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Attendre

A l’impatience, je suis
Tenue comme l’enfant
Tant espéré, dans le ventre
Emmitouflé, bien au chaud
Nage et nid
Douillet à souhait
Respirant l’amour
Enchanté, enchanteur.

Extrait de mon recueil de poésie – Accrocher la lumière – disponible sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi me le commander par mail.

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Essayer encore et encore

credit @mariekleber37

J’ai beaucoup de choses pas très loin, des petites choses qui touchent, qui font que le tempo n’est pas toujours aussi juste qu’on le voudrait. Des petits riens qui se bousculent et qui parfois créent un tourbillon. Enfin, des choses un peu douloureuses quand même, quelques souvenirs qui viennent me chahuter et des voix aussi qui viennent jouer avec ce que j’ai de plus fragile – cette faculté que j’ai de presque m’excuser de vivre.

Je m’excuse de tout, depuis près de 42 ans, je m’excuse de peut-être déranger, de ne pas avoir les bons mots, la bonne attitude. Je m’excuse de rire, de pleurer, d’espérer. Je m’excuse d’être un peu, un peu trop. Je m’excuse sans cesse jusqu’à disparaitre, ne pas faire de vague surtout, reprendre ma place près de la fenêtre qui donne sur la cour, rêver à ma guise, imaginer ce que ça serait si…

Je m’excuse et je repars, je fais en sorte que tout aille. Je me tais quand ça bout à l’intérieur. Je fais en sorte que la colère se noie dans un “pas si grave.” Je ne dis rien qui pourrait créer une tempête et qui me laisserait KO. Je rumine un peu et puis ça passe. Mais ça laisse des traces. Et ce sont ces traces qui reviennent en ce moment, qui me font presque que dire que j’ai 9 ans. Ces traces de l’enfance, du tableau noir, des humiliations devant la classe, traces des notes que je dissimule, du mal-être que je maquille avec un joli sourire, traces de ce qui n’a plus d’âge.

Finalement ce “sans vague” qui me pèse parfois c’est aussi ma sécurité, ma sérénité. Je me suis affirmée et ça n’a rien changé. Alors je laisse passer, filer, je me laisse le temps d’avoir quelques égratignures, de lâcher prise, de me laisser être. Je retourne à ce que je suis qui ne fera jamais l’unanimité. Mais qu’importe. Il faut que j’accepte de ne pas toujours faire les bons gestes ou les bons choix, de ne pas être si adaptée, de rire trop fort, de pleurer dans mon coin. Il faut que j’accepte que mes mots ne portent pas, pas très loin, qu’ils soient mis de côté parce qu’ils gênent peut-être, même si en soi ils ne disent rien de mal, ils expriment juste ce que je pense, sens, ressens, estime juste.

Finalement je retourne irrémédiablement à ce que je respire. La vie. En essayant de ne pas emporter une culpabilité qui ne m’appartient pas. En essayant d’être de moins en moins ce que l’on attend de moi. C’est loin d’être évident, c’est même très délicat!

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Un bon sujet d’écriture

Credit @mariekleber37

Placer quelques idées, Léonore savait faire. D’ailleurs elle le savait très bien. En société, elle excellait dans l’art de parler de tout et à tous, sans s’appesantir. Dès qu’une conversation devenait trop précise, elle s’éclipsait, prétextant un malaise quelconque, un besoin de prendre l’air. Elle détestait tous ceux qui parlaient pour ne rien dire et ceux qui ne parlaient pas. Léonore avait son public, un mix de femmes d’un certain rang et d’hommes qui la prenaient pour une déesse. Contrairement aux épouses de ces hommes, Léonore ne se dandinait pas dans des robes trop serrées, ne se divertissait pas en regardant des sitcoms Américains, ne prenait aucun plaisir aux déjeuners composés de salade et de graines, pendant lesquels on parlait mal des autres et n’appréciait aucunement les jérémiades inhérentes aux courbatures qui succédaient aux séances de sport, pour avoir un ventre plat et des fesses rebondies.

