Et un jour, devenir maman

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Je le regarde rire aux éclats. J’entends mon rire qui fait écho au sien. La soirée a été calme, douce, drôle, apaisée. Nous avons pris notre temps, ce temps qui nous file trop souvent entre les doigts, ce temps que nous tentons de garder pour nous deux. Temps propice aux confidences, à l’évocation de souvenirs, temps de lecture, de câlins et de contes qui changent perpétuellement de fin.

Quand il a été couché, qu’il s’est endormi sans bronché, que je suis allée voir si tout allait bien, je me suis souvenue…

De nos débuts. Je l’ai déjà écrit ici. Certaines mères se sentent mères tout de suite, dès le petit “plus” sur le test, dès la naissance. Je ne fais pas partie de ces femmes. Je ne saurai dire aujourd’hui si notre enfant était un souhait commun, s’il découlait d’un projet de vie. Je l’ai désiré. Mais dans quelle mesure? Était-ce un désir inconscient de sauver une embarcation qui prenait l’eau de toute part? Je ne saurai le dire. Ma seule certitude c’est que mon enfant m’a sauvé la vie. J’ai conscience d’avoir eu cette chance de partir avant qu’une vie de famille ne se crée. Si j’étais restée, aurai-je eu le courage de partir? Ou aurai-je choisi le sacrifice que font beaucoup, d’une vie dépourvue d’essence, de sens, une vie de larmes et de drames? Les enfants restent encore et toujours notre meilleure excuse face à de tels choix.

A la maternité, oui j’ai ressenti quelque chose, quelque chose de fort. Je me suis sentie invincible le temps de le tenir contre moi. Puis au matin les fantômes ont ressurgi, les peurs se sont matérialisées, l’envie que tout ce scénario ne soit qu’un atroce cauchemar. Face à ma réalité, j’ai pris une claque magistrale.

J’ai tout mis en œuvre pour ne pas m’attacher à mon enfant. Aussi scandaleux que cela puisse paraitre, je ne me sentais pas d’attaque à être sa mère. Je ne voulais pas dépendre de lui pour m’en sortir. Je ne voulais pas qu’il porte ma peine, mon chagrin. Qui plus est je vivais dans la crainte omniprésente qu’on me le prenne – la justice pas si juste – son père. Et tous ces bien pensants qui me rappelaient l’épée de Damoclès au de ma tête, la menace de l’enlèvement.

Quand je suis arrivée à Paris, je l’ai laissé, soulagée, aux bons soins de mes parents. Je savais qu’avec eux il avait la sécurité affective nécessaire à son épanouissement. Je me suis longtemps dit que si je disparaissais, il serait aimé, protégé – le principal pour moi. Et j’ai souvent eu envie de disparaître. Puis nous avons vécu ensemble, avec un florilège de peurs qui ne cessait de prendre de l’ampleur:  peur d’être seule avec lui, peur de ne pas lui donner assez d’amour, peur de ne pas trouver ma place, peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur. J’avais l’impression que loin de moi il grandissait mieux.

Les premières années ont été dures. A tout points de vue. J’avais l’impression de mourir un peu chaque jour, tout en essayant de me sortir de tout ce chaos oppressant. Si bien que je n’ai jamais eu de mal, ni de le laisser à la crèche ou à l’école. J’avais plus confiance dans les autres que dans mes capacités à moi. J’avais besoin que ma vie soit réglée comme du papier à musique pour pouvoir poser un pas après l’autre. Je vivais le cœur lourd gangréné par une colère sourde que je laissais éclater une fois la porte fermée, face à lui qui n’avait rien demandé. Je m’effondrais en larmes le soir. J’étais une mère en équilibre, désorientée, une mère qui n’en pouvait plus, ne savait plus quelle direction prendre, pleine de points d’interrogation.

