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Challenge Écriture 2020 – #2 (21.01.2020)

L’artiste contemporain reste une énigme pour moi. Les lieux où il s’exhibe me plongent dans un schéma infernal, mon esprit est en proie au trouble et les questions fusent, restant bien souvent des points d’interrogation en lévitation.

Couleurs, formes, un blanc pas si blanc, des traces, contrastes.

Si je me laisse aspirer, ça pique, les yeux. Et la peau. Le bleu c’est beau, comme l’eau, la mer d’été. D’ailleurs et le sud, le feu qui brûle, incisif et pénétrant. Le bleu comme le ciel, un jour de grand soleil, une vague apaisante pour calmer la blessure du désir prégnant, forme imposante, imposée.

Le blanc, comme une couverture qui porte l’air, transporte la terre. L’énergie du souffle de vie. Déclinaison simple de bleus, une paresse, une caresse que le rouge protège. Barrière de sécurité. Au delà de cette limite, les carrés risquent la chute dans l’abîme.

Attirée, propulsée dans une autre dimension, je me sens ballotée, emportée par un courant de pensée qui me dépasse. Je crée à partir de rien. Peut-être que se tient là la vraie valeur de l’art. De laisser chacun libre de son interprétation.

@ Marcel Barbeau

Retrouvez ici les participations de: My Minds Visit / Josée – Et si je m’aventurais… / Sandra – Un voyage extraordinaire/ Ballet chez Mesbul

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Le thème de la semaine prochaine:

Vous êtes sûrement tous au fait de la fameuse conspiration des chaussettes. Elles passent du bac de linge sale à la machine à laver puis disparaissent comme par magie au moment où il faut les mettre par deux puis les ranger dans le placard. Il parait que les petites cuillères s’y sont mises aussi. Je vous invite à créer une histoire qui apporterait à tous ceux qui cherchent une réponse, un début de solution! Laissez libre court à votre imagination et faites nous rire un peu aussi! Rendez-vous le 28.01…

Quelques mots d’amour

L’amour se tient, comme une bague dans un écrin. Qu’il pleuve qu’il vente, l’amour est là. Il rit les jours de soleil et soutient les jours de chagrin. Et ceux qui n’y croient pas n’y connaissent rien.

Il y en a toujours pour…
Dire que l’amour est un leurre
Une promesse faite à quatre heures puis oubliée dans la course du soir pour rentrer diner
Mettre les pieds sous la table
Et ne surtout rien demander.

Il y en a toujours pour…
Dire qu’y croire c’est être fou
Qu’on en revient toujours, le coeur plein de dégoût
Et qu’il vaut mieux oublier, laisser tomber
Plutôt que de se vautrer dans une mer d’illusions

Il y en aura toujours…
Des inadaptés de l’amour
Ceux qui le fuient surtout
Ceux qui le tiennent à distance
Ceux qui s’en foutent
Et les jaloux
Ceux qui le piétinent d’avance
A trop vouloir le garder prisonnier
A trop vouloir jouer l’apprenti sorcier
En lui prêtant de drôles d’idées

Puis il y aura ceux qui…
Se moquent d’être regardés comme des naïfs au cœur tendre
Des illuminés la bouche remplie de mots doux
Des optimistes du bonheur en pochette surprise

Au milieu il y aura toujours l’amour, libre, qui inonde les pavés, les cours carrées, les terrasses de café et les jardins publics. Il y aura toujours l’amour et sa main tendue, vers nos cœurs maintes fois recousus. L’amour qui danse entre deux rêves, qui ne s’arrête ni aux kilomètres, ni aux océans. L’amour vivant qui ne cesse d’espérer que la ronde s’agrandisse. L’amour sans patrie ni nom, sans hiérarchie, l’amour comme un second souffle, une nouvelle vie, une peau toute neuve, une page qu’on tourne, un tsunami d’émotions, une vague de sensations. L’amour comme un cadeau attendant dans son écrin que nos yeux s’ouvrent à sa lumière.

2020 à la hauteur de vos plus belles espérances!

Crédit Pixabay

Revenir, ce passage délicat. L’arrivée de 2020 m’offre une opportunité que je saisis sans peine.

En faisant un come-back nécessaire sur l’année 2019, que j’ai trouvé assez difficile, vers la fin mais pas que, je me suis souvenue de ce jour de mai – elle avait un visage qui me faisait penser au printemps, aux bourgeons qui s’ouvrent laissant les fleurs doucement s’épanouir – ce jour de mai qui l’a emporté loin, très loin, loin des siens, loin de la vie, à la mort qui a éclaboussé le début de cette saison de renaissance.

Face à ce qui s’en va, on se dit souvent qu’on sera plus, plus présent, plus vivant, qu’on sera plus à soi, aux autres, qu’on ne laissera plus le temps nous filer entre les doigts, que c’est aujourd’hui le vivant. Mais ça ne dure pas. Parce qu’on croit qu’en oubliant la mort on peut s’en sortir sans blessure. C’est faux. On ne fait qu’enterrer nos maux au lieu de les prendre à bras le corps. On avance sur un brasier prêt à s’embraser à chaque instant.