Léonore n’était pas les autres et comme sa mère le lui avait souvent répété durant des années, il fallait y voir un coup de chance du destin. Les femmes qui rentraient dans des cases ne faisaient pas de bon sujets d’écriture!

Voici mon texte pour l’atelier de Ghyslaine, avec les mots: Salade, comme, placer, quelques, écriture, courbatures, certain, faire.

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Face à sa solitude…

Au gré des mots sur l’écran, je sens la solitude qui déborde, sur le trottoir se prend le bitume froid ou brûlant. Quand le “deux” fait défaut, même mal boutiqué, même mal vécu, l’autre semble parfois la clé de voute, la seule alternative au vide que l’on sent au hasard d’un couloir, devant la table du salon, le réfrigérateur trop grand, la table autour de laquelle on ne veut surtout pas s’asseoir pour ne pas se rappeler qu’en face hier il y avait une présence, aujourd’hui plus rien.

Je ne sais pas cette solitude là, moi elle me tient, elle me soutient, elle est mon élan quand le monde autour se presse autour d’un verre en terrasse, se visite, se fête. Je ne sais pas la peur du silence dans la maison, moi il m’apaise, il me convient, il me contient. Je ne sais pas alors j’imagine, je m’approche de la peur, j’essaie de saisir le où, le quand, le “sans” devient terreur, quand face à ce qu’on ne peut nommer, on perd de sa vie jusqu’à parfois vouloir esquiver, partir d’un coup.

Ca je le comprends le trop plein de peine, la nostalgie qui brûle et empêche, la mélancolie de l’avant et les blessures qui ressurgissent quand plus rien ne semble aller dans notre sens. Ca je le sais, je me souviens de cette douleur qui étreint et le si peu qui retient. Alors face à la nuit on se demande si ça ne sera pas la dernière. Il suffirait de presque rien pour basculer.

Derrière l’écran alors, je scrute les mots et je me demande si tout va basculer. Je cherche alors ce qui pourrait, non pas remplacer l’absence, juste donner un peu de substance à la vie qui s’ennuie, pas seulement, qui se fracasse doucement. Je cherche ce qui pourrait nourrir ce qui se meurt, sans être brusque, sans trop d’optimiste, juste ce qu’il faut pour que les mots se fassent moins violents, que le coeur retrouve un peu de couleurs.

Mais je sais déjà que je ne dirai pas qu’il faut apprendre à apprivoiser la solitude, qu’elle est amie avant d’être ennemie, je n’oserai pas la langue positivo-bienveillante car la souffrance ne la tolérerait pas. Je n’irai pas disserter sur la nécessité du “face à soi” car je sais que nos personnalités ne s’imitent pas.

Je laisserai les mots d’amitié glisser sur l’ardoise des jours de pluie, de mieux aussi, quand un petit rayon vient donner envie d’y croire pour quelques heures, laissant de côté la douleur. Je leur insufflerai un brin de magie pour qu’ils atteignent leur cible en atténuant la solitude, en diminuant l’angoisse, en important un peu de plus dans le moins.

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Merci

On se sera dit “merci” une fois, dix fois, trente fois, cent fois. Jamais une fois de trop. On se le redira encore.

Merci pour les sourires et ce temps, si précieux, qui nous fait nous rencontrer avant de nous éloigner, qui nous garde quelque part entre la présence et l’absence, qui nous maintient vivants quand le monde semble se perdre. Merci pour toutes les incertitudes nouées, dénouées, les doutes interrogés, les paris pris, les mains liées, les rendez-vous qu’on voudrait voir s’éterniser.

Merci pour les choses d’une simplicité déconcertante, qui les méritent à peine – on pense – qui méritent pourtant plus et qui au contact des larmes se gonflent de la vanité d’exister.

