Le syndrome de la page blanche – et moi

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Pour tout vous dire ce matin je n’avais pas moins de quatre idées de sujets. J’ai choisi celui-ci car cela fait un moment que nous n’avons pas parlé écriture ici. Et pourtant c’est  l’essence même de ce blog.

Qui n’a pas entendu parler du syndrome de la page blanche, la hantise de tout écrivain. Quoi de pire en effet que de se mettre devant son ordinateur ou face à son cahier et de n’avoir rien à dire, de se sentir perdu face au vide.

Je peux dire en toute franchise que ça ne m’est pas souvent arrivé. D’une part parce que je ne n’impose aucune contrainte ni pression. Je reste à l’écoute de mon envie. D’autre part parce que je considère que les « mauvais textes » ont tout autant le droit d’exister que les « bons ». Parfois on est satisfait, voir fier (les écrivains ne sont pas tous des âmes torturées qui pensent que leurs écrits ne valent pas cher) de ce que l’on vient d’écrire. Et parfois on s’interroge sur le sens des mots mis bout à bout quand ce n’est pas plat et sans intérêt.

Quand les mots viennent c’est le bonheur, à l’état brut. On se réjouit de ce qu’on va pouvoir partager.

Quand les mots se font discrets, rien ne sert de les forcer. Le mieux pour moi est d’aller me balader, de me prendre un bain de foule, pas celui des supermarchés ou des grands magasins, celui de la rue, de la vie qui bat dans les quartiers, les jardins, les transports en commun. L’écriture se nourrit d’espaces, de nature, de rencontres, de conversations. Et si la foule ne nous tente pas, passer du temps avec ceux que l’on aime, les écouter, les regarder est tout aussi inspirant.

Certains diront que les mots me viennent aisément. Il est des cas où il suffit d’un souvenir, d’un coup d’œil dehors, d’un partage pour qu’une idée germe et devienne un texte en moins de quelques minutes. Mes poèmes par exemple naissent assez rapidement, ils traduisent un état d’esprit souvent, ils sont le reflet de mes ressentis, des émotions qui me traversent. Pour une nouvelle ou un hypothétique roman, cela demande plus de concentration et de rigueur, il me faut alors des plages horaires plus longues pour rester concentrée sur le sujet traité, les personnages, le cadre, les évènements. Cela demande aussi plus de recherches parfois. Ecrire sur ce que l’on connait c’est facile. La fiction quant à elle nous emmène un peu plus loin, il faut se sentir prêt à sortir de sa zone de confort.

Pour finir, je vous donne quelques nouvelles de mon projet en cours – un recueil de poésie, cela faisait longtemps. Il est bien avancé, presque terminé dans l’écriture. Puis il y aura la mise en page à faire, la photo à trouver et il pourra venir occuper une place particulière, je l’espère, dans vos bibliothèques, sacs à mains, sur vos étagères ou vos tables de chevet. Pour le décrire, je vous dirai qu’il parle d’amour, de passion, d’extase, de plaisir, de fantasmes, qu’il est tout en sensualité et en arabesques. Il est représentatif de la femme que l’homme que j’aime a révélée, moi qui avais tellement de mal à assumer mes goûts, mes envies, à m’affirmer. Il pourrait parler aux femmes qui se cherchent dans leur intimité, dans leur sexualité et qui souhaitent s’affranchir des tabous comme des interdits qui  les empêchent de pleinement s’épanouir. Il pourrait parler tout aussi bien aux hommes attirés par la poésie érotique. Le choix restera le vôtre.

Sinon la page blanche, vous connaissez? Comment réagissez-vous face à elle?

 

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Une histoire de date

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La nuit est passée et le réveil m’a tiré d’un sommeil étrange. Difficile d’ouvrir les yeux, difficile de se lever. Ça m’arrive rarement.

Mon bol de céréales était infect. Je me suis brûlée en voulant retirer mon sachet de thé. Ma tartine est tombée par deux fois côté beurre sur le parquet – le présage d’une journée idyllique!

Dans ses bras, une, deux images sont venues perturbées mon bonheur matinal. Je les ai chassées vite fait bien fait. Pas là, pas maintenant.

