Loin de mes idées reçues sur la banlieue (parisienne)…

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Il m’avait dit « tu verras, ce sera un endroit qui te ressemblera davantage ».

J’étais bien loin d’en être certaine. Quitter Paris. Pas un crève-cœur non plus, mais quand même. La banlieue je connaissais un peu, pour y avoir vécu quelques temps. Je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable non plus (les circonstances n’étaient pas exquises non plus !)

La banlieue, j’avais des idées reçues dessus. Comme les gens en avaient quand je disais que j’habitais dans le 16e. Très « posh » comme quartier. Limite on me regardait comme si on n’appartenait pas du tout au même monde. Et tous se plantaient en beauté. A quelques exceptions près. Alors la banlieue ce serait peut-être pareil.

Il fallait passer le cap…

Ici, les rues sont propres, les conducteurs s’arrêtent aux passages piétons, les commerces sont véritablement de proximité. Ici, on va à pied faire le marché, il y a des maisons et la nature, de jolies fleurs et des petites rues, des passages comme on en voit au bord de mer. Ici, on n’est pas si loin que ça de Paris. On a juste à sauter dans un train. Ici, on lance un bonjour au boulanger en passant le matin et le soir et dès 6h une bonne odeur de croissant chaud vient nous réveiller. Ici, je peux laisser loulou descendre les poubelles comme un grand.

Alors c’est vrai je m’y sens bien. Je ne regrette pas Paris – ni mes voisines! C’est apaisant comme endroit. Quand je rentre le soir, je respire. Et puis c’est calme aussi. Tout en étant vivant. Je peux regarder de ma fenêtre la vie en bas et rien que ça c’est inspirant !

J’avais une image un peu triste de la banlieue: du béton et rien autour. La vie loin de la vie. Comme quoi il faut toujours rester ouvert aux opportunités qui se présentent et ne pas se faire des films à partir de données erronées…

Et vous, des idées reçues? Des idées qui ont changé ?

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Aimer, c’est quoi?

Crédit Pixabay

Au beau milieu de mes cartons et des meubles à démonter, je me suis d’un coup demandé si je savais vraiment aimer. Et là, toi qui me lit, tu dois te dire que la chaleur me tape clairement sur la caboche (ne t’inquiètes pas, je me fais la même réflexion – j’ai de ces idées!)

Alors du coup je t’explique. Jusqu’à très récemment, mes histoires d’amour et certaines de mes relations amicales trouvaient leur fondement dans le fait de sauver l’autre. J’étais comme un poisson dans son bocal, les deux nageoires dans mon élément. Sauf que, on en conviendra tous, l’amour c’est pas vraiment ça. Mais moi, je ne connaissais que cette forme là. Rendre les autres heureux, c’était dans ma programmation initiale. Je m’étais souvent retrouvée dans des situations aussi abracadabrantesques les unes que les autres, avec mon profil “Mère Theresa” sans la carrure ni la foi.

Un jour (Eurêka te voilà!)  j’ai compris que ce don total de moi-même, ne me faisait aucun bien et ne changeait rien pour les autres non plus. Qu’on le sache, le bonheur est affaire personnelle. Et sauver l’autre, une idée saugrenue et clairement pas une base saine pour une relation durable.

Du coup, j’ai fait ce que toute personne censée devrait faire, je me suis lancée dans un grand nettoyage de printemps. Et je me suis enfin regardée dans le miroir. Ça parait tout simple comme démarche mais c’est pas si évident. Surtout quand tu as passé le plus clair de ta vie à tenter d’échapper à toi même et que “les autres avant tout” c’était ton mantra!

Aujourd’hui donc, puis que c’est d’aujourd’hui dont je parle, et bien je n’ai plus de repères. Les autres étaient mauvais, certes, et je suis bien contente de les avoir lâchés. Mais sans repère c’est un plus compliqué de se situer. J’ai plus de questions que de réponses.

C’est quoi aimer? C’est comment? C’est instinctif? Ça s’explique ou ça se vit juste? Peut-être qu’aimer c’est juste aimer. Peut-être que je me fais des nœuds à la tête (sûrement même mais bon moi sans nœuds à la tête ça ne serait pas vraiment moi!) 

Est-ce qu’il y a des grilles pour savoir si on aime bien – ou trop – ou pas assez – ou mal? Est-ce que ça se voit qu’on aime? Est-ce que ça se sent? Est-ce que ça se dit, un peu, souvent? Et quand ça se dit, est-ce que ça dit vraiment tout?