Merci pour tous les passages à la limite, comme sur un fil, si fragile, ces instants où on a cru ne plus pouvoir, ne plus tenir, où la peur a été la plus forte, où la joie n’a pas fait le poids, entre la raison et le cœur, une troisième voie, celle d’un peut-être esquissé face à la nature défigurée. Et puis nos bras de dentelle de maux habillés jusqu’à ne plus porter que l’éclat des retrouvailles.

Des “merci” comme autant de conscience de nos chances à être, évoluer dans cet espace par nos individualités habité, dépourvues de ce qui nous tiraille ailleurs, de ce qu’il faut faire et être avec tant d’autres. Jamais ensemble. Perdus parfois par trop de questions, retrouvés par tout ce qui nous lie au-delà de ce que l’on vit.

Merci pour les parenthèses apprivoisées, saveurs aux déclinaisons infinies, qui laissent des images comme des pas sur le ponton qui sépare la terre de l’océan. Des “merci” aussi vastes que l’eau, les éléments, l’horizon, là-bas, ce qui se vit et ne se dit pas. Les mots n’auraient pas le pouvoir de décrire l’intime, le lié de nos corps, aquarelles sur le papier vivant, confondus jusqu’à ne plus pouvoir prouver si il fut un temps où nous n’étions pas amants.

Merci pour le regard qui vient toucher les blessures jusqu’à les rendre translucides, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus ce marécage potentiellement mortel, mais des nappes décorées de possibles. Pour les tremblements et les frissons, l’émerveillement d’hier intact, bercé par le tempo des notes patiemment accordées. Pour l’ordinaire devenu extra par le seul pouvoir d’une communion dont nous sommes les seuls à détenir la clé.

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Un heureux évènement

Il y a eu ce temps où l’annonce d’une grossesse, d’une naissance me laissait au bord des larmes. Je sentais comme mon cœur se déchirer. Et personne ne semblait comprendre ce cataclysme, cet impact brutal, ce vide abyssal dans lequel je plongeais tête la première.

En 2012, quand je suis rentrée en France, le cœur vide et mon ventre plein, pour me rassurer, on m’assurait que la vie n’était pas finie, que j’aurai d’autres enfants. Mais la vie est passée et mon ventre est resté vide.

J’ai mis du temps à intégrer qu’il me fallait faire le deuil de cette famille dont j’avais rêvé, de ce deuxième enfant qui ne viendrait pas, qui n’existerait jamais que dans mon esprit. Un deuil que j’ai fait seule, jour après jour, comme tant de femmes. Un deuil comme une traversé du désert, à ne pas pouvoir s’émouvoir, à travestir la vérité, à compter les années pour pouvoir se dire “trop tard”, à ne plus savoir se réjouir pour les premiers, les deuxièmes et les troisièmes…

Puis, attendre que ça passe. Ecrire, vomir l’inexistant. Faire sortir le mal. A tous prix.

Et apprendre deux naissances à deux jours d’intervalles, sentir la nouvelle se frayer un chemin, la joie se mêler à l’émerveillement, se sentir de nouveau ouverte à la vie, celle qui nous avait désertée, celle qui faisait si mal en ne faisant rien.

Réaliser que la blessure est apaisée.

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 09.09.2022

Septembre continue, le Royaume-Uni est en deuil et je reviens avec mes états d’esprit, avec bien entendu une pensée chaleureuse pour les deux fondateurs de ce rendez-vous (Zenopia et The Postman).

Photo: Prise de vue de Loulou
Fatigue: la semaine du mois qui met KO. Je dors bien mais mes nuits sont très agitées. Je fais des rêves dans tous les sens et il semble que je bouge beaucoup dans mon lit car je me réveille toujours de travers (heureusement que je dors seule!)
Humeur: beau fixe
Estomac: rôti de porc, épinards, flan de légume, compote
Esprit: en harmonie avec lui-même (c’est plutôt agréable)!

Cond. phys / Bien être. : yoga tous les matins

Projets: vous le savez mon nouveau recueil de poésie est sorti – vous le trouverez ICI et sur mon article AUSSI pour en découvrir davantage

Culture: Cherif, Le mur de l’Atlantique, “Ce genre de petites choses” de Claire Keegan et “Là où chantent les écrevisses”
Penser à: écouter et m’écouter aussi!

