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Les Etats d’Esprit du Samedi 07.05.2022

Je prends moins le temps de partager mes états d’esprits, mais aujourd’hui je reviens, avec une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Photo: Citation
Fatigue: je suis requinquée, même sans vacances!
Humeur: ensoleillée
Estomac: tartines beurre de cacahuète maison
Esprit: en pensée avec un collègue dont le bébé vient de rejoindre le ciel

Cond. phys / Bien être. : Yoga matinal, yoga nidra (une redécouverte qui me fait le plus grand bien – je vous mets un lien si vous voulez savoir de quoi je parle) trottinette, danse et marche dans Paris

Projets: Plus que 2 albums photo et je serai à jour ! 4 projets écriture en cours – je vous en parle vite…

Culture: En Corps au cinéma (une vraie pépite) – Neuf parfaits étrangers de Liane Moriarty – The Girls de Emma Cline
Penser à: aller récupérer mes nouvelles lunettes !

Les jolis moments: du temps à deux, une balade parisienne, un diner Irlandais, déjeuner entre sœurs au soleil, un dimanche avec une amie, des fleurs dans la maison, retrouver une amie dans son cocon magique!

Message perso: (1) Bravo pour ces nouveaux accompagnements qui te vont bien ! (2) J’espère que le prochain atelier d’écriture vous séduira davantage (3) Des pensées pour les jours brumeux (4) merci pour chaque minute passée ensemble de cette semaine !

Loulou: profite au maximum de ses vacances, pourrait passer ses journées au poney, compte les heures qu’il lui reste au bord de la mer
Amitiés : billets pris pour les longs weekend et grandes vacances, en vrai et par mail/messages aussi
Love : du temps ensemble cette semaine et ça fait du bien !

Sorties : balade et quelques courses pour moi
Essentiel: se souvenir qu’il y a des gens touchés par de vrais drames
Courses: marché et quelques plaisirs pour moi !
Envie de: profiter de la vie, tout simplement
Zic: Polo & Pan

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Ce en quoi je crois…

“Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants.” Marcel Pagnol

Qu’on le veuille ou non, ainsi va la vie. Mais faut-il la voir comme un combat, une suite effrayante de choix impossibles, une série d’épreuves redoutables? Je ne juge pas ce regard, je me pose juste des questions.

Je pense que nous pouvons choisir, que nous pouvons profiter des joies, les emmagasiner pour qu’elles puissent faire le poids face à ce qu’il nous faudra endurer, un jour ou l’autre. Parfois certains destins s’acharnent c’est vrai mais j’ai vu des femmes et des hommes surmonter le pire, alors… Tout est selon moi possible.

Je veux choisir de voir le beau dans la folie, l’étincelle dans la nuit, la générosité au milieu du chaos, la fraternité quand tout espoir semble perdu. Je ne veux pas de ce qu’on m’a vendu depuis que je suis en âge de comprendre, qu’il va falloir être forte, endurer, m’armer pour faire face. Je ne veux pas courir après un semblant de vie parce qu’on me dit que c’est comme ça et pas autrement.

Je reste parfois songeuse devant les partages des uns et des autres, devant la peine qui se dégage de leurs mots, devant la rage qui éclate et la peur qui se fraye un passage, devant leur façon de voir la vie comme un labyrinthe dans lequel on se perd indéfiniment.

J’ai mes heures de doute et d’envies que tout s’arrête, comme tout le monde. Puis je me rattrape aux branches de l’espérance, de l’aurore et ses reflets ambrés. Il y a toujours quelque part un élan de vie qu’il suffit de saisir pour revoir les rayons du soleil éclairer nos ténèbres.

C’est en ça que je crois. Et vous vous croyez en quoi?

