Une et Multiple

Source Kaboompics

Petite, quel métier voudrais tu faire quand tu seras grande?

La petite fille regarde le ciel, ses nuages qui flottent et lui racontent des histoires
Ou bien c’est elle qui leur raconte ce qu’elle voit quand ses yeux voyagent
Par delà les fenêtres de la classe

Il faut répondre quelque chose, vite
Oui mais quoi?
Tous les autres ont déjà dit
Elle n’est que silence
Quand la question revient, impatiente

Oui il faut trouver quelque chose
Quelque chose qui sonne juste et bien
Pour que les autres ne se moquent pas
Encore une fois

Créatrice, rêveuse, photographe, aventurière de l’imaginaire
Croqueuse de mots, alchimiste, gitane, poète
Danseuse, dessinatrice de l’âme

C’est beau
C’est trop
Tous les autres ont donné 1 métier
Tous les autres avaient 1 idée
Et elle, elle reste là avec un “je ne sais pas”
Sur le bord des lèvres
Au carrefour de tant de rêves

La petit fille a grandit mais toujours avec cette sensation de “trop”
Elle a cherché en vain, 1 idée, 1 vraie qui puisse exclure toutes les autres
Pour enfin être comme tout le monde

Avant de comprendre qu’elle n’était pas comme tout le monde
Et que personne ne l’était vraiment
Que chacun était quelqu’un de différent
Elle a accepté petit à petit qu’elle était
Une et multiple
Et qu’il n’y avait rien à changer
Juste à profiter de la vaste palette de ses passions
D’un jour ou de toujours!

Interview Femmes Inspirantes – Julie, artiste, créatrice et entrepreneuse

Bonsoir à tous, j’espère que vous allez bien. Il y a quelques mois j’avais partagé ici même le parcours inspirant de plusieurs femmes. Et aujourd’hui, je suis heureuse de vous présenter celui de Julie, une jeune créatrice très talentueuse, que je suis depuis plusieurs années, sur différents blogs, qui s’est lancée dans l’entreprenariat et qui réalise de très belles choses. J’avoue, je suis souvent émerveillée par ses idées, ses formes, ses dessins, ses projets, la manière qu’elle a de parler du beau, comme du moins beau, de ce qui la fait sourire et de ce qui la fait trembler. On dit souvent que le monde a besoin de plus de personnes inspirantes. Elle en est une, je vous laisse la découvrir…

Copyright Sweetie Julie

Bonjour Julie, pour commencer parle-nous de toi (un peu, beaucoup, comme tu le souhaites…) 

Bonjour ! J’ai 30 ans, je suis fiancée à mon amoureux qui partage ma vie depuis Septembre 2017, nous vivons sur la Côte d’Opale avec nos 3 chats et notre chien. Nous nous sommes rencontrés en Normandie, là où j’ai fini mes études en école de commerce et où j’ai travaillé plus de 5 ans dans le tourisme – j’ai été réceptionniste en hôtel de chaîne, conseillère en séjour, responsable d’une boutique de produits du terroir et d’artisanat d’art, gérante d’un établissement de chambres d’hôtes.

Fin 2017, ma maman a eu de graves problèmes de santé, je suis rentrée dans le Nord, mon amoureux m’a suivie. Les deux années qui ont suivi ont été psychologiquement très éprouvantes : après un bilan de compétences et la préparation par cours à distance du concours de recrutement des professeurs des écoles, j’ai sombré dans la dépression et il m’a fallu plus d’un an de traitement médicamenteux et de rdvs réguliers avec une psychologue pour comprendre que cela faisait des années que j’avais rompu avec l’essence même de ma personne.

J’ai une âme sensible et intuitive, j’aime la nature et les animaux. J’étais « dévorée» par notre société capitaliste, je ne me sentais pas à ma place, je bataillais constamment et j’avais oublié mon imagination, mon amour des mots et de la création artistique. Je voulais paraître responsable aux yeux de mes proches, prendre les décisions qu’on attendait de moi mais ma vie n’était pas vraiment ma vie, et je n’étais pas vraiment moi. Quand j’ai pris conscience de tout ça, quand j’ai affronté tout ce qui me faisait mal, ça a été monstrueusement douloureux. Mais j’avais la force de me battre pour renaître. Et je n’étais pas toute seule : ma familles, mes plus proches amis, mon amoureux ont été d’un soutien formidable. Dieu aussi.