Les jolis moments: les déjeuners avec mes collègues, loulou qui fait le clown, un nouveau livre, le retour de la fraîcheur

Message perso: (1) Merci pour ton article partage et tes mots sur mon livre (2) J’espère que tu es bien remise (3) Merci pour vos encouragements (4) J’espère que cette semaine aura été productive

Avis perso: Ca m’interroge toujours les formations pour apprendre à communiquer en équipe, pour apprendre à communiquer tout court. On dirait qu’il y a des choses élémentaires (comme écouter l’autre, accepter qu’il ne voit pas les choses de la même façon que nous, qu’il est juste différent) qui se perdent….

Loulou: invente, fait des mélanges, rigole à tout bout de champ (ça fait du bien de le voir comme ça), adore sa maitresse, a son premier match de la saison demain
Amitiés : J’ai appris qu’une amie d’enfance s’était suicidée. C’est toujours délicat pour moi de se dire qu’on a connu des gens et qu’ils ne sont plus d’ici…
Love : en vadrouille encore et n’a pas une minute à lui

Sorties : foot demain, marché dimanche
Essentiel: être en bonne santé physique et psychique
Courses: marché principalement et des chaussures pour loulou
Envie de: douceur
Zic: Un petit aperçu du spectacle auquel nous avons assisté la semaine dernière

Et Queen pour le plaisir du coup…

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Bribes d’été – Aout 2022

Les vacances s’en sont allées. Elles furent bonnes et douces, vivantes et chaleureuses. La fin de l’année scolaire, entre le décès de ma grand-mère et un moins de juin très difficile à la maison, peuplé de crises d’opposition à répétition, m’avait mise KO. Il me fallait de nouveaux repères et faire le plein d’énergie.

Quelque chose s’est passé, de l’ordre d’un miracle peut-être, loulou a changé d’un coup d’un seul. En l’espace de 15 jours mon petit garçon s’est transformé. L’air de la mer peut-être ou une discussion coeur à coeur avec sa grand-mère qui lui a permis de mettre des mots sur une réalité qui ne lui était pas encore accessible.

Voilà, cet été nous avons profité des cousins, des amis, de la famille. Nous avons passé du temps ensemble, balades à cheval, vélo, baignade, pêche aux palourdes, découverte des marais-salants, mini-golf, concerts, glaces et marché artisanal. Loulou sait enfin nager comme un grand, grâce au soutien de ses grands-parents qui ont repris le chemin de la plage cette année, avec plus d’énergie aussi. Nous avons tous apprécié ce vent de sérénité!

Credit @mariekleber37

Cet endroit c’est mon cocon à moi, ma terre, là où je sais que je peux m’asseoir et refaire surface. Toujours. Cette année n’a pas échappé à cette règle vieille de 41 ans! J’ai même réussi à lâcher mes éternels questionnements (et pour le moment ils ne m’ont pas rattrapés!)

Ces quinze jours ont été l’occasion de finaliser le tri des affaires de ma grand-mère. J’ai passé beaucoup de temps le nez dans les photos, je me suis offert un voyage au pays des souvenirs. On a souri et ça a permis de voir qu’il y avait aussi des bons moments, avant que tout ne se brouille. C’est ce que j’ai décidé de garder.

Loulou s’est fait de nouveaux copains/copines au poney. Et très vite nous avons enchainé les soirées pizzas! On le sent dans son élément et je suis heureuse de partager cette passion avec lui. Nous avons même réussi à entrainer quelques amies en balade avec nous!

Ces vacances se sont achevées par un weekend entre filles sur Vannes. Un weekend de rires et de confidences sous le soleil et un peu de pluie. Un weekend ressourçant pour nous toutes, qui avons des vies bien chargées mais gardons cette amitié bien vivante depuis le lycée. Nous avons donc une fois de plus savouré notre chance d’être réunies.

