Les États d’Esprit du Vendredi 20.03.2020

@MK

Je me suis demandée encore une fois si j’allais publier mes états d’esprit, tellement cette journée à été riche d’émotions variées et compliquées à gérer. Let’s go, avec une pensée  amicale pour les fondateurs de ce rendez-vous incontournable! (Zenopia et The Postman – j’espère qu’ils vont bien et vous aussi).

Début [22h15]

Photo: création libre
Fatigue :  je me sens non pas épuisée mais vidée…
Humeur : montagnes russes, 1 minute au top, celle d’après au plus bas
Estomac: pommes de terre, petits pois, poisson, faisselle et tisane
Esprit: embrouillé, perdu
Cond. phys. :  1h30 de marche lundi et 1 séance de yoga
Projet/Boulot: télétravail
Culture:
Livres:   Les naufragés hurleurs de Christian Carayon – Tombée du Nid de Clotilde Noël
Penser à: remplir mon réservoir personnel
Avis perso (1): on nous dit tout et son contraire
Avis perso (2): on dirait que beaucoup ne comprennent pas la notion d'”achats de première nécessité”!
Avis perso (3): les gens qui applaudissent le soir, un beau moment de communion!
Avis perso (4): au moins ce confinement aura appris à mon fils que les mamans aussi ça pleure parfois…

Message perso (1) portez vous bien! (2) je suis contente que tout se passe bien (3) tu me manques (4) je crois que personne ne peut vraiment me rassurer…

Loulou: comme tous les enfants j’imagine, a envie de sortir, ne comprend pas pourquoi on ne parle que de Corona, écoute Céline Dion, fait son travail avec le sourire 1 jour sur 2!
Amitiés : mails, sms, appels
Love : en famille, loin, à l’écoute, attentif
Sorties : la bonne blague! Pour les courses au moins, et descendre les poubelles!
Essentiel: penser un peu plus à moi, me compter comme une personne à part entière de la famille
Courses: faites ce matin
Envie de: statuer rapidement sur mon grand questionnement du moment…
Zic: Céline Dion du coup!

J’espère que tout se passe bien chez vous et pour vous. Des bises et profitez du soleil (il suffit juste d’ouvrir les fenêtres!)

Fin [22h41]

Les Etats d’Esprit du Samedi 14.03.2020

Mieux vaut tard… C’est parti pour mes états d’esprit (bizarroïdes), avec une pensée  amicale pour les fondateurs de ce rendez-vous incontournable! (Zenopia et The Postman – j’espère qu’ils vont bien et vous aussi).

Début [08h06]

Photo:
Fatigue :  un peu, je dors bien
Humeur : bonne
Estomac: en attente
Esprit: en mode organisation
Cond. phys. : à part un peu de marche rien – il va falloir trouver des idées!
Projet/Boulot: weekend de formation annulé – 1j sur 2 de télétravail et voir comment ça va évoluer
Culture:
Livres:   The limits of enchantement de Graham JoyceLes naufragés hurleurs
Films/Série: La gloire de mon père – Capitaine Marleau – Les Enfoirés

Penser à: me protéger
Avis perso (1): les parents qui foncent inscrire leur enfant au CNED dès l’annonce de la fermeture des écoles, ça me fait rire. Ils sont en CP pas en prépa!!
Avis perso (2): aimer un enfant c’est aussi poser des limites, se respecter et c’est pas facile
Avis perso (3): les élections, une bonne idée vraiment??
Avis perso (4): en voulant bien faire parfois on fait mal (d’où l’importance de de se remettre en question)

Message perso (1) une très bonne (excellente même) idée! (2) prenez soin de vous (3) contente que tu ai appris plein de choses utiles (4) merci pour ton écoute et tes conseils (même si pas simple au quotidien)

Loulou: pose plein de questions, mi ange- mi tyran par moments, triste de ne plus voir ses copains, doit apprendre le sens du mot “efforts”
Amitiés : cartes, mails
Love : passionné, à l’écoute, s’interroge
Sorties : tout est annulé – on limite, à part courses, marché et parc, chez mes parents pour l’anniversaire de mon père
Essentiel: voir le côté positif des choses
Courses: plus que nécessaire, on a un frigo vide…
Envie de: réussir à poser les limites dans ma vie perso
Zic: Ferrat 7 jour sur 7 (loulou est passionné) alors je partage…

Fin [08h28]

Grosses bises à tous, portez-vous bien surtout.