Arrivée au bureau, une fois l’ordinateur allumé, mon regard s’est arrêté sur la date. 11 juillet.

Il y a 7 ans, je me mariais…

Quoi que je fasse, les dates restent. Immuables elles portent en elles des tonnes de souvenirs, qui parfois éclatent – peut-être qu’il y a encore des choses à sortir, des maux à exorciser.

Le jour de mon mariage, j’étais heureuse, le masque parfait de la fille qui veut y croire coute que coute, même quand tous les voyants sont rouge et annoncent un danger imminent. Pourtant les 10 jours précédents avaient été remplis de doutes et de larmes, d’envies de mettre un terme à cette mascarade. Autour de moi, il y avait mes amies, solidaires et ma famille, profondément meurtrie par le choix que je faisais.

C’était une belle journée, entrecoupée d’instants où un mot semblait avoir le pouvoir de tout remettre en question. Puis on passait à autre chose. Avec le sourire.

Le soir, de retour chez moi, en me regardant dans le miroir, en enlevant toutes les épingles de mes cheveux, je me suis promis d’être heureuse avec des trémolos dans la voix. Était-ce ma façon de conjurer un sort écrit de toute pièce ?

Dans la pièce à côté, celui qui était devenu mon mari faisait la fête avec ses amis. Je me suis allongée dans le lit, j’ai attendu et puis je me suis endormie, seule.

Deux jours après, la course aux papiers débutait. Deux mois plus tard il embarquait pour l’Égypte.

Aujourd’hui je réalise que j’ai épousé un fantôme. S’il n’y avait pas eu le reste, le mépris, le silence, les abus, la violence psychologique, la contrainte, j’aurais fait avec. Heureusement qu’il y a eu le reste, sinon je serais restée prisonnière d’une relation sans présent, sans avenir, j’aurais gâché ma vie.

Et si je vous disais…

Vous pensiez sincèrement que j’allais vous abandonner plus d’une semaine, à votre triste sort, vous demandant bien ce qui avait pu se passer dans ma vie pour que je prenne le large et imaginant les scénarios les plus délirants possibles pour mettre des mots et/ou des images sur mon absence.

Impossible.

Déjà parce tous ces scénarios tirés par les cheveux auraient pu vous faire perdre votre propre équilibre ! Merci du cadeau…

Parce que vous me manquiez au bout d’à peine 24h. Est-ce que c’est bon signe ? Je ne sais pas.

Parce que nous avons plein de choses à nous dire. Et que chaque message reçu m’a touché en plein cœur.

Et mon cœur était un peu à l’agonie la semaine dernière. Rien de grave, juste un trop plein. Un gros rhume, la fatigue, les allusions diverses et variées de certains sur le sexe des anges, la lune, les travaux entrepris qui n’avancent pas (sans rire j’ai 3 livres en cours d’écriture et pas un de prêt à vous confier!).

Il faut savoir que dès que quelque chose me turlupine, mon corps réagit au quart de tour et mon côté Calimero prend le dessus. Ajouter à cela les blagues lourdes de mon patron, la pluie en continue, une légère indigestion. La vie, quoi ! Sauf que moi la semaine dernière la vie je l’aurais bien laissée couler, en prenant un aller simple pour les Iles Marquises !

Je vous rassure la semaine s’est achevée dans la douceur. Je peux même dire que la douceur m’a sorti de ma léthargie et de mes larmes qui coulaient pour un rien, alors que je me répétais sans me laisser “j’en ai marre d’être forte!”. Chacun ses travers…

Une conversation, des mots et conseils échangés, des câlins et deux bonnes nuits de sommeil m’ont remise d’aplomb.

Après tout, que chacun continue à croire ce qu’il veut, à s’interroger sur le sexe des anges. C’est une activité comme une autre. Je passe mon tour.

Et je vous dis à très vite !

Le mot de l’année 2018!

