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Je m’estime et je dis “stop”…

Je n’écoute plus. Je ne t’écoute plus.

Dans quelques minutes je vais raccrocher. Tu déverseras ton venin dans le vide. Je n’en veux plus.

Je sens que je rentre dans une nouvelle phase.

Il y a eu le premier cap, la petite musique dans ma tête qui tantôt disait « ne lui fais pas confiance », puis « donne lui une chance. »

Je faisais taire l’une, sans grande conviction, et croyait dur comme fer à l’autre.

Ne plus te faire confiance c’était comme accepter ma faiblesse d’avoir cru en toi et accepter que dorénavant nous n’avions plus aucune chance de garder le contact, en toute intelligence, pour notre enfant.

Un jour, j’ai compris. Ne plus te faire confiance, loin d’être un acte négatif, devenait un acte conscient, une manière de nous protéger, lui et moi, de ton emprise, de ton égoïsme, de ta manipulation.

Le deuxième cap est là, à portée  de main. Le jugement de divorce doit y être pour quelque chose. A moins que ce soit moi qui ai décidé qu’il était grand temps de dire stop.

Oui stop à tes mots qui vont trop loin. Stop à tes jugements sans fondement. Stop à ta manière de me hurler dessus quand ce que je fais ou dis ne te convient pas. Stop à tes menaces toutes aussi fausses les unes que les autres, énoncées dans le seul but de me foutre la trouille et de me faire plier. Stop à cette manière dont tu as de me parler, avec dégoût. Stop à ta mine de chien battu, qui veut me faire croire que tu es au fond du trou. Stop à ton mépris.

Je vaux mieux que ça. Je m’estime davantage pour ne plus penser que je mérite tout ça ou à défaut n’ai d’autre choix que celui d’encaisser sans broncher, sous peine de te mettre hors de toi.

Aujourd’hui je dis stop et je n’y pense plus.

Je vais te raccrocher au nez. C’est la seule chose que tu comprends. Tu vas certainement me maudire derrière ton écran de téléphone. Ca ne me fait ni chaud ni froid. Il y a quelque temps de ça, j’y aurais pensé pendant quelques heures, me remettant en cause, essayant de saisir le moment où tout avait basculé. Maintenant, j’oublie aussi vite. Tes sautes d’humeur ne me font plus d’effet.

C’est dans ces instants là que je me rends compte du chemin que j’ai parcouru et que je me félicite pour ces limites que j’arrive à poser, en toute sérénité…

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Dis papa, pourquoi t’es pas à la maison?

Dis papa, pourquoi je te voyais, deux fois par mois, deux heures toutes les deux semaines ? Pourquoi je te voyais dans un endroit fermé ? Pourquoi on n’avait pas le droit de sortir tous les deux, d’aller au parc ? C’était juste en face de la rue.

Dis papa, pourquoi je ne te vois plus ? Maman parle de papiers. Au début tu disais qu’ils arrivaient, que c’était une question de jours. Les jours se sont transformés en semaines, les semaines en mois. Dans quelques mois à peine, ça fera une année. Tu te rends compte papa.

Dis papa, pourquoi tu ne m’appelles jamais par mon prénom ? Habibi c’est joli. Mais mon prénom à moi aussi. Pourquoi tu dis « lui » quand tu parles de moi à maman ?

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Dis papa, pourquoi tu veux toujours que j’ai besoin de quelque chose ? Tu sais, je suis gâté, j’ai tout ce qu’il me faut pour vivre bien. Et si tu veux vraiment savoir, ce que je veux, ça ne s’achète pas. Je ne sais pas si tu es prêt à l’entendre. Tu peux bien me construite un bateau, quel usage vais-je en faire ? Quand je serais grand, il sera trop tard pour m’offrir ce dont j’ai besoin aujourd’hui.

Dis papa, pourquoi tu es le dernier à m’avoir souhaité mon anniversaire, un jour en retard, en plus? Pourquoi tu n’as pas envoyé même un petit message ? Cette année je n’ai pas de carte de toi. Alors même que j’ai reçu plein d’amour de la part des amies de maman, même de la part de dames dont je ne connais que les prénoms mais qui ont pensé fort à moi ?

Dis papa, pourquoi tu es loin ? Pourquoi tu parais toujours aussi absent quand on se parle le dimanche soir par Skype ? Pourquoi tu ne comprends pas ce que je dis ? Pourquoi tu ne me parles pas ? Pourquoi tu répètes à l’infini, comme sur un disque rayé « tu me manques, je t’aime » ? Maman me dit que tu ne connais que ces mots-là. J’aurai préféré que tu en apprennes d’autres, de ceux qu’on utilise tous les jours, de ceux qui disent « comment ça va ? », « quel est ton jeu préféré ? » ou bien « bonjour » ou « bonne nuit mon petit trésor ».

Tu en as du chemin à faire papa. Pour que toi et moi, nous apprenions à nous connaître. Es-tu seulement prêt à le faire?

Je ne sais pas. Juste un conseil: réveille-toi papa !

Crédit Photo – Today Magazine

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J’ai testé pour vous – Les visites familiales médiatisées

Vous avez toutes plus ou moins suivies mes déboires en matière de divorce et droits de visite. Pour faire court, Tonio la Fouinette voit désormais son papa en centre médiatisé fermé, à raison de deux fois par mois, sur décision du Juge aux Affaires Familiales.

La première rencontre a eu lieu le 07 Juin. La première rencontre ne dure que 1h30. C’est une façon de préparer l’enfant et le parent visiteur pour la suite. Les autres rencontres durent 2h00.

