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De la félicité

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Un cœur dessiné sur le bitume. Bleu sur gris. Le ciel balaie les infortunes. Les passants le traversent sans le voir. Et ceux qui le tracent du bout des cils y voient comme un signe.

Un sourire arraché à un visage. Sourire triste qui déploie ses ailes. Le temps s’en mêle et les souvenirs pleuvent sur le visage qui prend des couleurs. Un arc-en-ciel inonde le ciel.

Une main attachée à une étreinte. La force d’un toucher, le contact des paumes, les lignes entremêlées. A la croisée des chemins, les destins tissent des histoires sur l’inconnu.

Un regard volé. Dans la cohue du dernier train. Derniers repères envolés. On ose, un pas. Le risque de l’incertain a un goût d’enfance. L’innocence en moins.

Il faudrait l’éternité pour conter le monde. Sa beauté. Ses aspérités. Ses traits tracés sur le calendrier de l’intemporalité. L’éphémère. Les murmures. Les instantanés qui nous surprennent et nous laissent riches d’une félicité à fleur de cœur.

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Une maman fragile

Credit Pixabay

J’épingle les maux au cahier des charges de la vie de famille. Je passe du rire aux larmes, j’oublie les cris puis la colère revient. Je fuis les nuits, leur lot de cauchemars. Je perds le fil du beau.

J’aspire à davantage…
De temps que je suis seule à pouvoir m’offrir.

Je m’oublie. Je passe après le repas, le brossage des dents, l’histoire, le dernier rappel, les câlins. Je passe après la tournée officielle des machines, de la vaisselle, du ménage. Parfois ça laisser un goût amer. Et puis ça s’en va.
Au réveil, la joie me cueille au saut du lit. Un peu avant le retour des “non” qui ne cessent de s’accumuler. Mes limites semblent contestables. Elles sont sans cesse contestées. Les négociations sont interminables et me laissent vidée derrière la grille de l’école. Un sourire aux lèvres. Je m’accroche aux rires pour ne pas perdre le fil.

Et quand on me propose de l’aide j’ai du mal à lâcher prise. Comme si j’avais peur de quelque chose. Que l’on me vole encore un peu de lui. Comme si j’avais peur de le perdre, qu’avec d’autres il trouve plus de sérénité et de confiance qu’avec moi. Quelle étrangeté que ce sentiment là!
J’ai l’impression de disparaitre derrière ces autres, derrière ces mains tendues. Je perds de ma consistance. Mes failles m’apparaissent en gros plan. Je me sens vulnérable, indécise. J’accepte, le cœur partagé. Je sais qu’il appartient au monde et que le monde l’attend, que le garder trop proche serait ne pas véritablement l’aimer.

C’est comme si la blessure des premiers mois s’ouvrait à nouveau, ce temps que je croyais guérit, ces mois à ne le voir que 48h par semaine. Essayer de l’aimer au milieu du chaos. Dans l’imprécis. Le voir s’attacher à d’autres et m’éviter. Un réflex. Si compréhensible. Quand mon corps tout entier respirait l’angoisse de ne pas savoir faire, ni dire.

Je cherche le juste milieu dans un espace riche de contrastes. Tant de données m’échappent. Je suis comme un funambule au dessus d’un brasier. En perpétuelle quête d’équilibre. Quand je crois y être arrivée, une marche disparait et c’est le vide. A apprivoiser. Sans certitude.

Je manque de légèreté. Je suis une maman fragile.

Ces sourires qui cachent des maux

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Elle respire. Partout.
Ses mots. Vite. Beaucoup. Comme pour cacher quelque chose.
Elle s’endort avec le “non” des verbes. Ceux qui voilent les ténèbres.
Rien n’y fait. La blessure est. Qu’on ouvre les yeux ou qu’on les ferme.

Elle dit, au loin, dans un sourire, la survie et le bruit de l’enfance. Sans âme. La tête qui se balance. Dans le vide. Une éternité à se demander ce que signifie le verbe “vivre”. Le silence telle une arme qui nie les faits. Le silence comme un couperet.
La sévérité du père.
Le déni de la mère.
Elle se dit. Dans l’amour, le partage.
Un besoin. Viscéral.
Une reconnaissance. Vitale.

Les murmures ne sont jamais loin. Une main qui glisse. Et l’enfance qui s’abîme.
Ne rien dire.
S’habituer aux vagues, au déséquilibre.
Retenir son souffle devant la main.
Un vertige.
Prier quelque saint, quelque part entre hier et demain.

La souffrance comme un virus attaque l’intérieur. Sans trace visible.
Elle pose les bases du sacrifice.
Ses yeux noirs dessinent des rêves. Un idéal. Un monde sans dédain, ni bataille. Une terre sans manque, sans vérité uniforme. Un chemin pour chacun. La bienveillance, une norme. L’élégance, un parfum.

Elle respire. Partout.
Elle se perd. Dans la stratosphère des non-dits.
L’implacable vérité reste une trahison.
Elle espère la nuit, pour tuer l’agonie.
Ses angoisses, sous l’édredon, comme un tapis.

Derrière son sourire, tant de questions.
Tant de don.
Tant de cœur et si peu de raison.
Elle danse le monde.
Pour oublier.
La main qui glisse sur l’enfance.
Et piétine la confiance.
A vie…

Loin de mes idées reçues sur la banlieue (parisienne)…

Copyright Projet “enlargeyourparis”

Il m’avait dit « tu verras, ce sera un endroit qui te ressemblera davantage ».

J’étais bien loin d’en être certaine. Quitter Paris. Pas un crève-cœur non plus, mais quand même. La banlieue je connaissais un peu, pour y avoir vécu quelques temps. Je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable non plus (les circonstances n’étaient pas exquises non plus !)

La banlieue, j’avais des idées reçues dessus. Comme les gens en avaient quand je disais que j’habitais dans le 16e. Très « posh » comme quartier. Limite on me regardait comme si on n’appartenait pas du tout au même monde. Et tous se plantaient en beauté. A quelques exceptions près. Alors la banlieue ce serait peut-être pareil.

Il fallait passer le cap…

Ici, les rues sont propres, les conducteurs s’arrêtent aux passages piétons, les commerces sont véritablement de proximité. Ici, on va à pied faire le marché, il y a des maisons et la nature, de jolies fleurs et des petites rues, des passages comme on en voit au bord de mer. Ici, on n’est pas si loin que ça de Paris. On a juste à sauter dans un train. Ici, on lance un bonjour au boulanger en passant le matin et le soir et dès 6h une bonne odeur de croissant chaud vient nous réveiller. Ici, je peux laisser loulou descendre les poubelles comme un grand.

Alors c’est vrai je m’y sens bien. Je ne regrette pas Paris – ni mes voisines! C’est apaisant comme endroit. Quand je rentre le soir, je respire. Et puis c’est calme aussi. Tout en étant vivant. Je peux regarder de ma fenêtre la vie en bas et rien que ça c’est inspirant !

J’avais une image un peu triste de la banlieue: du béton et rien autour. La vie loin de la vie. Comme quoi il faut toujours rester ouvert aux opportunités qui se présentent et ne pas se faire des films à partir de données erronées…

Et vous, des idées reçues? Des idées qui ont changé ?