Si vous me suivez depuis un certain temps vous savez sûrement que les bonnes résolutions je n’en suis pas friande. D’abord parce que bien souvent elles correspondent à un état d’esprit à un moment particulier et que notre état d’esprit évolue au cours d’une année, parfois même au cours du premier mois de l’année! Toute résolution non tenue est alors perçue comme un échec  et pour commencer l’année ce n’est pas le mieux. Enfin parce qu’on peut décider à tout moment de changer de cap, de débuter une nouvelle activité, de participer à un projet, de faire quelque chose de nouveau et que le premier jour d’une nouvelle année n’est pas l’unique instant qui décidera de la suite des évènements.

Par contre, chaque année, je choisis un mot, comme un guide pour l’année à venir. Un mot qui me parle, qui souvent m’a été murmuré d’une quelconque manière à la fin de l’année précédente et qui me convient. Je le perçois comme une ligne directrice. Quand je perds l’équilibre, il me permet de me recentrer. Et surtout il me concerne MOI. Il est en accord avec mes valeurs, mes envies, mes projets, mon être en construction.

Cette année, ce sera OSER.

« Oser » représente beaucoup de choses pour moi. C’est dépasser ses peurs, sortir de sa zone de confort, accepter ses faiblesses et les partager, être soi indépendamment du regard d’autrui, s’affirmer, faire confiance, se faire confiance, libérer son potentiel, tenter des expériences, savoir dire « oui », savoir dire « non » aussi sans culpabilité, se créer. Et niveau écriture, ce sera s’essayer à de nouveaux styles, accepter de plaire, de ne pas plaire et continuer tout de même à donner le meilleur de moi-même.

J’ai des aspirations pour cette année, des envies, des projets, des rêves. Je sais pertinemment que certains verront le jour, d’autres pas, que chaque étape me propulsera en avant quoi qu’il advienne. J’ai la chance d’être merveilleusement entourée.

Et vous, un mot, une envie particulière, des résolutions (peut-être) pour cette année qui nous ouvre grand ses bras ?

L’autre côté du miroir

On écrit sur ce qui nous touche, sur ce qui nous fait grandir, sur les victoires que nous n’apprécions pas toujours à leur juste valeur.

On écrit sur nos émotions, les sentiments qui nous traversent, la peur, le manque, le bonheur, l’amour, le temps qui passe, la façon dont on croise le fer face au destin qui parfois nous terrasse.

On écrit le passé, les promesses, les rêves, nos envies, ce qui s’attache, ce qui nous dépasse.

On écrit pour se souvenir, pour ne pas oublier. On saisit dans un mot tout ce qui déborde de notre cœur. On écrit avec passion, sans laisser de place à la raison bien souvent. Ou alors on se ment.

On écrit le trop plein, le vide, l’inaccessible ou bien ce qui nous inonde de bonheur, le merveilleux, on saisit l’essentiel dans un vers, une ligne, sans retour en arrière possible.

On écrit parfois l’intime, on se livre sans savoir comment l’autre va réagir. On écrit parfois nos zones d’ombre, sans l’assurance d’être compris. On écrit par pulsion, loin des conventions. On saisit un instant dans un fragment de pensées.

On écrit ce qui nous lie sur le lit du destin.

Quand on écrit tout s’arrête, la lumière de la nuit éclaire nos ténèbres. La mort. La vie. Tout se confond. Il est alors l’heure de sortir tout ce qui se terre à l’intérieur et que l’on n’ose s’avouer, tout ce que l’on garde en soi, de peur de franchir la porte qui mène de l’autre côté du miroir…

Où? Quand? Comment?

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Rien que le titre vend du rêve! Ne lâchez pas tout de suite, le meilleur reste à venir.

Ma vie, mon œuvre. Volume1, 2, 3, 4…

A ce stade ce n’est plus un roman mais une saga. Si vous avez tenu bon jusqu’ici sans vous décourager, vous méritez une médaille!

Après des mois de « masturbation  intellectuelle » (les boites françaises en raffolent même si je vous avoue qu’il n’y a rien d’excitant à se triturer le cerveau de la sorte) – on en reparlera plus tard ou pas – mes idées se font plus claires sur le sujet.