Et la rentrée est arrivée. Et nous étions remplis d’énergie et de paix pour reprendre le cours de notre quotidien.

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Les Etats d’Esprits du Vendredi 02.09.2022

Le début d’un nouveau mois et une nouvelle participation aux états d’esprit (après 2 mois d’absence) avec une pensée chaleureuse toujours pour les deux fondateurs de ce rendez-vous (Zenopia et The Postman).

Photo: cet été…
Fatigue: je dors bien mais avec la reprise de tout, je sens qu’il faut que je continue à me coucher tôt
Humeur: le retour des vagues!
Estomac: boulgour, poulet, légumes et ananas
Esprit: focus

Cond. phys / Bien être. : yoga tous les matins

Projets: je vous en parle la semaine prochaine!

Culture: Cherif, About December de Donal Ryan
Penser à: lâcher du lest sur les attentes de chacun

Les jolis moments: diner en amoureux, Paris by night, retrouver loulou, déjeuners en terrasse

Message perso: (1) Bonnes vacances, l’endroit a l’air très sympa! (2) Bon weekend avant un nouveau voyage! (3) Merci pour la délicieuse soirée (4) Pas trop fatiguée par la reprise?

Avis perso: certains matins sont pourris, c’est juste la vie…

Loulou: a repris le chemin de l’école avec le sourire, est content de sa classe, change tellement vite
Amitiés : ai fait le plein pendant les vacances
Love : enfin un peu de temps ensemble 💙

Sorties : pique-nique familial, marché et spectacle dimanche
Essentiel: prendre du recul
Courses: marché principalement
Envie de: douceur
Zic: XXL de Mylène Farmer

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Cinq temps de nous

Il y a eu le temps des jours comptés
Comme si ils allaient s’évanouir
Comme si toi ça ne pouvait pas exister
Entre tes fantômes et les miens
Et puis cette fusion si singulière
Est-ce que c’était seulement vrai ?

Il fallait que je te touche pour en être certaine
Il me fallait le frôlement de ta main sur ma peau
Cette impression d’être à nouveau
D’être ce corps en état de guérison
Corps de femme abandonné à ton corps

Puis le temps passion, passionné
Temps de sueur et de mots posés
Ici et ailleurs pour ancrer cette réalité
De nous deux dans un nouveau paysage
Temps d’insouciance, si léger
Qui me portait, m’emportait là
Où je n’avais jamais osé m’aventurer

Avant que le chaos nous prenne
Et que la distance nous freine
Ramène les blessures sur le quai
Surchargé jusqu’à la nausée
Jusqu’aux questions, aux doutes
Toutes ces peurs que j’avais cru enterrées
Pour toujours et qui venaient menacer
Mon équilibre, le nôtre, celui des instants
Partagés et d’un coup interdits

Rien n’avait changé, tu y croyais tellement
Que j’y ai cru aussi
Juste le temps de retrouver la chaleur de nos étreintes
Mais déjà on se disait moins
On s’écrivait moins
Est-ce qu’on s’aimait encore ?
La passion avait cédé la place à quelque chose d’incertain
Moi, je ne savais rien de ce temps là
L’amour n’avait jamais atteint le 3e été
Je ne savais que le déclin, le silence
Et je l’ai fait mien pour me protéger
Au cas où tu aurais eu l’idée, comme les autres
De t’évanouir dans un moment de lucidité

Les creux de vague me semblent loin
Pourtant j’ai cru y rester
Pourtant tu n’y étais pour rien
Juste la vie et tant de besoins puérils
Toutes ces émotions inavouées
Par crainte de me réveiller un matin, sans toi
Et puis, se remettre à se dire
Pour ne pas passer à côté
Décider d’une autre suite à notre histoire
Parce que quand je pense à toi
Un sourire se dessine
Mon corps entier en tremble
Et mon cœur secoue ma poitrine
Avec toi, j’avais oublié à quel point
Je suis pleinement moi

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Il m’arrive de…

Credit @mariekleber37

Il m’arrive encore de me sentir en marge de son monde. Comme un morceau de terre brinqueballé par ses propres vents contraires, un navire dont l’ancre se tient loin du port, pour ne pas effleurer les contours d’une solitude tantôt sereine, tantôt subie.

