Posted in Carnets de route

Pourquoi l’échangisme a si mauvaise réputation?

 

Il suffit d’étudier le visage, les expression, l’intonation, le choix des mots des personnes qui évoquent cette pratique pour se faire une idée. A les entendre, échangisme, proxénétisme, voir pire pédophilie répondraient aux mêmes codes. A la différence significative que l’échangisme est une affaire de grands et ne se pratique qu’entre adultes consentants. Donc en gros où est le problème?

Ça n’a pas besoin d’être notre tasse de thé – ce n’est pas la mienne – mais si il y a une chose qui me hérisse le poil, ce sont bien les codes en matière de sexualité. On en a déjà bien assez comme ça des cases toutes faites, vous ne pensez pas?

Ai-je toujours été aussi tolérante? Je ne donnerai pas ma main à couper. Parce que plus jeune  j’avais des idées sur l’amour, le sexe un peu différentes d’aujourd’hui. Je plaidais avec ferveur pour l’exclusivité. Et puis j’ai été élevée à la sauce religieuse du “les relations sexuelles c’est pour avoir des enfants”. Le désir, le plaisir ce n’était pas vraiment au programme. On va même dire que c’était la voie du péché. Et donc sujet à confession. Ou à damnation.

L’échangisme n’est pas quelque chose qu’on s’impose, mais bien souvent un mode de fonctionnement qui convient au couple. Chacun envisage en effet sa sexualité comme bon lui semble. Il y a de multiples variantes en la matière et je suis d’avis de ne pas poser de jugement. Parce que c’est bien là le problème, le regard accusateur de l’autre qui ferait d’un choix personnel un acte presque malsain. Qui sait de quoi sont faits nos fantasmes, jardins secrets ou notre imaginaire érotique?

Les raccourcis sont souvent porteurs de préjugés qui condamnent. La sexualité libre est ce vers quoi nous devrions tendre car si il y a un espace dans lequel nous pouvons pleinement exprimer qui nous sommes, c’est bien celui là.

Si l’échangisme a mauvaise presse c’est qu’il vient très certainement tester nos limites et limitations en la matière et peut-être remettre en question notre vision du couple, de l’amour, de la place de la sexualité dans notre vie, dans nos relations à l’autre, à nous-mêmes. Encore une fois, accepter que cela puisse exister et plaire ne veut pas dire devoir nous aussi nous engager sur cette voie, loin de là. Chacun ses préférences et ses passions! Laissons parler notre corps et notre imagination! Il n’y a pas de chemin tout tracé, mais de multiples routes à découvrir selon nos gouts et nos attentes communes.

Est-ce que c’est quelque chose qui vous dérange? Ou ça vous est complètement égal? Ou bien même c’est une pratique qui vous tente ou vous a tenté à un moment donné?

Posted in Carnets de route

Ils ont toujours une bonne excuse…

Sa jupe était trop courte, fendue, son décolleté, vraiment plongeant, sa tenue très sexy, son sourire très aguicheur…

Son article très osé, son langage très cru, ses photos très provocantes…

Sa sensualité très exposée, sa liberté très affichée, ses mœurs très libérées…

Sa sexualité très débridée, son regard très appuyé, sa démarche très chaloupée…

Ça se voyait, elle n’attendait que ça…

Quand je dis « ils », je parle en général. Hommes comme femmes manquent chaque jour de respect à leurs congénères. Il suffit de marcher dans la rue pour s’en rendre compte. Ils ont toujours une excuse à leurs comportements inadmissibles.

C’était une pute, un transsexuel, un homo, un/une…

Elle avait plusieurs partenaires…

Elle aimait qu’on la domine…

Il était quand même super efféminé…

Juste une présence dans un périmètre. Juste un être humain qui dans l’esprit de certains n’a pas plus de poids qu’un morceau de viande sur un étal à Rungis. Et là je parle de la France, mais dans tant de pays dans le monde, tant de personnes sont traquées parce qu’elles ne répondent pas à ce que certains considèrent comme la « norme », la leur. Combien d’hommes et de femmes sont harcelés, menacés, parfois réduits au silence ?

Revenons en France. En quoi être « humain » est un problème ? En quoi nos préférences vestimentaires, sexuelles, nos choix de vie, nos professions doivent être vus comme des menaces et ainsi nous exposer à la violence des autres ?

Est-ce que parce qu’une prostitué fait le choix de donner son corps pour de l’argent qu’on peut la tabasser en toute impunité ?

Est-ce parce qu’on est homosexuel qu’on doit être sans cesse montré du doigt ?

Est-ce parce que notre style de vie n’est pas conforme à tout un système de valeurs et de principes moyenâgeux qu’on peut tolérer d’être malmenés, abusés dans notre intégrité d’hommes et de femmes ?

On nous vend de la liberté à tout va. Du vent…Juste pour faire passer le temps…parce que c’est beau sur le papier. De la liberté de pacotille.

La société a un réel problème. Moi je ne comprends pas  et je n’accepte pas qu’on se permette d’utiliser les gens de cette façon, sans se poser de questions. Je ne comprends pas qu’on puisse émettre une seule de ces excuses pour justifier des actes odieux.

Il suffirait pourtant de pas grand-chose. De sortir de sa zone d’idées toutes faites et d’accepter que nous avons chacun notre façon de vivre et d’être. Tant que cela ne porte préjudice à personne. Il suffirait de comprendre que l’autre c’est nous et que nous sommes l’autre. Que la violence fait à l’autre cause une blessure à l’intérieur de nous. Il suffirait d’intégrer qu’il n’existe pas un seul chemin ni une vérité unique.

En sommes-nous seulement capables ?

Posted in Carnets de route

Peut-on vraiment TOUT dire à ses ami(e)s?

Crédit Pixabay

Il y a 15 jours, je suis partie en Bretagne pour l’EVJF d’une amie. Une très bonne amie. Nous avons parlé mariage,  il arrive vite, souvenirs et sexe. Et bien oui, si on ne peut pas parler sexe avec ses amies, où va le monde!

Au cours de nos discussions, je me suis quand même demandée jusqu’à quel point on pouvait partager certaines données de sa vie. Est-ce que sur ce sujet il est de bon ton de rester superficiel? Ou peut-on se permettre des confidences un peu plus intimes?

Peut-on dire, par exemple, qu’on se pose des questions sur son orientation sexuelle, qu’on est bi/trans/homo, qu’on pratique l’échangisme, qu’on est fétichiste, que le BDSM n’a presque plus de secret pour nous, que nous fréquentons les clubs libertins? Peut-on avouer que le sexe ne nous intéresse plus, qu’on n’y adhère une fois par mois, par habitude? Peut-on dire qu’on se masturbe une fois par jour, qu’on visionne des films pornographiques? Qu’on trompe son conjoint, qu’on aime un homme (une femme) marié(e), qu’on ne jure que par le polyamour? Peut-on évoquer nos fantasmes, même et surtout les plus osés?

Ou bien tout cela doit-il resté une part cachée de nous? Même pour les plus proches? Devons-nous taire nos préférences pour ne pas gêner? Est-ce une marque de respect? Un manque de confiance? En nous. En l’autre. De quoi avons-nous peur? D’un potentiel jugement? De l’incompréhension? D’un éventuel rejet?

Ou alors, tout simplement, nous considérons que ça ne regarde personne. Mais alors, quand un regard, un mot nous dérange, nous devons resté de marbre et faire comme si. Est-ce la solution?

Qu’en pensez-vous?