La nuit porte conseil il parait. Mes nuits – il faudra que je vous en parle un jour aussi – sont loin d’être torrides. Certaines le sont. Pas toutes. La plupart sont peuplées de cauchemars plus invraisemblables les uns que les autres. Un soir, la mort. Un autre, la guerre. Toutes, toutefois, m’apprennent quelque chose sur moi.

La guerre se joue à l’intérieur de moi. Comme vous le savez, j’ai envoyé mon manuscrit aux bêta-lecteurs début novembre. Et les doutes m’ont fait basculer – je ne vais pas vous refaire le film rassurez-vous, je vous trouve déjà très courageux d’être encore là à me lire et m’encourager. Leurs retours m’ont quant à eux fait réfléchir (merci à chacune d’entre vous).

Et je me suis posé la question que j’aurais dû me poser dès le début : Pourquoi je l’ai écrit ?

Pour moi avant tout. Pour me libérer. Pour sortir tout ce que j’avais à l’intérieur et qui pourrissait. Je ne l’ai pas écrit comme un témoignage ou en pensant à un quelconque futur lecteur. J’ai vidé mon sac, j’ai lâché les vannes. Rien de plus. Rien de moins.

Puis, je me suis demandé : Qu’est-ce que je veux en faire ?

Le partager  – partager mon histoire pour que ça aide (peut-être) d’autres personnes dans une situation identique. Rien de plus. Rien de moins non plus. Je ne recherche pas la gloire. Je ne veux pas que ma vie soit étalée sur la place publique. Je ne veux pas avoir à me vendre, à me raconter, à sortir tout ce que je dis à demi-mots. Cette histoire est une partie de ma vie, elle ne me définit pas. Avec elle j’ai grandi, appris sur moi. Je ne me résume pas à elle.

Est-ce que moi j’achèterais mon livre ? Non

Pourquoi ? Il est trop noir. Il est ce que j’ai vécu, c’est un fait. Et si je n’ai pas de regrets, cela ne veut pas dire que c’est ce que j’ai envie de laisser derrière moi. Il existe et c’est déjà beaucoup. Je le chéris car il m’a aidé à tout détruire et à poser de nouvelles fondations. La reconstruction prend du temps et est toujours en cours.

Et après ?

Je ne l’enverrais pas à de nouvelles maisons d’édition. Je ne l’auto-éditerais pas. Pas tout de suite du moins. C’est beaucoup de travail de correction et de mise en page que je n’ai absolument pas envie de faire. J’ai envie toutefois de le partager.

Où ? Comment ?

Je me pose la question…Des idées à partager?

Si vous êtes encore là, c’est sûrement que vous êtes aussi fous que moi. Ça me rassure. Et puisqu’on parle écriture aujourd’hui (pour changer !), je vous invite à aller lire et voter pour ma nouvelle en lice pour le Prix Short Édition Printemps 2018 et à vous inscrire à ma newsletter pour ne rien manquer de mes textes sur mon blog littéraire. Merci!

Il fallait s’en douter…

Surtout parce que je doute beaucoup…

Principalement de ma capacité à écrire plus que des textes de blogs, des poèmes et des histoires courtes.

Contrairement à beaucoup de personnes écrire un roman ne m’a jamais tentée. Ecrire, oui. Créer des personnes, une histoire, des rebondissements, non.

Écrire, je le fais depuis que j’ai l’âge de mettre des mots les uns à la suite des autres.

Et puis il y a eu la vie, les expériences, les creux de vague et un en particulier. J’ai tout disséqué, mis mes tripes sur la table. J’ai sorti les maux et ça a donné un « roman »

Après des mois, des années, des retournements de situation, l’envoi à un éditeur, l’envie de tout envoyer valser, d’arrêter, les doutes, les angoisses, les cauchemars, les encouragements, j’ai posé le point final…

Tout en sachant pertinemment que ce n’était pas encore la fin

Je me demande vraiment pourquoi me torturer l’esprit avec ce pavé, pourquoi faire deux pas en avant et un en arrière sans arriver à trancher. Comme si toute cette histoire ne m’avait pas pris assez d’énergie. Je dois être un peu maso sur les bords. Je ne vois aucune autre explication possible.