Il m’arrive de m’absenter pour me protéger, de m’en remettre à l’instant sans pensée de ce qu’il pourrait être ou faire, sans imaginaire. Et vient ce laps où le temps n’est plus la donnée d’aucune équation. Je ne suis que dans la liberté offerte par ce qui vient.

Il m’arrive de me demander ce que ça ferait si…

Et puis il est de nouveau entre deux mondes, presque à portée de voix, et mon cœur s’emballe, et mon esprit s’échauffe et mon corps entier se meut en pulsations frénétiques de désir. Je ne suis plus cette terre à moitié décrochée de la sienne. Le chaos des sentiments revient en force et il me faut retrouver le chemin, faire taire ce qui me fait encore trembler pour ne retenir que ce qui me fait toujours vibrer.

Il m’arrive de me demander comment tout cela est encore vivant, après la distance, les secousses, l’effondrement régulier de mes ressources, après les peurs et les secrets. Après les voix des autres, celles qui murmurent l’indécence et mes fêlures. Après ma propre voix/voie soumise à tant de paradoxes, qui se cherche toujours.

Il m’arrive de prier Chronos et son temps, lui demander de m’en laisser davantage, pour ne plus avoir à compter soigneusement l’attente, à soigner singulièrement la présence.

Il m’arrive de ne plus trop savoir où j’en suis ni à quoi j’aspire, de vouloir plus tout en sachant que ce n’est pas une solution viable. Mais alors je croise son regard, et je me dis que quoi qu’il m’en coute de doutes et de peurs, de remises en question, de sensation de faire tout ou presque de travers (pas comme les autres en tous cas), ‘nous’ deux ça à le mérite de m’offrir des instantanés de pure joie et de jouissance délicate.

Alors mes choix m’apparaissent soudain, non pas censés, mais justes et libérateurs.

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Rechercher le beau

Credit @mariekleber37

Le décès de ma grand-mère a fermé une page de vie, pas des moindres. Un départ prévu et prévisible, ce qui ne rend pas forcément les choses plus évidentes mais dans notre cas, nous nous étions déjà tout dit, soit à peu près rien!

Je ne peux pas écrire ces lignes sans me rappeler que fut un temps ma grand-mère était mon univers. Elle seule semblait me comprendre, savoir me conseiller, toujours m’écouter. Nous avons eu une relation très fusionnelle, si fusionnelle que pendant des années j’ai cru qu’elle ne partirait jamais, comme si elle avait été faite d’une autre étoffe que la nôtre.

C’était le cas, d’une certaine façon et je l’ai compris plus tard, quand nous nous sommes retrouvées l’une face à l’autre, et que son chagrin a envoyé valser le mien. Il y avait une hiérarchie des sentiments et ma peine n’avait pas sa place dans l’épreuve que nous vivions. Nous nous sommes alors dessoudées et la suite de cette aventure qui avait pourtant très bien commencée a été comme une chute lente et vertigineuse.

Vivre avec ses morts c’est une chose, ne chercher que le moche, faire de la souffrance son domaine de prédilection en est une autre. Le bonheur chez nous c’était tabou. D’ailleurs ce n’était pas pour nous. Quand tout allait bien, ça n’allait pas. Il lui fallait toujours insister sur la petite fissure, jouer avec les événements, les éléments, tirer le fil d’une confession sans importance. Se nourrir du malheur des autres pour créer le sien. Est-ce qu’on avait besoin de ça?

Rien, absolument rien, n’échappait à son contrôle permanent. Tout était sous projecteur déformant. Un mot pouvait générer un tsunami. Et tant qu’elle pouvait nous monter les uns contre les autres, elle jubilait, sous couvert d’une grande générosité. Excessive. Maladive.