Tu as longtemps tenu un blog, aujourd’hui tu as une chaine Youtube – peux-tu nous présenter ton cheminement / parcours?

 J’ai tenu un blog parce que j’aimais écrire. J’aimais poser sur le papier (et sur le clavier) mes émotions. Très sensible, il n’y avait que comme cela que je parvenais à canaliser le trop-plein. L’entrée dans l’âge adulte, la vie active, la routine m’ont éloignée un temps de tout ça, et je n’écrivais que plus rarement.

En pleine dépression, il m’était impossible de lire. Mon compagnon, un geek tendre, passait du temps sur Youtube alors que je ne m’y intéressais pas. J’ai commencé à regarder des chaînes de Youtubeuses Beauté (Sandrea, Sananas, Mmis’signature…) et prendre soin de moi a été la première chose que j’ai commencé à faire pour retrouver le sourire. Ensuite, j’ai regardé d’autres chaînes aux contenus plus artistiques, plus contemplatifs (Sourire et santé, Ecotmorphe, Libre et Sauvage…). Je me suis surprise à avoir envie, à mon tour, de me placer devant la caméra pour raconter un peu mon histoire.

Copyright Sweetie Julie

 

D’où t’es venue l’envie de créer et de partager tes créations ?

 En parallèle des vidéos sur Youtube, j’ai découvert le dessin, activité que je m’interdisais parce que je me trouvais nulle. Quelle erreur de penser ainsi ! Ce n’est pas que je suis douée d’un talent magistral, c’est juste que ce n’est pas obligé d’être parfait ! Quand j’ai compris ça, je me suis surprise à oser. J’ai commencé à dessiner tous les jours.

Plus je créais, plus je voulais créer. Plus j’osais. Quand j’ai ressenti ce plaisir qui me manquait tant, j’ai su que je cheminais vers ma place dans le monde. Je créé avec le cœur, avec l’intention de diffuser bienveillance et douceur autour de moi. C’était impossible que je garde pour moi cette explosion de joie, ce cheminement vers l’apaisement, la découverte de soi et du bonheur.

Je partage en toute spontanéité, mes illustrations sont un nouveau moyen d’exprimer toute ma gratitude devant ce que la Vie offre, le mauvais comme le bon.

Quelles sont tes plus grandes sources d’inspiration au quotidien ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? 

La Vie ! Cette force qui coule dans nos veines, la richesse des émotions et si je ne devais qu’en citer une, ce serait l’Amour, tant il est divers, complexe… La Nature est une source intarissable d’inspiration, tout comme les petites joies du quotidien auxquelles on ne fait plus attention et qui pourtant sont le terreau de notre bien-être. La puissance de la Foi me fait vibrer, et j’ai parfois besoin de me recueillir pour me confier à Dieu, pour murmurer mes désirs à l’Univers.

Et qu’est-ce qui te révolte, te fait trembler ?

La méchanceté gratuite et le racisme me révoltent, ainsi que la violence sexiste, et le silence qu’on impose aux gens qui souffrent, de peur qu’ils ne déstabilisent le fragile équilibre de notre société. La course au profit me révolte, les gens qui ferment les yeux et font les sourds face aux abus sexuels me révoltent… la liste est longue, et je préfère m’arrêter là.

Sur Youtube tu traites de sujets divers et variés, certains assez délicats – tu as une ligne directrice ou bien tu évolues au feeling ?

J’évolue au feeling ! J’ai bien essayé d’adopter une ligne directrice mais je tiens une semaine à peine. J’ai tout de même des thématiques qui reviennent : partager mon quotidien d’illustratrice freelance sous forme de studio vlog, de speed-drawing…, évoquer des sujets personnels en storytime pour combattre les tabous et dans l’intention d’aider celles et ceux qui souffrent aussi et qui pourraient se sentir seul(e)s… 

Copyright Sweetie Julie

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce que tu fais ?