Vous en pensez quoi vous? Vous vous êtes déjà posé ce genre de questions? Ou ça vous parait complètement tordu (vous avez le droit – après relecture de l’article je me dis que c’est très tordu!)?

Cette douleur à l’intérieur de moi

Crédit Pixabay

C’est arrivé comme ça.

Depuis j’ai mal, à l’intérieur de moi. Est-ce lié ? Je ne sais pas. Pourtant je crois aux maux qui ne peuvent s’exprimer et s’impriment dans le corps.

Devant le message, j’ai mis du temps, enfin mon esprit a mis du temps à intégrer tous les paramètres des quelques mots posés sur l’écran.

J’ai regardé dans le vide et les larmes sont arrivées. Je ne sais pas pourquoi j’ai pleuré. Ni pourquoi je me suis sentie submergée par cette vague de chagrin. Juste là, au milieu de ma cuisine.

Les mots étaient simples. Des lettres et des chiffres. Le choc.

Et puis les jours d’après. Et l’au revoir. Est-ce que mon esprit a choisi de nier cette réalité ? Et mon corps a pris le relai ?

Qu’est-ce que je n’arrive pas à libérer ?

Qu’est-ce que ce départ me fait réellement ? Est-ce ma peine ou celle des autres qui me traumatise autant ?

Je ne vois que son sourire. Mais son sourire n’est plus. Ou juste sur les photos.

Elle est partie pour de bon. Elle a emmené ses 33 printemps avec elle. Je crois que je n’arrive pas à réaliser.

Peut-être que j’ai peur d’oublier. De l’oublier. D’oublier combien il est essentiel de vivre, là, maintenant. Et oublier ce serait presque comme une deuxième mort.

Depuis, je me sens loin de tant de choses. Et si proche de tant de choses.

C’est comme si les douleurs anesthésiaient mon esprit. Je ne pense plus. Je ne pense qu’à gérer la douleur. C’est presque pratique.

Mais ça ne peut pas durer. Je ne veux pas que ça dure. Je dois accepter. Accepter qu’elle est partie pour de bon, que je ne demanderais plus de ses nouvelles. Accepter le traumatisme de ses proches. Accepter que rien ne sera plus pareil. Accepter que son souvenir flottera toujours avec un gout d’inachevé entre nous. Accepter que la vie puisse s’arrêter d’un coup. Accepter que je puisse perdre demain les gens que j’aime. Le savoir. Ou pas. Accepter que la vie continue. Accepter d’être heureux malgré les injustices.

Notre Dame panse ses plaies et le Monde se meurt…

Crédit Pixabay

Elle se tient, là, dans le noir, à l’abri de trop de regards. Un périmètre de sécurité l’encadre. Affaiblie, certes, mais debout. Entourée de tant de prières et d’amour. On dirait qu’elle se tait pour panser ses plaies.

J’ai regardé comme beaucoup le journal de vingt heures ce soir là. Et je me suis sentie insensible au possible, à des années lumières de ce que tous exprimaient, de peine, de chagrin. Tout est éphémère, c’est peut-être la seule certitude que je détiens dans cette vie.

En la voyant, hier, j’ai mieux compris ma réaction. Notre Dame, consumée par le feu ne mourrait pas sous nos yeux. Elle se faisait dévorée par les flammes certes mais elle restait solide, ancrée. Elle verrait demain, différente. Elle renaitrait de ses cendres. Parce que le monde est ainsi fait que le matériel se refait, qu’on reconstruit. Même sur rien. Elle serait le symbole d’une nouvelle ère, riche de son passé, pleine de son avenir.

Alors que la vie de l’homme, détruite, devient poussière. Personne ne peut redonner vie à la mort. La mort est la fin et le début d’autre chose. C’est avant tout le vide, dans cette vie au moins. Personne ne viendra redonner le souffle à celui qui n’en a plus. Personne ne pourra apaiser la peine de ceux qui reste. Il n’y a pas de commission d’état, de lever de bouclier pour le commun des mortels.  Juste le néant qui suit l’agonie. On ne répare pas les morts à coups de millions d’euros.

Alors non, je ne suis pas insensible. Je suis heureuse que le monde se mobilise pour redonner vie à Notre Dame. J’aimerai juste qu’il se mobilise avec autant de vivacité et d’authenticité pour tous les drames qui touchent chaque jour des êtres vivants dans toute la planète, qu’ils défendent les droits des hommes comme ils défendent ceux de la nature, de l’environnement, des animaux, qu’ils se dressent contre le totalitarisme, l’abject, la folie.

Sans les hommes, le monde n’existe plus…