Je tentais toutefois, à chaque instant, un travail en profondeur, pour faire taire les démons, m’affranchir du passé, pardonner. Pour moi. Comme pour lui. Car entre temps, l’amour s’était frayé un passage. Je le lui disais d’ailleurs souvent. Je lui disais que je l’aimais et que je n’y arrivais pas tout le temps. Je lui disais mes forces et mes failles. Je me répétais que j’allais y arriver, que nous allions être heureux. Parce que c’est le choix que j’avais fait, le choix primaire du départ. J’avais choisi la vie.

Et contre toute attente les heures sont devenues plus légères. J’ai accepté de lâcher prise, de ne plus tout contrôler. J’ai accepté de le regarder pour ce qu’il était, un être unique, qui ne serait jamais moi, que j’allais juste guider sur le chemin de la vie pour qu’un jour il vole de ses propres ailes. Un jour j’ai accepté la tâche confiée, même si elle me parait rude par moments, j’ai pris conscience de mes responsabilités et le parti de me faire davantage confiance. Je me suis pardonnée me choix, mes errances, mes angoisses. J’ai accepté qu’il y en aurait d’autres. Notre relation a pris une autre dimension, plus juste, plus sereine, plus joyeuse. Il fallait en passer par là. Il fallait que nous apprenions l’un de l’autre, l’un avec l’autre. Ce cheminement aura été douloureux et salvateur.

Je suis devenue mère avec le temps, maman avec lui.

Et vous la maternité (ou la paternité), vous l’avez appréhendée comment?

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Je juge, tu juges…et si on se respectait?

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On juge. Tout le monde. Tout le temps. On a un avis sur tout. On nourrit des préjugés sur des personnes qu’on ne connaît pas et qu’on range dans des cases, à qui on colle des étiquettes parce que ça nous rassure. On passe plus de temps à parler de la vie des autres qu’à vivre la notre. Ou bien à chercher une quelconque reconnaissance dans un dialogue de sourd – celle que nous sommes incapables de nous offrir.

“On” c’est moi aussi. Je ne sors pas du lot. Je tente juste au fil de l’eau de me détacher de toutes ces idées toutes faites sur tout. Beaucoup des personnes qui me connaissent bien souligneront mon ouverture d’esprit, mon absence de jugement. Pourtant comme tout un chacun j’ai certaines idées arrêtées, j’entretiens des peurs fondées sur des clichés.

L’autre est toujours “plus”, “trop”, “moins”, “pas assez”. Il a toujours des défauts qui nous font bondir. Il est ce qu’on a toujours voulu être sans se l’avouer. Il est ce qu’on ne voudrait jamais être – ça tombe bien la place est déjà prise.
Bien entendu ça ne veut pas dire que nous devons aimer tout le monde. Mais respecter chacun ce serait déjà un bon début.

Dans la vie de tous les jours les jugements vont bon train.  C’est presque un sport international! Mais alors quand on touche à des sujets aussi précis que la religion ou aussi tabou que la sexualité, alors là c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi.
Vous ne vous êtes jamais demandé ce que pourrait donner un monde dans lequel chacun suivrait la religion qui est la sienne sans chercher à interférer avec celle du voisin. Que notre voisin prie Dieu, l’Univers, la Galaxie, s’agenouille devant Bouddha ou voue un culte à un chat empaillé, en quoi ça nous regarde?  Pourquoi toujours penser que la façon dont nous menons notre vie est la manière dont chacun devrait vivre la sienne? C’est bien d’avoir des idées et des valeurs mais celles-ci nous correspondent en fonction de tout un tas de paramètres propres à nous-mêmes.  Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas tous les mêmes cartes en mains au départ.

Idem pour la sexualité. Qui ça gêne qu’on soit homo, hétéro, bi? Qu’on soit soumis, dominant, qu’on fasse l’amour à 2, 4, 8? Qu’on soit libertin, échangiste, mélangisme ou je ne sais quoi encore? Certains trouveront cela choquant – peut-être – et alors? D’autres trouveront que l’inverse l’est tout autant. Accepter la différence ne veut pas dire adhérer à tout. Personne ne nous le demande. Personne ne nous force à être d’accord.

