Écrire la vie…

Est-ce que plus on écrit, plus on a envie d’écrire?

J’ai envie d’écrire tout le temps en ce moment, envie de coucher les mots, les souvenirs sur le papier, de les laisser s’évader sur l’écran.

J’ai comme une envie de laisser une trace. Pas seulement de moi. Mais de tout ce que j’ai vécu, ressenti, de la manière dont j’ai aimé la vie, les gens, de la façon dont j’ai remonté la / les pentes. Raconter comment, pourquoi, dans quel sens j’avance, sur quels chemins j’ai vadrouillé. Parler des images floues et des rires discrets. Donner vie aux photos saisies, aux instants en argentique.

J’aime lire les histoires…

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Ces instants volés au temps

Ils errent dans l’air, entre les nuages, les jours de pluie comme les jours où le soleil brille et dépose sur nos peaux des pépites d’or.

Ils glissent entre les gouttes, nous invitent à marcher pieds nus sur l’herbe fraichement coupée, à rire aux éclats. Ils nous prennent par la taille, nous emportent, nous transportent.

Ils sont si riches d’émotions nouvelles, de sensations irréelles.

Ils s’impriment sur nos destins, parfois malmenés, envoyant valser le passé.

Ils virevoltent entre nos bras mêlés, nos rêves partagés.

Ils s’imprègnent du parfum de la vie qui renait, de l’automne qui fait danser les feuilles des arbres avant de s’évanouir dans la nature

Ils sont vrais, sincères, authentiques.

Ils sont, à l’image de l’amour qui nait, des instants simples et porteurs d’espérance.

Ils rendent tous les « jamais plus » possibles.

Et si on laissait les autres prendre soin de nous !

Prendre soin de soi, c’est bien. Laissez le soin à un/une autre de le faire, j’ai envie de dire c’est encore mieux. Je vous parle de ça, alors que je n’ai jamais été fichue de laisser quelqu’un le faire pour moi. Les seuls qui ont eu ce privilège, ce sont mes parents bien entendu.

Mais dès que j’ai été grande, belle (évidemment), indépendante (enfin), j’ai largué les amarres, prête à me débrouiller seule, à m’assumer et à me bichonner (j’y croyais). Sauf que je ne m’en suis pas laissée le temps. Dès que j’avais une minute à moi, elle était pour les autres. Je me serais pliée en quatre pour démerder une amie. J’aurais traversé tout Paris pour éponger le chagrin d’une autre en pleine nuit. Écouter, conseiller, apaiser. Je prenais plaisir à faire plaisir.

Sauf que petit à petit je me suis laissée tomber. Je ne prenais pas soin de moi et je me disais (le pire) que je n’avais que peu d’importance. Les autres étaient heureux, tant mieux !

En amour, alors là, ça a été grandiose. J’ai tout donné. Sans compter. J’ai mis les bouchées doubles. Si dans mes relations amicales et familiales, je conservais encore un soupçon d’identité, dans mes relations amoureuses, je me suis totalement oubliée. Et je n’ai eu que ce que je méritais c’est-à-dire rien. Je suis souvent (1 seul échappe à cette règle) tombée sur des types immatures, cons, machos, prétentieux, égoïstes qui prenaient tout ce que je leur donnais (ils auraient eu tort de s’en priver) sans s’investir ou même imaginer que moi aussi j’avais des besoins ou envies, une existence en dehors d’eux. Je suis bien certaine qu’ils auraient été incapables de répondre à des questions aussi banales que « ma couleur préférée », « la ville où je suis née » ou bien « quel était mon plus grand rêve de gamine. »

Désintérêt flagrant. Est-ce moi qui ne leur ai pas laissé l’occasion de prendre soin de moi ? Où eux qui n’en ont jamais eu l’idée ? La question reste en suspens. Peut-être qu’à force de leur mâcher le travail, ils se sont vite sentis dépassés. Ou bien qu’ils s’en fichaient complètement.

On dit qu’on attire ce qu’on se donne à soi-même…

Et puis, après une grosse douche froide (où j’ai même donné plus que ce que j’avais – le summum de la connerie mais bon on fait tous des erreurs !), j’ai enfin, doucement, repris le chemin vers moi. Bon, j’ai mis du temps à savoir ce que prendre soin de soi voulait dire. Et enfin à mettre en pratique. Un pas en avant, un pas vers moi. Un pas chaque jour. Je me suis peu à peu donné de l’importance. J’ai retrouvé ma place dans ma vie. Et mes relations s’en sont trouvées transformées. J’ai cessé de me dire que « ça ne se faisait pas » ou « que je n’en valais pas la peine ».

J’ai appris à me donner de l’amour.

Et l’amour est passé par là, il m’a pris par la main. Et chaque jour il prend soin de moi, comme personne ne l’avait fait avant. Je peux vous le dire, c’est déroutant, ça prend par surprise, on finit par se dire que ce n’est pas très normal tout ça. L’esprit cogite et le cœur se libère. Et si on laissait les choses se faire !

Et vous, comment ça se passe? Est-ce que vous laissez les autres prendre soin de vous? Est-ce que vous y pensez ou vous vous oubliez encore trop souvent?

Risquer le meilleur!

Le jour se lève sur la ville et dans l’air flotte le doux parfum de ta peau effleurée par chaque centimètre de la mienne. Un croissant m’attend sur la table du salon. La tête dans les étoiles, je glisse ma silhouette fragile entre les nuages. En équilibre sur le toit du monde, je contemple l’étendue de mon bonheur.

