Aux victimes de violences psychologiques…

Partir

Partir sans se retourner

Arrêter de trouver des excuses

Arrêter de penser que l’autre va changer

S’extraire de la peur avant qu’elle nous foudroie

Avant que le pire n’arrive et nous noie

Partir

Mais j’oublie

Il faut savoir dire “oui” au vide

Dire “non” à la folie

Nos esprits lobotomisés ne peuvent plus réfléchir

Nos corps ne peuvent plus réagir

Nos cœurs ne peuvent plus nous guider

Loin de la prison dans laquelle nous nous sommes recroquevillés

En attendant que cessent les hostilités

Partir

Le choix le plus délicat

L’acte le plus courageux qui soit

Partir ou fuir

Sans laisser d’adresse

Sans croire aux promesses

Sans se retourner

Quand l’instinct de survie nous murmure

Qu’il faut y aller

S’échapper

Sans douter

Ne minimisez jamais ce qu’endurent les victimes de violence psychologique, au sein de leur foyer, au travail, dans leurs relations amicales. Ne pensez par que partir / mettre un terme à une relation toxique est un acte simple et sans danger. Ne pensez pas qu’un peu de “bonne volonté” peut venir à bout de l’emprise. Ne jugez pas. Écoutez, tendez la main, soyez présents et laissez chacun / chacune se reconstruire à son rythme, en son temps.

Face à la haine, je choisis l’amour

Face à la violence

Aux matins au gout amer

Face au chagrin

Aux tragédies qui nous glacent le sang

Face à la colère

Aux adieux silencieux

Face à l’innommable

L’insoutenable

L’enfance foudroyée

L’adolescence décimée

Face aux bombes qui explosent

Aux hommes qui tombent

Face à l’indicible

A l’agonie

A la peur sombre qui nous foudroie

Face à ce qui détruit

En un claquement de doigts

Face à la haine

Qui gangrène la société

Face aux armes qui fauchent

L’innocence, l’insouciance

Face à tout ce qui nous dépasse

Aux ténèbres qui nous pourchassent

Je choisis L’AMOUR

Sa puissance

Son authenticité

Son cœur qui bat

Je choisis D’AIMER

Envers et contre tout

De le dire

De le crier sur tous les toits

Je choisis LA VIE

Faillible et pourtant

Merveilleuse par moments

Je choisis la LUMIERE

Son énergie

Sa clarté vivifiante

Je choisis de RESISTER

Et quand tout vacille

Je PRIE

Pour Manchester

Pour les victimes et leurs familles

Pour la vie fauchée et une ville à tout jamais blessée

Crédit Image

Une (autre) minute de silence

Une minute face à l’obscurité

Des minutes qui s’enchaînent

Flot d’amour insensé

Des images sur nos écrans

Un regard vers le passé

L’obscurantisme et ses idées

Démodées

Les enfants plaisantent

Apprentis philosophes

Leurs voix s’élèvent

Au creux du jour naissant

Des âmes s’envolent

Des rêves s’éteignent

Larmes partagées

Ambitions poignardées

Quelques gouttes de haine

Font vaciller le monde

L’histoire se répète

Sans cesse

La folie des hommes

Une question en suspens

Sur nos lèvres

Interdites

Une minute

Prière à l’unisson

Silence contre trahison

Faire face

Ensemble

A tout ce qui nous dépasse

Corps à corps

Cœur contre cœur

Les yeux tournés

Vers un avenir meilleur

Extrait de Ils avaient un prénom Livre disponible sur TBE (Bénéfices versés à l’association IMAD pour la Jeunesse & la Paix)

Une histoire de peau

Nos peaux mêlées sur le calendrier

Des années, du temps qui passe

Couleur, texture, infrastructure

La tienne, si robuste

La mienne, si tendre

La sienne, éphémère

On y décèle les vaisseaux

Transportant nos sangs mélangés

Quelques battements de cils

Une histoire de cœurs qui chavirent

Et de notre peau qui se déchire

A mesure que tes « je t’aime »

Se transforment en haine

Une histoire de peau

Qui tourne mal

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Merci à tous pour vos commentaires sur mon article “manuscrit inachevé“. Vos réflexions, idées, partages m’ont aidé à y voir plus clair. Je vais en poursuivre et en terminer l’écriture, non pas pour évacuer (car tout est digéré) mais pour que mon témoignage puisse servir à d’autres, les aider, les soutenir.

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Un toit: Luxe ou Droit?

Matin blanc

Réalité glaçante

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Sur le trottoir

Corps emmitouflés

A peine regardés

Ils sont des centaines

D’ombres

A peupler

Les rues de nos villes

*

Cartons dépliés

Sac de couchages

Défraîchis

Alignés sur la chaussée

Rien ne dépasse

Le regard passe

*

La question n’était plus

La question revient

Un peu de froid plus froid

Poser des questions

Se donner bonne conscience

Trouver des solutions

A la vague mortelle

Qui s’abat

*

Faut-il le froid terrible

Pour s’inquiéter

De ceux qui luttent

A longueur de journée

Déambulent

Ames solitaires

Titubent

Du trop plein

Du trop peu

Du presque rien

Quémandent

Quelques pièces

Un sourire

Un regard

Cherchent

Un nouveau toit

Pour un énième soir

Travaillent

Salaire dérisoire

Horaires aléatoires

Perdent chaque jour

Un peu de dignité

Un peu d’humanité

*

Faut-il la glace

Pour qu’on s’intéresse

Aux cages d’escaliers

Réquisitionnées

A la violence

Démesurée

A la vie qui bascule

A l’oubli qui insulte

*

Depuis quand un toit

Est un luxe

Et non plus un Droit ?