Toutefois nos différences existent, cohabitent – dans tous les domaines de notre vie –  vouloir les gommer ne fait que créer des problèmes là où la liberté de chacun devrait primer. Il n’y a pas de règles, pas de manuel de vie (on aimerait bien parfois, histoire de ne pas se faire des nœuds au cerveau pendant des mois pour prendre une décision). Nous pouvons tout tester, tout tenter, tout essayer, sans nous dire qu’en faisant telle ou telle chose, nous dévions du droit chemin (attention aux foudres de l’enfer!). Nous gardons à tout moment notre libre arbitre. La norme que nous exécrons, mais dans laquelle nous nous plaisons à rester parce que faire un pas dans le vide, ça reste pour les aventuriers, les intrépides, les téméraires, ceux qui osent, pas nous, cette norme nous l’avons fabriqué de toute pièce. Nous sommes beaucoup plus. Nous pouvons beaucoup plus. Comme le dit très justement Marianne Williamson: “Notre peur la plus profonde n’est pas de ne pas être à la hauteur; notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute limite. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.”

Nous réaliser pleinement devrait être notre quête de chaque instant, respecter la quête d’autrui, notre devise.

De la beauté dans l’éphémère

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On entend le tic-tac régulier de l’horloge, les babillages des enfants, quelques mots échangés ici et là sans qu’on en saisisse la portée. Le jour dévoile ses attributs, les volets remontés laissent la lumière filtrer et l’air passer.

Il y a le monde, la routine matinale, les draps que l’on repousse, le réveil qui sonne, les bols du petit déjeuner qui s’entrechoquent, le travail qui attend au bout de la ligne de bus, de train, de métro. Il y a des gens qui partent, d’autres qui reviennent, des bombes qui éclatent à l’autre extrémité de la planète, des naufrages, des abîmes dont on croit ne jamais pouvoir revenir. Il y a la peur, la terreur, l’angoisse au fond des tripes, les déceptions, l’amour qui fout le camp, l’argent qui fait défaut, le ras le bol, les tensions, les parcours du combattant sans fin, les chagrins, les deuils, les pardons impossibles.

Et puis il y a toi et moi, enlacés, peau contre peau. Il y a cet instant savouré jusqu’à la dernière seconde. Il y a cette énergie qui passe entre nos corps, cette impression que rien n’est plus fort, que le monde peut s’écrouler tout autour, que dans les bras l’un de l’autre nous sommes en sécurité, bien, apaisés.

Face à l’absurdité de tout ce qui nous dépasse, la folie des hommes, il y a la beauté de cet instant, fugace et pourtant riche d’un bonheur sans faille qui nous rappelle que l’amour est ce qu’il reste de plus magique au monde.

Merci mon amour.

 

Nos choix de vie

Si elle m’avait dit qu’il n’était pas libre, qu’il ne le serait jamais, je lui aurai conseillé de m’être un point final sur le champ à une relation nouvellement née. Et si elle avait persévéré, poussée par un élan vital que rien ne peut arrêter, alors de ne pas se bercer d’illusions. Il serait toujours l’homme d’une autre – qui braderait ainsi sa sécurité, sa liberté?
Aujourd’hui je lui dirai de suivre son intuition, il n’y a pas de modèle,  que l’amour ne se choisit pas toujours, que rien n’est amoral quand tout est fait en conscience, tant que chacun se respecte, tant qu’aucun n’impose de choix à l’autre. Que l’instant est ce qui prime, même si parfois les doutes nous font trembler, qu’ils nous intiment l’ordre de renoncer. Je lui dirai que chaque expérience apporte son lot de bonheur et de peurs, de sensations diverses et variées. Qu’aimer c’est être vivant, qu’importe les circonstances, les chemins pris, l’état du monde et ses tourments.

Le premier pas

Chaque histoire s’écrit au fil des pas posés, des chemins empruntés. Un frôlement et c’est parfois un monde entier qui chavire.