J’aime l’indépendance, le fait de ne pas dépenser d’une hiérarchie mais c’est à double-tranchant : il faut une certaine rigueur dans son travail, il faut trouver la force de se motiver parce qu’il y a certains jours difficiles, quand la motivation manque, quant on doute…

J’aime la diversité des matériaux que j’apprends à utiliser : les feutres noirs sur du papier blanc, les feutres colorés sur du papier noir, de la peinture acrylique sur une toile, de l’aquarelle. 

Qu’as-tu appris depuis le début de cette aventure ?

J’ai appris que le bonheur que nous cherchons inlassablement est à l’intérieur de nous, que nous avons toutes les clés mais qu’il fallait pour cela accepter d’être soi. Il faut accepter son histoire, prendre le temps de se connaître, guérir de ces blessures qui nous rappelleront le chemin parcouru et surtout à quel point nous sommes forts, même dans nos faiblesses et notre vulnérabilité.

J’ai appris à oser, à m’écouter, et à me faire confiance. J’ai aussi appris à demander de l’aide, à ne pas avoir honte de me tromper, j’ai appris à essayer et à recommencer quand je ne suis pas satisfaite. J’ai aussi appris à accepter de ne pas être pleinement satisfaite !

Des projets, des envies particulières à venir dont tu voudrais nous dire quelques mots ? 

Des projets personnels d’abord : nous nous marions en septembre et nous aimerions avoir un enfant.

Des projets professionnels : développer la section eshop de mon site internet et rouvrir une boutique sur Redbubble, continuer à travailler sur les différentes prestations d’art-thérapie que je propose sur Patreon, plateforme permettant aux créateurs d’être soutenus financièrement grâce à des abonnements mensuels auxquels le public peut souscrire.

Copyright Sweetie Julie

Et pour finir, un message à faire passer, une citation qui te motive, un mantra qui te donne d’aller toujours de l’avant et croire en tes rêves :

Désolée, ce sera en anglais ! « Dear God, Dear Universe, thank you for everything in my life. I welcome incredible blessings and wonderful surprises”.

Un grand MERCI à Julie que vous pourrez retrouver ici:

Son Blog
Facebook
Instagram
Sa chaine Youtube
Son compte Patreon

Feel the beat !

Crédit Pixabay

Du plus loin que je me souvienne, Lucie avait toujours aimé danser. Elle sautait sur chaque occasion, mariage, 14 juillet, fête de fin d’année pour s’adonner à sa passion. Même seule le soir, dans sa chambre. Parfois même en pleine rue, dès qu’une musique sonnait juste, on pouvait la voir esquisser quelques pas.

Pour moi qui n’en alignais pas deux correctement, Lucie m’impressionnait.

« Feel the beat ! »

Ces trois mots disaient tout ce qu’il fallait savoir. Sentir la musique, se laisser porter, faire fi du monde autour, des regards, s’immerger dans les sons, faire sien le rythme, suivre les pulsations, battements et laisser son corps s’exprimer.

Tous les jours au bureau, Lucie portait un masque, celui d’une jeune femme classique, très discrète. Elle prenait plaisir à accentuer les traits du portrait presque parfait qu’elle offrait au reste du monde. Toujours tirée à quatre épingles, on ne lui connaissait aucun penchant suspect. Elle parlait peu de sa vie privée, encore moins de sa vie sentimentale. Elle dégageait une sérénité et un certain mystère qui laissaient les gens croisés remplis de certitudes erronées à son sujet.

Une fois par semaine, dans une fébrilité sans cesse renouvelée, elle lâchait ses tailleurs stricts, ses chemisiers cintrés, ses ballerines, enfilait une robe qui mettait sa féminité en valeur, chaussait ses escarpins à talons et partait à la conquête du monde.