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 01.04.2022

Rien de tel qu’un retour des états d’esprits pour le 1er jour d’avril, avec une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Photo: Créativité

Fatigue: je dors plutôt bien et longtemps
Humeur: tristounette (mais c’est ce qui arrive quand quelqu’un qu’on apprécie quitte ce monde…) et heureuse aussi
Estomac: pâtes, légumes, yaourt et biscottes
Esprit: serein
Cond. phys / Bien être. : yoga (une routine matinale devenue une évidence), danse (un moment hors du temps), marche sous le soleil (quand il y en avait encore)

Projets: un recueil de poésie et retravailler des textes sortis de mes anciens dossiers
Culture: La Brigade au ciné samedi dernier et un téléfilm sur les violences conjugales (oui c’est dur oui ça choque mais c’est d’utilité publique) – Dans L’allée du Sycomore de John Grisham

Penser à: le dossier pour la mise à jour du livret de famille (je n’arrive pas à me mettre dedans!!)
Les jolis moments: les sudoku avec loulou, l’histoire du soir, un déjeuner sur les quais au soleil, du temps à deux, préparer de nouveaux plats et menus, oser donner son avis sur des sujets “sensibles”
Message perso: (1) JOYEUX ANNIVERSAIRE! (2) Très heureuse de cette correspondance hors blog (3) Bon dernier voyage Paulette (4) Bonne idée ce temps du mardi soir! (5) Merci pour vos participations à mon atelier d’écriture – c’est toujours un grand plaisir de vous lire!

Loulou: commence à me lire des histoires, fan de la montre prêtée par son copain avec des jeux dessus (ça me conforte dans le fait de tenir les écrans à distance de ses yeux!), a sauté de son lit en voyant la neige ce matin (c’est vrai que c’est joli).

Amitiés : préparation des grandes vacances et par mail aussi
Love : j’écris toujours la même chose alors ❤

Sorties : musée demain et chez des amis dimanche
Essentiel: ne pas reporter à demain…
Courses: marché essentiellement
Envie de: profiter de ceux qui comptent sans tarder

Zic: Eddy de Pretto Kid

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Entre mémoire et oubli

C’est ici que je reprends des forces, dans les allées, entre les feuilles, les fleurs, la roche et le marbre. Ici, que je couche mes pensées, mes ombres et que je dépose les armes. C’est ici, dans ce temps suspendu, entre mémoire et oubli…

…que je glane des pépites de vie.

Il y en a tant entre ces rangées, tant d’histoires classées, tant de rêves qui se sont tus, tant de chemins tracés, perdus. Oui, c’est bien là, que je reprends des forces, que je me laisse emporter par toutes ces vies que je touche de loin…

…et que le stylo ou mes pensées font revivre au gré des souvenirs qui viennent, comme dans un tourbillon, qui déciment les frontières, abattent les préjugés. Dans la mort nous reprenons nos habits de lumière.

C’est ici que tout se mélange et que je retrouve comme qui dirait mes racines. Tout me parait alors possible. Les limites s’évanouissent et ne demeure que la vie comme un battement de coeur, comme la première aube du monde.

Photos Crédit@mariekleber37

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Les Etats d’Esprit du Samedi 12.03.2022

Credit@mariekleber37

La semaine a filé comme une comète! Me voilà avec vous ici aujourd’hui pour partager mes états d’esprit, avec une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Début [08:14]

Photo: Street Art

Fatigue: je fais de bonnes nuits dont au beau fixe
Humeur: généreuse
Estomac: thé en attendant le réveil de loulou
Esprit: tourmenté par ce qui se passe en Ukraine et serein pour le reste
Cond. phys / Bien être. : yoga principalement

Projets: travailler ma mémoire en apprenant des poèmes, quelques idées d’écriture à mettre en forme
Culture: Madame Doubtfire avec loulou, Wreath of deception de Mary Ellen Hugues et dans En Voiture Simone de Aurélie Valognes – besoin de légèreté en ce moment!