Le temps n’est pas à ce que nous avons manqué de voir mais bien à ce que nous avons appris, compris. En miroir avec le premier message reçu ce jour venant d’une personne qui compte énormément et qui comme moi n’arrive pas souvent à énoncer ses sentiments, je vous souhaite pour 2020:

De dire les choses, d’écrire, de chanter, de danser les mots et de laisser s’échapper ce qui vous semble faux.
De vibrer, de ressentir, d’oser, de rayonner, de lâcher ce qui vous incommode, vous chagrine, de laisser passer le spleen.
De guérir, de panser vos plaies, de vous laisser le temps, d’intégrer vos apprentissages.
De profiter de ceux qui comptent, de les accepter dans leur tout, de les laisser être tout simplement.
De regarder le monde avec des yeux avides de découvertes, de voir le beau même et surtout dans les moments les plus ordinaires.
De prendre soin de vos pensées, de votre parole, de la seule chose qui vous appartient sur cette terre: votre corps.
De vous souvenir dans les creux de vague que chaque jour est un nouveau départ, que vos “mauvais” choix ne vous définissent pas, que les échecs sont porteurs de lumière, aussi.
De vous occuper de vous, de poser votre regard sur l’autre à côté, pas un regard d’habitude, un regard qui va au-delà, qui va toucher au plus profond – c’est là que nous sommes tous liés.
De partager vos talents, votre lumière, votre sensibilité avec le plus grand nombre.
De vous révolter si vous le jugez nécessaire mais d’agir surtout, d’agir dans le sens qui correspond à vos aspirations les plus profondes, à vos rêves les plus fous.
De dessiner demain, de rêver grand et fort, d’avoir confiance, en vous, en l’autre, en la vie.
De rire aux éclats, beaucoup, de vous autoriser à pleurer, à avoir de la peine, à ne plus savoir qu’en faire.
De rebondir, de renouer le dialogue avec l’intérieur de vous.
De revenir des profondeurs les plus sombres.
De faire face à vos peurs les plus tenaces.
De briser les chaines qui vous lient à une histoire qui ne vous appartient pas.
D’envoyer valser les limites qui vous pèsent.
De ne vous limiter dans rien, de tout vivre et entreprendre avec une passion débordante.
De faire fi de toutes ces lois du silence qui nous tiennent éloignés de ce qui est le cœur de notre existence.
De vous connaître mieux de jour en jour, d’apprendre à vous aimer sans condition, d’apprendre à aimer l’autre de la même manière.
D’être. Essentiellement. D’être qui vous êtes. Et d’en être fier.

Que cette année, que cette décennie même, soit à la hauteur de vos plus belles espérances!

Nous deux

Crédit Pixabay

Pousse la porte et rejoins moi. Au pays de nos souvenirs. Ceux qui nous tiennent chaud et ceux un peu froids, avec lesquels on tente de guérir.
On a tellement entendu le pire qu’on s’est dit que nous c’était le paradis. On n’a pas su voir que notre enfance aussi était pleine de blessures et de non dits.

Je ne savais pas, entre ta place et la mienne. Moi, la première l’adorée. Toi, la deuxième, celle qui n’existe que dans le sillage de l’autre, celle qu’on voit à peine, celle qui ne trouve pas sa place.

Nous n’étions pas proches, enfants. Nous étions deux produits façonnés pour répondre aux besoins de sécurité d’une mère qui en manquait terriblement. Pour contrer le mal il fallait le mieux. Nous n’étions pas à l’aise dans nos vêtements toujours impeccables, dans nos caractères presque parfaits.
Nous nous sommes protégées, chacune à notre façon, pour avancer.

Puis nous nous sommes retrouvées. Quelque part. Cela a pris du temps, le temps des maux, le temps de trouver notre tempo, le temps de reprendre contact avec la vie.
Le temps de pouvoir dire nos souvenirs, commun. Le temps de ceux qui ont joué avec nos vies comme si nous n’étions que des poupées, sans émotion, sans ressenti.

Un temps de constat pour prendre la mesure, d’où l’on vient. Où l’on va. Comprendre que notre bonheur ne sera jamais assez, toujours accompagné des pires scénarios face à l’avenir. Alors mieux vaut le préserver.

Avant nous étions seules avec nos valises, bien lourdes parfois à porter. On se sentait bien seules avec toutes ces images atroces, dites et redites, sans cesse répétées.
Aujourd’hui, nous avons pu parler. Nous sommes deux. Deux face à ce qui nous dépassera toujours. Deux face à l’inexorable poids d’un passé qui ne nous appartient pas. Deux pour pouvoir dire quand ça ne va pas, quand tout casse et qu’on se sent perdu, au bord du vide. Deux pour faire revivre la joie, qui est bien là, quelque part, qui vient ponctuer le chaos, cette joie qui rend à l’enfance ses lettres de noblesse. Il y en avait avant, c’est peut-être pour ça qu’on n’a pas compris…

Nous sortirons grandies de ce tour de force, lâchant au passage tout ce qui ne nous sert pas, tout ce qui n’est pas nous mais que nous avons gardé pour répondre aux attentes, pour être aimées, tout ce que nous ne voulons pas pour aujourd’hui, dans nos vies de femmes, de mères. Pour que l’avenir soit plus radieux. Loin des traumatismes maternels, que nous ne pourrons jamais apaiser. On a beau le savoir, ce n’est pas toujours aisé de vivre avec.