Il fallait la voir se déhancher sur une piste de danse. Il fallait la regarder mouvoir son corps comme si ses mouvements étaient naturels. Il fallait voir les hommes la désirer, s’approcher, s’accrocher, leurs mains écrire une symphonie dont personne ne connaissait la partition. Ils la créaient ensemble à l’instinct. Quand la musique s’arrêtait, chacun reprenait sa place, la magie durait le temps de ce contact éphémère.

Quand Lucie dansait, elle laissait exprimer sa sensibilité, sa féminité, sa sensualité. Elle ne jouait plus le rôle de la petite fille sage et c’était beau à voir. Elle exprimait l’intérieur d’elle-même, se mettait à nu, posait ses vulnérabilités sur la table, envoyait valser les codes, les cadres.

Les femmes la désiraient aussi et au lieu de la troubler, cela lui donnait encore plus envie de lâcher prise. Quand une s’approchait, elle la laissait investir son espace. A elles deux, elle  composait une chorégraphie différente. Elles se cherchaient du regard avant que leurs corps n’ondulent à la même fréquence. Elles fusionnaient ou bien se séparaient. Pour Lucie, la danse comme l’amour relevait d’une alchimie particulière.

J’aimais la voir danser seule aussi, quand elle fermait les yeux, caressait son corps, balançait ses bras, faisait basculer ses hanches, se contorsionnait. Elle semblait ailleurs. Les autres le remarquaient et la laissaient à sa félicité. Elle n’appartenait plus au monde. Elle appartenait à sa liberté d’être.

Lucie devenait une œuvre d’art quand elle dansait.

Texte écrit à partir de l’image ci-dessus

En eaux troubles – Primé

[:fr]

Vie. Trois lettres. Un mot tout petit pour évoquer quelque chose de grand, d’immense, d’indescriptible souvent. La vie qui défile et se défile aussi. La vie qui tient à un fil. Au-dessus du berceau, on s’attarde sur son mystère, sa magie. On parle de miracle. Au-dessus du lit, on regarde la vie qui s’enfuit. La naissance. La mort. Entre les deux, les années fracassantes, flamboyantes et parfois complètement insensées.

Voilà le début de mon texte “En eaux troubles” présenté pour le Prix Short Édition Printemps 2018 et qui a été sélectionné et primé. J’ai une pensée particulière pour Laurie, Delphine et Laurie – ce texte a en partie été écrit lors d’un voyage dans le Sud en mai 2017.

Je remercie chaque lecteur pour son vote, soutien, ses commentaires, encouragements, partages. Ce sont de jolies “victoires” comme celles-ci qui mettent du baume au cœur. Comme chaque partage avec vous ici et ailleurs!

[:]

Et le monde danse autour de moi…

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Faire fi du temps. Regarder le ciel et y apercevoir des promesses inconnues.

S’enivrer de l’odeur des pavés après la pluie. Attacher son cœur au cœur du soleil et savourer l’instant. Un jour a la fois. Chaque jour me surprend.

Le monde s’affaire autour de moi.

 

La folie du monde me fait craindre le pire. On entasse des corps dans des fosses ensanglantées. On tue des enfants. On assassine des idées. Aux quatre coins du monde, il faut se battre pour être libre. Et les faucons ratissent le ciel a la recherche de proies faciles.

 

Le tumulte du monde ne m’effraye pas, il me rend vivante, il me donne des ailes pour avancer. Au loin les nuages rebroussent chemin. Ils sont comme autant de rêves qui font peur, autant d’amoureux transits qui attendent une déclaration en forme de symphonie.

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La passion du monde me donne envie de casser des mots sur les remparts d’infamie. Elle me donne l’énergie du dépassement, la volonté de changer les choses, de bâtir une île au milieu de l’océan, d’y dresser un autel en faveur d’une paix qui se fait trop timide.

La folie du monde cessera le jour ou la passion du monde l’emportera sur les terreurs du passé. Chaque être se nourrit d’espoir. Chaque vie possède le potentiel de renaître de ses cendres, comme le Phoenix qui se dresse, triomphant, entre la terre et le ciel.

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