Voilà dimanche dernier, il est sorti de mon cercle privé, direction la bêta-lecture. Je me demande encore qu’elle mouche m’a piquée. Il faut oser parait-il…

Merci du cadeau !

Maintenant j’attends. Mais je me demande vraiment si tout ça à un sens, si j’ai vraiment envie de me replonger dans cette histoire pour d’éventuelles corrections ou si j’ai juste envie que ça se termine, pour pouvoir profiter de toutes les belles choses que j’ai encore à vivre…

Je doute.

Du bien-fondé de l’envoi aux maisons d’éditions, de la nécessité de rendre tout ça public.

Je crois surtout que j’arrive au bout de ce que je peux donner sur le sujet…

Ps – ne vous inquiétez pas. Si je décide de ne pas le publier, j’enverrais une copie à toutes les personnes qui m’ont soutenu depuis le début et toutes celles qui souhaitent le lire.

Et si on osait!

Oser.

Quand on le regarde de près c’est un mot chargé de promesses, un mot simple, tout rond, qui se dit d’une traite.

Selon le dictionnaire, oser, c’est avoir la hardiesse, le courage, l’audace de faire quelque chose. Beaucoup moins simple d’un coup.

Oser, c’est donc aller au-delà. De nos habitudes. Oser, c’est regarder ses limites, ses peurs bien en face et se dire qu’on ne va pas les laisser prendre du terrain, qu’on va les dépasser. Oser, c’est sortir de sa zone de confort, tenter de nouvelles choses. Oser c’est prendre des risques.

Le petit mot tout rond du départ prend tout à coup toute la place. Et les promesses ne semblent plus faire le poids face à la montagne de doutes qui s’empare de nous.

Si la peur est nécessaire et humaine, elle ne doit pas dicter nos choix. Ou alors nous n’oserons jamais rien. Il y aura toujours une peur plus forte qui nous empêchera d’agir, de suivre nos rêves, de concrétiser nos projets, de faire un pas vers l’inconnu.

Car c’est de bien pour cela que nous n’osons pas, nous ne savons pas ce qu’il y a derrière. Ce n’est qu’en essayant que nous pourrons le savoir, l’expérimenter.

Notre meilleure excuse est le risque du pire. Nous occultons aisément le meilleur. Alors même que les probabilités sont identiques. Tout est une question de perspective.

J’ai osé certaines choses dans ma vie. J’ai dépassé certaines peurs. Pas toutes. J’ai avancé seule souvent, épaulée parfois. J’ai perdu confiance aussi.

Quand je n’ai pas osé, c’était souvent par peur du regard d’autrui. Récemment, j’ai réappris la confiance. J’ai réappris à oser. J’ai réappris à exprimer mes doutes, mes envies. Ce regard que je craignais s’est révélé bienveillant, encourageant, solidaire, même quand il ravivait des blessures loin d’être cicatrisées.

La partie n’est pas encore gagnée, mais chaque jour je mets un point d’honneur à ne plus laisser mes peurs m’empêcher d’être la personne que je suis, de vivre la vie que je souhaite.

Et vous, vous osez ? Quel est le dernier risque que vous avez pris ? Qu’est-ce que ça vous a fait ?

Et s’ouvrir à l’amour…

Il fallait se reconstruire. Une évidence. Et la danse des saisons s’est emballée, les années se sont multipliées au rythme des briques posées, comme autant de fondations solides pour l’avenir.

Reconstruire le matériel, les émotions, les sentiments. Reprendre contact avec les sens, la vie, l’identité, les rêves, le corps.

Je me suis laissée le temps d’apprendre sur moi, le temps de me connecter à la vie qui avait grandi pendant 9 mois à l’intérieur de mon corps, vaste champ de mines prêt à exploser à la moindre tentative d’intrusion de mon espace vital.

Chaque jour, un mieux. Chaque jour, quelques marches. Chaque jour, des petites victoires à célébrer, noter les bonheurs simples pour avancer loin des ténèbres. Chaque jour, trouver ma place de maman puis de femme.

