
Et je ne pouvais m’y soustraite

Pas de déclaration romantique
Juste un
« Pour 200€ je trouverais quelqu’un qui voudra bien, mais
C’est toi que je veux »

Des menaces à n’en plus finir
Un harcèlement de chaque instant
Le jour
La nuit

Pour un « oui » plein de tourments
Pour un « non » j’avais déjà tant pris
Que je n’aurais pas pu m’en sortir vivante

Blesser ceux que j’aime
Sans intention
Me perdre
En circonvolutions
Tenter de maintenir un cap artificiel
Oasis fantasmé
Modeste illusion
Une image bien polie
Pour survivre à la tentation
De dire « oui » à la nuit…

***

J’ai écrit ce matin, un matin à l’allure printanière. Retrouver l’envie de toi, du plaisir au goût d’éternité.

J’ai écrit ce matin, juste après ton départ, après les maux dits maladroitement et le divin mêlé.

J’ai écrit ce matin, pour retenir, ni toi, ni moi, pour me souvenir de ce que nous sommes ensemble, même dans le désordre, au gré des jours d’absence parfois longs puis ta présence, le parfum acidulé de ce temps dans tes bras.

J’ai écrit ce matin, comme poussée par une force, celle qui bat en toi et qui est venue me cueillir sur le chemin des doutes, puis réveiller mon désir, me laissant libre de larmes et ivre de l’union.

J’ai écrit ce matin, après ton départ, avec ton odeur, avec ta peau encore contre la mienne, dans un rêve qui s’éloignait et qui pourtant n’est jamais bien loin, pour peu que je tende la main.

J’ai écrit ce matin, parce que tout ce que je vis depuis bientôt 4 ans c’est comme une découverte, c’est comme les premiers pas d’un enfant, c’est quelque chose d’inattendu, de magique, quelque chose qui me laisse le coeur au bord d’un vide qui ne me fait pas peur.

J’ai écrit ce matin, pas pour laisser une trace, peut-être juste pour me rappeler que c’est bien vivant!

Posted in Emprise et Renaissance

Un chemin de guérison #2

Photo by veeterzy on Pexels.com

La façon dont les mots caracolent sur mon corps laisse imaginer ce qui fut – passé – présent – résilience, mise en marche de l’acte de libération – guérison.

***

J’ai fait l’amour à la nuit
Pour égorger les démons dans leur sommeil
Effacer les traces
La honte collée aux flancs de l’espérance

De mon enveloppe de femme s’envole un cri
Celui de la bête qu’on punit
Le sang versé se répand
Sur l’orgueil du mâle dominant

***

Entendre ta voix
Quelques notes
Timbre apaisant
Qui jamais ne se moque

Ta voix
Comme si tu étais là
Un morceau de toi

Vibrent les cordes
De cette partition
Dans laquelle tu t’investis
Dans laquelle je pensais
Que personne n’oserait

Il est si facile d’aimer
Plus délicat de se laisser aimer
De se laisser approcher
Plus que d’ordinaire

De se voir presque
Comme dans l’eau d’un lac
Vision un peu déformée par les secousses
Et si pure pourtant

N’est-ce pas ton regard
Qui me donne un peu plus d’audace
N’est-ce pas l’étincelle que j’y capte
Qui m’appelle à quitter ma peau élimée

Pour une nouvelle
Celle cachée par des années
A être si mal aimée

Lien vers le chapitre 1

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture Semaine 8

Danse des pulsations
Mon corps sous tension
J’imagine la pression
De tes doigts sur mes aspirations

Sur l’horizon saturé de rose
Le soleil étend son manteau
Un souffle, un pas, puis ose
Le ciel absorbé par l’eau

Dans son sillage, l’élan
Mon cœur s’éprend
Des possibles du néant
A portée d’océan

Je veux ton corps enveloppé
De ce parfum diffus
Semblable à la marée
Sur le sable ému

Parcourir les hémisphères
Explorer l’atmosphère
Envoyer valser les chimères
Pour ne garder que l’éphémère

Et dans ton corps m’abandonner
Désir à consommer
Urgence entremêlée d’ivresse
Ton sel comme une caresse

Entendre les battements
De mes propres tourments
S’éclipser dans le vent
Comme un défi au temps

Et croiser ton regard
Par-delà nos histoires
Juste le fruit du hasard
Il n’est jamais trop tard

Refermer nos bras
Sur les ombres des platanes
Que voguent nos âmes
Jusqu’au delta

J’irai même au-delà
Croiser le fer
Violer le sanctuaire
Juste pour un baiser de toi

J’ai fait un mix des différentes rimes. Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Mébul, Chez Marie, Chez St Jerem

Merci à toutes et à tous d’être sortis de votre zone de confort pour ce mois poétique. C’est toujours un plaisir de découvrir vos textes! Nouveau mois, nouveau thème à explorer et il sera musical. Il m’arrive énormément d’écrire en écoutant de la musique. Il m’arrive aussi d’écrire à partir d’une chanson ou d’une musique. Et c’est ce que j’ai envie d’approfondir avec vous.

Pour la semaine prochaine (#9), je vous invite à composer un texte à partir de la musique suivante. Comme pour toute première, je n’ajoute pas de contrainte supplémentaire. Amusez-vous bien!

Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Un chemin de guérison #1

Photo by Pixabay on Pexels.com

Dans ce poème, j’évoquais les fantômes de 2010, ceux-là même qui ont marqué mon chemin de vie. Mais comment parler d’eux sans parler d’aujourd’hui aussi. Tout est imbriqué. Tout est lié. Il n’y a pas de temps à proprement parlé, juste un fil qui se détend à mesure que je pose les mots sur le papier.

La poésie est bien ce qui m’aide à lâcher, pas à pas, à aller en profondeur. On peut soigner vite, avec un peu de baume apaisant, une couche de crème, un peu d’alcool, quelques gouttes d’huiles essentielles. Mais n’est-ce pas juste la surface. Le traumatisme interne reste identique et alors on ne comprend pas pourquoi un mot, un geste, une émotion a le pouvoir de ramener la blessure en pleine lumière.

Je crois qu’il faut aller à son rythme, ne pas avoir peur ni du noir, ni des fantômes, mais se sentir prêt pour le grand plongeon dans les profondeurs de la terre. Pour revenir, plus vivant encore, plus libre.

Je commence donc cette série d’articles, qui pourraient former un livre, c’était l’idée de départ, mais là encore j’ai changé plusieurs fois d’avis! Tous ces poèmes je les écris au fil du temps, au gré des émotions, des instants qui viennent me cueillir et me demandent de m’abandonner au flot des pensées qui me traversent.

Le fil conducteur, c’est l’emprise, le corps, le coeur, la liberté. Ca sonnera peut-être complètement flou, fou pour vous, mais pour moi tous ces mots mis bout à bout ont un sens et surtout, avant tout, m’offrent de cheminer vers la guérison et la paix.

Il y aura beaucoup de noir, parce que fut un temps c’était la couleur de mes jours et de mes nuits, ce brouillard épais dans lequel je ne faisais que m’enfoncer et qui a bien faillit me couter la vie. Mais il y aura aussi beaucoup de vie, d’amour, d’étincelles, parce que c’est ce qui depuis toujours et pour toujours fait de l’existence une aventure éblouissante!

***

Tu es venu, sans cheval blanc
Donner au corps la liberté d’exulter
De ses chaines se libérer
Nœud coulant se détendant au contact de ton corps

Moi, je me suis laissée aller
Laisser faire le temps dit-on
Qu’il est souverain en la matière
Laisser la magie de ta peau irriguer la mienne

Sans ton regard sur mes courbes
Mon corps se cache encore
Son plaisir se dissimule derrière une plainte
Qui de mes hanches part
Pour se perdre dans l’inconfort du passé

Il se loge là le prix de ce que j’ai cédé
Pour une poignée de promesses dérisoires
Le prix du corps qui se consume
Et du désir qui se plante de chemin

Avec toi, je suis femme
Sans toi, je redeviens cet autre
Ce semblant qui se faufile
Pour ne pas attirer les regards
Ce quelque chose qui manque d’audace
Cette plaie que je suis seule à pouvoir nettoyer
Si je mets le doigt dessus elle me faut mal
Elle brûle, elle suinte, elle ne sait plus de quelle vie elle est
Ni à quel espace elle appartient

Je la sais là et je la laisse
Un miracle suffirait à la faire disparaitre
Pour combien de temps ?
Combien de larmes ?
Combien d’émotions serrées là
Entre le cou et le cœur
Entre ce que je tente de dire
Avant de repartir sans m’en être occupée

Ca attendra
Tant d’autres choses attendent
Tant d’autres priorités
Je n’en suis pas une pour moi-même
Je serai même la dernière option

Alors la blessure demeure
Profonde plaie qui s’agace de mon manque
Qui ne sait plus comment se faire entendre
Mais se plie à mes exigences

Son heure viendra
On ne peut pas reculer indéfiniment
Sans commettre de dégâts

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture Semaine 7

A l’abri des regards
Se laisser choir
Présent, passé, espoir
Habiller de grâce, l’espace
Aube nouvelle, nouvelle audace
Liberté des contrastes
Tempo naturel
Etreinte intemporelle

***

Hurle
Un, deux, trois
Respiration
Lutte
Un, deux, trois
Baiser papillon
Esquive
Réagis
Ligne d’horizon à portée de déraison
Union privilégiée des entités dépareillées

***

Illusion d’optique
Marques sur le sol
Mirage
Abime
Restent les
Courbes, merveilleusement
Elaborées
Sens, essence
Cou, divinement
Immortalisé
Beauté
Librement
Esquissée

***

Colle ton front au rideau du ciel
On marchera sur les nuages
Libérés de nos chaînes
Ivres de lumière
Mirages tournoyants
Arabesques fantastiques
Courants, contre-courants
Ondulations initiatiques
Noyés dans la douce valse du temps

Retrouvez les autres participations ici: Chez Sweet Things, Acrobatie de lettres chez Mébul, Asphaltus, Asphaltos et En forme de colimaçon chez Josée. Merci à vous deux, l’exercice n’est pas évident mais vous avez fait des merveilles et rajouter quelques “contraintes” supplémentaires, tout en vous amusant!

Pour la semaine prochaine (#8), dernière sur le thème de la poésie, on va aller explorer quelques rimes. Rimes continues, comme son nom l’indique, les vers ont tous le même son à la finale (AAAA) , Rimes plates ou suivies (AABB), Rimes croisées (ABAB) ou Rimes embrassées (ABBA). Je vous laisse le choix, vous pouvez aussi écrire un poème en les mélangeant ou écrire plusieurs poèmes. Le thème: Changement (cycles – saisons – marées – mouvement…)

Au plaisir de vous lire. Belle journée!