Penser à: le cadeau d’anniversaire pour mon père et le dossier pour la mise à jour du livret de famille…
Les jolis moments: mes amies le temps d’un weekend, déjeuners entre collègues, le soleil, faire des sudoku et des scoubidous avec Loulou
Message perso: (1) Merci pour ton mail, j’y réponds vite! (2) Très belles photos! (3) Solidarité! (4) J’ai déserté Insta mais tu es dans mes pensées toujours.

Loulou: a repris le chemin de l’école avec le sourire, fait des sudoku, se crée ses propres matchs de foot, lit Boule et Bill dans son lit

Amitiés : mails, appels, soutien en pensées
Love : photographe, voyageur, attentif et présent toujours

Sorties : celle du mois sur laquelle on ne s’étend pas et musée demain
Essentiel: Solidarité
Courses: marché essentiellement
Envie de: continuer à profiter de la vie, sans pression. Les semaines de travail chargées et l’arrêt des réseaux m’aident à ne plus réfléchir à tout et à rien et à me concentrer sur l’essentiel!

Zic: David Bowie

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 04.03.2022

Crédit Photo @mariekleber37

Et oui déjà un mois sans états d’esprit! Février file toujours un peu vite. Me voilà avec vous ici aujourd’hui, une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman), et c’est parti!

Début [14:45]

Photo: Père Lachaise

Fatigue: plutôt reposée
Humeur: Guerre et Paix
Estomac: pâtes au pesto, thé menthe
Esprit: de plus en plus léger, heureux
Cond. phys / Bien être. : défi yoga 30J avec Adrienne (Merci Isa) et marche dans Paris

Projets: j’ai finalisé mes deux albums photos pour 2020 et 2021 – prochain projet l’album des 3 ans de loulou (oui je sais j’ai du retard mais je vais le rattraper)
Culture: La Grande Familia de Camille Kouchner, Le Consentement de Vanessa Springora, Frangines de Adèle Bréau – Maison de Retraite au ciné et Jusqu’à la Garde en DVD (saisissant)

Penser à: arrêter de me justifier pour tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense!
Les jolis moments: du temps à deux, mes albums photos, écrire, faire du vide, le soleil, de nouveaux livres
Message perso: (1) Merci (2) Tu mérites la médaille d’or ma belle! (3) Vivement ce soir! (4) Bon cours!

Loulou: termine ses vacances, champion de poney, adore faire des exercices de maths, en a ras le bol du journal de 20H!

Amitiés : messages et en vrai, ce soir sur le quai de la gare!
Love : présent, attentif, disponible, aimant, riche d’idées en tous genres…

Sorties : entre copines!
Essentiel: Exprimer ce qu’on ressent, le bon et le moins bon
Courses: marché essentiellement
Envie de: douceur, poésie, câlins, fous-rires

Zic: Ben Mazué

Début [15:05]

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Overdose – Bis

Crédit Photo @mariekleber37

En Septembre l’année dernière j’exprimais déjà mon ras le bol sur le sujet, ICI.

Et je dois dire que depuis j’oscille entre « ça me fait du bien » et « ça m’exaspère ». Oui je n’en peux plus de toutes ces questions – pas les simples type « qui suis-je, où vais-je ? » – mais bien celles qui me demandent si « je sais dire non » ou « quelles sont mes masques, mes scénarios de vie, mes croyances limitantes », celles qui me demandent sans cesse d’aller creuser, d’aller piocher dans mes expériences, confronter mes peurs, nourrir mon enfant intérieur, identifier mes blessures, libérer mes émotions, nommer mes besoins, changer mes pensées.

Je n’en peux plus des injonctions de ce monde, de la colère des uns, de la folie des autres, des mots acerbes lus, entendus. Ni d’un côté, ni de l’autre, je ne me retrouve que dans cette appréciation de la beauté, dans cette illumination naïve, dans ce courant loin de tout qui s’exclue sans le vouloir, juste pour s’épargner le malaise qui inexorablement pointe son nez.