Cela a pris du temps, son temps. Je ne comptais pas. Je ne pensais pas à après, au temps de la renaissance. Chaque jour, vivre au présent et se donner les moyens de grandir sereinement, de me retrouver face à moi-même, de reprendre les rênes de mes rêves, d’apprendre à m’aimer, à me donner ce que je me refusais depuis tant d’années. Et puis à regarder mon corps, ses cicatrices, ses peurs, ses doutes. Effacer les images de la honte et du dégoût. Pour ne retenir que la beauté de ses courbes bronzées.

Un matin, une lumière un peu différente. J’en étais revenue. Je renaissais à la vie, dans toute ma splendeur, avec l’envie de profiter, de partager, l’envie de donner, de me lancer des défis, de sourire à nouveau à la vie, qui n’avait jamais lâché ma main, avait attendu que je sois prête pour m’entrainer à nouveau dans sa course vivifiante.

Un matin, l’envie de partager ce bonheur de m’être retrouvée. Imaginer à nouveau l’amour me saisir par surprise. Un homme dans ma vie je n’y pensais plus, tellement les dégâts étaient denses, tellement la peur était ancrée en moi. Il me fallait ce temps pour réapprendre à vivre pleinement. Si j’avais tentée avant, je me serais plantée en beauté ou bien je me serais engagée pour les mauvaises raisons.

Je n’aurais jamais pensé un jour pouvoir écrire ces mots, pouvoir envisager de m’ouvrir à l’amour à nouveau, d’en ressentir ne serait-ce que l’envie. M’aimer m’a ouvert les portes vers l’autre, qu’il me tarde de rencontrer…

Maman solo (mais pas que!)

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Hier j’avais un dîner – phénomène exceptionnel – avec un homme – phénomène encore plus exceptionnel -étant donné que ma vie sentimentale est à l’arrêt depuis plus de quatre ans (même si à mon avis je pourrais rajouter quatre ans de plus, tellement ma dernière relation n’avait rien de sentimental mais bon on va faire simple). Oui je sais on peut aussi avoir des dîners aves des hommes en « ami » mais moi j’ai jamais vraiment eu d’ami sans e. Si, un,  qui j’ai déclaré ma flamme cet été – fiasco complet (normal il était déjà marié !). Ca m’a au moins permis de passer à autre chose.  A toute chose malheur est bon c’est bien connu !

J’arrête de blablater et je reviens au dîner d’hier. Et au pourquoi de cet article surtout – si tant est que cet article ait un but particulier – je me disperse encore. C’est l’effet que ça fait quand on ne parle qu’avec des petits hommes de moins de quatre ans depuis trop longtemps…

Hier soir, je me suis rendue compte de trois choses :

  • Un divorce ça fait de sacrés dégâts et ça se voit au premier coup d’oeil. On se croit à l’abri puis un jour c’est la guerre. Je sais pour certains ça se passe bien. Pas souvent quand même. C’est la débâcle en nous et à défaut de vivre, on survit. On tient le coup pour les enfants, ils donnent un sens à tout le reste. Un divorce c’est une lente descente aux enfers. Il faut faire son deuil et ça prend du temps.
  • J’ai dépassé ce stade. Je suis loin de la fille désemparée et paumée que j’étais à l’époque, pleine de doutes, de peurs, la tête remplie de mauvais films, le cœur complètement broyé, l’énergie à plat. J’ai retrouvé mon sourire, ma joie de vivre. J’ai fait mon deuil. Et s’en rendre compte, ça file la pêche.
  • J’ai davantage confiance en moi et en l’avenir. Et j’ai bien envie de partager ça avec quelqu’un. Je me sens prête – c’est assez relatif tant que tu n’as pas sauté le pas – à faire de nouvelles rencontres « comment ? » – That is the question ! J’ai envie dire « on verra ».

Hier j’avais un dîner et ce dîner m’a ouvert les yeux sur la vie que j’ai quittée, la page que j’ai tournée et m’a orienté vers l’avenir, un avenir lumineux, joyeux, serein et apaisé.

Et comme le disait ma prof d’histoire-géo de Terminal : “Y a qu’à, y a qu’à. Mais faut qu’on !”

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une très douce soirée !

Ps : Si il y a parmi vous des mamans (ou papas) solos qui ont des tuyaux à partager, n’hésitez pas!