Si je ne retenais qu’un instant, alors ce serait celui-là, celui de ses doigts qui se posent sur mon épaule. Je ne sais pas s’il en existe un plus chargé d’émotions diverses et variées que ce geste-là, celui qui défie tout ce que l’on croit savoir sur tout, cet effleurement qu’on croit avoir rêvé, qu’on aimerait pouvoir tenir entre nos mains pour s’assurer de sa consistance, qui crée un bouillonnement qu’on ne sait comment apaiser.

A l’heure où l’on s’interroge sur ce premier pas osé vers l’inconnu, sur l’utilité de laisser planer un quelconque mystère sur soi, de ne pas tout dévoiler au premier rendez-vous, je me demande si j’aurai au ce courage-là, si lui ne l’avait pas eu. Est-ce que j’aurai été terrorisée par une potentielle réponse négative ? Est-ce que je l’aurai laissé partir plutôt que de prendre le risque d’un refus ? Est-ce qu’il y avait dans son attitude quelque chose qui aurait pu me renseigner sur ce qu’il ressentait ? Est-ce que j’ai moi-même laissé transparaître quelque chose, qui lui a donné l’audace de ce geste loin d’être banal ?

Avec mon éducation du paraître, plutôt que de l’être, mes expériences pas franchement réussies, mon manque de confiance proche du néant (je me soigne!), cette croyance qu’exprimer ce qu’on ressent c’est courir le risque de faire fuir l’autre, je n’étais pas particulièrement bien armée pour le premier pas.

Pourtant c’est celui qui marque le début de toute histoire à créer, relation à construire. S’il n’est pas posé, l’histoire n’existe pas, elle s’étouffe dans un à peu près qui au fil du temps nous prive de son essence.

Peut-être que j’aurai osé. Parce qu’on ne vit qu’une fois. Mais je n’aurai pas pu photographier cet instant, le geste, les émotions, les sensations, la naissance de cet amour qui me transporte, me révèle, me touche intensément, investit mon être, qui me donne l’énergie et l’envie de croquer la vie à pleines dents.

Et vous, le premier pas, ça vous dit quoi, ça vous fait quoi?

Une histoire de date

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La nuit est passée et le réveil m’a tiré d’un sommeil étrange. Difficile d’ouvrir les yeux, difficile de se lever. Ça m’arrive rarement.

Mon bol de céréales était infect. Je me suis brûlée en voulant retirer mon sachet de thé. Ma tartine est tombée par deux fois côté beurre sur le parquet – le présage d’une journée idyllique!

Dans ses bras, une, deux images sont venues perturbées mon bonheur matinal. Je les ai chassées vite fait bien fait. Pas là, pas maintenant.

Arrivée au bureau, une fois l’ordinateur allumé, mon regard s’est arrêté sur la date. 11 juillet.

Il y a 7 ans, je me mariais…

Quoi que je fasse, les dates restent. Immuables elles portent en elles des tonnes de souvenirs, qui parfois éclatent – peut-être qu’il y a encore des choses à sortir, des maux à exorciser.

Le jour de mon mariage, j’étais heureuse, le masque parfait de la fille qui veut y croire coute que coute, même quand tous les voyants sont rouge et annoncent un danger imminent. Pourtant les 10 jours précédents avaient été remplis de doutes et de larmes, d’envies de mettre un terme à cette mascarade. Autour de moi, il y avait mes amies, solidaires et ma famille, profondément meurtrie par le choix que je faisais.

C’était une belle journée, entrecoupée d’instants où un mot semblait avoir le pouvoir de tout remettre en question. Puis on passait à autre chose. Avec le sourire.

Le soir, de retour chez moi, en me regardant dans le miroir, en enlevant toutes les épingles de mes cheveux, je me suis promis d’être heureuse avec des trémolos dans la voix. Était-ce ma façon de conjurer un sort écrit de toute pièce ?

Dans la pièce à côté, celui qui était devenu mon mari faisait la fête avec ses amis. Je me suis allongée dans le lit, j’ai attendu et puis je me suis endormie, seule.