Au temps du trop…

@MarieK

Trop
Trop d’idées
Trop de pensées
Trop d’information
Trop de mots
Trop de tout. Je m’y perds.

Comment font les autres dans ce trop plein constant? Comment entendent-ils leur voix? Comment font-ils leurs choix? Comment saisissent-ils leurs pensées? Comment savent-ils qu’elles leur appartiennent?

Trop de plein et pas assez de silence
Trop de sujets en boucle
Trop d’avis pour se faire le sien
Trop de bruit, partout, toujours
Trop d’instantané

Je veux retrouver le calme d’avant
Avant le flot incessant des choses à portée de clic
Retrouver le chemin des jours loin
Loin du chaos qui me remplit de tremblements

Plonger dans le vide
Réapprivoiser l’ennui
Ma saouler de temps qui dure
De temps que l’on prend
Sans urgence, sans violence

Comment les autres s’apprennent-ils dans ce chaos permanent? Comment se définissent-ils? Où trouvent-ils le temps pour l’introspection ou pour simplement profiter du présent? Comment identifient-ils leur ombre et leur lumière au milieu du vaste champ des opinions des uns et des autres, entre les différentes injonctions à portée de réseau?

Ce n’est que dans le moins que je retrouverais le chemin vers une vie plus harmonieuse, un quotidien plus serein, une identité plus vraie.
Un cheminement qui demande, non de se couper du monde, mais d’apprendre à vivre sans, sans cette permanente connexion au trop, sans cette communication omniprésente, sans ce surplus d’information, sans cette course à une quelconque reconnaissance, juste en me faisant confiance, en revenant au cœur, à ce qui fait sens pour moi, en m’accueillant dans ce que je suis, une et multiple à la fois.

Ce coin de bord de mer

@mk

Je me suis toujours dit, si un jour il ne reste rien, si je perds tout, il restera ici. Ici, la-bas, ce coin de terre au bord de la mer, cet endroit dans lequel tout est, dans son plus simple appareil. Ma nature a moi, mon oxygène, ce qui m’a tenu lieu de passerelle, ce qui m’a maintenu debout. La mer et l’horizon. Pas une mer bleue qui fait rêver, une mer qui sans cesse se retire, charrie la boue et se creuse, sans cesse revient sur la rive.

Il y aura toujours mes pas et ceux des autres avant, ceux qui ne sont plus et quelque part toujours habitent ces lieux. Il y aura toujours ce souffle qui réveille et le vent sur les marais.

Il y aura les yeux de mon grand-père et ses histoires farfelues, les bottereaux de ma grand-mère dégustés au petit matin avec un bol de Banania, le bain du soir dans une grande bassine verte, la chambre aux dessus-de-lits recouverts de scènes de chasse. Il y aura le rire de mon cousin, un rire chantant qui nous emmenait loin. Il y aura toujours la maison et les placards remplis de biscuits dégoulinants de bons sentiments, boudoirs, pingouins, petits beurres. Il y aura les courses le matin et le rideau multicolore du poissonnier, nos têtes dégoutées devant les abats du boucher, le petit chemin que nous empruntions pour nous y rendre, qui le temps de quelques minutes nous offrait la liberté de courir sans nous préoccuper du monde. Il y aura toujours ces souvenirs d’enfance, heureux, les compotes de pommes et les confitures de pèche, les chevreaux nourris au biberon, derrière la porte, au fond du jardin. Même si depuis, mon grand-père est mort, la maison a été vendue, les terrains transformés, si aucune rire ne résonne, ils appartiennent tous au passé. Les images restent comme autant de richesses à partager.

Ce texte est ma participation au rendez-vous proposé par Julie autour de nos souvenirs d’enfance.