Vouloir le beau, le voir, le respirer c’était une trahison, un coup d’éclat. Il ne fallait pas. Mais voilà, elle n’est plus là. Elle a tout emporté avec elle, ne me laissant que les jolies photographies d’une relation en points de suspension. Je les ai choisies, une par une. Je les ai triées pour en faire ressortir les couleurs, bien décidée désormais à cultiver ce qui m’a longtemps été interdit: le sublime de la vie!

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Confidences

Nous nous sommes livrées, comme les amies savent le faire, sans limite et sans fard. Vingt ans et plus de nous, vingt ans et plus avec ses hauts, ses bas, ses montagnes russes, ses séparations, ses départs, ses fous rires, ses joies, ses quarts d’heures en suspens, ses naissances. Très peu d’ombres au tableau de notre amitié.

Tout semble si simple quand on est ensemble, quand on peut tout se dire, jusqu’au plus intime, jusqu’à l’intérieur de nous, aux minuscules particules du chagrin qui nous bouscule et aux poussières d’étoiles qui nous consument. Parler de nos espoirs et de nos abandons, de ce que l’on garde secret tellement cela semblerait suspect au premier regard de quelqu’un qui ne nous connaitrait pas.

On s’est tout dit, du plus simple au plus complexe. Rien n’échappe aux confidences quand on commence, quand on lance la machine, quand des larmes se glissent et des maux se déchirent, quand nos langues ne se parent plus de masques, quand nos yeux ne cachent rien.

On s’est dit même ce que l’on ne se dit pas, emportées que nous étions par l’instant, on a dit nos blessures et nos petites failles quotidiennes, les fêlures qu’on se traine pour faire comme les autres, les engagements que l’on fuit pour ne pas se blesser, les mensonges sans importance qui nous gardent les pieds sur terre même si le cœur est brisé par endroits, même si il ne tient plus trop en place parfois.

Des confidences comme les tresses d’un lien qui défie nos modes de vie, nos choix, nos personnalités si variées, nos besoins si différents. Confidences qui nous tiennent chaud les jours de doute et nous confortent dans l’assurance qu’ensemble nous sommes fortes malgré les aléas de la vie. Envers et contre tout, unies!

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Ce que j’ai appris de l’amour…

J’ai toujours aimé passionnément, sans filtre, un peu trop parfois. J’ai toujours cherché l’amour de l’autre dans chacun de mes faits et gestes, un amour rassurant et je l’ai rarement trouvé. J’ai finalement souvent été dans des relations déséquilibrées, moi avec mon besoin omniprésent de reconnaissance et l’autre avec son incapacité à m’apporter ce dont j’avais besoin. Là où j’avais besoin de mots, j’ai dû faire face au silence et ne sont restés que les maux de relations avortées. Responsabilité partagée.

Le réaliser à ouvert une brèche. Est-ce que c’était ça l’amour, une incompréhension réciproque? Est-ce que c’était moi qui était trop, qui demandait quelque chose d’inaccessible? Est-ce qu’il existait autre chose, une compréhension, une acceptation ou bien mes amours étaient-ils tous voués à l’échec?

Alors que ma passion débordait, les questions des autres me heurtaient. Il leur fallait une justification à des relations sentimentales qui semblaient ne pas me convenir, qui m’empêchaient, me faisaient faire du sur-place, qui tôt ou tard prendraient fin – c’était presque écrit!

Les questions des autres, pas sournoises, juste curieuses, me déstabilisent encore. Je n’ai pas toujours les mots mais plus je sais ce que je ressens, plus je comprends mes peurs et mes envies, plus je sais y répondre. Pas toujours. Parce qu’il reste des points d’interrogation sur lesquels je ne suis pas encore prête à me poser, des réalités que je cherche à nuancer.

Après la passion des premiers mois, de la première année, j’ai toujours surnagé pour maintenir le cap. Si il n’y avait plus cette envie irrésistible d’être à deux, plus cette étincelle de désir, si il n’y avait plus cette sensation de flottement, plus cette envie de se plaire, plus cette sensation du temps qui se suspend, alors que restait-il? Bien souvent rien, parce que les sentiments, loin de ne pas peser lourd, ne faisaient pas le poids face à ce qui les faisaient trembler.