L’overdose, une fois de plus, overdose de bons sentiments dilués sous couvert d’une spiritualité sacrée, bons sentiments qui ne sont que des mirages auxquels nous tentons de nous accrocher pour suivre la foule qui scande avec foi son adhésion à la vie.
Quelle vie ?
Nous n’en avons sûrement pas la même définition.

Je suis peut-être bien arrivée au bout de cette quête qui m’a promis monts et merveilles et qui me semble bien fade à l’heure actuelle. Je suis peut-être même revenue là où j’étais il y a longtemps, avant de vouloir comprendre pourquoi j’étais là, pourquoi j’étais moi en quelque sorte. Il faut parfois des chemins de traverses pour saisir son essentiel.
Je crois que le mien est loin de tout ce qui se fait aujourd’hui. Il est peut-être même à contre-courant mais qu’importe puisque je n’ai jamais vraiment été dans le courant. Ce besoin d’appartenance c’est quand on a 15 ans. A 41, il est temps pour moi d’accepter de ne pas adhérer.
Ça ne change pas la donne mais ça a certainement le pouvoir de modifier ma façon d’être au Monde…

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Atelier d’écriture 2022 #3

Yves regarde le soleil se coucher sur le dernier soir des vacances. Plus tôt dans la journée les enfants et lui ont accompagné Alice à la gare. Louis et Léa s’amusent dans les vagues avec cette candeur qui le ravit. Pas d’horaire ce soir, il a promis. Il préparera les bagages plus tard, quand ils seront couchés, quand l’horloge marquera presque le début d’une nouvelle journée. Il imagine Alice plongée dans un bon bouquin, un de ces pavés qui la font frémir ou pousser de longs soupirs qui résonnent partout dans la maison. Leur maison, ce foyer si précieux à ses yeux, sa zone de sécurité. Il en a tant manqué dans l’enfance. Il a si souvent pataugé dans des eaux usées, accumulé les déboires comme d’autres attirent la chance.

La rente de sa mère n’a pas fait long feu. Avec sa folie des grandeurs, ses envies de bouffer le monde. Avec ses grands discours qui ne tenaient pas la route et l’alcool, un peu de poudre blanche. L’interdit bancaire a sonné le glas de cette vie qui se voulait libre, sans contrainte. Son père suicidaire a préféré l’exil, un lit blanc dans un hôpital psychiatrique. Une procession de blouses blanches comme ultime aurevoir.

Alors son foyer, c’est son repère. Et Manon, sa soupape. Manon, ses cheveux longs, la cambrure de son dos, la souplesse de ses seins. Quand il se perd en Manon, il oublie le reste, qui il est, d’où il vient, où il va. Il ne sait pas pourquoi il a besoin d’elle, autant qu’il a besoin d’Alice. Etrange cette relation triangulaire dont il est le principal centre d’intérêt. Alice ne sait pas pour Manon et Manon ne sait pas pour Alice. C’est son secret, bien à lui, le premier.

Les cris de Louis et Léa le ramènent sur la plage aux teintes crépusculaires. Il est temps pour lui d’enfiler son costume de papa poule pour cette dernière soirée de l’été.

Je vous laisse découvrir les belles participations de ce rendez-vous: Chez IsabelleMariedangele, Chez Sweet Things, Chez Sandra, Chez Josée, Chez Marinade d’histoires, Chez Captain Demoral, Chez Mijo

***

Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte à partir de la photo suivante. Au plaisir de vous lire!

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Ma plus grande peur

J’ai l’impression de le dire, le sentiment d’oser. Plus souvent, plus spontanément. Moi aussi j’ai mes peurs, sous le voile déposées, protégées. Des peurs sans grand fondement et puis d’autres.

J’aime les gens qui disent ne pas avoir de peurs, je souris. C’est tellement évident ce qui se cache derrière cette certitude. Mais je sais que faire face à ses peurs n’est pas chose aisée, qu’il faut côtoyer l’ombre au plus profond.