Deux jours après, la course aux papiers débutait. Deux mois plus tard il embarquait pour l’Égypte.

Aujourd’hui je réalise que j’ai épousé un fantôme. S’il n’y avait pas eu le reste, le mépris, le silence, les abus, la violence psychologique, la contrainte, j’aurais fait avec. Heureusement qu’il y a eu le reste, sinon je serais restée prisonnière d’une relation sans présent, sans avenir, j’aurais gâché ma vie.

La perfection de l’imparfait

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Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

S’apprendre et trouver sa voie/voix

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Parfois il faut revenir sur le passé, décortiquer tout un tas de choses, d’évènements, de ressentis. Parfois il est nécessaire ce retour en arrière pour comprendre, avancer, se débarrasser de ce qui ne nous intéresse plus, ne fait plus sens.

L’immersion est tantôt légère, tantôt douloureuse. Il arrive que des évènements du présent fassent ressurgir des maux enfouis. On peut les laisser là où on les a trouvé, en se disant à quoi bon. Ou les sortir de leur cachette et les regarder droit dans les yeux. Jusqu’à ce qu’on arrive à lâcher prise, à les laisser partir.

Plus j’avance, plus je me reconnecte au présent, aux émotions, plus le passé revient comme pour m’intimer l’ordre de faire ce travail. C’est nécessaire. Je ressens le besoin de m’affranchir de ces codes, de ces cases, de quelques principes qui ont fait mon éducation et qui ne sont plus moi. Tout en acceptant que les personnes qui m’entourent ont juste fait de leur mieux. Je suis celle que je suis grâce à eux également. Toutefois au fil du temps et des expériences, j’ai développé mes propres idées, mes propres valeurs. Et je tente chaque jour de prendre ma place, de trouver mon équilibre, celui qui est juste pour moi (et ne le serait pas forcément pour quelqu’un d’autre).

Je m’apprends. Au travers de mes jours. Et des personnes rencontrées, des messages reçus. Je souhaite désormais aller de l’avant, exorciser mes peurs. Quand je lâche prise, je me découvre plus sûre de moi, plus confiante. Je me sens plus libre dans ma relation à autrui, moins sur la défensive ou dans le contrôle.

Petit à petit je m’éloigne des schémas, des routes toutes tracées pour trouver ma voie – ma voix !

Et vous, vous vous apprenez comment? Vous l’avez trouvée votre voie/voix?

J’aimerais…

J’aimerais…

Pouvoir plus. Donner plus. Être là. Davantage.

Ne pas attendre que tu sois parti pour te dire ce que j’ai sur le bout de la langue.

Je crains parfois…

Que mes silences. Mes états d’âme quasi-permanents. Cette peur qu’un évènement vienne tout remettre en question. Ne soit trop.

Je me demande si…

J’arriverais à dépasser tout ce qui me dépasse. Tout ce que je ne suis pas. Tout ce que je contrôle (sans y penser).

Je voudrais que tu saches…

Peut-être que tu sais.

Il disait…

Copyright Marie Kléber

Il disait la vie.

Il disait qu’il fallait faire ce dont on a envie. Envolées les certitudes, qui nous lient à des destins dont personne ne retient rien. Il disait qu’il était sain d’aimer et de regarder le monde, chaque matin, de l’admirer, comme si ce matin là était le dernier jour du monde.

Il regardait le ciel et savait le soleil, les marées, le vent qui souffle fort sur la dune et envoie le sable voler au loin, aussi loin que la nuit qui soutient la vie.

Il disait les errances et cette quête sans importance qui nous enterre parfois vivants, sans que nous ayons pris le temps de savourer, de nous poser, de respirer la chance.

Il disait que le temps qu’il fait en juin le trois sera le temps de tout le mois. Et moi, chaque mois, le troisième jour de juin, je regarde le ciel, je guette un signe de lui dans les nuages qui tissent sur l’horizon de mes jours de belles histoires d’amour.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #8 proposé par Estelle du blog l’atelier sous les feuilles.