Merci à Aileza pour son superbe article “coup de poing” qui m’a inspiré ce poème.

Crédit photo – Olivier Morin AFP

Un an déjà – En mémoire…

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Nos toujours

Extrait du recueil de poèmes “Ils avaient un prénom

Je ne voulais pas y aller

Tu étais fatigué

Un mal de tête

Une journée qui avait mal débuté

Nous nous sommes endormis tôt

Dans les bras l’un de l’autre

Aurore nous pardonnerait

Cette absence injustifiée

Le matin s’est glissé par la fenêtre

Il nous a réveillés

Un beau ciel bleu

Nous prédisait une agréable journée

Quelques scones bien chauds

Le dos contre l’oreiller

Ta main sur mon épaule

Pour me rappeler

Qu’on est bien tous les deux

A contempler la vie

A l’aimer même si…

Aurore n’a pas appelé

Tu as voulu attendre

On se remet doucement

D’une soirée agitée

Souvenirs délicieux

De nos tendres années

Nous vivions sur un nuage

Enveloppés de sérénité

Quand ton téléphone allumé

Nous a projetés en pleine réalité

Des dizaines d’appels

Certains du monde entier

Des voix qui s’élèvent

Pour s’assurer

Que nous allons bien

Que nous sommes vivants

Des messages inquiétés de nos parents

Des SMS inquiétants

J’ai voulu appelé Aurore

Tu t’es jeté sur la télé

Au bout du fil un silence de mort

Et l’écran noir ensanglanté

Aurore est partie

La première balle d’une longue lignée

Son corps emporté sur la chaussée

Ses grands yeux bleus

Ont décroché

J’ai posé des yeux graves sur le ciel de Paris

En cette journée d’apocalypse

Tu m’as regardé

Maudire la terre entière

Sans broncher

A la nuit tombée

J’ai regagné tes bras

Sans l’ombre d’un frisson

Tu les as serrés autour de moi

Etreinte rassurante

Sur fond d’horreur ahurissante

Mon cœur tourmenté

A trouvé un semblant de sérénité

Au creux de nos toujours

Nos instants

Regard plongé dans l’obscurité

De la chambre à coucher

La nuit dessine des ombres sur le lit

A côté tu sombres dans les bras

De Morphée

Regard plongé sur la courbe fine

De ton petit corps fragile

Et compter les secondes entre

Chaque respiration

Me fait prendre conscience

Du temps qui passe

Un grand lit désormais

A pris la place

De ton berceau de nouveau-né

Petit écrin de satin

Blanc parsemé de pépites dorées

Regard plongé dans l’encrier

Du temps vague qui déferle

Sur nos vies

Avec fracas pleine de folie joyeuse

Et de joie scandaleuse

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Dans tes éclats de rire

Retrouver encore

Le tremblement subtil

De toutes tes premières fois

Me revoir jeune maman

Savourant l’instant

Perdre contact avec la terre

Pour te retrouver hurlant

Au coin des cauchemars qui

Chahutent mes nuits

Regard plongé dans les photos

Qui viennent nous rappeler

Combien il a compté

Ce moment magique

Où peau contre peau

Nous nous sommes apprivoisés

Deux cœurs battant à l’unisson

Sur un même refrain

Une nouvelle chanson

Pour danser main dans la main ou

Bercer tes nouveaux chagrins

Regard plongé dans le présent

Quelques craintes et quelques doutes

Certains pour le quotidien

D’autres pour la route

Et ses virages, ses descentes

Infernales, ses paysages majestueux

Ses matins sans planning

Que nous faisons durer

Pour le plaisir

Et ses soirées trop courtes

Qui nous laissent sur notre faim

Regard plongé dans le tien

Qui me fait oublier

Combien parfois j’ai envie

De filer à l’anglaise

A moitié à l’aise

Dans mes baskets de grande

De maman de tous les instants

Dépassée par les évènements

Qui me rappelle

La chance que j’ai de te regarder

Grandir en bonne santé

T’opposer vigoureusement

Vivre passionnément

Mes deux pieds ancrés

Sur le sol ferme

De ma terre natale le cœur

Bien accroché

Et au fond de moi

Savourer cet amour

Qui n’en finit pas…

Source Image

Derrière nos sourires

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Derrière nos sourires

Nos vies parfois instables

Se balancent en équilibre

Sur la table

Miettes de pain et café au lait

Se chamaillent de bon matin

Sourire fané

Tasse déposée

Sur le comptoir

Du bar en face

Le bureau nous appelle

Fidèle à nous-mêmes

D’humeur égale

Nous scrutons la toile

Des jours

Qui passent

De nos émotions

Qui nous dépassent

Derrière nos sourires

Nos vies si semblables

Et si différentes

Nos nuits

Souvent très courtes

Ou enivrantes

Un jour après l’autre

Poser nos maux

Sur la table

En fer forgé

Biscottes et chocolat

A peine consommés

Laisser les mots

Nous libérer

Et danser

En équilibre

Sur le fil

De nos destins

Croisés

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La fragilité de nos vies

Nos corps se croisent

Se désirent

Nos mains se cherchent

Se posent

L’une sur l’autre

Nos regards accrochent

Se devinent

Nos peaux se laissent toucher

Se combinent

Nos poitrines s’embrassent

Se fondent l’une dans l’autre

Nos lèvres se croquent

Nos langues se cherchent

Chahutent

Nos pieds se frôlent

Nus, repus

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Nos nuits d’amour s’étendent

A l’infini

Antidote miraculeux

Pour oublier

La fragilité de nos vies