Oui je suis attirée par la mort, parce qu’elle fait partie intégrante de la vie, elle me fascine, elle est mystérieuse alors elle m’appelle à entrer en contact avec elle. La mort est le plus grand tremblement de l’être humain, même si nous tentons de nous rassurer en n’y prêtant pas trop attention.

Je sais que je vais perdre les gens que j’aime. Un jour. Un par un. Ma peur n’est pas liée à l’absence mais bien à cet aurevoir qui ne pourra pas toujours se faire, ce départ inattendu qui me cueillera une fois de plus au saut du lit, avec la sonnerie stridente d’un téléphone. Sans avoir pu dire un mot. Voilà ma peur, voilà ce que je tente de dompter pour ne pas l’imposer aux autres.

Alors j’essaie, de plus en plus, de dire ces mots, ceux qui brûlent les lèvres, ceux que l’on ose pas toujours ou pour lesquels on se dit que le moment n’est pas opportun. Combien sont-ils à confier “si seulement j’avais su.” J’ai manqué des départs, mes mots sont restés en suspens. Je me suis fait des promesses de ne pas laisser le temps s’échapper à nouveau.

Et vous, votre plus grand peur c’est quoi?

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Admiration

Au gré des jours de peine
Les âmes s’emmêlent
Sur la nuit, les chaînes
Dérivent dans des rêves sans ailes

Les vagues viennent et passent
Le temps à la peur
Sur la rive chassent
Leurs plus profondes terreurs

Un flot continu
D’images torturées
L’enfance abusée
Dont le rire s’est tu

Avancer sans fondations
Assez solides pour les porter
Oubliée la raison
Un seul mot : sécurité

Dans leurs yeux, pour toujours
Une lueur trahie
Un mensonge, un non-dit
Et leurs cœurs un peu lourds

Je les regarde se construire
Déplacer des montagnes
Refouler toutes leurs larmes
Accepter de détruire

Les traumatismes qui les hantent
Se relever sans relâche
L’espoir qui supplante
Les heures un peu lâches

Et sourire au milieu du chaos
Oter le voile pas à pas
Passer outre les dégâts
Et porter loin leurs idéaux

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture 2022 #2

Début du récit ICI.

Manon regarde par la fenêtre et glissent les souvenirs sur la vitre parsemée de gouttes du train. Ils caracolent dans le paysage chaotique, se regardent, se devinent, se font face comme des chevaux fougueux. Les souvenirs lui apparaissent comme des danseuses qui feraient leurs premier pas sur une piste déserte, prêtes à être examinées dans les moindres détails. Elle en prendrait bien quelques uns au hasard, histoire de voir ce qu’ils ont à lui dire. Mais elle reste stoïque, perdue avec ses “peut-être” éparpillés, invisibles à l’œil nu, ne se sentant pas le cœur à fouiller le passé, ses vertiges et ses sillages.

Quand soudain, un se décroche et vient s’asseoir à ses côtés.

Elle le regarde s’installer confortablement sur le siège inoccupé. Il fait comme chez lui, s’étire, se détend et déjà elle sent poindre la mélancolie qui l’habite. Elle ne l’a pas oublié, elle le sait. Il est son rêve le plus cher, son espoir le plus grand. Il est cette petite graine qu’elle espère, ce souffle de vie qu’elle attend. Elle sait tout de ses silences, de son absence. Il n’est qu’un songe éveillé, un souhait dans un carnet, un dessin coloré qu’elle espère voir prendre vie. Elle le griffonne, lui cherche des prénoms, invente ses mimiques. Elle se nourrit d’une magie ancestrale pour faire taire les contractions paradoxales de son ventre immensément vide.

Manon ne peut se résoudre à quitter Yves, pourtant elle le sait, si le petit “+” se présentait, il partirait…

Un grand Merci à Sandra pour sa participation touchante cette semaine!