On en revient donc. Le corps s’adapte, retrouve de l’éclat au contact d’un regard posé, d’une caresse déposée . La vie reprend ses droits. Les cicatrices s’exhibent telles des victoires sur la toile de nos envies partagées.

On en revient. On retrouve la confiance. En soi. En l’autre. On se redécouvre, humain, vivant. On s’écrit à nouveau au féminin.

On oublie le goût âpre du chagrin. On se regarde. On s’attire. Nos univers explosent quand nos lèvres se posent sur nos fragilités. Le passé n’a plus de prise.

On en revient donc. Le corps réapprend le plaisir. Sans dégoût ni honte. Là où d’autres folies avaient piétiné nos rêves. Tout devient possible, sans entrave, sans ce regard qui juge. Celui qui contemple l’étendue de notre être en extrait l’essence. Et nos sens prennent le relais. On s’embrase en un clin d’œil.

On en revient donc. Et la force du présent nous fait oublier la peur. On s’offre conscient de la prise de risque. Prêt à risquer le meilleur!

Une autre histoire

Raconter la même histoire. Différemment. Avec le juste recul du temps.

Raconter l’histoire qui m’a ramenée à moi-même.

Raconter la chute mais surtout la renaissance.

Raconter, lâcher la barre, réussir à en rire aussi.

Dédramatiser l’opportunité qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même, de m’accomplir, de choisir ma destinée.

Tendre mélancolie

Et quand la mélancolie s’invite, je la laisse s’imprimer. Je ne lui dis plus de partir. Elle a peut-être quelque chose à me dire.

J’écoute et je regarde la ville vivre de ses rêves et des miens. J’écoute le murmure du va et vient des souvenirs. J’attends que la mélancolie passe, que la nostalgie me prenne par la main et m’emmène sur les routes.

Je garde la mémoire des portes, des pierres, des lieux de vie, des corps, des êtres, des vivants et des disparus, des baisers et des amours. Je garde la mémoire des émotions qui vont vibrer la corde sensible de mes sentiments.

La mélancolie m’invite à un voyage au pays de ce qui fut pour en retenir le meilleur, pour en transformer la mémoire, en faire quelque chose de beau.

Un peu de silence…

Je ne pourrais dire pourquoi j’ai soudain besoin de ce vide, de cet espace pour respirer loin de ces mots qui chahutent et font plus de bruit que les voix autour de moi.

Je ne pourrais dire ce qui se passe dans mon corps, lourd, fatigué, qui réclame une pause, un peu plus que quelques heures de sommeil perturbées par des rêves déstabilisants.

Je ne pourrais dire mais je note tout ce qui passe en moi, ressentis, envies, désirs, histoire d’y voir clair.

Je me laisse le temps de revenir à mon équilibre, de retrouver mes marques. J’oublie souvent, prise dans le tumulte du quotidien, que j’ai besoin de silence, de calme, de paix, de temps pour me ressourcer, loin du Monde. Ma façon d’être et d’exister. Mon identité.

 

Au milieu, il y a toi

Je pense à toi mon fils aujourd’hui, à nos problèmes de grands, à ton insouciance d’enfant. J’ai entre les mains une bombe, un manuscrit de près de 200 pages qui parle de nous, ton papa et moi, beaucoup et de toi, un peu. Ai-je le droit de déballer tout au reste du monde comme ça, en un claquement de doigts? Ai-je le droit d’étaler mon intimité au grand jour?

En me relisant j’ai l’impression d’assister à un règlement de comptes, grandeur nature.  Je brosse un portrait de lui très noir, un portrait de moi pas sensationnel. Si je l’ai aimé c’était pour les mauvaises raisons. Est-ce qu’il m’a aimée? Je n’en sais rien. J’ai opté pour “oui” puisque j’ai le choix. Un peu au moins.

Je me rends compte avec le recul que j’ai trouvé ce que je cherchais en écrivant ces lignes, ces pages. N’était-ce pas le but?

Que reste t-il à dire? N’aurais-je pas mieux fait de parler d’après, de cette renaissance, de ce retour à la vie? Mais comment le dire sans parler du pire?

Je pense à toi mon fils, à ces non-dits que je refuse, ces maux que je ne tairais pas – les secrets familiaux, je n’en suis pas friande. Pour autant, il y a des souvenirs qui n’appartiennent qu’à moi.

Pendant trente ans j’ai porté ma mère,  le poids de son enfance traumatisante. Je ne veux pas que tu te retrouves à ma place, à porter l’histoire qui t’a créé à bout de bras. Toi et moi nous méritons mieux que ça.

Donnons le temps au temps

Le passé ne compte plus, laisse le se taire, devenir inconnu.

Libère toi de tout, des mémoires qui te hantent, des projets avortés, des envies absentes, des désirs refoulés.

Hier n’est plus qu’à l’imparfait.

Le présent se prélasse au soleil. L’été se réveille d’un profond sommeil.

L’instant t’offre tout ce qu’il te faut pour avancer, te construire, t’émerveiller, approfondir.

Aujourd’hui s’écrit maintenant, ici.

Le futur s’interroge, dessine des mirages sur le ciel d’octobre.

Des projets verront le jour, tes désirs vibreront d’amour.

Demain attend son heure, rêveur.