C’est très simple. Je dépose mon petit loup avec Mister Lapin (son doudou) à 16h15 précises. J’ai eu le malheur d’arriver avec 3 minutes d’avance cette semaine et je me suis fait moucher. Lui et moi, nous attendons, avec d’autres parents et enfants (beaucoup plus de mamans que de papas d’ailleurs) dans une petite salle. Une fois que le parent visiteur est arrivé, la personne en charge des visites vient nous chercher et amène ma Fouinette à son papa.

Ma psy avait eu beau me rassurer, j’ai vraiment eu l’impression de déposer un colis. Et encore plus de revenir chercher un colis. Ces visites sont vraiment un moyen de rétablir ou d’établir (dans notre cas, puisqu’en 16 mois, Tonio la Fouinette n’avait vu son papa qu’une seule fois) le lien parent/enfant. Mais aucun rapport ne nous est fait à l’issu de la visite. On ne sait jamais si la rencontre s’est bien passée ou non.

La première fois, tout le monde était très sympathique. Tonio la Fouinette avait un peu pleuré mais sans plus. Quand j’étais venue le rechercher, une jeune femme m’avait aidée à caser tous les sacs apportés par Roger dans la poussette. Et mon petit homme avait le sourire aux lèvres. Il a scandé « daddy » pendant plus de 8 jours.

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Samedi, c’était déjà plus froid comme ambiance. La personne en charge (pas psychologue pour deux sous, même si ce mot est contenu dans son intitulé de poste !) était à peine aimable. En descendant Tonio la Fouinette de sa poussette, j’avais l’impression que chacun de mes gestes était analysé sous toutes les coutures. Tonio la Fouinette a beaucoup plus pleuré que la première fois, alors même que moi, j’étais beaucoup plus décontractée. La charmante psychologue m’a quand même demandé si Monsieur n’avait pas une tétine (il n’en a pas et je crois qu’il ne s’en porte pas plus mal. Et quand il pleure, et bien ou il suce son pouce, ou il mâchouille son lapin ou encore il se blottit dans mes bras pour un petit câlin).

Quand je suis revenue le chercher, j’ai bien attendu 18h15 pour me pointer devant la porte. Ce qui fait que j’ai eu la chance de l’entendre pleurer pendant 15 minutes. La charmante psychologue n’a pas manqué de me redemander « mais il n’a pas de tétine votre fils? ». J’en ai conclu qu’il avait dû pas mal pleurer. Je n’ai pas fait de commentaire et j’ai essayé tant bien que mal de caser tous les paquets apportés par Roger dans ma petite poussette, toute en tentant de calmer les sanglots de mon petit homme. Cette fois-ci, personne ne m’a aidée. Et je me suis retrouvée avec Tonio la Fouinette dans les bras, la poussette chargée à bloc dans une main, et un sac Franprix, contenant des Perruches dans une cage bleue (quelle idée, ces Perruches !!)

Les visites en centre médiatisé sont programmées pour un an, renouvelable sur demande des parents, sur avis des psychologues en charge ou sur désion du Juge. Pour le moment, nous avons un agenda jusqu’en mai 2015. Chaque chose en son temps.

Et vous (si vous êtes divorcés bien entendu, ou enfants de parents de divorcés), ça se passe ou ça se passait comment les visites ?

Crédit Photo – Pinterest Barbara Winkelhuyzen

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Derrière l’homme, le papa

Etre maman n’est pas un rôle aisé, surtout lorsque l’homme aimé a trahi notre confiance ou a fait voler en éclats nos certitudes, nos rêves d’enfants. Il n’est pas toujours facile de faire la part des choses, de voir le papa derrière l’ancien compagnon ou époux.

Et pourtant nous sommes nombreuses à faire des efforts, à sacrifier notre bien-être, à tirer un trait sur les fautes de l’autre, pour que nos enfants soient heureux. Nous ne faisons pas forcément les bons choix. Nous essayons d’être justes, en étant tout de même maladroits.

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Après un e-mail assassin, comme tous ceux qu’il m’envoie depuis la séparation, il a fait la démarche. L’espace de rencontre a téléphoné pour prendre rendez-vous avec moi. Dans quelques mois mon petit homme pourra voir et connaître son papa, entre les 4 murs d’un centre médiatisé.

Je suis partagée. J’ai voulu ce rattachement, j’ai choisi de ne pas éloigner le papa de Boubou de sa vie. Mais je ne peux pas cacher que j’ai peur, que les 3 heures de rencontre deux fois par mois me glacent le sang. Quoi qu’il arrive, quoique je fasse pour ne plus y penser, chaque tentative de lui me ramène des années en arrière et me ramène inévitablement à ce soir de Novembre.

Je peux pardonner. Je peux passer l’éponge. Mais je ne peux pas oublier. Les mots, les menaces, les gestes me collent à la peau. Pourtant je fais tout pour m’en défaire, pour exorciser mes vieux démons, pour avancer, pour être heureuse.

Nous ne sommes pas en guerre. Nous ne sommes pas en paix. Ni amis. Ni ennemis. L’indifférence a remplacé la tendresse que j’avais pour lui. Je sais, c’est triste. Mais nul n’est vraiment maître de ses sentiments.

L’indifférence vaut mieux pour moi. L’emprise était telle qu’il avait fait de moi un être vide, sans souffle, perdu sans lui, perdu au milieu du monde fou.

Quand l’angoisse m’envahit, quand le doute s’empare de moi, je regarde mon enfant et je prends sur moi. Je prie pour que rien ne lui arrive. Je prie beaucoup d’ailleurs. Et je fais confiance à la vie.

Si vous êtes séparés, comment vivez-vous les visites chez le papa (ou la maman dans certains cas) ?