***

Pour la semaine prochaine, nous repartons sur une liste de mots: vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente. Liste à laquelle il faudra ajouter 5 mots ayant pour terminaison – aire. A vos plumes!

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Atelier d’écriture 2022 #1

Dans cet espace insolite, Manon compte les rangées, les gens, les chaussures bleues, noires ou colorées, les sourires francs, les sourires faux, les boutons des chemises des uns, les rayures des écharpes des autres. Compter pour vaincre l’absence, pour faire taire les émotions qui la traversent depuis qu’elle a posé ses valises dans le “carré famille”, depuis qu’elle sait qu’il va falloir faire le reste du voyage avec son visage à Elle, celui de ses enfants en toile de fond, corps fondus dans le bleu Méditerranée qu’un appel paternel ramène sur le rivage. La même voix que celle du téléphone hier soir, cette voix suave qui la chavire, dans laquelle sa bulle se recompose et se décomposent ses contradictions.

Quatre heures de trajet pour rejoindre la Capitale, ses clients sincères à deux doigts de tout foutre en l’air, ses clientes rebelles qui perdent leurs moyens dès qu’on parle de partage des biens. Quand une personne entre, elle sait déjà pourquoi, son intuition ne la trahit jamais. Il y a toujours un peu d’amour perdu sous une couche assez dense de non-dits, une bonne dose de culpabilité dans leurs discours qui se veulent vaillants. Elles tentent toutes de maintenir le cap, coûte que coûte, les femmes, les hommes aussi. Pour les petits surtout, les parents un peu, pour les amis, pour le regard des autres sur leur vie ratée, ce qu’elles n’ont pas su faire fructifier. Alors même que chez les autres, ce n’est que du chiqué, rien que des branquignols qui donnent le change, avec brio.

Manon jette un coup d’oeil sur la banquette en face. Elle est toujours là. Elle investit son cercle privé sans y avoir été invitée. Manon se demande si elle sait. Pour son mari. Et elle…

Retrouvez ici les textes de Sweet Things, Sandra, Josée, Marinade d’histoires. Merci à vous 4!

***

Pour la semaine prochaine, je vous propose une citation / photo! J’espère que ça vous inspirera encore de belles lignes! Rendez-vous mardi prochain pour de nouvelles aventures!

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Vague à l’âme

Il y a parfois, en moi, en chacun de nous, ces petits vagues à l’âme, cette mélancolie douce qu’on colle dans la case “tristesse”, comme pour se dire qu’on sait ce que c’est et que ce n’est pas nous. Surtout pas. Comme si il fallait être d’une façon, sans y déroger, toujours au contrôle alors que la vie prend des allures de course de vitesse et que nous ne sommes pas forcément prêts à tenir sur la distance.

Comme si il fallait pouvoir dire “moi je suis ça” alors même qu’on est plus, qu’on est tout et son contraire, qu’on ne sait pas toujours d’ailleurs qui l’on est à chaque instant. Se nommer sans cesse pour éviter le vide. Il faut dire qu’il n’est guère facile d’accès, qu’il laisse un petit goût amer en bouche, qu’on ne sait trop comment apprécier.

La tristesse n’est pas ce fléau, cette faille qu’il faudrait pouvoir colmater à tout prix. Elle peut être ce qui nous relie aux autres. Elle peut aller avec la joie. Elle peut être amie des jours heureux. Aussi. Mais on la traite comme si, comme si elle s’échappait du monde, comme si il ne fallait pas, surtout pas, la laisser entrer.

Alors on la classe et on dit des autres qu’ils ne sont pas, qu’ils n’appartiennent pas, qu’ils ne doivent pas, qu’ils devraient faire, être. Enfin qu’ils ne sont pas de ceux qui eux embrassent le monde. Alors même que les gens mélancoliques sont peut-être ceux qui sont pleinement à la vie, dans tout ce qu’elle a de beau et de chaotique.