Ce poids je l’ai très fortement ressenti depuis le Covid, j’ai eu des pulsions d’abandon, j’ai remis en question mes choix, je me suis sentie fragile très souvent, malhabile avec mes sentiments, j’ai senti que quelque chose avait comme disparu. Mais ce n’était pas l’étincelle, c’était les démons d’avant, ceux des relations qui n’avaient pas tenues, c’était cette pensée que si l’autre ne comprenait pas entre les lignes, si ses choix ne m’incluaient pas à 100%, alors il fallait se retirer de la partie.

En 18 mois, j’ai oscillé fortement, les vagues m’ont rarement autant secouée. Dans ce flot ininterrompu de sensations désagréables, de tensions impalpables, de prises de conscience anesthésiantes, j’ai essayé de rester attentive à ce petit havre de paix que nous avions construit, intouchable, presque irréel, et pourtant là, dans des instants aussi éphémères qu’éternels.

Finalement, il n’y a aucune loi qui dit ce qu’est l’amour ou ce que l’amour n’est pas. Il faut peut-être juste être prêt à faire face à ce qui nous bouscule, un peu, beaucoup, sans toutefois perdre de vue de quoi nous sommes faits.

Posted in Carnets de route

Bribes d’été – Fin Juillet 2022

L’été se poursuit…

Credit @mariekleber37

Après la chaleur du Sud, la fraicheur de Dublin. Un weekend dans ce pays “cher à mon coeur” m’a offert une pause amicale salutaire. C’est toujours un peu comme retrouver ses racines. Ce qui me trouble à chaque fois, c’est que ce pays n’a rien perdu de son charme. Seuls les souvenirs heureux demeurent pour moi. Les mauvais n’ont pas entaché mon amour pour l’Irlande, ses habitants, sa culture, ils se sont perdus dans le néant tout simplement.

On dit souvent combien il est essentiel de profiter de l’instant présent. On peut dire que ce voyage m’a offert d’être pleinement dans chaque instant partagé avec mes amies. Le bonheur de se revoir, de partager quelques épisodes marquants de nos derniers mois, les projets qui nous tiennent chaud.

L’énergie époustouflante de l’une, les émotions toujours aussi vivantes de l’autre, la chaleur d’un foyer, des retrouvailles qui laissent de côté les heures plus douloureuses de la vie, des sourires et des embrassades à faire taire tous les chagrins, des maux sur les heures de silence. Et le plaisir toujours aussi intact, la joie furieuse de savoir, de voir que nos liens sont pour toujours forts et solides.

Credit @mariekleber37

Retrouvés la pluie, les collines au loin, les maisons de briques, les porridges du matin, une langue si familière, un accent si particulier, les bus à deux étages, les scones de chez Avoca, le thé Lyons, Bushy Park et Dawson Street, la musique dans les rues de la ville, le canal, les 4 saisons en une journée, le bord de mer, mes quartiers préférés, une atmosphère, les “bonjour” sans “ca va” fuyants, les cafés de quartier, la frénésie des sorties du weekend, les files de taxi sans fin, les chocolats chauds très chocolatés, les longues balades de bon matin, les maisons élégantes qui font rêver, les découvertes ou redécouvertes…

Credit @mariekleber37

Quand je suis partie pour l’Irlande il y a 16 ans, je ne pensais pas que ce pays deviendrait un autre “chez moi”, que j’y serai accueillie avec autant d’enthousiasme et de sincérité. Quand j’ai quitté l’Irlande il y a 10 ans, je savais que j’y laissais un peu de mon cœur…

Credit @mariekleber37

Plus que quelques jours de travail et je prends la direction du bord de mer pour deux semaines de vacances avec Loulou. J’espère que votre été se passe bien et que vous profitez de ce temps de pause pour vous ressourcer, de la manière qui vous convient!