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 28.01.2022

Vendredi, voilà arrivée l’heure des états d’esprit! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman), qui permet à certains de continuer à écrire un peu.

La fatigue est belle et bien là, nuits agitées. Je baille toutes les 5 minutes. Vivement le weekend!
Mon humeur est plutôt bonne, j’ai été davantage dans l’action que dans l’attente cette semaine, mais clairement ça m’a demandé de l’énergie et je sens qu’en sourdine, ça bosse dur!
Mon estomac ne supporte plus les pâtes!
Dans mon esprit, certaines choses se clarifient. Aujourd’hui il est un peu embrumé par la fatigue mais plutôt positif.

Niveau condition physique et bien-être, une séance de yoga, une séance de danse (bonheur renouvelé) et de la lecture, de la peinture…

Mes cartes de vœux sont terminées et envoyées. J’ai pris un grand plaisir à les réaliser. J’ai reçu de chouettes retours! Nouveau projet: découverte de l’astrologie et du tarot.
Parlons bien, parlons culture, niveau films: rien de rien et niveau lectures: j’ai dévoré “Par la forêt” de Laura Alcoba, je me suis remise dans “Femmes qui courent avec les loups” de Clarissa Pinkola Estes et je débute “les Yeux baissés” de Tahar Ben Jelloun.

Penser à prendre soin de soi.

Un avis tout de même: ayons le courage de nos convictions§ J’ai de plus en plus de mal avec les personnes qui critiquent, crachent sur le système mais qui en profitent en même temps!

Monsieur Loulou prend plaisir à faire des progrès en lecture et en écriture, a de nouvelles chaussures, attend le weekend avec impatience, réfléchit à des cadeaux pour son anniversaire, m’a dit “maman il y a beaucoup de gens qui ont du talent et personne ne le sait, ne le reconnait!”

Les amies, en vrai ce weekend et par message le reste du temps. Love, peu de temps cette semaine mais du temps de qualité.

Niveau sorties, ce weekend!
Pour l’essentiel, s’écouter et se faire confiance
Les courses attendront le début de semaine.
Quant à mon envie, là, maintenant, c’est de trouver une ligne directrice pour mes mots et mes écrits. Je suis une fois de plus dans le flou!

Photo: Balade de quartier

Zic: Dancing in the dark

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Se rassurer en chemin

Ca évolue en toile de fond. Je lui dis que ce n’est qu’un point noir, un tout petit point, petit pois. Je lui dis pour le rassurer, essayer au moins, pour me rassurer aussi. De tout ce que j’ai vécu, c’est peut-être cette étape là la plus difficile, entendre sa souffrance, sa colère, écouter ses peurs et ne rien pouvoir y faire. Juste être là et accueillir. Juste être là et tenter à ma manière de l’apaiser. Savoir que je ne peux rien panser ni réparer.

Un petit point, de loin, pendant 6 ans. Et qui revient, qui réclame son dû, ses droits, enfin ce qu’il pense être à lui. Les années passent vite mais elles restent nombreuses, je les compte presque pour me rassurer encore un peu – je ne fais que ça, comme une amie bienveillante, une épaule qui pourrait porter mon fardeau sur une partie du chemin. Je ne fais que respirer au présent pour chasser le “et si” qui s’insinue.

Si il faut repartir au combat, j’irai bien sûr, je serai la première à défendre ses intérêts, dans les tribunaux et les cabinets d’avocat, je lâcherai la vérité sans état d’âme. Je serai celle qui ne néglige rien et qui résiste à toutes ces belles paroles qui se distillent comme un venin. Je serai dans le franc et le sans fard.

Je tente de ne pas y penser, de laisser le temps faire et défaire les pensées qui bloquent parfois encore ma respiration, je tente d’être dans le présent, ce temps là nous appartient pleinement. Et dans ce temps il n’est pas, juste un point noir quelque part. Un point comme ce qu’il est, une particule de rien.